Jeu de dupes (Caliope & Baël)



 



Jeu de dupes (Caliope & Baël)
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs :: Habitations
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Ce message a été posté Dim 3 Mar 2013 - 16:49

Evan respira difficilement. Le stress n'avait rien de bon pour son organisme. Pas à son âge, pas dans son état. Mais ne t'en fais donc pas, mon chou : je suis là. ricana le démon. Dix-neuf heures sonnèrent, mais l'Ombre avait arrêté de compter les apparitions de son démon depuis plusieurs heures. Azaddel se faisait de plus en plus présent. Comment lui en vouloir ? La situation lui plaisait. Evan le ressentait dans chacun de ses muscles et se retenait de sourire de nombreuses fois chaque jour. Parce que la situation et ce qu'elle impliquait personnellement pour lui n'avait rien d'amusant. Un bâtard Rosier s'était présenté à lui il y a quelques jours. Il avait du cesser sa résistance et accepter qu'Azaddel se serve de son corps pour lutter contre le démon de Baël. Et par dessous tout, Mervyn était mort. Mort. Et ils s'étaient laissés piéger dans Pré-au-Lard, sans pouvoir sauver quoi que ce soit. L'elfe de maison des Rosier n'avait sauvé que quelques objets auxquels ils attachaient une valeur sentimentale, et des vêtements qui leur permettraient de faire bonne figure face aux événements récents. Impossible une fois encore de s'accorder quelques jours pour s'accommoder de ses sentiments. Qu'espérais-tu ? Que je te laisserai le contrôle de ton corps pendant tes jérémiades ? Qu'Evan Rosier allait passer pour un faible ? Les Ombres un tant soit peu intelligents s'en doutent déjà, et je n'ai pas envie que le reste ne te fasse plus confiance. J'ai besoin de ton corps. Redresse-toi un peu, tu te tiens mal. Je sais bien que tu n'auras pas le temps d'avoir des rhumatismes, mais soit au moins assez poli pour me rendre ce corps en bon état après ton utilisation.

Il s'efforça de se calmer. Baël ne tarderait pas à être là. A être physiquement présent dans la pièce, puisque l'esprit de son fils était sous l'emprise du démon de plus en plus régulièrement. Mais tout allait bien se passer. Calliope avait fait quelques recherches pour lutter contre le démonisme, pas assez pour parvenir à ôter seule cette malédiction, mais ... Suffisamment pour leur permettre de lutter. Azaddel mettrait son expérience personnelle à leur profit. Je te rappelle que tu ne dois pas espérer utiliser ça contre moi. Il y avait ce détail, bien sûr, la certitude qu'il devrait laisser les commandes à Azaddel. Y penser suffisait à rendre le démoniste malade. Qui lui prouvait qu'il regagnerait un jour le contrôle de son corps ? Qu'Azaddel ne l'utiliserait pas pour tuer Baël de ses propres mains, s'assurer qu'il sombrerait un peu plus dans la folie et raffermir son emprise sur lui ? Ai-je encore besoin de ça, Evan ? Tu es vieux. A demi-fou. Tu as perdu ton meilleur, non, ton seul ami. Et je compte les jours d'ici à ce que ta chère et tendre épouse te lâche. Le bâtard n'est pas une si bonne chose. Tu crois que Baël pourra t'apprécier quand même, sans son démon ? Tu es un sale type, il le sait déjà. Et tu ne pourrais même plus croire que c'est l'influence de son petit salopard qui fait qu'il te déteste.

La décision de détruire le démon de Baël avait été un compromis particulièrement délicat à établir. La perspective d'abandonner son corps sciemment, de savoir qu'il ne serait plus qu'un observateur muet de ce qu'il se passerait, rendait Evan nauséeux. Azaddel allait l'utiliser contre lui. Il avait promis de ne pas faire de mal à ses proches, mais le sorcier n'avait aucune garantie. Comme toujours, il n'avait pas d'autre choix que se fier aux autres. De quoi lui donner envie d'être autonome, tiens. Cesse de grommeler. On sauvera peut-être un Rosier ou deux. Fais-le au moins pour ta femme. Ca lui fera du bien de côtoyer quelqu'un de sain d'esprit. De garder sa main intacte. Il frissonna. D'accord, puisqu'il n'avait pas le choix ...

Azaddel fit tourner sa baguette entre ses mains. Bon sang, qu'il aimait ce corps ! Evan avait vieilli, mais il s'était toujours arrangé pour le garder en assez bonne santé. Pour doser l'alcool qu'il ingurgitait, afin qu'il ne soit ni une outre à whisky pur-feu ni totalement sain. L'omniprésence dans son esprit et des petites remarques assassines avaient bien conservé ce corps. Il lissa d'instinct sa chemise. Pour botter les miches éthérées d'Alastor, il avait envie d'être particulièrement à son avantage. Le démon s'assura qu'Evan serait bien spectateur de la scène, pas envie de tout lui expliquer s'il devait lui « rendre » quelques minutes son corps, et s'avança d'un pas conquérant dans la pièce, claquant des doigts pour faire venir l'elfe de maison. Il connaissait bien la procédure, le plus compliqué serait encore d'attacher Baël pour qu'il tienne en place. Peut-être risquait-il un ou deux mauvais coups ... Qu'importe : il laissait Evan les prendre et reviendrait une fois la douleur un peu atténuée. Rien ne pouvait poser de problèmes.

« Où est la môme du décédé ? Elle devrait être là d'ici cinq minutes. »

Calliope Kark, la foutue héritière Kark. Et quelle héritière, maintenant que le paternel était refroidi. Le démon haussa les épaules. Il s'occuperait de cette mijaurée une autre fois. Tant qu'elle allait dans son sens, Calliope n'était pas à abattre.
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Calliope Kark
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Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Elfe de maison de Poudlard.
Faction : Ombre de la Rose Noire.
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Epouvantard : Son père baignant dans une marre de sang au ministère. Pas de chance c'est bien arrivé.
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Ce message a été posté Dim 10 Mar 2013 - 19:29

Calliope s'était parée d'ombre alors que le jour déclinait. Les contours de son corps se confondait dans l'obscurité sur le chemin en terre battue qui reliait Poudlard à Pré-au-Lard. La nuit c'était ça sa cape d'invisibilité. Ne la trahissait que le floc-floc de ses bottes dans la boue. Fichue temps, aussi morose et grisant que son propre tempérament, comme la réverbération climatique de son mal être intérieur. Sa baguette pressée dans une main, son visa dans l'autre. Sa garce de belle-mère savait au moins se montrer utile, Calliope avait obtenue sans souci un accès à la citadelle sorcière. Se rendre sur place n'était jamais apparu comme le réel problème, non, la Kark savourait cette facilité, un délicieux amuse-bouche avant le plat principal qui ne manquerait pas de piquant. Elle aurait aimé pouvoir clamer qu'elle n'était pas terrorisée, mais tout en elle semblait indiquer le contraire. De ses bras granulés par l'angoisse aux battements irréguliers de son cœur. Le Démon était terrifiant, plus que n'importe quelle armée américaine. Difficile, pour la Poufsouffle, d'oublier les promesses macabres qu'Alastor avait susurré à son oreille. Au contact du démon Calliope apprenait mille et une façons d'éventrer un sorcier, et risquait à chaque seconde de devenir le pénultième cobaye. Pour ne rien arranger, Evan Rosier avait été plutôt clair lorsqu'il lui avait expliqué la marche à suivre, et son propre démon serait également de la partie. Ainsi la jeune femme serait seule face à deux monstres en puissance. Le cœur au bord des lèvres ça ne l'empêchait pas d'avancer toujours plus vite. La rage de vaincre était plus forte et acérées que se angoisses profondes. Alastor lui avait promis une mort lente et douloureuse. Elle n'avait pas le choix se jouerait ce soir l'éternel pièce du vaincre ou périr.

