Drama Queens



 



avatar
Ellaria Zabini
Messages : 160 Crédits : © me
Age du personnage : 64 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Rentière
Faction : Héritiers
Maison : /


Rapeltout
Patronus : Une panthère
Epouvantard : Son reflet marqué par l'âge et la solitude
Baguette magique:
Ce message a été posté Dim 26 Jan 2014 - 1:23

11 décembre 2021

Il faisait froid, bien trop froid pour Ellaria Zabini qui aimait lorsque sa peau était réchauffée par le soleil des îles en hiver. Cette année, elle n’avait pas pu s’évader sous les tropiques pour profiter d’un été revigorant lors de l’hiver européen. Elle en était contrariée et le crissement de ses pas sur la neige sonnait à ses oreilles comme le son le plus affligeant qu’il soit. Et dire qu’il existait des gens qui aimaient ça ! Ellaria ne pouvait les comprendre. Elle était née au soleil et avait dû fuir son pays où l’astre irradiait les terres. Elle avait mis du temps à s’adapter au climat anglais et avait toujours préféré s’exiler en contrées exotiques lorsque le ciel gris commençait à se faire plus persistant. Mais ces maudits Phénix la forçait à limiter ses voyages et elle ne pouvait désormais plus qu’aller en Italie ou presque. C’était un véritable supplice.

Elle s’ennuyait à mourir. Les tristes journées à Pré-au-Lard se succédaient et commençaient à tellement se ressembler qu’elle avait l’impression d’être prise dans une boucle sans fin. La neige, le froid, les gens aux visages aussi gris que le ciel, les conversations qui n’avaient plus rien de nouveau depuis de trop nombreuses semaines… Le cas Emerson l’avait très vite ennuyée. Il y avait encore énormément de personnes qui aimaient à se repaître des informations qui sortaient de l’Hôtel de Ville à intervalle régulier mais Ellaria ne pouvait plus en supporter une seule. La vie était-elle triste au point de n’avoir plus rien de neuf à apporter ? Les gens travaillaient toute la sainte journée, laissant Ellaria seule, désoeuvrée. La Zabini n’aimait pas se sentir abandonnée. Si elle avait dans un premier temps été distraite avec les préparatifs du mariage de sa douce Echo, cela ne suffisait plus à pimenter son quotidien.

C’était ainsi qu’elle s’était retrouvée à traverser les rues enneigées de la ville pour se rendre du côté du Cirque des Selwyn. Elle espérait que des gens la verraient s’y rendre, qu’ils en parleraient, qu’ils transmettraient l’information à tout le monde. Ellaria aimait qu’on parle d’elle, qu’on discute de ses frasques. Elle aimait sortir du lot – y parvenait d’ailleurs sans peine – et surprendre encore les gens. Et pour le coup, fréquenter les Selwyn était quelque chose qui avait de quoi alimenter les conversations des commères du coin. Il était de notoriété publique que, malgré leur sang pur, les Selwyn n’avaient pas la réputation qui allait avec l’ancienneté et la qualité de leur sang. Et c’était ce qui plaisait à Ellaria : le folklore de cette famille. Si dans les premiers temps elle s’était attelée à cette tâche par curiosité, elle le faisait par plaisir aujourd’hui. Elle avait découvert Esmé Selwyn, Black Swan. La Zabini avait entendu parler de cette femme au détour des conversations concernant le cirque, bien avant l’enfermement à Pré-au-Lard. Elle avait assisté à l’une des représentations et avait été fascinée par le talent mais surtout le port altier de la Selwyn. Une hauteur qui n’était pas de celle du commun des sang-pur mais plutôt de celle… D’Ellaria. Cette hauteur des gens qui avaient vécu des choses différentes. Si les gens connaissaient Ellaria comme la grande fantasque parlant fort, monopolisant l’attention et ne perdant jamais une occasion de dire ce qu’elle pensait, très peu savait quel avait été son long parcourt. Très peu savait quelles étaient les épreuves qu’elle avait du traverser pour en arriver où elle était. Et c’était tant mieux : la Zabini n’avait pas besoin de faire pleurer dans les chaumières pour briller, elle préférait l’image qu’elle véhiculait aujourd’hui. Et c’était ça qu’elle avait vu chez Esmé : une femme dont on peut dire des choses très futiles et pas toujours sympathiques au premier coup, mais qui cachait une histoire plus profonde que cela derrière les apparences. Si Ellaria se foutait complètement de son histoire, elle trouvait néanmoins de l’intérêt chez Esmé.

Et c’était entre les murs trop étroits de la ville qu’Ellaria s’était un jour approchée de la Selwyn. Elle avait entendu des rumeurs sur la cuisse un peu légère d’Esmé. Et ça n’avait fait que lui donner envie d’en savoir plus, de découvrir cette femme qui était loin de la société hypocrite dans laquelle ils évoluaient tous. Et puis, évidemment, Ellaria avait pris un grand plaisir à voir les gens décrypter l’envie soudaine de la Zabini de côtoyer des gens comme les Selwyn. Elle aimait se retrouver là où on ne l’attendait pas, elle aimait se tourner vers des gens différents, des gens qui pouvaient grossir son cercle de connaissances et ajouter plus d’originalité encore. Et elle avait surtout découvert un honneur chez les Selwyn que personne ne soupçonnait en regardant de loin, de l’autre côté de la clôture. Cette famille était sûrement plus prompte au respect que d’autres. Mieux valait les Selwyn que les Lannister, cette famille de parvenus aimant à s’imposer.

Ellaria arriva au cirque et se dirigea sans hésiter vers la première silhouette qu’elle croisa. « Je cherche Esmé Selwyn. » Elle n’avait pas jugé nécessaire de se présenter – qui ne connaissait pas la divine Ellaria Zabini ? – mais, visiblement, son interlocuteur ne semblait pas vouloir la guider vers la sublime Black Swan sans en apprendre davantage. « Ellaria Zabini. Elle m’attend. Et elle sera furieuse si on ne me conduit pas à elle. » C’était faux, évidemment. On la conduisit à la porte d’une roulotte. Elle resta immobile. Elle n’allait tout de même pas prendre la peine de toquer ! Son guide mit du temps à comprendre que c’était à lui de faire la basse besogne mais il finit tout de même par s’activer. « Merci, vous pouvez nous laisser. » Elle ne savait pas qui c’était, elle savait juste qu’il n’était pas un Selwyn. Esmé apparut. « J’espère que mon intrusion n’est pas un problème mais je m’ennuie à mourir ces derniers temps et vous savez comment me distraire ma chère Esmé ! » Voilà ce qui lui servait de bonjour. « Si vous pouviez juste me laisser entrer rapidement, je suis gelée ! » Son manteau en fourrure blanche était suffisamment chaud, elle voulait juste s’installer confortablement à l’intérieur.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Esmé Selwyn
Le Diable au Corps
Messages : 741 Crédits : Myrlu & Grey Wind
Age du personnage : 28 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Funambule-acrobate & Dresseuse de Fauves
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Auparavant un Cygne Noir, désormais une Hyène.
Epouvantard : Un Lapin. Blanc, le lapin.
Baguette magique:
Ce message a été posté Jeu 30 Jan 2014 - 18:22

La sieste du Cygne Noir était plutôt agitée. Ce genre de journée était pourtant propice au délassement. Elle profitait qu’aucune obligation ne l’attende nulle part et comptait passer jusqu’à deux heures étendues sur son lit à ne rien faire. Entendons par là absolument rien. Les paupières closes, elle laissait toutes sortes de pensées lui traverser l’esprit et s’enfonçait lentement dans une douce torpeur qui la revigorait pour toute la soirée à venir.

Ces moments étaient rares, au vu de son tempérament parfois hyperactif et des nombreuses activités auxquelles elle était astreinte, aussi étaient-ils précieux. Elle aimait ce calme, cette méditation et détestait qu’on vienne la déranger. Plus encore quand l’intrusion en question était un élément sur lequel elle ne pouvait agir en rien.

En l’occurrence, il ne s’agissait pas – encore – d’une visite impromptue, mais plutôt de sa propre conscience, bien décidée à lui rappeler les derniers événements. La petite excursion de Thanatos à Trent Park avait été digérée depuis que les Selwyn avaient la certitude qu’il s’en sortirait sans séquelles majeurs. Ce qui avait suivi, en revanche, était une toute autre histoire.

La réouverture du procès d’Isaac l’avait passablement sonné. Même si peu de personnes savaient ce qu’il avait représenté pour elle – et, malheureusement, ce qu’il représentait toujours -, la nouvelle avait fait grand bruit et provoqué quelques remous au sein du Cirque. Pire encore, Corvus s’était fait son défenseur, ce qui arrangeait encore moins les affaires de la Dresseuse. Elle avait tout d’abord durement refusé de prendre toute part à ce chantier. Et puis, Salomon s’était dressé sur son chemin. Il lui avait sournoisement rappelé que si elle s’était contentée d’obéir sept ans plus tôt, elle n’aurait pas rencontré ce genre de problème. Il ne s’était pas non plus gardé de ramener ses obligations envers leur faction en tête de liste des raisons pour lesquelles elle se devait de témoigner, car « après tout, tu n’as rien à cacher, ma Swanny, n’est-ce pas ? » s’était-il enquis avec son regard d’acier aussi perçant que les rayons du jour. Elle avait eu beau tordre des lèvres, faire la moue, tempêter, menacer … - bref, faire l’enfant - elle n’avait pas pu y couper. Cela faisait des années que ce manège ne fonctionnait plus sur son vieux rusé de père. Comme elle s’y était attendue, Thanatos n’avait pas été d’un grand secours et s’était contenté de lui jeter le même genre d’œillade glaciale derrière son petit sourire en coin, avant de lui ordonner « de faire ce qu’on lui demandait, pour une fois ». Dans ces moments-là, elle ne pouvait pas dire qu’Hypnos lui manquait ; il restait sa copie désormais quasi conforme.

Autant  que l’affaire Emerson l’obligea à assumer – voire dissimuler – certains de ses actes était une chose. En revanche, que cela l’empêche de se détendre convenablement, elle le supportait beaucoup plus difficilement.

Au bout de trois quart d’heure de ressassement et d’allées-retours d’un bout à l’autre du lit, la jeune femme se redressa sur son séant, la mine aussi froissée que ses draps et l’œil furieux. Certaine qu’elle ne parviendrait à aucune saine méditation dans ces conditions, elle se leva et alla retourner sa commode. Corsages, chemisiers et autres jupons volèrent à travers la roulotte jusqu’à ce qu’elle mette la main sur ce qui l’intéressait, soit une chemise d’un blanc immaculé et un pantalon noir. Sa tenue de prédilection lorsqu’elle se rendait dans les cages aux Fauves. Eux seuls possédaient ce don de l’apaiser et de la détourner de ses démons grâce à leur simple présence.

Elle s’apprêtait d’ailleurs à se défaire sa jupe lorsque des voix lui parvinrent de l’extérieur, suffisamment proches pour qu’elle en déduise qu’elles se trouvaient tout près de sa porte. Son intuition s’avéra bonne puisque presque aussitôt, elle entendit toquer. De manière quelque peu hésitante.

Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrit sur un des techniciens, le visage aussi rougi par le froid que par l’embarras. Accompagné d’un visage féminin bien connu de la Dresseuse.


« Excuse-moi, Swanny, mais madame dit que … » commença le pauvre bougre.

« Merci, vous pouvez nous laisser. »


L’interruption de la Zabini fit naître un sourire amusé sur les lèvres d’Esmé alors que le jeune homme ne savait plus où se mettre. Les règles étaient strictes au Chimeria. Laisser passer une étrangère sans l’avoir annoncé pouvait être un motif de licenciement pur et simple et aucun des employés du Cirque n’avait envie de l’expérimenter. Les légendaires crises de colère du Cygne Noir, encore moins.


« Eh bien tu as entendu la dame, Emmet ? Tu peux disposer. »
ordonna la brune d’une voix suave, petit geste évasif de la main à l’appui. « Oh, une dernière chose, trésor ! Assure-toi que nous ne soyons pas dérangées. »


Ledit Emmet s’apprêtait à s’enfuir sans demander son reste et s’était figé à son rappel. Il déglutit péniblement avant de hocher la tête, puis de disparaître pour de bon. Naturellement, le garçon ne risquait rien. Si Ellaria avait pu entrer, c’était parce qu’elle était sur la fameuse liste des invités permanents. Sauf qu’il n’était pas censé le savoir et avait désormais plusieurs heures devant lui pour se faire du mauvais sang. Un petit tourment innocent à la Selwyn, en d’autres termes.


« Allons, Ellaria, c’est toujours un plaisir de vous voir ! » s’exclama la demoiselle, toute en dents blanches, véritablement sincère, tandis qu’elle s’effaçait pour laisser entrer son invitée. « Entrez, entrez ! »


Elle referma derrière elle et la conduisit jusqu’à une petite table ronde aussi en désordre que le reste de l’unique pièce. D’un coup de baguette, elle fit disparaître les objets éparpillés sur cette dernière et entreprit de faire de même sur le sol.

L’intérieur était bien plus spacieux que ne laissait supposer la petite bâtisse de bois dès lors qu’on la contemplait de dehors. Une des vertus de la magie que la troupe du Chimeria maîtrisait depuis longtemps, quand bien même il avait fallu un certain délai pour obtenir un tel résultat. Ce qui laissait encore plus de place à Esmé pour y mettre le bazar. Néanmoins, ce capharnaüm ne laissait aucun doute quant à la propreté des lieux où flottait une délicieuse odeur sucrée, lourde de parfums, couleurs et tissus en tous genres. Atmosphère savamment entretenue par sa propriétaire en temps ordinaire mais qu’elle voulait un peu plus ordonnée dès lors qu’elle recevait quelqu’un.


« Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Un thé ? Ou quelque chose de plus fort ? » s’enquit-elle tandis qu’elle passait en revue ses réserves. « Il me semble qu’il me reste un peu de cet alcool de raisin que nous avions partagé la dernière fois. »


Elle reporta son attention sur la sang-pure qui avait pris place dans l’un des fauteuils molletonnés et attendit sa réponse. Cette dernière obtenue, elle entreprit de préparer leurs boissons. Auparavant, Esmé avait une dame de compagnie pour qu’elle puisse recevoir sans lever le petit doigt. Sauf que depuis qu’ils avaient quitté Londres, elle devait s’acquitter de ce genre de besognes elle-même. Chose qui ne la dérangeait pas, tant que cela restait ponctuel – elle arrivait la plupart du temps à réquisitionner Charmelle pour remplir cette tâche – mais qui restait assez éloignée du fonctionnement habituel des sorciers de son rang. Une double raison pour l’effectuer, en somme.


« J’ai du mal à croire qu’avec autant d’âmes en peine à Pré-au-Lard, il ne se passe rien qui retienne votre attention. Ni que vous n’ayez rien à me raconter. »


Elle déposa les contenants remplis devant elles et s’assit face à Ellaria, le menton posé sur sa main, ses émeraudes brillant d’anticipation. Si la Foraine sortait assez peu des grilles du Cirque, elle appréciait malgré tout les potins. Plus encore quand ces derniers venaient d’une des rares sang-pur qu’elle tolérait dans son cercle privé.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Ways of dreams & shadows
On peut abandonner son intégrité pour presque rien mais c’est tout ce que nous possédons réellement, tout ce qui nous reste à la fin. Et dans ce petit espace, nous sommes libres. V pour Vendetta
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Ellaria Zabini
Messages : 160 Crédits : © me
Age du personnage : 64 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Rentière
Faction : Héritiers
Maison : /


Rapeltout
Patronus : Une panthère
Epouvantard : Son reflet marqué par l'âge et la solitude
Baguette magique:
Ce message a été posté Jeu 6 Fév 2014 - 17:20

Ellaria n’avait même pas daigné poser un dernier regard sur le valet qu’avait renvoyé Esmé : il avait rempli sa tâche, son existence venait de sortir de l’esprit de la Zabini. Pénétrant dans la roulotte du superbe Black Swan, Ellaria passa en revu chaque détail, avide d’en savoir plus sur son hôte. Elle n’avait jamais mis un escarpin dans l’antre de la sorcière à la réputation sulfureuse et elle était impatiente d’avoir potentiellement de nouveaux détails à se mettre sous la dent. Le confort qu’offrait la bâtisse était réel. Ellaria n’aurait pu vivre dans ce genre d’endroit mais il y avait de la place et le tout était décoré avec goût. Cette extravagance ne faisait que rajouter du cachet à la Selwyn.

Elle prit place dans un siège de goût et confortable une fois qu’Esmé eut fini de débarrasser la pièce d’affaires encombrantes. Ellaria s’estimait chanceuse d’avoir Lara pour effectuer ce genre de besogne. « L’alcool de raisin sera parfait ! Le thé me rappelle bien trop souvent que je suis coincée en territoire britannique sur de longues durées. L’exotisme me manque, Esmé, vous ne vous imaginez pas à quel point ! » Ooooh si les gens savaient. Parce qu’Ellaria n’arrêtait jamais de se plaindre de son manque de voyage, de sorties de cette triste ville. Tout était prétexte à rappeler au monde qu’elle aimait à vivre un semblant de vie de nomade, tout en ayant une vingtaine de pied-à-terre répartis à travers le monde. Et surtout, Ellaria aimait à montrer qu’elle avait le droit de sortir de ce trou plus souvent que la plupart des autres sorciers : promettre l’argent des vieux croûtons italiens de la famille Zabini était un avantage certain.

La Zabini, après avoir capturé chaque détail intéressant de la pièce dans laquelle elle se trouvait, posa son regard sur Esmé afin d’en étudier les mouvements. Malgré ce qu’on pouvait dire d’elle, malgré ses tenues provocantes, la Selwyn n’était que grâce. Elle n’avait rien des manières d’une basique comme certains aimaient à le prétendre en ce qui concernait la famille entière. Non, Esmé Selwyn donnait plaisir à qui la regardait, hommes comme femmes. Ce n’était pas de l’attirance, juste quelque chose qui ne s’expliquait pas et n’avait pas de rapport aux genres. Ses mouvements captaient l’attention, on pouvait parfois croire qu’elle continuait son show, même dans les coulisses. Attention, Ellaria n’était pas fascinée par Esmé mais elle lui reconnaissait le talent de savoir bouger comme il le fallait. Que ce soit au quotidien ou sur la scène. Si seulement Naïma pouvait en prendre de la graine ! Sa petite-fille savait tenir son rang mais elle était née un peu gauche. Enfin, par moment, elle se comportait encore comme une gamine. Heureusement, la classe naturelle des Zabini lui permettait d’être tout de même bien au-dessus des petites gens.
Esmé déposa les verres avant de prendre place face à Ellaria. « Merci. De quoi nous réchauffer le corps et apaiser nos tourments, c’est parfait. » Et ce qu’ils étaient poignants, les tourments d’Ellaria Zabini ! Moins de ragots que dans un espace plus grand, moins d’animation que dans les îles, moins de jeunes sang-pur à dévorer du regard… Evidemment, il y avait plus, mais cela ne regardait qu’elle. Et personne ne pouvait en savoir plus, Ellaria Zabini avait blindé son cœur et son âme au cours d’une longue vie parsemée d’embûches et d’épreuves. Epreuves qu’elle avait affrontées pour pouvoir jouir de ce qu’elle était aujourd’hui.

« Ma bonne amie, si vous saviez ! Il ne se passe rien ! Absolument rien d’intéressant. J’en viendrais presque à envier ceux qui s’entêtent à essayer de faire entrer la presse ministérielle pour lire les ragots de ces scélérats et passer le temps. » Tous les trafics existaient à Pré-au-Lard et, si celui-ci était absurde au départ, Ellaria commençait à en comprendre l’intérêt. « Ce sont toujours les mêmes rengaines. Les couples fiancés retardent leurs noces – sauf mon Echo chérie qui a compris l’intérêt de prendre les devants – les non fiancés en oublient de se cacher… Ce qui finalement est un bon moyen de se mettre quelque chose sous la dent : voir les vieilles biques s’insurger des mœurs de leurs petits-enfants est un régal. » Si la politique familiale véhiculée par les factions était claire, la réalité était tout autre. Tant que l’honneur était préservé, chacun faisait absolument ce qu’il voulait ou presque. « A croire que vivre aussi prêt des impurs fait oublier à certain que, pour vivre de débauche, il faut le faire de façon discrète. » Est-ce qu’ils allaient finir par se comporter comme des basiques à force de trop les côtoyer ? Ou pire ! Comme des sang-de-bourbe ! Un frisson de dégoût parcourut le corps de la divine Ellaria. Quelle idée de se mettre de pareilles images en tête !

« En réalité, il ne se passe rien de nouveau. Tout est redondant. Les mêmes histoires de tromperie, de trahison, d’alliance entre familles consanguines… Ce monde n’évolue pas. Que ce soit du côté des factions ou non, le changement n’est pas de mise. » Ellaria soupira. Elle savait qu’aborder le sujet des factions ne se faisait pas, surtout quand la personne en face était justement dans le camp d’en face. Mais qui mieux qu’Ellaria Zabini se moquait des qu’en dira-t-on ? Que celui qui avait de quoi lui montrer que leur monde évoluait lui jette le premier sort. PERSONNE ne pouvait affirmer cela. Elle était ici depuis quarante ans. Elle avait fui un pays où les règles étaient plus primitives encore et pourtant, ici, rien n’avait changé en ces quatre décennies. Rien. Sauf chez les Zabini. Mais ça, ça n’était pas politique. Et pas donné à tout le monde. « Et vous, ma chère, n’avez-vous donc rien à me raconter ? »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Esmé Selwyn
Le Diable au Corps
Messages : 741 Crédits : Myrlu & Grey Wind
Age du personnage : 28 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Funambule-acrobate & Dresseuse de Fauves
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Auparavant un Cygne Noir, désormais une Hyène.
Epouvantard : Un Lapin. Blanc, le lapin.
Baguette magique:
Ce message a été posté Mer 26 Fév 2014 - 0:28

Esmé hochait la tête, l’air aussi grave que concernée par les tourments de la Zabini. Et aussi curieux que cela puisse paraître au vu du personnage, elle était presque sincère.

Presque car la Dresseuse restait ce qu’elle était, soit une entité à part dans ce monde trop monochrome, trop figé et terriblement ennuyeux en comparaison de la dimension dans laquelle elle évoluait. Mais pas entièrement, parce qu’aussi bien intégrée qu’elle soit dans cette société, Ellaria lui apparaissait comme à part.

Etait-ce ses manières grandiloquentes ? Son port altier ? Son assurance à toute épreuve ? La considération qu’elle lui portait ? La jeune femme n’aurait su dire quelle raison en particulier l’avait poussé à l’accepter dans le cercle restreint de son intimité, plus d’un an auparavant. Peut-être toutes à la fois. Peut-être même une autre, un peu plus profonde, complètement enfouie, à laquelle elle n’aurait même pas pensé. Voire qu’elle aurait balayé d’un revers de main ganté si on le lui en avait fait la remarque.

Leda Selwyn s’était suicidée quand Esmé était âgée de dix ans. Un drame comme bien d’autres en avaient connu. Seules les circonstances avaient créé une sorte de traumatisme dont elle ne se déferait certainement jamais. Qui donc aurait voulu se vanter d’une mère emportée par sa folie ? Celle-là même que le reste de la famille guettait chez son unique fille, attendant le moment où tous ses masques se craquèleraient pour de bon ?

A priori, aucun rapport avec la scène qui se déroulait en cet instant. Et pourtant …

Aussi particulière que fut Leda, tant dans sa culture, dans sa personnalité ou encore dans ses méthodes d’éducation, elle n’en avait pas moins été la seule figure féminine que le Cygne Noir eut pour réelle référence. Depuis, elle avait essentiellement fait des femmes rencontrées au mieux des amies, au pire, des concurrentes ou des larbins. Jusqu’à Ellaria.

Tandis qu’elle écoutait ses plaintes, elle retint le coin de ses lèvres de s’ourler en un sourire. Il y avait quelque chose … D’attachant chez son interlocutrice. De fort, également. Une combattivité qu’elle décelait sous les propos tenus. Elle voyait la flamme dans son regard, puisqu’elle possédait la même.

De même, que dire de sa franchise coutumière ? Dans un univers où tout était paraître et faux-semblant, la matriarche des Zabini, malgré son âge que des hères mal avisés pourraient qualifier de « certain », elle apportait une fraicheur indéniable. Celle-là même qu’elle ne retrouvait que rarement chez les jeunes filles, fanée à peine leur majorité atteinte.


« Et vous, ma chère, n’avez-vous donc rien à me raconter ? »


Extirpant une cigarette magique de son fameux étui en forme d’as de pique, Esmé se laissa aller à un rire aussi délicat que moqueur. Non pas envers l’Héritière, ainsi qu’on aurait pu le croire. Mais plutôt concernant la plèbe qu’elle venait de décrier.


« Que puis-je vous dire que vous ne sachiez pas déjà ? » répondit-elle d’un ton léger avant que le bout ne s’embrase. « Il semblerait que nos concitoyens soient au courant de mes faits et gestes avant moi. Un comble, ne croyez-vous pas ? »


Les volutes de fumée commencèrent à s’élever au-dessus d’elle tandis qu’elle souriait franchement, faisant, par ce discours, écho aux paroles d’Ellaria. Déjà à Londres, les plus folles rumeurs couraient sur son compte – pour beaucoup, répandues par elle-même -, alors dans un espace aussi restreint que Pré-au-Lard et avec les inimitiés qu’avaient toujours inspiré les Selwyn, autant dire que l’on s’en donnait à cœur joie. L’une des dernières en date était une rumeur d’une soi-disant grossesse. Au moins Corvus en serait-il le géniteur, ce qui sauvait un tant soit peu l’honneur. Du point de vue chimérien, en tout cas.


« Cependant, en ce qui concerne des choses un peu plus triviales que mon état de santé ou de qui aurait visité mes draps cette semaine, il se pourrait que j’ai quelque chose d’intéressant pour vous ... »


Alors qu’elle s’était finalement enfoncée contre le molleton du fauteuil, elle décroisa les jambes et se rapprocha de la table, l’œil brillant de malice et la bouche formant une moue de connivence.


« … Mon père a su que je vous avais vu il y a peu. Il est possible que j’aie un peu trop vanté vos mérites car il s’est demandé à haute voix s’il pouvait espérer un dîner en votre gracieuse compagnie. »


A savoir si elle proférait un mensonge éhonté ou si elle se faisait réellement la messagère de ce cher Salomon ... Ce qu’il fallait retenir avant tout, c’était qu’au-delà de sa réputation souvent peu glorieuse, la jeune femme était de nature facétieuse. Et puisque Ellaria cherchait chez elle de la distraction, elle aurait été bien en peine de la décevoir.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Ways of dreams & shadows
On peut abandonner son intégrité pour presque rien mais c’est tout ce que nous possédons réellement, tout ce qui nous reste à la fin. Et dans ce petit espace, nous sommes libres. V pour Vendetta
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Ellaria Zabini
Messages : 160 Crédits : © me
Age du personnage : 64 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Rentière
Faction : Héritiers
Maison : /


Rapeltout
Patronus : Une panthère
Epouvantard : Son reflet marqué par l'âge et la solitude
Baguette magique:
Ce message a été posté Dim 22 Juin 2014 - 9:30

Les ragots, la partie préférée d’Ellaria ! Ils étaient la raison première pour laquelle la Zabini s’était rapprochée de la jeune Selwyn. On avait raconté tellement de chose au sujet de Black Swan qu’il avait fallu qu’elle se fasse sa propre idée. Ecouter les murmures des vieilles godiches était une chose, mais se forger ensuite sa propre opinion était quelque chose qui tenait à cœur la Zabini. Uniquement si la personne en valait la peine, évidemment. Elle n’était pas allée se poster derrière les fenêtres de Carmella Higgs quand tout le monde racontait qu’elle laissait Kark profitait de ses charmes : premièrement, ça n’avait pu qu’être vrai et, deuxièmement, la Higgs était le genre de personne sur qui elle aimait cracher de loin. Son bonnet était bien trop profond pour qu’Ellaria ne prenne le risque de finir assommée par un coup de sein malheureux.

Il avait donc été, à l’époque, nécessaire qu’elle se fraie un chemin – évidemment dégagé par sa prestance et la lumière fabuleuse qui émanait d’elle – jusqu’à cette Esmé Selwyn dont la presse s’était tant régalée. Finalement, l’enfermement à Pré-au-Lard avait eu du bon. Mais juste un peu. Et jamais, Ô grand jamais, elle ne l’avouerait d’ailleurs. Elle se délecta d’une gorgée de liqueur de raisin quand la jeune Selwyn démarra une sorte de parade séductrice dont raffolait Ellaria. Elle l’écouta lui exposer ce qui lui était destiné et offrit un sourire qui ne laissait pas de doute quant à l’intérêt qu’elle portait à cette proposition. « Ma chère Esmé, cette information me pousse à réfléchir sérieusement à la question. » Mais elle n’accepta pas immédiatement. Il fallait de la retenue parce qu’un chef de famille invitant officiellement Ellaria lors d’un diner, ça n’était pas anodin. Les diners étaient plus officiels, plus engageants que de simples visites à une jeune femme comme Esmé. Il y avait un monde entre s’amuser à faire parler les gens coincés à Pré-au-Lard et affirmer haut et fort sa sympathie pour une famille telle que la famille Selwyn. Evidemment, la réflexion d’Ellaria n’était qu’une façade parce qu’elle savait qu’elle dirait oui. Elle avait envie de mettre le pied dans cette situation qui pouvait s’avérer difficile. Ellaria n’avait rien à perdre et jamais sa réputation n’en souffrirait. Du moins, c’était ce qu’elle pensait. Après tout, de quoi était faite la réputation d’Ellaria Zabini ? De mariages à répétitions, de scandales, de phrases assassines reportées dans la presse… On ne réussissait pas à être incisif sur ses mœurs car les seuls hommes avec lesquels on l’avait vue avaient ensuite été ses maris, parce qu’elle n’avait jamais été croquer du côté des sangs impurs et, surtout, parce qu’elle possédait suffisamment d’argent pour choisir ce qu’elle ne voulait pas qu’on dise à son sujet quand la situation devenait délicate. Que pourrait-on dire sur une Zabini chez les Selwyn ? On parlerait de son extravagance, d’une nouvelle lubie peut-être… Mais on en parlerait, pour sûr, et Ellaria aimait cela. « Je regarderai si j’ai une soirée de libre coïncidant avec l’emploi du temps de votre père et je vous donnerai ma réponse. La préparation du mariage d’Echo me prend tellement de temps ! Moi qui me plaignais de ne pas voir suffisamment ma famille avant Pré-au-Lard, je ne la vois que trop aujourd’hui ! Evidemment, toujours pour le meilleur. » Tous ses petits-enfants et neveux étaient adultes maintenant, elle prenait un grand plaisir à les côtoyer. Peut-être moins avec certains, plus fades, mais Ellaria se faisait un devoir de les rendre éclatants tant que possible : on ne laissait pas un Zabini rester terne !

« En parlant de mariage… J’ai la désagréable impression que les vénérables sorciers coincés avec nous oublient que c’est quelque chose de merveilleux qui pourrait rendre leur vie ici plus douce, n’êtes-vous pas d’accord ? Combien de mariages avons-nous célébré depuis que nous sommes ici ? Trop peu à mon goût ! » Ceux des impurs ne comptaient pas, évidemment. « Je ne comprends pas pourquoi les gens se privent de se bonheur. Cela leur ferait tellement de bien de s’ouvrir à l’amour ! Certains en perdraient même cet air qui me laisse à penser que l’industrie du balai ne sert aujourd’hui qu’à remplir leurs postérieurs. Franchement, Esmé, ne trouvez-vous pas que ces airs frustrés finiront par nous faire déprimer ? Ce serait tellement terrible ! » C’était peut-être quelque chose qui l’effrayait plus que l’enfermement lui-même : que les mégères cul-serrés finissent par déteindre sur elle ! Esmé n’entrait pas dans cette catégorie à ses yeux et, pourtant, ne commençait-elle pas à se faire vieille fille ? Oui, Ellaria avait peut-être volontairement mis les pieds dans le plat pour se divertir un peu.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Esmé Selwyn
Le Diable au Corps
Messages : 741 Crédits : Myrlu & Grey Wind
Age du personnage : 28 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Funambule-acrobate & Dresseuse de Fauves
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Auparavant un Cygne Noir, désormais une Hyène.
Epouvantard : Un Lapin. Blanc, le lapin.
Baguette magique:
Ce message a été posté Mar 29 Juil 2014 - 12:14

Esmé avait envie de s'amuser un peu. Au fond, il était plus qu'envisageable qu'elle ait joué les messagères afin de déterminer si la Zabini était aussi ouverte d'esprit qu'elle s'en targuait.

Elle guetta sa réponse comme on attend le verdict après une journée derrière les fourneaux. A ceci près qu'elle ne s'inquiétait pas de faire plaisir à son invitée. Et qu'il neigerait des bollas le jour où on trouverait la Dresseuse dans une cuisine.


« Ma chère Esmé, cette information me pousse à réfléchir sérieusement à la question. »


Et bien, Ellaria était décidément à la hauteur de ses espérances. Peu d'autres sang-purs pouvaient en dire autant. Pas un seul frémissement sur ses jolis traits. Nulle esquisse d'un geste embarrassé ou des prémices d'une grimace de dégoût.

Réellement, la jeune femme était impressionnée.

Bien sûr, elle n'ignorait pas que son cher père n'avait rien de l'incarnation de la chasteté. S'il avait observé un long temps de veuvage, peinant à faire le deuil de l'amour de sa vie, il avait fini par retrouver la vue ainsi que ses sourires charmeurs. La vieillesse avait beau le rattraper désormais, il n'en restait pas moins un homme de prestance aux paroles habiles.

Néanmoins, pour autant qu'elle sache - et, soyons honnêtes, elle n'avait jamais cherché à en apprendre davantage -, ses frasques se limitaient à quelques jeunes filles ou dames à l'étranger, attirées par son bagout et son aura puissante. Il avait transmis à ses enfants son parfum de mystère, lequel s'arrêtait aux grilles du Chimeria lorsqu'ils étaient à Londres. De tous les Selwyn, il était certainement celui qui avait le plus en horreur les gens de leur caste. Jusqu'à Ellaria. Défi, exotisme ... Allez savoir. Le fait était qu'elle n'avait pas menti en faisant part à cette dernière de ses intentions. Pour autant, elle n'aurait jamais imaginé qu'elle y accèderait avec autant d'aise, même si elle mettait encore en mots une certaine distance dans sa décision. Quels revirement depuis leur enfermement ... Une cause commune avait décidément bien des effets sur les mentalités.

Esmé hocha la tête, affichant un sourire ravi, avant de lui assurer qu'elle proposerait à Salomon de se mettre en contact avec elle. Puis, la conversation dériva sur les occupations de son interlocutrice. La demoiselle était bien placée pour connaître l'importance de la famille. Ainsi que le charge que cela représentait, particulièrement depuis qu'ils avaient rejoint le fief Mangemort. Même s'il se portait beaucoup mieux, Thanatos avait longtemps lutté contre l'étau des griffes de ses démons intérieurs. Et entre ces murs, impossible d'échapper à ce désagrément sous couvert d'une petite sortie pour se changer les idées.

Heureusement pour Ellaria, elle n'était pas en proie au même genre de difficultés. Au contraire, elle s'affairait afin de préparer le grand jour de l'une de ses petites filles. Echo. La Dresseuse eut à nouveau un petit sourire en coin. Les deux jeunes femmes avaient fait partie de la même promotion à Poudlard et si leurs chemins avaient différé en grandissant, elles s'étaient toujours plutôt bien entendues. Elle ne pouvait donc que lui souhaiter que cette union lui apporte les bénéfices attendus. Enfin, autant qu'elle le puisse, étant donné le peu d'effet que l'institution du mariage avait sur notre Cygne Noir.

Au fond, elle aurait dû sentir le coup venir. Son célibat était un sujet qui devait revenir régulièrement dans les conversations mondaines, dès que les autres sujets avaient été épuisés. Surtout avec cette rumeur ridicule d'une potentielle grossesse. Mais la suite du discours d'Ellaria la prit tout de même par surprise. Sa gorgée de liqueur manqua passer de travers. Elle cacha son trouble par un léger toussotement. Pire que le serment à la vie à la mort, le concept de l'amour qu'évoquait la Zabini la laissait encore plus perplexe. Il n'y avait qu'à voir les minauderies de sa petite cruche de Charmelle. Depuis que leur collègue trapéziste lui avait déclaré sa flamme, il ne se passait pas une journée sans que ses oreilles ne soient agressées par sa petite voix aigue et ses propos énamourés. Vraiment, c'était à vous donner la nausée.


" Je ne peux qu'abonder dans votre sens. " répondit-elle contre toute attente, après un instant de silence. " Néanmoins, permettez-moi d'affirmer que, de mon point de vue, leur âme ne serait pas la seule à avoir besoin d'une visite régulière. "


Elle tira une dernière bouffée de sa cigarette, une moue mutine venant creuser ses joues fardées à la suite de cette affirmation graveleuse. Fugace. Bientôt, ses traits reprirent leur neutralité habituelle, voire légèrement empreints de gravité.

Ses émeraudes quittèrent le cendrier où les dernières braises finissaient de rougeoyer pour se planter dans le regard de son interlocutrice.


" Tout de même, une chose me turlupine ... " reprit-elle en penchant la tête sur le côté. " ... Pardonnez-moi si ma question vous semble déplacée. Mais vous qui avez connu tant d'unions, dans tant de contextes différents, croyez-vous qu'il vaille le coup de troquer son indépendance, sa liberté, contre un sentiment aussi ... Ephémère ? "


Son questionnement soudain n'avait pas grand-chose à voir avec le sujet de crainte de la Zabini, à savoir d'être contaminée par la morosité ambiante. Esmé en avait tout à fait conscience. Autant que de sa tentative détournée de l'amener sur le terrain de son célibat. Et si notre chimérienne avait un talent inné pour détourner la conversation des sujets qui ne lui seyaient guère, elle pouvait en faire preuve d'autant lorsqu'il s'agissait de les affronter. En usant du même genre de stratégie.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Ways of dreams & shadows
On peut abandonner son intégrité pour presque rien mais c’est tout ce que nous possédons réellement, tout ce qui nous reste à la fin. Et dans ce petit espace, nous sommes libres. V pour Vendetta
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Ellaria Zabini
Messages : 160 Crédits : © me
Age du personnage : 64 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Rentière
Faction : Héritiers
Maison : /


Rapeltout
Patronus : Une panthère
Epouvantard : Son reflet marqué par l'âge et la solitude
Baguette magique:
Ce message a été posté Mer 13 Aoû 2014 - 8:45

La jeune Selwyn avait du mordant, Ellaria ne s’était pas trompée en misant gros sur elle. Elle ne regrettait en rien d’avoir fait un pas vers cette famille, elle ne s’ennuyait pas. Il n’y avait encore rien de réellement folichon mais Esmé Selwyn n’était pas comme les autres femmes de son âge ou de son rang. Elle était intéressante, intelligente et sa différence faisait son charme. Un charme qui, évidemment, pouvait en troubler plus d’un et pas forcément dans le bon sens. Ellaria, elle, n’était pas troublée le moins du monde, bien au contraire. Ellaria avait simplement levé son verre en direction d’Esmé quand elle avait parlé de la nature nécessaire des visites régulières. Ce n’était pas une réflexion qu’il fallait faire en société, surtout lorsque cette dite société vivait renfermée sur elle-même mais Ellaria savait apprécier les bonnes choses de la vie. Elle ne militait pas forcément pour une vie volage avant le mariage mais, selon elle, goûter avant n’avait rien de condamnable. C’était ce qu’elle avait cherché à expliquer à sa nièce, Violet, un cas désespéré où elle avait finalement choisi d’abandonner. Trop dépressive, terne et irrécupérable. Et puis, de toute manière, elle était en Italie désormais : peut-être trouverait-elle un Italien aussi mélancolique qu’elle ! Ah, c’était toujours bon de rêver !

Si Ellaria avait eu envie d’aborder le sujet mariage pour tenter de coincer Esmé, les choses se retournaient maintenant contre elle. Pour son plus grand plaisir ! Décidemment, cette petite savait comment la prendre : tourner l’attention sur elle pour lui permettre de briller, chose dans laquelle elle était une experte. Un large sourire prit place sur son visage que le temps ne faisait qu’embellir. L’amour, vaste sujet. Et par où commencer ? Ellaria comprenait que la pauvre petite Selwyn ne connaissait rien à l’amour. Si les rumeurs parlaient de ses frasques charnelles, cela ne permettait jamais de cibler un compagnon mâle en particulier. Et c’était là tout le problème de cette pauvre enfant : elle ne connaissait pas l’amour ! Et elle ratait le meilleur !

« Ma chère Esmé ! C’est bien le côté éphémère de ce sentiment qui le rend si désirable ! Enfin, il n’est pas éphémère pour tous mais, de nos jours, les maris se font moins résistants alors, forcément, on se demande si notre cher et tendre sera encore là demain matin, à notre réveil et cela, c’est l’essentiel ! Parce qu’en ne sachant pas si l’on pourra encore en profiter, on donne tout, tout le temps, sans compter ! » Bon, c’était plutôt le cas personnel d’Ellaria Zabini, la veuve noire, cette femme qui avait un don pour faire mourir ses maris, pour faire s’étendre des familles de sang-pur en épousant le dernier héritier mâle comme avec ce pauvre Fawley. « Il faut d’abord faire la différence entre un mariage de connivence et un mariage d’amour. Le mariage de connivence est, je pense, le mal de notre société. Les grandes familles oublient qu’un mariage heureux prépare une descendance brillante. Un mariage heureux pousse les familles à se battre sans relâche pour la préservation de leurs proches. Mes enfants se sont mariés par choix. Je leur ai permis de rencontrer des tas de candidats et il leur a suffi de choisir celui qui leur convenait le plus. Je ne crois pas aux mariages scellés à la naissance des enfants même si je peux comprendre leur intérêt. » Le seul intérêt à retenir de son premier mariage était la naissance de ses enfants. Et la force qu’elle en avait tirée. Le reste… Au moins, Ellaria avait pu se tirer du Burundi sans regrets. « Le mariage, ce n’est pas une perte de liberté. C’est un partage de cette liberté avec la personne qui a fait sa place dans notre cœur. L’indépendance n’est rien d’autre qu’une excuse créée de toutes pièces par des personnes célibataires. Evidemment qu’on dépend de l’autre dans un mariage, mais cette dépendance pousse à fonctionner à deux ! Et cela n’empêche en rien de mener sa vie comme on l’entend, à condition d’avoir choisi la personne idéale. » Ellaria n’avait connu qu’une seule personne idéale. Hadrian Yaxley. Deuxième de ses maris, grand amour de sa vie. Le seul homme que ses enfants aient considéré comme un vrai père. Le seul homme pour qui elle aurait potentiellement pu avoir un autre enfant. Les autres, elle les avait aimés. Mais ça n’avait pas eu la même saveur. Elle s’était fait une raison au bout du cinquième. Parfois, on épousait une très mauvaise personne, par choix. Et, dans ce cas-là, il ne restait plus qu’à prendre des mesures nécessaires : précipiter le destin et faire en sorte d’être à nouveau veuve.

« Le jour où vous trouverez l’amour Esmé, vous le saurez. Vous comprendrez pourquoi on peut troquer ce qui vous apparait comme liberté et indépendance aujourd’hui. Ne croyez cependant pas que l’amour tombe du ciel. J’ai eu la chance de sentir très vite chez mes maris qu’ils feraient des partenaires de vie excellents. Seulement, il arrive aussi qu’un tel lien se tisse avec le temps. Peut-être même avec une personne de votre entourage. Parfois, il suffit juste de ressentir le petit déclic. » Elle était sûrement sceptique, la jeune Selwyn, mais ce n’était pas grave. Si elle avait de la chance, un jour, elle saurait. « Faites simplement attention à ne pas vous barricader au point où l’amour serait forcé de faire demi-tour. Quand nous sommes fermés à une idée, tout notre corps peut suivre cette directive. Il serait dommage de finir par vous marier par dépit. »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Esmé Selwyn
Le Diable au Corps
Messages : 741 Crédits : Myrlu & Grey Wind
Age du personnage : 28 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Funambule-acrobate & Dresseuse de Fauves
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Auparavant un Cygne Noir, désormais une Hyène.
Epouvantard : Un Lapin. Blanc, le lapin.
Baguette magique:
Ce message a été posté Jeu 14 Aoû 2014 - 19:33

S'il était bien une chose que notre Dresseuse détestait, c'était qu'on lui fasse la leçon. Et ce, quel qu'en soit le sujet. Peu importait la personne également, d'ailleurs. Son ego quelque peu surdimensionné tolérait mal la remise en question à chaud. Son impétuosité, laquelle lui avait valu sa répartition chez les Gryffondors - entre autres raisons -, était le plus souvent dissimulée derrière les fameux masques dont elle s'affublait à dessein, mais bien présente. Latente. Presque menaçante.

