Is this the time for one more try at a happy life? || Gael, flashback



 



Is this the time for one more try at a happy life? || Gael, flashback
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Commerces et zones de loisirs sorciers :: Chemin de Traverse
Alden D. Wheeler
Messages : 1333 Crédits : Avatar, signa : Moi | GIF : tumblr | Texte : Paul Eluard
Age du personnage : 30 ans
Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Joaillier - Lapidaire - Sertisseur | Il a repris la bijouterie désertée de ses parents après le coup d'état de décembre 2021.
Faction : Ordre du Phénix
Maison : Serpentard


Rapeltout
Patronus : Un caméléon.
Epouvantard : Une main purulente qui s'extirpe d'un tas de braises rougeoyantes et lui attrape la cheville d'une poigne de fer pour l'entraîner avec elle.
Baguette magique:
Ce message a été posté Sam 25 Jan 2014 - 0:42

    Vendredi 15 février 2019, 18h05.

Je calai une cigarette entre mes lèvres puis sortis un briquet. Je l'allumai à coup de Incendio puis me mis en marche. J'avais prévu de marcher jusqu'au pub où Gael et moi nous étions donnés rendez-vous. J'avais encore une bonne vingtaine de minutes devant moi. Et l'air frais ne me ferait pas de mal. Je quittai la cours de l'immeuble dans lequel j'habitais et arrivai sur la rue. J'avais de la chance, il ne pleuvait pas. Le mordant du froid pourtant me donna envie de rentrer la tête dans mes épaules et de protéger ma main qui tenait la cigarette.

Aujourd'hui était un jour comme les autres. Je m'étais levé tôt, étais parti bosser, la journée s'était passée sans anicroche. Puis j'étais rentré chez moi vers 16h45. Journée somme toute banale. A l'exception près que c'était mon anniversaire... Nedora était passée me voir un peu plus tôt, avec Laenor. Elles m'avaient offert un cadeau et m'avaient souhaité les vœux de mes parents, mais je supposai qu'il ne s'agissait que de ceux de ma mère : mon père n'acceptait toujours pas le fait que j'ai quitté le commerce familiale. Quant à Timoty, je n'avais eu aucune nouvelle, pour ne pas changer. En gros, l'ambiance n'était pas au beau fixe. Tout cela couplé à mes envies de quitter ma faction depuis plusieurs semaines, le tableau était beau.

Parfois, lorsque je posais les yeux sur une personne, un lieu, une chose que je connaissais bien, j'avais l'impression que tout cela avait changé, était différent. Maintenant que j'avais identifié mon désir de quitter les ombres, de quitter ce monde qui était le mien depuis longtemps mais qui me rebutait à présent, je ne retrouvais plus les mêmes sensations, les mêmes pensées. Je ne me retrouvais plus. Ce magasin de livres, là, sur ma gauche. Il y a quelques années, j'étais heureux d'aller y acheter les dernières nouveautés littéraires, avec insouciance. Maintenant ? Je ne pouvais m'enlever de la tête que les patrons qui l'avait repris il y a plus de 20 ans étaient en réalité des Ombres ayant dénoncé les sang-mêlés qui la tenait avant eux, les conduisant à une mort certaine. Ou même le briquet que Jeremiah m'avait offert et que je gardais toujours sur moi. J'y restais attaché, mais son souvenir était entaché de tant de malheur, de tant regrets ou de colère que j'avais du mal à le regarder sans me sentir encore plus perdu.
Certes, les morts de moldus, de sang-mêlés, et autres « abominations » n'avaient jamais été des cas de conscience pour moi jusque-là. Mais voilà, la donne avait changé. J'avais ouvert les yeux. Et même si parfois j'avais souhaité ne jamais les avoir ouverts, les choses étaient ainsi. Je n'avais plus le choix. Et je ne pouvais plus supporter cette hypocrisie ambiante, ce sentiment de mépris et de supériorité mal placés. Toute cette société qui n'était pas ce qu'elle prétendait être. Oh, j'avais encore du chemin à faire. Beaucoup. Les moldus, sans que je les déteste, ne revêtaient pas un intérêt particulier pour moi. Pour autant, fallait-il les exterminer ? En faire du bétail bon à nourrir les détraqueurs ? Tout n'était pas encore très clair pour moi, mais une chose était sûre : je ne voulais plus jouer un quelconque rôle dans cette société pourrie et bien-pensante.

Mais pour l'instant, je devais me vider la tête. Ce verre avec Gael ne pourrait que me faire du bien. C'était l'un des rares avec qui les choses n'avaient pas changé, ou du moins l'un des rares avec qui j'arrivais encore à me comporter naturellement, malgré les événements de ces dernières années. Je ne ressentais pas le besoin continu de faire attention à tout ce que je faisais, à porter un masque. Bien sûr, je faisais un minimum attention, après tout, tout comme moi, il était membre de l'Ombre. Nous nous connaissions depuis plus de dix ans, mais ça ne m'empêchait pas d'être prudent. J'aurais donné ma vie pour mon ami, et je savais que la réciproque était valable, mais certaines choses ne pourraient jamais être évoquées. Je n'en avais que trop conscience.

J'arrivai enfin dans la rue du « King George » et jetai ma cigarette à terre. J'avais cinq minutes d'avance. Un groupe de personnes se trouvait devant, fumant, buvant, parlant fort, rigolant. Je passai devant eux et m'arrêtai de l'autre côté de l'entrée, mes deux mains dans les poches, les yeux rivés sur la carte de l'endroit. Je n'avais pas eu le temps de grignoter avant de partir, peut-être que je me laisserais tenter par quelque chose. Histoire de ne pas finir la tête dans le caniveau au bout d'une heure et demi ? Oui, voilà. Il était 18h25. Ça serait con de laisser la charge à Gael de me ramener sur son dos sous peu.

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Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom
Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom
Je suis né pour te connaître
Je suis né pour te nommer.
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Gael Fetherstonhaugh
Névropathe compulsif
Messages : 509 Crédits : None
Age du personnage : 29
Ascendance : Sorcier basique
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Faction : Phénix
Maison : Gryffondor


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Ce message a été posté Sam 25 Jan 2014 - 3:22

Dix jours.
Cela faisait dix jours que Gael était comme catatonique. Il était devenu transparent, à son travail, acceptant tout,évitant toute rencontre. Son regard fuyait, il ne parlait plus - il grognait ou gémissait faiblement - et son appétit avait chuté. Quelque position dans laquelle il se trouvait lui était égale. Cinq jours plus tôt, il avait trébuché sur une pile de livres dans la salle de la mort et s'était affalé comme il semblerait logique. Rien n'y avait fait, il était resté en cette position pendant plus de deux heures, la joue contre le sol, le bras écrasé sou son torse, les fesses en l'air et les genoux enfoncées dans le tas de livres renversé. Il fallut qu'un collègue passe pour le relever. Gael ne communiquait plus. A cela s'ajoutait un manque flagrant d'appétit qui, bien que le temps passé eût été court, commençait à se remarquer chez Gael. Ses joues s'étaient un peu creusées, son teint était devenu blafard, le rendant encore plus effrayant que lorsqu'il allait à la chasse au moldu.
Il avait été, les premiers jours, obligé de se faire raccompagner chez lui, des collègues allant même le tirer du lit le matin pour le faire aller au Ministère. Peu à peu, il avait repris sa motricité. Depuis le début de la semaine, il effectuait tout seul certaines tâches, comme un grand. Machinalement, en fait. Comme un automate que l'on aurait réglé, il se mettait en marche aux mêmes heures, effectuant chaque pas avec une précision glaçante, allant même jusqu'à prendre son café selon un rituel grotesque. Sa consommation de cigarettes augmenta considérablement, rendant son bureau irrespirable et invisible, caché par un épais brouillard.
Depuis le mercredi 13, Gael s'était fait porter pâle - premier mots qu'il avait réussi à mettre les uns à la suite des autres depuis la semaine passée. La raison en était simple. Il avait commis l'imprudence de laisser un petit papier, une lettre à peine, trois mots écrits à la plume trôner sur la table de son petit living. De manière inexpliquée, son regard s'était, pour la première fois depuis le début du mois de février, posé sur cette note. Et Gael s'était effondré, grelottant et à bout de souffle, hargneux et désemparé, se déshydratant de toute son eau corporelle par ses canaux lacrymaux.

Consider yourself lucky...

Les lettres semblaient danser, menaçantes, comme à l'affût, telles des couteaux aiguisés.
Nous étions vendredi, le 15 février, et Gael était avachi sur son sofa, scrutant l'infini, un puissant rasoir lui vrillant le ventre. Treize jours, déjà, qu'il avait reçu ce pli. Dix que l'enterrement avait eu lieu. Gael se sentit grelotter, sentant ses yeux le brûler de nouveau. Mais qu'avait-il fait ?? Le regard de sa mère, de son frère, de sa sœur, la réprobation. La haine, même.
Sa chouette remua à ce moment dans sa cage, et piaffa. Gael jeta un regard morne sur la pauvre bête, délaissée depuis les quinze jours passés. Il la nourrissait trop, elle en devenait grasse et l'hygiène de sa cage commençait à faire sentir une odeur pinçante sous les volutes lourdes et encombrées de cigarette, tabac incrusté dans chaque millimètre de son appartement. Le mangemort se leva lentement, faible, et traîna ses guêtres jusqu'à la cage, l'ouvrant d'un geste mou. Il n'en fallut pas plus à son oiseau pour se ruer hors de sa prison et filer en direction de la cuisine où un trou spécial lui avait été aménagé afin qu'elle puisse sortir tranquillement. Gael resta dix bonnes minutes debout, glacé, la main tenant encore la petite porte de la cage, fixant l'horizon inexistant de sa garçonnière améliorée.
Il n'avait plus rien.
Tout ce qu'il avait eu pour lui, tout ce qui avait fait parti de son monde proche, des personnes qui l'aimaient et qu'il aimait, tout ceux-là, il les avaient détruits. Par orgueil, par peur, par stupidité. Il sentit de nouveau son estomac se contorsionner. Faim ou angoisse, les symptômes étaient les mêmes. Il ne servait à rien d'en rester là. Il était nuisible. Nuisible comme un essaim de mites dans un troupeau de moutons. Nuisible comme un cancrelat dans un sac de farine. Nuisible comme un lapin de garenne en Australie.
Il laissa retomber son bras.
Ding.
Sa tête fixait le mur en face de lui.
Ding.
Ses yeux humides ne bougeaient pas.
Ding.
Son dos était voûté, tout en luis transpirait l'apathie la plus profonde.
Ding.
Il soupira longuement, ses bras semblèrent tomber de son tronc.
Ding.
Il y avait eu un bruit, non ?
Ding.
Il sursauta, au sixième tintement de l'horloge, indiquant les six heures du soir. Le jour périssait dans des teintes violacées, englobant son appartement d'une obscurité naissante.
Encore une journée de merde qui s'ach...
Il n'eut pas le temps de finir ses paroles intérieures quand une pensée lui brûla les quelques neurones restants.
Alden.
Le rendez-vous était prévu de longue date. Mais honnêtement, Gael n'avait pas la tête à ça. Déjà, voir une Ombre, ces connards qu'il avait suivi, débouchant sur...
Et puis merde. Avec un peu de chance, il allait le buter directement, aussi, sait-on jamais, un sort mal placé, une pinte de trop et POUF, "oh, j'ai buté un de mes meilleurs POTOS ! COMME C'EST DOMMAGE !" Gael commençait à se réchauffer, ses petits neurotransmetteurs se réveillant d'une hibernation septentrionale. Non, qu'il aille se faire foutre.
18h05
Mais c'est son anniversaire.
Ouais, mais ça fait chier, je vais pas...
C'est rien que vous deux, entre bons amis.
Et puis je vais dire quoi ? Oh, j'ai buté ma soeur - enfin spareil - et je viens me changer les idées, ha ha ha ?
Gael serrait ses poings, en proie à un dilemme intérieur.
18h10
Parce que bon, c'est vrai, quoi, autant se divertir, maintenant que je suis un beau meurtrier. Entre Murdock et Suzie, y'a qu'à choisir ! Oh, et puis ces autres, là, ces visages sans nom, hein Gael, ça te revient ?
18h15
Puis aller se bourrer la gueule,sérieusement ? Avec une Ombre ? C'est ça vraiment que je veux devenir ? Je chiale un coup, je me flagelle et puis après je suis reparti aussi vite que possible ? Mais Fetherstonhaugh, tu ne vas pas bien, hein, t'es gravement taré comme type, tu sais ?
18h20
Et devoir faire semblant d'être aimable. "Joyeux anniversaire Alden" - il jeta un œil vers un paquet qui se trouvait là.
Eh merde, j'avais oublié ça...
18h25
Nan, mais sérieusement, Gael... Ca fait longtemps que vous ne vous êtes pas vus. Et en plus, c'est pas comme si les dernières fois, il pétait la forme...
Ouais, enfin ça va faire plus d'un an qu'il fait la gueule...
Gael tiqua.
Seulement maintenant il venait de comprendre le comportement étrange d'Alden depuis la mi-2017. Alden avait été plus distant, plus renfrogné, qualités que Gael mettait sur le compte d'un "véritable acharnement à être une Ombre" et rien d'autre.
MAIS QUEL CON FINI!