Et puis, enfouit au fond de son cœur sous une couche de rancœur et d'amertume la promesse perdue faite à Baël. Un badinage sincère mut par des sentiments tout aussi réels à l'époque, quand leur relation avait un sens autrement plus profond que la simple obligation. Ça aussi ça l'effrayait. Renvoyer le démon dans ses abysses infernaux, c'était retrouver fiancé, le vrai, celui qui lui avait brisé le cœur. Les peines à venir, elle ne pourrait les imputer qu'à lui et à lui seul. La jeune femme se contentait de se crisper, serrer les dents et chasser les futilités de son esprit. Son père était mort, que pouvait lui chaut une futile peine de cœur? Son absence était une crevasse terrible, béante. Que le Kark combattait dans une morosité apparente et une sécheresse à toute épreuve.

En bonne disciple d'Helga Poufsouffle, Calliope combattait ses propres démons dans le travail. La jeune sorcière s'évertuait d’exécuter plusieurs menues missions dans tout Poudlard, elle aidait les maîtres potions à accroître leurs stocks, proposait de l'aide dans le potager ( et ce même si son niveau en botanique avait toujours été lamentable), et parfois même s'aventurait dans la forêt interdite. L'activité physique lui faisait du bien, elle pouvait au moins voir les résultats immédiats de ses efforts et de sa volonté. Mais chaque matin au réveil les pales rayons de l'aurore la faisaient se sentir comme une coquille vide d'autorité dissimulant un abîme de peurs.

Comme prévue son arrivée à Pré-au-Lard se fit sans encombre, le trajet jusqu'à la maison Rosier fut un long périple en revanche. La ville avait changé, et la Kark avait refusé d'y remettre les pieds depuis la bataille. Ils évoquaient une renaissance mangemort qui lui paraissait de trop mauvais goût son père mort. Et puis surtout Baël et son démon en ville c'était prendre le risque de se faire tailler en pièces, à Poudlard elle jouissait d'une certaine sécurité. Les nouveaux quartiers n'étaient pour elle qu'un vaste labyrinthe. Sans qu'elle comprenne vraiment comment, la sang-pure se retrouva sur la place de la révolution. Avec un profond dédain, elle toisa le groupe d'hommes éméchés sortant du flambant neuf Magyar d'Argent. Comment ces hommes pouvaient rire ? Comment pouvaient-ils s'adonner à ces pratiques ? Comment le monde pouvait-il continuer de tourner alors que son père était mort ? Une moue dédaigneuse plus tard, elle tournait les talons pour retrouver cette fichue maison Rosier. Arrivée dans la bonne rue sa maigre satisfaction fut vite balayée par le pic de peur, arrivée devant la porte la Kark un long frisson parcourut son échine comme un seau d'eau froide sur son être. Elle inspira un grand coup avant de frapper à la porte se remémorant le plan. Alastor devait venir de lui-même, la rencontrer elle. L'invitation était suffisamment évasive pour l'intriguer. N'avait-il pas laisser entendre qu'elle était sa victime préférée ? Il ne manquerait sûrement pas une occasion de la torturer un peu. La porte s'ouvrit sur Evan, qu'elle se contenta de saluer d'un signe de la tête en abaissant sa capuche. Elle n'arrivait pas avoir de la sympathie pour le patriarche Rosier, pas plus qu'elle n'aspirait à en avoir, elle aimait le détester. Lui aussi il continuait à vivre sa vie avait obtenu un poste avantageux à l'Hôtel de ville, faisait carrière, sans se soucier de la mort de son ami de toujours. «  Tout est prêt ? Alastor devrait arriver d'une minute à l'autre. »

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Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

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Ce message a été posté Dim 24 Mar 2013 - 17:47



Doux chaos. Extase mirifique des sens. Envolée lyrique et purgatoire. L’esprit de Baël s’était perdu dans des limbes sombres et épaisses et le goût de se battre était venu à lui manquer tant l’absence de raison pour s’y résoudre s’était imposée. Il était le spectateur las d’une existence en déroute, d’une orgie malsaine et violente. Prisonnier d’un corps qui ne lui répondait plus, il était assaillit par des visions de cauchemar. Son épiderme frémissait à chaque vie ôtée et il se rendait compte avec stupeur qu’il en retirait du plaisir. Baël n’était plus vraiment en vérité. Il n’était plus qu’un esprit éthéré, un souvenir, un lambeau de rien accroché à une carcasse vaincue par le mal. Depuis longtemps il aurait voulu se laisser avaler par l’oubli, dévorer par cet autre être qui dirigeait sa vie, prenait son nom, utilisait sa voix mais Alastor le secouait parfois, le sortait de son mutisme et l’obligeait à voir ce qu’il s’était résolu à abandonner. Ce soir… Ce soir… Avait soufflé l’être démoniaque à son oreille immatérielle. Ce soir je danse avec Calliope. Ce soir… Ce soir… Et le refrain l’avait poussé à se recroqueviller en un endroit connu de lui seul.

Et Alastor savourait la sensation unique d’enfin posséder un corps à soi et ne plus se comporter comme un parasite. C’était ses yeux qui voyaient, sa main qui se tendait et broyait, sa voix qui venait caresser son oreille de ses accents graves et chauds. Il sentait son cœur résonner dans sa poitrine et le souffle froid qui franchissait ses lèvres lui donnait de l’ardeur. Il marchait vite, le menton haut, les doigts agités d’impatience. La putain lui avait donné rendez-vous et il savourait le simple fait que Calliope se jette d’elle-même dans ses bras. Le jeu en était d’autant plus amusant qu’elle commençait à se rebeller, lui compliquant la tâche. Elle se tordait comme un asticot prit dans un hameçon. Lente agonie dont il aimait être le spectateur. Elle avait représenté un tel danger, que la savoir maintenant sans pouvoir sur lui le ravissait. Elle était finie cette époque où elle parvenait à étouffer sa voix auprès du jeune Rosier par sa simple présence.

La nouvelle demeure des Rosiers n’avait pas pour elle le faste de l’ancienne mais elle dégageait cette même impression de menace et de froideur. Il était difficile de croire qu’une famille puisse s’y épanouir et à dire vrai le Manoir n’avait d’accueillant que sa salle de réception où se passaient les fêtes. Dans cette petite bâtisse, il n’y avait rien à célébrer. Le démon y pénétra comme si l’endroit lui appartenait et il éprouva une brève hésitation à une tâche aussi simple. La bêtise de Calliope pouvait-elle n’être que feinte ? Un sourire se logea sur la créature. Non. La naïveté de la Kark était légende. Et c’était ce qui en faisait une victime si délicieuse. Le démon s’aventura jusqu’au salon et fit enfin face à la jeune femme.

« Est-ce que tu veux ton petit bisous ? Je suis venu sans armes. Je trouvais plus drôle de te tuer des mains de ton petit amour. » Il esquissa un sourire. « Si tu ne réussis pas à saisir mon intérêt bien sûr… » C’était comme poser un collier étrangleur pour animaux. Laisser l’illusion à la proie qu’elle possédait une issue, et la voir se débattre et le lien se resserrer, l’étrangler.
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Ce message a été posté Dim 31 Mar 2013 - 22:36

Pas besoin d'avoir le troisième oeil pour deviner ce qu'il va se passer. Je le sens dans sa chair au moment même où Calliope passe la porte. Ce sera un effort trop grand pour Evan de s'en prendre à son fils. Il se remet mal de ce qui est arrivé à Mervyn. Naturellement, je n'arrange pas les choses. Mais ce soir, il va falloir retrousser ses manches pour lui. La mioche Kark ressemble trop à son paternel. Evan a l'air plus crispé encore que d'habitude. Je m'empresse de lui présenter, Mervyn est vivant. D'ici dix minutes, je lui fais croire le contraire : il faut qu'il ait le temps d'accepter la première affirmaton, voyez comme je mets du coeur à l'ouvrage. Evan, raide comme toujours, se recula pour laisser passer Calliope. Il ne se sentit pas le courage de la regarder dans les yeux, même s'il ne baissait pas la tête. Qu'aurait dit, que dirait Mervyn de la situaton ? De la possibilité de sacrifier sa fille pour enlever le démon du corps de Baël ? Lui qui avait exigé ce mariage pour disposer de petits-enfants fourchelangs et démonistes, des pièces de choix pour le protéger ? Il n'y avait pas eu à faire un effort d'imagination pour imaginer Mervyn ... Mervyn, grand-père. Mervyn dispensant à ses petits-enfants les précieux conseils pour acquérir son affection et lui être utiles. Des gosses qui auraient répondu à toutes ses demandes, des petits soldats dévoués. Evan avait immédiatement su ce que ressentirait la progéniture de leurs deux familles, sans s'en émouvoir : il ne s'était pas porté mal quand Mervyn avait dirigé sa vie. C'était toujours mieux qu'Azzadel. Pourriture, ingrat. Je pourrais crever ton fils si tu continues comme ça. Il frissonna, tant pis pour Calliope qui assistait à cela. A vivre avec les Rosier, elle assisterait à bien plus effrayant. Pas de remords : elle s'était mise dedans seule, Evan n'oubliait pas sa petite incursion dans la cuisine le jour où Baël s'était attaqué à Anna Bella. Anna Bella qui avait soutenu le projet de soigner Baël : peut-être l'un des Rosier vivrait-il plus de cinquante cinq ans ...

Oui, mais qu'est-ce que Mervyn allait dire ?

La barbe, il est crevé, maintenant. Tu ne peux t'en prendre qu'à toi. Assume tes sottises, Evan. Il respira difficilement. Pas envie de ressentir ça. La culpabilité lui faisait perdre pied, déroulait un tapis rouge pour son démon toujours impatient. Pour Azaddel, l'absence de Mervyn était une chance inestimable. Il n'allait pas la gâcher. « Tu as fait ta part du travail, non ? Alors tiens-toi prête, je n'ai pas que ça à faire. » La bru l'avait-elle perçu ? Plus de trace du patriarche Rosier dans son corps. Une voix bien rêche que d'habitude, mais implacable : il n'y avait de place ni pour des émotions ni pour Evan Rosier deuxième du nom. Fini, expédié dans les limbes. Réduit à être un observateur, à tout voir, tout entendre, tout sentir sans pouvoir ne serait-ce que cligner les yeux. Enterré vivant, le Evan. De quoi lui assurer quelques cauchemars et une dépendance toujours plus grande. Ce n'est pas parce qu'Alastor allait disparaître qu'Azaddel voulait connaître le même sort. D'un regard méprisant, il déplaça le corps d'Evan jusqu'à une pièce attenante, sortant sa baguette pour ne rien manquer du spectacle. Il condamna derechef Evan au sience en entendant la porte grincer et Alastor faire sa petite apparition. Avec le temps qu'il avait mis à le reconnaître dangereux, l'ancien acolyte de Mervyn aurait été encore capable de supposer que c'était son fils qui parlait, pas le démon. Trompé par les cordes vocales de son mioche, quelle plaie. Pas d'arme ? Azaddel eut un frisson de bonheur. Ce serait d'autant plus simple que de crever ce fils de salopards. Alastor, voyons, pas Baël. Il sortit de sa cachette, baguette à la main.

« Ravi de te voir, Alastor. Tu te portes comme un charme. »

Le bras d'Evan se leva sans que celui-ci puisse esquisser la moindre pensée, songer à protéger son fils ou quoi que ce soit de cet acabbit .« Everte statutm » Le sort frappa, implacable mais désordonné. Azaddel n'aimait pas la précision chirurgicale, à l'abri des regards. Baël fut projeté quelques mètres plus loin où il heurta le mur. Pas sûr qu'il soit assomé, mais il n'était pas amoché en tout cas : il le fallait conscient pour botter les miches d'Alastor. Le démon se tourna brusquement vers Calliope. Cette fois, les cordes vocales d'Evan traduisaient un fond de nervosité. « Qu'est-ce que tu attends ? Immobilise-le ! »
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Calliope Kark
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Ce message a été posté Mar 16 Avr 2013 - 18:18

Pas que cela à faire ? Il était question du destin de son fils, et le Rosier traitait la question comme une corvée banale et contraignante. Rien n’était jamais sérieux ou important pour le patriarche Rosier, c’était avec la même facilité qu’il avait abandonnée son père au ministère, la contraignant à faire de même ; avec le même méprisant dégagement qu’il avait tisser les liens indélébiles du serment inviolable entre elle et lui. Seul ne comptait pour lui que son propre sort et son inhumanité, Calliope en était intimement persuadée. Les contours entre Evan et son démon étaient trop flous pour que la jeune Kark ne discerne le changement d’interlocuteurs. Diaboliser entièrement l’ancien bras droit de son père, était également une façon aigre mais également plus facile de jauger un personnage qu’elle refusait de chercher à comprendre. Le haïr tout comme elle haïssait les autres c’était plus simple. La voie de la compréhension risquait de l’amener trop vite sur les sentiers sinueux et pentus d’un pardon qu’elle refusait d’offrir. Evan était un monstre égoïste, point.