Néanmoins, on pouvait lui enlever bien des qualités, mais certainement pas le fait qu'elle était bonne joueuse. Après tout, c'était elle qui avait habilement détourné la conversation. Si elle ne savait pas encore bien dans quoi elle s'était embarqué, il n'empêchait qu'elle en assumerait autant les discours que leurs conséquences. De plus, la Zabini ayant une place bien particulière auprès d'elle - ainsi que dans cette sacro-sainte société étriquée -, il était évident qu'elle se devait de faire un effort. Tels que ceux qu'elle fournissait lorsque Salomon ou son frère la reprenait après un entrainement approximatif. Au fond, l'objectif était le même. Faire jouer sa réflexion pour se dépasser. Bien que, dans cet échange présent, les enjeux étaient bien différents.

Aussi écouta-t-elle avec attention les enseignements de la Sang-Pur. Son intérêt n'était pas feint. Loin de là. En parlant ainsi, elle étanchait sans le savoir une partie de l'immense curiosité de la jeune femme à son égard. Ellaria la fascinait. Par sa présence, naturellement, mais également par le nombre de mariages qu'elle avait engrangé, à l'image de tout ce qu'elle en avait retiré. Qui d'autre aurait pu se vanter d'un parcours aussi riche ? D'avoir conservé autant de dynamisme et de fraicheur après tous ces combats ? Ainsi se figurait-elle l'image qu'elle aurait aimé renvoyer à son âge. Non pas qu'elle fut envieuse. Ce trait de caractère n'était pas dans ses habitudes. Au contraire, son oreille ainsi prêtée était tout ce qu'il y avait dans une augure tout ce que l'on pouvait qualifier de plus saine. Esmé aimait la grandiloquence, les logorrhées teintées de philosophie. Elle les comparait aux préludes du Maître de Cérémonie avant que le spectacle ne commence. Sauf qu'ici, elle en ignorait le texte.

Malheureusement, l'amour et tous ses dérivés, mariage compris, n'était pas son sujet de prédilection. Pour être tout à fait honnête, elle se sentait même légèrement ... Embarrassée. D'accord, elle l'avait cherché mais elle ne pensait pas que son interlocutrice irait aussi loin dans ses informations. Ou dans ses interprétations. Un sourire sarcastique se peignit sur ses lèvres, faisant un pied-de-nez à son estomac, lequel s'était soudain serré en un étau douloureux. La Zabini avait bel et bien tapé dans le mile. Mais plutôt se damner que de trahir son état d'esprit.


" J'apprécie votre sollicitude, croyez-le bien. " rétorqua-t-elle d'un ton léger, brisant le silence qui s'était installé après les derniers mots d'Ellaria. " Et tel que vous le racontez, tout ceci semble si facile. Presque enfantin. "


Elle se laissa à nouveau aller contre le dossier de son fauteuil. Sa main en l'air faisait tournoyer le liquide restant dans son verre sous son regard absent. Elle ne tarda pas à cesser sa contemplation pour le reporter sur la Zabini.


" Je crois que vous êtes la première à le décrire de cette manière. Enfin, si excepte mon amie Charmelle. Elle s'est amourachée de notre trapéziste voilà quelques mois et ils parlent déjà mariage. " Cette fois, elle ne put se retenir de lever les yeux au ciel. Rien qu'au souvenir du matin même où elle avait eu droit, encore, à ses éternels piaillements, elle sentait la migraine poindre. " Mais peu importe. La saveur de vos mots est bien différente, de même que leur résonance. J'admire vos convictions. Elles se font si rares de nos jours. Argent, pouvoir ... Voilà tout ce que l'on n'entend. A croire qu'il n'y a plus de place pour l'abstrait. "


Le breuvage se figea en même temps que le coin de ses lèvres. Ses paupières parurent lourdes alors qu'elle bascula dans un monde dont elle seule a la clef. Sa tête bascula contre le molleton, comme si elle était en proie à la plus douce des réminiscences.


" L'amour, j'en reçois et j'en donne presque chaque jour. Lorsque le rideau se lève et que les premiers applaudissements retentissent. Alors, je croise le regard de mon public et ... " Elle échappe un soupire d'autosatisfaction pure. " Oh, Ellaria ! Si seulement vous pouviez voir ce que je vois, si vous pouviez ressentir ce que je ressens ... Cette impression d'accomplissement, ce bonheur indicible, à chaque fois à nulle autre pareille ... "


Soudain, ses prunelles s'animèrent, tout à fait alertes. Le rêve semble terminé mais ses effluves, elles, l'entourent encore, donnant encore plus de poids aux paroles suivantes :


" Aucun homme sur cette terre, aussi pur son sang soit-il, ne pourrait ne serait-ce qu'espérer m'offrir ça. Aucun. Au contraire, il ne ferait que me prendre tout ce que j'ai si durement acquis, tout ce pour quoi j'ai travaillé. Soyons honnêtes, qui pourrait accepter que je mène une telle existence ? Vous le savez comme moi, si les prétendants ne se bousculent pas à nos grilles, c'est bien parce que notre nom est soit-disant entaché par la faune du Chimeria. Peu sont les sorciers avisés qui en réalisent tout le potentiel. Toute la grandeur. Je préfère encore mourir vieille fille que de sacrifier cette merveille. Le Cirque est et restera le grand amour de ma vie. Rien de moins. "


Que nos grandes dames de la haute s'accrochent bien à leurs corsets ! Le temps des langues de bois semble révolu.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Ways of dreams & shadows
On peut abandonner son intégrité pour presque rien mais c’est tout ce que nous possédons réellement, tout ce qui nous reste à la fin. Et dans ce petit espace, nous sommes libres. V pour Vendetta
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Ce message a été posté

Revenir en haut Aller en bas

Poster un nouveau sujet Répondre au sujet

Drama Queens
PORTOLOINFilet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs