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Ce message a été posté Lun 27 Juin 2011 - 13:36

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    Une dizaine de mètres, c’est tout ce qui le séparait de son pas de porte à présent. Ce pas de porte qui avait délimité la fin de son périple durant d’interminables mois. Les deux derniers jours passés à l’hôpital avaient été comme une période transitoire entre deux mondes diamétralement opposés. Ca n’était pas plus mal d’ailleurs car Thomas avait un mal fou à réaliser qu’il était bel et bien rentré, et cette impression d’irréalité, d’évoluer comme dans un grand rêve éveillé continuait de le poursuivre.
    Il était rentré oui, et finalement, les choses n’avaient pas tant changées que ça d’un point de vue général. Et en même temps plus rien n’était pareille. Il avait atterrit dans un genre de dimension parallèle, en tout point la même et en tout point différente.
    Evidemment, il avait eu l’occasion d’aborder le sujet avec les médicomages qui lui avaient assurés que ce sentiment d’être déphasé par rapport à son environnement ne durerait qu’un temps. Il les croyait tout à fait, il savait maintenant avec certitude qu’on pouvait vraiment s’habitué à tout avec assez de temps devant soi. Au meilleur, comme au pire…
    C’est ce qui lui était arrivé là-bas. Sans même s’en rendre compte, il s’était fait à cette vie sans rien, sans magie, sans aucune facilité, sans même la réelle possibilité de parler sa langue.
    En fin de compte, le pas de cette porte n’était que la fin de son périple physique. A l’intérieur de son crâne, il avait encore du chemin à faire pour sortir véritablement du désert.

    Pour l’instant cela dit, Thomas tentait de ne pas faire trop cas de tout cela. Il sortait à l’air libre pour la première fois depuis son retour en Angleterre et si le ciel de Londres restait souvent voilé de nuage et un peu terne, ça n’était pas le cas de leur petit cottage irlandais. C’est qu’il y avait moins de détraqueurs dans ce coin reculé que dans la Capitale…
    L’été fleurissait partout ici, et le jardin qui englobait la bâtisse se teintait de mille couleurs et de multiples bourdonnements d’insectes. Le parfum du Lila planait dans l’air rendu un rien lourd par la chaleur de cette fin de matinée, lui évoquant tout un tas de souvenirs aux quels il n’avait plus songés depuis des lustres.
    Il laissa ses yeux bleus glisser sur l’arbre qui surplombait le jardin, et sur le banc qui se trouvait juste en dessous, avant de s’atteler à détailler la bâtisse avec plus d’attention.

    Il délaissa bientôt ce tableau pour se tourner vers sa femme avec qui il venait tout juste de transplaner. C’était elle qui l’avait emmené parce qu’il avait préféré ne pas transplaner de lui-même.
    De son côté, ça n’était pas le jardin et leur maisonnette qu’elle observait mais bien Thomas. Il lui adressa un faible sourire pour donner le change et il l’entraina ensuite vers le porche.
    Ca n’était pas qu’il n’était pas heureux d’être enfin rentré, au contraire bien sûr. Justement, il était tellement incrédule qu’il avait du mal à s’en réjouir. Pourtant il ne voulait pas inquiété Nora et n’avait pas non plus envie de lui expliquer tout ça.
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Ailionora Ó'Broin
Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Lun 27 Juin 2011 - 15:06

    Ailionora était épuisée aussi bien mentalement que physiquement. Depuis le retour miraculeux de son époux, elle avait été incapable de fermer l'oeil la nuit, avait passé le plus de temps possible en sa compagnie entre les BUSEs et les ASPICs. Tout cela ne tombait pas véritablement au bon moment, mais elle s'accrochait. Pas vraiment le choix.

    Ils avaient beau avoir passé des heures ensemble, leur discussion commencée au moment de leurs retrouvailles n'avait pas du tout avancé. Il n'était presque jamais seul, comment parler dans ces conditions ? Et Thomas ne semblait pas non plus enclin à s'étendre sur le sujet. Et à dire vrai, il ne semblait pas enclin à grand chose.

    Lui qui était si vif, drôle, charmeur, moqueur et tant d'autres... la jeune femme ne retrouvait rien de cela. Elle s'était entretenue avec des médicomages qui lui avait expliqué que le retour serait difficile et qu'il était encore traumatisé, qu'il était possible que certaines choses ne reviennent pas vraiment à la normale. Tout cela accompagné de conseils des uns et des autres comme le laisser prendre son temps, ne pas le brusquer et encore tellement d'autres que son cerveau allait exploser.

    Heureusement pour elle qu'elle avait eu sa famille de son côté pour se préoccuper un minimum de son état d'esprit. Elle avait pleurer compulsivement la première nuit, tellement de choses en si peu de temps, il y aurait de quoi rendre fou n'importe qui.

    Et l'observer en silence alors qu'il recevait des visites des uns et des autres avait fait quelques dégâts. Certaines choses avaient changé, elle s'en était rendue copte immédiatement mais l'ampleur du changement ne l'avait frappé que quelques minutes plus tôt pour de bon. Où étaient les rires ? Et son sourire ? C'était probablement son sourire qui lui manquait le plus, ce petit truc qui la déridait à chaque fois quoi qu'il ait fait de fou ou stupide un peu plus tôt. Mais cela reviendrait, il fallait voir positif !

    Elle avait donc transplané avec lui, comprenant à moitié sa peut de le faire lui même. Mais Nora n'avait rien dit, s'exécutant en silence. Et ils étaient arrivés dans leur jardin. Tous les deux pour la première fois depuis près d'un an. Elle avait envie de se blottir contre lui avant de lui murmurer à quel point elle était heureuse et que tout irait bien mais les gestes ne se faisaient pas.

      « Eireann a refait presque tout le jardin, Keenan a tout laissé pousser n'importe comment du moment où il a loué le cottage... J'ai rien pu faire vu que je ne venais que rarement... Mais elle a fait un super boulot. »

    Un sourire à peu près franc et elle s'avança jusqu'à la porte qu'elle ouvrit avec un pincement au coeur. Croupy fila en vitesse entre ses jambes pour aller courir dans le jardin. Il reviendrait bien assez vite.

    Le hall était envahi par les diverses malles de la propriétaire des lieux. Il avait fallu qu'elle regroupe toutes ses affaires du château et qu'elle transfère quelques petites choses de Poudlard. Et c'était le chaos. La sorcière n'avait jamais encore noté le nombre de choses qu'elle possédait.

      « Bienvenue à la maison ! »

    Son exclamation se voulait enthousiaste, peut-être qu'il se calmerait...

      « Essaie de te frayer un chemin, j'avais tout emporté, mais tes affaires n'ont pas changé de place... »
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Ce message a été posté Lun 27 Juin 2011 - 18:33

    Si ses affaires n’avaient pas changées de place, alors elles étaient les seules choses qui n’avaient pas changées de places dans cette maison. A présent dans le hall, Thomas ne répliqua pas un mot à sa femme et se contenta d’observer le décor avec attention.
    Une fois de plus, tout était pareil d’un point de vue général, et en même temps l’endroit avait changé de visage. Il s’avança de quelques pas pour observer les quelques photos qui les saluaient depuis le mur et jeta un coup d’œil dans la cuisine à sa gauche.
    C’est tout ce qu’il eut le temps de faire avant que des petits bruits de pas ne résonnent dans les escaliers qui menaient à l’étage.

    Pour la première fois depuis son retour au cottage, Thomas laissa son visage s’éclairer d’un sourire plus franc. Son elfe de maison se précipitait vers lui dans un concerto de hululements rauques, les bras levés en l’air, dressés vers lui.
    Thomas n’eut même pas à se pencher, Neldo lui avait sauté au cou pour l’étreindre avec toute la force de ses deux petits bras maigres. Et sans desserrer son étreinte il lui expliqua avec empressement qu’il avait tout préparé pour son retour, qu’il avait fait les poussières dans la chambre, fait le lit, nettoyé son bureau et préparer un poulet rôti, son plat préféré.
    Thomas se garda bien de lui rappeler que son plat préféré c’était de l’agneau et profita des retrouvailles en complimentant le travail de son elfe lorsqu’il lui laissait la parole.

    L’avantage avec eux, c’est qu’ils ne posaient pas de questions. Pas de « Où étiez-vous maître ? Vous avez maigris maître ! ». Juste le plaisir de se retrouver après une interminable séparation, et le moment présent. C’était reposant.
    Il était heureux de retrouver ses proches mais on ne pouvait pas rater la manière dont tous l’observait depuis qu’il était rentré. Comme une victime de guerre qui se serait fait arraché les deux jambes par un géant. Un mélange de compassion, de pitié et de malaise.

    Neldo toujours dans ses bras à babiller gaiement, Thomas se fraya un chemin vers le salon où il laissa son regard vagabonder sur le décor. La plus part des objets visibles n’était pas à lui, très certainement à Keenan, Eire ou Jane, puisque le cottage s’était transformé en maison d’accueil depuis qu’il n’était plus là. Une part de lui songeait qu’il aurait plus de mal encore à retrouver ses marques dans cet environnement investit par d’autres. Mais la plus grosse part de lui s’en fichait en réalité. Vu l’endroit d’où il venait, au fond ça n’avait aucune espèce d’importance. Ca n’était pas les objets mais les gens qui comptaient le plus.

    Il rebroussa ensuite chemin et revint vers le hall, déposant enfin son elfe sur le sol qui se précipita sur Nora pour partager sa grande joie avec elle.
    Thomas quant à lui, s’était immobilisé devant le haut miroir qui parait l’entrée. La veille, Nora lui avait rapporté quelques affaires à lui pour qu’il puisse enfin se changer et retrouver ses propres vêtements, sauf qu’en vérité maintenant il avait l’impression de flotter à l’intérieur. Ca n’était pas qu’une impression d’ailleurs. Il allait devoir se racheter quelques chemises en plus d’une nouvelle baguette.
    Cela dit, il préféra ne surtout pas s’attarder sur son reflet. Les murs avaient de nombreuses photos d’eux accrochés, et la comparaison ne le mettait pas de meilleure humeur.

    Il se dirigea donc plutôt vers la porte de son bureau, juste à côté de l’escalier, et l’ouvrit lentement pour réinvestir les lieux. Effectivement dans cette pièce, rien n’avait bougé. Pas un seul objet n’avait changé de place, comme si le temps s’était arrêté durant son absence.
    Les murs boisés étaient toujours recouverts de cartes et d’images mouvantes d’animaux rares, entre quelques masques africains et armes aztèques, les étagères et autres bibliothèques encombrées d’objets insolites et autres maquettes et ossements ramenés de leurs voyages.
    Il contourna son bureau de bois clair et frôla la plume qui y était déposée, au milieu d’autres carnets, parchemins et appareil de mesures.
    Glissant une main sous sa chemise, il extirpa de sa ceinture son journal tenu durant son absence et ouvrit l’un des tiroirs pour l’y déposer avec soin. Il y reviendrait plus tard…
    Il y avait un second objet dont il souhaitait se délester, également planqué dans sa ceinture, mais il n’avait pas envie que Nora le voit pour l’instant. Il releva son regard vers elle qui se tenait dans l’embrasure de la porte et lui sourit.

    « C’est fou que tu ais gardé tout ça intacte » commenta-t-il, reconnaissant.
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Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Lun 27 Juin 2011 - 19:08

    Elle l'avait suivi sans rien dire, retenant une larme quand elle vit la joie de leur elfe de maison qui papota sans cesse jusqu'à les délaisser pour foncer dans la cuisine son antre favori.

    Thomas semblait tout observer dans les moindres détails. Ils en étaient d'ailleurs presque au même point, Nora avait elle aussi abandonné leur foyer pour partir loin et ne pas y remettre les pieds. Il y avait eu un tournant avec l'histoire des doxies quand elle avait enfin pu affronter ses démons et se démener pour rétablir de l'ordre dans sa maison. Et c'était après cela qu'elle avait commencer à tourner la page Thomas.

    Mais on ne la laisserait pas faire, quelqu'un devait bien s'amuser avec elle et ses états d'âmes.

      « J'ai interdit à Keenan de pénétrer ici et tu sais que j'ai cessé de vivre à la maison quelques jours après toi donc je n'ai touché à rien. Neldo a fait mes valises vu que j'étais incapable de rentrer à l'intérieur. Et je suis revenu pour la première fois il y a quelques semaines à peine, invasion de doxies... Eireann ne m'a pas vraiment laissé le choix. »

    Toujours dans l'embrasure de la porte, la sorcière sentit une boule de poils entre ses jambes, la saluant à grand coup de tête dans les mollets. Nora se pencha pour la prendre dans ses bras et enfouit son visage parsemé de tâche de rousseurs dans son épaisse fourrure rousse.

      « Bonjour toi. »

    Elle lui embrassa la tête doucement avant de s'avancer vers son mari le chat dans ses bras. Contournant elle même le bureau, elle se laissa tomber dessus, face à son époux avant de lui tendre son chat qui ne risquait pas d'avoir oublié son maître de toujours.

    Ils n'étaient séparés que de quelques centimètres et c'était surement une des seules fois depuis son retour qu'elle se sentait si proche de lui. Attendant un geste de sa part, la professeur l'observa câliner son matou roux à qui il avait bien manqué.

      « J'attendrai la fin des BUSEs et ASPICs pour reprendre tes plantes aux serres de Poudlard. Je les ai déposé en prêt il y a quelques mois, je m'en occuperai quand les examens de botanique seront terminés. J'en ai aussi quelques unes dans mon appartement au sixième étage du château. C'est tellement grand, je ne pensais pas que les professeurs étaient si bien lotis... »

    Elle sourit largement, tendant la main pour caresser l'animal avec lui tout en cherchant le regard de son mari. Il n'était pas bien loquace, mais peut-être que les retrouvailles avec ses anciens repères lui serait bénéfique.

      « Jane est en voyage, Eireann ne revient pas tout de suite et c'est pareil pour Keenan donc on doit avoir un peu de temps, si tu veux qu'on fasse un tour et qu'on réaménage quelques trucs. Je sais que mon frère a tendance à prendre de la place mais il me semble qu'il a rangé depuis avant hier soir. »

    Et il allait falloir qu'elle lui explique en vitesse son emploi du temps pour la semaine à venir, elle allait peut-être même avoir besoin de lui pour les corrections des tests écrits de ses élèves. Et il y en avait tout un tas.

    Mais avant tout, elle le quitta un instant pour filer dans l'entrée, passa dans la bibliothèque et revint se poser face à lui dans l'exacte même position qu'auparavant, mais cette fois, elle n'avait pas les mains vides. Elle posa à côté d'elle un paquet de cigarettes moldus à peine entamé et deux verres qu'elle remplit de liquide ambré.

      « Je sais, je suis la meilleure des épouses. »

    Nora papillonna des cils dans sa direction et remit une longue mèche de cheveux brun derrière son oreille.
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Ce message a été posté Mar 28 Juin 2011 - 16:23

    Thomas savait effectivement que son épouse avait déserté le cottage peu de temps après sa disparition mais c’était la première fois qu’il le réalisait aussi concrètement. Elle avait nommé son frère gardien du phare et elle était partie, quelques jours seulement après lui. Et à la rentrée elle s’était installée à Poudlard.
    En un peu plus d’un mois elle avait totalement changé de vie, de l’endroit à la profession. Ca ne lui ressemblait pas. Du moins ça ne ressemblait pas à la femme dont il se souvenait. Il fallait croire qu’être veuve à 26 ans avait complètement modifié sa manière de voir les choses.
    Thomas ne savait pas quoi penser de tout cela, pour le moment il n’y voyait rien de négatif, mais rien de positif non plus, et les conséquences de ce changement commençaient seulement maintenant à se profiler dans son esprit. Il n’arrivait pas exactement à prévoir ce qui allait se passer, mais une chose était certaine, il ne revenait pas à son ancienne vie. Les choses étaient différentes et son quotidien d’avant révolu. Pour le pire ou pour le meilleur, l’avenir le lui dirait.

    Thomas fut cela dit sortit de ses réflexions par son chat que Nora venait de lui mettre dans les bras. Sa grosse rouquine n’avait pas changé d’un poil quant à elle. Est-ce que l’animal le reconnaissait ou l’avait-elle oublié ? Vu ses ronronnements contentés, la réponse était évidente. Un nouveau sourire vint étirer les lèvres de Thomas tandis qu’il gratouillait affectueusement la tête d’Ambrosia. Se faisant, il écoutait aussi Nora qui était venue se placer juste à ses côtés.
    Les examens, c’est vrai qu’ils étaient en plein durant cette période. Il avait complètement perdu la notion du temps et ne cessait de laisser l’information s’échapper. C’est qu’il avait du mal à visualiser sa femme en professeur de Poudlard. Il savait que c’est ce qu’elle était maintenant mais il avait encore bien du mal à s’y faire.

    Tout comme à la présence d’Eireann, Keenan et Jane sous leur toit. Encore une fois, ça n’était pas que la chose lui pause problème, c’est plutôt qu’il ne s’y était pas attendu une seule seconde. Durant des mois et des mois il était resté bloqué sur le souvenir qu’il avait du cottage. Sa femme, son elfe, son chat, son jardin, point. Maintenant il devait réactualiser cette image sur le tard.
    Ca n’allait pas être simple, mais encore une fois, peu lui importait au fond. Il préférait et de loin se concentrer sur le verre et la cigarette que lui proposait maintenant sa femme.

    Il laissa un petit rire s’échapper de ses lèvres avant de délicatement déposer son chat sur le bureau et se saisir du verre qu’elle lui tendait.

    « Tu t’es souvenue » constata-t-il avec étonnement en acceptant la cigarette.

    Il avait parlé des cigarettes moldues à sa nièce l’avant-veille à l’hôpital, et ça n’était apparemment pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Nora s’était déjà débrouillée pour s’en procurer, et visiblement elle avait même déjà testé le produit.

    « C’est plus simple à fumer que la pipe, non ? »

    Il ponctua le silence de deux ou trois gorgées d’alcool qui lui amenèrent une foule de souvenir en mémoire.

    « Ils n’en n’avaient pas de l’aussi bon dans le désert » commenta Thomas d’un nouveau sourire avant de relever ses yeux vers Nora.

    Ils s’observèrent quelques instants et il réalisa une fois de plus combien elle était belle et combien elle lui avait manqué. Il se pencha vers elle et déposa un baiser sur son front criblé de tâche de rousseur avant d’en revenir à son verre.

    « Merci » lui dit-il « …Je pense que je vais plutôt aller prendre une douche pour le moment. On s’occupera du… de réaménager tout ça plus tard, qu’est-ce que t’en dis ? »

    Il posait la question mais en vérité c’était plus un fait qu’autre chose. Il termina rapidement son verre et remercia à nouveau sa femme d’un baiser sur les lèvres cette fois. Thomas adressa encore une dernière caresse au chat puis posa une main sur l’un des genoux de Nora avant de se détourner pour retourner dans le hall et grimper lentement les escaliers.
    Il se fit immédiatement rejoindre par Neldo qui se précipita vers lui pour combler le moindre de ses petits besoin dans la seconde, tout en ponctuant son discours de sévères critiques envers son beau-frère.
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Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Mar 28 Juin 2011 - 19:26

    La sorcière eut bien du mal à cacher sa déception quand il s'éloigna après son baiser. Une douche, bien entendu. Elle n'avait même pas eu le temps de répondre quoi que ce soit, il était déjà dans les escaliers. Cela devait être un comportement normal après onze mois passés loin de chez lui mais au moins il l'avait embrassé...

    Nora fini son verre cul sec et grimaça quand le liquide lui brula la gorge pendant quelques secondes. Toujours assise sur le bureau de son époux à balancer ses jambes, elle haussa les épaules avec un faux air hautain.

      « Bien sur que je me suis souvenue... »

    Puis elle se pencha légèrement pour ouvrir le tiroir qu'elle l'avait entendu ouvrir puis fermer. C'était donc ça le fameux journal ? La sang pure se tourna pour vérifier qu'elle était bien seule et referma tout ça sans avoir touché à rien. Ils s'étaient toujours fait confiance, ce n'était pas aujourd'hui qu'elle allait fouiller dans ses affaires sans le prévenir. Elle attendrait... car apparemment, il n'y avait pas d'autres options.

    *

    Deux jours complets, leurs noces avaient duré deux jours ! Les familles n'avaient rien fait à moitié, il y avait eu des centaines d'invités, probablement des centaines de plats. Et des musiciens, et des tonnes de fleurs, et tellement de cadeaux et de félicitations.

    Mais en plus de quarante huit heures, les jeunes mariés ne s'étaient presque pas adressés la parole. Nora avait été balloté de bras en bras et avait tenté d'absorber les trois milles conseils des uns et des autres. Elle était exténuée et pas certaine d'être aussi heureuse qu'elle devait l'être. Mais elle avait sourit fixement, écoutant à moitié et hochant la tête quand il le fallait.

    Il lui était arrivé de jeter un oeil sur son nouvel époux et il ne semblait pas plus à l'aise qu'elle. C'était déjà un point en commun. Peut-être qu'elle aurait du boire les mixtures que Keenan lui apportait à intervalles réguliers mais la jeune femme s'était contentée de quelques bièraubeurres.

    Et quand tout avait été fini, il avait emprunté le réseau des cheminées ensemble pour rentrer chez eux. Car il était évident qu'elle emménageait chez lui. Elle était Ailionora Macnair, plus Ailionora O'Broin et cette idée lui fit un pincement au coeur.

    Ils arrivèrent donc l'un après l'autre dans un salon plutôt spacieux mais tellement terne. Il y avait un manque de goût et de couleurs évident, et les meubles... ce n'était vraiment pas ça. Mais au moins il y avait quelques fleurs pour décorer le tout, cela donnait une ambiance plus sympathique à son nouveau chez elle.

      « C'est très... spacieux. »

    Elle s'était tournée vers son époux et avait forcé un sourire pour continuer à faire bonne impression, il allait falloir qu'elle change des tonnes de choses car cela n'allait pas du tout. Mais pour le moment, elle ne dirait rien, c'était trop tôt et il risquait de le prendre mal surtout qu'ils devaient logiquement à présent se diriger vers la chambre pour... consommer leurs épousailles.

    Du moins, c'était ce que sa mère, ses tantes, ses grands mères, toutes les femmes de la famille (et Keenan) lui avait expliqué. C'était très important de ne pas décevoir son amant mais c'était tellement simple pour eux qui n'étaient pas... elle. Ce n'était pas le plus beau jour de sa vie, oh non !
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Ce message a été posté Mer 29 Juin 2011 - 0:26

    Quatre semaines de tortures psychologiques et de culpabilité, terminées avec brio par les deux jours les plus longs de toute sa vie. Il allait effectivement se souvenir de ce week end jusqu’à son dernier souffle, mais comme le pire cauchemar jamais vécu jusqu’à ce jour.
    Nora n’y était pour rien, de toute manière depuis leur toute première rencontre un mois plus tôt, ils avaient du échanger trois phrases au grand maximum. Non, c’était tout le reste autour qui avait transformé ces deux jours en calvaire.
    Et il ne pouvait même pas se dire que ce calvaire prenait fin ce soir car il ramenait la demoiselle avec lui évidemment. « Mademoiselle » ? Non, plutôt « Madame » maintenant.
    Madame Macnair…
    Il n’arrivait toujours pas à y croire…
    Bon, c’était arrivé ce matin même, donc c’était encore sacrément récent, mais peu importe. Il n’arrivait pas à y croire. Ca y est… c’était fait…
    Il était marié. Pour du vrai…
    Un mois que Julian essayait de l’en dissuader par tous les moyens possible et imaginable, mais il avait tenu bon. Il n’avait pas cédé, et maintenant c’était fait. Ca ne faisait pas de lui quelqu’un de solide cela dit, au contraire, puisqu’il avait initialement cédé à son père, ce qu’ils s’étaient promis de ne jamais faire. Et il ne doutait pas que Julian arrive y échapper. Seulement son ami avait toujours été plus extrême que lui, plus têtu et moins docile aussi peut-être. Bref, le résultat était là : il était marié. Vraiment marié. On ne pouvait pas être PLUS marié que lui.
    Jusqu’au dernier moment, jusqu’au tout dernier instant, juste avant de dire « Je le veux », il avait espéré que quelque chose se passe, où que quelqu’un n’arrive pour arrêter le massacre. Rien ne s’était passé évidemment. Tout s’était déroulé exactement comme leurs parents l’avaient voulu. Le soleil avait été au rendez-vous, la nourriture avait été délectable, la déco avait tapé dans l’œil de tout le monde et les cadeaux s’étaient mit à pleuvoir. Et pendant ce temps, Thomas avait cherché un moyen de fuir. Comme physiquement, ça n’était pas chose possible, il s’était contenté de boire. Comme il l’avait fait durant tout le mois, surtout la dernière semaine d’ailleurs.
    Pourtant même ça on avait réussit à le lui gâcher. Sa mère s’en était chargé et ne l’avait pas lâché d’une semelle pour le freiner dans sa descente et compter chaque verre d’hydromel ou de champagne ingurgité.
    Bref, y’avait intérêt que ça marche avec cette fille car il ne voulait plus jamais avoir à revire un moment pareil…

    Le pire c’est qu’il était loin d’en avoir fini de baigner dans ce malaise constant. Il priait pour un peu de solitude, pour pouvoir se coucher, dormir et ne plus penser à rien. Seulement il restait une jeune femme à installer dans son nouveau chez elle. S’il n’y avait eu que ça, ça n’aurait pas trop dérangé Thomas. C’était le tout dernier chapitre de l’histoire de ce week end qui lui fichait la trouille. Le chapitre où il était sensé ‘honorer’ son épouse. Foutues coutumes barbares !

    « Hum… oui… oui… c’est sûr » sourit-il nerveusement en réponse au commentaire de la jeune femme.

    En réalité il ne l’avait pas vraiment écouté. Il était certainement près de deux heures du matin, comme dit plus haut, il avait pas mal bu, et ce week end avait été très long, bref, la panique et le malaise couplés à l’alcool et la fatigue ne l’aidaient pas à y voir clair.

    « Je… je vie ici tout seul et la maison est plutôt grande donc… hum… voilà » balbutia-t-il inutilement.

    Se grattant la tête, il l’observa quelques instants dans sa belle robe de mariée. Elle faisait tâche dans le décor. Où plutôt c’était le décor qui faisait tâche autour d’elle. Elle respirait le soleil dans les arbres et les petits papillons, et tout autour, il faisait sombre et sobre, spartiate et terne. Influence Macnair oblige, la maison avait appartenu à l’un de ses oncles avant qu’il n’y emménage.

    « Y’a même plusieurs pièces à l’étage où je ne vais jamais alors… vous allez avoir tout l’espace que vous voulez pour… je ne sais pas… tout c’que vous voulez je suppose… »

    Bon… voilà, ça c’était dit… et ensuite quoi ?...
    Il resta planté là quelques instants avant d’enfin avoir l’idée de lui faire visiter l’endroit.

    « Je-oups » glapit Thomas qui venait de se prendre les pieds dans le tapis « Trop d’hydromel » rit-il nerveusement avant de se planter à ses côtés « Hum… j’vais vous faire visiter, qu’est-ce que vous en dites ? » proposa ensuite le jeune homme en lui faisant signe de le précéder.

    Il la guida vers une porte qui déboucha sur un hall d’entrée tout en longueur. Heureusement qu’ils n’étaient pas rentrés par là d’ailleurs car le vestibule était remplit à ras bord de malles et de paquets. Toutes les affaires de Nora s’y trouvaient, plus la montagne de cadeaux qu’ils avaient bien entendu ramenés avec eux.

    « Ah… oui, j’avais oublié ce détail… je vais demander à Neldo de monter vos affaires personnelles dans la chambre et on s’occupera du reste… un jour » conclut-il en observant le bazar.

