Le jury délibère encore... [Cinna/Marion]



 



Le jury délibère encore... [Cinna/Marion]
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs
avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Sam 28 Déc 2013 - 23:44

Le jury délibère encore...

feat. Cinnamon Avery & Marion Vaisey

29 décembre 2021
Cimetière de Pré-au-Lard

J'avais disparu un soir pour ne revenir que dans la journée suivante. Quand mes parents m'avaient demandé où j'avais passé la nuit et pourquoi je n'avais pas prévenu que j'allais on ne sait où, j'ai simplement rétorqué que j'étais fatiguée et je suis allée me coucher. L'excuse du tapis de Londres pour Zabini ferait l'affaire... mais après avoir dormi. J'espère sincèrement ne jamais avoir à prendre le pli de ces missions. J'espérais que celle-ci paye vraiment son dû, de ne pas avoir fait tout ça pour rien. Et quand j'avais des doutes, je me rapprochais de ma tante. Chez elle au moins, c'était silencieux...

Pré-au-Lard, comme à chaque fois à cette période de l'année, était sous la neige. Emmitouflée dans mon écharpe, j'avais enfilé mes bottes pour sortir et rejoindre le cimetière à une heure où j'étais presque certaine de passer inaperçue jusqu'à ma destination. Sans le retour d'Elena Kark sur la mission pour laquelle elle m'avait envoyée à Plymouth, je ne me sentais toujours pas très à l'aise. D'autant plus quand je me suis aperçue que je n'étais pas seule à avoir eu cette idée du recueil. J'ai d'abord hésité, surtout quand j'ai reconnu la cousine de Graham. J'ai regardé derrière moi en me tripotant les mains et finalement, j'ai poussé un soupir, expirant de la buée de ma bouche avant de me décider à m'approcher. Pour rejoindre ma tante, je devais passer à côté d'elle.

J'ai d'abord marché lentement, me disant que je pouvais passer sans être vue ou sans avoir à me faire remarquer. Mais je me suis mordue la lèvre en l'observant de loin. J'allais faire partie de cette famille, non ? Les manières voulaient que je m'intéresse à cette famille. Marion était une jeune femme, je ne l'avais jamais vraiment croisée, je ne savais quasiment rien d'elle sinon qu'elle était la cousine de Graham. Je n'étais pas une grande bavarde mais je n'aimais pas la façon dont me regardaient les gens. Avant, c'était à cause de mon métier. Maintenant, à cause de ce que j'avais fait. Je ne pouvais cacher que le mariage avec les Vaisey me faisait un peu peur. Et si je n'étais pas à la hauteur ? Et si je faisais des erreurs ? J'étais sur un tel terrain inconnu avec Graham que chaque jour qui passait, je me demandais si c'était bien moi dans mon corps. Bref, je tentais de faire des efforts.

Une fois à sa hauteur, je me suis arrêtée pour regarder la pierre. Pourquoi quelque chose me disait, en mon fond intérieur, que c'était malpoli ? Une intrusion dans sa vie ? Mais c'était trop tard, maintenant, je m'étais arrêtée et je me sentais si petite à ses côtés. Les mains jointes, j'ai fixé la pierre pendant quelques secondes.

– C'était ta mère ?

Dans un cimetière, on avait toujours tendance à ne pas lever la voix. A se dire qu'il ne fallait pas réveiller les morts. Je faisais partie de ces personnes. Et... Devais-je répéter combien je me sentais petite aux côtés de Marion bien qu'elle soit ma cadette ? Encore une fois... Ce n'était pas elle qui rejoignait ma famille. J'étais sur son terrain, pas l'inverse. C'était à moi de me plier. De toute façon, je n'avais jamais vraiment été quelqu'un de très supérieur. Mais on m'a souvent qualifiée de maladroite. Ca... Au moins, les gens ne se trompaient pas.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Dim 29 Déc 2013 - 23:32



29 décembre. Cette date qui jusqu’à l’an dernier ne représentait rien. D’un côté, Pré-au-Lard n’était que la ville à côté de Poudlard un an auparavant. Mais aujourd’hui, là n’était pas la question. Si cela faisait un an que nous étions contraints à rester à Pré-au-Lard à cause de l’attaque surprise des Phénix et Américains, cela faisait aussi un an que j’avais perdu ma mère. Un an, jour pour jour, que ma mère avait succombé à ses blessures infligés par ces sangs de trolls d’américains. Que mon père avait été aussi dévasté que moi et où nous avions oublié pour quelques semaines nos différends alors que mon frère faisait son deuil à Poudlard. Mon frère, tiens. Cela faisait bien longtemps que je n’y avais pas pensé. Lui qui arrivait chez les Ombres, la bouche en cœur et l’âme torturée… Bref. Theo n’était pas la raison pour laquelle je décidais de me lever tôt ce matin, prête à affronter le froid mordant écossais de cette fin décembre.

Sortant doucement de la maison emmitouflée dans mon écharpe et bonnet, je ne me rendis compte que trop tard que j’avais oublié mes gants. Ne voulant pas faire demi-tour juste pour ça, je continuais mon chemin en direction du cimetière, me surprenant à faire tourner avec mes doigts encore libres la bague située sur mon annulaire droit. Ma bague de fiançailles. Comme le voulait la tradition, comme le voulait le patriarche Rowle en mettant son fils sous pression et comme le redoutait d’une certaine manière mon père. Après tout, mes parents s’étaient mariés tard. Du moins, pour mon père car ma mère n’était pas si vieille que ça lors de son mariage en fin de compte. Mais une chose était sûre : mon père ne cesserait de penser que j’avais grandi trop vite. Et il n’avait pas tort.
Un frisson me parcourut l’échine et me fit sortir de mes pensées. J’avais un peu la chair de billywig mais je continuais d’avancer en direction du cimetière, machinalement. Je regardais le bouquet de fleurs que je tenais dans la main gauche. Ces fleurs ne servaient à rien avec ce temps mais je ne savais pas quoi amener d’autre. Je ne voulais pas arriver les mains vides. En fin de compte, un an plus tard, je ne réalisais pas tout en ayant fait mon deuil. C’était étrange comme sensation mais je n’arrivais pas à me l’expliquer.
Le cimetière enneigé de Pré-au-lard, comme je supposais qu’était n’importe quel cimetière en général d’ailleurs, semblait hors du temps. Calme, loin de la pollution sonore de la ville. Je pris une inspiration avant d’y rentrer, hésitante. Je serrai mes poings pour me donner du courage, évitant d’abîmer le bouquet de fleurs. Je connaissais le chemin jusqu’à l’emplacement de sa pierre tombale.


« Agatha Bletchley-Vaisey, 18 avril 1982 – 29 décembre 2020 »

Je déposai les fleurs, vérifiai que j’étais bien seule et rentrai mes mains sous ma cape d’hiver pour les réchauffer avant de me mettre à parler.

« Bonjour Maman. » J’étais bien contente d’être seule, je n’aurais pas voulu qu’on me voit parler à une pierre tombale, même si elle appartenait à ma mère. Je n’aurais pas voulu qu’on me voit dans cet état de fragilité émotionnelle. « C’est moi, c’est Marion. Je… Je sais que je ne suis pas venue souvent depuis la dernière fois mais c’est un peu compliqué ces derniers temps. » Je lâchais un petit rire, sentant les larmes monter. Evidemment qu’elle savait que c’était compliqué. La guerre, le déchirement familial qu’elle avait vécu et autre. « Enfin, tu le sais forcément. Mais on a réussi à montrer aux Phénix que malgré notre enfermement à Pré-au-Lard, nous étions toujours là, prêts à nous battre et à les battre. J’ai d’ailleurs réussi à capturer un Phénix important, à l’aide d’autres Mangemorts mais j’avais réussi le dernier coup, lui qui passait son temps à nous échapper pendant toute la soirée. » Je reprenais mon souffle, enchaînant les informations sans trop quoi savoir dire, sans trop savoir si ce que je faisais avait un sens en fin de compte mais sans pouvoir m’arrêter malgré tout. « Je suis aussi fiancée. A Donald, comme tu t’en doutes. Pas de grande surprise dans ce que je te dis, mis à part peut-être que ce n’est pas un mariage Sang-Pur arrangé comme le veut la tradition. » Comme Papa et toi, même si le vôtre ne s’est pas déroulé comme prévu et qu’il avait été précipité, pensais-je.

J’allais enchaîner sur le fait qu’elle me manquait et que la cohabitation avec mon père et mon frère se passait malgré tout sans encombre majeure quand une voix me demanda si c’était bien ma mère. Cinnamon. Cinnamon Avery. Je ne savais quoi penser de la jeune femme car je ne la connaissais pas. Je savais qu’elle était la fiancée de Graham et qu’elle avait fauté à Halloween. Toutefois, d’après les dires de Graham, sa « faute » n’allait pas empêcher le mariage. Mais elle devait se racheter auprès de la faction quand même. Alors Graham pouvait dire ce qu’il voulait, il ne faisait probablement pas assez le poids pour changer le regard des gens sur Cinnamon. J’aurais pu la juger comme tous les autres mais quelque chose me disait qu’il ne fallait pas. En temps normal, je l’aurais fait. Comme je l’aurais incendié de m’avoir dérangé dans un moment pareil. Mais cette année et cette dépression m’avaient légèrement changée, en plus de vouloir faire un effort pour Graham. Et puis, peut-être regrettait-elle son action d’Halloween ? Peut-être avait-elle réussi à se racheter en fin de compte ? Comme l’avait dit mon père à une époque me semblant désormais bien lointaine, « les conséquences de nos actions sont toujours si complexes, si diverses, que prévoir l’avenir est une entreprise bien difficile ».  

« Oui, c’était ma mère. », répondis-je avec un maigre sourire en passant mes mains sur mes joues au cas-où il y aurait des larmes à enlever. « Et toi… Qui viens-tu voir ? » J’avais laissé un blanc de quelques secondes avant de poser ma question. Ce n’était franchement pas dans les habitudes de la Marion d’avant de poser ce genre de question, surtout dans un moment pareil, mais il était évident qu’elle n’était pas venue pour la même personne. Et que je restais malgré tout curieuse, en bonne ancienne Serdaigle que j’étais.


♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Lun 30 Déc 2013 - 6:55

La date sur la pierre m'a rappelée quel jour nous étions, et out ce que cela signifiait. Une part de moi aurait voulu être auprès d'Arutha pour le soutenir mais une autre avait besoin d'indépendance. Cela faisait un an que nous étions là, maintenant et ma vie avait radicalement changé. J'avais changé. En l'espace d'un an, j'avais l'impression d'avoir grandi mais l'année suivante me changerait encore plus. J'étais curieuse mais pas téméraire, pourtant. J'avais un peu de cette année qui s'annonçait. Contrairement à Marion, je n'avais pas de bague de fiançailles mais qui en avait besoin quand de toute façon vos parents avaient déjà tout prévu ! C'était à eux que revenait la bague, finalement. En fait, je crois que c'était à eux d'épouser les Vaisey puisqu'ils les aimaient tant. Mais tout ça, je l'ai gardé pour moi et j'ai doucement acquiescé à la questions de Marion, lui montrant une pierre au bout de la rangée où nous

– Ma tante. Elle est partie il y a quelques mois.

On oublie si souvent que la mort peut aussi frapper à domicile, sans avoir à aller la chercher à l'extérieur. Une maladie, une chute, un âge avancé... Ma tante n'était plus toute jeune et avait cumulé les trois. Résultat, ce n'était plus la maison de ma tante dans laquelle nous vivions. Mais la nôtre. Pour combien de temps, cela dit, je l'ignorais et je n'avais pas très envie de me poser la question pour le moment. En présence de Marion, je pensais forcément à Graham. Je ne connaissais pas très bien ses liens avec sa cousine mais en levant mes mains pour les enfourner dans les poches de ma veste, j'ai inspiré profondément. Je ne sais pas, quelque chose m'a poussée, je me suis sentie pousser des ailes, comme si j'avais besoin de dire quelque chose au lieu de subir.

– Je suis désolée...

J'ai finalement relevé les yeux sur Marion avant de hausser les épaules, mon écharpe couvrant mon menton. Et je l'étais vraiment, désolée. J'avais du sang sur les mains maintenant mais ce n'était pas ce qui comptait pour les autres. La première fois que ma mère m'avait dit de m'excuser pour mes actes à Trent Park, je m'étais censée offensée, outrée et vexée. Je ne comprenais pas pourquoi je devais absolument m'excuser. A mon sens, je n'avais rien fait de mal, pas vrai ? J'avais commis une erreur mais il n'y avait pas mort d'hommes dans nos rangs ! C'était peut-être de là que venait le problème. Mais aujourd'hui, après y avoir réfléchi... Je sentais que je devais le faire. Que pour que cette nouvelle année démarre proprement, je devais tout remettre à zéro. A commencer par les Vaisey. Et ce n'était pas non plus mon genre de me confier ainsi.

– Je sais que j'ai causé du tort à ta famille et j'en suis désolée. Je voudrais... Revenir en arrière et agir différemment...

Ca, c'était un mensonge. Cela dit, j'aurais agi différemment oui mais je n'aurais pas laissé les Moldus tuer Aoden sans que j'ai pu comprendre ce qui s'était passé chez lui. En d'autres termes : il était à moi et c'était mon problème, personne n'avait le droit de se mettre entre lui et moi. Et peut-être que je ne saurai jamais ! Que comme Graham disait : il ne valait rien, il s'était juste servi de moi et ce n'était pas plus difficile que ça ! J'avais juste du mal à me faire à cette idée. J'ai pincé les lèvres en acquiesçant.

– Et je suis désolée pour ta mère. C'est pas juste.

Je ne la connaissais pas, en quoi étais-je fondamentalement désolée ? Parce que c'était triste de perdre sa mère, non ? J'avais depuis quelques temps des sentiments étranges que je ne comprenais pas et parfois, il était vraiment difficile de faire la part des choses et je semblais stupide aux yeux de beaucoup. Comme m'excuser pour quelque chose dont je n'étais pas responsable ! Alors, dans un sourire, j'ai fait montre d'humour pour changer.

– Je peux te donner la mienne si tu veux, j'en ai pas besoin, je crois, je te la fais à un bon prix.

Aujourd'hui plus qu'avant, les problèmes que je rencontrais avec ma mère étaient bien présents et nous n'arrivions quasiment plus à communiquer pendant que Papa faisait l'autruche.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Jeu 2 Jan 2014 - 18:05



« Désolée pour ta tante. »

Qu’aurais-je pu dire d’autre après tout ? Que c’était mieux là où elle était ? D’un côté, c’était ce que je pensais pour ma mère, en quelque sorte. Car il aurait fallu une cohabitation « de force » entre mes parents puisqu’on ne nous aurait jamais permis de nous séparer vu les conditions. Et vu leur caractère respectif, cela aurait plutôt mal fini. Du moins, c’était ce que je supposais. Car je ne le saurais jamais.

Je relevais la tête vers Cinnamon lorsqu’elle déclara être désolée à son tour. J’haussais les épaules avant d’esquisser un petit sourire en coin. Les « désolé pour ta mère » avaient été tout ce que j’avais entendu pendant les deux premiers mois à Pré-au-Lard. Alors oui, je savais que c’était une manière de compatir mais ils n’y pouvaient rien. Je n’y pouvais rien. Je devais vivre avec. Lorsqu’on perdait un proche, on devait s’habituer à son absence. C’était ça la véritable étape à passer : s’habituer en acceptant de continuer de vivre qu’avec des souvenirs et des regrets. Je l’avais dépassée cette étape en fin de compte. Et puis, je n’avais rien à ajouter à ça, ayant fait exactement la même chose quelques minutes auparavant. Ce fut le reste qui m’étonna un peu plus et me fit tirer un sourire plus grand inconsciemment. « Causé du tort à ta famille ». Ma famille était la meilleure pour se causer du tort toute seule parfois. Quoique, cela faisait longtemps. Car la scission de mes parents à cause des factions en 2018 n’était pas vraiment passée inaperçue. Mais à l’heure actuelle, elle ne faisait pas vraiment du tort à ma famille mais à la sienne. Ou alors à la partie de la famille qu’elle allait intégrer. Car mon père avait fait ses preuves au sein de sa faction et moi de même. Oublions Theo un instant bien sûr. Bref. C’était bien beau de me faire des excuses à moi mais cela ne servait pas à grand-chose.

« Tu sais, je ne sais pas vraiment pourquoi tu t’excuses. J’ai passé deux jours à l’hôpital après l’attaque d’Halloween, un peu coupée du monde en train de me refaire mettre sur pieds. Et c’est grâce à moi que le Phénix a été capturé alors on ne peut pas vraiment dire que tu m’ais fait du tort à moi personnellement… »

En fin de compte, on ne m’avait rien expliqué. Et j’aurais vraiment aimé savoir le pourquoi du comment. Surtout si Cinnamon s’excusait pour ça.

Je ne répondis rien lorsqu’elle se lança à nouveau sur ma mère. Oui ce n’était pas juste mais oui, j’avais mon plan de vengeance contre ces foutus américains. Ils allaient payer, ça oui. J’avais déjà commencé mon boulot en ayant réussi à attraper Porter. Même si je n’avais pas été seule, je restais fière d’avoir été « celle qui lui avait lancé le dernier sort pour le capturer ». Surtout après la soirée que nous avions vécue dans notre petit groupe.

Cinnamon se décida alors à jouer la carte de l’humour. Je n’étais pas vraiment habituée à ce genre de blagues, si bien que je ne savais pas trop quoi lui répondre. Elle était mal à l’aise, c’était plus qu’évident. Et même moi en cet instant, je l’étais un peu.

« Je doute que mon père réussisse à la supporter. Ou que ta mère réussisse à survivre avec nous trois mais, merci quand même. »

Maladroit ? Sûrement. Mais il ne fallait pas me lancer sur le sujet des blagues, j’étais une catastrophe à ce jeu-là.  Je décidais alors de changer de conversation.

« Et sinon… Si le mariage entre toi et Graham n’est pas annulé comme il me l’a dit, il serait pour quand ? »

Je me forçais à faire la conversation pour une raison qui m’était floue. Probablement pour cerner un peu plus ma future cousine par alliance. Et voir si les accusations sur son compte étaient fondées ou non également.


♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Sam 4 Jan 2014 - 11:07

J’avais oublié ce détail de Marion. Quand j’avais touché le fond en rentrant à Pré-au-Lard, elle avait touché le soleil. Façon de parler. Mais quoi qu’elle en dise, je me sentais un peu obligée de m’excuser. Après tout, elle n’était pas tout à fait de la même branche de Graham mais si ce mariage se faisait alors elle serait là. Et je n’avais pas envie d’être un poids. Cousine proche ou éloignée, il n’y avait pas de différence pour moi. Si la situation avait été inversée ? Je me serais probablement détestée. Mais Marion pensait que je m’excusais auprès d’elle personnellement. Si tel avait été le cas, c’aurait probablement été fait avant. J’en déduisais donc que je me trompais de personne. Je n’avais pas encore réussi à affronter les parents de Graham, j’avais été assez discrète et ma mère m’avait réquisitionnée pour les fêtes, j’avais quasiment dû tout faire pour que ça m’apprenne « les bonnes manière ». Quant aux parents Vaisey pour le réveillon, je m’étais conduite comme la plus insignifiante des des petites filles. J’avais reçu mon ordre de mission et je n’étais plus capable de penser à autre chose. Assurément que Graham l’avait remarqué mais… j’étais de retour maintenant et si je savais, ne serait-ce qu’un soupçon, de ce que j’avais causé comme tort à Marion… Mais à force de grande famille, il devenait difficile de se souvenir qui était marié à qui et dans quelles familles. Je n’avais aucun moyen de savoir pour Lisbeth et Marion, après tout, non ?

Heureusement.

Si Marion était une catastrophe aux blagues, ça se voyait et c’est ce qui m’a faite sourire. Le fait qu’elle ne me lapide pas m’engageait à être, à défaut de familière, plus à l’aise. Qui pouvait supporter ma mère ? Même mon frère, aussi parfait petit Gryffondor qu’il était se planquait parfois dans notre chambre pour lui échapper. Une terreur, Madame ma mère. Quand mon frère était petit, j’avais pris une mauvaise habitude de lui parler en code. Pour dire « maman », je disais « la Dragée Surprise ». Dans certaines familles, on appelait une mère « La Reine Mère » ou « La Marâtre ». Mais pour moi, l’expression sucrée lui convenait tellement que je la surnommais ainsi. Mon frère a pris la même habitude et des fois, mon père s’en rend compte et je n’ai que quelques secondes pour trouver une planque. Si seulement elle savait... Mais c’est la question suivante de Marion qui m’a désarmée. J’ai haussé les sourcils avant de pouffer de rire.

– Ma mère a décidé d’une date mais je ne m’en souviens plus. Je ne sais pas, dans le courant du printemps, je crois. Vous êtes proches, Graham et toi ? Je dois reconnaître que jusque là, je ne me suis jamais intéressée à lui, notre entente n’a jamais été vraiment très… Cordiale. Et je doute que ce mariage le ravisse plus que moi !

J’ai souri un peu plus mais Marion attisait ma curiosité. Est-ce que Graham lui parlait ? Etait-elle comme une soeur pour lui ou juste une cousine ? J’ai haussé une épaule, étant assez détachée du sujet.

– C’est pas tout de suite mais quoi qu’il arrive, on croirait que c’est demain. Je persiste à dire que ça ne changera rien mais si ça les amuse, je suppose que ça les occupe aussi un peu. C’est bien une idée de ma mère mais je soupçonne mon père de l’avoir eue le premier.

Une chatouille dans le nez et j’ai plaqué ma main sur mon visage pour éternuer. Mais un hoquet s’est manifesté en même temps et j’ai cru que mes tripes remontaient le long de ma gorge pendant qu’un bananier cherchait à s’extraire par mes narines. Ca m’apprendra à dire du mal de mes parents. J’ai relevé les yeux sur Marion. J’aurais pu m’en amuser d’être reprise ainsi par le Lord mais j’ai gardé une certaine réserve. Baissant les yeux finalement, j’ai enfoncé mes mains dans mes poches et rentré la tête dans mon écharpe de laine qui me grimpait jusqu’au nez reniflant sous le froid.

– Et toi ? Est-ce que tes parents aussi pensent que te marier serait un pied de nez à l’Ordre du Phénix ?
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Sam 4 Jan 2014 - 15:16


C’était étrange au final cette situation. Cinnamon avait fauté pour une raison que j’ignorais toujours alors que j’avais réussi la mission. Elle se préparait à un mariage forcé décidé dans sa totalité par les parents des deux familles alors que le mien n’avait jamais été prévu. Juste… A faire. Parce que le père de Donald lui avait mis la pression alors que de l’autre côté, mon père semblait bien peu emballé. « Trop tôt » selon lui. Enfin, je n’étais que fiancée, pas mariée. Après tout, nous n’avions pas une deadline à tenir. Juste à gérer mon futur beau-père un peu trop pressé. Je les imaginais déjà ces repas familiaux. Avec mon père face au beau-père aussi Ombre que lui était Héritier. Quand on avait mon père de son côté, on s’assurait un allié de choix. Mais lorsque ce n’était pas le cas, c’était une autre histoire. Les exceptions étaient moi, mon frère (et encore, il fallait qu’il se sorte de sa situation compliquée et que je lui pardonne, ce qui n’était pas gagné) et, un jour peut-être, mon parrain. Alias Edwin Kark. Alias le père de Lexy. Alias le père de la fille qui allait épouser le fils de sa deuxième sœur aînée. Alias son meilleur ami de Poudlard. Il fallait croire qu’on adorait les choses compliquées chez les Vaisey. Que ce soit dans la branche héritière qu’était la mienne ou celle de Graham. Mais pas pour les mêmes raisons.

Cinnamon se contenta de sourire lorsque je répondis à sa blague concernant sa mère. Je n’aurais donc visiblement pas l’explication sur ce qu’elle avait fait à Trent Park. Du moins, tout de suite. Après tout, cela restait quelque chose qui piquait ma curiosité. Et ce serait mentir si je n’avais pas l’impression d’être mise à l’écart. Graham n’avait pas voulu insister. Peut-être arriverai-je à avoir l’information de la part de la concernée ? Vu mon côté direct, il allait falloir la jouer subtile. Du moins, essayer.
La discussion partit donc sur les mariages. Le sien tout d’abord, avec cette question concernant ma relation avec Graham. Cette question était légitime, étant donné nos neuf années d’écart. Lorsque j’étais plus petite, il était le cousin que j’embêtais avec toutes les questions lors des réunions familiales. Sur Poudlard, sur ce qu’il faisait, sur un peu tout en général. J’aurais pu embêter Liz’, qui se contentait de faire la nounou de ses sœurs, Theo et moi, mais ce n’était pas pareil. Liz’ restait Liz’ et avait désormais perdu la tête. C’était triste, mais on ne pouvait rien y faire. Je tirais alors un léger sourire avant de répondre à la question de Cinnamon.

« Graham est un peu le grand frère ultra protecteur que je n’ai jamais eu. C’est lui que j’embêtais il y a bien longtemps avec mes questions de petite fille sur Poudlard par exemple. J’ai entendu parler de sa réputation à peine une semaine après ma rentrée à Poudlard alors je sais qu’il n’a pas été facile à vivre. »

Si le Choixpeau n’avait pas hésité une seule seconde avant de m’envoyer chez les Serdaigles lors de ma répartition, les profs avaient eu un a priori lorsqu’ils avaient lu mon nom de famille. Et ce même si j’étais la fille du Docteur Arthur Vaisey et donc pas la petite sœur de Graham. Mais cet a priori était très vite parti.

« Il est aussi protecteur que Donald et souvent, m’énerve à agir de la sorte car je n’ai plus cinq ans mais il fait la sourde oreille. Comme Donald d’ailleurs. Alors je me doute qu’il n’a pas dû être facile à vivre à Poudlard. »

Je ne savais pas si c’était ce que Cinnamon voulut entendre, alors je décidais de revenir sur le mariage.

« Puis concernant votre mariage, il se plie aux volontés de son père, tout comme toi avec les tiens. Mais je ne saurais te dire vraiment sa pensée là-dessus. »

Je vis qu’elle voulut continuer sur sa lancée alors qu’un éternuement suivi d’un hoquet la prirent par surprise, me faisant tirer un sourire. Alors que sa question me le fit partir assez vite, me mettait légèrement mal à l’aise. Mais je ne pouvais pas éviter sa question, elle saurait tôt ou tard de toute façon.

« Je pense au contraire que mon mariage serait un des rares à être approuvé par ces plaies de Phénix. Ça va faire quatre ans en avril que je suis avec Donald et nos parents n’y sont en rien là-dedans. Et si on est fiancés depuis peu, c’est parce que mon futur beau-père a mis la pression à son fils. Mon père n’aurait jamais fait ça. Mes parents ne m’auraient jamais forcée un mariage. »

Je baissais la tête, me tournant du côté de la pierre tombale de ma mère. J’avais envie de changer de sujet, en savoir un peu plus sur ce qui s’était passé à Trent Park pour Cinnamon mais même moi, je savais que ça n’allait pas passer en cet instant. Alors plus tard.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Sam 4 Jan 2014 - 22:16

Je n’avais pu retenir un sourire ou un substitut de rire à la mention d’un Graham grand frère super protecteur. On ne pouvait pas dire qu’il s’était tellement présenté comme tel face à moi. A mon retour de Londres, peut-être mais ce n’était pas vraiment de la protection, d’ailleurs. Mais après tout, je n’étais pas ce qu’il pensait, alors il n’était probablement pas ce que je pensais. Voilà qui me rendait tellement curieuse. Mais là n’était pas la discussion. Je ne pouvais pas ne parler que de moi et de mon mariage alors que Marion venait honorer la mémoire de sa mère. Pourtant, elle relançait. J’ai souri à la mention de Poudlard. Non, en effet il n’était pas facile. Mais s’en était-il simplement rendu compte ?

Graham se pliait aux volontés de ses parents. Oui mais peut-être un peu trop à mon goût. Il n’avait jamais une seconde opposé résistance à l’annonce. Même après, son travail avait été de me convaincre. Comment, quelqu’un d’aussi fort, pouvait ainsi se plier sans rien dire ? J’étais moi-même assez docile mais j’avais mes limites. Surtout en matière de mariage. Cependant, ne considérant pas un mariage autrement qu’un bout de papier, je ne comprenais pas à quoi il servait en dehors d’un arrangement. Aussi, les paroles de Marion me laissaient totalement dans le flou. Du moins à moitié. Surtout le fait qu’il soit « approuvé par les Phénix ». Qu’est-ce qui rendait le mien moins approuvé ? Ma tête tournait à cent à l’heure à cet instant, je cherchais la différence et tout à coup, tout ce que Graham m’avait expliqué s’était envolé en fumée. Pourquoi on se mariait déjà ? Quitte à ce que ce soit pour une raison, autant que je sache quel jeu je devais jouer. Et donc, on peut être amoureux, enfin dans une relation proche si j’en croyais Marion, mais devoir quand même se marier parce que les parents l’exigent ?

Comprenez-moi. A cet instant, j’ai cligné des paupières en fixant Marion comme si ce qu’elle me disait était la chose la plus difficile à comprendre et que je m’appliquais pour n’en perdre aucune miette. Je ne suis pas amoureuse mais on me marie pour le bien de la faction, pour montrer aux autres que rien ne nous arrête ? Donc on ne m’a jamais vraiment appris les lois de l’amour, c’est ainsi. Mais pour ceux qui ont reçu cette éducation, qui n’ont donc pas besoin d’arrangement… On les « poussait » à se marier. Et on se demandait pourquoi j’étais perdue ? J’ai cligné des yeux à nouveau, j’ai regardé la tombe de la mère de Marion et j’ai inspiré profondément avant de relever le regard sur ma future cousine par alliance.

– Pardon si ma question semble déplacée ou étrange mais… – J’allais ouvrir la boîte de Pandore – Comment fais-tu pour rester aussi longtemps avec cette même personne ? Je veux dire… Si vous êtes ensemble, vous n’avez pas besoin de vous marier, non ? Le mariage, c’est pour les arrangements, c’est pas ça ? – Je me suis humectée les lèvres en fronçant les sourcils pour reformuler, pas certaine d’être assez claire – Ce que j’essaye de dire c’est… C’est quoi ?

Et ma question était réelle. Nulle moquerie, nulle plaisanterie, ma question était totalement sincère. En d’autres mots : « Marion, c’est quoi l’amour ? » Mes parents n’avaient pas été mariés par amour. Cependant, leur complicité n’avait d’égal que la connerie des Phénix. J’ignorais si c’était que l’on pouvait appeler « amour » mais pour le coup que je me posais la question.

– Si ça fait quatre ans que vous êtes… Tu sais, ensemble… C’est que tu dois vraiment beaucoup tenir à lui, non ?

Cinnamon Ginger Lemon Avery, la paria de Pré-au-Lard. Finalement, être professeur de yoga céleste, à côté, personne ne relevait.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Mar 7 Jan 2014 - 0:21


Très sincèrement, je m’attendais à tout sauf à cette réaction de la part de Cinnamon. Si elle n’avait qu’à peine réagi lorsque j’avais répondu à sa question concernant ma relation avec Graham –et vu sa tête, mes soupçons concernant le comportement de mon cousin à Poudlard et en général devenaient alors fondés– elle semblait, non elle était, perturbée par ma réponse concernant mon prochain mariage avec Donald. Elle clignait des yeux comme si elle voyait un fantôme pour la première fois, même si nous étions toujours dans le cimetière de Pré-au-Lard après tout. Comme s’il voyait un Sombral pour la première fois serait alors plus approprié. Avec cette tête, il était difficile de savoir quelle partie de l’information ne passait pas. « Approuvé par les Phénix » ? « Quatre ans ensemble en avril » ? « Pas de pression de la part de mon père » ?

Ou tout simplement toute l’information en elle-même.

Je fus tout simplement surprise de ses questions. Cinnamon Avery, plus âgée que moi et probablement plus sociable que moi, ne comprenait pas le principe du couple. N’avait que l’idée du mariage arrangé Sang-Pur en tête. Et n’était donc… Jamais tombée amoureuse ? Je fronçai les sourcils, voulant répondre mais aucun son ne sortit de ma bouche. Cinnamon Avery, avec sa question naïve, venait de perturber le petit génie Marion Vaisey. Venait de me perturber, moi. Une première.

C’était étrange, je n’étais pourtant pas la personne la plus calée dans ce domaine pourtant. Donald en serait témoin, j’étais meilleure dans nos disputes en plein couloir de Poudlard pour une débilité que la cruche amoureuse de son petit-ami à rire pour rien à n’importe laquelle de ses blagues. Je n’étais pas de celle que l’on prenait en exemple comme petite-amie parfaite. J’étais probablement le contraire aux yeux de tous. Je me souviens même de Donald m’ayant relaté que cette peste de Clio Kark lui avait fait remarqué que je ne le méritais pas, vu la façon dont je le traitais en public. Non, très franchement, je n’étais pas celle à qui il fallait poser la question. Même si, malgré mes règles en public, nos disputes que je gagnais souvent et le fait que je n’étais pas une de ses anciennes cruches lui tournant autour, je savais que je l’aimais. Et vice-versa. Cette sensation qui nous faisait savoir que s’il lui arrivait quelque chose, j’allais mal le vivre, autant que si cela avait été quelqu’un de ma proche famille que j’appréciais. Que je pouvais tout lui dire sans jugement, qu’il m’acceptait avec mes défauts et qualités et que, même si je le traitais de tous les noms, je faisais malgré tout de même. Cette sensation qui, si je le perdais, je perdais également une partie de moi.

« Je ne vois pas comment répondre à ta question, Cinnamon. Je… On est ensemble comme le sont ces couples dans les romans à l’eau de rose que l’on peut trouver. Le cliché de la sorcière intelligente avec le sorcier sportif, c’est mon couple. Et j’arrive à rester aussi longtemps avec lui parce que… Parce que… Parce que si je le perdais, je perdais une partie de moi en quelque sorte. » Je parlais de sentiments, je ne me reconnaissais pas moi-même. « Alors oui, je tiens à lui. Même si ce n’est pas la première chose qu’on te dira si jamais tu demandes à n’importe quelle personne nous ayant connu à Poudlard. » Je lâchais un petit rire avant de continuer. « Après, pour répondre à ta question concernant le mariage, le nôtre est un arrangement qui arrange tout le monde. Je ne marie pas quelqu’un que je ne connais pas ou que je déteste. Je ne vais pas être coincée dans une maison avec une personne inconnue ou haïe. Je ne vais pas… Être intime ou avoir des enfants avec quelqu’un que je haïs ou que je ne connais pas non plus. » Cette discussion me faisait aller trop loin. Avoir des enfants, maintenant ? Oula non. Non non non et renon. Déjà que le mariage n’était pas un sujet à l’ordre du jour, sachant que le patriarche Rowle allait probablement lâcher du lest sachant que son fils était bien fiancé alors on verrait dans longtemps pour la descendance. « Ce que je veux dire c’est que ce mariage reste quand même un bon arrangement entre les familles Vaisey et Rowle, mais qu’il n’a été en aucun cas créé par les parents. Il a juste été, d’une certaine manière, approuvé par les parents. » Même si je restais une petite fille ayant grandi trop vite aux yeux de mon père. Et que si être fiancée ne me faisait rien à part me rendre fière, je ne me voyais pas mariée de suite. J’avais une carrière à penser en premier avant de penser à la descendance. On n’arrivait pas au poste que je vise en ayant un enfant sur les bras alors qu’on venait à peine de sortir de l’enfance.

Je regardai Cinnamon, légèrement interdite et mal à l'aise. Je me demandais si j’avais réellement répondu à sa question plus qu’étrange, même si pour la première fois je doutais de ma réponse. Et cela me perturbait plus que de parler d’amour dans un cimetière à côté de la pierre tombale de ma mère.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Mar 7 Jan 2014 - 6:59

A nouveau j'ai cligné des yeux. Je comprenais la pratique mais j'avais encore des difficultés en ce qui concernait les sentiments. Je n'avais jamais ressenti ça et à l'écouter, je me demandais si elle se rendait seulement compte des paroles indirectes qu'elle m'envoyait. J'ai haussé les sourcils quand elle a énuméré ce qu'elle ne faisait pas... Mais que moi j'allais faire. Epouser un inconnu, un qu'on détestait et j'allais devoir être intime avec cette même personne et sûrement avoir des enfants - très vite à en croire ma mère qui avait déjà commencé à tout préparer - alors j'ai dégluti parce que le tableau qui était peint là me faisait un peu peur. Quand bien même ma relation avec Graham s'était adoucie depuis Londres, nous n'étions pas encore en phase. Et si c'était le cas, c'est juste parce qu'il me faisait peur. Non pas lui en tant que personne mais ce qu'il pouvait me faire ressentir. Plonger dans l'inconnu ne me ressemblait pas. J'avais beau m'être portée volontaire pour Londres, je n'étais pas quelqu'un qui aimait prendre des risques. Finalement, nous étions deux interdites perdues dans nos pensées secrètes à nous fixer comme si l'autre avait la réponse à une question des plus mystérieuses. Et puis au bout d'un moment, j'ai légèrement balbutié avant de froncer les sourcils.

– Donc... Ce qu'ils disent parfois dans les histoires comme quoi quand on est amoureux, on pourrait donner sa vie pour un autre... C'est vrai ?

Je me rendais compte de la bêtise que je renvoyais mais je n'arrivais pas à m'arrêter. J'avais vraiment besoin que quelqu'un m'explique. J'étais capable de m'énerver, j'étais capable d'être dans une telle rage que je pouvais menacer de tuer quelqu'un - Graham au hasard - je pouvais faire voler de la vaisselle pour me passer les nerfs, je pouvais fondre en larmes de tristesse ou de désespoir... Mais jamais je n'avais ressenti cette chose qui se passait parfois autour de moi. Est-ce que quelque chose clochait chez moi ? Je me demandais si un jour ça m'arriverait. A défaut d'être jalouse de Marion, j'étais curieuse. J'ai haussé les épaules. Nous verrons bien ce qu'il adviendrait de moi mais pour l'heure ? Je n'étais pas rassurée. Assurément que ce n'était pas avec Graham que j'allais connaître ça. Etait-ce seulement possible ? Y avait-il lui-même songé ? Est-ce qu'il réfléchissait autant que moi ? Aucune idée. Pour la mission, j'avais disparu pendant près de deux jours, je me demandais s'il 'lavait remarqué. Mes parents oui, ils avaient peut-être informé les Vaisey ? Je pensais à tout ça en gardant les yeux sur la tombe de la mère de Marion. Est-ce que ses parents avaient été amoureux ? Ou est-ce qu'ils étaient tous comme les miens : arrangeants et complémentaires ?

– Cette ville est si calme que je commence à me dire que même si on pouvait en sortir, je resterais vivre ici. Qu'est-ce que Londres maintenant ?

Des restes de Noël, certains avaient probablement préféré faire la fête - laquelle ? - que de s'échanger des cadeaux... Et maintenant, ils préparaient la suite. Mais tout était toujours si calme dans un cimetière. Une nouvelle vie semblait commencer pour moi et comme je vous le disais, je n'étais pas vraiment pour l'inconnu... Et maintenant, Pré-au-Lard était ce que je connaissais de mieux. En sortir me collait la chair de poule. J'ai soupiré avant de regarder Marion, un léger sourire amusé aux lèvres.

– J'imagine qu'un "félicitations" s'impose alors... Félicitations à vous deux.

Non, je n'étais toujours pas jalouse... J'étais réellement curieuse. Je ne pouvais pas me forcer à ressentir quoi que ce soit mais je pouvais tenter de comprendre.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Sam 11 Jan 2014 - 16:36

Une enfant. Voilà ce que me rappelait Cinnamon en cet instant. Une enfant à qui il fallait encore apprendre certaines choses, même si elles étaient difficilement explicables. Après tout, comment expliquer à quelqu’un n’ayant jamais vraiment été amoureux ce que c’était que ce sentiment ? Tous les romans à l’eau de rose tentaient tant bien que mal de l’expliquer, mais il fallait le ressentir pour le comprendre. Seulement, une autre raison me faisait comparer Cinnamon à une enfant : l’inquiétude que je pouvais lire dans ses yeux à cause des propos que je lui avais tenus. Avec ce mariage, elle tombait encore plus dans l’inconnu que moi visiblement, même si je ne connaissais pas exactement la relation entre elle et mon cousin. Mais je n’aurais toutefois jamais cru que quelqu’un serait pire que moi niveau sentiments amoureux. Après tout, je n’étais pas du genre à m’enticher du premier venu ou à « discuter potins et garçons avec les copines » comme le faisaient ces greluches à deux Noises qui appréciaient jusqu’à une certaine époque le « beau joueur des Gryffondors, ouuuuuh ». Nous n’étions qu’un cliché destiné à ne durer que quelques semaines, surtout avec moi. La bague qui ornait mon annulaire droit prouvait que le destin n’était que foutaise. Mais également que j’avais grandi trop vite. Avec cette bague mais aussi avec tout ce que j’avais vécu alors que je n’avais pas encore vingt ans…

J’avais froncé légèrement les sourcils après la question de Cinnamon, réfléchissant à ma réponse. L’amour, c’était sacrifier sa vie pour l’autre… Le doute me prit. Serai-je capable de me sacrifier pour Donald ? Le défendre, c’était une évidence car c’était « ma face de troll » après tout et il m’avait défendu plus d’une fois lorsque son mode chevalier servant s’était activé mais jamais nous n’avions été dans cette optique de se sacrifier pour l’autre. Seulement en y réfléchissant… Oui, peut-être. Voilà tout ce dont j’étais capable pour répondre à sa question. Peut-être.

« Je… J’en sais rien. » Balbutiai-je avant de continuer. Trop de « je ne sais pas » dans ma bouche, c’était perturbant. « Mais prendre sa défense ou s’inquiéter dans des situations critiques, ça oui. » La fuite de Poudlard ou Décembre 2020 étaient deux exemples me venant en tête. Mais le sujet continuait à me mettre mal à l’aise. Je n’étais pas une experte dans ce domaine seulement Cinnamon me « forçait » à rester dans cette conversation-là avec toutes ses questions enfantines. « Si tu me poses toutes ces questions, c’est que tu n’as jamais eu des sentiments pour quelqu’un c’est ça ? » J’avais été directe, en espérant que sa réponse, bien qu’évidente à mes yeux, ferait en sorte de changer de conversation.

Ce qui arriva beaucoup plus rapidement que prévu. Rester ici si on avait la possibilité d’enfin sortir ? Non merci, trop peu pour moi. Cela faisait un an que nous étions entassés les uns sur les autres et la cohabitation avec mon père et mon frère parfois compliquée. Il n’y avait qu’à voir le Noël que nous avions passé. Pas vraiment de cadeaux car rien ne se prêtait à aller faire des achats réellement, des échanges de banalités pour éviter de parler factions et malgré tout toujours des tensions entre mon frère et moi. Bref, la joie en somme.
De plus, retrouver Londres signifiait retrouver le Ministère et avoir la possibilité de sortir de ce poste d’assistante. Je ne comptais pas faire assistante d’Elena toute ma vie mais je savais que ma position actuelle changerait lorsque nous sortirions de Pré-au-Lard. J’avais le même poste que l’abruti Salamander, qui avait toujours eu les mêmes ambitions que moi malheureusement et si sa mère en avait fait son assistant, c’était bien pour une raison. Lui promettre monts et merveilles et l’aider dans cette voie. Et si elle lui promettait tout cela, je pouvais espérer la même chose de mon côté. Mon avenir serait brillant, restait simplement à sortir d’ici.

« J’ai hâte de sortir. Même si Londres doit être dans un sale état à cause de ces Phénix. Car ce confinement me pèse, comme la météo écossaise en quelque sorte. » Je regardais Cinnamon, ne sachant pas comment interpréter ses propos que je décidais de mettre les pieds dans le plat. « Ça s’est tellement mal passé à Londres que tu ne veux pas y retourner ? » Après tout, je voulais toujours en savoir plus sur ce qui s’était passé à Halloween pour elle. Et c’était ma porte ouverte à une nouvelle conversation. Ce fut d’ailleurs pour cette raison que je me contentais que d’un sourire lorsqu’elle adressa ses félicitations. Cette guerre m’avait vraiment fait grandir trop vite.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Mer 15 Jan 2014 - 6:44

C'était étrange, j'avais cette impression bizarre que Marion, qui visiblement allait pourtant connaître un mariage dit d'amour, n'était pas totalement en accord avec ce qu'on pouvait attendre d'une union comme celle-ci. Je repensais aux mots de mon père qui ressemblaient à ceux de Marion. "Le défendre et s'inquiéter pour lui." C'était déjà ce que je devais faire pour Graham pour notre mariage arrangé, alors... Bon sang, quelle était la différence en ce cas ?! Les sourcils froncés, j'ai réfléchis quelques secondes en moi-même avant qu'elle ne relance une nouvelle question. Personne ne me l'avait jamais posée et qui plus est, je ne m'étais jamais demandée... Pourquoi. Doucement, j'ai secoué la tête en guise de réponse. Ces sentiments, peu importaient lesquels, je n'avais jamais rien ressenti de tout ça. Je crois qu'à quelques moments de ma vie, très ponctuels, j'ai connu instant similaire comme par exemple quand je travaillais avec Aoden, mais ça n'a jamais été plus que ça. Mais non. Je n'avais jamais été amoureuse, je n'avais jamais regardé un Sorcier en me disant qu'il me plaisait, je n'avais jamais senti quoique ce soit dans mon estomac à la vue de quelqu'un qui m'intéressait. Sauf peut-être... J'ai haussé les épaules. C'était un sujet épineux pour moi, je détestais en parler. J'avais cette impression désagréable d'être anormale quand on en venait à mes "relations amoureuses" qui, sorties de Graham - c'est vous dire - étaient inexistantes en 26 années de vie.

– Qu'ont-ils fait de Londres ? Ils l'ont sûrement souillée, qui sait s'ils n'ont pas fait des pactes avec les Moldus, qui sait s'ils n'ont pas les mêmes armes qu'eux ? Ils n'ont aucun respect. C'est eux qui ont mis à feu et à sang ce festival. On ne faisait que notre boulot et ils ont tout anéanti. Pourquoi ? Pour que les Moldus s'en prennent autant à eux qu'à nous. - Ma lèvre supérieure s'est plissée en une grimace - Tout ça c'est bien fait pour eux. - J'ai inspiré profondément - C'est comme... Quand j'étais plus jeune. Mon frère grandissait et parfois, il mettait des trucs à la bouche qui étaient à moi. De la bave, parfois des traces de chocolat qu'il avait plein les mains... Je n'en voulais plus. Comme cette peluche qui est à lui maintenant. Londres, j'y suis née, j'y ai grandi, c'était toute ma vie, je n'imaginais rien d'autre. Alors y retourner maintenant, Merlin sait ce qu'ils en ont fait...J'ai inspiré profondément – Peu importe ce qu'il s'est passé maintenant. Je pensais que rien ne pouvait être pire, je m'étais trompée. Je pensais que venir ici changerait tout, ce n'était que le haut de la montagne.

Je me sentais pessimiste, ce qui n'était pas vraiment dans mes habitudes. Mais c'était la vérité. J'avais l'impression que l'Ordre du Phénix avait bavé sur ma vie natale. Je n'avais jamais voyagé, je n'avais jamais vu le monde, je n'avais jamais quitté notre archipel britannique. Tout au plus pour rencontrer celui des McFusty. Mais même de par mon métier, je n'avais jamais vu, par exemple, la Hongrie. Pendant 7 années, j'avais fait Londres-Pré-au-Lard puis j'étais restée à Londres et me revoilà ici. Finalement, quand on y pense...

– Pré-au-Lard est tout ce qu'il me reste... A moi. C'est ici chez moi, maintenant.

Et je ne m'étais rarement sentie aussi lucide depuis un an que nous étions confinés ici.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Dim 26 Jan 2014 - 13:54

J’aurais dû être satisfaite. Le sujet de conversation avec ma future belle-cousine ne concernait plus le mariage ou les garçons en général. Je n’étais pas faite pour ce genre de conversation après tout. Et pourtant, elle avait un goût d’inachevé. Cinnamon s’était contentée de froncer les sourcils, en pleine réflexion intérieure et n’avait pas répondu, secouant simplement la tête. C’était peut-être mieux ainsi. Je n’avais pas eu à trouver un autre sujet de conversation mais sa réponse concernant Londres ne me plaisait pas. Du moins, elle ne répondait pas à la question qui piquait ma curiosité. Ne saurais-je donc jamais quel était l’outrage à la faction de Cinnamon ? Si elle continuait à me répondre de cette manière, probablement.

Je remettais ma cape d’hiver en place tandis qu’un spasme parcourut mon échine. Nous étions toujours dans le cimetière de Pré-au-Lard fin Décembre après tout. Et l’Ecosse n’avait jamais été réputée pour sa météo clémente, n’importe quelle saison de l’année. Mais Cinnamon défendait Pré-au-Lard. Voulait y rester quand tout serai fini.

« Si tout le monde pensait comme toi, Londres deviendrait désert le jour où nous pourrons tous sortir de Pré-au-Lard. Tu ne veux pas faire partis de ces gens voulant repartir sur de bonnes bases ? Il n’y aura plus rien à faire à Pré-au-Lard lorsque nous retrouverons notre liberté… »

Parce que oui, j’y croyais. Qu’on sortirait de là, qu’on donnerait aux Phénix et surtout aux américains une bonne leçon et que notre vengeance réussirait sur toute la longueur. Qu’on allait se battre en somme. Certes, Londres serait dans un piteux état. Mais si nous avions réussi à nous adapter à Pré-au-Lard et à modifier ce qui, à l’époque de mon père, n’était qu’un village jouxté à Poudlard où faire une sortie, nous pouvions faire de même avec Londres. Alors je n’adhérais pas aux paroles de Cinnamon, qui me semblait avoir plus peur qu’autre chose. Son discours n’était pas un discours d’une personne sûre d’elle. Mais je n’allais pas lui faire la remarque. Parce que je faisais des efforts, comme on me l’avait suggéré. « On » étant Donald et Graham, à leurs façons.

« C’est vrai après tout, que feras-tu lorsque tout le monde sera parti de Pré-au-Lard ? Surtout que je doute que Graham accepte de rester ici… »

Cacher le naturel, il revient au galop. On ne pouvait pas me dire que je n’avais pas essayé. Enfin, je ne pouvais pas dire que je n’avais pas essayé de ne pas faire de remarques. Mais il fallait bien qu’elle sache après tout. Et j’imaginais très mal Graham rester à Pré-au-Lard quand tout serait fini. Déjà qu’il me donnait l’impression d’être un hypogriffe en cage ici (et était bien heureux de notre escapade en Inde, du moins au départ) alors ce serait bien pire après.

Je remis ma cape en place, sentant une nouvelle fois le froid se glisser sur ma peau. Je regardais un instant la tombe de ma mère. La discussion nous éloignait de nos buts premiers.

« Je sais que tu devais aller te recueillir sur la tombe de ta tante mais… Est-ce qu’on peut continuer cette discussion en marchant ou ailleurs ? Nous allons finir congelées à rester statiques. »

J’offrais à Cinnamon un moyen de partir, si jamais cela l’intéressait. Je venais de me résoudre à ne pas en savoir plus sur Londres et je commençais vraiment à avoir froid. Rester à Pré-au-Lard ou en Ecosse, cela restait une idée que je ne pouvais pas concevoir, encore plus avec la météo.

Spoiler:
 

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Jeu 30 Jan 2014 - 7:21

Fort heureusement, personne ne pensait comme moi. C'était bien là toute ma vie : j'étais toujours la seule à penser ce que je pensais. Par conséquent, si je finissais par bien me sentir ici, j'étais probablement la seule. Optimisme, réalisme, voilage, résignation, peu importait la raison, c'était comme ça et puis c'était tout. Je me sentais finalement bien ici. Je me demandais même comment je pourrais rentrer chez moi, à Londres dans cette vie qui ne semblait plus du tout m'appartenir. Trop avait changé ici. Et puis je n'étais pas certaine qu'il n'y ait plus rien à faire ici. Après tout, il y avait Poudlard et je trouvais l'école à proximité rassurante. C'était un emblème sorcier, finalement ! Le fait que nous la possédions était convainquant. Mais à la mention de Graham, j'ai relevé les yeux sur Marion d'un coup. Si je n'avais pas pensé à ce fichu mariage de cette manière, c'était chose faite. Une fois mariée, je n'aurais... plus le choix. Les yeux écarquillés, je réalisais petit à petit ce que Graham allait signifier pour moi, comme si l'hippogriffe en cage allait vite être moi, en réalité, confinée à devoir suivre mon mari - que je n'aimais même pas - et probablement sacrifier certaines de mes activités. Soit parce qu'elles ne lui conviennent pas, soit parce qu'en le suivant, je n'ai nulle part où le faire.

Quand Marion a proposé de nous éloigner, j'ai baissé la tête en acquiesçant, soudain bien déprimée. J'ai jeté un regard à la tombe de ma tante, il se faisait tard et je commençais à avoir froid, je reviendrai plus tard. Les mains dans les poches, j'ai commencé à suivre, docile, ma future cousine par alliance avant de reprendre d'un ton assez pauvre.

– Je me sens bien ici. Au début, j'ai cru qu'on m'avait arraché ma vie mais en fait, c'est à croire que je me mets enfin à vivre ici. Alors je sais pas trop. Et je n'ai pas très envie de parler de ce fichu mariage. Il n'y en a que pour Graham. Graham le protecteur par ci, Graham le défendeur par là... Graham la belle famille par ci, Graham la politesse par là, Graham la grandeur et patati et patata. J'ai l'impression de n'être personne avec lui autant que j'ai l'impression d'être devenue quelqu'un ici. Ca me met tellement en colère.

J'avais relevé la tête et soupiré. Mon ton avait du mal à traduire d'une quelconque colère. C'était le yoga, ça. J'étais toujours calme. Finalement, seul Graham m'avait vue devenir folle. Elle était pas belle l'ironie ? J'avais brisé assiettes et verres et j'avais hurlé face à lui. J'ai serré mes bras autour de ma poitrine en rentrant la tête dans les épaules et le nez dans ma grosse écharpe.

– A nous penser pris au piège ici, c'est exactement ce qui finit par se passer. Le but est justement de prendre le train à vapeur inverse. S'ils ont voulu nous confiner ici... A présent qu'ils tentent de nous déloger. Et si des Sorciers décident de rentrer à Londres, Pré-au-Lard sera toujours là. Quoiqu'il arrive... Marion, que crois-tu pouvoir retrouver là-bas ? Je veux dire, les Phénix en ont fait quoi ? On ne sait même pas ce qu'on peut retrouver. Nos maisons existent-elles ? Londres ne me semble plus du tout être chez moi. Depuis un an que nous sommes ici, je me suis rendue compte que finalement, tout ce que nous avons laissé là-bas ne me manque pas. C'est à dire que... Toute ma vie est ici... Maintenant.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Sam 15 Fév 2014 - 12:55

Cinnamon marquait un point dans ses propos, il me fallait l’admettre. Nous étions tous remontés lorsque les deux leaders annoncèrent notre repliement à Pré-au-Lard. Notre enfermement dans cet ancien village devenu ville été très polémiqué au tout début l’an dernier. Vivre en cohabitation avec l’autre faction mangemorte ? Hérésie. Vivre dans un espace si restreint et dans des maisons que jamais nous ne pourrions considérer comme nôtres ? Même combat. Et pourtant, nous nous étions habitués. Tous, sans exception. Cela n’avait pas été une partie de plaisir mais nous nous étions habitués à nos vies ici. Même si cela ne signifiait pas que nous voudrions rester ici le reste de notre vie, ou le reste de cette guerre interminable dans tous les cas.
Seulement, sa colère –ou ce qui y ressemblait même si mes colères étaient loin d’être aussi calmes– concernant Graham m’étonna. Que pouvais-je faire de ses fiançailles ? Après tout, lorsqu’elle citait la « belle-famille », j’étais concernée. De loin, mais concernée tout de même. Je connaissais mieux Graham qu’elle après tout mais en même temps, je ne connaissais pas vraiment la même partie de Graham qu’elle. Peut-être aurait-elle eu plus de chance avec Theo ? Lui aussi ne connaissait pas la même personnalité de notre cousin…

Je me contentais donc d’hausser les épaules alors que nous nous éloignions du cimetière de Pré-au-Lard. Que pouvais-je bien lui dire ? « C’est ton destin, accepte-le » ? Ridicule. « Fais quelque chose pour ne pas juste être Cinnamon Avery, fiancée de Graham Vaisey ? Après tout, tu as déjà commencé avec ce qui s’est passé à Trent Park… » ? Possibilité. Mais secouer la Avery semblait être une bonne option.

« Si tu en as marre d’être considérée comme « personne » sans Graham, fais quelque chose pour changer cette image. Pas la peine de rééditer ce qui s’est passé à Halloween mais en faisant autre chose. Je n’en suis pas arrivée là en me tournant les pouces… »

Et c’était la vérité. Je n’avais cependant pas la même personnalité que Cinnamon mais tout de même. Ce n’était pas en restant là les bras croisés que j’avais réussi à mener à bien la fuite de Poudlard l’an dernier. Je tournais d’ailleurs la tête vers le château avec un léger rire ironique. S’y échapper pour y revenir, en quelque sorte. Ironie, si on en parlait ?

Cinnamon me sortit de mes pensées en me posant une question. Que pensais-je retrouver à Londres ? Ma vie d’avant et une météo plus clémente ? Blague mise à part, j’étais réaliste. Retrouver le Manoir était une chose sur laquelle j’avais fait une croix dessus depuis quelques temps déjà. Mais les institutions étaient toujours là. Ce n’était pas dans l’intérêt de la vermine que de démolir le Ministère ou Sainte-Mangouste pour les refaire. Le pays avait besoin de tourner malgré tout.
C’était tout de même avec les propos de ma future cousine par alliance que je réalisais une nouvelle fois à quel point nous étions différentes. Ce n’était pas en restant à Pré-au-Lard que ma carrière professionnelle allait décoller. Le Magenmagot n’était que peu utile à Pré-au-Lard, enfermés comme nous l’étions tous. Seulement Cinnamon et moi n’avions pas le même choix de carrière. Et si mon père avait tout de même un travail ici et que mon frère serait toujours utile car il y avait toujours besoin de futurs médicomages dans n’importe quelle situation, d’autres activités avaient besoin d’avoir plus de champs d’actions. Et mon rêve de Magenmagot et de tout ce qui allait avec n’allait pas se réaliser ni se construire à Pré-au-Lard.

« Retrouver nos maisons ? J’y ai fait une croix dessus depuis longtemps maintenant. Nos anciennes demeures ont été pillées par ces rats de Phénix et américains, cela ne fait aucun doute. Alors nous ne retrouverons rien à part des ruines en quelque sorte. Seulement, le Ministère sera toujours là, Sainte-Mangouste sera toujours là, la Tour des Médias également. Nous devrons remettre sur pieds nos maisons ou en trouver d’autres pour certains mais le reste sera toujours là. Il y aura à nouveau des changements à faire en revenant sur Londres et autres mais… Cela ne signifie pas que nous allons retourner à nos vies d’avants. Je ne compte pas revenir à ma vie avant Pré-au-Lard… » Car les courriers et la machine à café ministérielle, non merci. « … Mais je compte avoir une meilleure vie qu’avant. Celle qui m’attend, celle que je veux pour moi. »

Même Cinnamon avait à y gagner, plus de clients pour le Yoga Celeste par exemple. Ou un moyen de faire autre chose peut-être.

« Si nous étions définis par l’endroit où nous vivons, nous ne serions pas sortis de l’auberge. Et ce renouveau sera une occasion de revenir sur de bonnes bases malgré tout. »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Sam 5 Avr 2014 - 8:45

Mon destin ? Mais qu'est-ce que le Destin ? Je me suis demandée, alors que je regardais Marion les sourcils froncés de scepticisme, quel pouvait bien être l'abruti congénital qui avait inventé cette notion fataliste et déprimante... du destin. Comme si, en venant au monde, nous avions une ligne droite à suivre, toute tracée, sans échappatoire. Finalement, on est en droit de se demander pourquoi on vit si dès notre premier cri, tout est annoncé d'avance, pas vrai ? En même temps, lorsque nous parlions de destin, n'était-ce pas quelque chose censé être grand ? Plus... déterminant ? Quelque chose... Qui mérite d'être vécu ? Me marier à Graham n'avait rien de très épique, avouez. Mais j'étais obligée et je n'avais rien à dire. Je détestais perdre le contrôle. A Londres, j'avais le contrôle. Je ne regrettais rien de ce qui s'était passé. Mes sourcils se sont un peu plus froncés à la mention d'Halloween mais je me suis contentée de serrer les lèvres. Graham et moi en avions discuté, mon ne savait comment le prendre et ma mère me menait la vie dure. Elle et d'autres Mangemorts qui ne se calmeraient que lorsque quelqu'un d'autre fera une bêtise plus grosse que la mienne - ou qu'ils se seront lassés.

– Je n'en ai pas marre d'être personne sans Graham, j'en ai marre de ne pas être quelqu'un pour ce que je fais dans la vie, je voudrais être reconnue, c'est tant demandé ? Ce n'est pas un homme dans mon lit - j'ai été secouée de frissons incontrôlables - qui va changer quoi que ce soit, encore moins s'il m'a été imposé ! Peu importe... C'est mon destin, pas vrai ?

J'ai secoué la tête et balayé l'air d'une main avant d'ouvrir la porte de l'auberge d'où s'échappaient rires et tintements de coupes. J'ai à nouveau haussé les épaules en la regardant, ml'arrêtant quelque secondes. Si seulement j'avais pu entendre ses pensées. Pourquoi tout le monde croyait que le yoga céleste n'était qu'un hobby ? Un passe temps ? Personne ne voulait donc comprendre que j'avais trouvé ici ma vocation ? Quand bien même je ne m'en contenterai pas toute ma vie, une fois cette guerre gagnée, je pourrai repartir à mes voyages mais le yoga fera toujours partie de moi. Parole de Mangemort.

– Je ne l'ai pas fait exprès, tu sais... A Halloween. Si c'est ça ta question.

Mais si c'était à refaire, je le referais. Je ne le regrettais pas. Parce que les Phénix nous font du mal ne veut pas dire que nous devons nous rabaisser à leur petitesse pour leur donner raison sur ce que nous sommes. Elle avait évité jusque là le sujet ou du moins, n'avait posé aucune question franche. Alors que je me détournais pour rentrer dans l'auberge en me frottant les bras, légèrement tremblotante, j'ai alerté le tavernier de nos présence avec un geste de la main tout en regardant autour de moi. Un regard au comptoir et j'ai eu un sourire étrange, à la limite de la nostalgie. J'avais jeté mon verre au visage de Graham ici deux jours avant de partir pour Londres.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Jeu 17 Avr 2014 - 13:49

Haussement d’épaules. Je ne voulais pas continuer le débat sur le destin ou les mariages imposés. Tout ceci ne nous mènerait nulle part et je n’étais pas là pour jouer les psychomages. Je laissai donc Cinnamon prendre les devants et pousser la porte de l’auberge. Les rires et les tintements de coupes me rendirent pensives : eux aussi s’étaient habitués à ce confinement ou jouaient-ils la comédie ?

Ma question restera probablement sans réponse mais en revanche, une autre allait trouver un semblant de réponse. Cinnamon avait été assez habile pour éviter d’en parler, au point où je ne cherchais même plus à savoir le pourquoi du comment. La faire réagir là-dessus oui, savoir plus tellement. Et pourtant, elle ranima la flamme de ma curiosité avec sa simple phrase. « Je ne l’ai pas fait exprès à Halloween ». Qu’étais-je supposée comprendre de cette phrase exactement ? La Avery n’avait pas fait exprès quoi ? Faire sortir Elena de ses gonds au point de faire savoir à tous qu’elle avait fauté ? Je ne savais pas ce qu’elle pensait que je savais de son histoire à Trent Park mais j’étais toujours dans le noir. Après tout, me soucier des autres groupes de Mangemorts n’avait pas été ma priorité. Notre propre groupe avait eu ses difficultés et ses réussites. J’étais à bout de force lorsque j’avais réussi à capturer Porter et je n’étais pas restée quelques jours à la Clinique parce que je simulais mon état. Alors il allait me falloir plus que ça pour me stopper d’en savoir plus désormais.

Je suivis la jeune femme à l’intérieur de l’auberge et jusqu’à la table que le tavernier nous indiqua. Un frisson parcourut mon échine alors que j’enlevais une couche de vêtements. Je mis quelques secondes avant de m’habituer au changement de température avant de regarder ma future cousine par alliance. Je voulus en savoir plus sur Trent Park mais le tavernier fut plus rapide et prit notre commande.

« Je prendrais une Bierraubeurre, s’il vous plait. », répondis-je poliment avant de laisser la parole à Cinnamon qui commanda à ma suite.

Le tavernier partit aussi vite qu’il fut venu et je me remis à faire tourner ma bague de fiançailles, mes mains sur les genoux, hors de portée de la vision de Cinnamon. Pas à l’aise ? En effet. Mais elle avait lancé le sujet, je ne pouvais plus reculer.

« Juste avant de rentrer tu disais que… Tu ne l’avais pas fait exprès. Mais j’en sais autant sur ta faute que toi sur ce qui s’est passé dans mon groupe à Trent Park. En gros, quasiment rien… »

Je manquais visiblement de subtilité sur ce point-là. Mais je n’avais pas d’autre option pour en savoir plus. J’avais cependant omis de mentionner que j’avais réussi à capturer le Phénix. J’aurais pu lui faire comprendre, car Cinnamon n’était pas censée être au courant de qui avait réussi à faire quoi, surtout pas dans l’espèce de « groupe d’élites » dans lequel j’étais, mais je voulais en savoir plus sur son action à Trent Park, pas la fermer sur le sujet. Ce n’était pas de la modestie mais de la stratégie, en quelques sortes.

« Je ne suis pas là pour te juger, je ne vais pas aller partager l’information sur tous les toits. »

Le tavernier revint avec nos commandes et son plus beau sourire avant de repartir aussi vite qu’il était venu. Décidément, il était efficace. Mais au moins, il ne reviendrait pas une troisième fois pour interrompre la conversation. J’attendais donc de voir si Cinnamon parlerait ou non.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Dim 27 Avr 2014 - 8:31

J'ai commandé la même chose avant de m'installer en face d'elle. Voilà qu'elle remettait cette histoire sur le tapis et je l'ai fuie du regard un instant, comme si je cherchais une sortie. En parler à Graham était une chose, il était mon fiancé, si je voulais le convaincre d'annuler ce mariage, il fallait que je sois honnête. Malheureusement, je crois que ma franchise avait eu l'effet inverse car il m'avait défendue auprès de ses parents, prétextant que ce mariage serait donc toujours d'actualité. Quelle plaie. Pourquoi avoir voulu dire la vérité quand un mensonge m'aurait libérée de lui, de sa famille, et de cet engagement débile ? Un nouveau regard à Marion - ma future cousine par alliance - et j'ai doucement soupiré, commence à abdiquer, petit à petit, à cause de la fatigue. J'avais eu besoin d'être soutenue. Mon frère ne comprenait pas la moitié de ce qu'il s'était passé, mon père était à la coupe de ma mère et se devait de prendre des mesures face à moi, quant aux parents de Graham, je ne pouvais les blâmer. Mon meilleur ami était d'une faction adverse, j'avais peur de le croiser et de ce qu'il pouvait penser de moi quant aux autres, je n'avais aucune confiance... Il ne restait que Graham. Sa réaction à mon égard avait été si unique et inattendue qu'il ne s'agissait plus vraiment de résignation, à présent, mais bien d'abdiquer et d'accepter. Si nous n'étions pas d'accord sur ce mariage, au moins pourrions-nous rendre les choses plus faciles à l'un comme à l'autre... J'ai secoué la tête en remerciant le tavernier de nous servir et je l'ai laissé partir avant de reprendre dans une profonde inspiration.

– Je n'ai pas envie d'en parler, d'accord ? Je ne sais même pas de quel côté tu étais mais je ne sais même pas si c'est vraiment important. Nous n'avons ni perdu, ni gagné, nous en sommes au même point, quand bien même une petite pierre de l'édifice a bougé. Ce que je veux dire, c'est que.. - je me suis humectée les lèvres en relevant les yeux sur elle - peu importe ce que j'ai fait à ce moment-là. Ca ne m'a pas rendu service, j'ai eu un mauvais réflexe et j'espère ne pas avoir à payer cette faute toute ma vie, c'est tout... C'est déjà peu évident pour Graham, j'aimerais simplement que ça ne touche pas plus de personnes.

J'ai serré mon breuvage entre mes mains. Voilà que je cherchais à protéger Graham, maintenant... C'était chose nouvelle. Et puis j'ai roulé des yeux. Marion serait probablement également touchée - même si elle n'était pas la soeur directe de Graham mais une cousine, ils portaient le même nom, celui que j'allais bientôt devoir adopter à vie. - alors il fallait bien que je lui dise aussi, non ? Mais me décider me prenait plus de temps qu'on ne m'en autorisait.

– J'ai voulu me protéger de Moldus... parce qu'ils me terrifient, que je ne les aime pas, et que j'avoue, j'en ai une peur bleue. Mais il y avait deux Phénix devant moi et... Je n'aurais jamais pensé réussir. ma baguette m'avait fait faux bond quasiment toute la soirée, j'étais désespérée. - j'ai haussé une épaule - Mon sort les a protégés aussi. Alors...

J'ai baissé la tête sans toucher à ma Bierraubeurre. Finalement, je me suis passée une mèche derrière l'oreille.

– Caïus m'a faite passer en première ligne, espérant probablement que son cousin m'achève sur le champs pour me punir mais... J'ai dégainé la première. Heureusement. Peu importe, on m'a envoyée en mission pour prouver ma loyauté, j'ai réussi et Graham me croit donc... C'est tout ce qui m'importe. J'aimerais passer à autre chose, maintenant.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Dim 4 Mai 2014 - 22:05



Je fronçai les sourcils au moment où Cinnamon commença à me répondre. Ce sujet était clairement un sujet sensible mais si je voulais savoir, il fallait prendre l’hippogriffe par le bec de temps en temps. Même si là, j’avais titillé la goule plus qu’autre chose. Et qu’elle n’avait pas vraiment répondu ma question. Enfin si, mais de façon très évasive. Et je n’en saurai pas plus de son côté.  

Bièrraubeurre à la main, je pris une gorgée avant de réagir à ses premiers propos.

« J’étais dans un groupe particulier à Trent Park. J’ai passé la majeure partie de l’attaque à l’infirmerie et aux alentours. Nous devions capturer John Porter, le bras droit de Botley, le président Américain. » Je fis une pause, réfléchissant au reste de ma phrase. Cinnamon devait savoir que le dit John Porter croupissait quelque part à Pré-au-Lard. Ce n’était donc pas forcément judicieux de lui apprendre que c’était grâce à moi. Enfin, grâce au groupe, mais surtout à moi. Je pris une autre gorgée avant de continuer. « De mon point de vue, nous avons quand même gagné et eu quelque chose à l’issue de cette soirée. Mais pour en revenir à ce que tu disais, je comprends. » Je ne comprenais pas tout sans les détails ceci dit, mais comme je ne les aurais jamais, autant laisser couler. C’était ce que Donald m’avait demandé de faire dans ces situations-là. Et de nous deux, c’était lui le plus social. « Seulement je t’assure que niveau situations compliquées, je connais. »

L’exemple de la séparation de mes parents m’arrivait en tête, suivi de l’épisode traumatisant de la Galerie des Glaces d’Assapor avec le cousin et la cousine Phénix. Teag- quelque chose, je ne me souvenais plus. Ce n’était qu’un nom de famille, rien de bien important dans la conversation. Même la folie dans laquelle Lizbeth était tombée constituait une situation compliquée pour la famille. Moins direct car les gens n’étaient pas forcément au courant que sa mère était la sœur aînée de mon père (et qu’elle n’avait jamais été à Pré-au-Lard, étant partie à l’étranger lors de l’attaque de l’an dernier) mais tout de même.
Cinnamon en profita pour enchaîner, après avoir hésité quelques instants. J’écoutais ses dires et je ne comprenais pas. Elle a protégé des Phénix visiblement involontairement et on l’avait blâmée pour ça ? A nouveau, je fronçai les sourcils. Quelque chose ne collait pas. Je n’allais pas juger son acte de couardise  –il ne fallait pas avoir peur des moldus mais les traiter comme ils le méritent, c’est-à-dire comme de la bouse de dragon– mais si le sort n’était qu’un sort de défense et que les deux Phénix en ont profité, grand bien leur en fasse. Il fallait juste les éliminer après. Sauf si la situation ne le permettait pas. Après tout, je n’avais pas vécu une soirée des plus calmes et si les moldus étaient aussi agités avec le groupe de Cinnamon qu’avec le nôtre alors ce n’était que partie remise et elle aurait ces Phénix la prochaine fois. Sauf si ce n’était pas si involontaire que ça. Je restais en proie à mes pensées alors que Cinnamon terminait son histoire. Je restai perplexe face aux informations mais ne partageais pas mes pensées. Je ne savais pas quoi penser de tout cela mais si Graham lui faisait confiance, je devais faire logiquement de même. Tout en restant légèrement méfiante malgré tout. Je ne pouvais m’en empêcher même si Cinnamon ne semblait pas être de celle à préparer un plan machiavélique pour aider les Phénix, elle qui voulait rester à Pré-au-Lard quand tout serait fini. Et puis, Cinnamon avait prouvé sa loyauté lors d’une mission. Malgré les questions sans réponse, je décidais de faire confiance dans le jugement de Graham. Peut-être, cependant, devrais-je en savoir plus là-dessus ?

« Si tu as protégé deux Phénix involontairement pour te protéger des moldus et que c’était réellement involontairement, cela signifie que ce n’était qu’un malentendu. Après tout, tout peut arriver dans des situations compliquées comme celle que nous avons vécue à Trent Park. Deux Phénix m’ont bien sauvé la mise dans un moment critique sur feu l’île d’Assapor et cela ne signifie pas pour autant que je les considère comme mes amis. »

Je bus une nouvelle gorgée de bierraubeurre, bien loin de m’imaginer que les deux Phénix dont Cinnamon parlait était les mêmes que les deux que je venais de citer. Je n’aimais pourtant pas parler de cet événement d’Assapor, ni même de cette situation particulière qui m’a valu une dépression et un changement d’épouvantard mais cela semblait adéquat. Je ne cherchais pas à avoir Cinnamon en ennemie, pour Graham.

« Ta mission impliquait des Phénix, je suppose ? »

Peut-être que ma curiosité allait me perdre à un moment donné. Peut-être que Cinnamon allait me détester pour ça. Peut-être qu’à trop vouloir essayer d’appliquer les conseils de sociabilité de Donald, j’en faisais trop. Ce n’était pas naturel chez moi et même moi, je me rendais compte que ma question sonnait étrange. Trop curieuse. Trop.

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.


Dernière édition par Marion J. Vaisey le Lun 5 Mai 2014 - 10:07, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Lun 5 Mai 2014 - 9:45

Marion comprenait ? Je suis restée là, face à elle, mon verre entre les mains, le faisant doucement rouler entre mes paumes, réfléchissant intensivement à tout ce qu'elle me disait. Etait-elle en train de dire qu'elle était donc de mon côté ? Je ne pouvais m'empêcher de me méfier, j'ignorais pourquoi mais je suis restée muette. Je ne pouvais décemment pas m'en plaindre. J'ai porté le verre à mes lèvres alors qu'elle reprenait et j'ai levé les yeux sur elle pour l'écouter. Doucement, j'ai secoué la tête.

_ Ce n'était pas qu'un malentendu pour Caïus.

Ce que je voulais dire, c'était que pour lui, il y avait eu matière à faire un exemple. Du moins c'était plus facile de se dire ça plutôt qu'autre chose. Bien sûr que j'avais voulu me protéger mais Aoden n'avait été qu'un bonus. Quant à l'autre, elle avait eu tout juste de la chance qu'Aoden la protège. Mais ça n'avait aucunement arrangé mes affaires. A sa nouvelle question, j'ai acquiescé en reposant mon verre.

_ Oui. Un de ceux que j'avais protégé. Mais... Je l'ai laissée partir. - j'ai fait une moue des lèvres, cette partie-là, je n'en avais pas encore parlé à Graham. Je venais juste de rentrer - Je ne suis pas une meurtrière, si on m'avait demandé de la tuer de façon explicite... Je ne sais pas si je l'aurais fait. Ce n'est pas une question de loyauté, c'est une question d'estime de soi.

J'avais bien aidé à tuer quelqu'un, cette... Libseth dont j'ignorais presque tout. Si seulement j'avais su le gouffre que cela aurait creusé entre Marion et moi. J'ai inspiré profondément en me redressant. Repenser à tout ça me donnait la chair de poule et j'ai pouffé de rire nerveusement.

_ Est-ce qu'on peut parler d'autre chose ? J'ai déjà vidé mon sac avec Graham et j'aimerais ne pas avoir à revenir là-dessus à chaque fois que quelqu'un me rappelle combien on doute de moi, par ici. La pression de mes parents suffit à me faire office de Rappeltout ! Je ne suis juste pas faite pour ce genre de mission. C'était avant tout un défi que je m'étais lancé. Une rébellion contre Graham à l'annonce de nos fiançailles. Je crois qu'une partie de moi aurait aimé ne pas en revenir pour le faire culpabiliser. C'est idiot, pas vrai ? Il faut vraiment détester quelqu'un pour lui infliger une culpabilié aussi stupide, hein ?

J'ai souri, gênée et j'ai replongé mon nez dans ma bierraubeurre. J'avais suffisamment parlé de moi. J'en avais assez et je commençais à devenir nerveuse à l'idée que des souvenirs avec Aoden reviennent et s'échappent de mes lèvres. Je n'avais aucune envie de donner des doutes à Marion à ce sujet.

_ Qu'est-ce qui s'est passé à Assapor ? Je pense que ces abrutis aiment nous sauver la mise, c'est leur façon de nous dire... "Hey, vous avez vu, on ne s'abaisse pas à votre niveau, et si on s'aimait ?" - j'ai soupiré dans un sourire désabusé - Ils ont pillé nos maisons, que croient-ils ?
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Mer 7 Mai 2014 - 22:48


J’haussais les épaules. Le plus simple était de la laisser parler, encore une fois, pour savoir si je devais réellement lui faire confiance. Je ne m’étais pas décidée sur ce point, même si j’étais ouverte sur ce point. Graham lui faisait confiance, je devais essayer de faire de même. Je faisais confiance à Graham après tout. Je fronçai, légèrement cette fois, les sourcils lorsque Cinnamon ajouta que Papa Salamander ne pensait pas que son action était un malentendu mais ne dis rien. Je me contentai de la fixer et de repérer un quelconque changement dans son attitude. Seulement elle continuait et rien ne changeait. Cinnamon n’était pas vraiment du genre à être du côté de Phénix et à trahir sa faction. Pourquoi n’étais-je toujours pas entièrement convaincue ?

C’était dans ma nature d’être méfiante et Cinnamon ne me ferait pas aller contre ma nature il fallait croire.

J’avais bu la moitié de ma bierraubeurre au moment où la Avery effleura le sujet de sa mission « rédemption ». Elle devait tuer quelqu’un mais n’avait pas réussi ? Si je n’avais pas peur de me salir les mains, surtout pour éliminer de la vermine, je ne pus m’empêcher de me demander quelle aurait été ma réaction face à un ordre de mission pareil. La dernière fois que j’avais utilisé ma baguette pour lancer un Avada, j’étais attaquée par un frère et une sœur Phénix au tout début des événements d’Assapor. La sœur en particulier était une folle furieuse. Elle avait techniquement failli me tuer, je lui avais rendu la pareille en réussissant à le faire et en faisant de même avec son frère.

« Donc pour te racheter, ta mission était de tuer quelqu’un c’est ça ? Assez drastique pour quelqu’un qui doit se racheter auprès de la faction je trouve et peu habituel à mon sens. »

Si la Avery avait ri nerveusement avant de me demander de changer de sujet, je ne pus m’empêcher de lui répondre avec un petit sourire crispé, ne sachant pas comment réagir vraiment. Cinnamon n’était pas une meurtrière peut-être mais je n’avais eu une mission de ce genre et on ne remettait pas mon allégeance en cause. La seule autre personne qui a été testé concernant son allégeance était cet énergumène de Zéphyr Wendle. De ce que je savais, c’est-à-dire pas grand-chose, Zéphyr avait balancé l’ancien emplacement du QG de l’Ordre ainsi que le nom de leur leader. Mais Zéphyr n’avait dû tuer personne pour qu’Elena Mulciber-Kark ne lui accorde sa confiance. De légers doutes revenaient jusqu’à ce qu’elle avoue qu’elle avait participé à la mission de Trent Park pour se rebeller. Décidément, Cinnamon semblait la plus jeune de nous deux dans ce cas présent.

« Cela signifie que tu détestes mon cousin alors ? », avais-je demandé en prenant une nouvelle gorgée, chassant les doutes. Vraiment, Cinnamon ne pouvait pas être une traître à sa faction avec des pensées pareilles.
De plus, je lui avais posé cette question par rapport à ce qu’elle venait d’avouer. Mais après tout, peut-être que son opinion avait légèrement changé depuis la fin Octobre. Allez savoir. Je devais vraiment faire partie d’un groupe très restreint de personnes connaissant mon cousin de façonpositive.

Je fus étonnée cependant que Cinnamon enchaîne sur Assapor et me demande ce qui s’y était passé avec les deux Phénix. Légèrement mal à l’aise, je ne répondis pas de suite, réfléchissant à mes mots. Cinnamon ne savait pas que j’avais fait une dépression à cause de cet événement en particulier et heureusement. Moi qui avais déjà eu du mal à l’admettre…

« C’est compliqué et peu sympathique alors je vais être brève là-dessus. La magie était complètement déréglée et nous avons dû trouver refuge dans la galerie des glaces du parc d’attraction de l’île. Sauf que, comme cette galerie était magique, je savais qu’il ne fallait pas me retrouver dans un des miroirs sous peine de me retrouver coincée. Seulement mon reflet magique ne voulait pas me lâcher et une Phénix, Kaprice si mes souvenirs sont bons, a décidé de me sauver en nous faisant traverser un miroir, emmenant son cousin « Ao’ » avec. » Je repris ma respiration, réalisant que j’avais encore un peu de mal à parler de ce passage. Les séquelles resteraient malheureusement. « Bref, j'ai failli finir écrasée par un miroir magique parce qu'une Phénix avait voulu me sauver dans cette période sombre où il valait mieux se serrer les coudes pour s'enfuir de l'île maudite plutôt que de se taper dessus. Ô joie. »

Perturbée, je fixais ma chope de bièrraubeurre bientôt vide. Six mois après, cet événement arrivait encore à me retourner légèrement l’estomac. Probablement parce que j’étais passée à autre chose, que ma dépression était loin et que je n’en avais pas reparlé depuis. J’étais étrange aujourd’hui, je me confiais bien plus facilement. Peut-être était-ce lié au jour, tout simplement ?

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.


Dernière édition par Marion J. Vaisey le Jeu 8 Mai 2014 - 10:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Jeu 8 Mai 2014 - 7:19

J'ai haussé les épaules à sa question relative à ma mission et j'ai roulé des yeux.

– Ce n'est pas moi qui fais les règles, je n'ai pas eu ce qu'on pourrait appeler le choix.

J'avais souri à la mention de mes sentiments envers Graham. Oui, c'est vrai je le détestais. Malgré tout, ce sentiment avait quelque peu changé ces derniers jours. Pas suffisamment pour accepter ce mariage en toute docilité, néanmoins, les semaines à venir me présenteraient une nouvelle facette de lui. Je me suis contentée de rougir en baissant les yeux dans ma Bierraubeurre.

– C'est une longue histoire mais... c'est vrai, je ne l'aime pas beaucoup.

Et je restais polie...

Et alors que je pensais que j'allais enfin partager quelque chose avec Marion, une sorte de confession de blessée à blessée lors d'une mission, je ne m'attendais pas à ce coup de canon qui a subitement résonné dans ma tête. Inutile d'être devin ou physionomiste pour comprendre que quelque chose avait changé dans mon visage. D'abord, en entendant le nom de Kaprice, j'avais vivement relevé les yeux sur Marion pour l'écouter bien plus attentivement que je ne l'aurais voulu. Mais c'est à la mention d'Aoden que mon sang s'est figé et que mon coeur s'est arrêté. Je serrais la chope entre mes mains, fermement et j'avais perdu mon sourire, ainsi que mon apparence "insouciante". Je fixais Marion avec des yeux blancs, totalement captivée par le reste de son histoire. Si quiconque avait une idée de ma relation avec Aoden - bien que passée - combien de chance y avait-il pour que ces deux Phénix ayant fait aidé Marion, soient les mêmes que j'ai protégés en risquant ma vie auprès de ma faction ? Combien de chances y avait-il pour que j'ai laissé la vie sauve à Kaprice une seconde fois ? Ce n'était pas ma mission, quoique même si cela avait été le cas, j'aurais sûrement manigancé quelque chose. Encore une fois, je ne suis pas une tueuse, ni une meurtrière et je ne vois pas en quoi tuer un Phénix prouverait mon allégeance à l'Ombre. J'allais suffisamment la prouver comme ça en me mariant avec un crétin de la brigade qui se croyait supérieur au monde. J'avais espéré que Marion n'ait rien vu de mon changement soudain avant qu'elle ne relève les yeux de sa chope et je me suis raclé la gorge en acquiesçant.

– C'est leur façon de faire. Ils veulent nous faire croire qu'ils valent mieux que nous, j'imagine.

Je m'étais jurée que la prochaine fois que Aoden serait face à moi, je ne la manquerai pas. C'était une promesse faite à moi-même mais également le message que j'avais fait passer par sa cousine. S'il l'avait bien reçu, j'espérais qu'il entende me croire sur parole. Repenser encore à tout ça m'avait perturbée. Assapor remontait un peu mais Trent Park était encore bien vif dans mon esprit. J'ai cligné des paupières en repoussant ma chope.

– Je crois qu'il faut que je rentre...

J'allais bientôt être malade si je devais encore une fois repenser à toutes ces images qui commençaient à revenir dans mon esprit. J'avais vu dans quel état Kaprice avait mis Lizbeth avant de la balancer du haut de la falaise et j'ai déglutis à ce souvenir qui s'ajoutait aux horreurs que j'avais vues à Trent Park, notamment Aoden brûlé, la blessure au couteau de Brooke et l'Avada Kedavra de cette Prudence. Moi qui avais toujours voulu voir un jour un Sombral... D'une voix blanche, j'ai cligné des paupières.

– Je ne me sens pas très bien, en fait.

Je n'entrerais très probablement pas en dépression, ce n'était pas vraiment mon genre, je pense que cela venait du fait que je gardais mes distances avec le monde déjà de base. Du coup, je prenais le temps dont j'avais besoin pour m'en remettre moi-même. Qui sait, je n'étais peut-être pas si faible que je le pensais.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Marion J. Vaisey
Messages : 2504 Crédits : moi-même (avatar), broadsword (code) & tumblr (gifs)
Age du personnage : 21 ans.
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Assistante au Magenmagot Mangemort
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Panda roux
Epouvantard : Coincée dans un miroir et voir les murs se rapprocher sans réussir à s'en sortir. (Assapor style)
Baguette magique:
Ce message a été posté Mer 14 Mai 2014 - 10:23


J’échappais un léger rire en entendant l’aveu de Cinnamon. Qu’avait donc bien pu lui faire Graham ? De ce que je savais de leur relation, c’est-à-dire pas grand-chose quand on y regardait  de plus près, était qu’ils faisaient partie de la même promotion à Poudlard mais pas de la même maison. Le jour où un Vaisey atterrira à Poufsouffle n’était pas encore arrivé… Non, j’étais méchante. Je n’avais rien contre les Poufsouffle vraiment ni même contre les Gryffondors (j’étais bien fiancée à un ancien Rouge et Or étonnamment) simplement les Vaisey oscillaient entre Serpentard et Serdaigle. Mais là n’était pas la question. Je savais que le Graham que je connaissais et appréciais n’était pas celui que le « reste du monde ou presque » connaissait. Peut-être était-ce de famille ? Nous avions tous une facette publique et une facette privée, des personnes que nous apprécions plus que d’autres également. Graham était aussi particulier que moi concernant les relations avec les autres mais d’une manière différente malgré tout. J’aurais pu lui dire que même mon frère avait ses problèmes avec Graham mais préférai me taire. Cinnamon n’avait pas besoin de savoir.

Alors que j’enchaînais sur mon histoire à Assapor, pensant que cela l’ouvrirait un peu plus, je fus surprise de sa réaction. J’avais relevé les yeux vers elle pendant mon histoire et remarquai son changement d’attitude. Surprise ? Mal-à-l’aise ? Rigide ? Faisant comme si de rien n’était, je terminai mon histoire, sentant un léger nœud dans mon estomac. Je n’allais évidemment pas préciser les conséquences de cet événement sur ma personne. Je gardais mon visage aussi impassible que possible tout en fronçant légèrement les sourcils face à sa réponse.

Pourquoi avais-je l’impression que cette réponse sonnait fausse ? Forcée, du moins ?

Je ne comprenais pas ce qui avait dérangé Cinnamon dans mon histoire. Connaissait-elle les Phénix ? Non, ça me paraissait trop gros. Etait-ce un rapport avec Trent Park et sa mission ? Mes doutes concernant ma future cousine par alliance revenaient au galop. J’étais réellement incapable de faire confiance à quelqu’un juste parce qu’un de mes proches, en qui j’avais totalement confiance, le faisait. Je ne pouvais faire confiance que lorsque je le décidais, privilégiant mon instinct et mes émotions plutôt que ceux des autres. En réalisant cela, je me rendis compte que cela ne m’étonnait peu. C’était pour cette même raison, entre autres, que je n’étais pas sociale et que j’avais un nombre restreint de proches.

Je voulus ajouter quelque chose mais Cinnamon fut plus rapide. Parce qu’il fallait qu’elle rentre, maintenant ?

« Ah, euh… Okay mais… Ça va, n’est-ce pas ? »

Je ne voulais pas que Cinnamon pense que mes doutes la concernant soient toujours présents. Et je ne pouvais m’empêcher d’être perturbée par son comportement étrange. Pourquoi mon histoire l’avait-elle perturbée autant ? Au point de se sentir mal et de ne pas finir sa bierraubeurre alors qu’elle agissait normalement juste avant ? Trop de questions et peu de réponse. J’acquiesçai lorsqu’elle fournit une raison et ne fis rien pour la retenir de partir. Nous payâmes nos boissons et Cinnamon sortit après que nous nous fûmes saluées. J’attendis quelques minutes avant de me confronter à nouveau au froid de l’hiver écossais.

Ce fut une première rencontre plutôt particulière et je n’appréciais guère ce sentiment d’inachevé. J’avais encore plus d’interrogations, plus de questions concernant Cinnamon Avery que je n’en avais avant de la connaître. Je soupirai à cette pensée. L’année 2021 finissait d’une bien étrange manière mais je comptais sur 2022 pour changer la donne. En savoir plus sur la fiancée de Graham et sortir de Pré-au-Lard pour de bon étaient, entre autres, dans ma liste pour 2022.

(sujet terminé)

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

i don't believe in no-win scenarios
« we've all got a past that can hurt us, don't let yours hurt you. »
code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Ce message a été posté

Revenir en haut Aller en bas

Poster un nouveau sujet Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.

Le jury délibère encore... [Cinna/Marion]
PORTOLOINFilet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs