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PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs
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Ce message a été posté Lun 13 Jan 2014 - 9:38


Descente aux enfers.
Cinn' & Priam

Recroquevillé sur moi-même contre un des murs froids d’une bâtisse à l’allure de porcherie, je me masse le poignet et souffle sur ce blizzard mordant.
Alors nous en sommes là. Héritiers et les membres de l’Ombre de la rose noire contraints de cohabiter dans ce village sordide, minuscule et sale. Chaque silhouette qui se détache des ruelles sombres n’est pas un allié ou un camarade, mais bien un lâche de plus qui n’a pas su tenir position face à l’assaut des Phénix. Nous avons lamentablement échoué, certains se sont fait tuer et pour d’autres l’humiliation est telle qu’ils hésitent encore à se donner la mort ;
J’ai honte et mon cœur se serre devant ce ridicule. Amère défaite, plus incisive que n’importe laquelle car une fois le trophée remis à nos ennemis, nous n’avons pu rejoindre nos foyers. Non. Nous sommes là, amassés comme des rats à pleurer nos disparus et pester notre incompétence. Nous ferions mieux d’ouvrir les yeux : Ombres et héritiers ont été mauvais.

Je pousse un soupir qui fait naitre depuis ma bouche un nuage plus large que les précédents. La gourmette qui ornait mon poignet m’était chère. Je ne supporte pas l’idée de l’avoir perdue, d’avoir abandonné tous mes biens. Enfin, il n’y a pas que du mauvais…
Je sais que mes parents sont ici. Ils n’ont rien, c’est aussi rassurant que décevant. Je sais aussi que Liam, mon cousin, est dans les parages et c’est à nouveau aussi confortant que blessant. Comment se fait-il qu’aucun de nous n’ait été blessé ?
Ce n’est pas par manque de courage. Ils sont arrivés trop vite, ils étaient trop bien organisés, ils ont frappés trop fort.

Quelques pas étouffés, comme parsemés dans la neige pourtant absente aujourd’hui. Mes sourcils se froncent davantage et je détache mon dos de la paroi humide pour me redresser. J’ai beau m’avancer dans l’obscurité, je ne reconnais pas ce visage. Féminin. Allons bon. Je n’ai pas envie d’être dérangé, même pas un joli minois, est-ce trop demander ?
Néanmoins je me lève – être présentable et sur mes gardes, c’est préférable – pour me placer face à cette jeune personne. S’est-elle égarée dans ce maudit bled ? M’a-t-elle seulement aperçu ?

« Si vous ne l’avez pas remarqué, cette maison est la dernière. Après, vous vous éloignez de pré-au-lard. Mais c’est peut être votre but…après tout. »

J’esquisse un sourire qu’elle ne doit même pas deviner, puis j’hésite un instant. Si elle a le degré de folie propre à tous les membres issues des familles les plus noires, il se pourrait qu’elle prenne mal la moindre remarque. Mais ce serait pire encore, si ce n’est qu’une frêle fillette sincèrement égarée ;
Je lève le menton et attends toute réflexion de sa part.

En fin de compte, je peux peut être me changer les idées.

« Je suis Priam Higgs. »

Une pointe de fierté, un frisson glacé, un premier regard échangé.
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Ce message a été posté Lun 13 Jan 2014 - 11:10


Descente aux enfers.
Cinn' & Priam

"Donne du temps au temps, on va s'en sortir, tu verras, sois positive, ma fille."

Ca, c'est ce que Papa me disait alors que nous étions reclus dans ce trou à rat que j'avais déjà fréquenté pendant des années et dans lequel je devais à présent retourner en tant que réfugiée. J'avais été jetée de mon Ministère, jetée de ma maison, et balancée ici sans plus rien que le strict minimum que nous avions réussi à prendre avant notre fuite. Comme si ce n'était pas suffisant, il faisait un temps à pas mettre une Doxie dehors ! J'avais faim - nous n'avions toujours pas mangé - j'avais froid, j'étais contrariée et j'avais envie de dormir pour oublier. Alors au lieu d'écouter ma mère geindre et mon frère jouer tenter des rapports de force avec elle tant elle lui portait sur le systèmes, j'ai attrapé mon écharpe et ma veste pour sortir et voir ce qu'on pouvait faire dans ce trou maudit.

Et sans m'en apercevoir, me voilà déjà au bout du village. Par la barbe de Merlin, pourquoi fallait-il que ça m'arrive à moi ! Je n'étais pourtant pas une mauvaise sorcière, si ? J'ai poussé un profond soupir en resserrant mes bras contre moi pour me frotter les bras. Ce qu'il faisait froid, j'étais étonnée qu'à cette époque, nous n'ayons que si peu de neige. La température était bien basse pourtant. Il faisait noir à Pré-Au-Lard, ce n'était pas rassurant du tout. Tout ce que je voyais, c'était au-delà avec la lune. Je marchais, presque sans but, jusqu'à entendre quelque chose bouger à côté de moi.

J'avais réussi à fuir le Ministère et je ne savais toujours pas vraiment comment. Quelqu'un m'avait aidée tant j'avais été tétanisée. Mais depuis, chaque mouvement brusque, chaque bruit, je sursautais. Les yeux ronds, j'ai attendu que la personne s'approche de moi pour que je puisse la reconnaître mais dans cette pénombre, je ne voyais qu'une touffe de cheveux blonds et une carrure pas très grande. J'ai tourné les yeux vers l'horizon. J'étais effectivement au bout du village, voilà qui était monstrueusement déprimant, n'est-ce pas ? Mais à la mention de son nom, j'ai froncé les sourcils en reculant la tête.

– Priam ?!

Bien sûr que je me souvenais de lui, nous avions été à l'école ensemble. Mais il m'avait fait si peur ! Je me suis montrée de l'index avec un sourire.

– C'est Cinna !

J'étais contente de savoir qu'il s'en était tiré ! Mieux valait d'être coincé ici qu'entre les griffes des Phénix ! On ne peut pas dire que nous nourrissions une passion l'un envers l'autre, tout au plus une connaissance mais j'étais contente. De ne pas être seule dans cette galère. Alors mon visage s'est illuminé à en éclairé la rue, juste avec mon sourire.

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Ce message a été posté Lun 13 Jan 2014 - 17:04


Descente aux enfers.
Cinn' & Priam


Et, à ma grande surprise, c’est mon prénom qui retient son attention. C’est mon prénom qu’elle répète, à défaut de mon superbe nom de famille. Ce patronyme dont je suis si fier, que je prône la tête haute avec autant d’assurance qu’un champion ! Mon prénom. Juste ces cinq petites lettres qui ne semblent pas seulement l’étonner, mais aussi se rappeler à elle. Évoquer chez elle un souvenir certain, marquant ? Assez pour qu’elle me reconnaisse.

Je m’avance enfin, d’un ou deux pas toujours hésitants, avant de constater que cette jeune femme était effectivement dans les couloirs de Poudlard en même temps que moi. Il y avait de fortes chances pour cela, étant donné son visage enfantin et mon jeune âge. Nous avons peut être quelques années d’écart, mais pas plus de deux ou trois.

« J’ignore si je dois mentir pour te faire plaisir. » Brève pause, léger sourire, je lui tends la main. « Je vais être honnête : je ne me souviens pas de toi… »

Quoique. J’insiste un instant, la dévisageant pour forcer les images du passé à me revenir. Mais je ne suis plus sûr de rien. Cet endroit est glauque, je suis mort de froid et tout ce que mes yeux me transmettent a une autre texture que d’habitude. D’autres couleurs, d’autres apparences. Tout est comme faussé ici ;
Ce n’est pas notre place. Nous, sangs purs.

Si sa main est venue à la mienne je l’ai fermement serrée avant de replacer mes doigts au fond de ma poche. Sinon, je n’ai pas attendu trop longtemps avant de les mettre au chaud.
C’est étrange de voir comme les personnes les plus inattendues peuvent nous revenir. Surgir du passé, n’être rien et pourtant, une bride de souvenir touchante. Une époque ou j’étais déjà si sûr de moi, sans même savoir où la vie me mènerait. Et aujourd’hui toute mon affaire qui promet de couler sous les attaques phénix…
J’observe Cinnamon – me souvenant de son prénom complet – et désigne l’horizon d’un mouvement de menton.