    Puis il se détourna et se dirigea vers la première marche de l’escalier qui trônait dans le hall et qui menait aux trois étages de la maison. Il agrippa une petite clochette qui pendait là et l’actionna à plusieurs reprises, emplissant le silence d’un tintement sonore et haut perché. Il cria le nom de son elfe à deux reprises. La réponse ne fit pas attendre, des pas dévalant les escaliers résonnaient déjà quelque part au dessus de leurs têtes, accompagnés d’une longue plainte rocailleuse et surexcitée.
    Quelques secondes plus tard, son elfe de Maison déboulait à toute vitesse avant de se figer sur une marche au centre de l’escalier. Ses immenses yeux clairs et globuleux étaient fixés sur Nora, et ses deux longues mains tentaculaires étaient venues se plaquer sur sa bouche. Subjugué, il resta immobile quelques instants encore avant de se mettre à sautiller sur place en battant des mains.

    « Oh oui ! La Maîtresse. C’est la Maîtresse qui est là ! » se réjouis Neldo de sa voix cassée habituelle avant de terminer de descendre les marches pour les rejoindre.

    Il n’accorda pas la moindre attention à Thomas et vint se planter devant Nora pour admirer sa robe avec passion.

    « Nora, voici Neldo, … Neldo, je te présente Nora »
    « Elle est belle » commenta son elfe, sans que personne ne sache s’il parlait de la fille où de sa robe.
    « Qu’est-ce que tu croyais ? Monte ses affaires dans la chambre s’il te plait »
    Mais pas de réaction, l’elfe continuait d’observer l’étoffe qui habillait Nora avec adoration.
    « Il… il a toujours aimé les robes » expliqua Thomas, un peu gêné « … c’est un peu bizarre d’ailleurs. Neldo ?! »
    « Quoi ? »
    « Monte ses affaires »
    « Où ça ? »
    « Eh bien dans la chambre »
    « … d’accord » se décida enfin l’elfe avant d’accorder quelques courbettes dévouées à Nora tout en marchant à reculons pour exécuter sa tâche.

    Quelques instants plus tard, il avait disparu dans un « pop ! » sonore, emmenant avec lui deux mannes imposantes. Thomas le regretta tout de suite puisqu’il était à nouveau seul avec Nora à présent.

    « Il hem… en fait ce n’est pas vraiment mon elfe » expliqua Thomas à sa femme qui devait s’étonner qu’un elfe se permette ce genre de comportement « Je l’ai libéré il y a quelques années mais il à tenu à rester avec moi quand même alors… parfois… il a juste pas envie »

    Il se racla nerveusement la gorge avant de lui désigner la porte qui menait aux cuisines.

    « On continue ? »
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Ailionora Ó'Broin
Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Mer 29 Juin 2011 - 18:13

    C'était totalement inespéré. Il avait un elfe de maison ! Et un elfe de maison qu'elle trouvait terriblement sympathique, d'ailleurs la remarque de son mari concernant son amour des robes la força à afficher un immense sourire. Cela ne lui était pas arrivé depuis des semaines. Du moins pas aussi franchement.

    Elle serait moins seule quand son mari serait absent et arriverait à s'en rapprocher d'une manière ou d'une autre, quitte à lui offrir des robes sans que Thomas ne le sache. Grâce à ce petit être fragile, un poids venait de s'envoler. Cet endroit n'était peut-être pas si terne que ça.

    Et l'idée même que Neldo soit un elfe libre lui plaisait drôlement, il restait tout de même vivre avec Thomas, cela devait bien signifier quelque chose ! Et il y avait cette histoire de pièces non utilisées qui n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde, elle venait d'avoir son accord express donc elle n'avait pas vraiment besoin de lui demander quoi que ce soit concernant l'aménagement futur. Car pour le moment, la jeune épouse se sentait bien incapable de lui dire quoi que ce soit sur la décoration des quelques pièces qu'ils avaient vu. Celle que lui utilisait en somme.

    Mais ils n'en étaient pas là, Neldo venait de disparaître et son mari lui proposa de voir la suite de leur demeure. Nora perdit quelque peu son sourire mais avança à sa suite.

      « Oui, oui, on peut y aller. »

    Sa robe était légèrement envahissante mais après une journée passée avec, elle s'y était habituée et ce n'était même plus un problème de circuler avec et ce, même dans un couloir aussi étroit. La demoiselle avait tellement envie de se changer avant de se laisser tomber dans son nouveau lit. Mais ce n'était pas ce qui l'attendait car si elle se changeait, elle devrait enfiler quelque chose de différent et de vraiment trop transparent. Mais elle n'avait pas le choix car ils devaient 'consommer' leur mariage, Mère adorée avait été très claire à ce sujet. Une boule dans le ventre commençait déjà à se former alors qu'elle imaginait ce qui allait se passer d'ici quelques temps. Autant changer de sujet.

      « Il a l'air adorable, on en a beaucoup à la maison mais ils essaient de ne pas trop nous croiser. Je pense qu'ils ont été traumatisés par Cleona et mes cousins qui les forçaient à se déguiser pour jouer aux poupées qui bougent avec... Une sale histoire. »

    Il était tellement logique que les elfes se contentent de rester dans leur coin et de vaquer à leurs corvées quand personne n'était autour. Bien joué les enfants...

    Ailionora continua d'avancer à la suite de son mari un peu ivre commençant un perdre son amusement maintenant que Neldo avait disparu. C'était dommage d'ailleurs, elle avait bien envie de discuter un peu avec lui et d'en savoir plus sur sa vie d'elfe libre. Mais ce ne serait pas pour tout de suite.

      « Est-ce que vous avez choisi nos alliances ? Ou est-ce que c'est le bon goût de nos parents qui parle encore ? »

    Mais qu'est-ce qui lui prenait bon dieu ? Les bierraubeurres lui étaient un peu trop monté à la tête apparemment et elle ne s'en rendait même pas compte.

      « Je suis désolée... »

    Et elle se mordit la lèvre d'un air gêné en continuant d'avancer. Cette fois en silence.
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Ce message a été posté Jeu 30 Juin 2011 - 1:15


    Thomas avait d’abord jeté un coup d’œil interrogatif à la jeune femme tandis qu’il ouvrait la porte de la cuisine pour l’y laisser rentrer. C’est le temps que mit la noise avant de tomber.

    « Ohw ! Nos alliances ! » réalisa-t-il en levant sa main à hauteur d’œil.

    Puis il éclata d’un grand rire maintenant qu’il avait fait le rapprochement.

    « Non. Assurément je n’y suis pour rien » répondit-il.

    Bien évidemment que non il n’avait pas eu le luxe de choisir leurs alliances. Il ignorait d’ailleurs qui s’en était chargé en réalité. Personne n’avait jugé bon de l’informer de ce détail, d’ailleurs il n’avait eu à s’occuper de rien et n’avait été mit au courant que du stricte nécessaire. Tout ce qu’il avait eu à faire c’est se pointer le jour du mariage et faire bonne figure avant de repartir avec sa nouvelle meringue.
    Non, c’était un peu cruel de penser à elle de cette manière. La robe était très belle, Neldo avait raison. Mais elle était surtout très kitch, très chère et très voyante. Et de toute manière, il était fort probable que Nora n’ait pas eu son mot à dire concernant sa robe, pas plus que lui concernant les alliances en somme. Quelle stupidité…

    « Enfin bref » soupira-t-il après un léger silence « Hum… et bien comme vous pouvez le voir, ceci est une cuisine. Avec tout ce qu’une cuisine est sensée comportée. De la nourriture et, enfin vous vous y connaissez sans doute mieux que moi… à vrai dire je ne sais pas très bien où sont rangées les choses, c’est Neldo qui cuisine. Je ne connais même pas la formule pour faire cuire un œuf » avoua-t-il dans un ricanement « Je parie que votre mère ne vous a pas mise au courant de ce détail à propos de moi » lança Thomas.

    La première fois qu’ils s’étaient rencontrés, Nora lui avait expliqué que sa mère lui avait tout dit à son propos, mais il doutait que cette vieille bique se soit montrée très honnête ou impartiale…

    « Et cette porte mène à la cave, mais ni Neldo ni moi-même n’y descendons depuis plusieurs semaines. Il me jure que quelque chose grogne à l’intérieur,… mais… je n’ai pas encore vraiment eut le temps d’y regarder de plus près. Je le ferai cela dit » lui assura-t-il « Hum… et cette porte-ci ramène au salon mais… enfin je vais vous montrez l’étage plutôt »

    D’ordinaire, il ne s’amusait pas à monter et descendre les escaliers, il transplanait, c’était plus rapide. Mais comme c’était une visite, et surtout, comme il avait envie de retarder le moment fatidique ou certaines questions gênantes devraient être abordées, il la ramena plutôt dans le hall et ils gravirent les marches en silence. Une fois le premier palier atteint, il se planta devant la première porte déjà ouverte.

    « Les commodités » lui dit-il en présentant la salle de bain avant de se tourner vers la seconde porte qu’il ouvrit « Ici c’est… un genre de… et bien comme vous pouvez le voir, c’est un genre de rien du tout. J’y dépose les objets encombrants et… enfin si l’endroit vous plait… » il haussa une épaule l’air de dire ‘il est à vous’.

    Puis une fois de plus il changea de pièce pour la troisième :

    « Ici c’est la bibliothèque des livres que je ne lis jamais. Ceux qui m’intéressent sont dans mon bureau, les autres sont voués à leurs tristes destins ici. Je ne viens dans cette pièce que pour regarder les couchés de soleil. Autrement dit… jamais » sourit-il.

    Mais il se détourna bien vite en constatant que sa tendre épouse ne trouvait pas sa blague aussi drôle que ça.
    Il se racla la gorge et abandonna la bibliothèque pour se tourner vers la quatrième et dernière porte de cet étage.
    Malaise…

    « Et … voici la chambre » annonça le jeune homme en ouvrant la porte sur la pièce, plongée dans la pénombre.

    L'endroit était plus spacieux que les deux précédents, et les males de Nora reposaient au pied de la commode. Un grand lit à baldaquin trônait au centre, imposant et voilé. Il avait toujours préféré dormir dans un endroit ‘clôt’ et avait passé son enfance à fabriquer des tentes de fortunes à côté de son lit. C’était le seul moyen qu’avaient trouvé ses parents pour qu’il arrête de camper dans sa chambre.

    « Ma hum… ma mère a fait livrer une coiffeuse pour vous » expliqua Thomas en désignant le meuble richement moulé, non loin de la fenêtre.
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Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Ven 1 Juil 2011 - 20:08

    Et quel malaise...

    A peine avait-il prononcé le mot 'chambre' que le cœur de la brune s'était accéléré drastiquement. Elle n'était pas prête pour ça, pas encore, pas maintenant. Mais elle n'avait absolument pas le choix, on l'avait prévenue et préparée... en théorie.

    La jeune femme posa ses yeux sur la coiffeuse de son ancienne chambre et voir un objet connu et lui appartenant lui mit du baume au cœur. Pourquoi devait-elle vivre ça ? Est-ce que toutes les nouvelles épouses se sentaient aussi peu à l'aise ? Elle ne le connaissait pas, quittait son foyer pour en créer un nouveau et atterrissait dans une maison copie conforme du style 'Château Macnair', d'ailleurs, elle même en était une... Ailionora Macnair. Cela sonnait mal à ses oreilles, mais elle devait s'y faire.

      « C'est la coiffeuse de ma chambre. »

    Elle se mordit la lèvre discrètement avant de souffler doucement en fixant son époux.

      « Enfin de mon ancienne chambre... »

    On lui avait aussi prit cela car même si ses parents lui avaient dit que les quelques pièces composant sa chambre resteraient intactes, elle n'était plus censée y dormir. Sauf en cas de problèmes conjugaux, et bien entendu, il n'y en aurait aucun. Cela allait sans dire.

    Il ne lui restait plus qu'à prendre son courage à deux mains et à se lancer, plus vite elle s'y mettrait, plus vite cela serait terminé. Rien que le fait de le regarder la faisait rougir et créait une angoisse qui lui tordait le ventre. Et cela n'était pas son genre du tout. Du moins jusqu'à maintenant.

      « Je vais aller me changer... je crois que j'ai besoin de pouvoir respirer... »

    Quelle touche d'humour minable, elle pouvait faire mieux que ça. Mais étant données les circonstances, le nouvel homme de sa vie qu'elle n'avait pas choisi s'en contenterait. Elle n'attendit même pas de réponse, chercha du regard sa malle en cuir rouge qui n'était pas encore montée par Neldo, redescendit rapidement pour la trouver dans le hall, l'ouvrit avec rapidité et se saisit des affaires dont elle avait besoin avant de s'enfermer dans la salle de bain.

    C'était tellement de mauvais goût... rien que de s'imaginer porter cela lui donnait la nausée. Et pourtant elle devait le faire, c'était prévu et elle ne pouvait pas y échapper. Ailionora avait tiré comme une dératée sur les nœuds de son corset blanc pour tenter de se dégager de sa robe mais seule, cela lui prit une bonne dizaine de minutes et une crise de larmes en plus du reste. Pourquoi fallait-il que les choses se passent de cette manière ?

    La sorcière était restée assise sur le sol quelques longues minutes pour se calmer, en sous vêtements d'un blanc virginal sans quitter des yeux la petite robe rouge presque transparente choisie par sa mère ou une quelconque marieuse. C'était terriblement embarrassant mais elle l'enfila sans oser se regarder dans le miroir. Et elle ne portait que ça quand elle sortit de la pièce pour revenir dans la chambre.

    C'était encourageant, il ne dormait pas. Il était simplement assis sur le lit, à fixer le tapis avant de relever les yeux sur elle quand elle pointa le bout de son nez, une bonne demi heure après l'avoir abandonné.