Quant à sa part du plan, seul le temps leur dirait si Alastor avait été assez gourmand pour se jeter sans réfléchir dans le piège que les deux ombres lui avaient tendu. Mais à mesure que les secondes s’égrenaient, plus les failles de leurs stratagèmes sautaient aux yeux de la jeune fourchelang. Pourquoi donner rendez-vous chez les Rosier ? N’était-ce pas trop suspect ? Ne se douterait-il pas de la présence d’Evan ? Quand bien même il n’aurait eu aucun doute de ce côté, pourquoi venir ? Pourquoi se donner la peine de se plier aux conditions qu’elle avait fixées, alors qu’il pouvait tout à fait la surprendre ? N’était-ce pas plus jouissif pour un prédateur de traquer sa proie plutôt que de la laisser elle-même venir implorer la mort ? Seule face à ses doutes maintenant qu’Evan avait regagné sa cachette, la jeune femme s’efforçait de peindre sur son visage une expression naturelle. Mais pour cela aussi, milles et une questions se bousculaient. Un naturel sans peur face à un démon, était-ce bien naturel ? L’angoisse et l’impatience et de toute façon bien trop encrées sur ses traits pour qu’elle puisse les faire disparaître. Mais comment être certaine que ses mimiques ne la trahiraient pas ?

La porte s’ouvrit à la volée, et le tam-tam effréné des battements de son cœur recouvrit la litanie d’incertitudes. Baël était là. Non, Allastor. Mettant au défi sa volonté de fer, la Kark se jura de ne pas trembler tendant tous les membres de son corps. Elle ne lui ferait pas se plaisir, si elle devait mourir maintenant elle ne laisserait pas à ce monstre la joie de se délecter d’une peur trop apparente. Elle ne crierait pas, ne le laisserait jamais gagner, que leur plan fonctionne ou pas. Il n’y aurait pas de victoire totale pour le démon. Plutôt se tuer que lui donner la joie de faire le travail. Le poison qu’elle avait glissé dans sa poche lui offrirait une mort rapide, et presqu’indolore si Alastor venait à la capturer. Vaincre ou périr. Elle ressortirait de cette maison libre, ou morte.

Les paroles du démon étaient d’un miel doux, mais écœurant, se bloquant dans la gorge de ceux ayant la témérité naïve de les gober, pour mieux les suffoquer. Pire encore, Alastor lui renvoyait l’image de faiblesse qui avait émané d’elle toutes ces années. Sa naïveté, sa propre stupidité lui faisaient honte plus encore aujourd’hui, et exacerbait des sentiments de révolte et de colères qui n’avaient pas besoin de cela pour être ravivés. Devant le manège d’Alastor, la Poufsouffle eut toute la peine du monde à garder son sang-froid, elle se contenta de serrer les dents guettant le signal de son détestable futur beau-père.
Les choses s’accélèrent a une vitesse folle, laissant peu de temps à la réflexion, aux doutes et encore moins à la peur. La sorcière s’était efforcée d’obéir en lançant un premier incarcerem, mais le démon agile avait roulé sur le sol. A plusieurs reprises le démon esquiva les sorts que lui assénaient les deux ombres, si bien que la jeune sang-pure dut opter pour une autre solution. D’un sortilège informulé elle fit apparaître un long serpent noir. Le reptile sous les ordres habiles de la fourchelang se rua sur le démon trop occupé à parer une attaque frontale d’Evan, et s’enroula autour de son cou, permettant aux deux alliés de fortune de lui asséner plusieurs sortilèges d’incarcerem.

Le serpent se dissipa, alors qu’Alastor déséquilibré par les multiples chaines s’étalaient sur le sol. « Comme une impression de déjà-vu, Alastor ? »

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