« Où tu allais comme ça ? Déjà lassée de notre somptueux village vacance ?... »

Ça n’a rien d’amusant. Mais je souris. C’est probablement nerveux, je suis rarement jovial. Néanmoins, en articulant ces mots, une idée me vient. Suicidaire, impensable, juste à ranger, à oublier. Mais elle ne veut me quitter. Où allait-elle ? Quitter pré-au-lard ? Pitié oui ! Cependant seule la mort – du moins le risque – nous attend au-delà…

A moins que cet espèce de calme avant la tempête ne soit la trêve idéale pour profiter. Tenter ?

« Je donnerai n’importe quoi pour partir je crois. Au moins ramener ici ce dont j’ai besoin. Envie. »

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Ce message a été posté Lun 13 Jan 2014 - 19:08


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J'aurais pu me souvenir de son nom. De son âge, aussi. De sa maison... J'aurais pu me souvenir de plein de choses. Mais pour certains, nos familles étaient si grandes et nos branches si nombreuses... Comment donner de l'importance à une famille quand 50 personnes ont le même nom ? Je retenais les prénoms car ils étaient plus faciles pour moi, plus originaux les uns des autres. J'aimais assez ce qui était unique, finalement. Priam m'avait marquée. Mais j'ignore véritablement pourquoi. Certaines personnes étaient ainsi, vous ne savez rien d'eux, mais c'est leur image que vous retenez. Il suffit d'un détail ou d'un regard. Mais qu'il ne se souvienne pas de moi n'était pas étonnant.

Bien que mon sourire se soit légèrement perdu, il n'a pas pour autant totalement disparu. Bien sûr qu'il ne se souvenait pas de moi. Personne ne se souvenait de moi. S'il voyait mes cheveux, peut-être. Mais nous n'étions pas de la même année, alors. Comme je vous ai déjà raconté, je n'étais pas à proprement parlé... La plus populaire des filles à Poudlard. Ce trait n'avait d'ailleurs pas du tout évolué depuis. J'ai doucement secoué la tête.

– Ce n'est rien. J'ai juste reconnu...

J'ai levé un index vers ma tête avant de désigner la sienne. Ses cheveux oui ! J'avais reconnu ses cheveux. Blonds et en bataille. Il ne semblait pas avoir pris une ride, contrairement à d'autres. Peut-être pour ça qu'il me marquait : Poudlard, c'était comme si c'était hier. Et avec la faible lumière qui lui tombait dessus... C'était comme si je le revoyais au même endroit, au même moment, à deux temps opposés. Quand il a repris la parole, j'ai suivi son regard, le perdant dans l'horizon lunaire. J'ai continué de sourire - pour donner le change avant de venir me mettre à ses côtés en me frottant les bras pour regarder au-delà du village. Là où nous ne pouvions aller. L'air était nos barreaux et Pré-Au-Lard notre prison. J'ai baissé les yeux à l'évocation de chez nous, de nos biens... Nous n'avions quasiment rien pris. Juste le chat de mon frère et des vêtements qui étaient pendus dans notre chemin. A Pré au Lard vivait une cousine de Maman ou je ne sais quoi... Etant seule, elle avait accepté de nous héberger et nous avais donné quelques affaires. J'avais honte. Elle est morte depuis. Le chat de mon frère aussi. Comme si on pouvait survivre ici...

– Je vois ce que tu veux dire.

Ma voix était sortie comme un souffle, comme une pensée à voix haute. J'avais presque peur de parler. Nous étions loin du centre du village, c'était si calme que j'avais peur de perturber cet équilibre.

– J'avais besoin de me promener et... Je n'aurais pas pleuré sur quelques mètres de plus.

Entre deux maisons, au loin, il y avait notre monde. Voilà quoi nous en étions réduits : un interstice entre deux murs qui nous laissait entrevoir notre liberté. J'ai inspiré profondément avant de pousser un grand soupir.

– J'essaye de me dire qu'il y a du bon là-dedans. Au moins, nous avons Poudlard, nous sommes ensemble. Que nous allons bien finir par trouver une solution. J'essaye... Vraiment.

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Ce message a été posté Mar 14 Jan 2014 - 9:31


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Cinn' & Priam


Sans comprendre vraiment si ce sont mes cheveux qu’elle assure avoir reconnu, je passe une main à travers eux les ébouriffant davantage alors que Cinnamon décide de ne pas terminer sa phrase. Ce n’est peut être pas ce qu’elle voulait dire, mais le comprendre ainsi me ferait sourire. Si nous n’étions pas ici, seuls et vaincus.
La vision des choses de la jeune femme se veut optimiste, voire carrément utopiste. Ce n’est pas du tout mon cas et j’ai la soudaine envie de rétorquer brutalement. Mais je ne le fais pas. Je n’ai pas envie d’être violent ou désagréable, pas avec elle tout du moins.
Elle parait si douce au milieu de cette haine qui nous anime tous. D’un côté comme de l’autre.

« Ce n’est pas mon opinion. A mes yeux – probablement pessimistes je te l’accorde – cette retraite à Pré-Au-Lard n’est qu’un début. La genèse d’une combat à peine déclenché aujourd’hui…mais ; je ne suis pas devin. »

Je peux me morfondre mais je préfère éviter de partager ce noir que je broie. Pas avec Cinn. Elle mérite mieux que ça.

« Peut être qu’avant d’imaginer la suite, nous pourrions modifier quelque peu le présent. Nous avons lâchement fuit, tous autant que nous sommes, s’il est clair que nous ne pouvons reprendre nos demeures, allons au moins récupérer quelques biens. Choisissons de nous installer là, et ne subissons pas. »

Ça revient presque au même, ce n’est qu’un avis divergent sur un sujet identique. C’est se fourvoyer, tricher, mentir. Mais ça ne peut pas être négatif. Prouvons, ne serait-ce qu’un instant, que nous sommes plus coriaces que ce qu’ils pensent. Que nous pouvons encore nous montrer vivaces et déterminés avant le prochain combat…

C’est décidé. Je retire ma baguette de mon blouson et l’observe avec une tendresse certaine. On peut être utile sans être suicidaire, on peut être efficace, petit à petit, progressivement. On peut toujours parvenir à nos fins en étant lucide et malin ;

« J’y vais. »

Mon regard se pose dans le sien, sans trop savoir ce qu’il attend. Un encouragement, de l’inquiétude ? Juste du soutien sans doute.
Transplaner là-bas est dangereux, mais il y a ces instants ou réfléchir n'est pas autorisé.

« …Prends soin de toi. »


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Ce message a été posté Mar 14 Jan 2014 - 13:47


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Quand Priam a repris la parole, j'ai levé les yeux vers lui. Il était presque aussi déterminé que ma mère, quelque part, ça me faisait un peu peur. Il était pessimiste, c'était vrai. Mais je pouvais comprendre pourquoi, aussi je ne lui en voulais pas. Il a, en un sens, ce regard que j'aurai quelques temps plus tard quand je prendrais une décision dans ma vie. Néanmoins, j'étais plutôt d'accord avec la suite. Je n'étais pas une combattante, j'étais même assez pacifiste déjà à ce moment-là. Alors je préférais subir que me mettre en colère contre quelque chose qui, de toute façon, était une fatalité. Nous n'y pouvions rien et le mieux que nous puissions faire était de nous y conformer. Il ne fallait pas montrer aux autres que nous étions incapables de nous relever. Cela dit, je n'avais peut-être pas bien saisi la portée de ses paroles.

Alors quand il décidé d'y aller, j'ai d'abord froncé les sourcils et j'ai tourné la tête vers lui sans comprendre. Un oeil sur sa baguette me fait songer que je n'ai pas la mienne sur moi. J'aurais dû, probablement mais j'étais sortie un peu vite. Certains ne quittaient jamais leur baguette et il y a des jours où je me surprenais à l'oublier alors que je ne pouvais vivre sans elle. J'ai tenté de déchiffrer son expression alors qu'il a cet espèce de sourire qui ne renvoyait aucune joie. Il n'y avait que du défi, de la malice. Et il m'a fallu un moment pour comprendre. J'ai entrouverts les lèvres petit à petit, mes sourcils se détendant. Je commençais même à avoir peur, qu'entendait-il par "J'y vais." Je n'ai eu que le temps de prononcer doucement son nom quand il m'a sommée de faire attention à moi.

– Non !

J'ai écarquillé les yeux et me suis cramponnée à son bras en songeant d'abord à l'empêcher de faire une bêtise. J'ai entendu le "crac" caractéristique du transplanage et après la nausée causée par le tourbillon, mes yeux se sont rouverts sur la lumière aveuglante d'une voiture qui nous frôlait de près. J'ai reculé en arrière en levant les bras pour éviter l'engin et j'ai reculé jusqu'à tomber sur les fesses. Non seulement je ne l'avais pas empêché de faire cette bêtise, mais en prime, je l'avais accompagné à la faire ! Vivement, j'ai regardé autour de moi pour savoir où nous étions et surtout, si on nous avait vus. Ici, il y avait plus de lumières qu'à Pré au Lard dans les rues et de loin, je n'ai pu apercevoir qu'un léger flash, et un crac silencieux de Transplanage. Nous n'étions pas les seuls à avoir eu cette idée mais moi... Elle me donnait froid dans le dos. En tremblant légèrement, j'ai tourné la tête vers Priam, les yeux ronds.

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Ce message a été posté Mer 15 Jan 2014 - 16:03


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Chez moi.
Je ne me pensais pas aussi nostalgique, aussi attaché à l’endroit où j’ai grandi. Je n’envisageais pas d’être aussi déchiré en quittant ces lieux et pourtant. Je tiens à cette maison. Elle contient tous les souvenirs d’une enfance riche et valeureuse. Les secrets d’une famille aussi intelligente que prestigieuse, un nom qui n’a pas besoin d’être complété par quel adjectif que ce soit tant il est suffisamment brillant à lui seul ;
Chez moi. Personne d’autre n’a le droit d’y mettre les pieds.

Après avoir religieusement observé la devanture de la demeure, je réalise la présence de Cinnamon. Je me souviens désormais l’avoir emportée avec moi mais je jure ne pas avoir fait le geste pour. La jeune femme a voulu me retenir, ou bien m’accompagner ? Je ne lui adresse aucun regard, sans doute pour ne pas constater son aide fébrile.
Elle risque d’être davantage un poids qu’autre chose. Cependant, si elle n’est pas repartie, c’est qu’elle a également de quoi faire dans le coin. Pourquoi ne pas lui venir en aide ? Ca se trouve, elle souffre juste d’une très médiocre maitrise de la magie et ne peut pas déjà transplaner…

« Qu’est ce qui t’a pris ? Tu penses qu’on va manquer d’action à Pré-au-Lard ? » Enfin je daigne déposer mes yeux dans les siens. Une once de sympathie s’y glisse, comme pour me faire moins dur.  « …Si tu as besoin de récupérer quelque chose je veux bien t’aider. Mais prudence. C’est calme ici…trop calme. »

D’ailleurs nous ne devrions pas rester à découvert. Je l’attrape par la main et l’entraine derrière un maigre buisson en m’accroupissant. C’est toujours mieux que rien.

Où sont ces crétins de phénix ? Il est évident qu’une pareille maison a attiré toute leur attention dès qu’ils ont compris avoir vaincu. Alors pourquoi n’y a-t-il personne ? Cette ambiance désertique est stressante, mais également décevante.
Personne pour piller la demeure Higgs ? Ces phénix sont à mes yeux de plus en plus cons.

Une fenêtre est restée entrouverte, mais qu’on ne me prenne pas pour un abruti, je connais l’endroit par cœur. Cette fenêtre qu’ils ont naïvement soulevée ne l’est en fait jamais. pensent-ils pouvoir nous prendre au piège aussi facilement ?
Alors que mes idées pourraient être celles d’un aventurier si intellectuellement habile qu’il anticipe tous les obstacles de ses ennemis, je suis submergé par une vague de doute. De peur. D’angoisse.
Mes hypothèses peuvent être justes. Mais je peux également me tromper royalement et une erreur ici serait mortelle…

« Bon…je vais y aller seul. »

Une inconnue n’entrera pas en ces lieux…et c’est beaucoup trop risqué. Mais je ne vais quand même pas lui expliquer que j’ai peur. Je m’empare de ma baguette et souffle un coup avant de me redresser.

« Tu me couvres ? Si mes appréhensions s’avèrent vraies, j’aurais besoin de toi. »



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Ce message a été posté Mer 15 Jan 2014 - 17:37


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Avais-je quelque chose à faire dans le coin ? Y avais-je seulement pensé ? Est-ce que j'en avais déjà eu l'idée ? Peut-être une fois, rapidement, j'ai pu une seconde me dire qu'il aurait été bien de récupérer nos affaires ? Peut-être même que quelque part, dans ma tête, j'avais voulu profiter de son courage pour le laisser prendre les devants et m'accompagner ? Toujours est-il qu'alors qu'il étudiait la devanture, je l'ai imité. Quand bien même ce n'était pas ma maison, elle y ressemblait. Alors quand il a ouvert la bouche pour parler, je n'ai pas tout de suite tourné les yeux vers lui. Mais quand je l'ai fait, j'ai pris son avertissement pour acquis sans même avoir eu besoin qu'il me mette en garde et j'ai acquiescé.  

- Tu n'es pas le premier à avoir eu cette idée. Que je trouve très mauvaise, si je puis me permettre de donner mon opinion ! Qu'est-ce qu'on fait si l'Ordre se retrouve sur notre chemin !  

Avec de la chance, ils avaient bien trop à faire pour l'instant. Notre exil était encore si récent, ils devaient avoir à faire de tous les côtés de Londres et même du reste du pays. Opéraient-ils dans le monde entier ? Combien de sorciers avaient eu dans l'idée de s'exiler… Plus franchement ? Priam était, à mon sens, imprudent mais je ne pouvais pas le laisser partir comme ça, tout seul. Il pouvait avoir besoin de quelqu'un ? Je n'ai pas pensé tout de suite à l'aide que je pouvais lui apporter mais je suis une Poufsouffle et c'est quelque chose qui ne changera jamais. Quand le Choixpeau a dû me trouver une maison, il n'a pas eu le temps de se poser sur mes cheveux qu'il s'et juste écrié « Poufsouffle » comme si tout était déjà écrit, limpide et que et éclair de lucidité était franc. Quand il m'a attrapée par la main, je me suis laissée entraîner non sans regarder partout autour de nous avant de m'accroupir. J'ai continué de surveiller les allées et venues de la rue mais c'était si calme que tout ce que nous entendions ne faisait que donner une impression que le tonnerre n'était pas encore là. Mais qu'il approchait. Si Priam émet l'idée d'y aller seul, je le retiens par la main pour qu'il se tourne vers moi et puisse juger de mon visage sérieux et sévère.  

- Tu ne peux pas y aller seul ! Tu es inconscient ?!  

Mais Priam est plus têtu que moi, je le vois bien. Je ne suis peut-être pas une guerrière mais j'ai le don de la discrétion. Quand Serpentard et Gryffondor se tapent dessus pendant que Serdaigle comptent les points, les Poufsouffle prennent un malin plaisir à se faire petit et ne se font pas remarquer. Alors à défaut d'avoir besoin de moi, il y avait de forte chance que j'ai plus de raison que lui en cet instant. Disons, une vision plus objective que la sienne. Et je lui ai montré mes mains vides en haussant les sourcils. Je n'avais pas de baguette. Comment voulait-il que je le couvre. J'ai désigné la maison avec un soupir. Il était têtu, il ne servait à rien de discuter.  

- Si tu rentres tout seul, je ne pourrai pas te couvrir. Si tu n'es pas ressorti dans 5 minutes, Priam, je viens te chercher, c'est compris ? Ne fais rien d'inconsidéré. Tu prends ton truc, tu ressors et on s'en va !  

Je détestais ça, je ne me sentais pas bien, quelque chose clochait, quelque chose n'allait pas : nous n'étions plus à notre place. Et Priam n'était pas un de mes amis, je le connaissais à peine ! Est-ce que je pouvais compter sur lui ? Naïvement, j'ai pensé que oui. Un bruit familier a attiré mon oreille et quand j'ai levé les yeux vers le ciel, j'ai vu deux sorciers sur un balais fuser. Ont-ils regardé dans notre direction ? C'était impossible à dire mais pendant trois secondes, j'ai serré la main de Priam dans la mienne pour l'inciter à rester immobile. Dans la nuit, nous pouvions espérer que le buisson nous protègerait. Mon coeur a raté un battement alors que j'ai baissé les yeux pour observer Pria, le regard inquiet.

 - Sois prudent… Promets-le.

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Ce message a été posté Jeu 16 Jan 2014 - 17:04


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Soit, elle est désarmée. Et après ? L’essentiel reste sa capacité à pouvoir me venir en aide, et je ne réduis pas ça à sa puissance de feu. Un bon cri – surtout de ce genre de fille – peut sauver une vie quand il est poussé au bon moment.
Je garde ces réflexions presque misogynes pour moi et tente de réfléchir un peu plus. Être impulsif et tête brûlée ça peut avoir son charme, mais désolé mesdemoiselles ça ne me ressemble pas trop. Que je sache. Une seconde je plisse les yeux et prends un brin de recul sur ce que je suis en train de faire ;

Je suis venu ici, récupérer quelques biens familiaux, seul – quasiment – sans aucun plan et même persuadé que je vais me prendre une belle claque.

Je pousse un soupir en me massant la nuque, comme si le contexte dangereux m’accordait une trêve. Un sursit pour réfléchir, se concentrer. J’observe Cinnamon en essayant de percevoir dans son regard un peu de lucidité. Mais je ne vois rien. Elle a peur, je suis en colère, nous sommes les vaincus faibles et désespérés. Je ne peux pas plus longtemps rester les bras croisés !

« Quoi, tu t’inquiètes pour moi ? »

J’étire un sourire moyennement assuré. Moi aussi je suis inquiet. Pour moi.

« Je vais faire mon possible je n’ai pas l’intention d’être touché, ni même vu. Reste cachée, et si jamais ça sent le roussi, décampe ! »

Aussitôt je me lève et fais un pas, puis deux, en direction de la maison. Ces quatre murs qui renferment bon nombre de souvenirs chaleureux, un souffle d’autrefois, comme une page tournée qui s’est détachée du bouquin pour finir dans un tas de poussière.
Armé de ma baguette, je traverse la rue jusqu’à atteindre la porte. Jusque là, rien à signaler.

L’entrée est restée telle quelle. Vraisemblablement, la bâtisse n’a pas encore été fouillée, saccagée. C’est un étrange soulagement qui s’empare de moi en constatant qu’une des demeures Higgs est toujours – plusieurs heures après la défaite des mangemorts – intacte. Une Nième fois je suis déçu de réaliser que l’immense réputation de mon nom n’a pas évoqué richesses et merveilles chez ces abrutis de phénix.
Pour mon consoler j’admets que leur niveau de débilité est tel qu’ils ne peuvent de toute façon pas réfléchir comme des personnes normalement constituées, et je pénètre les lieux, refermant derrière moi la porte pour éviter d’attirer l’attention…

Désormais chez moi, je n’ai plus envie de partir. Retourner à Pré-au-lard est une idée dégoutante, quasi traumatisante quand j’essaye d’imaginer ce qui m’attend. Évidemment nous allons revenir au pouvoir, le vent va tourner et le sang des ennemis coulera. Mais dans combien de temps ? Combien de jours allons-nous devoir passer dans la crasse de ce minable lieu-dit ?
Je farfouille de moins en moins discrètement, oubliant la délicatesse auprès des objets de mes parents, plutôt pressé et alarmé. J’ai beau être chez moi, une atmosphère lourde et inquiétante pèse inlassablement, dans toutes les pièces, sur tous les objets qui sont censés m’appartenir ;
En remportant cette manche, les oiseaux ont pris plus qu’ils ne le pensent. Je les imagine compter bêtement leurs trophées sans percuter qu’ils en ont laissé des centaines abandonnés. Tss. C’est affligeant.

Les minutes s’écoulent, certainement très vite aux yeux de Cinnamon. Cachée derrière ce buisson, seule et entourée par la nuit. Cependant dans la maison Higgs où je suis, le temps semble s’être arrêté. J’observe mon lieu de vie gâché par un combat lointain. Les objets n’ont presque pas bougés mais j’ai l’impression qu’ils ont tous été souillés. Un film transparent, un filtre terne et amer s’est déposé sur mes affaires et je déglutis longuement. Oubliant sans doute que dehors, on m’attend…


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Ce message a été posté Ven 17 Jan 2014 - 7:04


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Cinn' & Priam

Il n'avait pas promis. Et je l'avais regardé filer vers la maison, les sourcils froncés par l'inquiétude et la gorge serrée par l'angoisse. J'ai jeté un oeil autour de moi et j'ai dégluti à nouveau, peu à l'aise. Je n'étais jamais très à l'aise avec ces histoires de terrain, de mission... Mais là en plus, je voulais vraiment retrouver ma maison, que tout soit comme avant. La souillure, c'était ce que je ressentais aussi. J'avais l'impression d'être de la vermine, un parasite qu'on avait chassé à coup de balais. Qu'avais-je fait de si mal pour mériter ça ? Un instant, j'ai repensé à mon tuteur au ministère et je ne me suis pas sentie bien. Mais j'avais agi comme il le fallait, je ne l'avais pas dénoncé parce que j'aimais ça. Mais il nous avait tous trahis, il m'avait trahie ! Il avait caché une Moldue au gouvernement, il avait fait alliance à des sang-mêlés ! Et il avait espéré que j'aurais pris la relève. Je n'étais peut-être pas une combattante ni une mauvaise personne. Mais j'avais des principes et des valeurs et j'entendais les faire respecter. La seule chose que je ne comprenais pas était : cette guerre, ce conflit, était-il vraiment nécessaire ? Ne pouvait-on pas simplement vivre chacun de notre côté comme nous le faisions déjà avec les Moldus ? Le plus loin je me tenais d'eux le mieux je me portais mais tout de même. Assapor n'était pas arrivé que de toute façon, personne ne retiendrait la leçon.

Toute cette réflexion et Priam n'était pas revenu. Combien de temps s'était-il écoulé ? Combien de minutes, se secondes, ou même d'heures ? Je fixais la porte mais il ne revenait pas. C'était dangereux, un membre de l'Ordre pouvait arriver à n'importe quel instant pour vérifier les maisons et quoi qu'en dise Priam, s'il y avait un problème, je ne décamperais pas en le laissant ici ! Ami ou pas, ça m'importait peu, je n'allais pas le laisser ici ! En entendant des voix non loin, mon sang n'a fait qu'un tour et j'ai parcouru les quelques mètres jusqu'à la porte à une vitesse hallucinante. Il ne pouvait s'agir de Mangemorts, c'était impossible. Il ne pouvait y avoir que deux fous comme nous pour nous aventurer en terrain ennemi de la sorte. Une fois à l'intérieur, j'ai refermé derrière moi en me plaquant le dos à la porte.

– Priam !

Je n'avais pas crié, disons que j'avais même à peine prononcé son nom dans un souffle en espérant qu'il m'entendrait. Je n'osais même pas faire un pas, après tout, ce n'était pas chez moi ! Et s'ils m'avaient vue ? J'ai fermé les yeux un instant en déglutissant et j'ai lentement penché la tête sur le côté, le souffle court, pour voir entre le rideau et la fenêtre. J'ai alors aperçu deux points brillants : sûrement deux baguettes et sortilèges de Lumos activés. J'ai expiré lentement en les observant en train de discuter. Est-ce qu'ils discutaient ou est-ce qu'ils comptaient les maisons ? Que disaient-ils, je n'entendais rien. J'ai fébrilement tendu la main pour écarter un peu le rideau et y voir un peu mieux. Combien de temps il nous restait ? Et que faisait Priam ! Quand j'ai vu un Lumos se tendre dans ma direction, j'en ai eu le souffle coupé, j'ai lâché le rideau et je me suis à nouveau collée dos à la porte avant de déglutir à nouveau. Un nouveau regard quelques secondes plus tard mais ils avaient disparu. Et s'ils m'avaient vue ?

Je me suis décollée de ma cachette et j'ai gravi les escaliers pour rejoindre Priam à l'étage. Comment étais-je persuadée qu'il y était ? Simplement parce que les chambres étaient toujours à l'étage et qu'à mon sens, c'était là qu'il cherchait ce qu'il voulait. Mais c'était l'heure de partir maintenant.

– Quelqu'un vient !

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Ce message a été posté Sam 18 Jan 2014 - 15:47


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La voilà ! Mes yeux s’ouvrent comme si cela pouvait me permettre de lutter contre le peu de luminosité. C’est vain, effectivement, mais je préfère laisser mon corps réagir bêtement que d’allumer ma baguette et être aperçu par l'ennemi. Ma vie n’est pas la seule en jeu, qui plus est. Je ne prendrai aucun risque pour la demoiselle qui – normalement – m’attend en bas !
La voilà, disais-je. Ma gourmette. Cadeau d’arrières grands-parents, qu’on s’offre de notre côté des Higgs de génération en génération. Je ne pouvais pas leur laisser, j’ai eu si peur qu’ils l’aient dérobée mais encore une fois les Phénix ont été dépassé par la beauté de la chose : je récupère mon bien.

A peine ai-je le temps de glisser ce bijou dans la poche de mon pantalon, avec une précaution certaine, que des bruits de pas m’alertent. Je me jette dans un coin de la pièce dans l’idée de me mettre à couvert mais bien vite, une hypothèse annule ma peur : et s’il s’agissait de Cinnamon ? Bizarrement si elle donne l’air constamment effrayée et bonne à rien, je l’imagine intervenir maintenant. Pour quelles raisons, allez savoir ! Mais bientôt la douceur des pas et la respiration incontrôlée que j’entends finissent de me persuader : c’est elle.
Je la laisse rejoindre l’étage et alors que ses propos sont confirmés par une lumière venant de la ruelle, je me jette sur elle.

Ma main fermement posée contre ses lèvres, l’autre qui se plaque autour de son abdomen et mes jambes mêlées aux siennes afin d’être sûr qu’elle ne puisse tenter le moindre geste. Dans la chute je grimace en laissant mon dos rencontre un angle de meuble, mais je reste aussi silencieux que possible.
A-t-elle été vue ? Cinn va-t-elle causer notre perte en pensant être venue me sauver ?!!
J’inspire lourdement, et après quelques instants je desserre mon étreinte, pour la laisser respirer. Pour autant je ne la lâche pas : les femmes sont dangereuses, notamment pour leur capacité à avoir des réactions disproportionnées et certainement pas adéquates.

« …s’ils t’avaient vu ils seraient déjà là. On a eu chaud. Bon…j’imagine qu’il est l’heure pour nous de rentrer et… »

M’assurant que le précieux objet récupéré est toujours dans ma poche, je me relève et pousse un soupir. Nous avons joués les imbéciles pour une breloque, sans doute. Je ne pensais pas emmener avec moi la jeune femme. Bon. Et maintenant ? Il y a peut être une dernière tentative qu’elle veut essayer, à son tour. Cinnamon.
Je dépose sur elle un regard légèrement lassé, mais indulgent.

« Tu veux…te rendre quelque part ? Leur reprendre un objet quelconque ? Ou bien, nous rentrons ? »

Je baisse nettement le ton en fin de phrase car les faisceaux magiques reviennent à nos fenêtres. La panique fait battre mon cœur comme un fou mais je me concentre pour garder mon sang froid. Ça a prouvé son efficacité plus d’une fois lors de combat, tout le monde le sait et quiconque se permet de réfléchir un peu sait qu’en cédant à la frayeur : il se donne toutes les chances d’échouer.
Inspirer, expirer.
Je chuchote en indiquant l’escalier.

« Commençons par redescendre… »




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Ce message a été posté Sam 18 Jan 2014 - 22:27


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Cinn' & Priam

Ce n'était même pas un manque d'inattention. Je n'étais pas inattentive, bien au contraire. Si je n'étais pas une maîtresse dans l'art de la baguette, je restais toutefois agile et alerte. J'étais plutôt vive d'esprit... En général. Mais la surprise m'a gagnée, je n'ai pas vu les deux membres Phénix s'approcher des fenêtres. Probablement avaient-ils vu mon ombre en bas et faisaient le tour de la maison à cheval sur leur balais. Je n'ai pu qu'écarquiller les yeux quand le faisceau s'est dirigé sur moi à travers la vitre mais déjà Priam s'était jeté sur moi pour me renverser. Je ne l'avais même pas vu. Sa main plaquée sur ma bouche m'a empêchée de m'écrier sous la surprise. J'ai serré son avant bras fermement entre mes mains pour m'empêcher de crier en observant la lumière du Lumos danser près de nous. Je suis restée en apnée, les yeux ronds, m'accrochant aux bras de Priam comme à ma vie. Et j'ai attendu. Les yeux rivés vers la vitre, j'ai vu la lumière frôler notre position alors que je bougeais un pied pour ne pas être vue. Mes yeux sont allés de la vitre, à mon pied, puis à nouveau la vitre, mon coeur résonnant dans tout mon corps, d'autant plus dans mon ventre, sous la main de Priam.

J'aurais pu dire beaucoup de choses sur Priam. Que je le trouvais imprudent, insouciant et sûrement trop imbu de lui-même mais aujourd'hui, la position dans laquelle il nous avait mis me laissait interdite. Je le sentais dans mon dos et sa main sur mon ventre était comme un orage : désagréable mais promesse d'un lendemain moins brûlant et moins lourd. Contradictoire donc. Mais c'était surtout l'électricité que cela générait en moi qui me gênait. Je n'aimais pas qu'on me touche le visage, plus qu'on me touche le ventre. En fait, je n'aimais pas beaucoup qu'on me touche tout court. Et me sentir aussi proche de quelqu'un qui n'était ni mon frère, ni mes parents ni personne de ma famille me rendait méfiante. Pourtant, je n'ai rien dit. J'ai attendu...

Pas de bruit en bas. Plus de lumière au bout d'un moment. Juste... Priam et moi. Sa main a lentement quitté ma bouche et je me suis aperçue que je ne respirais plus depuis un moment, maintenant. Sa voix me semblait si lointaine, j'ai dégluti sans rien dire. Et puis je l'ai laissé se lever une fois certain que nous étions tranquilles. Le dos collé au mur, j'ai retrouvé mes esprits lentement en fermant les yeux quelques secondes, les mains en appui sur le sol. Je me suis aidée pour me redresser à mon tour avant d'acquiescer. Je n'aimais pas du tout ce que je m'apprêtais à dire. Mais j'aimais encore la culpabilité qui me gagnait si je ne faisais rien. J'ai hoché la tête plus fermement.

– Mon frère... Son chat est resté à la maison. Il faut que j'aille le chercher. Il ne s'arrête pas de pleurer, c'est insupportable. Si je n'y vais pas, je ne me le pardonnerais pas.

Il y avait aussi ce lien avec les animaux. Je ne pouvais pas, maintenant que j'étais là, ne pas essayer. Probablement que mes parents ne comprendraient pas mais mon frère dormirait enfin. Et moi aussi. Ce chat était autant le sien que le mien et je ne pouvais me résoudre à laisser une créature - Magique ou non - mourir quand je pouvais faire quelque chose. Parce que ce n'était pas un chat sauvage. Alors sans moi il mourrais. Je me suis décollée du mur, peu rassurée mais déterminée.

– Je récupère mon chat. Et on rentre.

Doucement, j'ai posé ma main sur le mur pour m'aider à faire le premier pas avant de descendre. Pourquoi d'ailleurs ? Ne pouvions nous pas transplaner d'ici ? Je crois que j'avais aussi besoin de faire quelques pas, pour me détendre. Mon coeur battait tant la chamade...

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Ce message a été posté Lun 20 Jan 2014 - 15:28


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Cinn' & Priam


Je contemple un moment ma main droite dans laquelle ma baguette semble davantage s’accrocher que trôner. Je tremble, doucement. L’adrénaline nous a envahis et je suis loin de savoir contrôler un pareil ressenti. C’est agaçant de réaliser que les émotions nous enveloppent soudainement, que les impressions ne se contentent pas de nous faire venir les pires images, les hypothèses les plus défaitistes, mais sont capables de changer notre motivation, notre idée de l’action en cours, notre opinion et enfin, jusqu’aux mouvements de nos corps. Les plus petits soient-ils.
La peur est puissante et me fait honte. J’inspire un bon coup alors que Cinnamon reprend la parole. Vraisemblablement, mon attitude ne l’a pas choquée, du moins outrée. Elle n’en montre rien et je me surprends à la jalouser : si elle maitrisait mieux que moi ses émotions ?!

« …Soit. »

J’ai bien failli pester que prendre de tels risques pour un vulgaire chat était suicidaire. Cependant je suis venu ici, en territoire ennemi depuis quelques heures, afin de récupérer quoi ? Une gourmette. Il y a tant que je voudrais récupérer. Cet objet là, ce jeu, ce bouquin merde ! Ce grimoire favori de ma mère, cette espèce d’instrument de musique sur lequel mon père aime se détendre. Et puis tous ces meubles qui font simplement que ce manoir est Higgs.
…Nostalgie quand tu nous tiens.

« Mais faisons vite. »

Et nous commençons tous les deux, sans avoir besoin de se mettre d’accord, à rejoindre le rez-de-chaussée. Allez savoir pourquoi, au lieu de quitter les lieux depuis l’étage. Je crois que Cinn, quand bien même sa maitrise d’elle-même est à l’heure plus efficace que la mienne, est toute aussi victime de l’angoisse et de l’excitation.
Pas de précipitation, nous ne devons pas commettre d’erreur. Et puis en luttant ainsi contre le désir de fuite, nous récupérons un brin de sang froid. Je crois.

« Attends ! »

Je m’empare de sa main et l’incite à s’accroupir à mes côtés. De nouvelles lumières venant de l’extérieur se faufilent sous la porte, dans l’angle de la fenêtre. Un nouveau tour de garde. Nous sommes fous ! Pré-au-lard est aussi dégoutant que sécurisant à l’heure qu’il est.
Mais la demoiselle souhaite récupérer son chat, je l’aiderai. Aucune promesse n’a été tenue mais nous sommes ici tous les deux et, comme si cela nous permettait de tenir tête à nos rivaux, nous irons jusqu'au bout de cette décision : nous ramènerons le chat.

« Nous pouvons certes transplaner…mais il ne faudrait pas leur laisser penser que quelqu’un est venu. Tu saisis ? Ils ne doivent rien voir, rien entendre, pas même supposer. Nous ne sommes jamais venus ! Attendons encore un peu qu’ils s’éloignent car s’ils ont le moindre doute : on sera piégé dès l’arrivée à ta maison. »

Il est clair que s'ils soupçonnent une intrusion, ils vont tripler les effectifs et redoubler de vigilance devant les maisons des mangemorts. Celle de la miss Avery avec.

Allez, on respire, calmement. On apaise ces furieux battements du cœur et on se concentre. Je relâche la main de la jeune femme et ne quitte plus ses yeux jusqu’à ce que, avec un bon pressentiment, je choisi que c’est le moment.

Un acquiescement pour se mettre d’accord, le craquement familier du départ magique, au revoir la demeure familiale…




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Ce message a été posté Lun 20 Jan 2014 - 16:01


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Cinn' & Priam

A force, Priam allait finir par me tuer d'un arrêt cardiaque. Il savait que tenter de réveiller un insomniaque en action était dangereux ? Et bien il en allait de même pour moi à l'heure actuelle ! J'ai sursauté en sentant sa main que j'ai serrée fermement en m'accroupissant à ses côtés. Si Priam m'était émotionnellement insignifiant, sa présence me rassurait. De par bien des aspects, il me rappelait... Mon frère. Mon frère s'il était plus âgé ! Je me suis surprise à regretter qu'il soit si jeune et que notre différence d'âge soit si grande car j'aurais beaucoup apprécié la présence de mon frère dans un cas comme celui-ci. Quand j'entendais parler les autres, j'étais jalouse. Plus jeune, je ne pouvais jouer avec mon frère parce que j'étais trop grande et lui trop petit. Et puis je suis devenue adulte et lui un enfant. J'ai grandi et lui aussi mais avec 15 ans d'écart. J'aimais mon frère mais même si parfois j'avais l'impression que mes parents le préféraient à moi parce qu'il était un "héritier", j'aurais tant aimé qu'il soit... Comme moi. Je m'en rendrai compte plus tard des liens que nous avions. Pour l'instant, il était juste insupportable. Et je voyais en Priam ce désir étrange d'avoir un acolyte, un allié, un ami... un complice, finalement. A bien le regarder alors qu'il tenait toujours ma main, il avait les mêmes cheveux que mon frère, et les mêmes yeux. Il avait même la même mâchoire et ce côté arrogant qui m'agaçait plus que de raison. Si Priam avait été mon frère, est-ce que ma vie aurait été différente ?

J'ai cligné des yeux alors qu'il a lâché ma main et j'ai acquiescé en inspirant profondément. Est-ce que je gérais mieux mes émotions que lui ? Je n'en sais trop rien. J'étais tellement tétanisée, tellement effrayée ! Au delà de ma capacité d'adaptation, j'ai pensé qu'il s'agissait probablement plutôt d'un instinct de survie assez développé. Celui-ci s'est révélé plutôt efficace par le futur, d'ailleurs. Le yoga. Ca ne pouvait être que le yoga. Un dernier coup d'oeil sous la porte - encore un acte de bravoure made in Poufsouffle - et j'ai suivi Priam dans le craquement familier.

J'ai atterri à plat ventre dans mon jardin, celui-ci abrité par des haies relativement hautes qui nous dissimulaient des voisins. Oui ma mère avait un besoin vicieux de rester cachée. Entendant un bruit de feuillage, j'ai relevé la tête en regardant par dessus mon épaule, prête à m'envoler même sans balais, pour voir de quoi il retournait. Le coeur battant, j'ai attendu et en voyant Prima arriver, j'ai roulé des yeux en soupirant. Je me demandais à combien de kilomètres se trouvait la maison des Higgs. Un ? Deux ? Trois kilomètres tout au plus ? Combien de chances avions-nous de retomber sur les mêmes patrouilles ? Haussant les sourcils, j'ai relevé la tête pour regarder les fenêtres à l'étage. Ce fichu chat pouvait être absolument n'importe où. Je me suis appuyée sur le sol pour me redresser et parce que je n'étais que la moitié d'un couple Serdaigle/Serpentard, ma cheville s'est pliée en rippant contre un caillou invisible dans la nuit. Ou bien était-ce un des jouets de mon frère ? Alors que je m'étalais à nouveau au sol ne pouvant retenir un grognement de douleur, je me suis retournée sur le dos pour regarder ce qui m'avait faite chuter et dont le mal ne me gagnait pas encore les yeux mais ça ne saurait tarder. Une miniature du Poudlard Express en métal qui n'avait pas eu la politesse de simplement s'enfoncer dans le sol mouillé.

Dans un accès de rage, je me suis redressée, j'ai attrapé le jouet que j'ai balancé le plus fort possible dans un des buissons. Si je n'ai pas hurlé, c'était grâce à mon instinct de survie qui m'a rappelée que nous pouvions nous entendre. Mais tout était dit dans mon simple geste en l'absence de mon cher frère pour qui j'étais là. Malgré tout, le projectile a semblé déranger mon chat dans sa sieste et je l'ai entendu s'insurger avant de filer dans la nuit, seule tache rousse à la lumière de la lune avant de se heurter à une porte fermée en haut du perron. Alors que j'ai voulu me redresser pour aller lui courir après, ma cheville, face à son entorse, s'est à nouveau pliée, refusant de porter mon pourtant faible poids. Et cette fois, c'est un léger cri de douleur qui m'a faite pencher en avant avant de me plaquer moi-même mes mains sur la bouche en regardant autour de moi, les yeux affolés.

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Ce message a été posté Mer 22 Jan 2014 - 13:22


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Mais…c’n’est pas vrai. Dites-moi que je rêve !
Quand mes pieds retrouvent le sol après ce voyage ultrarapide, je cherche immédiatement à poser mon regard sur Cinnamon. Cet endroit m’est inconnu, je ne dois pas perdre de vue celle qui est ici sur son propre territoire et qui, du coup, par ses connaissances ses habitudes et ses réflexes, peut m'être d’une grande utilité. Peut même m'être vitale.
Cependant je ne retrouver pas une camarade sorcière à mes côtés, mais bien une enfant vautrée sur le sol et aussi colérique que grotesque. Ai-je parlé d’un contrôle de soi ? De sang froid ? Je demande pardon pour cette inexcusable erreur, Cinn n’est à l’instant qu’une capricieuse irréfléchie.

Je n’interviens pas. ni quand elle lance le fameux obstacle qui a entrainé sa chute, ni quand elle fait mine de vouloir pourchasser le chat. Celui là même pour lequel nous prenons ce risque d’atterrir dans le jardin. Je me contente de lever les yeux au ciel dans un profond soupir et, avant d’être plus longtemps aussi méchant qu’elle n’est bête, je la rejoins pour l’aider à se tenir debout. Ne manquerait plus que sa blessure soit sérieuse et nous ne pourrons jamais nier notre petite fugue ;

« Cet animal ne mérite peut être pas que tu te blesses davantage. Si ? »

J’ai beau regarder autour de moi, je ne le vois pas. Nous lui avons très probablement fichu la trouille de sa vie. Il y aurait bien diverses façons de se lancer à sa poursuite, des sorts en tout genre pour le retrouver plus facilement, mais n’oublions pas l’essentiel : nous ne sommes plus ici chez nous. Du moins Cinnamon chez elle. Ces rues autrefois nôtres sont sous la surveillance des Phénix et un mauvais pressentiment me souffle de ne pas jouer plus longtemps.
Nous ne sommes plus des enfants…si nous avons fait preuve d’immaturité ce soir – pour une gourmette et une entorse – nous pouvons encore nous arrêter. Avant que le bilan ne devienne plus catastrophique.

J’inspire paisiblement, m’emparant du rôle autoritaire et calme à la fois. La force tranquille, le soutien. On s’est fait peur, il faut le reconnaitre, avec ces cons d’oiseaux qui guettent la moindre percée pour nous canarder. Comme si les victimes n’ont pas été assez nombreuses ! La demoiselle et moi-même les avons vu passer de près devant la demeure Higgs, il fait sombre et plutôt froid, je nous sens en fait fatigué ;
Et ce n’est pas l’excurtion imprévue qui est la plus épuisante. C’est cette sensation pesante, omniprésente de danger, cette réalité terrible et sanglante : nous avons été vaincus. Nos proches sont entassés à Pré-au-Lard et il n’y a rien que nous puissions faire pour l’heure, si ce n’est regretter les actes manqués…

« Il y aura d’autres chats là-bas, ton frère trouvera de quoi s’amuser et cessera de pleurer. Crois-moi. il doit être inquiet après tout, personne n’est rassuré et il doit le ressentir. »

Je m’apprête à abandonner, sans même avoir cherché. C’est dégueulasse pour elle, remarque. Moi j’ai pu revoir ma maison, récupérer un objet quand bien même il est minuscule et pas si important : c’est un petit souffle d’espoir que cette victoire.
Mais Cinnamon ? J’abandonne ici son idée ? Son espoir de faire revenir ce chat auprès de son frangin ?

Nous ne l’avions pas entendu, mais ils se manifestent contre la jambe de la miss. Une caresse reconnaissante, comme s’il était conscient que nous sommes revenus malgré le danger. Je souris en regardant ma complice de la nuit et tends la main à l’animal pour gratter amicalement le haut de son crâne.

« Enchanté… »

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Ce message a été posté Mer 22 Jan 2014 - 21:58


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Est-ce que ce chat méritait quoique ce soit ? Est-ce que je méritais quoi que ce soit ? Passablement essoufflée après avoir couru après le chat qui, dans ma précipitation avait eu peur et était reparti se planquer avant que je n'ai le temps de lui tomber dessus, je me suis redressée pour lui faire face et l'écouter. L'expression sur mon visage disait clairement que je ne comprenais pas ce qu'il disait. Les sourcils froncés, j'ai reniflé à cause du froid et j'ai soupiré.

– Tu aurais dit quoi si, à Poudlard, ton crapaud avait été jeté par la fenêtre par un abruti congénital de né moldu futurement Phénix sous prétexte qu'il était un peu trop rebelle pour accepter que tu sois son supérieur ? - J'ai haussé les sourcils . A dire vrai je ne me souvenais absolument pas de son animal de compagnie à Poudlard. Mais je savais que pour chaque sorcier, c'était quelque chose d'important. - Mon chat mérite autant de vivre que nous. Lui aussi c'est une victime des Phénix, je te rappelle. Et mon petit frère mérite de préférer ce chat là plutôt qu'un autre qu'il en connaît même pas ! Si tu étais un enfant inquiet coincé entre deux meubles avec des vautours qui te tournent autour, je ne suis pas certaine que tu voudrais qu'on aille chercher un autre enfant que toi, pas planqué entre deux commodes !

J'étais fatiguée. Voilà qui devait se voir. Peut-être cette même fatigue à laquelle pensait Priam. Mais ma voix avait dû l'attirer, quelque chose en tout cas. La faim, très certainement. Mon chat était venu ronronner contre ma jambe et quand je me suis penchée pour l'attraper, il a tenté de s'enfuir - sûrement pour me guider vers sa gamelle. Mais je l'ai rattrapé à temps avant de me redresser en le serrant dans mes bras, non sans une grimace provoquée par le poids sur ma cheville. Je l'ai surélevé légèrement pour mieux le voir, laissant Priam lui gratter la tête. J'ai fermé les yeux en tenant fermement l'animal contre moi. Il sentait mauvais, il avait dû se faire chavirer de la boue dessus ou quelque chose du genre. Mais le sentir contre moi et l'entendre ronronner sous les caresses de Priam avait quelque chose de rassurant. J'ai rouvert les yeux sur Priam dans un soupir et j'ai secoué la tête.

– Pardon, c'est juste que... Il n'arrête pas de pleurer depuis deux jours, il est inconsolable c'est insupportable. Je m'en veux déjà de ne pas avoir réussi à le trouver quand on s'est enfuis de la maison. Et mon frère n'arrêtait pas de crier... Il hurlait à qui trouverait ce fichu chat. Il refusait de partir sans et... On n'a pas vraiment eu le choix.

De plus, les créatures, les animaux, c'était mon domaine. S'il y avait bien quelqu'un qui se sentait coupable d'abandonner ce chat, c'était bien moi. Mais c'était chose réparée maintenant, je ne le laisserai pas s'échapper de mes bras ni disparaître à nouveau dans la nuit. J'ai relevé les yeux pour regarder autour de nous et j'ai enfin jeté un oeil à la maison. Elle m'apparaissait si morte, si vide, si... Loin. Je n'avais même pas envie de rentrer. J'étais curieuse de voir l'intérieur, mais je crois que j'avais peur de découvrir que quelqu'un y avait touché. Alors je me suis juste... Résignée. Il était totalement inutile d'y aller. Vous voyez, déjà à cet instant, j'avais décidé d'accepter mon sort. C'était bien plus facile à supporter que de devoir agir en rébellion. Et pourtant...

– Si j'en croise un seul sur ma route, je jure devant le Lord que je l'exécute sur le champ.

Malgré ma voix ferme, mes lèvres pincées et mon ton à peine audible par tant de haine... Tout le monde ici sait que je n'ai pas tenu cette promesse. Si ce jour-là, ni un autre, ni jamais.

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Ce message a été posté Jeu 23 Jan 2014 - 9:45


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Je referme simplement la bouche, laissant mes fines lèvres se retrouver. Je suis un mec plein de contradictions et d’étranges motivations, mais j’ai toujours fait mon possible pour être respectueux envers les miens, et les femmes. Je connais mal Cinnamon mais nous sommes du même camp, plus que jamais ce soir en territoire ennemi. De ce fait, je me dois de l’écouter s’exprimer, d’analyser ses propos et de leur accorder une once de crédulité.
Néanmoins, je ne partage pas son avis. La considération et l’estime qu’elle semble porter à cet animal me dépassent largement. Je sais que le compagnon d’un sorcier est important et durant notre jeunesse : essentiel ; je n’ai pour autant jamais chéris à ce point le hibou qui m’accompagnait. Ça fait quelques jours que je ne l’ai pas vu, je sais simplement qu’il reviendra. C’est peut être ce qui m’empêche de m’inquiéter et donc de me sentir trop attaché ;

Enfin. Son speech sur l’utilité de sauver ce chat reste exagéré à mes yeux et pour ne pas entrer dans un débat qui risque de transformer notre fatigue en colère, je continue de faire le muet.

Puis le chat nous revient. Parce qu’il a du reconnaitre sa maitresse, parce qu’au final la peur qu’il a pu ressentir à notre arrivée est le genre de frayeur que s’offre tous les félin de ce type lorsqu’ils sont habitués à vivre au chaud et dormir dans les bras d’un enfant gâté.
La demoiselle s’excuse et je hausse les épaules, balayant ainsi ses raisons d’être désolée. Nous ne sommes pas obligés de nous entendre sur tout…ni de lutter contre la sensation d’épuisement qui nous accule. Je lui accord bien ça : elle est consciente d’être allée un peu loin et c’est une lucidité que j’apprécie.

« Rentrons Cinnamon. C’est blessant d’avoir à le reconnaitre, mais Pré-au-Lard est le seul endroit sur lequel nous pouvons maintenant compter. »

Se pense-t-elle capable d’abattre un phénix ? Simple interrogation que j’estime avoir le droit de me poser suite à sa menace. Elle n’a même pas sa baguette sur elle. Et moi ? Que suis-je capable de faire ? Aurai-je le cran d’abattre un homme – ou une femme ! – sous prétexte que c’est un membre de la mauvaise faction ?
Je pense que oui. Je les hais à un point si élevé que je serai privé de réflexion au moment ou nos yeux se croiseront et que mon premier instinct sera de faire feu ;
Pure réaction défensive. Parfait automatisme militaire, bête et méchant, logique dans nos têtes seulement. Et après ? Je ne vais pas remettre en question mes engagements, certainement pas ce soir, alors que les oiseaux auront cette même animosité à notre égard.

« C’est ce qui doit leur traverser la tête également…alors ne jouons pas les casse-cous. Ça va ta cheville ? Tu as assez de force pour transplaner ? »

Je ne partirai pas sans être sûr qu’elle peut faire l’effort. Après tout, une cheville foulée ne doit pas empêcher le déplacement magique, ce serait une première pour moi. Mais qu’est-ce que j’en sais ? Suis-je un homme de terrain ? Suis-je le combattant que j’ai toujours rêvé de devenir un jour ? Ou ne suis-je que son ombre, depuis quelques heures à peine, qui n’a toujours pas commencé son entrainement…?
La réponse est évidente. La victoire Phénix ne fait pas de moi un guerrier, j’ai encore tout à apprendre et n’en aurai peut être jamais le temps.

Prenant la main de la demoiselle, j’attends son nouvel accord pour disparaitre d’ici. Voilà une escapade peu rentable, trop coûteuse et immature. Mais si à l’heure actuelle je suis incapable de décerner le réel enrichissement qui en découle ; je finirai bien par réaliser que Cinn fait sans aucun doute partie de mes amies.


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Ce message a été posté Jeu 23 Jan 2014 - 13:23


Descente aux enfers.
Cinn' & Priam

Que Priam fasse le muet m'allait d'autant bien que je n'avais que très peu de force et que je souhaitais me concentrer sur notre survie plutôt que sur nos différends, si tant est que nous en ayons tant que ça. Après tout, nous nous connaissions si peu, c'était... Comme sa façon de prononcer mon prénom en entier - ce que je détestais plus que tout - c'était une preuve que Pré-au-Lard avait décidé que, si jusque là nous n'étions que des étrangers l'un pour l'autre, la situation allait changer. Quelque part, en moins, enfoui, en attendant que les choses aillent mieux, se cachait la réflexion que j'avais la possibilité de recommencer quelque chose à zéro ici. La raison pour laquelle cette pensée était restée cachée un moment, c'est que je n'avais rien à recommencer ! J'étais enfin accomplie et me voilà débarquée ici comme une punition. Dans les semaines qui viendraient, je ferai face à un nouvel aspect de moi qui, si c'est possible, me plaira plus que celui que j'arborais à ce moment-là.

Je n'ai rien dit, me contentant d'acquiescer, mon nez enfoui dans les poils de mon chat qui regardait partout autour en se demandant QUAND allait-on lui donner enfin à manger. Priam avait raison, Pré-au-lard était plus sécurisant qu'ici. J'ai baissé les yeux sur ma cheville en me tortillant légèrement dans une grimace et j'ai acquiescé.

_ Ca va aller, oui, merci.

J'ai voulu dire "rentrons chez nous" mais au dernier moment, je me suis arrêtée. J'ai dégluti en prenant la main de Priam et nous avons transplané sans nous attarder, seul le cri de surprise du chat résonnant dans la nuit. Le transplanage, j'avais horreur de ça. Pour ainsi dire, ça me perturbait et ça me donnait toujours envie de vomir. Je savais déjà comment j'allais justifier sa soudaine apparition alors que mon frère savait pertinemment qu'il n'était pas venu avec nous. Mais le transplanage m'avait faite atterrir sur ma cheville, qui a cédé sous mon poids. Fort heureusement, Priam avait eu la conscience de me tenir la main, à laquelle je me suis accrochée fermement en serrant le chat contre moi. Si jamais il sautait et s'échappait, je n'étais même pas sûre de le retrouver ici. Ce territoire, à défaut d'être ennemi, était totalement inconnu. Comment y survivre ? Au moins, à la maison il savait où aller et où ne pas aller. L'effet du transplanage avait eu au moins l'avantage de l'abrutir et il avait à peine gesticulé. J'ai relevé les yeux sur lui dans un sourire timide. A la lumière, on m'aurait presque vue rougir.

_ Merci d'être venu avec moi, Priam.

Si nous avions fait tout ça pour rien, il y avait fort à parier que nous allions déprimer pour les prochains jours. Malgré tout, ce que je faisais là relevait plus facilement de l'entretien de conversation. Je n'aurais pas refusé un ami à cette heure ci, même si je comprenais que Priam préfère rentrer chez lui et me laisser à mon danger de chat. Je ne savais même pas ce qu'il avait eu besoin de récupérer mais ça devait être minuscule. Une lettre ? Un bijou ? Je n'avais pas osé demander, ça ne me regardait pas. Mais j'espérais qu'au moins, tout ça n'avait pas été en vain pour lui qui semblait vivre bien moins bien que moi.

Et puis je l'ai regardé s'éloigner après un sourire et un salut de la main. Ce garçon là m'intriguait. Quelque chose m'échappait, il semblait aussi arrogant que d'autres mais plus discret. En fait, par certains aspects, je me retrouvais en lui. Ce côté eau qui dort et qui n'attend qu'une occasion pour se réveiller. On songe souvent que les Sorciers comme moi qui ont tous les droits de l'ouvrir et qui ne le font jamais sont innofensifs. Et puis un jour, nous nous élevons parce qu'au fond, nous ressentons les mêmes choses mais de façon différente, nous nous confrontions aux situations différemment des autres.

Dans un sens, en quoi étions-nous moins dangereux qu'un autre ? J'ai laissé Priam rentrer chez lui et j'ai fait de même.

© EKKINOX
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