"Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard..." ♪



 



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PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Commerces et zones de loisirs sorciers :: Chemin de Traverse
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Ce message a été posté Sam 1 Fév 2014 - 19:26

Chef en chef & Ao.
"Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard."


C’est étrange de savoir que le temps passe, inlassablement, indéniablement, qu’il est sensé entrainer avec lui divers changements, bouleversements et autres évolutions dites logiques des choses…et qu'ici, pourtant, dans ma petite existence et mon banal quotidien, j’ai la pénible impression que rien ne se développe et que plus rien ne grandira jamais.
Ces quelques erreurs, bêtes et naïves, ce manque certain de cran, de courage. Ces traumatismes récents qui s’ajoutent les uns aux autres comme si j’étais plongé dans un tourbillon infini de cauchemars et que désormais ma réalité ne rimerait qu’avec abomination et autres terreurs que la guerre implique.

Les secondes – que je ne peux empêcher de s’écouler – me passent sous le nez depuis des années et sans originalité en cette soirée humide. Du coup, elles sont devenu des heures, qui me narguent tandis que je vis de ne rien faire. Que je parcours un terrain parfaitement connu, lassant et inutile. J’ai presque la sensation de les entendre murmurer avec sadisme : « et encore une soirée, puis une nuit, qui n’auront servi à rien. Ni a protéger les tiens, ni à te rendre plus important. Personne demain n’aura davantage confiance en toi, et toi le premier, tu saisiras la vanité de ton être. »


Je m’arrête subitement, me servant du moindre bruit pour prétexter un intérêt. Une raison de s’arrêter, un espoir à peine prononcé, pour qu’une animation réelle se produise ce soir. Que j’en sois, si ce n’est le protagoniste principal, l’un des personnages clés. Oh allez, même très secondaire, ça m’irait ;
Et je n’ai pas rêvé. Mes sourcils se froncent et je me penche en arrière, sans me retourner, les mains dans les poches et l’air blasé. Je me fais des films alors que deux chats se courent après ?

Mais le claquement recommence et je décide enfin de me retourne pour faire face à cette démarche mal assurée. Rien. Ce n’est pas derrière moi, ce ne doit pourtant pas être très loin. Juste là, à l’angle de cette ruelle, ou celle d’après. Que vais-je gagner à surprendre un chat en chasse, un rôdeur ivre ou un sans-abri qui fouille les poubelles ?
Sans doute quelques secondes. Voilà. Je vais voler au temps ces minutes qu’il m’enlève : en les oubliant. Durant ma prochaine rencontre – quelle qu’elle soit – je ne penserai plus à cet écoulement tuant.

Après avoir regardé autour de moi comme s’il était nécessaire de surveiller mes arrières – à moins que ça ne soit pour le plaisir de dépenser quelques secondes supplémentaires – je m’avance en direction du bruit que je commence à identifier comme des pas. D’enfant. Ou de vieux sur la fin. Je me fais sourire alors que j’arrive au carrefour des deux ruelles, plein d’appréhensions et d’espoir mêlés ;
Ce serait sympa que la découverte soit bonne. Difficile d’admettre que ce pourrait être le cas dans un contexte comme celui-ci, mais pourquoi pas ? Une âme perdue qui attiserait la curiosité du journaliste que je suis ? Un chat qui cherche simplement quelques doigts pour masser son dos rond, un objet qui vient de quitter la poche de son maitre qui m’emmènerait sur une petite enquête amusante ?...Non ?

Non.
Le mouvement de mes pas se fige, le temps s'arrête, alors que la photographie que prennent mes yeux parvienne bien jusqu’à mon cerveau et que ce dernier l’analyse correctement. Elle. Elle ici. Après tout, le chemin de traverse est ouvert à tous les sorciers, libres du moins. Mais elle est ici, et ça me surprend. Plus que de croiser le regard d’un clochard ou d’un clébard. Loïs.
Je déglutis et ne supporte pas ce que je vois. Oh pas elle directement. Mais si Chef en Chef a mauvaise mine depuis des semaines, je ne pouvais pas imaginer son visage aussi meurtri par la vie ;
~ P*tain de destin, hein ?....

Codes par Wild Hunger.


Dernière édition par Aoden P.Teagan le Mer 5 Mar 2014 - 11:35, édité 1 fois
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Loïs Lang
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Ce message a été posté Mer 5 Mar 2014 - 10:51

Il y avait de ces jours comme ça. De ces jours comme tous les autres, où on se lève le matin sans trop se presser parce qu'on a le temps. Parce qu'il n'y a pas de rendez-vous en urgence qui la détournerait de son jour de repos. Parce que Clara était de sortie avec Bruce et qu'ils semblaient s'être mis tous d'accord pour lui donner une journée de tranquillité. Une journée juste pour elle. Où elle pouvait s'occuper de l'appartement, un peu. De la décoration qui devenait anarchique, dans ce chez-elle qu'elle partageait aujourd'hui avec un certain soulagement. Où le ménage n'était même pas à l'ordre du jour puisque les hommes de sa vie s'étaient visiblement donnés le mot pour qu'elle n'ait pas à s'en préoccuper. Où elle avait pu prendre le temps de prendre soin d'elle-même, de prendre un vrai bain, de passer sur sa peau milles produits. Toutes ces petites choses qui, pour une fois, n'avait rien à voir avec l'apparence qu'elle se devait de donner à la tête de la Tour des Médias. Juste prendre soin d'elle, pour elle, uniquement pour elle. C'était le genre de situation où l'on se disait qu'on ne se souvenait même plus depuis combien de temps on n'avait pas pu faire une chose pareil. Sauf que c'était faux, qu'elle s'en souvenait parfaitement. Mais qu'aujourd'hui, pour quelques heures, elle voulait bien oublier. Ou simplement ne pas y penser.