      « Je suis désolée, j'ai été longue... enfin voilà. »

    Et elle déglutit avec beaucoup de difficulté.
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Ce message a été posté Sam 2 Juil 2011 - 0:23

    Il s’était contenté d’acquiescer sans trop savoir quoi répondre à la jeune femme lorsqu’elle s’était éclipsée dans les escaliers. Il avait également continué de la fixer, planté sur le palier du premier étage, lorsqu’elle était rapidement remontée afin de s’enfermer dans la salle d’eau.
    Et une fois la porte close, Thomas continua de faire le piquet au même endroit, mains sur les hanches, sans aucune idée de quoi faire de lui-même.
    Au bout de quelques secondes, il en eut assez de se sentir idiot et se décida enfin à se glisser dans la chambre. La pièce était sombre mais les rideaux ouverts donnaient à la lune l’occasion de darder ses rayons sur le lit. C’était presque comme une lumière divine qui venait frapper les draps pour les mettre en valeur. Des draps qui étaient sensés accueillir leurs premiers ébats…

    Un gémissement s’échappa de sa gorge presque malgré lui, et le cœur battant, il se précipita vers sa table de nuit pour en ouvrir le tiroir. Il en extirpa une bouteille petit format de bourbon et s’en enfila quelques rasades avant de se laisser tomber sur le lit, tirant sur son col étroitement fermé qui semblait se resserrer encore plus depuis quelques instants.
    Thomas se releva pourtant presque immédiatement avant de venir se planter devant la fenêtre, sa mâchoire ne se décrispant que pour accueillir le petit goulot de la bouteille.

    Il détestait ses parents et il détestait les parents de cette fille. Et il ne pouvait pas vraiment dire qu’il détestait cette fille qu’il venait d’épouser, mais une chose était certaine, il détestait de l’avoir épousé. Il détestait cette pression qui lui enserrait la poitrine et lui compressait l’estomac, et ces vagues de panique qui lui cillaient les jambes.
    Thomas se laissa choir en avant et son front atterrit sur le carreau de la fenêtre dans un léger choc sourd. Il en était réduit à souhaiter pouvoir s’échapper d’ici. Que dirait Nora en ressortant de la salle de bain et en trouvant la maison vide ?
    Et d’ailleurs, qu’était-il sensé faire pendant qu’elle se changeait ? Se changer lui aussi, enlever son beau costume et prendre une pause lascive sur le lit comme ces affreuses statues de l’antiquité ?!

    Un éclat de rire nerveux vint percer le silence, mais il le troqua bien vite contre un air morne plus approprié. Après quelques nouvelles rasades d’alcool, il reboucha la petite bouteille et la remit à sa place avant de transplaner dans la salle de bain du second étage. Ses parents avaient prévu le coup le le parquant dans cette baraque, maintenant qu’il y réfléchissait bien. Il y vivait seul avec son elfe, mais la bâtisse était faite pour accueillir au moins une famille de cinq.
    Debout dans la toute petite salle de bain du second, Tom se surprit à imaginer des enfants montant et dévalant les escaliers et des petits rires raisonner dans les couloirs. Généralement ce genre de vision faisait envie, pour l’instant, ça lui donnait juste envie de se saouler à mort pourtant.

    Après un nouveau grognement, Thomas laissa tous ses vêtements tomber et déposa sa baguette sur l’unique petit meuble de la pièce avant se plonger sous la douche. Après un aussi long week end de festivité ça n’était pas du luxe.
    Il fallait qu’il trouve un moyen pour se clarifier la tête et arrêter d’angoisser de cette manière. Ca n’était pas sensé être négatif, c’était sensé être un jour heureux. Après tout, il était plutôt bien tombé et avait eut de la chance dans son malheur. Coucher avec Nora ne serait pas compliquer. C’était vivre avec elle pour le reste de sa vie qui lui mettait la pression…
    M’enfin ça, il avait le temps de voir venir.

    Quelques minutes plus tard, seulement, il avait retrouvé son pantalon et sa chemise puisqu’il n’avait rien prit avec lui pour se changer et qu’il ne le sentait pas vraiment de se trimbaler tout nu avec Nora dans la maison…
    Il transplana à nouveau dans la chambre en s’attendant à y trouver la jeune femme, mais il était seul. Elle n’était apparemment pas encore ressortie de la salle de bain. Bien, ça lui laisserait le temps de réfléchir encore un peu. Et de boire.

    Une fois la bouteille à nouveau dans ses mains, il prit place sur le lit et fixa son regard sur la porte d’entrée de la chambre face à lui. D’un moment à l’autre, elle allait ressortir de la salle d’eau, traverser le hall et se tenir devant lui, et il devrait faire ce qu’il était sensé faire.
    Et s’il pouvait la mettre enceinte du premier coup, ça ne serait pas le refus, comme ça, ça serait chose faite !

    Thomas plaqua une main sur son visage, terrifié par ses propres pensées.
    Quelle monstruosité de songer de cette manière. Ca ne lui ressemblait pas. …Et d’ailleurs c’était hors de question que ça se passe comme ça ! Il l’avait fait, il l’avait épousé, il avait cédé et dit oui, maintenant il allait gérer les choses à sa manière. De toute façon ils étaient seuls maintenant alors pourquoi s’emmerder à suivre la moindre règle ?! C’était eux qui dictaient les règles à présent !
    Il passa les cinq dernières minutes à continuer de s’auto persuadé qu’il avait le choix mais fut interrompu dans ses pensées par un bruit de porte sur le pallier.
    Son cœur se serra et la belle assurance qu’il avait grappillé en lui s’évapora aussi tôt. Il replaça rapidement la petite bouteille et referma le tiroir juste au moment où la jeune femme apparaissait dans l’embrasure de la porte.

    Il avait ouvert la bouche pour lui répondre que ça n’était rien, sauf qu’aucun son ne quitta jamais sa gorge. Il resta pétrifié sur place, frappé par l’image qui s’offrait à lui. Ses épaules s’affaissèrent et il continua de fixer cette petite robe rouge durant de longues secondes. La pression était si forte qu’il en avait la tête qui tournait. Maintenant il regrettait effectivement d’avoir bu. Pourquoi fallait-il que son odieuse mère ait toujours raison ?! Et pourquoi fallait-il que Nora soit aussi… nue ?! Lui qui n’avait pas voulu se balader sans vêtement, il réalisait qu’il était le seul à se gêner dans cette maison.
    Quoi qu’en réalité, il ignorait totalement comment se sentait Nora car c’était sa robe qu’il fixait, et pas son visage. Après tout pourquoi pas ?...
    Cette pensée le fit se sentir affreux et il dut arracher son regard de force et le détourner sur le tapis pour réussir à retrouver le contrôle de son cerveau. Il hocha la tête comme pour répondre à ce qu’elle avait dit précédemment, qu’il avait déjà totalement oublié, bref, c’était juste pour donner le change et enchainer.
    Il lui fit signe de venir s’assoir à côté de lui, trop anxieux pour articuler quoi que ce soit. Une fois installée, il dut faire preuve d’un grand contrôle sur lui-même pour relever ses yeux clairs vers elle et faire comme si son corps n’était pas à se damner. Il lui adressa un vague rictus qu’il espérait rassurant avant de déglutir péniblement.

    « Je… vous hem… c’est vraiment… c’est… Non, attendez, j’vais la refaire » sourit-il en se sentant trop stupide « Vous… êtes très belle. On devrait… on devrait laisser tomber les ‘vous’ d’ailleurs. Peut-être que ça m’aiderai à être plus à l’aise, ok ? » il déglutit à nouveau « Je… hum… je suppose que tu… tu n’as jamais… » lança-t-il en haussant les sourcils l’air de dire ‘tu vois c’que je veux dire’.
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Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Lun 4 Juil 2011 - 9:17

    Non ? Est-ce qu'elle avait réellement entendu ça ? Ce n'était juste pas possible qu'il refuse ça, ils devaient le faire, cet espèce de rite de passage vers la vie de couple marié. Il ne pouvait pas se défiler et d'un côté cela l'arrangerait terriblement. Il commençait déjà à bafouiller, cela sentait le roussi, vraiment le roussi.

      « Je n'ai jamais... non... »

    Sa phrase se termina dans un souffle très faible. Le passage au tutoiement ne la dérangeait pas plus que ça, c'était arrangeant et logique vu qu'ils devraient passer le reste de leur vie ensemble. Mais ses questions lui paraissaient plus qu'étranges, il était censé l'embrasser et les choses s'enchaîneraient jusqu'à ce que tout soit fini !

    Pas ça !

    Et quelle horreur que cette robe, elle se sentait ridicule et observée sous toutes les coutures. Il avait le droit bien entendu mais son malaise n'allait pas en diminuant et pourtant, ce n'était que le début. Pourquoi fallait-il qu'il semble aussi peu sur de lui ? Il n'était pas franchement possible qu'à son âge et vu son caractère, il fut dans le même cas qu'elle. Lui devait savoir quoi faire. Pas elle !

      « Il n'y a aucune raison pour que tu te sentes mal à l'aise... tu sais bien que c'est normal... et que, enfin tu vois... »

    Elle y mettait tellement du sien à jouer ce rôle qu'elle haïssait. La jeune mariée était en train de se vendre même si elle n'en avait aucune envie, il fallait croire que la famille avait bien joué la carte du bourrage de crane. Aguicheuse, belle parleuse, tout le contraire de ce qu'elle était vraiment, la sorcière espérait juste qu'il se décide enfin et que tout aille vite, ce n'était probablement pas si terrible que ça et Keenan se complaisait à lui répéter à quel point c'était 'fantastique'. Mais lui était amoureux ou quelque chose de proche et elle ne l'était pas du tout. Comment cela aurait pu être possible après pas plus de cinq phrases échangées depuis leur rencontre ?

    Ailionora baissa ses yeux sur ses genoux et se rapprocha légèrement de son mari afin de serrer sa main dans la sienne. A croire qu'elle était bien entraînée pour jouer ce rôle, elle se pencha vers lui pour l'embrasser avec hésitation, il devait le sentir d'ailleurs. Avant lui, elle n'avait jamais embrassé d'autre homme et cela devait transpirer par ses pores. Elle y allait franchement et puis ce n'était pas non plus franchement compliqué...

    Mais à part l'embrasser que devait-elle faire de plus ? Toutes les portes étaient ouvertes, Thomas n'avait plus qu'à prendre les rênes et faire ce que bon lui semblait, il avait son aval, c'était tout de même clair.

    Enfin Nora l'espérait car elle n'avait pas envie de le supplier, c'était déjà assez dur comme ça. Entre cette minuscule nuisette, ces gestes qu'elle faisait pour lui alors qu'elle n'en avait pas réellement le désir, il fallait qu'il se réveille. Ou qu'il l'arrête tout de suite.
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Ce message a été posté Mer 6 Juil 2011 - 21:28

    Vierge. Au fond il l’avait su dés le départ, il avait juste espérer qu’elle démente.
    La responsabilité était de taille et ça n’arrangeait rien à la boule d’angoisse qui pesait sur son estomac. Il ne connaissait pas cette fille, mais il venait de l’épouser et devait la déflorer… charmant…
    Mais merde, comment avait-il fait son compte pour se retrouver dans cette panade ? C’était terriblement intimidant et la pression qu’il ressentait ne l’encourageait pas du tout à passer à l’acte. On pouvait même dire que tout ce stress tuait l’amour, il n’allait pas pouvoir assurer dans ces conditions.
    Quant à elle, il avait du mal à la situer. Elle avait l’air d’y tenir, de trouver ça normal comme elle le disait elle-même, et d’un autre côté le malaise qu’il ressentait venait surtout du fait qu’au fond, il percevait aussi une réticence chez la jeune femme assise à ses côté.
    Cela dit, elle jouait bien son rôle, il aurait presque pu y croire. D’ailleurs, l’espace de quelques instants, lorsqu’elle s’était rapprochée de lui pour se saisir de sa main, il y avait cru. Il y avait cru plus encore lorsqu’il l’avait vu se pencher vers lui pour déposer ses lèvres douces sur les siennes.

    Le cœur s’agitant un peu trop dans sa poitrine, il ferma les yeux et ne put résister bien longtemps à la tentation d’approfondir le baiser. Sa nuisette d’un rouge enivrant n’y était pas pour rien, tout comme l’alcool qui coulait dans ses veines et la pénombre intime qui les entourait. Quel garçon normalement constitué et un peu enivré aurait pu résister à une telle vision ? Jeune, terriblement belle, très peu vêtue, et surtout, toute à lui. L’alliance à son doigt était là pour le lui rappeler.
    Durant ces fameux quelques instants, il fut donc tenté d’envoyer valser tous ses doutes et son malaise pour simplement se laisser aller et faire ce qu’il avait à faire avec elle.
    Lentement, il avait levé une main pour la poser dans sa nuque, ses longs cheveux ondulés et doux frôlant sa peau et éveillant en lui quelques pulsions de désirs.
    Sans même en avoir conscience, son autre main était venue se poser sur la cuisse dénudée de la jolie sorcière.

    C’est précisément à ce moment là que le charme fut rompu. Tout affairé qu’il était à profiter du baiser, il ne put tout de même pas passer à côté du frémissement très net qu’il avait sentit chez elle. Sous ses doigts, les muscles de la jeune femme s’étaient tendus, crispés l’espace d’une fraction de seconde. Et ça n’était pas parce qu’il avait les mains froides. C’était clairement un faible sursaut de réticence qu’il avait capté.
    Voilà pourquoi il était tellement important de toujours suivre son instinct, quoi qu’il arrive, et peu importe les nuisettes carmins et l’alcool ingurgité…

    Thomas rompit le contacte dans un long et profond soupir pour tenter de redevenir maître de lui-même. Il s’écarta d’elle, sans pour autant mettre de distance, il cessa simplement de l’embrasser et ôta ses mains du corps de la jeune femme.
    Son malaise était de retour comme s’il ne l’avait jamais quitté. D’ailleurs il n’était pas le seul dans ce cas. Nora semblait tout aussi torturée par la situation, ce qui le conforta dans son idée.
    Non, la décision était prise, cette nuit, ils allaient se contenter de dormir, et ils verraient le lendemain, ou plus tard. Ils n’étaient pas à une nuit près.

    « Fiouf… ok » lança-t-il en passant une main dans ses cheveux pour retrouver contenance « Je crois que … si. Si en fait il y a des raisons pour que je me sente mal à l’aise » sourit-il maladroitement « Généralement quand … enfin c’que je veux dire c’est que lorsque deux personnes qui ne se connaissent pas … ‘passent la nuit ensemble’, … ils ont tendance à être mal vu, non ? »

    Ou voulait-il en venir ? Il l’ignorait lui-même…

    « Enfin… en dehors d’un mariage je veux dire. Alors… enfin, je ne vois pas pourquoi tout le monde trouve ça normal dans notre cas… parce que… »

    Oh par Merlin, pourquoi n’arrivait-il pas a alligner ne serait-ce que deux phrases ?! Était-ce trop demandé.
    Un rire nerveux s’échappa de ses lèvres, comme toujours lorsqu’il se rendait compte de sa propre bêtise.

    « Je… je m’excuse Nora. Ce que j’essaye de te demander si laborieusement c’est : est-ce que tu en as envie ou pas ? » reprit-il plus franchement en venant effleurer l’une de ses petites mèches de cheveux brune et ondulés « Vouloir et devoir sont deux choses très différentes »
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Rapeltout
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Ce message a été posté Jeu 7 Juil 2011 - 10:45

    Elle l'avait embrassé sans trop savoir pourquoi, pensant que cela allait aider et ça avait été le cas. Ailionora était certaine à ce moment là de savoir ce qu'elle faisait et de vouloir ce que tout le monde voulait qu'ils fassent. Elle n'avait pas vraiment le choix, c'était la stricte vérité, on le lui avait bien expliqué que ce mariage pourrait être annulé s'il le souhaitait tant que ce n'était pas consommé.

    Et puis il l'avait touché, il avait répondu et c'était ce qu'elle cherchait. Mais elle ne s'était pas attendu à cela. Bien entendu elle savait comment cela fonctionnait mais jamais elle n'avait imaginé ressentir ses caresses de la sorte. C'était terrifiant et intrusif, elle n'était pas prête, c'était évident mais elle avait commencé et ne pouvait plus se défiler.

    Mais son salut était venu malgré tout et il venait de celui qui lui causait toutes ses angoisses : son mari en personne. Il s'était immobilisé à peine quelques minutes après l'avoir touchée. La jeune mariée se sentait coupable d'être si mauvaise mais un soulagement énorme s'était installée en elle. Pour combien de temps elle l'ignorait mais là, elle respirait.

    Il lui expliqua ce qui n'allait pas et continua de lui demander de parler, de s'ouvrir et de dire ce qu'elle pensait. Cela ne lui avait jamais été interdit mais la plupart du temps, son opinion ne comptait que très peu. Mais il n'avait pas tort et peut-être que pour une fois elle pourrait s'écouter.

    Elle leva donc ses yeux bleus sur lui et le fixa sans ciller, tentant de trouver une réponse appropriée mais les mots franchirent la barrière de ses lèvres sans qu'elle ne le réalise vraiment.

      « Non, je ne veux pas. »

    C'était direct, très direct. Trop direct ?

    Pourquoi lui demandait-il son avis par Merlin ? Elle était franche sauf quand elle ne devait pas l'être, il fallait bien souvent peser ses paroles en public pour ne pas s'attirer d'ennuis mais aussi pour préserver son rang par exemple. Mais là, tout était sorti tout seul.

      « Je suis désolée. »

    Il avait hoché la tête, elle s'était relevée, s'était changée et ils s'étaient couchés côte à côte en faisant bien attention de pas se toucher. C'était probablement mieux que de jouer un rôle et de faire tout ce qu'on leur avait dit.

    **

    Il prenait sa douche et semblait la savourer vu le temps qu'il mettait à en sortir. La sang pure avait bu un autre scotch en l'attendant et avait fini par quitter son bureau. Elle était passée voir Neldo en vitesse qui semblait heureux comme s'il venait d'avoir une nouvelle robe et elle avait attraper la petite pelle qu'elle utilisait dans le jardin pour planter des bulbes. Elle aimait tellement mettre ses mains dans la terre, professeur de botanique lui aurait énormément plu aussi.

    Il bruinait quand elle passa le porche pour se réfugier sous l'arbre centenaire et y pousser le banc en acier sur lequel elle passait de longues heures dès que le temps le permettait... ou pas d'ailleurs.

    Et une fois cela tout dégagé, elle se mit à creuser frénétiquement jusqu'à ce que son instrument tombe sur quelque chose de bien plus solide que de la terre. Il était là-dedans, le symbole de tout ce à quoi elle avait renoncé quand elle l'avait laissé se faire enterrer chez ses parents.

    Elle sortit la boîte en acier et la posa à ses côtés, la bruine commençait à la mouiller mais elle n'en tint pas compte, trop plongée dans ses pensées et ses souvenirs.
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Ce message a été posté Jeu 7 Juil 2011 - 19:21


    Il était resté debout, immobile sous le jet d’eau chaude durant de très longues minutes. Les yeux fermés, il s’était contenté de rester là, inerte, les sons ambiants de la maison camoufler par le gargouillis bruyant de l’eau qui couvrait ses oreilles.
    Ca n’était pas la première douche qu’il prenait depuis qu’il était rentré, puisqu’il avait passé deux jours à l’hôpital et qu’il avait bénéficié d’une chambre tout confort payée par le Ministère. Mais ces 48 heures à Sainte Mangouste avaient été comme une transition étrange qui n’avait pas vraiment compté dans son esprit.

    C’était également la toute première fois depuis son retour qu’il se retrouvait seul. Et maintenant que c’était le cas, maintenant qu’il avait enfin remit les pieds dans sa maison, dans sa salle de bain, retrouvé ce cadre familier au quel il avait aspiré avec une telle force que c’en était inqualifiable, la pression accumulée retombait massivement. Il se sentait complètement vidé de toute substance.
    Maintenant qu’il était seul, il réalisait un peu plus consciemment qu’il était véritablement rentré chez lui et cette constatation le laissait pantois, tremblant et sous le choc.
    Après tout ces mois où sa seule et unique idée fixe avant été cet endroit, maintenant qu’il y était, c’était le craquage complet. Son esprit s’était tellement profondément focalisé sur ce but qu’il en avait bien du mal à accepter l’idée que tout ça soit vrai.

    Parfois, lorsqu’il laissait ses pensées dérivées vers des recoins bien trop sombres de son esprit, il en arrivait presque à en douter. Il était même venu à se demander si en réalité il n’était pas simplement devenu fou et s’imaginait tout ça, alors qu’en fait il était toujours bel et bien dans le désert. Cette impression d’irréalité lui faisait peur, car juste après ce genre de pensée, il réalisait à quel point c’était malsain. S’il continuait à se demander si c’était bien réel, il allait vraiment finir par perdre la boule. Durant son séjour forcé dans les Balkans, sa santé l’avait atrocement angoissé. Il avait passé d’interminable mois, la faim au ventre, à se voir maigrir et tomber malade, encore et encore. Sa jambe s’était brisée, puis infectée, puis à nouveau, il était tombé plus malade encore et avait passé des semaines alitées, à tousser jusqu’au sang, avec pour seule compagnie les délires causés par la fièvre de cheval qui semblait ne plus vouloir le quitter, et les mouches, attirées par l’aura de mort qui planait autour de lui. Durant tout ce temps, son angoisse première avait donc été principalement physique. Et en deux jours à peine, les médicomages l’avaient plus ou moins remit sur pieds.

    Il en était heureux bien sûr, heureux d’être entier, heureux de ne pas avoir à boiter toute sa vie et de pouvoir enfin respirer normalement. Et en même temps, toute cette peur avait marqué son esprit, et aucune potion magique ne pouvait rien pour soigner cette blessure-là.
    Thomas se rassurait tout de même en songeant qu’il lui faudrait simplement quelques jours encore pour que son esprit intègre tout ça. Et d’un autre côté, il se demandait comment il allait bien pouvoir s’y prendre pour encaisser et continuer sa vie.
    Le ministère lui avait bien entendu assuré qu’il pouvait réintégrer son département, qu’il serait dédommagé dés que l’enquête sur sa disparition serait bouclée et sa situation remise en ordre, mais pour l’instant il n’avait juste pas envie de penser à tout cela.

    Pourtant c’est ce qu’il faisait sous sa douche, presque malgré lui. Et il lui fallu une bonne dose de courage et de volonté pour s’extirper de sous le jet d’eau chaude qui l’enveloppait tel un cocon rassurant. Une fois sortit, il se rhabilla lentement et évita le miroir de la salle de bain pour ne pas avoir à croiser son reflet qu’il avait du mal à reconnaitre.
    Il zona quelques instants encore à l’étage, histoire de continuer son exploration des lieux, puis, passant devant une fenêtre qui donnait sur le jardin de devant, il s’immobilisa.

    Nora s’y trouvait, une pelle à la main. Elle creusait avec acharnement sous l’arbre et Tom se demanda ce qu’elle pouvait bien fabriquer. Il descendit au rez-de-chaussée, et traversa le hall pour mettre le nez dehors. La petite pluie fraiche d’été qui tombait du ciel clairsemé de nuages grisâtres attira son regard vers le ciel. Il n’avait plus senti de pluie sur son visage depuis des lustres, perdu dans son désert aride et rocailleux.
    L’éternelle pluie anglaise lui avait terriblement manquée elle aussi.

    Il se rapprocha doucement de sa femme qui s’agitait maintenant autour d’une petite boite de métal qu’elle ouvrit rapidement. Sans s’annoncer ni ouvrir la bouche, il la rejoignit et se posa sur le blanc qu’elle avait repoussé sur le côté pour sa fouille sous terraine. Il lui adressa un vague sourire, s’apprêtant à demander ce qu’elle fabriquait. Mais il n’eu pas besoin de le faire : son alliance était de retour à son doigt.
    Il laissa passer un bref silence avant d’enfin ouvrir la bouche.

    « Tu te souviens le soir de notre mariage… tu m’as demandé si c’était moi qui les avait choisies » évoqua-t-il avec un peu de nostalgie « J’ai toujours pensé que tu la détestais du coup… »

    Il lui adressa un nouveau petit sourire de connivence et tendit une main vers elle pour qu’elle vienne s’assoir à ses côtés.

    « Viens-là » souffla-t-il doucement.
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Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Jeu 7 Juil 2011 - 20:01

    La jeune femme s'immobilisa quand elle l'entendit arriver. Il avait été diablement discret mais elle l'avait repéré malgré tout, l'habitude ne l'avait peut-être pas tant quittée que ça. Elle avait espérée qu'il ne l'a voit pas dans cet état, elle commençait à être trempée, ses mains étaient sales et elle devait ressembler à un fantôme tant elle était pâle.

    Elle l'écouta parler en souriant et pouffa même quand il rappela ce bien vieux souvenir. Dès qu'ils en parlaient, tout ressemblait à un conte, pas quelque chose qu'ils avaient réellement vécu. Et pourtant, les premiers mois avaient été terriblement complexes pour eux deux.

    Et dire qu'elle l'aimait si fort désormais. Cette petite niaise qu'il avait épousé avait disparu il y avait des années de tout ça mais cela lui faisait du bien de se souvenir ce qu'ils avaient parcouru, cela rendait leur histoire encore plus extraordinaire à ses yeux. Elle attendait maintenant de voir ce qui allait se passer entre deux. Car les choses avaient et allaient probablement changer.

    La sorcière se saisit de la main de son époux et s'assit à ses côtés comme ils l'avaient probablement des milliers de fois. Bien assise, elle ne le lâcha pas mais observa sa main gauche et l'anneau retrouvé. Pas de gros changements ni de choc, c'était juste là qu'il devait être.

      « Je ne l'ai jamais détesté, nos parents ont de très bons goûts. Si tu l'avais choisi toi même, je suis certaine que ça aurait été un vrai fiasco... »

    Un véritable rire passa ses lèvres alors qu'elle se collait plus contre lui, laissant tomber sa tête un instant sur son épaule. Elle fixa leur jardin en plutôt bon état et s'imagina déjà en changer, et réaménager la serre avec lui.

    Croopy passa en vitesse devant eux et sauta sur Nora, imprimant de belles traces de terre sur sa robe bleue nuit. Elle passa ses mains dans la fourrure du monstre et le laissa tranquille quand il se mit en tête de courir après un nouvel animal imaginaire.

    Tout sourire avait disparu de ses lèvres quand elle tourna son visage vers lui, bien redressée pour le fixer. Il y avait des choses qu'elle avait à lui dire, peut-être trop tôt mais la boule de culpabilité qui grandissait dans ses entrailles la poussait à bout.

      « Je m'en veux tellement de les avoir laissé faire ça. Si tu savais comme je me déteste d'avoir enterré notre alliance... »

    Un long soupir passa ses lèvres alors qu'elle passait tendrement une main sur sa joue. Il ne s'était pas rasé, un vrai baroudeur celui-la. Elle en avait fini pour les excuses, du moins tant qu'il ne lui semblerait pas en avoir besoin davantage.

      « Ca te va bien comme ça, c'est plus long que d'habitude mais j'avoue que ça te va vraiment bien. Tu devrais tenter la moustache, je sais que j'avais hurlé il y a quatre ans quand tu l'as fait mais c'était court et vraiment pas pareil. »

    Elle passa ses mains sur son visage pour tâter le terrain et se recula un peu, un rictus un peu moqueur sur les lèvres.

      « Je suis d'accord avec cette idée, si tu coupais un peu ici et là, ça ferait un genre de mousquetaires, tu sais les moldus il y a des années. Ce serait vraiment pas mal... »

    Et elle accompagna sa déclaration d'un baiser furtif. Lui changer les idées et lui occuper l'esprit serait probablement le mieux à faire.
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Ce message a été posté Ven 8 Juil 2011 - 21:16

    L’entendre rire lui procura un sentiment certain de légèreté, comme une bouffée d’oxygène après une apnée bien trop longue. Et l’accompagner en riant lui-même accentua plus encore cette impression. Puis quelques secondes d’un silence serein s’égrainèrent. Quelques secondes reposantes et paisibles où il put se délecter de la présence rassurante de sa femme, du contacte agréable de sa chevelure aérienne sur son cou, des couleurs chatoyantes de son jardin et de la fraicheur de la pluie sur sa peau. Thomas éprouvait cette étrange sensation, presque indescriptible. Une sorte de flottement agréable et hors du temps qui lui donnait presque le tournis, comme une vibration essoufflée.
    Il sourit simplement lorsque l’animal sauta sur les jambes de sa femme avant de repartir de plus belle pour une nouvelle cavalcade dans le jardin. Tout semblait simple dans cet endroit, simple et remplie de vie. Il avait juste encore bien du mal à s’intégrer au tableau. Lorsqu’il fermait les yeux, c’était encore et toujours le désert qui se dessinait derrière ses paupières. Mais pour l’instant ses yeux clairs étaient grands ouverts pour dévorer le décor du regard et absorber un maximum de cette paix relative qui les entourait.

    La suite du discours de sa femme le tira pourtant de ses rêveries et le faible sourire serein qui ornait ses lèvres s’estompa doucement. Il observa les mains de sa femme mais ne souffla pas un mot, se contentant de méditer au sujet qu’elle venait de soulever. Il ne répliqua pas non plus aux remarques suivantes sur sa pilosité et se contenta d’observer son épouse avec tendresse, se remémorant fugacement ses derniers essais de moustaches réfutés par la jeune femme.
    A vrai dire, lui qui avait toujours été le genre d’homme à entretenir son allure et à faire attention à son apparence, aujourd’hui il se souciait bien peu de tout ça. Ca lui était complètement passé.
    Si Nora l’avait vu il y a quelques mois de cela, sans doute ne l’aurait elle-même pas reconnu…

    Mais tout ça n’avait que peu d’importance. Thomas essayait de savoir ce qu’il pensait de la situation. Effectivement, ils l’avaient enterré, et Nora avait retiré sa bague et l’avait ensevelie.
    De son côté, durant des mois, il s’était raccroché à cet anneaux, son regard fixement rivé sur ce petit bout de métal à son doigt. Il l’avait trituré dans tous les sens, l’avait tourné et retourné encore, tout en songeant que quelque part, au doigt de sa compagne brillait le même anneau. Du moins c’est ce qu’il avait pensé durant ses onze mois d’absence. Porter son alliance et l’observer durant ses moments de solitude trop durs à porter, ça lui avait été d’un grand réconfort, comme si Nora elle-même lui avait tenu la main durant tout ce temps. Comme si ils avaient été relié par ce même contacte contre leurs deux peaux.
    Maintenant il réalisait qu’elle l’avait ôté, et lui avait dit au revoir. Il réalisait qu’il s’était sentit lié à elle via un bout de métal enterré dans son jardin.
    C’est vrai que présenté comme ça, la chose aurait éventuellement pu le blesser. Pourtant il devait bien se rendre à l’évidence : il s’en fichait.
    Pas que ça le laisse froid bien entendu, mais au fond quelle importance ce qu’avait fait Nora de son alliance. L’important était que ce contacte l’avait rassuré et accompagné et surtout, l’avait aidé à revenir. De son côté, Nora avait du vivre avec son absence et certainement que cette bague n’avait pas été un réconfort pour elle, mais plutôt un fardeau à porter. Un fardeau qui lui avait sans cesse rappelé qu’il n’était plus là et qu’elle était désormais seule.

    Quoi qu’il en soit, elle n’avait pas besoin de s’excuser. Il était au-dessus de ça et n’éprouvait rien de spécial en songeant à tout ça. Il était rentré, c’était l’important.
    Il ne répliqua pas tout de suite et préféra les gestes aux paroles pour lui faire comprendre qu’il n’y avait aucune rancune vis-à-vis de tout ça. Il joignit sa main dans celle, plus fine et bien plus douce de son épouse, et observa les deux alliances maintenant réunie.

    « Ce qui m’aurait gêné, c’est de trouver une autre alliance à ton doigt » dit-il avec calme, souriant pour relever sa remarque.

    Ce qui soulevait une autre question. Il avait été enterré, son alliance aussi, elle lui avait donc dit au revoir. Il la connaissait assez pour savoir que c’était peu probable, pourtant l’inquiétude restait tout de même bien nichée au creux de son estomac. Avait-elle connu d’autres hommes durant son absence ? Avait-elle envisagé de refaire sa vie avec quelqu’un d’autre ? Il aurait aimé lui poser la question mais ignorait comment présenter la chose.
    Il releva ses yeux sur son joli visage tacheté et ouvrit la bouche, avant de la refermer quelques instants plus tard. Il se dégonflait.

    « … Je m'en fiche, tu n'as pas besoin de t'excuser » reprit Thomas pour donner le change, après une courte hésitation.
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Ailionora Ó'Broin
Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Sam 9 Juil 2011 - 11:22

    Elle sourit doucement en l'entendant lui dire qu'elle n'avait pas à s'excuser. Le contraire était tellement puissant dans son esprit, elle avait du mal à le croire mais il semblait sincère. Ils ne s'étaient jamais menti ou alors sur des choses mineures et avaient toujours joué cartes sur table quand un problème se présentait à eux ou autre chose. Et malgré onze mois de séparation, la brune était presque certaine que cela n'avait pas réellement changé.

    Nora hocha la tête en une sorte de remerciement silencieux et préféra rebondir sur sa première phrase qui l'avait quelque peu laissée pantoise. Elle ? Épouser un autre homme ? En regarder un autre était quelque chose de très rare alors se marier de nouveau à peine un an après sa disparition ?

    Heureusement qu'il plaisantait et qu'il était en petite forme ou une réplique stupide aurait pointé le bout de son nez.

      « Je me suis remariée six fois en fait... »

    Un baiser planté sur ses lèvres et elle leva les yeux au ciel pour feinter un agacement.

      « Ca n'a pas marché, il paraît qu'il y a marqué Macnair sur mon front au fer blanc. »

    Et c'était un peu vrai d'ailleurs. Beaucoup la voyait comme une personne sage, sure d'elle, lucide, juste ou je ne sais quoi d'autre. Mais elle avait toujours eu cet amour inconditionnel pour lui la rendant totalement hermétique à des approches d'autres hommes. Bien entendu, Ailionora regardait d'autres hommes, en trouvait certains beaux et attirants mais c'était tout.

    En onze mois d'un soi disant veuvage, des membres de la communauté masculine sorcière avait tenté de lui démontrer qu'ils pourraient être une épaule sur laquelle elle pourrait se reposer. Mais elle n'avait même pas pu s'imaginer ne lancer rien qu'un signal montrant qu'elle pouvait être intéressée.

    Nora passa une main dans ses cheveux commençant à être détrempés et se mit à rire franchement, un rire salvateur qui lui fit mal au ventre après de longues secondes. C'était ça, elle réalisait enfin qu'il était à côté d'elle et qu'il n'allait pas repartir. Il avait tout simplement fallu qu'ils se retrouvent enfin seuls et qu'ils parlent normalement, comme ils l'avaient toujours fait.

    Thomas quant à lui semblait toujours assez ailleurs, il suffisait de suivre son regard et de le regarder agir. Elle aimait à penser qu'elle le connaissait par coeur même si de nombreux évènements lui avaient prouvé le contraire.

    Pour elle tout était plus simple, elle n'avait jamais quitté cet endroit, était malgré tout restée entourée de sa famille et de quelques amis. Alors que lui avait été arraché à tout ça et son quotidien avait changé du tout au tout. Il était clair qu'il lui faudrait du temps, mais après quelques jours déjà, il lui semblait le retrouver quelque part. Dans un rire, un regard, un geste. Et c'était d'un grand réconfort.

      « Excuse moi. »

    Elle reprit son calme et s'éclaircit la voix alors qu'elle le fixait de nouveau.

      « Je commence à être trempée, je suis sale et je dois probablement sentir aussi bon qu'une bouse d'hypogriffe... Une vraie Macnair en fait... »

    C'était la vérité, il était bien souvent dans cet état...
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Ce message a été posté Dim 10 Juil 2011 - 17:14

    La voir rire de cette manière, c’était presque irréel. D’ailleurs il avait l’impression que toute cette scène était irréelle. Eux deux, assis sur un banc, sous la pluie, à rire sans trop de raisons. Surtout que sa femme était particulièrement belle lorsqu’elle riait aux éclats, et ses cheveux humides lui donnaient effectivement un petit côté plus sauvage qui lui avait toujours plu.

    Cela dit elle n’avait pas tout à fait raison lorsqu’elle affirmait qu’elle était une vraie Macnair, pour la simple et bonne raison que lui non plus n’en n’était pas vraiment un. Du moins, selon les critères généraux concernant sa famille, c’était le cas.

    « J’te ferai remarquer que mis à part moi, il n’y a aucun autre Macnair qui aime être trempé, sale et puant » s’esclaffa-t-il dans un haussement de sourcil évocateur.

    En effet, si lui était comme ça c’était surtout par pure esprit de contradiction avec sa famille, et tout spécialement avec son père, ce très cher Rogan Macnair. On pouvait affirmer sans trop de mal que son géniteur n’était pas un manuel. Pas du tout même. Ni lui, ni ses frères, ni personne d’ailleurs.
    Ses sœurs non plus n’avaient rien de manuelles. La première était un genre de politicien et la seconde « tait une vraie pimbêche.
    Cela dit, Thomas ne pouvait nier qu’il avait été très heureux de les revoir. Ils étaient pénibles, et l’avaient toujours été. Sans doute le seraient-ils toujours. Pénibles, fermés, voir même braqués, et terriblement snobes, pourtant ils lui avaient manqués. Et il lui avait semblé que lui aussi leur avaient manqué.

    Pas autant que Nora lui avait manqué pourtant. Et Thomas savait bien qu’elle n’était pas celle qui avait eu l’idée de l’enterrer. Ca devait être l’idée de sa mère, qui la veille, lui avait d’ailleurs parlé de l’enterrement. Elle avait précisé que son meilleur ami n’y avait pas mit les pieds, et très peu de ses collègues, et elle avait aussi précisés que Nora n’avait pas été tout à fait d’accord. Dans sa bouche à elle, c’était honteux et une preuve de désintérêt, alors que pour les concernés, c’était sans doute tout le contraire.
    Chacun son point de vue, c’était bien là tout le problème de leurs société.

    Il allait faire une remarque à ce propos lorsque Neldo s’extirpa de la maison et s’avança vers eux en trottinant maladroitement, un parapluie à la main.
    Une fois devant eux, il déploya l’objet et contourna le banc pour se retrouver dans leurs dos et maintenir le parapluie au dessus de leurs têtes.

    « Le Maître et la Maîtresse ne devraient pas restés sous la pluie, ce n’est pas bon, non, pas bon du tout. Neldo s’en occupe »
    « Je vois ça » sourit Thomas « Ce n’est pas grave. J’aime la pluie »
    « Oui, toujours dehors, toujours sale ! Après on salit mes tapis, Neldo connait » répliqua l’elfe en levant ses immenses yeux globuleux au ciel grisâtre.

    Thomas sourit de plus belle et échangea un regard de connivence avec sa femme.
    Si la plus part des Macnair n’étaient pas des gens de terrain, il n’en n’était pas de même pour les Macnair qui vivaient dans ce cottage, et c’était effectivement toujours Neldo qui récuraient derrière eux. Certaines choses ne changeraient sans doute jamais…
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Ailionora Ó'Broin
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Ce message a été posté Lun 11 Juil 2011 - 14:31

    Nora répondit au regard de son mari avec un sourire en coin et se pencha pour l'embrasser au coin des lèvres avant de se tourner vers leur elfe de maison. Qui n'était même pas vraiment le leur par ailleurs.

      « Neldo, tu n'as pas à nous tenir le parapluie au dessus de la tête. Je t'assure que si nous ne voulions pas être trempés, nous serions à l'intérieur. »

    Elle posa une main sur celle beaucoup plus gracile qui restait fermement collée à l'objet qui se voulait salvateur. Ils étaient bien sous les gouttes d'eau qui leur tombaient dessus. Ce n'était pas la première fois qu'ils papotaient ainsi sur ce banc déjà bien usé par leurs postérieurs de sang pur. C'était même plutôt habituel et plus souvent avec un sortilèges les empêchant de finir dans cet état.

    Thomas n'y pensait pas souvent, trop plongé dans tout ce qu'il faisait, à rempoter des plantes rares, tenter d'éduquer une créature dangereuses ou tout simplement à faire les cent pas dans leur bien grande propriété.

    Ils ne manquaient pas de place, n'avaient pas de voisins. Ce n'était pas à la légère qu'ils avaient choisi cet endroit. Quatre propriétés avaient été visité avant celle-ci. Toutes plus ou moins similaires, deux dans le nord du pays et deux au Royaume-Uni. Nora avait menti mais était tombée sous le charme d'un petit manoir dans les Cornouailles qu'elle avait dit détester à son cher et tendre époux. C'était le seul moyen qu'elle avait trouvé pour le forcer à acheter quelque chose dans son pays à elle.

    Il lui paraissait impossible encore aujourd'hui de vivre ailleurs qu'en Irlande, peut-être était-ce capricieux, ou trop conservateur mais l'irlandaise ne s'imaginait pas vivre ailleurs. Ils travaillaient tous deux à Londres, du moins auparavant et sortir de cette folie était capital. Et non, cela n'aurait pas été pareil dans la campagne anglaise.

      « Et je nettoierai les tapis moi même, je te le promets. »

    Neldo finit par souffler bruyamment avant de refermer l'objet et de trottiner à l'intérieur en pestant contre quelque chose ou quelqu'un. Ce quelqu'un étant probablement son frère chéri qui était le responsable de tous les malheurs du monde aux yeux de la créature.

      « Il a raison, on ferait bien de rentrer, je remettrai tout en place demain. Et je ne suis pas certaine que tu aies envie de prendre une douche de nouveau. On a normalement un peu de temps avant que les autres ne rentrent, donc si on veut manger tous les trois tranquillement et bouger quelques trucs, il faudrait qu'on s'éloigne de la pluie. Même si ça s'arrête, tu sais bien qu'elle sera de retour demain... »

    La sorcière se redressa en grimaçant, sentant sa robe lourde d'eau et tira son époux derrière elle qui n'avait pas lâché sa main. N'être que tous les deux lui faisait tellement de bien, elle se sentait aller mieux chaque seconde passée à ses côtés.

      « Je pense que mon père et peut-être même ma mère passeront demain. Cleo sera surement là aussi, elle était hors d'elle de ne pas avoir pu passer à cause des ASPICs... Enfin c'est seulement si tu veux. Tu as besoin de repos. Et je sais bien que tu seras bien content que je sois ton esclave... »

    Ah ça oui, elle comptait bien le bichonner s'il se laissait faire.
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Ce message a été posté Mer 13 Juil 2011 - 18:37

    Thomas se leva à la suite de sa femme sans faire de commentaire ni afficher la moindre mimique particulière. Pourtant il était un peu déçu que ce moment reposant et calme se termine. Il n’avait pas envie de penser à quoi que ce soit. Il n’avait pas particulièrement envie de manger, il n’avait surtout pas envie de se sociabiliser ou de bouger la moindre chose à l’intérieur du cottage. Evidemment, d’un autre côté il mourrait d’envie de revoir son entourage, de retrouver son confort, ses marques. Pourtant il se sentait piégé dans une espèce d’inertie contemplative qui lui ôtait toute motivation. Thomas avait juste envie de rester assis sur ce banc, sous la pluie, et de ne rien faire. Absolument rien. L’idée de devoir revoir ses beaux-parents le lendemain lui pesait comme un boulet accroché à son cou, pourtant il s’était toujours bien entendu avec le père de sa femme. Pire : il commençait même à appréhender la fin d’après-midi où tous leurs nouveaux jeunes locataires reviendraient du Ministère après leur journée de travail. Ca n’était pas vraiment eux qu’il appréhendait bien sûr, c’était plutôt leur réaction. Ils allaient sans doute se ruer sur lui et lui poser tout un tas de questions qui le mettaient mal à l’aise d’avance et l’idée de devoir affronter tous leurs regards compatissants et interrogatifs le minait déjà. Le sorcier aurait préféré qu’ils arrivent et se contente de faire comme si de rien n’était. Sauf qu’après 11 mois d’absence inexpliquée, c’était tout bonnement impossible et malgré le traque qui lui enserrait l’estomac, il ne pouvait décemment pas le leur reprocher. Il allait juste devoir assumer et supporter cette nervosité et ce malaise jusqu’à ce que les choses se tassent.
    Il ne fit cependant pas part de cet état d’esprit à son épouse et se contenta de la suivre silencieusement jusqu’à l’intérieur de la maison.

    Une fois à l’intérieur, ils se dirigèrent vers la cuisine où Neldo était déjà entrain de dresser la table en maugréant contre ‘Maître Keenan le goinfre’. Ce détail le fit vaguement sourire mais le poids qui pesait sur son estomac ne daigna pas s’alléger pour autant. Il s’était nourrit de reste de repas difficilement identifiables durant d’interminables mois lors de sa captivité, puis de viande de chameaux et autres fromages de chèvres une fois sortit de là. Les médicomages lui avaient d’ailleurs fait tout un interminable laïus sur son alimentation. Ils lui avaient conseillé de se réhabituer doucement et de ne pas manger trop riche dés le début. Aujourd’hui, même si le poulet qu’avait préparé Neldo semblait des plus délicieux, il n’allait pas avoir d’autres choix que de suivre leurs conseils avisés. La vision de toute cette nourriture avait plutôt tendance à lui couper l’appétit de toute manière. Cela dit c’était surtout le stress qui l’empêchait d’avaler quoi que ce soit.
    Noué, Thomas déglutit péniblement et ne put réfréner son envie de s’éclipser.

    Toujours dans l’entrée de la cuisine, il observa Nora et Neldo s’activer et papoter gaiement avec un peu de tendresse, mais il ne réussit pas à se convaincre lui-même de laisser de côté ses pérégrinations pour se mêler à eux. Mains dans les poches de son pantalon devenu trop grand, il les contempla quelques secondes encore avant d’enfin se manifester.

    « En réalité… il est un rien trop tôt pour moi. Je crois que je mangerai un peu plus tard. Empêche-la de tout dévorer et garde m’en une part Neldo » blagua Thomas en adressant un clin d’œil complice a l’efle.

    Puis il échangea un regard avec sa femme qu’il agrémenta d’un sourire rassurant, histoire de donner le change. Il ne sut dire s’il était convainquant ou pas, mais pour être honnête il s’en fichait un peu. L’instant d’après, il tournait lentement les talons pour regagner le hall d’entrée et pénétrer dans son bureau avant de refermer la porte derrière lui.
    Son changement d’humeur était certainement aussi soudain qu’inexplicable pour eux, mais tant pis, il pouvait pour l’instant difficilement faire autrement. Il n’en n’avait pas le courage. Ce fichu malaise difficilement qualifiable lui était tombé dessus aussi soudainement et brutalement qu’un chaudron. Il avait juste besoin d’être seul. Du moins, maintenant qu’il était seul, il pouvait se permettre d’arrêter de feindre la moindre émotion. Son rictus détendu s’était estompé et il pouvait maintenant laisser libre court au pli soucieux qui barrait son front. Il alla s’assoir à son bureau et poussa un long et lourd soupir tout vibrant d’anxiété. Il n’avait qu’une envie, c’était de céder à cette pulsion incompréhensible qui lui dictait de s’isoler au maximum. Pourtant il résista à l’envie de quitter la maison sans prévenir personne et se contenta de rester assis à son bureau, mains jointes et mâchoire crispée.
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Ce message a été posté Jeu 14 Juil 2011 - 12:32

Tom son ami, son seul et véritable ami pour qui il serait prêt à donner sa vie… Il avait eu tellement peur. Pendant des semaines il c’était agité comme un forcené pour le retrouver rejoignant l’ordre de façon plus active et dédaignant son travail au ministère. Jouer du sortilège d’amnésie sur ses collègues ne durerait qu’un temps et il le savait mais il avait besoin de savoir, de comprendre. Il y’avait Eire qui avait l’air aussi déboussolée que lui et qu’il avait prise sous son aile et Nora qu’on lui demandait d’aller voir et soutenir. Il y pensait parfois puis rejetait cette idée loin de lui.

Accepter de prendre soin de cette femme c’était reconnaitre que son ami ne reviendrait pas pour le faire lui-même et ça il ne pouvait pas s’y résoudre.
Il avait traversé un tas de pays commençant par essayer de remonter sa piste sans succès. Julian était bon mais Tom semblait s’être évaporé au milieu du désert. C’était fou et il avait envie de s’arracher les cheveux. Il s’occuper d’Eire et la rassurait en lui disant que Tom finirait bien par revenir et malgré le temps qui passait il refusait de croire le contraire.

Il commençait pourtant a accepter l’idée d’aller voir Nora et de l’assurer de son soutien si besoin était. Eire le tannait et elle était presque aussi convaincante que jolie donc faisait vibrer le corde sensible. Il avait même fait la démarche de se rendre au manoir pour apprendre de la bouche d’un elfe de maison qu’elle ne vivait plus là et qu’elle avait rejoint ses appartements de Poudlard. Il eut un geste d’humeur et ne daigna pas transplaner à Pré-Au-Lard préférant interroger les serviteurs sur les nouveautés au manoir.

Ce fut de cette façon qu’il apprit que son ami allait être enterré. Il eut le sentiment qu’on lui coupait les jambes et se laissa tomber sur une chaise avant d’entrer dans une rage noire. Qui était elle pour oser l’enterrer alors qu’on avait aucune certitude quand à sa mort? Comment osait elle? Il avait tempêté et Eire avait eu un mal fou à le calmer. Il voulait débarquer là-bas et lui cracher sa colère au visage mais la jeune femme avait su l’en dissuader.

Il avait pris sur lui et avait été se saouler dans un bar moldu pendant la cérémonie d’adieu qu’on offrait à son meilleur ami. Il avait dragué une jolie fille et l’avait embrassé comme un forcené comme si sa vie en dépendait. Il n’avait pas le droit de se marier pas le droit de se reproduire surtout avec une moldu ou une née moldu mais en cet instant ça ne comptait pas il voulait juste se noyer dans des sensations physiques pour laisser de coté sa souffrance morale.

Julian se souvenait de tous ces moments atroces tandis qu’il se tenait debout sous sa douche l’eau ruisselant sur ses larges épaules essayant vainement de le détendre. Il était tendu comme un arc au bord de la rupture. Il avait vu Thomas à l’hôpital mais son ami dormait et il l’avait trouvé tellement mince et usé qu’il avait eu du mal à le reconnaitre.

Une fois encore il avait pété un plomb et c’était rendu dans la forêt interdite pour un rodéo aussi dangereux qu’excitant qui lui avait rendu son calme. Par la suite il n’avait pas daigné donner de signe de vie. C’était idiot, il avait cherché Thomas pendant près d’un an et maintenant que son ami était de retour il avait peur de l’avoir vraiment perdu. Était ce le même homme? Julian avait peur. Dans sa vie rien n’était stable mis à part son amitié pour Tom.

Il y’avait maintenant Eire aussi a qui il était très attaché et qu’il avait pris l’habitude de traiter en petite sœur mais c’était différent. Elle n’avait pas partagé sa vie d’adolescent turbulent elle ne savait pas tout de son amour éperdu et impossible pour Ely…
Penser à Eire avait tendance à la faire apparaître ou bien c’était une coïncidence en tout cas elle tapait à la porte comme une dingue en hurlant qu’il avait intérêt à se dépêcher si il ne voulait pas se faire botter les fesses. Elle avait décrété qu’ils iraient ensemble au cottage vu que Tom y était rentré. Soit disant qu’elle ne lui laisserait pas le choix et qu’il avait intérêt a arrêter de faire la tête de mule…

Comme si elle pouvait l’effrayer? Elle avait un corps splendide et ça le laissait bien plus rêveur que pétochard. M’enfin elle était tenace et il savait qu’elle était bien capable de lui casser les pieds des heures entières. Il n’était pas du style à remettre les choses au lendemain en plus donc il fallait bien qu’il ose se planter devant Tom pour comprendre ce qui lui était arrivé et surtout pour retrouver cet ami qui lui manquait.

Il sortit de la salle de bain en tenue moldue les cheveux ébouriffés et dégoulinants. Il avait l’air négligé et diablement sexy mais ne le faisait même pas exprès. Quoique le regard qu’il lança à Eire était plein de sous entendus. Il se saisit délicatement de sa main avant de prendre la parole.


« Depuis le temps j’ai oublié le chemin je ne voudrais pas me perdre… »

Ton mi-moqueur mi-charmeur. Après tout si Thomas avait fait son grand retour il pouvait sortir de ce rôle de grand frère. Ce n’était pas que ce soit difficile. Au contraire il appréciait de passer du temps en sa compagnie mais la jeune femme lui inspirait un autre type de pensées et des envies bien différentes que le protectorat du gentil grand frère.

Il posa ses lèvres sur celle de la jeune femme durant un petit dixième de seconde alors qu’ils transplanaient devant la propriété. Il n’attendit pas la réaction de la jeune femme qui serait sans doute trop explosive à son goût et transplana de nouveau après un petit salut moqueur de la main. Il avait essayé de transplaner dans la maison comme il l’avait déjà fait tant de fois mais c’était fait balancer à l’autre bout du jardin avec une violence qui caractérisait sans nul doute Keenan… Ce type était vraiment un marteau de la protection. Enfin, vu la situation de Thomas ce n’était peut être pas plus mal.

Jul se releva et épousseta ses fringues amusé finalement par la situation. Ceci expliquait sans doute pourquoi Eire l’avait guidé jusqu’au portail en évitent la barrière de protection. Il avait bien l’air con maintenant mais bon personne n’était là pour le voir donc son orgueil restait presque sauf.
Il s’avança d’un bon pas vers la maison sans se soucier de l’endroit ou se trouvait Eire. Il adorait cette fille mais pour le moment tout était au second plan derrière sa hâte de retrouver Tom. Il pénétra dans l’enceinte du Cottage sans daigner frapper faisant comme chez lui comme d’habitude. Ca datait de 11mois et alors? Tom serait toujours chez lui dans sa maison et il faisait de même ne voyant même pas ce qu’on pouvait avoir a redire sur la question…

Il croisa Neldo l’elfe de maison et le salua d’un sourire tandis que le petit personnage commençait à marmonner. C’était impressionnant depuis le temps qu’il l’agace aussi superbement? Peut être parce que la maison restait rarement nickel quand il se trouvait dans les parages? Il se rendit directement vers le bureau de son ami espérant l’y trouver et ne pas avoir a croiser Nora. Il n’avait pas vu la jeune femme depuis l’enterrement et ça valait mieux pour eux deux. Il poussa la porte et découvrit Thomas.


«  Tu étais fichtrement bien planqué espèce de Bombabouse. »

Entrée en matière délicate et agréable façon Julian Trevor Harper.
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Ce message a été posté Jeu 14 Juil 2011 - 20:49

    Thomas avait laissé le silence s’égrainer dans la pièce, immobile, les mains toujours jointes sous son menton, ses coudes posés sur le bureau, de part et d’autre de son carnet.
    Quelques minutes auparavant, il l’avait lentement ressortit du tiroir où il l’avait déposé à son arrivée. Il ne l’avait pas ouvert et s’était contenté de le laissé couché devant lui, observant sa couverture brunâtre et élimée sans vraiment la voir. Le cuire qui le recouvrait avait été usé par son voyage interminable, le sable et le soleil trop dur du désert, à l’instar de sa propre peau d’ailleurs.
    Thomas ignorait pourquoi il avait ressentit le besoin de le sortir de sa cachette. Peut-être parce qu’après tout ce temps, il avait comme l’impression que ces quelques pages griffonnées par ses soins étaient les seules témoins de ce qui s’était passé dans les Balkans. Avec le temps, cet objet avait pratiquement sa personnalité propre et Thomas se sentait un peu moins seul et décalé lorsqu’il l’avait sous les yeux. Sans compter que ce carnet l’avait accompagné à tout instant durant d’interminables mois. Il ne s’en était pas séparé un seul instant, même pour dormir, et le laisser moisir dans un tiroir sans avoir les yeux dessus accentuait plus encore son malaise.

    Chose étrange, il lui était aussi venu une irrépressible envie d’écrire et de coucher sur papier les sombres pensées qui lui traversaient l’esprit depuis son retour.
    Ecrire avait été salvateur durant son absence, et il ne s’était pas attendu à ressentir le besoin de continuer une fois rentré. Au départ, se confier dans son journal lui avait permis de supporter l’insupportable en attendant de rentrer, maintenant qu’il était sauf, quel besoin de continuer à y déverser ses idées noires et ses pensées ? Et pourtant, ça lui manquait.

    Mais comme rien n’était simple et qu’il était décidemment trop perdu pour avoir la moindre idée fixe, Thomas avait la tête vide. Trop de choses à dire sûrement, et cette sensation de vide qu’il ressentait semblait absorber tout ce qu’il aurait pu y écrire.
    Surtout que ce carnet-là avait été le témoin de son voyage, et y écrire maintenant qu’il était revenu le dérangeant sans qu’il ne détermine de quelle manière. De toute façon il n’osait même pas l’ouvrir pour l’instant, ce qui résolvait la question.

    Une question qui n’eut plus vraiment le temps de le faire tergiverser. Le calme qui régnait dans la maison fut soudainement brisé. Thomas eu tout juste le temps de penser qu’il devait certainement s’agir de Eire ou Keenan qui rentrait à la maison, même s’il était encore un rien tôt.
    L’instant d’après, c’était Julian qui pénétrait dans son bureau sans avoir prit la peine de frapper à la porte avant. La surprise le fit sursauter et ses yeux clairs s’agrandirent l’espace de quelques instants.
    Instinctivement, il agrippa d’abord son carnet, ouvrit rapidement le tiroir et l’y fourra avant de le refermer. Le cœur légèrement battant, il amorça un mouvement pour se lever mais y renonça. Pourquoi diable avait-il le trac de cette manière ? Julian se tenait là, devant lui, comme si rien ne s’était passé. Et sa phrase d’introduction était plus déconcertante encore. Comme s’il parlait d’une partie de cache-cache ou quelque chose comme ça.

    Si cette scène avait eu lieu il y a un an, sans doute aurait-il répliqué une ânerie du tac au tac, avant de s’esclaffer et de se lever pour saluer chaleureusement son meilleur ami d’enfance. Mais ils n’étaient pas il y a un an, ils étaient maintenant, et maintenant, il ne savait même pas quoi dire. Il ouvrit d’ailleurs la bouche à deux ou trois reprises avant qu’un faible sourire n’éclaire son visage émacié.
    Que pouvait-il répondre à cela ? Il prit lentement appuis contre le dossier de sa chaise qui grinça légèrement avant de passer une main sur les poils broussailleux qui couvraient le bas de son visage.

    « Et bien… je suis là maintenant » répliqua-t-il enfin.

    Il avait bien du mal à le réaliser d’ailleurs, et plus de mal encore à réaliser qu’il retrouvait enfin son ami après autant de temps.
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Ce message a été posté Dim 17 Juil 2011 - 12:22

Il devait se montrer doux, calme et posé. C’était ce qu’Eire lui avait plus ou moins ordonné. Ce n’était pas idiot en fait mais ça ne lui ressemblait pas du tout. Thomas était son ami et il n’allait pas le traiter comme une donzelle en porcelaine à moins qu’il ne le demande directement. Il fit au contraire une entrée aussi fracassante que d’habitude pour gentiment le traiter de Bombabouse en guise d’introduction.

C’était peut être un peu violent voir totalement inadapté en tout cas c’était l’impression que ça lui donnait au vu de la réaction de son ami qui ouvrait la bouche comme un poisson hors du bocal. Jul avait espéré une réaction franche, il aurait adoré se faire envoyer bouler comme avant. Oui c’était exactement ça « comme avant ». Mais avant quoi au juste? C’était usant pour les nerfs de ne pas comprendre ce qui avait pu arriver à son ami pour le laisser ainsi comme vide ou éparpillé.

Julian s’énervait et il avait bien envie de secouer son ami pour faire sortir des mots n’importe lesquels. Ce n’était pas normal de rester planté comme ça sans rien dire et ça lui mettait les nerfs en pelote. Pour se calmer il se laissa tomber dans le fauteuil en face de son ami et découvrit un paquet de cigarettes moldues. Il sourit en le voyant car il se rendit compte qu’a des kilomètres de distance ils semblaient avoir été séduits par le même vice.

Son sourire disparu pour laisser place à un air sérieux tandis que Thomas se décidait a laisser sortir un son pour dire qu’il était là maintenant. Julian loucha avant de secouer la tête faisant onduler ses boucles châtaines.


«  Merci chéri ça j’avais remarqué. J’ai beau ne pas être très observateur il ne faut pas croire que j’ai passé ma vie a me prendre des cognards en pleine tête… »

Julian se passa la main dans les cheveux avant de sortir son propre paquet de cigarettes moldues et d’en porter une a ses lèvres. Une petite étincelle jaillissant de sa baguette paracheva le tout et il put tirer une longue bouffée avant de s’amuser à faire des ronds avec la fumée. Son ami ne se décidant pas a priori à entretenir la conversation il se sentit obligé de le faire lui-même.

«  Tu comptes me dire ou tu étais passé et ce qui t’es arrivé ou je dois essayer de deviner?

Si c’est le cas j’ai plein d’idées mais aucune ne plairait à Nora-petite-femme-parfaite. Donc je ferais mieux de m’abstenir ou bien Neldo va encore me faire des crasses. »


Julian lui fit un clin d ‘œil espérant le dérider sans être vraiment sur du résultat. Son amour imodéré pour Nora n’était pas un secret et Tom avait l’habitude de ce genre de taquineries. Il était inutile d’en dire plus. Il n’avait pas besoin de savoir qu’aux yeux de Julian elle méritait uniquement du mépris dorénavant pour avoir accepté d’enterrer son mari qu’elle était sensée aimer tendrement. Dire qu’il était prêt à se montrer gentil avec elle…

Pour le beau brun cette femme ne pouvait pas être ce qu’elle paraissait. Soit tout le monde autour de lui l’appréciait ou l’aimait franchement mais elle était une petite sang pur bien née et bien sous tout rapport donc il fallait se méfier. Pour lui l’enterrement n’avait été que la preuve qu’il avait raison de se méfier. Eire avait beau l’engueuler et Thomas faire de la résistance passive c’était quasiment impossible d’imaginer le voir changer d’avis un jour.

De toute façon elle ne cherchait pas a le voir ou a lui parler au contraire elle s’enfuyait comme une coupable, comme si elle avait quelque chose à cacher. Ce n’était pas une réaction normale face au meilleur ami de son mari n’Est-ce pas? Il était de mauvaise fois mais ne s’en rendait même pas compte trouvant sa théorie du complot bien plus séduisante que l’idée d’être un branleur jaloux ne supportant pas une femme adorable sous prétexte qu’elle lui volait son meilleur ami.

Peut être qu’une saine discussion mettrait un terme à cette situation? Il en doutait mais c’était le point de vue défendu par Eireann. Décidemment la jeune femme ne quittait pas ses pensées depuis quelques jours. Le retour de Thomas lui avait rendu sa liberté de mouvements avec elle et il ne comptait pas s’en priver. Prit dans ses pensées il se mit a parler à voix haute.


«  Vraiment une diablesse je suis sure qu‘elle se ballade en permanence avec des philtres d‘amour planqués sur elle… »

Aucun rapport avec le sujet? Bof, d’un point de vue académique certes mais quand on connaissait le jeune Harper on n’était pas surpris par si peu. Il avait du mal avec les situations stagnantes donc il gérait à sa façon.
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Ce message a été posté Dim 17 Juil 2011 - 19:03

    Inutile de demander à ce brave Julian de la jouer soft, c’était peine perdue. D’ailleurs c’était sans doute déjà ce qu’il était en train de faire, même s’il n’en n’avait pas l’air. Trente seconde de présence commune après quasiment un an de séparation et il avait déjà trouvé le moyen d’être sarcastique, de critiquer sa femme, de parler de Quiddich et de filles… Il y avait juste certaines choses qui ne changeaient jamais, c’était ce que Tom se répétait toujours en présence de son meilleur ami d’enfance et cette longue séparation mettait tout cela plus que jamais en évidence.
    D’un côté, Tom avait la fâcheuse envie de soupirer et de lui lancer un « tu ne pourrais pas faire semblant d’être normal, juste une fois, juste pour moi ? », et puis d’un autre côté, il réalisait pleinement maintenant à quel point cet énergumène lui avait manqué. Nora avait toujours clamé haut et fort qu’il était imbuvable et qu’elle ne comprenait pas comment il faisait pour le supporter, et pour être honnête, Thomas y avait pensé plus souvent qu’à son tour. Avoir Julian Trevor Harper comme meilleur ami lui avait apprit à relativiser les choses, c’était certain. Il ne lui avait pas vraiment laissé le choix d’ailleurs. Puis d’un autre côté, l’avoir sous le nez était un spectacle qui n’en finirait jamais de le fasciner.

    L’avantage ici, c’est que Julian n’était pas un tendre et qu’il avait évité de prendre cet air compatissant et désolé que tout le monde lui servait depuis trois jours. Il ne l’avait pas non plus gratifié d’un « mais qu’est-ce que tu es maigre » ou d’autres remarques du genre. Ca faisait du bien de ne pas être traité en invalide l’espace de quelques minutes. Thomas sentait bien que les gens qu’il avait croisés depuis son retour ainsi que son entourage ne savaient pas vraiment comment agir vis-à-vis de lui. Il pouvait comprendre cela dit, lui non plus ne savait pas comment agir ni quelle attitude adopter. Ses sentiments se découpaient en dents de scie et il ne les comprenait pas lui-même. Toute sa vie lui avait manqué à un point qu’il était difficile d’expliquer, et maintenant qu’il était revenu, une étrange réticence lui donnait envie de s’isoler sans arrêt. L’honnêteté et la franchise un peu crue de Julian lui évitait ce genre de ressentiment pour l’instant et c’était tant mieux.

    En tout cas, c’était ça en moins à gérer car évidemment, Julian ne s’était pas privé de lui demander un rapport. Chose normale, oui, mais choses gênante en même temps. Depuis son retour, il semblait que c’était tout ce qu’il était autorisé à raconter. Où, quand, comment, pourquoi, les mêmes sempiternelles questions qui n’arrêtaient pas de tomber. Tout le monde voulait entendre le récit de ses aventures, sauf que lui de son côté, avait juste envie de tout oublier.
    Chaque fois qu’il devait aborder le sujet il était prit de la même impression humiliante de malaise qui ne voulait plus le lâcher et qui lui donnait l’envie de s’enfermer quelque part et d’être seul.
    Il avait d’abord du le raconter aux représentants du Ministère, puis à sa femme, puis à ses parents, puis au reste de sa famille, puis encore une fois au Ministère, et encore une autre fois à d’autres représentants du Ministère, et ça n’était pas fini, il avait rendez-vous deux jours plus tard là-bas, dans le cadre de l’enquête qui avait été ouverte sur la mort de ses collègues, et nulle doute qu’il devrait remettre le couvert une fois de plus. C’était affreusement pénible à chaque fichue fois, sauf qu’il ne pouvait guère le refuser à qui que ce soit. Il allait juste falloir attendre que les choses se tassent. Attendre, il ne faisait plus que ça depuis un an maintenant de toute façon…

    Thomas prit donc une longue inspiration un peu lasse pour se préparer à expliquer une fois de plus ce qui s’était passé pour lui cette année. Il hésita encore quelques instants, farouchement tenté de plaider la fatigue pour y échapper, en espérant que son ami soit coopératif et évite d’insister…
    Un seul coup d’œil sur le visage auréolé de boucles brunes de Julian le persuada qu’il n’était même pas question d’y penser…

    « J’étais hum… » il se racla la gorge, sentant à nouveau ce malaise insidieux venir lui enserrer la poitrine « J’étais dans les Balkans pour le boulot… je suppose que ça tu le sais déjà. Sauf que… ça ne s’est pas vraiment bien passé »

    C’était le cas de le dire. Sauf que Tom avait l’art de minimiser les choses et de ne pas trop en dire. Juste le minimum, histoire de situer son interlocuteur, en évitant les détails les plus humiliants de l’histoire.

    « Des indigènes nous sont tombés dessus et nous ont pris nos baguettes. C’étaient… des sorciers et des moldus mélangés je crois, difficile à dire. Ils ne s’encombre pas de ce genre de principes chez eux » précisa-t-il d’un regard appuyé « Bref… on ne pouvait pas transplaner, y’avait un sortilège de protection »

    Et de toute façon, les premiers jours il les avait passé à éviter de mourir d’une balle dans le bras…

    «C’était en plein milieu du désert je crois. Je ne sais pas exactement. Je suis resté là-bas plusieurs mois »

    Et par « rester » il voulait bien entendu dire « resté captif », mais il n’avait pas envie de le prononcer à voix haute.

    « Puis quand j’ai enfin pu m’enfuir … je me suis cassé la jambe et puis… j’ai été malade. Pas de transplanage non plus. J’ai été ramassé par des marchants qui m’ont plus ou moins remit sur pieds et qui m’ont conduit jusqu’en ville. De là j’ai contacté le Ministère et… me voilà » conclut Thomas en levant les deux mains au ciel avant de les laisser mollement retomber sur les accordoirs de sa chaise.

    Il avait omis de raconter les trois quart de ce qui s’était passé là-bas, mais il n’avait pas franchement le courage d’en dire plus pour l’instant et il espérait que son ami s’en aperçoive et passe à autre chose. Sans compter que lui aussi avait des questions…
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