Goodbye my friend



 



Goodbye my friend
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs
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Vivienne Lestrange
Messages : 639 Crédits : myself
Age du personnage : 23 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Mangemort
Faction : Héritiers
Maison : Serpentard


Rapeltout
Patronus : aucun
Epouvantard :
Baguette magique:
Ce message a été posté Mer 15 Oct 2014 - 20:17

Spoiler:
 

Il y eut un cliquetis métallique et la longue aiguille décomptant les minutes rejoignit le sommet du cadran dans un gong grave. Six autres suivirent, toujours plus solennels et sombres que le précédent, du moins c’est ce qui semblait à l’homme avachi dans le fauteuil de sa chambre. Chaque vibration profonde de l’horloge lui donnait l’impression de le traverser de part en part et de rentrer en résonnance avec le sentiment de désespoir s’étant emparé de son cœur. Il tenait un verre vide dans sa main droite, duquel émanait encore une odeur de whisky bon marché. C’est tout ce qu’il avait pu trouver. Ces derniers jours, sa réserve d’alcools de première qualité qu’il réservait d’ordinaire pour les grandes occasions s’était amenuisée comme peau de chagrin. Et pour la première fois de sa vie ce constat lui était totalement égal. Ses yeux fixaient un point devant lui depuis des heures. Il n’aurait su dire combien de temps exactement, il n’avait pas fermé l’œil de la nuit, mais cela n’avait de toute façon pas la moindre importance. Plus rien n’en avait. Tout lui semblait si futile maintenant. Ce monde était un endroit froid et cruel, rempli de ténèbres qu’aucune lumière ne pouvait percer. L’air qu’on y respirait empestait la mort, le chagrin et la souffrance.

Oui, Cicéron Livingstone était dans un bien piètre état. Il n’avait jamais vraiment été un joyeux drille, il fallait le reconnaître, mais il n’y avait rien de comparable avec ce qu’il était aujourd’hui. Lui qui s’enorgueillissait d’être un homme présentable, il s’était négligé. Une barbe de trois jours assombrissait ses joues amaigries, ses cheveux auraient bien eu besoin d’un coup de peigne et sa chemise était débraillée. Il n’avait plus envie de faire des efforts. Pourquoi l’aurait-il fait ? La femme qu’il avait aimé était morte et il n’avait jamais eu le cran de le lui avouer. Maintenant il était trop tard. À cette pensée, le sorcier émit un geignement plaintif, comme celui d’un chien se tapissant au sol pour échapper au grondement du tonnerre. Il se jeta brusquement hors de son fauteuil et tituba sur quelques pas avant de tomber à genoux. Une image venait de le saisir. Une image terrifiante qui le remplit d’effroi, celle de Nora, sa chère Nora, enterrée six pieds sous terre, les yeux froids et la bouche remplie de vers. Ses mains enserrèrent alors son crâne et il se mit à se balancer d’avant en arrière en sanglotant. Morte. Elle était morte. « Non, non, non… » Jamais plus il ne reverrait ses yeux pétillant de malice et d’intelligence, jamais plus il n’entendrait son rire clair ou ne sentirait la chaleur de son étreinte. Et c’était trop douloureux, tellement douloureux qu’il aurait voulu avoir le courage de s’arracher le cœur à mains nues plutôt que d’avoir à affronter la réalité. La vie sans elle.


Un crachin gris tombait du ciel chargé de nuages et voilait l’horizon. On était déjà au mois de juin pourtant mais on aurait dit que les éléments eux-mêmes tenaient à respecter la pudeur des morts. Cicéron releva le col de son manteau et réprima un frisson. Il s’était passé deux semaines et un jour depuis l’enterrement mais il n’aurait su dire si cela lui semblait déjà un souvenir d’une autre époque ou, au contraire, quelque-chose d’encore trop récent. Qu’importe. Il était venu. Il avait fini par avoir le courage de redresser la tête et de sortir de ses appartements, pour venir ici, au cimetière de Pré-au-Lard, face à la tombe d’une de ses plus vieilles amies. NORA TORVALD, 1972 - 2022. C’était tout. Rien que son nom et les deux dates. Et c’était assez. Il n’y avait besoin de rien d’autre. Les bouquets de fleurs recouvrant le marbre de sa tombe parlaient sûrement mieux que n’importe quelle épitaphe. Aucun mot n’aurait pu faire justice à la femme qu’elle avait été. Cicéron se pencha alors en avant et attrapa une gerbe fanée. Il tira sa baguette de sa poche et d’un simple tour de poignet les fleurs s’ouvrirent à nouveau et retrouvèrent toutes leurs couleurs. La magie semblait parfois pouvoir tout arranger, se dit-il. Mais ce n’était qu’un leurre, qu’une illusion, qu’un mensonge. Comme celui qu’il avait vécu ces vingt dernières années, et peut-être plus encore. Il était temps que cela cesse. Cette fois, aucune magie ne pourrait réparer ce qui s’était brisé en lui. Alors il en avait fini avec tout ça. Ses bagages étaient prêts, ils n’attendaient que lui, mais avant…

_ Je suis désolé de ne pas être venu te voir depuis l’enterrement. J’avais… besoin d’un peu de temps, je crois, pour digérer tout ça. Enfin, je suis là aujourd’hui ! Mais je ne vais pas rester. Tu avais raison, tout ça ce n’est pas moi. Je vaux mieux que cette guerre. N’importe qui vaut mieux que cette guerre ! J’aurais juste aimé avoir le courage de le reconnaître plus tôt… et de te dire ce que je ressentais vraiment… Je ne sais pas où j’irais. Pas encore. Loin en tout cas ! Dans les montagnes, peut-être, ou sur une île qui sait. J’ai toujours rêvé de voir les grandes steppes de Mongolie, c’est peut-être l’occasion. Mais je voulais te dire au revoir avant, et te remercier. Pour tout.

Sa main effleura la stèle. Il aurait voulu dire tellement plus, avec de bien plus jolies phrases, mais s’il ajoutait quoi que ce soit il craignait que la boule lui comprimant la gorge ne remonte en sanglot jusqu’à ses lèvres et il s’était juré que cela n’arriverait pas. Plus jamais il ne s’apitoierait sur son sort. Aujourd’hui il tournait la page de sa lâcheté et de tout ce qui avait fait son passé.

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