Et ça avait marché. Elle s'était occupé de la maison, donc, pour la rendre toujours plus accueillante pour toute sa petite famille. Elle s'était occupée d'elle-même, aussi. Puis elle avait juste ressentit le besoin de prendre l'air. D'aller faire quelques pas, dehors. Les boutiques, même, pourquoi pas. Alors elle avait prit son sac, sa veste, pour se rendre sur le Chemin de Traverse. Avait regardé les vitrines, grimacé légèrement devant ces quelques magasins qui n'ont pas encore trouvé repreneur depuis la prise de pouvoir Phénix. Et puis elle avait repoussé cette pensée un peu plus loin, encore. Juste profiter des quelques rayons de soleil qui venaient effleurer sa peau malgré le froid. Juste flâner, anonyme au milieu des sorciers pressés, sereine pour la première fois depuis très longtemps. Juste profiter de cette journée où, pour une fois, tout semblait s'accorder pour la laisser tranquille...

"Blackburn, comme on se retrouve..." Une protestation véhémente de la personne derrière elle qui vient de manquer de la bousculer, qui la contourne, et qu'elle n'entend pas. Est-ce qu'elle a vue ?... Non. Non, elle sait que c'est impossible. Elle sait que c'est qu'une vue de son esprit, un coup tordu de son imagination. Elle sait qu'elle doit se remettre à respirer normalement et qu'elle n'a fait qu'imaginer la voix qui vient de résonner dans son crâne. "Lâchez-moi ! Je vais lui faire la peau !" Et ça recommence. Alors même qu'elle allait détourner les yeux, continuer son chemin. Elle sait que ce n'est pas réel. Que personne n'a prononcé à haute voix ces mots autour d'elle ; qu'ils ne sont qu'un souvenir. Alors pourquoi est-ce qu'elle les entend aussi distinctement ? Fermer les yeux. Fermer les yeux et avancer, ne pas rester planter ici. Oublier, tout oublier... "Ne me cherchez pas." Et ce craquement...

C'est là. C'est autour d'elle et c'est en train de se passer. Et lorsqu'elle rouvre les yeux, il n'y a plus rien, plus ces silhouettes qui viennent la hanter. Juste les sorciers qui passent autour d'elle et dont certains commencent à la dévisager, aussi étonné par son immobilisme que par la pâleur presque cadavérique de son visage. Il n'y a plus rien, et pourtant c'est là, tout autour d'elle. Cette scène qu'elle a vécu. Ses propres hurlements passés qui viennent lui vriller les tympans. Cette horreur de la situation révélée, cette terreur de l'avoir perdu à jamais. Et ces bruits autour d'elle, ces gens qui passent qui ne sont que des ombres, ces bruits qu'elle n'entend qu'à peine. Qui se mêlent à ces sons d'un autre temps. Et le souffle qui refuse d'entrer dans ses poumons brûlants. Et ça tourne. Ça tourne, tout autour d'elle. Et les regards se font plus insistants, plus pressant. Et elle les sent à défaut de les voir alors qu'elle a baissé le visage sur les sol.

Les pavés. Les lignes des pavés qui tournent et sur lesquels ses talons claquent. Et le mur qui se dérobe sur la main qu'elle vient de poser dessus, dans l'espoir presque vain de trouver un appui stable. Dans l'espoir surtout de fuir, vite. Et loin. Et pourtant elle s'écroule. Quelques pas à peine, de quoi se mettre à l'abri des regards. De quoi s'engouffrer dans une ruelle sombre, dans le recoin d'un mur, caché aux yeux de tous.

Il y a de ces jours comme ça où l'on prend juste le temps. Où l'on pense que tout va mieux, à défaut de bien. Où l'on a juste envie de passer quelques heures de tranquillité. Et c'est un jour comme ça où une simple devanture de magasin, une silhouette familière qui en sort, où de tous petits détails peuvent venir tout gâcher. Faire remonter à la surface des souvenirs les plus douloureux que l'on voudrait par dessus oublier. Et elle veut tout oublier. Tout ! Recroquevillée dans un coin de sa ruelle. Recroquevillée sur sa douleur. Alors que tout son corps tremble sans qu'elle ne puisse s'arrêter. Alors qu'elle s'est écroulée parce que ses jambes ont refusés de la porter. Et que son corps est déchiré de sanglots douloureux qu'elle pensait depuis longtemps taries. Alors elle s'est cachée. Comme un animal se cache pour mourir. Persuadé que personne ne viendra la trouver ici.

Jusqu'à ce qu'elle entende les pas. Qu'elle rêve aussi, n'est-ce pas ? Juste les souvenirs des pas précipités de François, ou de John, elle ne sait pas très bien. Juste le souvenir de ce départ précipité avant qu'elle ne devienne juste folle au milieu de la foule. Ce n'est que ça. Il n'y a personne. Et pourtant ses yeux se relèvent, presque malgré elle, parce qu'elle sait qu'elle imagine et qu'il n'y a personne. Et pourtant elle relève la tête. Et elle le voit. Elle le voit, lui. Et c'est impossible, elle le sait, il est mort, et pourtant il est là, juste devant elle; silhouette à contre-jour qu'elle aurait pu reconnaître entre mille. "Clark..." Le mot est moins fort qu'un murmure, a à peine franchi ses lèvres. Et aussitôt qu'elle le prononce elle sait. Elle sait que ses faux. Et elle n'a conscience d'avoir tenté de se relever que quand ses genoux percutent violemment le sol alors que ses jambes ne la lâchent une nouvelle fois. "Aoden..." Et que, sans qu'elle ne puisse s'en empêcher, les sanglots ne viennent couper toute tentative de parole qu'elle aurait pu encore vouloir prononcer.

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Ce message a été posté Mer 5 Mar 2014 - 16:25

Chef en chef & Ao.
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Il n’y a pas d’autre prénom pour moi. Je ne peux pas confondre la silhouette qui se détache de l’obscurité avec qui que ce soit. Pour la simple et bonne que Loïs est unique, différente, importante. Il n’y a personne à qui je peux l’associer car quand bien même il existe des êtres chers dans ma vie, aucun ne peut prétendre rivaliser avec chef en chef.
En bien ou en mal.

Alors c’est son prénom, à elle, que j’articule en silence. Sans le moindre son. Juste Loïs dessiné sur le bout des lèvres tandis que ses genoux rencontrent le sol. Un peu comme si son corps préférait céder plutôt que d’avoir affaire à moi, lui imposant la chute afin d’éviter mon regard, pour se détourner de mon attention.

Vile tentative de fuite et stupide raisonnement.
Je secoue la tête et m’approche rapidement pour l’aider à se relever. Nous n’irons pas plus loin que les mots incisifs prononcés l’autre jour, à la Tour des Médias. Loïs Lang semble être le genre rancunière, avec moi en tout cas. Si je ne peux expliquer ses amertumes, je ne peux qu’accepter de recevoir ses mises en garde et autres insultes soupirées. Que faire d’autre ? Elle est ma supérieure, elle est camarade de faction, le bourreau de mon cœur, l'inquisitrice de toute mon existence, si indifférente de ce que je représente.

« Laissez moi vous aider, il faut vous assoir un moment. »

Des paroles vides de sens, si grotesques. Les autres passants qui auraient eu la sympathie de lui venir en aide se retirent, comme si l’atmosphère ambiante était devenue imperméable à l’eau qu’est leur pitié. Ils préfèrent encore la laisser entre les mauvaises mains que je suis plutôt que de prendre ma place. Pour ne pas être mêlés au bordel que je provoque irrémédiablement autour de moi.

Je les ignore avec un brin de reconnaissance, égoïste. Au moins, ils me laissent seul avec elle. Seul avec Loïs.

« Ça va mieux ? Je peux aller vous chercher à boire, vous voulez ? Que s’est-il passé ? »

Doucement les questions.
Au moment ou je l’aide à s’installer sur le petit banc en pierre, humide, je l’observe – l’inspecte en fait. Ses vêtements me laissent penser qu’elle ne revient pas d’une mission périlleuse, mais bien au contraire d’une journée calme, paisible. Cependant mes intuitions sont si souvent stupides et erronées que je préfère ne pas les écouter. S’il s’agissait vraiment d’une journée de repos pour chef en chef, autant dire qu’elle a de drôle de façon de les vivre.
A moins que ce soit tout autre chose. Que ce jour devait être tranquille, mais que le destin ne lui a pas laissé le répit espéré. Elle qui en a tant besoin ;
Jeune mère solitaire, certes très entourée, qui a l’air pourtant si seule.

Subitement j’ai une autre intuition. Attention, méfiance. Si la demoiselle est dans cet état il se pourrait qu’elle ait été attaquée ? Je regarde dans la ruelle que nous venons de quitter avec méfiance, scrute avec dédain le moindre inconnu qui nous passe devant tout en déposant une main dans son dos dans un geste protecteur.
L’attitude ridicule que j’affiche pourrait la faire rire ; si elle n’était pas si absente.

Quelles étaient les chances pour que je la retrouve ici ? J'aurai pu tout simplement ignorer ses boitillements et continuer ma route, poursuivre mon chemin en errant au milieu des commerces alors que la Lune est quasiment pleine. J'adore ces moments ou le vent bien plus frais qu'en journée me parait néanmoins plus délicat, attentionné. Porteur de nouvelles, tel un messager.
M'a-t-il chuchoté, plus tôt, que j'allais rencontrer Loïs Lang ici ? A-t-il tenté de m'informer de sa présence ? Est-il celui qui m'a discrètement poussé à venir jusqu'à cette intersection, précisément, pour que nous nous trouvions ?

« …Chef ? Est-ce, j’peux faire quelque chose ? »

Oui, il va falloir. C'est certain. Je n'arrive pas à saisir son regard, la main que j'entoure de la mienne est gelée et tremblante alors que ses lourdes larmes viennent dessiner des cercles de plus en plus larges sur son vêtement.
Je n'ai jamais eu aussi peur de perdre quelqu'un, mais je crois que le risque mérite d'être couru. Dans tous les cas, j'aurai agit dans son intérêt, pour sa sécurité.

Malgré le peu de confiance que je m'accorde, je ne perds pas une seconde de plus pour me concentrer et souhaiter réussir ce sort : je transplane et l'emporte avec moi, directement...
...atterrissage médiocre et bancal, je place mes mains sous ses bras pour la soutenir et la déposer sur le canapé, avec toute la douceur dont je suis capable - alors que l'imaginer hausser le ton me pétrifie.

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Ce message a été posté Jeu 10 Avr 2014 - 20:53

Elle ne s'était pas rendu compte à quel point elle avait eu froid avant que ses bras ne l'entourent. Elle ne s'était pas rendu compte à quel point elle avait eu mal - physiquement, mal - avant qu'il ne la relève. Et elle ne sait même pas vraiment s'il lui parle ou non. Les voix sont-elles seulement réelles ? Peut-être est-ce seulement les passants qui la raillent. Qui se rient de son état. Tout, mais pas encore ces fantômes du passé... Elle ne sait pas, et c'est pire que tout. Parce que les larmes piquent ses yeux à lui en brouiller la vue. Parce que ses oreilles bourdonnent trop fort des cris que sa propre voix refuse de laisser sortir. Parce qu'elle n'a peut-être jamais été aussi vulnérable qu'en cet instant. Alors elle se protège, tente d'y échapper. De s'échapper de ses propres souvenirs et de son présent. De s'échapper de la douleur de ce cœur à l'agonie qui, à chaque battement est prêt de la faire succomber, si bien que disparaît totalement de son esprit celle de ses genoux meurtris. Et elle se raccroche à la seule source de chaleur dans cet univers glacial. Elle se raccroche à celui qui la tient, qui la soutient. Qui la supporte après tout ce qu'elle lui a déjà fait supporter. Qui lui laisse enfouir son visage contre son blouson, souiller de ses pleurs le cuir vieillit par les années.

La prise se resserre, se crispe, alors qu'il l'assoit sur un banc de pierre. Ses doigts crissent sur le cuir alors que les hoquets lui fait perdre son souffle. Partir. Elle doit partir. Partir loin d'ici et de la foule. Partir. Mais elle n'y arrive pas. Incapable de prononcer le moindre mot. La gorge nouée, elle s'étrangle. Etouffée par ses propres sanglots. Et puis, en fait, elle n'a pas besoin de le dire. Elle ne sait s'il a lu en elle, s'il a comprit. Si c'est l'embarras de cette situation. Mais, soudain, qui la prend par surprise, il y a cette sensation si particulière, si spécifique, si désagréable du transplannage. Et elle ne s'en accroche que d'autant plus.

Jusqu'à ce qu'il l'assoit de nouveau, dans un lieu un peu plus confortable. Et qu'il ne s'écarte d'elle. Peut-être a-t-elle eu le réflexe de le retenir. De retenir encore un peu, une seconde, ce réconfort qu'il lui offre ou qu'elle lui arrache, allez savoir. Peut être que ses doigts ont agrippés une seconde plus fort les plis de la ceste qui déjà file de sa prise. Peut-être. Mais le résultat est le même, de toute façon, que si elle n'avait rien fait. Parce qu'elle n'a pas la force. Parce qu'elle a juste celle de se recroqueviller à nouveau, maladivement, lorsque la chaleur s'en va. Parce qu'elle a si froid...

Et les secondes s'écoulent, des heures ou une éternité, dans un silence seulement brisé par les sanglots qu'elle tente de ravaler. Et elle lutte contre elle-même. Contre ses muscles qui se tordent et refusent de lui obéir. Contre ce souffle trop court qui lui donne la sensation d'étouffer. Contre cette douleur qui ne veut pas la laisser en paix... Et puis, lentement, tout semble se calmer. Progressivement, elle parvient à sécher ses larmes. Petit à petit, ses poumons s'emplissent de nouveau d'air et lui font moins mal. Et ne reste plus alors, dans cette petite pièce qu'elle n'a toujours pas identifié, que le froid... Ses muscles douloureux se tendent une dernière fois, dans un ultime réflexe de survie, elle referme les pans de sa cape autour de son corps. Pour conserver, ou avoir l'illusion de le faire, le peu de chaleur qui semble filer comme une fumée qui s'évapore. Et il faut encore de longues secondes, interminables, pour qu'elle parvienne à parler. "Je suis désolée..." Est-ce vraiment elle qui parle ? Elle a du mal à reconnaître sa propre voix tant celle-ci est dure, éraillée. Elle a du mal à se reconnaître elle-même dans cette créature faible, vulnérable, perdue sur ce canapé.