Gael attrapa lestement le petit paquet, coupant totalement d'avec son état physique d'une heure seulement auparavant, attrapa un manteau et glissa mollement hors de chez lui.
18h28
Ses pensées étaient à présent fixée sur Alden, sur lui-même - toujours - et ne vaquaient plus trop sur les funérailles récentes de sa petite frelotte, le délivrant d'un poids étouffant. Mais le spectre récent flottait toujours près de lui, menaçant.
Après quelques minutes d'une marche pourtant lente, Fetherstonhaugh arriva devant le King George essoufflé.
L'horloge indiquait 18h43.

"Fuck... il reprit son souffle. Sorry mate, I'm late. Happy birthday !" gratifia-t-il Alden d'un sourire épuisé.

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Alden D. Wheeler
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Ce message a été posté Dim 26 Jan 2014 - 3:55

Le temps fila doucement. 18h31. J'avais fini d'inspecter la carte, ayant conclu que je verrais bien au moment venu. Le groupe de personnes finit par rentrer, certains me jetant un coup d’œil curieux. Je n'y prêtai pas attention, m'attendant à tout moment voir Gael arriver. Je tentai d'attraper la montre-gousset dans ma poche intérieure mais mis la main sur le briquet offert par Jeremiah des années plus tôt. Mon cœur se serra mais je repoussai toutes les pensées négatives qui essayèrent de resurgir. Je n'en voulais pas ce soir. C'était ma soirée tranquille. Hors de question que Gael tombe sur un Alden faisant la gueule. Je rangeai le briquet et saisis l'objet que je cherchais à la base : 18h39.

J'hésitai à allumer une nouvelle cigarette. Puis je me dis qu'au pire je pourrais la finir à l'intérieur. Je saisis mon paquet, en sortis une et l'allumai grâce au briquet qui se trouvait dans le paquet. J'inspirai une première bouffée que je recrachai aussitôt, avant d'en reprendre une vraie cette fois-ci. Je replaçai ensuite les deux objets séparément dans la poche intérieure de ma veste, avec ma montre-gousset et l'autre briquet.

Finalement, je vis Gael arriver, essoufflé. « Salut mec. » Je me fis la remarque qu'il n'avait pas une bonne gueule. Il avait l'air fatigué, un peu palot. Je gardai pourtant mes questions plus tard. N'allons pas l'agresser alors qu'il n'avait pas encore ouvert la bouche. Je lui souris lorsqu'il s'arrêta à ma hauteur. « Fuck... » Un rire amusé m'échappa. C'était une façon de saluer aussi. Je n'ajoutai rien, le laissant reprendre son souffle. « Sorry mate, I'm late. Happy birthday ! » Je m'avançai instinctivement vers lui et le pressai un court instant contre moi, ma main libre venant tapoter son dos. Il s'en était souvenu. Pour être honnête, je ne me serais même pas offusqué qu'il ait oublié. Mais cela me fit plaisir. « Je te remercie. Et t'inquiète, y a aucun souci. » Je m'écartai de lui, haussant un sourcil. « T'as couru pour venir, ou quoi ? »

En même temps que je lui laissais le temps de répondre, je lui fis signe d'entrer. Je passai devant lui, m'assurai qu'il me suivait bien en lui tenant la porte. Alors que la musique envahissait mes tympans, des yeux, je vis qu'une table dans un coin un peu à l'écart était libre. Parfait. Je nous orientai dans un premier temps vers le bar, afin de rapporter notre butin ensuite avec nous, mon attention malgré tout concentrée sur Gael.

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Gael Fetherstonhaugh
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Age du personnage : 29
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Ce message a été posté Dim 26 Jan 2014 - 15:57

Dans la gueule du loup.
Gael tentait d'arborer un visage souriant, aimable, mais il sentait que ses muscles faciaux s'étaient atrophiés ces deux dernières semaines, faute d'avoir été utilisés. Heureusement, Alden fut le plus rapide et dépassa la vitesse de la contraction musculaire gaelienne pour le salua d'une accolade pour la moins inattendue. Enfin, Gael aurait très bien bien l'anticiper, mais se faire prendre en embrassade avait toujours été pour lui, petit anglais du nord, une attitude quasiment étrangère. Si cela était plutôt courant avec Alden, Gael ne s'y faisait pas particulièrement. Pas qu'il trouvait cela choquant. Non, non, il ne s'y faisait simplement pas. Il restait raide comme un lampadaire, incapable d'agir avec naturel quant à ce qu'il se passait.
Cela importait en général peu, comme là, mais avait le don de troubler notre charmant héro plus qu'il ne le fallait. A cette période, en revanche, le trouble était peut-être la dernière chose qu'aurait pu vouloir Gael.
Alden relâcha son étreinte en moins de temps qu'il n'en fallut aux neurones de Gael de se connecter, ce qui permit à ce dernier de retrouver ses esprits, la tête un peu embrumée.

"Cool..." il se sortit une cigarette et la glissa entre ses lèvres. Il sortit son briquet de sa poche, et dut s'y reprendre à trois reprises avant de réussir à avoir une flamme qui embrasa son tube. "Nope... chais pas... je fume trop, ptêt."

Il termina sa phrase avec un sourire signifiant "on me l'a déjà dit", se jouant d'une phrase qu'on lui attribuait fréquemment à juste titre. Il glissa un sourire et tapota sur le bras d'Alden de sa main porteuse de cigarette d'un geste complice.

"J'espère que t'es prêt à enquiller..."

Lui, oui.
Se foutre une grosse murge, se retourner la calebasse, comme on le disait si élégamment, et mourir soit d'un coma éthylique, soit dans son propre vomi. Et comme cela, il n'aurait plus à penser à...
Il sentit sa gorge gonfler et ses yeux commencer à piquer. S'empressant alors de tirer sur sa cigarette, tentant d'obtenir la douce évasion qu'elle offrait, il emboîta le pas à Alden, préférant être ainsi, se cachant à son regard et évitant de devoir expliquer ses traits tirés, son visage émacié, ses cernes, ses yeux rougis et autres choses pour lesquelles il aurait dû répondre qu'un voyage en Transylvanie s'était mal achevé.
Il jeta son mégot - finalement très rapidement consumé - alors que la porte se fermait sur eux.
L'ambiance animée du pub tira un rictus angoissé à Gael qui posa rapidement les yeux sur Alden, avant de détourner le regard, de peur de le croiser. Cette animation joyeuse le mettait dans un état de tension poussé. Il sentit son cœur s'emballer et ses mains devenir un peu plus moites, alors que la panique commençait à le saisir.
Qu'est-ce qui s'était passé, au juste ?
Il inspira un grand coup lorsqu'ils arrivèrent au bar. Gael coupa son ami de court et commanda directement :

"Deux pintes d'ale," commença-t-il. Il jeta un regard à Alden, puis rajouta rapidement : "Et des chips. C'est bon, les chips." Il porta de nouveau son regard vers Alden et dit, le plus sérieux du monde, toujours sur son très agréable ton morne : "Ca sera des chips d'anniversaire. On y mettra les bougies."

Parfois, la platitude et l'inanité de nos propos peut créer un décalage tel que l'on puisse trouver cela drôle. Si Gael avait en effet tenté d'être plaisantin et avait, disons-le clairement, commit une plaisanterie d'une nullité incommensurable, le décalage d'avec ce qu'il ressentait, la façon dont il l'avait le fit s'empourprer, ses joues gonflèrent et il se mit à rire, de bon cœur, affichant enfin un air naturel, joyeux. Même si cela dura moins d'une minute, son visage, durant ce temps, s'était tant illuminé qu'il aurait pu rendre tout le pub aveugle. Il posa l'argent sur le bar en terminant de s'esclaffer, essuyant au passage des larmes qui lui venaient - moins de son rire qui l'avait masqué que d'une tristesse retenue - et indiqua la table libre à Alden du menton.

"De toute façon, aujourd'hui, c'est ma tournée. Et si t'es pas content, je bois tout."

Un sourire de travers lui barra le visage, lui donnant un air faussement méchant. Gael commençait à se resociabiliser et, comme il l'avait supposé, ses soucis antérieurs, son chagrin, sa détresse commençaient à se mettre de côté. Mécanisme classique de la psychologie humaine... Gael posa les verres en se faisant cette réflexion, rappelant alors ses sentiments au-devant de tout. Il eut un frisson un poil trop exagéré pour n'être que le froid. Il se contenta de sourire et de s'asseoir, alors qu'une serveuse posa une corbeille de chips encore chaudes. Au moins, ici, il les grillaient sur place.
Gael attendit qu'Alden soit bien installé pour commencer un jeu intelligent et mature.
Il prit la plus petite pièce dans sa poche, la montra à Alden.

"Save the King, mate."

Et il la jeta dans son verre.
Le petit disque de métal entama sa chute amortie dans le liquide épais et mousseux. En tant que bon sujet de sa majesté - même sorcier - l'on ne pouvait laisser l'illustre souverain périr noyé.
Et donc il fallait se descendre le verre. Un Gael à demi-amusé, vautré sur un bras, étudia la réaction d'Alden.
Ne jamais faire confiance aux amis, ils sont fourbes quand ils vous servent des verres.
La soirée allait être mémorable.

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Alden D. Wheeler
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Ce message a été posté Jeu 30 Jan 2014 - 13:08

« J'espère que t'es prêt à enquiller... » Le ton était donné. Je laissai échapper un rire. « Oh que oui. » Y avait intérêt même. Je refusais de finir cette soirée sobre. Ne plus penser à toute cette merde dans laquelle j'étais empêtré. A mes plans de départ. A ce qu'il s'était passé. A Jeremiah. A ma famille. Juste... boire avec Gael. Ouais. Ça ma plaisait.

Nous entrâmes après qu'il eut fini sa cigarette. Alors que je m'avançais vers le bar, je jetai un coup d’œil à mon ami, mais celui-ci était occupé à regarder dans la salle. Sûrement zieutait-il comme moi la place qui nous conviendrait le mieux. Une jeune femme manqua de peu de me renverser son verre d'alcool dessus – au vu de sa démarche bancale, ce n'était pas vraiment étonnant –, je me frayai un chemin entre deux groupes et, enfin, nous atteignîmes le comptoir. Je m'y accoudai le temps que le serveur arrive puis commençai à passer commande : « On va prend... » « Deux pintes d'ale. » Je tournai instantanément mon regard vers lui, surpris. Comment ça... Ah ouais... Alors il la jouait comme ça ? Il enchaîna même avec un « Et des chips. C'est bon, les chips. », sûrement pour être sûr que je ne prenne pas le relais. Je ris dans un souffle, comprenant que je n'aurais pas vraiment mon mot à dire dans l'histoire. Je commençais à le connaître mon Gael, depuis le temps. J'acquiesçai dans un hochement de tête alors que mes doigts venaient tapoter la surface plane du comptoir, dans un geste totalement inconscient et légèrement frustré de ne pouvoir participer. Puis il me fixa et énonça, sur un ton tout ce qu'il y avait de plus sérieux : « Ça sera des chips d'anniversaire. On y mettra les bougies. » J'arrêtai le tapotage de mes doigts, un sourire mi-amusé mi-dubitatif aux lèvres, les sourcils arqués. Finalement, il éclata de rire et je le laissai m'emporter avec lui parce que son humour décalé m'aidait à décompresser. Parce que cela faisait je ne savais combien de jours que je n'avais plus ri. Et que j'avais toujours apprécié ses traits d'humour, tout simplement.

Alors que le barman déposait les pintes devant nous, notre rire se calma doucement. Gael lui donna le compte nécessaire et, tandis qu'il prenait les pintes, je me chargeai de... de porter mon royal fessier jusqu'à l'endroit où nous nous poserions. Je me fis la réflexion qu'au moins, grâce aux chips, je n'aurais plus l'estomac vide. Il m'indiqua la table que j'avais repérée plus tôt et j'approuvai d'un « Je te suis ». En route vers la table, donc, je lui dis : « Merci pour la tournée, mec. Je me charge de la prochaine, par contre. Je refuse que... » Il m'arrêta de suite. C'était sans compter sur sa ténacité. « De toute façon, aujourd'hui, c'est ma tournée. » Je tentai de protester, mais il couvrit instantanément ma voix. « Et si t'es pas content, je bois tout. » Je me tus alors, comprenant que j'aurais beau m'échiner, il ne lâcherait pas le morceau. Je le connaissais. Et il m'était arrivé d'en faire de même. Des têtes de mules, parfois. Même pire. Et puis ça commençait à faire soif... Alors je me contentai d'un « Bien, chef... » en réponse, les lèvres pincées par l'amusement, avec un soupçon de capitulation.

Une fois à destination, Gael déposa les verres sur la table. Le coin était arrondi : la table, la banquette unique qui en faisait presque tout le tour, le cendrier, tout jusqu'à leur menu. J'enlevai mon manteau, le posai sur le dossier, puis m'assis au bout du siège avant de me décaler habilement vers ma gauche pour m'avancer dans l'espace qui était à notre disposition. Confortable. Largement de la place pour deux. Légèrement à l'abri des regards. C'était parfait. A ce moment-là, la serveuse vint déposer une corbeille de chips chaudes à l'aspect croustillant. Mon ventre sembla se réveiller à cette vue. Je la remerciai et attendis qu'elle ait tourné le dos pour en attraper une et la porter à ma bouche. Je la croquai avec plaisir, laissant les saveurs envahir mon palais. Les chips faites maison, c'était quand même le pied. Je souris à Gael alors que j'avançais ma pinte vers moi. Et c'est là que je la vis : la petite pièce entre ses doigts que j'entendais presque ricaner – tout comme son propriétaire. Oh oh. Si je commençais la soirée par un... « Save the King, mate. » Pshhh fut le bruit de la pièce entamant sa descente dans ma pinte... Et moi, je me sentis bien con, alors que Gael s'installait plus confortablement, la tête soutenu par son bras, en mode à moitié avachi. Je pinçai les lèvres, immobile. Je continuai de le fixer un instant, le devinant presque savourer ce qu'il venait de faire. Je me redressai tout en reniflant, puis passai mes mains sur mon nez puis mes joues – quand faut y aller, faut y aller –, mon regard à présent fixé sur le verre où pétillait toujours la pièce. « C'est ma faute. J'avoue. Depuis le temps qu'on se pinte la gueule ensemble... J'aurais dû prévoir le coup. » Je laissai échapper un rire d'où suintait le : Putain, je vais finir dans le caniveau plus tôt que prévu...

Finalement, je saisis mon verre, trinquai avec celui de Gael et le portai à ma bouche. Je l'arrêtai à quelques millimètres de mes lèvres et lui dit, les sourcils arqués : « Tu le sais que ça se paiera, hein ? » Puis, sur un hochement de tête, je levai le verre, faisant couler le liquide dans ma bouche, puis l'avalant par lampées. Les premières ne me posèrent aucun souci. Au contraire, le goût de la bière était bon et faisait du bien sur le palais. Puis elles commencèrent à me paraître bien lourdes... Très lourdes. Mon estomac me hurla qu'il avait été suffisamment hydralcoolisé pour le moment, qu'il me ferait signe plus tard si nécessaire. J'insistai encore un peu, les allers-retours de ma pomme d'Adam considérablement ralentis. Du liquide ambrée commença à couler à la commissure de mes lèvres... Et ce fut le moment où je décidai d'arrêter là les frais. Je reposai prestement la pinte, faisant onduler dangereusement la bière restante à l'intérieur. Du revers de la main, je m'essuyai le menton et la bouche, dans un geste d'une élégance à toute épreuve. J'articulai un « Nom d'une goule borgne ! » avant de récupérer quelque chose dans ma bouche : la fameuse pièce de monnaie responsable de la noyade de mon bide. Je me raclai la gorge tout en relevant les yeux vers Gael, puis lui montrai fièrement l'objet, un sourire narquois aux lèvres. « But I saved the King. » Et sans autres cérémonies, j’exerçai une pression sur la pièce coincée entre mon pouce et mon index, l'envoyant ainsi valser dans les airs dans la direction de Gael.

Les choses commençaient bien, ma foi.

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Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
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Je suis né pour te connaître
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Gael Fetherstonhaugh
Névropathe compulsif
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Age du personnage : 29
Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Chef de la salle de la mort
Faction : Phénix
Maison : Gryffondor


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Patronus : Lapin
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Ce message a été posté Mar 4 Fév 2014 - 15:35

Gael avait l'habitude des jeux à boire. Cela lui permettait d'évacuer une partie du stress qui l'habitait, en règle générale. Du moins, cela évacuait la violence qu'il renfermait, qu'il ingurgitait chez les Ombres, mais se refusait à l'admettre. En clair, il se lavait le crâne au white spirit afin de ne pas avoir à réfléchir outre mesure. Une gueule de bois par semaine était un bon début - après tout, si l'on devait faire une comparaison avec le sport, il était encore un poulain qui voulait devenir le nouveau vainqueur du 100m haies à cloche-pied en moins de 6 secondes. Autant dire qu'il regardait parmi les plus illustres mangemorts en se plaisant à penser que, lui aussi, pourrait les ressembler un jour. Donc éviter les gros excès en semaine. Logique implacable. Ce soir, en revanche, était une soirée spéciale. C'était le deuil de sa...
C'était l'anniversaire d'Alden.
Sa mine se mit à transpirer l'angoisse pendant quelques secondes, perdant le sourire amusé qu'il avait pendant qu'Alden avait commencé à ingurgiter le liquide à grandes lampées. Pendant ce court instant - que Gael imaginait caché des yeux d'Alden, occupé à siroter sa mousse sans s'étrangler - son visage avait comme fondu, s'était défait, s'affaissant en une pose aussi grotesque que tragique, effrayante. Il eut un frisson glacé - encore un - et son visage reprit sa composition originelle, avec, cependant, une veine angoissée battant encore sur sa tempe.
Il décida de tromper l'ennemi, ce qu'il faisait le mieux du monde, en décidant de suivre Alden, comme dans une compétition. De manière étonnante por un homme de son faible gabarit, il finit son verre et le reposa en même temps que son ami pour constater, un peu giflé par cette première boisson, que ce dernier n'avait pu sécher sa pinte.

« Nom d'une goule borgne ! But I saved the King. »

"You fairy ! lâcha-t-il dans une voix suraiguë. T'es supposé vider ton verre ! Je suis outré, mon lapinou ! Un roi mouillé que tu viens de téter, ça compte pas !"

Gael effectua un demi-sourire, un peu crispé, non en raison de la "défaite" de son ami - ce qui aurait dû, en temps normal, le pousser à beugler les habituels rugissement de jeune homme imbibé, dans un vocabulaire aussi élégant que raffiné - mais il ne réussit pas vraiment à articuler quoi que ce fût. Mais ce soir, il sentait un combat intérieur rugir en son organe palpitant, d'un côté à la fête, l'autre en proie au deuil. Il crevait d'envie de parler, de parler de ce qui l'emmerdait à Alden, de chialer comme un stupide gamin sur son épaule et se moucher dans sa chemise avant de finir sa vie noyé dans son vomi, survenu pendant le pire coma éthylique que la Terre aurait connu. Mais il allait pourrir l'anniversaire de l'homme en face de lui en faisant cela, alors...
Un tintement le tira de ses pensées miséreuses. Alden venait de lancer la pièce qui, comble du hasard, venait d'atterrir parfaitement dans sa proche chopine en émettant un son cristallin. Son sourire s'élargit, montrant son amusement. Il siffla d'admiration.

"Goooooolly, mate... Joli tir. Ca demande une revanche, ça, non ?"

Avant même qu'Alden n'ait pu ouvrir la bouche, il l'arrêta d'un doigt levé et d'un regard faussement grincheux, un peu mutin. Comme s'il disait : "t'occupes et détruis-toi comme tout le monde ici."
La serveuse à la poitrine généreuse apporta alors une énorme corbeille de chips, encore huileuses, bourrées de graisse et de sel. La bonne chose de bar était les chips maison et non sorties d'un stupide sac qui grésillait quand on l'ouvrait. La serveuse ouvrit de grands yeux qu'elle tint rapidement mi-clos en voyant les verres des deux jeunes hommes. On pouvait lire dans son regard l'étonnement lié à la vue de buveurs aussi rapides avant de se faire une raison et de les placer dans la catégorie des soiffards.

" Erm... fut le premier son qui sortit de sa bouche.

- Thanks love, lâcha Gael, plongeant sa main dans les disques croustillants encore tièdes. Vous pouvez nous mettre les petites sœurs ? Il désigna les verres d'Alden et lui-même, avant de montrer son ami d'un doigt. Pansy reprend son souffle, mais devrait être rapidement à sec.

- Right... lâcha l'employée qui voyait déjà la fin de soirée difficile, en levant les yeux au ciel.

- You're fine with it, mate ? interrogea Gael en se tournant brutalement vers Alden. Wait, love ! Deux verres de whisky. Laphroaig. 10 ans. NO FILTHY ICE ! Double. Non, tri... Nan, la bouteille et deux verres. Il se tourna vers Alden et sourit en exhibant ses dents, comme un enfant. Oui, désolé, plus vieux, ça sort un peu de mon budget de pauvre petit fonctionnaire."

Gael n'avait jamais été aussi rapide à boire, entendons-nous. Cependant, les circonstances particulières lui donnaient envie de se faire exploser le crâne. Alors autant entraîner quelqu'un, si c'est un ami, c'est encore mieux, non ? Il goba les chips et s'essuya nonchalamment la main sur le bord de son pantalon. Pas optimal, mais en même temps, il n'y avait pas de serviette...
Gael posa ses deux bras sur la table et se pencha un peu en avant, désignant le vide qu'avait laissé la serveuse en partant.

"Bien balancée, hein ? Tu veux un ticket pour cette nuit ? Ca fait combien de temps que t'as pas... tu sais... Il fit un clin d’œil. Ca gratouille pas trop ? Nan, mais c'est ton anniv', hein..."

Il se sortit une cigarette de sa poche et l'alluma avec briquet. Ce dernier crachotait, il n'allait pas tarder à rejoindre le paradis des briquets. Gael tira deux bouffées en envoyant la fumée en l'air.

"Sorry... Je... je suis très lourd, là... Il secoua la tête. Pas mal de boulot, hein... alors quand je dis des conneries, c'est pas Buckingham... Any road ! Ca fait quoi d'être un croulant ?" un sourire calme se dessina sur ses lèvres.

Il disait vrai. Il ne savait jamais vraiment agir quand il devait porter un masque et exagérait ses propos. Il n'était abituellement pas aussi vulgaire, mais l'acool aidant, il se pensait certainement plus "cool" en sujouant ainsi. Grossière erreur qu'il venait de voir.
Il se sentait bien, là, toujours un énorme creux au milieu de son être, mais qui s'effaçait à son esprit.

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Alden D. Wheeler
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Age du personnage : 30 ans
Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Joaillier - Lapidaire - Sertisseur | Il a repris la bijouterie désertée de ses parents après le coup d'état de décembre 2021.
Faction : Ordre du Phénix
Maison : Serpentard


Rapeltout
Patronus : Un caméléon.
Epouvantard : Une main purulente qui s'extirpe d'un tas de braises rougeoyantes et lui attrape la cheville d'une poigne de fer pour l'entraîner avec elle.
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Ce message a été posté Dim 2 Mar 2014 - 16:14

« T'es supposé vider ton verre ! Je suis outré, mon lapinou ! Un roi mouillé que tu viens de téter, ça compte pas ! » Je laissai échapper un rire, sentant encore vaguement la bière s'agiter dans mon estomac. Pourtant, je cessai bien vite, perturbé par le « sourire » de mon ami. Sans que je ne sache pourquoi, il me mit mal  à l'aise. Enfin, pas exactement mal à l'aise, mais je sentis dans un coin de ma tête que quelque chose ne sonnait pas comme d'habitude. Je décidai de mettre cette pensée de côté pour l'instant. Je devais m'imaginer des choses. Alors je lançai la pièce en sa direction et... elle atterrit dans son verre. Ce n'était pas spécialement prévu, mais ça m'allait totalement. Je lui offris un grand sourire satisfait alors que le sien s'agrandissait également. Un sifflement d'admiration, une réplique. J'allai répliquer à mon tour mais il leva un doigt pour m'arrêter. Je gloussai légèrement. Et ce fut ce moment que choisit la serveuse pour nous apporter une deuxième corbeille de chips, presque encore grésillantes.

Je relevai les yeux vers elle et la remerciai puis constatai qu'elle fixait nos verres bien entamé ou fini. Je pus lire dans son expression, dans ses yeux, un certain dédain. Sûrement nous avait-elle déjà collé l'étiquette d'alcooliques. Et pour être honnête, je m'en contrefoutais. Je me contentai de lui sourire, l'air de dire « Occupe-toi de tes affaires ». Gael la remercia à son tour en se saisissant d'une poignée de chips. Il commanda une nouvelle tournée et je ris doucement au joli petit surnom tout mignon qu'il utilisa pour me désigner. Ah l'amour. « Je prends mon temps, t'inquiète. » Le tout accompagné de mes deux mains relevées, paumes vers lui, mes doigts s'étirant l'espace d'une seconde, et d'un hochement de tête l'air de dire « Je prends mon temps, tranquiiiille ». L'employée acquiesça, levant les yeux au ciel, et je me fis la réflexion qu'elle commençait à être désagréable. « Parfait, on commence en diesel, ça me va. » Sauf que Gael semblait avoir une autre idée derrière la tête, tout compte fait. « Wait, Love ! Deux verres de whisky. Laphroaig. 10 ans. NO FILTHY ICE ! Double. Non, tri... Nan, la bouteille et deux verres. » Alors qu'il parlait, j'en avais profité pour boire une nouvelle gorgée. J'avais vu la serveuse tiquer au « love » et n'avais pu empêcher un sourire narquois de franchir la barrière de mes lèvres. A la fin de sa tirade, je secouai la tête, amusé. Il comptait nous charger bien vite. Ça m'allait aussi. Lorsqu'il s'excusa pour l'alcool, je lui tapotai la main un instant puis répondis : « Tu me gâtes déjà, mon poulet, te prends pas la de tête. C'est du bon cru, ça. Merci d'ailleurs, tu gères. » Pour la peine, je levai rapidement mon verre vers lui pour en prendre une autre gorgée, alors que la serveuse s'éloignait déjà, la démarche quelque peu hautaine.

Alors que je faisais descendre le liquide dans ma gorge, il se pencha vers moi. « Bien balancée, hein ? Tu veux un ticket pour cette nuit ? Ça fait combien de temps que t'as pas... tu sais... » Un léger rire m'échappa. Je me penchai également en avant. « Trop dédaigneuse pour moi. Elle peut bien avoir des gros seins, ça me parle pas vraiment... Mais te gêne pas. » Je portai le verre une nouvelle fois à ma bouche. « Ça grattouille pas trop ? Nan, mais c'est ton anniv', hein... » Une petite quantité de liquide passa de travers, sous la surprise. Non pas que j'étais choqué, mais je ne m'y attendais simplement pas. Il était en forme le Gael, ce soir. Heureusement, je ne m'étouffai pas, alors qu'il allumait une cigarette de son côté.

Il était vrai que cela faisait quelque temps que je n'avais pas... Vous voyez. Enfin, cela remontait à un petit mois et demi. Ce qui en temps normal m'aurait paru d'une longueur atroce. Sauf que ces temps-ci, j'avais moins la tête à ça, ma main me suffisait amplement, bizarrement. Et la dernière fille que j'avais mis dans mon lit m'avait laissé un arrière goût d'insatisfaction. Cela m'arrivait parfois, depuis... depuis Jeremiah. Je ne comprenais pas pourquoi et j'espérais secrètement ne pas être en train de devenir l'un de ces sentimentaux pour lesquels l'union des corps passait par les sentiments. Non, c'était impossible. Certaines filles avaient été à la hauteur. Plus ou moins en tout cas... En réalité, non. Non, elles avaient toutes manqué de quelque chose, et plus j'y réfléchissais, plus je me demandais si ce n'était pas dû au fait que j'avais trop goûté aux plaisirs de la chair avec Jeremiah, avec un homme. Ou bien était-ce à cause des tourments que me causaient encore la perte de Jeremiah et les sentiments que j'avais pour lui, malgré tout ? Et je sentis mon cœur se serrer et des pensées que je voulais à tout prix éviter m'envahir...
Bordel ! Ce n'était pas le moment de penser à ça. Je me giflai mentalement et, fort heureusement, Gael reprit la parole à ce moment-là, m'aidant à détourner mon attention.

« Sorry... Je... je suis très lourd, là... Pas mal de boulot, hein... alors quand je dis des conneries, c'est pas Buckingham... » « Nah, t'inquiète pas, y a aucun souci, mec. Ça me fait chaud au cœur que tu te soucies de ma libido. » Je gloussai l'espace d'un instant, une main sur le cœur, avant de boire une autre gorgée, approchant bientôt de la fin de mon verre. « Any road ! Ça fait quoi d'être un croulant ? » « Aaah, m'en parle pas, va. » Je m'installai confortablement sur le bord de la banquette, le haut de mon dos collé contre le dossier. J'étendis mes jambes, faisant attention à ne pas buter dans celles de Gael, tout en répondant : « J'accueille mes 27 ans avec plus de sérénité que je ne l'aurais pensé, à vrai dire... » J'avais surtout eu beaucoup d'autres choses à penser, comme l'élaboration de mon plan d'action pour quitter les Ombres, qui en était toujours nulle part. « Enfin, tu me rejoins de l'autre côté d'ici pas si longtemps que ça, hein, le futur vieillard. Tu verras, tu vas aimer. » Je lui offris un grand sourire.

Ce fut ce moment que la serveuse choisit pour revenir avec la fameuse bouteille, deux verres et un bol de glaçons duquel s'échappaient des volutes de froid, et j'en conclus qu'un sortilège de conservation de température avait été jeté dessus. Parfait, tous les pubs et bars ne pensaient pas à le faire. Je la remerciai en lui offrant un sourire faussement enjoué – et au regard noir qu'elle me jeta, je sus qu'elle avait compris le message. Elle s'écartait alors que je me saisissais de la bouteille. « Je sers, je peux au moins faire ça. » Sans attendre, j'ouvris le contenant et versai une quantité raisonnable du contenu dans chaque verre. J'ajoutai des glaçons et poussai l'un d'entre eux vers Gael. Je levai ma boisson devant moi. « On la fait officiellement. A toi, mon poulet. A mon anniversaire. A notre avancée dans la trentaine. A la famille, aux amis. Que cette année nous soit prospère et pleine de surprises et de vie. Cheers ! »
Et ce fut de cette manière que je mis, sans le savoir, les pieds dans le plat. Techniquement, je savais que ces mots ne pouvaient être applicables à moi. J'avais perdu Jeremiah, je m'éloignais malgré tout de ma famille et je n'avais qu'une envie : quitter tout ce qui faisait mon quotidien parce que je ne supportais plus ma « vie ». Je n'arrivais parfois même plus à me regarder dans un miroir... Par contre, je souhaitais vraiment tout le meilleur à mon grand pote, qui en avait déjà bavé suffisamment jusque-là. Ombre ou pas, il restait l'une des meilleures personnes que j'avais côtoyées dans ma vie. J'espérais que tout roulerait pour lui à l'avenir.

Je relevai le regard vers Gael et le vis se... décomposer ? Wow. Minute. Il se passait quoi là ? Je n'hallucinais pas ? J'avais dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Je me redressai, les sourcils froncés, la mine inquiète. « Mec, ça va ? Y a un souci ? »

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Dernière édition par Alden D. Wheeler le Mar 18 Mar 2014 - 12:40, édité 1 fois
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Gael Fetherstonhaugh
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Ce message a été posté Dim 16 Mar 2014 - 16:33

La soirée avait démarré sur des chapeaux de roue, attaquant de manière fort peu orthodoxe non seulement le foie, mais aussi l'esprit de Gael. L'alcool faisait son ouvrage en passant rapidement dans son sang, traversant toutes les barrières poreuses biologiques pour aller jouer avec son esprit et lui amener l'ivresse libératrice. Celle qui oblitérerait ses pensées, amènerait oubli, joie passagère et maladie. Puis viendrait le réveil, douloureux, nauséeux, tragique. Et donc il recommencerait, si cela devait se passer ainsi. Il s'achèverait dans une de ces réunions pour vieillard ventripotent et gonflé aux sorciers alcooliques anonymes.
Joyeuses perspectives d'avenir.

« Tu me gâtes déjà, mon poulet, te prends pas la de tête. C'est du bon cru, ça. Merci d'ailleurs, tu gères. »

Alden venait de le tirer de ses 35 millisecondes de débat intérieur. Gael haussa les épaules avec un sourire en coin, prenant un air faussement mystérieux.

"On ne peut pas foirer pour tout le monde."

Heu, plaît-il ? Ca avait mieux sonné dans sa tête. Faire un semblant d'autodérision - humour anglais oblige - tout en flattant l'autre pour faire comprendre que ce n'était pas juste un collègue de bureau. Oui, mais non. dans d'autres circonstances, mon cher Gael, vous eûtes été d'un humour à faire rire le plus déprimé des experts comptables de Gringotts. Oui, mais à présent, il y avait Suzie qui était partie... à cause de lui.
S'il arrivait encore à masquer son trouble - l'alcool aidant un peu - ressasser ainsi le ferait certainement craquer d'ici quelques heures. Il se dandina un peu sur sa chaise pour se rasseoir convenablement et être moins avachi en parlant à Alden.
Alden...
Un type bien, assez différent des Ombres qu'il connaissait, notamment de Basil. Pas un revanchard, pas un haineux ou un excité, non, un type sympa. On pouvait parler d'à peu près tout - inutile de dire que Gael lui avait demandé ds conseils les premiers temps pour aborder les filles, conseils qui s'avérèrent concluants - on s'amusait bien et il avait, pour être honnête, savait être là quand il le fallait. A dire vrai, il devait en exister peu, des comme lui. Gael sourit un peu bêtement, passé bien vite des larmes au rire, en interne, en s'amusant de la tournure de la discussion.

« Trop dédaigneuse pour moi. Elle peut bien avoir des gros seins, ça me parle pas vraiment... Mais te gêne pas. »

"Je suis maqué, au cas où t'aurais oublié... mais bon, c'est pas parce que je suis au régime que je ne regarde pas la carte des desserts, hein, sait-on jamais." Il haussa les sourcils, un sourire grivois aux lèvres. "Au cas où l'on tombe en hypoglycémie."

La classe et la délicatesse toutes masculines à l'état brut. Chose amusante, Gael ne se serait jamais permis de tenir de tels propos avec une quelconque autre personne. D'une, cela pouvait montrer un caractère volage peu apprécié à cette époque - et que lui-même pensait exécrer - mais il aurait été malvenu de faire un commentaire pareil. Sauf en ce moment, parce que le contexte s'y prêtait et qu'il savait pouvoir plaisanter un peu sur tout.
La serveuse amena le whisky - il était temps - et, comble de la haute trahison, des glaçons.

Et là, ce fut le drame.
Alden le servit, fort généreusement, et ajouta, ignominie insigne en ce bas-monde où, visiblement, plus rien n'était sacré, pas même le doux nectar malté des voisin écossais, deux cubes de glace. Gael attrapa son verre, la mine faussement effarouchée et sortit les glaçons de manière peut distinguée, avec deux doigts, en foudroyant Alden du regard.

"Si j'avais des baguettes à la place des yeux, tu aurais été transformé en caca d'hippogriffe, mec. Du glaçon dans du whisky... et pourquoi pas de la sauce à la menthe avec un fish'n'chips !" Il sourit à la proposition toute formulée en se promettant d'essayer, ne serait-ce qu'une fois, dans un futur plus ou moins lointain. Il leva son verre à l'appel de son ami.

« On la fait officiellement. A toi, mon poulet. A mon anniversaire. A notre avancée dans la trentaine. A la famille, aux amis. Que cette année nous soit prospère et pleine de surprises et de vie. Cheers ! »

"Cheers, mate," brailla-t-il en portant le verre à ses lèvres. "Oh, wait, I forgot !"

Posant son verre un peu précipitamment sur la table, faisant jaillir quelques gouttes ambrées sur la table en chêne - ou autre, Gael aurait été incapable de dire de quel bois il s'agissait - notre intrépide et valeureux héros plongea sa main dans la poche de sa veste et en sortit un petit paquet qu'il posa sur la table et poussa vers Alden. Il prit de nouveau son verre et le leva, l'oeil brillant, à l'attention de son ami.

"Quelques heures sup'. Et tu comprendras mieux mes questions stupides à propos de roues crantées, maintenant. Vas-y, ouvre. Je te jure, ce n'est pas une mygale sauteuse cracheuse de feu ! Je te montrerai comment ça marche."

Il tira une bouffée sur sa cigarette qu'il avait un tantinet oubliée. Trop sèche.
Il fit une grimace et l'écrasa dans le réceptacle prévu à cet effet. Il en tira une autre qu'il alluma rapidement, en gardant son regard braqué sur Alden qui dépiautait le paquet. Un des nombreux défauts de Gael était sa méticulosité pour certaines choses. Empaqueter en était une. Il fallait que le tout air l'air convenable et, ne sachant vraiment comment faire, cela se terminait en trop de papier et trop de ruban. Certes, l'emballage était agréable à l'oeil mais, avouons-le, fort peu pratique. Si l'on ne perdait pas au moins un ongle sur les cadeaux faits par Gael, cela signifiait qu'il avait été malade en le faisant, expliquant ainsi cette faiblesse. Gael était curieux de voir la réaction de son ami. S'il se doutait que cela lui ferait plaisir - entre ami, même un caillou aurait pu être prétexte à des envolées lyriques - il n'était jamais très sûr de ce qu'il offrait. Au dernier moment, un doute venait l'assaillir, lui murmurant à l'oreille : "et si jamais c'était aux antipodes de ses goûts...?" Le moment crucial de la découverte était important. Fixer les yeux, la bouche, les mains.
Les yeux couraient, les lèvres balbutiaient, les mains se tétanisaient ? A priori, mauvaise pioche.
Le regard se fixait quelque secondes et les pupilles se dilataient, la bouche restait muette - ouverte ou fermée, cela dépendait - les main au contraire, tremblait ? Bonne donne.
Ou du moins Gael le pensait-il, il n'était pas psychologue.
Et donc son regard braqué sur les doigts d'Alden qui peinaient un rien à défaire le paquet sembler faire résonner en lui un doute enfoui. Et s'il trouve que c'est niais ? Nul ? Que cela se finisse sur un "ouais, sympa..." ?
Qu'une fois encore, il déçoive.
Comme il venait de décevoir sa famille, qui l'avait refoulé. Il n'existait plus, si ? Certes, il avait des amis... mais les Ombres, vraiment ? Alden en faisait partie mais... Alden, c'était la famille... Enfin, non, pas la même, pas celle qui...
Ses pensées tournaient en rond, et un début de panique pris Gael au ventre, le rendant blafard.

« Mec, ça va ? Y a un souci ? »

Gael retrouva l'usage de la vue. Puis revint à la réalité.
Il secoua la tête, effectuant un petit rire nerveux de celui qui cherche à être cool. Sa voix semblait un peu étranglée, pour un type aussi à l'aise...

"Nan, nan, un petit coup de mou... Les heures sup', comme je t'ai dit, tu sais. Alors ?" finit-il, en montrant du menton le paquet ouvert dans les mains de son ami, un sourire encourageant aux lèvres.

le kadhô !:
 

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Alden D. Wheeler
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Ce message a été posté Mar 1 Avr 2014 - 18:45

Alors que je portais le verre à ma bouche, Gael s'exclama : « Oh, wait, I forgot ! » J'interrompis mon geste, reposant mon verre sur la table sans y penser tandis qu'il en faisait de même. Il sortit un paquet de sa veste, le posa sur la table et le fit glisser vers moi. Un grand sourire apparut sur mes lèvres, quoiqu'un peu gêné. Je n'avais aucune idée de ce dont il s'agissait, mais peu importait : rien que le fait qu'il ait pensé à moi me touchait. « Quelques heures sup'. Et tu comprendras mieux mes questions stupides à propos de roues crantées, maintenant. » J'éclatai d'un rire léger, me souvenant de ce moment. Sur le coup, cela m'avait paru suspect mais cela m'était vite sorti de la tête. J'observai le paquet sous toutes ses coutures un instant, agréablement surpris. « Fallait pas mec, franchement... Déjà, rien que le fait que tu sois là, ça me fait plaisir. » « Vas-y, ouvre. Je te jure, ce n'est pas une mygale sauteuse cracheuse de feu ! Je te montrerai comment ça marche. » Je gloussai légèrement et entrepris de débarrasser mon cadeau de sa couche de papier.

Je m'attelai à la tache délicatement, juste pour le plaisir, pour savourer ce moment. Je me sentais plus détendu, plus serein que d'ordinaire, et ce n'était que grâce à Gael, il fallait le souligner. J'en oubliais presque toutes les merdes qui nous attendraient après cette soirée. « Joli paquet. » J'arquai un sourcil tout en faisant une moue appréciatrice. Le papier cadeau était mordoré, entouré d'un ruban doré. Il semblait soigné au millimètre près. J'osai finalement le défaire. Sur la droite, sur la gauche, au milieu, ah un autre bout sur la droite.. Et il y avait une deuxième couche. Je gloussai légèrement. « Ça risquait pas de se casser. » tout en relevant les yeux vers Gael et le vis se... décomposer ? Minute. Il se passait quoi là ? J'avais dit/fait quelque chose qu'il ne fallait pas ? Je me redressai, les sourcils froncés, la mine inquiète, le paquet pas encore totalement défait dans mes mains. J'hésitai un instant. Je penchai un peu la tête avant. « Mec, ça va ? Y a un souci ? »

Ma phrase sembla le sortir de je ne sais quelle pensée dans laquelle il était empêtré. Un rire nerveux plus tard : Nan, nan, un petit coup de mou... Les heures sup', comme je t'ai dit, tu sais. Alors ? » Je hochai la tête mais continuai de le fixer quelques secondes, comme pour essayer de lire dans ses yeux. Je savais qu'il me cachait quelque chose. Je supposais qu'il ne voulait pas en parler pour ne pas gâcher la soirée. Et même si je m'attelais de nouveau à la tâche du papier cadeau, mon regard se concentrant sur l'objet, je ne pus me sortir de la tête que quelque chose clochait. Je ne pouvais prétendre le connaître parfaitement, mais j'en savais suffisamment sur lui depuis la bonne dizaine d'années que nous nous fréquentions. Et là, il était préoccupé. Mais s'il ne souhaitait pas en parler, je ne pouvais y faire grand-chose dans l'immédiat. Je me concentrai donc exclusivement sur le cadeau, mettant de côté mes inquiétudes et mes interrogations.

Quand je vis de quoi il s'agissait, je n'eus même plus à me forcer pour ne plus y penser : l'objet que je tenais entre mes mains était magnifique. Finement travaillé, des pierres taillées avec adresse et l'on sentait la magie en vibrer délicieusement, traversant mes doigts et remontant dans mes bras. Un sourire sincère apparut sur mon visage alors que mes yeux examinèrent chaque millimètre de l'objet. Pour autant, je n'osai pas tenter de l'utiliser. Je laisserais Gael m'expliquer. Je relevai les yeux vers lui : « C'est franchement magnifique. Tu sais que tu t'es débrouillé comme un chef pour les pierres ? » Petite moue appréciatrice et hochement de tête approbateur. Comme un enfant recevant un cadeau le matin de Noël, j'enchaînai : « Dis-moi comment ça marche, à quoi ça sert... J'suis soufflé, t'as fait un boulot monstre. » On pouvait lire sur mon visage que j'étais impressionné, mais aussi touché et impatient de faire mumuse avec mon nouveau joujou...

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Gael Fetherstonhaugh
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Ce message a été posté Lun 14 Avr 2014 - 5:29

Non, non, pensa non sans ironie un Gael fébrile, Alden n'était pas méticuleux pour deux sous. Il suffisait de le voir ouvrir le paquet pour se rendre compte. Déjà, il avait passé du temps à observer la finition du papier. Certes, le jeune Fetherstonhaugh avait été méticuleux, chose qui n'arrivait que lorsqu'il finissait concrètement quelque chose. Son bureau au ministère en était un exemple concret. Dans un état proche du cataclysme post-apocalyptique en règle générale, toutes les potions finies, nouvellement crées, ainsi que les sortilèges qu'il avait pus expérimenter était rangés, propres, et soigneusement consignés. Le reste n'était qu'un amas de papier, de dessin et d'un certain nombre d'ingrédients épars, formant des petits tas mus d'une vie propre.
C'était vrai, il avait passé du temps à faire l'emballage pour Alden. D'une, parce que l'aspect d'un présent en dit long sur ce que l'on pense de la personne. Le jeune nordiste s'y était repris à trois fois pour finir un emballage convenable. Même s'il appréciait le temps que prenait son ami, il était impatient d'observer sa réaction quand à ce qui se trouvait dedans.

« Joli paquet. »

Gael ne put qu'opiner du sous-chef en buvant un peu de son whisky. L'alcool lui brûlait sa bouche, déjà fortement agressée par les cigarettes qu'il se fumait quotidiennement. Malgré tout, malgré ses papilles étouffées sous des couches épaisses de goudrons, le goût du scotch lui parvint, faisant pétiller sa mémoire, rafraîchissant son esprit tout en endormant légèrement ses sens. Il reposa le verre après avoir éludé la question d'Alden. Gael n'avait pas envie de parler de ses états d'âme, et certainement pas en cette journée. Ca pourrirait tout. C'était de fait inutile.

Un feu s'éleva dans sa poitrine lorsqu'il vit le visage d'Alden s'illuminer une fois la boîte ouverte. Il suffit parfois d'un rien pour réchauffer le cœur, ceci fut suffisant pour Gael. Tout n'avait donc pas été inutile. Un sourire trancha son visage en deux, ajoutant cet air innocemment naïf qu'ont les enfants qui découvrent leur jouet préféré parmi leurs cadeaux d'anniversaire. Gael ne put s'empêcher de réprimer un sourire aussi sincère que celui de son ami, lui relevant les joues jusqu'aux yeux, dévoilant ses dents sur toute leur largeur. Son regard, hélas, ne souriait toujours pas, malgré l'évidente joie, quoique fugace, que ressentit en cet instant notre héros.

« C'est franchement magnifique. Tu sais que tu t'es débrouillé comme un chef pour les pierres ? »

Gael détourna le regard, un peu gêné par le compliment, et eut un petit haussement de sourcil faussement prétentieux, qu'il souligna d'un ton volontairement vantard :

"Ouais, ouais, je sais, oui," sortit-il avant de conclure sur un petit rire enfantin. Il se sentait toujours un peu bête à offrir quelque chose et ne savait jamais trop où se mettre. Il avait volontairement insisté sur le "je sais", donnant une résonance presque professionnelle, forcément absurde ici, renforçant le décalage qu'il avait voulu créer.
Alden semblait comme un grand gamin découvrant le dernier Nimbus 4X3 version 2.0 au pied du sapin. Gael releva le regard, toujours le sourire collé à ses lèvres fines.

« Dis-moi comment ça marche, à quoi ça sert... J'suis soufflé, t'as fait un boulot monstre. »

Gael se pencha un peu en avant pour désigner du doigts les différentes parties de l'objet. Il glissa sa chaise un peu plus vers Alden.

"Bon, déjà, tu vois, c'est une montre gousset. Tu peux donc la mettre dans ta poche, l'attacher à ta boutonnière. Tu peux aussi la porter autour du cou ou t'en faire un piercing dans le nez, hein, je ne juge pas tes envies délirantes," commença-t-il avec un croissant joyeux en guise de bouche. "C'est assez simple, en fait. C'est une montre-pensine, donc tu peux y mettre tes souvenirs comme tu veux. Là, t'as qu'à le faire glisser avec ta baguette jusque là, au niveau du cadran. Normalement, l'opale qui est là se met à flasher. Enfin, pas trop fort, hein, ça brille, quoi. Si tu veux regarder le souvenir, t'as qu'à tapoter avec ta baguette et ça marche. Pour l'enlever, bah, c'est comme pour le mettre, hein, mais à l'envers. Bon, tu vois, y'a que deux opales, donc tu peux mettre que deux souvenirs, mais c'est pas ça le truc révolutionnaire qui va faire valser ta maman, mate."

Il bougea la tête de haut en bas, un léger sourire fier sur ses lèvres. On pouvait voir qu'il était fier d'avoir accompli ce qu'il allait annoncer.

"You see, ce qui fait que c'est chouette, c'est que tu peux enregistrer un moment, quand tu veux. Comme un souvenir, sauf que ça ne dépend pas de toi, mais de la montre. Tu peux ainsi facilement quitter l'enregistrement. Tu me suis ? Bref, grosso modo, tu peux tout enregistrer qui se trouve dans un rayon de dix yards, à peu près. Même derrière un mur, ça marche, j'ai essayé..." Il pouffa. "Si tu savais ce que mes voisins... Oh well ! Héhé... J'ai pas testé contre les protections magiques. Je pense que ça marchera pas. Ca vaut le coup d'essayer. Et bon, quand t'enregistre, c'est tout con, tu actives par cette pierre-là, la rouge - c'est pas un rubis, hein, t'emballe pas, mec - et là... attends, passe, je vais te montrer."

Gael attrapa la montre en se déplaçant à côté d'Alden, faute de chaise, il pria son ami de se déplacer de la manière la plus courtoise qui fût.

"Come on, move your arse over there. Déjà que je suis un nabot, je vais pas non plus rester debout. Alors, là, tu vois, y'a un autre cadran - y'a plein de cadrans, j'en rêvais mec, j'en rêvais la nuit, t'imagines ? Des mécanismes de partout. Comment tu fais, sérieux ? Enfin, bon, tu vois, ça montre la date et l'heure de maintenant. Mais tu peux la régler dans le futur, dix minutes, dix ans... On s'en fiche un peu. Attends, je te montre... Mmmh... Allez, deux minutes, ça ira vite, comme ça. Là, je referme, et c'est bon. Si je ne modifie rien avant, ça enregistrera à l'heure donnée. Y'en a pour un bon quart d'heure en tout. J'ai pas réussi à rendre ça modulable, les pierres sont assez capricieuses et je n'ai pas vraiment eu le temps de me plonger dans l'étude des pierres... Surtout que je les aies toutes faites moi-même. C'était marrant, ceci dit, mais je crois que je devrais repasser une bonne couche de peinture au taf... Alors, là, tu vois, y'a cinq zircons. Ce sont ces pierres-là. Tas donc cinq enregistrement possibles. Pour lire ce que t'as enregistré, bah tu fais comme pour un souvenir, hein. Et fais gaffe, si tu enregistres alors que les zircons sont pleins, tu risques de perdre ce qu'il contient. J4ai pas non plus réussi à moduler ça. Mais bon, ça laisse de la marge, hein."

Gael jeta un œil à son ami après son long soliloque exalté. Il le gratifia de son plus grand sourire et tenta de le rendre carnassier.

"Bon, Wheeler, tout ça pour m'attirer ici et m'empêcher de boire, t'es vraiment un crevard." Il se leva et retourna s'asseoir devant son verre. "Tu ne m'auras pas comme ça, Wheeler." Il plissa les yeux pour se donner un air faussement menaçant, ce qui aurait été réussi si ce n'était pour l'ombre dans ses yeux qui le rendit vraiment effrayant une fraction de seconde. Il retrouva son sourire précédent. "Bon, et joyeux anniversaire, hein ! T'as fêté avec ta famille ?"

Un cliquètement se fit entendre à ce moment de la montre, signifiant que l'enregistrement commençait. Un des zircons était allumé et clignotait lentement, montrant que la magie opérait.

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Alden D. Wheeler
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Ce message a été posté Dim 4 Mai 2014 - 14:12

Gael approcha sa chaise, s'installant confortablement pour m'expliquer à quoi servait et comment marcher le cadeau qu'il venait de m'offrir. Car, oui, je me doutais bien qu'il ne m'offrait pas une simple montre-gousset. Nous parlions de Gael après tout. Il aimait expérimenter, créer...
« … je ne juge pas tes envies délirantes. » J'arquai un sourcil en gloussant. « Pourquoi pas au téton tant qu'on y est... » Son grand sourire un brin moqueur me fit secouer la tête dans un nouveau rire. Par la suite, j'écoutai avec attention ce qu'il me disait. Plus j'en apprenais sur l'objet, plus j'étais fasciné. C'était tout simplement génial, en plus d'être super pratique. Une mini pensine personnelle et portable. Qui pouvait se vanter d'avoir ça, hein ? J'imaginai que Gael n'avait pas dû en produire tant que ça et cette pensée me rendit encore plus fier de mon petit cadeau et de mon pote.

Il marqua une pause pendant laquelle je levais mon verre à ma bouche. Et ce fut là que je le vis apparaître. Ce sourire si caractéristique sur son visage. Celui qui disait « Et tu sais pas tout, bro. Tu vas encore plus kiffer ta race avec ce qui va venir. » Il fut d'ailleurs contagieux : je ne pus m'empêcher de sourire d'impatience. J'avalai rapidement ma gorgée d'alcool et reposai mon verre. Et je ne fus pas déçu. Mes yeux durent se remplir d'espèce d'étoiles. Enregistrement. Scroutt de bordel de goule. Depuis la montre, pas mon corps. C'était génial. Je n'en revenais pas qu'il m'offre un tel objet. C'était peut-être ridicule comme réflexion, mais cette montre avait demandé un boulot MONSTRE. Au passage des voisins, je pris un air faussement interdit qui voulait dire « je ne veux pas savoir, pas de traumatisme, mec » puis ris avec lui. Quand il aborda les protections, j'acquiesçai, me promettant aussi de le tenir au courant quand j'aurais testé.

Puis vint le moment de la « pratique ». Je bus une nouvelle gorgée de ma boisson. Il me demanda avec une gentillesse extrême propre à lui de me pousser. Je secouai la tête, un sourire aux lèvres, tout en m'exécutant. Puis il reprit ses explications. Et quelles explications ! On sentait toute l'ardeur qu'il avait mise à la tâche. On sentait que faire ça l'avait rendu heureux, enthousiaste. Et ça me fit plaisir de voir mon ami comme ça.
Il fallait bien avouer que l'ambiance n'était pas à la joie tout le temps. Lui et moi nous voyions moins souvent qu'à une époque, mais il restait lui-même quand nous étions tous les deux. A côté, je savais qu'il « traînait » avec un groupe de personnes faisant partie des extrémistes de la cause. Il suffisait de voir qui était Basil Dickens pour le deviner... Enfin... De mon point de vue d'Ombre pas vraiment prêcheur à l'époque et encore moins maintenant que je cherchai à me barrer de cette faction par tous les moyens.
J'eus un pincement au cœur à cette idée. Ma famille, mes amis. Ce qui incluait Gael. Si je quittais les Ombres, je les quittais aussi. Et parfois, cette idée me donner envie de faire marche arrière. Dans les moments où ça n'allait vraiment pas. Bon sang comme je m'en voulais de prévoir de leur faire ça. Pourtant, souvent, Jeremiah me revenait en tête. Comme tout ce qui le concernait et ma résolution revenait à la charge, écrasant les gens que j'aimais et tout le reste sur son passage.

Là, en cet instant, en observant Gael parler avec animation de son cadeau, je me sentais un peu coupable, mais je n'avais aucune difficulté à le regarder dans les yeux, à acquiescer à ce qu'il disait avec un sourire sincère. Parce que je ne voyais plus les choses comme lui – politiquement parlant en tout cas – et que malgré tout l'amour que je portais à mon ami, ce n'était plus suffisant. Cela s'appliquait aussi à ma famille. Je ne voulais plus de ce monde, de cette dictature. Je voulais servir à quelque chose. A une cause. A quelqu'un. Ne plus me laisser porter. Me battre pour moi, pour ceux que j'aimais – même s'ils voyaient les choses différemment. Pour un futur en paix.
Présentement, seuls les Phénix étaient dans cet optique. Les mangemorts se cachaient derrière leurs idéaux contradictoires et abusifs. Richesse et pureté écrasaient tout sans pitié. Et ça n'était pas un monde équilibré. Personne n'avait le droit de décider qui devait vivre ou mourir. Et ça je le comprenais chaque jour un peu plus...
Alors je ferais ce que j'avais à faire. Quitte à tous les trahir.

Je hochai une dernière fois la tête à la fin de son explication, accompagné d'un « D'accord, d'accord. » encore une fois impressionné. J'éclatai de rire à sa remarque alors qu'il retournait à sa place. Je arquai les sourcils et bus la gorgée qu'il me restait dans mon verre. « Jamais, voyons. Tu me connais. » Je lui rendis un grand sourire quand il tenta de prendre un air menaçant – assez convaincant, il fallait l'avouer, heureusement que je le connaissais un minimum. Je le remerciai une nouvelle fois pour le joyeux anniversaire.
A sa dernière question, j'inspirai rapidement et décidai que je devais me resservir. Un coup d’œil à son verre m'indiqua qu'il lui en restait. Ce faisant, la montre se mit en marche et je répondis : « Nope. Je pense pas qu'on le fera. Depuis que je bosse plus à la bijouterie, on va dire que... c'est un peu tendu. » Je plissai les lèvres tout en arquant les sourcils puis revissai le bouchon. Je bus une grande gorgée, accueillant une fois n'est pas coutume la brûlure légère avec plaisir. « Mon père tire la tronche. Ma mère essaie d'arranger les choses. Mes sœurs sont un peu prises entre deux eaux. Mon frère, lui, est à fond dans ses conneries. » Ce qui était un peu les mêmes que celles de Gael avec Basil et compagnie. Autant je ne disais rien à Gael car c'était ses affaires, autant mon frère, je n'allais pas m'empêcher de dire ce que je pensais. « Il joue au bon petit soldat, mais il ferait mieux de prendre soin de sa femme enceinte. Il y a quelques complications et il préfère aller barouder en mission à tout va pour dégommer du moldu ou autre plutôt que d'assumer ses responsabilités. » Je n'aurais jamais cru Timoty capable de négliger sa femme avant l'arrivée des factions – ça n'avait d'ailleurs jamais été le cas. Mais depuis bientôt un an, il changeait peu à peu. Et ça n'augurait rien de bon.

Je m'arrêtai soudain, me disant que j'en avais peut-être trop dit... Je relevai les yeux vers Gael, mon visage masquant totalement le trouble qui venait de s'installer. Je bus une autre gorgée et me rendis compte que l'alcool commençait à faire son petit effet.

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Gael Fetherstonhaugh
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Ce message a été posté Jeu 15 Mai 2014 - 15:46

Gael était guilleret. L'ambiance du pub, l'état d'Alden, l'alcool, aussi, tout cela était autant de paramètres s'accumulant qui faisait croître son bien-être apparent. Il avait enfin la chance de penser à autre chose que l'enterrement factice - faute de corps - de Suzie, et les rares moments où cela frôlait les limites de sa conscience étaient aussitôt balayés par des ponctuations de son ami, visiblement aussi excité que lui en cette nuit de fête décérébrée. Dire qu'il allait bien aurait été mentir, bien évidemment. Cependant, Gael se laissait tomber dans un oubli réparateur. Malsain car noyé dans les paradis artificiels légaux, mais toutefois protecteurs. Ces petits pansements, s'ils ne pouvaient stopper son hémorragie interne, la ralentissait un petit peu, lui laissant le temps de respirer, entre deux coulées d'un sang aussi carmin que corrosif.
Il fallait dire que son vieil ami - vieux d'un an de plus, le pauvre - rassuraient un peu Gael. Il n'était pas, totalement, la sombre merde que sa mère et son frère dépeignaient. Pas totalement.

« Pourquoi pas au téton tant qu'on y est... »

Gael sourit mollement, de ce genre de sourires en coin qui lui allaient si bien, illuminant sa bouille atrophiée d'un vague air amusé, à la frontière du sarcasme et de la joie sincère. Et de la tristesse la plus enfouie. Mais ce dernier point était, comme indiqué, aussi profondément enterré qu'un trésor pirate du XVIIIe siècle.
Gael tirait sur sa clope alors qu'Alden s'émerveillait en tripotant l'objet. Nom d'un Merlin en poils d'hippogriffe, il fallait qu'il soit toujours aussi soigneux, lui. Gael appréciait ce côté chez son ami, facette qui lui manquait cruellement dans sa vie de tous les jours. Il but un peu plus de son whisky, sentant sa tête le tourner, déjà. Ils avaient commencé trop rapidement et bientôt il allait devoir embrasser fougueusement madame Cuvette en lui offrant les poèms gastriques les plus élaborés qu'il n'avait su faire.
Les doigts gras de l'huile des chips serrant ses cigarettes, son regard amusé fixait un Alden émerveillé.
Ah, si le monde avait été différent... Fetherstonhaugh aurait donné sa vie pour une autre, loin de ses vicissitudes, de ses crimes et de ses remords qui le prenaient à la gorge aussi violemment, en cette période. Il aurait sacrifié tout ce qu'il avait de plus cher pour protéger non seulement ses proches de lui-même - dont feue sa sœur - et revenir en arrière, modifier ses choix.
Quel abruti.
Elevé dans une famille issue de moldus, il n'était lui-même, au final, qu'un sang-de-bourbe, si on appliquait une règle un rien plus stricte ou plus étendue que celle du Lord. Gael grilla sa cigarette et l'écrasa alors que la chaleur vint lui brûler le bout des doigts. La fumée commençait à lui piquer l'œil gauche, suite à sa mauvaise habitude de carrer ses cigarettes à l'une des commissures de ses lèvres pour éviter, par paresse, d'avoir à les sortir de son clapet lorsqu'il parlait. Alden se resservit une petit rasade. Bien, il allait lui aussi connaître ses amis madame Cuvette et monsieur Caniveau. En bon anglais, nordiste, de surcroît, l'on ne pouvait dignement fêter un anniversaire sans risquer un coma éthylique foudroyant.
Ses réflexions le menèrent à une issue curieuse. Jamais, auparavant, il n'avait cherché à se point à s'enfouir dans l'alcool. Il trouvait présentement une excellente occasion de le faire. Excuse ? Visiblement. A l'anniversaire de son ami, se mettre minable ? C'était ça, le Gael qu'il voulait être ? En plus d'un meurtrier ringard, il devait devenir ce qu'il avait l'habitude d'appeler une sous-merde anémique ?
Gael secoua la tête pour lui-même, venant, par le plus grand des hasard, souligner les paroles d'Alden.

« Nope. Je pense pas qu'on le fera. Depuis que je bosse plus à la bijouterie, on va dire que... c'est un peu tendu. »

Son geste passerait inaperçu.
Mais... quoi ?

"What's the matter ?" hésita-t-il, un œil plissé, inquisiteur.

Alden, visiblement, avait aussi quelques cadavres cachés, quelques secrets enfouis qu'il ne désirait pas nécessairement partager. Il surprit Gael en avalant une profonde gorgée de scotch. Ce dernier le fixa avec des yeux ébahis, écarquillés et inquiets. Même si Gael n'était pas le meilleur des hommes - et loin s'en fallait - il pouvait voir que quelque chose clochait. Foutrement.

« Mon père tire la tronche. Ma mère essaie d'arranger les choses. Mes sœurs sont un peu prises entre deux eaux. Mon frère, lui, est à fond dans ses conneries. Il joue au bon petit soldat, mais il ferait mieux de prendre soin de sa femme enceinte. Il y a quelques complications et il préfère aller barouder en mission à tout va pour dégommer du moldu ou autre plutôt que d'assumer ses responsabilités. »

Gael déglutit.
Et bis repetita...
Certes, il ne s'était pas attendu à être le seul pourri dans ce royaume de Danemark - pour parodier Shakespeare - mais il aurait préféré que cela ne touche pas son ami. Il y avait suffisamment de saloperies en ce monde pour ne pas avoir à en rajouter, jour après jour.
Se mâchouillant la lèvre inférieure, il tenta une percée.

"Que... qu'est-ce qu'il se passe avec tes parents ? Je veux dire... ton frère... ouais... je... il..."

Les mots lui manquaient alors son frère arriva devant ses yeux, dans un brouillard, lui crachant au visage : "Tu n'es plus rien pour moi." Encore des gens qui se déchireraient, encore des gens qui devraient souffrir pour des connards excités qui pensaient que s'entretuer les uns les autres était un jeu. Pour des connards comme lui. Gael se passa une main derrière la tête, comme s'il était gêné, cherchant ses mots. Il sentit une légère humidité à la base de son cou, signe qu'il faisait soit trop chaud en ces lieux, impossible pour l'Angleterre, soit que son coeur avait entrepris de faire pulser le sang à une telle vitesse que sa température interne dut atteindre les 500°C.
Si son visage ne disait rien, la voix d'Alden trahissait tout.
Par réflexe, Gael lui posa la main sur l'avant-bras et la remua, comme pour le consoler.

"Alden, putain... t'es... tu peux pas accepter ça, merde... t'es un type bien, toi," commença-t-il, sentant que le spiritueux avait désinhibé l'anglais au fond de lui. "Si j'avais su, je t'aurais proposé autre chose qu'un... qu'un troquet... ah mais chiottes !" s'exclama-t-il alors, se frottant le cou, empoignant toujours le radius de son ami.

Notre compagnon d'infortune sentait la crispation tendre les muscles de son ami. Nervosité ? Colère ? Certainement les deux, Gael n'avait jamais été excellent à comprendre autrui. Si cela avait été le cas, il aurait suivi sa fratrie, bien plus intelligente...
Il s'aperçut de sa poigne et libéra aussitôt son ami, l'air un peu honteux.

"Sorry, je... enfin, Al... ah, je suis vraiment désolé, mate..." Il jeta un regard désolé au jeune homme, se sentant merdeux, comme s'il avait été lui-même visé par les mots de son ami à l'égard de son propre frère. "Mais merde, quoi ! Ces putains de faction vont continuer à nous pourrir la vie longtemps ?" cracha-t-il, rauque, avant de se reprendre : "A te pourrir, toi ?"

In extremis.
Gael s'était senti tomber. Il ressentait en ce moment un vide puissant lui foudroyer les entrailles, le rendant insignifiant, mesquin, lui et sa petite vie de tortionnaire satisfait.
Il se frotta le visage, dans l'espoir d'effacer sa décomposition. Il détourna le sujet d'une phrase rapide :

"Allez, on va te faire un anniversaire mémorable, OK ?" qu'il ponctua d'un sourire un rien forcé mais sincère. "T'as bien une petite Mary ou Ruth qui t'attend quelque part, non ?"

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Alden D. Wheeler
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Ce message a été posté Lun 19 Mai 2014 - 23:47

Ma réponse sembla déstabiliser momentanément Gael, qui hésita sur la fin de sa phrase. Je fronçai légèrement les sourcils, n'ayant aucune idée de ce qu'il était en train de se dire. Je ne pensais pas le perturber à ce point avec mes mots.
Mais je n'étais pas au bout de mes surprises. Alors qu'il posait une main sur mon bras, en signe de réconfort, j'ouvris la bouche. « Gael, tu... » Mais ne sachant quoi ajouter, je m'arrêtai là. Je ne m'attendais clairement pas à une réaction aussi vive de sa part. Non pas que je doutais du souci qu'il pouvait se faire pour moi, mais vu la situation « extrême » de Gael, qui rejoignait celle de mon frère par certains aspects, je m'attendais à une phrase un peu fanatique, une phrase représentant l'idéologie de l'Ombre, avec des accents d'amitié sous-jacents – près de dix ans d'amitié passerait l'éponge sur quelques écarts. Mais pas ça.

« Alden, putain... t'es... tu peux pas accepter ça, merde... t'es un type bien, toi. ». J'écarquillai légèrement les yeux. J'étais un peu perdu. Mis à part le fait que j'étais clairement loin d'être un type bien, le « toi » m'interpella. Sous-entendait-il que ce n'était pas son cas, qu'il s'incluait dans les paroles dures que j'avais prononcées à l'égard de mon frère ? Certes, Gael n'avait pas fait que de « belles choses » dans sa vie, mais, à mes yeux, même tout cela n'enlevait rien au fait qu'il restait une personne bien. Je n'avais pas la prétention de dire que je le connaissais parfaitement, mais j'avais appris à appréhender qui il était. Tout le monde pouvait faire des erreurs. Et l'un des seuls torts que je pouvais lui imputer était de s'échiner à rester dans le giron de cet ordure de Dickens... Sans lui, certes, on ne se serait sûrement pas rencontrés lui et moi, mais au moins, il n'aurait pas traîné avec cette bande de décérébrés qui n'avaient aucune limite et n'aurait pas tourné extrémiste de la cause...

J'avais conscience que mon raisonnement était totalement paradoxal : je quittais la faction justement pour toutes les horreurs du quotidien, pour toutes mes erreurs. Quelqu'un d'extérieur aurait trouvé de quoi démonter ma logique en moins de temps qu'il n'en fallait pour articuler « quiddictch ». Maiiiis... c'était Gael. L'un de mes plus chers amis. Voire le plus cher. L'amitié m'embrouillait peut-être l'esprit, mais personne ne me ferait démordre de ma logique et de mes idées à son propos.
En tous les cas, je n'eus pas l'occasion de répondre à sa phrase que déjà il enchaînait :  « Si j'avais su, je t'aurais proposé autre chose qu'un... qu'un troquet... ah mais chiottes ! » Instinctivement, je posai ma main sur la sienne, qui enserrait toujours mon bras. Je la tapotai tout en tentant de le rassurer : « Dis pas de conneries, c'est parfait, tu... » Gael retira sa main à la hâte, je relevai donc la mienne, puis il s'excusa. Je fus troublé parce que je n'étais pas sûr qu'il parle de sa poigne sur mon bras... Mon petit doigt me dit en cet instant que, premièrement, l'alcool commençait à faire effet sur mon ami et que, deuxièmement, le trouble de Gael cachait quelque chose. Ajouté au fait que ce n'était pas la première fois qu'il me paraissait bizarre depuis le début de la soirée...

Je ne pus empêcher l'appréhension de me saisir. J'avais un mauvais pressentiment. Alors je bus un grosse gorgée d'alcool. Et je n'étais pas au bout de mes peines...

« Mais merde, quoi ! Ces putains de faction vont continuer à nous pourrir la vie longtemps ? A te pourrir, toi ? »

Je stoppai net tout mouvement. Gael venait bien de me dire ça ? La chose que je pensais depuis des mois et des mois maintenant ? Lui qui pourtant avait toujours agi dans la droite ligne tracée par les Ombres ? Il se passa une main sur le visage et clairement, on voyait qu'il n'était pas dans son état normal, il n'était pas bien. Merde, qu'est-ce qu'il se passait ? Et même sa tentative de changement de sujet n'eut pas vraiment d'effet. Je réussis à esquisser un sourire léger pour la forme mais n'eus pas le cœur à répondre. Je baissai les yeux, but une nouvelle gorgée du liquide, les sens commençant à « se flouter ». Je me redressai légèrement et m'appuyai sur mes deux coudes. Le sujet était délicat, mais il semblait clairement avoir une dent contre la faction, et ce revirement dans son attitude m'inquiétait vraiment.

Je m'éclaircis la gorge : « Mec... » Je tentai de bien choisir mes mots, même si l'alcool n'aidait pas. « J'suis désolé, ça arrive un peu comme un cheveux sur la soupe, mais... Je m'inquiète un peu. » Je sortis en même temps mon paquet et tapotai sur le bas. Tout en lui tendant une cigarette, j'ajoutai : « C'est vrai qu'on a pas pu trop parler ces derniers mois... » Une fois qu'il eut pris la clope, j'en pris une à mon tour. « … mais j'ai l'impression que y a un truc qui va pas. » Je sortis mon briquet – celui offert par Jeremiah tant de temps auparavant – et enflammai la cigarette. Je recrachai la fumée tout en plissant les yeux pour les protéger, lui tendant de suite le briquet. « Si t'as besoin, je suis là. »

En temps normal, j'aurais fait appel à plus de subtilité. J'aurais amené le sujet plus délicatement, vu l'aspect sensible de l'affaire. Et j'avais moi-même mon lot de choses à cacher, choses que je n'aurais voulu révéler sous aucun prétexte. Lui demander de se confier impliquait moment intime donc risque que je doive me confier.
Seulement voilà... l'alcool était là, parcourant mes veines. Il m'embrouillait légèrement l'esprit. Mais, malheureusement, je n'avais aucune envie de m'arrêter de boire. J'avais l'impression que mes secrets pesaient plus lourds ce soir, que la confidence précédente de Gael me faisait en quelque sorte baisser la garde. J'avais envie d'oublier, de me décharger. J'espérais que ce sentiment ne surpasserait pas la raison et la prudence.

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Gael Fetherstonhaugh
Névropathe compulsif
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Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Chef de la salle de la mort
Faction : Phénix
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Ce message a été posté Ven 18 Juil 2014 - 3:48

Gael, t'es con quand t'es bourré.
Enfin comme toute personne s'oubliant sous les effets décérébrants de l'alcool, pour être honnête. Gael sentit qu'il avait ouvert sa bouche une fois de trop. Trop tôt, trop tard, qu'importait. Il aurait mieux fait de se taire et de garder ses doutes pour lui. Même s'il ne partageait pas l'entrain avec lequel lui-même participait à toute mission auprès des Ombres, Alden faisait partie du lot. Et rien que cela le rendait quasiment étranger aux doutes qui avaient surgi ces dernières semaines au sein de notre jeune northumberlander.
Oui, Alden était un type bien, il le lui avait dit. Pas comme lui, un de ces voyous à la petite semaine qu'on finirait tôt ou tard par ramasser dans un recoin de l'allée de Travers, le visage éclaté ou la peau intégralement brûlée, permettant ainsi de se débarrasser des importuns. Gael s'alluma une autre cigarette, évitant le regard d'Alden, prenant l'iar de penser à tout autre chose, feignant la sourde oreille ou quelque autre tricherie de ce genre. Il était un peu trop aviné pour être totalement net, mais, en bon anglais, il réussissait encore à tenir la boisson de meilleure manière que les neuf dixièmes de l'humanité, ce qui lui permettait non de garder un semblant de dignité, mais de réussir à donner le change quant à ses actes. Peut-être.
Il tira sa première bouffée, remarquant alors la précédente, à moitié entamée, qui se consumait lentement dans le cendrier. Gael, le coude sur la table, jeta un coup d'œil à sa cigarette, à celle qui mourrait péniblement et envoya un sourire un rien crispé à Alden en désignant du menton celle qui agonisait dans d'atroces souffrances.

"Faut prendre le temps pour griller les moldus..."

Sa voix s'étrangla à la fin de "temps". "Griller" partit dans les aigus à la recherche du contre-ut. "Moldus" fut écrasé par ses cordes vocales qui s'emmêlèrent. Donner le change, vraiment ?
Il tira un peu sur sa cigarette pour se relaxer la gorge, tentant de chasser ses pensées de son crâne.
Il haussa les épaules, se décidant enfin à répondre à son ami.

"Nan, mais t'inquiète pas, hein, tout va. tu me connais, j'ai jamais eu de problème. Sauf cette fois, avec mon balais..."

Gael força un petit rire en aspirant un peu plus de tabac, faisant s'allonger les cendres suspendues en équilibre précaire au bout de sa cigarette. Il haussa les épaules, en remuant un peu la tête, faisant tomber un petit paquet grisâtre du bout de son bâtonnet incandescent. D'un revers de la main, il balaya les cendres en les envoyant vers le sol, laissant une légère traînée - invisible dans la pénombre ambiante - et collant à ses mains devenues moites. Gael avait les jambes croisées sous sa chaises, sa cheville gauche reposant sur sa cheville droite. Son pied remuait dans les airs, battant une mesure frénétique, ou évacuant une tension interne trop grande. Évitant de se mordre l'intérieur de la bouche, douillet qu'il était, Gael avala plus de fumée que ses poumons ne pouvaient lui permettre et se mit à tousser.
Il prit sa cigarette entre deux doigts, les yeux rougis par la fumée et par ses propres troubles internes.

"Voilà le problème, mec," entama-t-il d'une voix sentant le trémolo à plein nez. "Je m'encrasse trop l'intérieur..."

Au propre comme au figuré, d'ailleurs, pensa-t-il alors.

"Nan, mais je sais que t'es là, moi aussi je t'aime, vieux," articula-t-il péniblement avant de balancer avec un brio ineffable : "No homo."

Dans le cadre des répliques les plus élégantes et délicates qui avaient pu être prononcées depuis la mort du tricératops palmé d'Anatolie occidentale, Gael remportait très vraisemblablement la palme. Éduqué par des Mangemorts depuis son entrée à Poudlard, à peu de choses près, il avait fini par accepter les enseignements du Lord. Et quand bien même il se remettait en question, il lui demeurait difficile d'oublier tout un pan de son éducation. Il ressentait toujours une certaine supériorité sur les Moldus, même s'il n'aurait pu se l'avouer lui-même, ne sachant pas trop comment se positionner. Alors imaginons donc sur des sujets comme la sexualité d'Alden.
Le changement prenait du temps.
Le changement prendrait du temps.
Afin de rassurer nos amis lecteurs, enfants de bonne famille, ce temps serait celui d'une année, une année passée à travailler et à faire le vide autour de lui-même. Mais n'anticipons pas trop.
Gael reprit figure honorable, malgré l'aspect blanc de son visage, fort heureusement atténué par la faible luminosité du pub.

"Tu m'as pas répondu, toujours en solo ?"

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Alden D. Wheeler
Messages : 1333 Crédits : Avatar, signa : Moi | GIF : tumblr | Texte : Paul Eluard
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Ce message a été posté Ven 19 Sep 2014 - 16:38

Gael ne répondit pas de suite. Non, d'abord, il sembla perdu dans ses pensées, son regard ne croisant pas le mien. Cela ne fit que confirmer qu'il y avait anguille sous roche. Et me fis la réflexion que lui et moi n'avions pas été vraiment constants dans notre amitié, ces temps-ci : on se voyait de moins en moins. Même ces rares moments s'étaient toujours bien passés. Le souci aujourd'hui était que, si je n'avais rien remarqué les fois précédentes, à présent, je ne pouvais fermer les yeux sur le trouble et l'ambiance bizarre qui s'était installés à notre table. Il n'avait finalement pas eu besoin du briquet, je le laissai donc traîner sur la table devant moi, près de mon verre. Je décidai de lui laisser un peu de temps pour répondre et bus une nouvelle gorgée de ma boisson.

« Faut prendre le temps pour griller les moldus... » Il me dit ça en désignant la cigarette précédente qu'il avait oubliée et qui se consumait dans le cendrier. Sa voix s'érailla sur la fin. Je me contentai de le fixer, un peu confus, un sourire prudent aux lèvres. Je tirai sur ma cigarette en réalisant que je n'avais foutrement aucune idée de ce qui lui passer par la tête en cet instant. Il venait de passer d'une extrême à l'autre en l'espace de deux minutes. Et même si sa dernière phrase était censée être la bonne façon de pensée vu notre faction... elle paraissait, en quelque sorte, dite pour rattraper le reste ? Putain. J'étais tiraillé entre mes réels opinions, mon dégoût de notre faction d'un côté et mon envie de creuser ce bordel pour faire quelque chose pour mon ami.

« Nan, mais t'inquiète pas, hein, tout va. tu me connais, j'ai jamais eu de problème. Sauf cette fois, avec mon balais... » Pas convaincu, je gloussai tout de même pour la forme, pour donner le change, mais impossible de contenir la frustration qui grandissait en moi. Quelque chose n'allait pas. J'en était certain, mais il refusait de s'ouvrir à moi. Justement, comme il venait de le dire, je le connaissais, depuis le temps. Mais je ne pouvais décemment pas le forcer à se confier, non ? Surtout que ça semblait délicat et que je devais aussi faire attention à sauver un minimum les apparences. Déjà, je n'avais pas réellement fait cas de son exclamation précédente sur les factions alors que d'autres l'auraient de suite trouvée suspecte.

Je me frottai fébrilement la tempe gauche du bout des doigts et tirai sur ma cigarette pour maintenir une certaine contenance quand Gael se mit à tousser. « Voilà le problème, mec, je m'encrasse trop l'intérieur... » Je ris brièvement : il était vrai qu'il enchaînait les clopes comme des petits pains, la preuve en étant ces deux clopes allumées en même temps. « Nan, mais je sais que t'es là, moi aussi je t'aime, vieux, » Cette phrase réussit à m'arracher un réel sourire mélangé à un rire gêné. Décidément, l'alcool déliait les langues, ce soir... « No homo. » Mon rire s'étrangla quelque peu dans ma gorge. Je tentai de rattraper ma bourde en toussant, comme j'avais avalé ma salive de travers, puis je déglutis très difficilement, la panique me submergeant d'un coup. Je sentis aussi mon ventre se tordre sous l'appréhension.

C'est rien. Souffle. Reprends-toi. Bordel, souris, ris, fais quelque chose, MAIS REPRENDS-TOI.

J'attrapai machinalement le briquet devant moi, de la main qui tenait la clope, et commençai à tapoter la table avec le coin du métal. J'esquissai un sourire pas très à l'aise, mes yeux fixant les mouvements du briquet. « No homo, ouais. » Si Gael était un peu blanc des suites du déroulement des événements, je n'étais à présent plus en reste. Le point positif pour mon ami : j'en oubliai momentanément qu'il me cachait quelque chose ou du moins qu'il n'allait pas bien.

« Tu m'as pas répondu, toujours en solo ? » Mon premier réflexe fut de boire une grande gorgée de ma bière. D'une, cette soirée commençait à être éprouvante pour mes nerfs. De deux, ça me laisserait le temps de reprendre contenance... peut-être ? Je relevai les yeux vers lui en reposant ma chope.

« Toujours en solo depuis que j'ai abandonné l'homme avec qui j'entretenais une relation. Il est mort depuis. » Voilà ce que j'aurais dû pouvoir dire. Parce que Gael était un ami cher et que ça me pesait sur le cœur depuis un an et demi. Sauf que le monde dans lequel nous vivions n'était pas de ceux-là, de ces mondes utopiques et ouverts. Non, à la place, je ressentis une grande culpabilité. Envers Jeremiah, envers ma famille, envers Gael. Parce ma vie de ces dernières années était parsemée de mensonges et que ça n'en finirait jamais.

Alors, à la place, absolument pas dans mes baskets, je répondis, le regard fuyant. « Toujours en solo. » J'opinai du chef en même temps pour appuyer mes propos, pour me donner plus de crédibilité. Mes doigts, eux, se mirent à tripoter nerveusement le briquet. « Et ça m'arrange bien, à vrai dire. J'ai pas envie de me prendre la tête avec ça. » Le passé me torturait déjà bien assez. C'était trop dur de gérer le fantôme de Jeremiah et tout le reste. Trop lourd. Trop douloureux. Je laissai échapper malgré moi : « C'est pas fait pour moi. Je finis toujours par merder et blesser les gens que j'aime. » Je reniflai dédaigneusement, une certain résignation railleuse s'échappant de mes paroles. Inévitablement, des souvenirs de mon histoire avec Jeremiah me revinrent en mémoire, certains qui me serrèrent le cœur, d'autres qui me rendirent honteux. Honteux de ne pas avoir réussi à assumer quand il le fallait.
Je soupirai en fermant douloureusement les yeux.

Je les rouvris et tentai de masquer mon trouble en lui offrant un sourire que je ne réussis à rendre que triste au final. « Tu sais... Je sais pas si t'as déjà ressenti ça... J'ai l'impression de toujours passer à côté des choses, de.. de- » Je fronçai les sourcils tout en cherchant mes mots. « … de toujours faire les mauvais choix, parce que c'est ce qu'on veut que je fasse... Parce que je me sens pas le courage de faire les bons... Ceux qui me feraient du bien. Qui me ferait me dire... » Concentré sur mes mots, je me rendis pas compte que j'avais parlé plus vite. Je relevai les yeux vers lui et les plantai dans les siens. « … 'Ouais, je suis heureux. Ouais, j'ai envie de me lever aujourd'hui. Ouais, je peux me regarder dans un miroir.' ? »

Je réalisai instantanément la teneur de mes propos et la confusion et la peur m'envahirent. « Je... » Je lâchai le briquet et passai la main dans mes cheveux par gêne. « Oublie, l'alcool me fait dire n'importe quoi. » Je laissai échapper un rire forcé et tirai sur ma cigarette longuement.

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Gael Fetherstonhaugh
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Ce message a été posté Mar 18 Nov 2014 - 15:58

Gael commençait à voir double, malgré l'habitude qu'il pouvait avoir à enquiller les verres éthyliques. Peut-être étaient-ce les nerfs, la fatigue morale, tout ce petit mélange de joyeusetés qui avaient ponctué sa vie depuis le dernier mois qui avaient eu raison de ses barrières physiologiques. Non seulement il racontait tout, intégralement, ce qui lui passait par la tête, mais risquait de se mettre stupidement en danger. Parler de quitter les Ombres et leur cracher dessus ? Et si quelqu'un entendait, Alden risquait de morfler aussi. Grande intelligence.
Pour se donner un semblant de contenance, il se remit un peu de whisky alors qu'Alden l'écoutait.
Il venait de rêver, ou bien il semblait un peu décontenancé, là ? Son rire semblait... comment disait-on, déjà ? Forcé ? Étranglé ? Similaire à une petit chaton qui venait de se faire écraser par un dragon adulte et que l'on tente de ranimer à grands coups d'électricité dans les coussinets ? Notre intrépide soûlard leva un sourcil inquisiteur, ce qui lui donna un air encore plus imbibé qu'il ne l'était réellement.
En revanche, là, Aldinou semblait, malgré les vapeurs d'alcool, aller encore plus mal qu'il n'y avait pu paraître. Ou bien Gael se faisait-il des idées en abandonnant sa raison au démon alcool ? Ce fameux diablotin qui vous renverse la tête et vous fait accomplir d'incroyables idioties, comme celles de répondre tout à trac, à une remarque de son ami selon laquelle il "merdait et blessait toujours les gens qu'il aimait" :

"Nan, mais je suis toujours là, moi. Et je t'aiiiiimeuh..." bava-t-il presque, finissant sa phrase avec la langue chargée. Un léger sourire en coin vint affleurer ses lèvres, alors que ses paupières habituellement entrouvertes semblait, en ce moment se fermer avec plus de pesanteur qu'elles ne le faisaient actuellement.

Gael tapotta le bras de son ami, comme pour se reprendre, alors qu'il se redressait sur sa chaise. Il s'agissait du genre de geste presque fraternel, signifiant "ne t'en fais pas" tout en amenant ce que l'on pouvait de réconfort. Cela s'assimilait, dans le cas présent, à un "tu sais, tu peux me parler", que Gael appuya de son regard rougi. Il fallait vraiment qu'il fût imbibé autant qu'une éponge de mer sur le grand massif de corail pour en arriver à de telles familiarités. Son sourire amical un rien niais arborait son visage.
Et finit par disparaître alors que son ami continuer de s'épancher. Bordel... Ca allait donc vraiment mal pour qu'il soit ainsi bouleversé.
Fetherstonhaugh n'avait pas vraiment les idées claires, il fallait bien l'avouer, mais voir le jeune homme en fasse de lui raconter que, quoi qu'il fît, c'était négatif, qu'il en avait assez de se lever le matin et avait envie de se trancher la carotide - peu ou prou, l'interprétation de notre valeureux héros valait ce qu'elle valait - cela était assez criant pour être sans équivoque. Peut-être que, en raison des événements qui s'étaient déroulés dans les dernères semaines, amenant Fetherstonhaugh dans des contrées émotionnelles similaires à celles qu'il ressentait chez son ami, celui-ci était alors plus à même de faire preuve d'empathie avec Alden. Peut-être, aussi, projetait-il ses fantasmes sur son ami, comme un miroir qu'il aurait voulu consoler. Lui dire les paroles qu'il aurait voulu, lui, entendre.
Sans qu'il ne s'en fût aperçu, sa poigne sur le bras de son ami avait gagné en puissance, lui faisant blanchir les articulations métacarpiennes. Il lâcha sa main au moment même où il finit par s'apercevoir qu'il garrotait son ami un peu plus haut que le poignet. C'était sa main qui lui avait fait lâché le briquet ?

"Sorry, mate..." balbutia-t-il, décontenancé. "M'enfin... tu... qu'est-ce qui se passe, Adlen ? Qu'est-ce que t'as fait ? Qu'est-ce qu'on t'a fait ?" Il s'empourpra, commençant à paniquer. Bien évidemment, l'éthanol absorbé ne faisait que décupler ses émotions.
Il fut donc logique de le voir craquer, les yeux au bord des larmes, en lâchant un "I'm so sorry, mate" aussi sincère que désolé.
Finalement, c'était lui. Lui qui oubliait les gens, les écrasait et s'en débarassait. D'abord sa sœur, puis son meilleur ami. A qui le tour après ?
Gael serra la mâchoire en avalant un sanglot d'ivrogne - soyons honnêtes, chère lectrice, cher lecteur - alors que ses propres fantômesse remirent à le hanter. Il se barra le visage d'un revers de manche, essuyant les premières larmes, répétant comme un vinyle rayé "I'm so sorry", tout en évitant de croiser le regard d'Alden. C'aurait été trop.
Il réussit à se reprendre un quart de seconde pour tenter de déblayer un peu.

"I'm so so so so sorry... Je... Qu'est-ce que tu... quoi... que... c'est quoi ?"

Nous ignorerons bien volontiers le manque de clarté de notre personnage, lui-même perdu par les sentiments qui le traversaient, assailli de remords pour n'avoir par été assez présent pour son ami, de regret, de honte, de haine de lui-même, d'une envie de se barrer sur la Lune, le tout mélangé dans un shaker par une danseuse nue du Macumba Club sous Parkinson lors d'un tremblement de terre magnitude 12.
D'aucuns censeurs auraient mis ça sur le compte du whisky.

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