"C'est ridicule, n'est-ce pas ?... Arriver à se mettre dans un tel état... Vous aviez d'autres choses à faire que de vous occuper de ça..." La question est rhétorique et n'attend aucune réponse, ils la connaissent déjà tous les deux, à n'en pas douter. Elle ne s'adresse pas à lui, elle s'adresse au tout, au vide. Parce que c'est simplement une évidence. Et alors que la crise s'estompe comme la brume d'un mauvais rêve, alors que lentement ses idées recommencent à se clarifier, elle prend pleinement conscience de ce qui l'entoure. De ces murs, qui ne sont définitivement pas les siens. De ce canapé, de ces meubles, de ce salon inconnu dans lequel on lui a offert un refuge. Et d'Aoden. Aoden qui est là et qui est face à elle.Aoden qui est venu la sortir de cet enfer sur Terre qui menaçait de l'engloutir. Aoden qui l'a ramené chez lui, accueillit pour lui permettre de se ressaisir. Aoden qu'elle a reconnu sans le connaître sur ce Chemin de Traverse, mais qu'elle a l'impression de voir pour la première fois. Est-ce... normal que son cœur ait raté un battement lorsque ses yeux se sont posés véritablement sur lui ? Quand elle le regarde réellement pour la première fois de la journée ? Un véritable choc lorsque son esprit réalise. Et une question tout juste murmurée. "Pourquoi ?..."

Elle sait qu'il a déjà répondu à cette question-là, une fois. Il y a des jours, des semaines, où il y a à peine une heure tant la réponse est fraîche pour elle. Et ces mots qu'elle s'était efforcée d'oublier lui reviennent à l'esprit si clairement qu'elle pourrait tout juste les avoir entendu il y a quelques secondes. Un feu qui la brûle ! Une douce chaleur... Et elle a à peine le temps de finir son précédent mot qu'elle se coupe toute seule, qu'elle coupe toute tentative de réponse de la part de son interlocuteur. "Merci." Parce qu'elle ne saurait pas quoi dire d'autre après tout ce qu'elle lui a fait subir. Parce qu'il n'y aurait pas de mots d'excuse qui conviennent. Parce qu'elle ne saurait les prononcer. Et elle pourrait sauter sur l'occasion pour partir. S'enfuir. Couper court à cette scène irréaliste, à cette fin de journée de cauchemar, sur ce simple mot. Se lever et quitter définitivement les lieux. Mais... "Vous serez toujours là, n'est-ce pas ?" Parce qu'elle va finir par le croire, à défaut de le vouloir - vraiment ? -. Parce que ce n'est pas une demande, c'est une constatation. Parce qu'après aujourd'hui, elle se surprendra même peut-être à l'espérer...

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Ce message a été posté Sam 12 Avr 2014 - 20:46

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Loïs Lang sur mon canapé.
Moquez-vous, mais l’idée aurait pu me faire fantasmer autrefois. Hier encore. Il y a quelques heures à peine, en fait. Dans un contexte bien moins dramatique, cette image de ma supérieure installée dans mon salon est satisfaisante, jouissive. J’ai même deviné la fierté qui aurait été mienne, si elle était parvenue jusqu’ici dans les conditions qui plaisent à un mauvais dragueur.
Je suis ridicule mais heureusement impénétrable. Si l’angoisse de la situation se lit sur mon visage, je me reste inviolé : la belle n’est pas en mesure de discerner la moindre de mes pensées.

Son état m’affole mais l'idiot que je suis tourne en rond un bon moment. Finalement je fais chauffer de l’eau, prépare deux tasses sans connaitre la boisson que je tente de préparer, j’attrape un plaid – appartenant à Kaprice sans aucun doute – et retourne près de chef.
Que suis-je sensé faire de plus ? Je ne peux même pas prétendre avoir été utile une seule fois pour Loïs. Son errance ce soir était peut être une façon pour elle de trouver le sommeil, de se changer les idées.
Et si j’avais mis fin à une promenade nécessaire, vitale ?
Je me passe une main nerveuse sur le visage en essayant de me calmer : elle était au plus mal, dans une position de faiblesse qui n’a échappé à aucun passant ! Une âme mal intentionnée aurait pu en profiter et rien que d’imaginer un regard malhonnête se poser sur elle, je suis écœuré.

Au moment ou je me décide à placer la couverture sur chef, elle prend la parole. Je sursaute mais ça reste discret, n’exagérons rien. Mes lèvres se contractent et mes mains tremblent un peu plus mais je parviens à couvrir sa fine silhouette.
Ses excuses ont l’air sincères, et à la fois si dérisoires. A-t-elle toute sa tête ? C’est méchant mais j’ai tendance à penser qu’elle est en état de choc et certainement pas en mesure de s’exprimer intelligemment.
Remarque, ça fait du bien. De retrouver sa voix, de savoir qu’elle s’adresse à moi.

Je me sens mieux. Je suis rassuré de la voir à nouveau animée. C’est très fébrile et maladroit. Je crois n’avoir jamais vu Loïs aussi mal – hormis durant les obsèques de Clark. Évidemment.
Ne pourra-t-elle jamais se reposer ? Mettre de côté l’insupportable douleur pour se créer de nouveaux souvenirs, pour continuer de tisser des liens avec son entourage, pour se rapprocher encore de ceux qu’elle aime et qui sont là pour elle ?
La poignée de Phénix qui est sa famille,  ou sa fille, ne pourront-ils plus jamais passer du temps avec Loïs Lang ? La véritable. L’unique. Doit-on se contenter de la voir prisonnière de ses démons ? Peut-on rester impuissant alors qu’elle s’éteint, progressivement ?

La bouilloire s’affole et j’en profite pour m’occuper, les mains et l’esprit. Un minimum. Je crains de devenir fou. Ce que je ressens pour cette femme est un supplice depuis que j’en ai pris conscience ; mais la savoir en perdition, être témoin de sa décadence est une torture que je n’imaginais pas subir un jour.
Cependant j’ai foi en Loïs. J’ai toujours eu confiance en elle. Si ma peine est à perpétuité, je veux pouvoir croire en sa résurrection.
…elle s’en remettra. Il le faut.

"Vous serez toujours là, n'est-ce pas ?"

Quelques gouttes d’eau se perdent sur la table mais je rajuste à temps mon mouvement pour finir de remplir la tasse.
Une étrange vérité. Voilà ce que sont ses propos. Ce n’est pas une vraie question, en tout cas je n’ai pas la réponse. Personne ne détient le pouvoir de connaitre l’avenir, d’anticiper tous les dangers, de se trouver là au bon moment. Une pression vient de se créer, un poids, une charge, un fardeau que je ne suis pas prêt à porter. Pour lequel je ne suis pas fait. Loïs est une femme bien trop bien pour que je m’autorise à l’aimer, alors feindre être le preux chevalier : ce serait insultant !
Je n’en ai pas le droit…

Je ne peux pas lui dire oui, elle a besoin de fiabilité, d’équilibre, de sécurité. Se lancer dans un mensonge – dans une promesse difficile à tenir  – ne me rendrait que plus nuisible pour son existence.

Je ne peux lui dire non, j’aurai si peur de voir le faible espoir disparaitre de son regard. Cette fine étincelle qui semble croire en moi. Une aveugle certitude qui n’est probablement qu’illusion.
Ça me fait tant de bien. L’impression de fierté qui en découle est impertinente, orgueilleuse, mais je n’y peux rien.
Ça me fait du bien.

Il me faut trouver le juste milieu, une stabilité entre mes doutes, mes rêves et la réalité. Se stabiliser entre le flot d’émotions qui brisent l’objectivité et l’autoritaire petite voix se faisant passer pour la raison. Il faut choisir le balancement le plus juste, loyal. Pour elle comme pour moi.
A moins qu’il ne s’agisse que d’être ce que je suis. D’écouter tous ces sens en ébullition, les sentiments et le jugement, les craintes et les convictions.

Je viens m’assoir devant elle, sur la table basse après avoir placé ici les deux tasses fumantes. Le petit coffre qui contient divers sachets de thé se trouve juste en dessous, mais je n’ai pas l’esprit à le présenter. Je joins mes mains en plongeant mes yeux dans les siens.
Ce serait plus simple de ne jamais rien promettre. De n’avoir de parole que pour les certitudes. Sauf qu’il m’est impossible de ne pas saisir cette opportunité.
C’est elle qui a besoin d’aide, mais c'est quand même elle qui tend sa main.

Tant qu’il y a quelqu’un pour endosser ce rôle de héros, je serai en paix.
...Et si je suis le meilleur à ce petit jeu, je serais  - tant qu'à faire - le plus heureux !

« C’est une place que j’affectionne particulièrement. » Un sourire malhabile étire mes lèvres ; j’essaye de retrouver mon sérieux. « Je ferai en tout cas mon possible pour vous être… serviable. »

Madame. Ai-je envie d’ajouter, mais je m’abstiens.
Ce doit être pénible pour elle, après ce que nous avons vécus ensemble. Si peu et bien assez néanmoins pour nous connaitre. Pour déjà avoir crié, plaisanté, pesté. Ce doit être enrageant ce rictus sur mon visage, cette gaucherie qui ne convient guère à un sauveur.  
Mais j’étais là, et je serai sans arrêt à ses côtés si on m’en laisse l’occasion. Simplement pour l’épauler, obéir à ses envies, ses caprices et ses folies. Rester dans l’ombre tout en la couvrant, j’irai jusqu’à la laisser me frapper si Loïs le veut.

« Vous buvez ? Ça va refroidir vite. Je dois avoir de quoi manger un bout, si vous voulez. »

Je m’accroche aux banalités. Ne pas sombrer dans le fantasque, ne pas se permettre de rêver, afin d’éviter le brusque retour à la réalité.

« C'est moi qui donne les ordres ici, d'ailleurs. Je ne vous laisse pas partir tant que vous n'avez pas mangé, dormi et, souri. »

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Loïs Lang
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Baguette magique:
Ce message a été posté Sam 26 Avr 2014 - 20:32

Elle a resserré le plaid autour de ses épaules, d'un geste machinal. Tout aussi machinal est son mouvement pour se saisir de la tasse qu'Aoden lui tend, accompagné tout aussitôt d'un vague frisson de bien-être. Juste un signe de tête, cette fois, pour le remercier. Et elle laisse une douche chaleur venir se répandre dans son corps, appréciant un instant en silence les légers picotements dans le bout de ses doigts. Et cette fois, elle l'écoute. Elle l'écoute vraiment, alors qu'elle a baissé le visage vers sa tasse à l'eau trop claire.. Cachée derrière des mèches devenues trop longues. Elle écoute chacun de ces mots, et aussi tout ce qu'il ne lui dit pas. Le sens de ses paroles, la portée de ses phrases. Ses bégaiements et ses silences. Et elle se sent... mieux. Étrangement mieux. Pas bien, ce serait un bien grand mot. Mais le vide a petit à petit remplacé le mal, la douleur. Et les mots d'Aoden semble un peu combler ce vide. Pas celui, toujours béant, provoqué par la mort de Clark. Pas cette perte là, bien trop profonde. Mais les passerelles qu'elle a bâtit comme elle le pouvait pour continuer à avancer malgré le gouffre qui s'était formé juste devant ses pieds. Ces passerelles qui s'étaient fissurées, aujourd'hui, qui avait bien faillit s'écrouler, la faisant peut-être sombrer définitivement. Ces passerelles sur lesquelles les mots d'Aoden venaient de déposer une sorte de ciment. Peut être pas éternel, peut-être même très éphémère. Mais il avait au moins le mérite d'être là... Est-ce qu'il se rendait seulement compte ? Sans doute pas, non. Pas alors que son expression était toujours cachée par ses mèches de cheveux. Pas alors qu'elle ne le regardait toujours pas dans les yeux.

Mais déjà, il change de sujet, tout en restant dans le thème du réconfort. Déjà, les paroles se font plus distantes. Pas moins présentes, non. Mais elles perdent ce caractère intime qui l'avait soutenu jusqu'alors. Et, quelque part, elle lui en est d'autant plus reconnaissante. De lui laisser la liberté d'encaisser, encore, même si elle est visiblement séquestrer ici - comme s'il pouvait la séquestrer pour de vrai. De la laisser se redresser, tout en étant là, toujours là, comme elle le lui a demandé - ou, même pas, comme elle l'a quelque part toujours su. D'être ce soutient dont elle a besoin. Celui qui, lui, n'a pas besoin d'être soutenu. Celui qui est juste là. ... Et toujours aussi maladroit. Un regard dans sa tasse qui refroidit entre ses mains, un regard à cette eau toujours bien trop claire. Et même si la voix est toujours las, fatiguée, même si elle garde les accents brisés de la crise passée, on y distingue aisément une note amusée. "Vous n'auriez pas... Quelque chose à mettre dedans ? Enfin, je suis peut-être un peu difficile et j'abuse de votre hospitalité, mais... Une simple feuille de thé ferait l'affaire." Simple oubli de sa part, elle s'en doute bien, mais elle n'a pu empêcher la pointe légèrement moqueuse. Pas de mépris, pourtant, rien de tout cela. Il a simplement oublié le thé. C'est Aoden. Il est et restera toujours Aoden. Ce petit journaliste de la Gazette capable de l'entraîner dans les pires folies, et de trébucher sur une dalle à peine dessoudée au moment le plus critique. Et qui va donc oublier le thé dans l'eau chaude d'une collation qu'il prépare.

Et elle ne s'en rend peut-être pas compte, du moins, pas tout de suite, mais elle a sourit. D'un petit sourire qui vient pourtant illuminer son visage dont les traits étaient jusqu'alors empreints d'une douleur sans nom. Un simple petit sourire qui ourle à peine les coins de ses lèvres. Et elle ne peut s'arrêter. C'est juste... Tellement lui. "Pour le sourire, vous avez gagné. Pour le fait de dormir, par contre, je ne peux pas, vous comprendrez bien pourquoi... Mais je veux bien un ou deux biscuits avec mon eau chaude." Qui, avec un peu de chance, deviendra un jour un thé. Elle ne peut reste très longtemps, non. Elle a des obligations, une vie à gérer, une fille. Elle a des tonnes de choses à faire. Et pourtant, elle ne fait pas mine de partir. Au contraire, même, puisque Loïs se recule, appuie son dos contre le dossier du canapé. Qui est loin d'être inconfortable, bien au contraire, d'ailleurs, maintenant qu'elle arrive à en avoir pleinement conscience. Oui, elle s'installe. Peut-être pas pour des heures, non. Mais elle n'a pas envie de s'en aller maintenant. Et son regard commence à se perdre sur le décors, sur le mobilier qui l'entoure, sur la décoration. Un peu trop impersonnelle, peut-être. Qui réveille une question dans un coin de son esprit qu'elle n'a pourtant pas envie de se poser maintenant. Celle de savoir quelle est la vie d'Aoden en dehors de tout ça. En dehors de la Gazette, de ce boulot si prenant qu'ils partagent. Mais elle n'a pas envie de tout savoir, pas maintenant. Parce qu'avec lui, juste avec lui, elle peut se permettre d'être un peu égoïste. Pire, c'est lui qui lui en donne l'opportunité, qui lui en offre la possibilité. Et elle ne peut être qu'on ne peut plus reconnaissante, une fois de plus, pour ça. "C'est donc ici que vous vivez... C'est un peu spartiate, non ?" Une fois de plus, ce n'est qu'un trait d'humour, cela a le goût de la boutade. Il s'agit juste d'engager une conversation. Pas que le silence lui soit pesant, loin de là. Mais, surtout sans se l'avouer, elle a bien envie d'entendre encore un peu le son de sa voix.

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Ce message a été posté Dim 27 Avr 2014 - 18:40

Chef en chef & Ao.
"Ces choses au fond de nous, qui nous font veiller tard."


Quelque chose à mettre dedans ?
Je me vois acquiescer, le regard perdu dans ma tasse puis dans la sienne... Avant de brutalement bondir de la table sur laquelle j’avais pris place, pour me précipiter en cuisine. Dans le but de me précipiter, mais je ne le fais pas. Incapable de me déplacer ni d’articuler le moindre mot je reste figé devant elle, le cœur au bord de l’implosion.
Qu’a-t-elle dit ?

Oh non, qu’a-t-elle fait ? Loïs ?
Le contour de ses lèvres qui se déplace si discrètement, l’apparition pourtant immanquable d’un sourire et la constatation synchronisée dans nos yeux. Voilà. Je marque un point, déjà ?
Tandis qu’elle m’accorde cette petite victoire, je ne sais plus trop si je dois être satisfait ou inquiet. Un peu des deux surement. Quand bien même ce rictus est apparu par moquerie et dérision, j’ai réussi à faire sourire Chef. Ce n’est pas un faible succès, c’est un véritable triomphe, écrasant ! Je l’ai rarement amusée durant ses « beaux » jours, imaginez donc qu’en cette soirée démoralisante elle m’accorde un visage enjoué !
Oui mais voilà. Je lui ai fait trois réclamations. Le sourire ne compte plus maintenant qu’il a été affiché et pour le sommeil, Loïs refuse catégoriquement de s’autoriser le repos ici. Ça ne me surprend pas des masses : chef en chef ne va quand même pas dormir chez moi ! A quoi je pensais ?
Mieux vaut que je ne vous mette pas dans la confidence.

Alors elle parle de biscuits et je mets de côté ma crainte de la voir partir, ma gêne de repenser à ce si joli sourire, surement railleur. Et je me rends – enfin – dans la cuisine.
Ici je peux m'autoriser une pause. Je reste un instant, fixant le comptoir pour déjà me remémorer ce rictus collé à ses lèvres. Un instant seulement. La boite en bois qui renferme les quelques sachets de thé qu’il me reste se rappelle à moi et je comprends subitement sa requête : je n’ai rien mis dans sa tasse. Ni dans la mienne. Quel crétin ! Je m’apprête à la rejoindre pour la servir mais je pense aussitôt aux biscuits. Un demi-tour mal assuré, j’attrape la deuxième boite concernée et peux retourner au salon dans l’espoir de ne pas avoir laissé la moitié de ma tête de l’autre côté de l’appartement.

"C'est donc ici que vous vivez... C'est un peu spartiate, non ?"

Lui tendant la première boite ouverte pour qu’elle effectue son choix, je redresse le visage et observe ces quatre murs. Sans doute un peu trop vides, surement trop ternes. Pourtant les couleurs sont claires, tout est propre. Trop propre ? Je réalise que mon chez-moi ressemble à ces dortoirs dans lesquels on ne vit pas. Cependant j’y passe du temps, beaucoup plus de temps qu’elle doit le penser.
Je me sens bien ici, certainement parce que ce manque, ces lacunes, cette absence ne ressemble que trop bien à mon état d’esprit. Je ne suis pas à l’aise comme on peut se sentir gâté et rassuré au milieu de nos passions. J’apprécie le lieu uniquement pour son semblant d’indifférence, ce qui me laisse penser que je ressemble à ce que je suis…
Il y a bien des choses auxquelles je tiens. Mais plus j’y suis attaché, plus elles me blessent. Et tous ces documents qui viennent de la Tour des Médias, qui malgré leur froideur me réchauffent de venir pour la plupart du bureau de Loïs Lang en personne.

Je me persuade d’être aussi peu intéressant que mon appartement. S’il était empli de rêves et de fantaisies, n’importe qui comprendrait que ma vie est un échec. N’est-ce pas ? Moi le premier, j’ai besoin d’en être convaincu : il n’y a pas d’échec dont je ne saurai me relever ;
Même ces fossés qui nous séparent, ces gouffres, ces mondes ; je dois pouvoir les surmonter.

« Spartiate ? Vous savez que cet adjectif a plusieurs significations et… » Et bordel, qu’est ce que je fous ? Ce serait bien mal venu d’évoquer ici et maintenant le synonyme « lascif ». N’importe quoi. Je me frotte la nuque et me rassois. «  Comment imaginiez-vous mon meublé ? »  Je retrouve le sourire en espérant me replacer dans le droit chemin ; à ceci près que je sous-entends qu’elle a déjà pensé à ma demeure. Je grimace en secouant la tête. « Cet endroit est aussi insignifiant que moi…je sais. Mais je, j’ai peu de temps pour m’en occuper et ce n’est pas ma priorité ; comprenez. »

Tous mes principes de neutralité et d’indifférence sur mon appartement sont balayés. Il suffit que Loïs fasse son apparition, et j’ai besoin d’excuses et de justifications pour disculper le peu de personnalité qui s'y trouve.
Je déglutis la nullité de ma conversation avant de laisser ma tasse – de thé – rencontrer la sienne.

« Buvez, cette fois ce doit être consommable. Et puis si vous voulez fuir cette austérité il va falloir vider la tasse. Entièrement. »

Je hausse un sourcil, jauge son regard et la toise avec une fausse domination. Provocation jouée et esquisse de complicité.
J'aimerai que nos relations deviennent, à l''image de mon appartement, moins draconiennes.

Codes par Wild Hunger.
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