Dogs days are not over ? [Eireann]



 



Dogs days are not over ? [Eireann]
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Ailleurs
Jane E. Callaghan
Jane E. Callaghan
Calamity
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Ce message a été posté Sam 14 Déc 2013 - 23:05

3 novembre 2021


Jane voulait courir. Elle devait carrément se concentrer sur ses pas déjà rapides pour ne pas les accélérer encore davantage alors qu’elle traversait les couloirs de Ste Mangouste. Horizon de murs qui semblaient ne pas avoir de fin.

A l’image du cauchemar dans lequel elle était plongée depuis presque trois jours, en fait. On aurait pu croire qu’elle s’y serait habituée, avec le temps, après tout ce qu’elle avait déjà vu ces dernières années, tout ce à quoi elle avait participé, contribué. Mais non. Cette fois encore, la peur était bien présente.

Malgré elle, la jeune femme détourna même le regard à plusieurs reprises en croisant plusieurs patients claudiquant. Elle ne voulait pas les voir. Elle ne voulait pas discerner la moindre blessure, la plus petite grimace de douleur ou l’esquisse d’une œillade égarée tant qu’elle ne l’aurait pas vu elle.

Ce fut presque essoufflée qu’elle se présenta à l’accueil de l’étage, une bonne femme très affairée derrière le bureau ne prenant même pas la peine de lever le nez de son parchemin.


« Bonjour ? La chambre d’Eireann Callaghan ? S’il vous plaît ? » demanda-t-elle au bout de quelques secondes d’attente.


Elle essayait de se montrer le plus courtoise possible, repoussant une mèche de cheveux qui lui barrait le visage en même temps qu’elle cherchait l’attention de l’employée. Autant dire que le grincement dans sa voix fut des plus audibles. Au moins parvint-elle à ses fins, puisque son interlocutrice daigna se redresser et l’interroger sur son identité, non sans un froncement de sourcils à l’appui.


« Jane Callaghan. Sa cousine. On m’a assuré hier que je pourrais la voir aujourd’hui. A 15h. »


Et on était aujourd’hui. Et il était 15h01.

Tout en lui répondant, elle farfouillait à l’intérieur de son sac posé à même le comptoir. La crainte qu’on lui en refuse l’entrée pour la troisième fois consécutive rendait ses gestes légèrement fébriles et avait raison de son assurance. L’impression de devoir se justifier malgré la légitimité indéniable de sa présence en ces lieux. Aussi s’empressa-t-elle de présenter ses papiers d’identité, la gorge serrée par l’attente.


« Au fond du couloir, deuxième à gauche. » grogna enfin la sorcière de mauvaise grâce tandis qu’elle lui rendait son bien et lui indiquait vaguement la direction.


Les brigadiers qui lui barrèrent la route une fois arrivée à destination se montrèrent aussi peu empressés que l’agent d’accueil. Ils examinèrent soigneusement les pièces, ainsi que le contenu de son sac. Un excès de zèle assez révélateur ; ils se souciaient certainement véritablement de la sécurité de l’aile – après tout, les Phénix soignés ici étaient accusés de traîtrise -, mais Jane avait surtout la sensation qu’ils s’ennuyaient à mort et qu’ils avaient décidé que tant qu’à faire, autant qu’ils ne soient pas les seuls emmerdés. Ou alors, elle en avait tellement raz-la-goule qu’elle se faisait des idées. Ce qui n’était pas très important, en l’instant. Ils finirent d’ailleurs par s’effacer et par laisser passer la demoiselle qui luttait pour ne pas trépigner sur place.

Encore quelques enjambées et elle se trouva devant la porte close. Mit la main sur la poigné. Se ravisa. Leva les doigts pour frapper. Hésita. Réfléchit quelques secondes. Dans quel état se trouvait Eireann ? Qu’allait-elle bien pouvoir lui dire ? Qu’est-ce que … Elle s’ébroua. Elle aviserait. L’important était qu’elle soit venue. Que sa cousine ait la preuve en chair et en os qu’elle n’était pas seule, quoi qu’il arrive.

Elle entra.


« Room service ! » s’exclama-t-elle gaiement tandis qu’elle passait le battant. « Oh Eire … »


A la vue d’Eireann, son sourire factice mourut aussi vite qu’elle l’avait fait apparaître. Elle avait pensé qu’une petite touche d’humour lui permettrait d’affronter ce qu’elle allait découvrir … Que dalle.

N’écoutant que son premier instinct, elle se précipita sur Eireann pour la prendre dans ses bras, au risque de lui faire encore plus mal que ce qu’elle devait déjà éprouver. Les grognements de douleur stoppèrent son étreinte avant qu’elle ne fasse plus de dégâts.


« Pardon. » s’excusa-t-elle tandis qu’elle se reculait pour s’assoir sagement au bord du lit. « Je n’ai pas pu venir plus tôt. En fait, je suis venue dès que j’ai su où tu étais. Mais ils n’ont pas voulu me laisser passer. J’ai à peine pu obtenir des nouvelles. Comment tu te sens ? »


Question assez ridicule s’il en était tant la réponse était évidente. Sauf que Jane n’avait rien trouvé de mieux, sur le coup. Pour quelqu’un d’habitué à l’art délicat de manier les mots, ils lui échappaient totalement. Ce qui en disait long sur son état d’esprit.

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Eireann Callaghan
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Ce message a été posté Dim 22 Déc 2013 - 21:05

Eireann regardait, la mine fatiguée, la femme qui l'assaillait de questions. Qu'elle parte. « Très bien, Mademoiselle Callaghan, je vous laisse. Mais nous avons encore des questions et mes collègues reviendront. » L'enquêtrice se retira et Eireann reposa sa tête sur l'oreiller, pivotant légèrement pour fixer la fenêtre. Elle était épuisée. Elle voulait sortir de ce trou mais n'était pas prête d'y parvenir.



Elle s'était endormie, on l'avait réveillée pour le repas. Et le même manège avait été à nouveau répété un nombre incalculable de fois. Elle ne dormait pas vraiment, mais ne réussissait pas non plus à garder son esprit concentrée sur tout ce qu'il y avait autour d'elle. A quoi bon ? Autour d'elle, tout était fade, petit, lui rappelant que cet enfermement à l'hôpital n'était sûrement qu'un avant-goût d'un enfermement à Azkaban. Finalement, elle préférait dormir. Elle ne rêvait pas. Ou ne se souvenait de rien au réveil. Peut-être qu'on lui bourrait l'organisme de potion sans rêve depuis son arrivée. Si c'était le cas, elle chercherait peut-être à remercier celui qui avait eu cette douce idée. Scarlett avait peut-être insufflait l'idée au personnel. Eireann avait envie de la voir, pour savoir comment elle allait, et Zahid aussi. Elle avait pu voir ses parents furtivement, son frère avait réussi à passer rapidement aussi. Sa grand-mère voulait faire le déplacement aussi mais on ne lui permettait de voir que peu de monde alors elle la verrait en sortant. Si on ne la renfermait pas aussitôt.

La voix de sa cousine la fit sortir de sa léthargie. Une bouffée d'oxygène, de bouffe aussi ? Non, elle avait les mains vides mais la sensation de sécurité qui envahit Eireann suffit amplement à faire taire les jérémiades de son estomac. La voir suffisait à lui rappeler qu'il y avait encore de quoi lutter. Pas pour elle, pas pour sa propre liberté. Jane se jeta immédiatement sur elle, la serrant dans ses bras. L'espace d'une seconde, Eireann oublia tout et se laissa simplement étreindre, fermant les yeux. Ses angoisses étaient écrasées par l'amour que Jane lui communiquait, c'était apaisant. Mais ça ne dura pas. Parce qu'Eireann fut assaillit si violemment par cet amour qu'elle sentit au fond d'elle qu'il serait responsable de la perte des siens si elle se retrouvait complètement acculée par le Ministère.

Jane finit par la lâcher. Eireann la regarda, l'écouta. elle avait mauvaise mine. Elle semblait inquiète. La poufsouffle ne voulait pas que sa cousine s'inquiète pour elle mais elle ne pouvait lui en vouloir. Si Jane s'était retrouvée à sa place, elle aurait été dans le même état. Et elle savait que mentir à Jane ne servirait à rien. Elle savait que sa cousine, son amie, son autre elle saurait lire entre les lignes. Elles étaient bien trop liées pour pouvoir se mentir et pourtant... Pourtant Eireann allait tout de même faire semblant. Elle se mit à sourire, tirant sur les tissus récemment réparés. Elle n'avait plus mal mais devait réapprendre à se servir de chaque parcelle de son corps. Elle essaya d'afficher un air las mais vivant pour balayer son air... Abattu ? « Ne t'en fais pas Jane, j'ai bien vu qu'ils filtraient les allers et venues. Et je suis contente que tu aies quand même forcé le passage. » Elle tourna la tête vers la fenêtre. Lui mentir en la regardant dans les yeux étaient au-dessus de ses forces. « Je me sens... fatiguée. Mais ça va. Je dors beaucoup et bouge peu. Je suppose que ça n'aide pas à retrouver la forme. » Eireann osa rétablir le contact avec le regard inquisiteur de Jane. Son mensonge ne passerait pas mais elle savait au fond d'elle que Jane ne crierait pas au scandale. Parce qu'elles étaient les mêmes dans ce genre de situation. Combien de fois avaient-elles caché à leur famille ce qu'elles avaient parfois subi à Poudlard ? Combien de fois avait-elle fait bloc quand elles avaient été terroristes pour que leurs proches ne s'inquiètent pas trop ?

« Comment vont les autres ? J'veux dire... » Bon. C'était Jane justement. Minimiser son état, oui. Parler de tout et de rien sauf de l'essentiel, non. « Est-ce qu'ils vous ont posé des questions ? Je n'ai pas osé demander à maman et papa... Et Ciaran a fait... Son Ciaran. » Jane lui répondrait. Jane ne chercherait pas à la protéger vainement. Parce qu'Eireann ne pouvait plus être protégée, parce qu'elle avait atteint le fond et que les choses ne s'arrangeraient pas. Surtout pas si chacun s'évertuait à jouer au jeu de l'autruche. C'était sa cousine qui saurait quoi lui dire, qui oserait parler franchement contrairement aux autres. Peut-être pas tout de suite, mais Eireann savait qu'elle était la personne qui savait le mieux comment il fallait d'y prendre. Jane savait que se voiler la face ne servirait à rien, qu'Eire avait de toute façon tellement ramassé que plus rien ne pourrait plus l'écraser plus encore. Quoi que, c'était ce qu'elle se disait à chaque fois, avant de se manger une nouvelle claque en pleine figure...

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Ce message a été posté Lun 6 Jan 2014 - 21:59

« Pourquoi est-ce qu’Eireann me ment ? » fut la première question qui vint à l’esprit de Jane. Elle observa le regard de sa cousine se dérober au sien, sans comprendre. Tout dans ses traits portait les stigmates de ce qui s’était passé à Trent Park, de ce qu’on devait lui faire subir depuis ces trois jours de confinement forcé. Jane sentait ses nerfs se vriller, sa bouche former une moue douloureuse. Dans d’autres circonstances, elle aurait relevé le mensonge. Peut-être même se serait-elle permis de la secouer pour la ramener à la réalité, avec elle, donnant libre-court à l’angoisse qu’elle refoulait depuis les événements.

Mais ça aurait été trop tôt. Trop frais. Et surtout, terriblement égoïste. Elle ne pouvait pas lui faire une chose pareille. Pas face à cette mine éreintée qu’elle arborait. Pas devant cette douleur qu’elle tentait de dissimuler mais qui ne pouvait pas échapper à celle auprès de qui elle avait grandi. La jeune femme s’autorisa donc uniquement une œillade pleine d’interrogation tandis qu’enfin, les prunelles d’Eireann revenaient vers elle.


« Oui. C’est sûr que cela ne doit pas aider, en effet. Et je suppose que personne ne t’a proposé un petit tour à la salle de gym du coin. »


L’humour était encore leur meilleure arme pour affronter l’adversité. Elle chercha la main d’Eireann et la serra dans la sienne. Avec force. Un petit sourire bancal au coin des lèvres. Jane non plus ne faisait guère illusion ce jour-là, néanmoins, c’était mieux que rien.

Son étreinte fut tout de même beaucoup moins assurée lorsque sa cousine entra dans le vif du sujet un instant plus tard. Les autorités avaient dû se contenter de faire leur travail en mode « c’est moi qui pose les questions ». Eireann avait-elle pu avoir accès à un seul journal sorcier ? Elle en doutait fortement. La condamnaient-ils avant même d’avoir étayé leurs informations ? Leur fallait-il absolument des coupables ? Des têtes à faire tomber ? Cette idée révoltait la jeune femme.

D’un autre côté, au vu de l’atmosphère ambiante, elle comprenait leurs méthodes. Après tout, ils travaillaient à la construction d’une nouvelle société pourrie par la dictature depuis presque un an. La tâche s’avérait si ardue qu’ils ne pouvaient tolérer le moindre soupçon de traître dans leurs rangs. Sauf qu’il s’agissait d’Eireann.

Etait-ce donc à cela que Jane était condamnée pour les années à venir ? Tiraillée entre un gouvernement qu’elle avait voulu à tout prix voir naître, son appartenance au Phénix et ses attachements personnels ? Les Américains n’étaient-ils pas censés lui apporter, apporter à sa famille, la sécurité qu’ils avaient promise ? C’était là bien d’autres questionnements qui fourmillaient dans son esprit bien rempli et auxquels elle ne trouverait pas de réponse dans l’immédiat.

Eireann, elle, par contre, en attendait une. Elle voulait savoir et attendait de sa cousine qu’elle soit honnête. Qu’elle ne l’épargne sous aucun prétexte. Malheureusement, c’était trop lui demander là, maintenant. Non seulement elle ne voulait pas être celle qui allait lui porter le coup de grâce, mais en sus, Jane, méfiante, était persuadée qu’on les écoutait.


« Ils vont ... Bien. Ils sont surtout inquiets pour toi et je dois leur faire un rapport dès mon retour au QG. » répondit-elle finalement, pesant chacun de ses mots. « Quant au reste, le Ministère a pris des mesures, comme tu as pu le constater par toi-même. Il fait ce qu’il peut pour limiter les dégâts mais c’est si récent que pour le moment, ça court surtout dans tous les sens en attendant que tout le monde soit d’accord. C’est peut-être pour ça qu’ils ne sont pas encore venus me chercher. »


Elle espérait qu’à l’image de sa cousine, Eireann saurait interpréter ses paroles, qu’elle devinerait ce qu’elle taisait. Jane jeta plusieurs regards appuyés vers la porte close tandis qu’elle parlait. Elle voulait lui parler de l'inquiétude qu'elle avait lu sur le visage de Wallas, des connaissances ou amis qu’ils avaient perdues, de ce qui se murmurait dans les couloirs du Ministère et du QG, de l’interrogatoire qui l’attendait le soir-même. Mais pas ici. Pas tant que la Phénix aurait le moindre doute quant au fait que leurs discours puissent être surpris, mal interprétés, déformés.

Peut-être qu'étant donné son état, Eireann risquait de faire preuve de moins de prudence, aussi Jane prenait cette charge pour deux. Elle lui devait bien ça. En réalité, elle aurait fait n’importe quoi pour elle.


« Mais on aura tout le temps de parler de ça quand tu seras rentrée à la maison ! » reprit-elle d’un ton faussement enjoué. Ce n’était pas Eireann qu’elle cherchait à tromper, plutôt les oreilles indiscrètes. « Tiens, regarde ce que je t’ai apporté ! »


Elle sortit de son sac un petit paquet rectangulaire enveloppé dans un torchon élimé, avant de révéler une bonne part de gâteau dorée et cuite à point.


« Tadam ! Cake au lardons, carottes et ciboulette. Approuvé par les gentils gardes du corps dans le couloir ! »


Les brigadiers avaient paru perplexes en tombant sur l’étrange cadeau. L’un d’eux l’avait même si longuement reniflé que la jeune femme s’était demandé s’il ne cherchait pas un moyen pour le subtiliser en l’accusant d’y avoir dissimulé une fiole explosive. Fort heureusement pour l’estomac grondant d’Eireann, il avait fini par le rendre à sa cuisinière et sa cousine pouvait en profiter à sa guise.

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Ce message a été posté Jeu 9 Jan 2014 - 15:54

La main de Jane dans la sienne, ça avait quelque chose d’apaisant. C’était familier, réconfortant, nécessaire. Eireann se sentait moins seule. Elle ne l’était pas, elle le savait, mais elle sentait un vide immense logé au creux de ses entrailles. Sûrement la part d’elle-même qu’elle avait perdu à Trent Park, cette partie de son âme qui s’était laissé grignoter des années durant pour la cause Phénix et qui avait fini par être réduite à rien en un claquement de doigts, ce soir-là.

Sentir Jane méfiante vis-à-vis de ses paroles, de la porte qu’elle ne cessait de regarder affola légèrement le rythme cardiaque d’Eireann. Sa cousine, sa valeureuse et sage cousine, celle qui savait comment l’apaiser, comment lui montrer la voie à suivre semblait aussi perdue qu’elle. L’irlandaise sentit que la situation pouvait finalement être pire que ce qu’elle avait cru. Après tout, si même Jane, sorcière ayant toujours eu foi en ce Ministère, ayant toujours tenté de faire comprendre aux autres que les choses ne feraient que se bonifier doutait, c’était bien parce que rien n’allait, non ? Eireann regarda tristement Jane. Elle n’avait finalement pas meilleure mine qu’elle et elle s’en voulut. Parce qu’elle sentait qu’elle était la cause de l’inquiétude qui tirait ses traits, qui faisait de la place aux cernes sous ses yeux, qui faisait se crisper par moment les muscles de sa mâchoire. Eire n’avait pas voulu ça. Elle n’avait pas voulu causer de troubles aux siens, elle aurait tout pris pour elle si elle en avait eu l’occasion. Mais c’était à la vie à la mort, toujours, à jamais. L’une pour l’autre, sans condition, sans interruption. Elle ne pouvait blâmer Jane pour son inquiétude : elle savait qu’elle serait dans le même état à sa place, pire même grâce à son côté trop émotif. Pas maillons fort et faible dans leur duo, juste deux maillons parfaitement complémentaires, qu’on ne pouvait délier.

Jane lâcha sa main et Eireann sentit immédiatement le manque. Heureusement, l’odeur de nourriture, de vraie nourriture vint titiller son appétit et le réconfort fut immédiat. Elles se connaissaient par cœur. « Par Viviane ce que tu es parfaite ! J’ai l’impression de ne pas avoir mangé pour de vrai depuis des siècles ! » Ses joues reprirent quelques légères couleurs, elle salivait déjà. C’était fou ce qu’un simple geste pouvait faire du bien. Elle attrapa la part de cake sans se faire prier et commença à l’engloutir, sans se soucier du regard amusé de Jane, prenant simplement soin de ne pas en perdre une miette. « Cwaran a du gsoucis à sfe faire. » C’était bon, c’était merveilleux, c’était Callaghan.

Un bon verre d’eau plus tard, plus une trace du gâteau. Et l’estomac d’Eire jouait des maracas en dansant, tout content qu’il était. Oui, il aurait eu une conscience ce petit si cela avait été possible. « Merci, vraiment. Ce qu’il me donne est… Dégueulasse. » Eireann voulait retrouver le ragout de sa mère, les gâteaux de son frère, la chaleur de son foyer, son petit cocon qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Et si elle n’avait jamais rejoint la cause Phénix, où en serait-elle aujourd’hui ? C’était une question à laquelle elle n’avait pas de réponse. Elle ne pouvait croire qu’elle n’aurait pas souffert, mais peut-être aurait-elle eu moins à subir le poids de ses choix, de ses actes. Est-ce que les sorciers neutres étaient mieux lotis que les autres ? Après tout, ils voyaient les gouvernements défiler, des gens s’entretuer mais restaient libres… Ou presque. Le gouvernement sous la coupe américaine se faisant un plaisir de culpabiliser et punir ceux qui n’avaient pas osé s’élever contre l’oppression. Mais subissaient-ils ne serait-ce qu’un quart de ce qu’elle avait subi ? Certains, peut-être… Eireann s’en voulait d’avoir de telles pensées. Est-ce qu’elle regrettait de s’être engagée ? Non, elle n’aurait pas pu rester sans rien faire. Mais elle regrettait aujourd’hui de s’être complètement abandonnée à cette cause et de s’être oubliée en son sein. Elle regrettait sa vie détruite et ses idéaux balayés. Elle regrettait la fille qu’elle avait été avant tout cela… Peut-être que le Lord n’aurait jamais dû mourir. Raaah ses pensées la jetaient dans un combat intérieur douloureux.

Elle regarda Jane tristement. « Je crois que je ne retournerai pas enseigner à l’Institut. Enfin, si on me laisse le choix. J’ai besoin d’air, j’ai besoin de notre Irlande, de notre maison. Tu m’en voudras si je pars quelques temps ? » Elle essayait de se persuader qu’elle ne serait pas enfermée pour ses actes. C’était plus simple. Parce qu’on lui demanderait de se projeter et si elle était envoyée à Azkaban, elle n’y verrait que la fin… La fin qu’elle avait vue et voulue à Trent Park.

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Ce message a été posté Lun 20 Jan 2014 - 14:38

Il était si bon de voir s’illuminer le visage de sa cousine. Un regain de couleurs et d’énergie, aussi fugace fut-il, valait toutes les fouilles et tous les interrogatoires en règle du monde. Jane ne put pas retenir le léger rire et la grimace quelque peu moqueuse à l’adresse d’Eireann. Même cloisonnée entre quatre murs, l’air perdu, elle restait le ventre sur pattes qu’elle avait connu. Un mince filet d’espoir que son expression empreinte de fatalisme ne soit qu’une passade, un contre coup par-dessus lequel elle sauterait plus tard. Quand tout serait terminé.

Parce que la jeune femme ne pouvait tout simplement pas envisager qu’Eireann soit reconnue coupable. Elles en avaient trop fait, l’une comme l’autre, Eireann encore plus, pour qu’un tel événement balaie son engagement. Jane ferait tout ce qui était en son pouvoir pour que cela n’arrive pas. Et si pour le moment, elle ne pouvait que lui apporter sa présence et un bout de cake, elle plaiderait sa cause le soir-même. Elle n’éprouverait même aucune crainte à aller toquer plus haut, s’il le fallait. Elle avait conscience que du haut de son poste lambda au Ministère, elle n’aurait pas grande influence. Mais après tout, n’avait-elle pas prouvé à Botley, à Metelli et à tous les autres, en presque deux ans de travail pour eux, ce dont elle était capable ? Ce que valait sa parole ? Peut-être était-ce l’occasion de le vérifier.

Et elle savait qu’elle ne serait certainement pas la seule. Elle faisait confiance à ses comparses de l’Ordre du Phénix et à leurs connaissances de bonne foi pour défendre Eireann. A ça aussi elle se raccrochait. Jane voulait se convaincre que le temps de la traîtrise était terminé. Que les bases qu’elle avait reconstruites en Angleterre n’étaient pas vaines.

Que ses doutes sur leurs alliés Outre-Atlantique étaient infondés.

Car, les mois défilant, de petites choses s’étaient accumulées. Outre les méthodes toujours aussi drastiques malgré le temps écoulé, il y avait ces discours qu’elle avait surpris, ces rumeurs qui couraient, le peu de place laissée aux Phénix dans la victoire … Autant de constats que Jane s’efforçait d’ignorer, d’atténuer, de justifier. Trent Park avait été un nouveau pavé dans la mare. Elle espérait seulement que cela ne provoquerait que quelques remous dans son esprit, aussi vites oubliés que créés, et non la tempête que la fille de l’eau qu’elle était craignait.

Espérer. Ne pas cesser. Même face à la mine à nouveau déconfite de sa cousine.


« Bien sûr que non, je ne t’en voudrai pas. A moins que tu m’empêches de venir te voir ! » répondit-elle, un sourire creusant ses joues. « Oui, oui, ma chère, j’ai bien l’intention de te rendre visite ! Et je suis sûre que quelques temps loin de Londres ne pourront te faire que le plus grand bien ! »


Ses doigts avaient retrouvé ceux d’Eireann. Son regard, lui, était déterminé, empli de certitudes. Malgré ses traits pâles et tirés, elle trouvait encore la force de croire. En leur pays. En leur cause. En elles. Mais surtout, en sa cousine.


« Par contre, je te jure que si je trouve une seule bestiole dans l’évier, le lavabo, la baignoire ou pire, dans mon lit, tu regretteras d’avoir quitté cet hôpital ! » prévint-elle d’un ton faussement menaçant.


Petite référence à un certain épisode où l’adoratrice des bestioles en tous genres avait cru bon de ramener des devoirs à la maison. Autant dire que cela n’avait pas beaucoup plus à Jane, même si, par la suite, elles en avaient ri. Et la jeune femme escomptait bien à ce que cela continue !

Néanmoins, le tic-tac de l’horloge murale se rappela soudain à elle et elle y jeta un œil. Elle échappa un grognament de frustration.

« On ne m’a accordé que quinze minutes. En plus, je dois retourner au bureau, j’ai un dossier qui risque de se transformer en beuglante si je ne m’en occupe pas rapidement. » expliqua-t-elle en roulant des yeux. « J’espère qu’ils me laisseront revenir dans les prochains jours. Non, mieux, que tu seras sortie d’ici là. Tu penses repasser pour une nuit ou deux à la maison avant d’aller en Irlande ? »

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Ce message a été posté Lun 27 Jan 2014 - 20:27

Le soutien de Jane lui faisait du bien, même si elle savait qu’il était de l’ordre du naturel. Elles étaient liées, elles formaient un tout et ce depuis leur naissance. Elles étaient deux pièces qui s’emboitaient parfaitement, elles étaient une équipe de choc, un duo qui avait traversé tant d’épreuves… Eireann avait eu l’impression, à plusieurs reprises, de s’être éloignée de sa cousine en vivant des moments durs sans elle, en affrontant des épreuves seule, de son côté. Jane en avait fait de même. L’irlandaise avait eu peur de voir le lien d’effriter à cause de ça. Elles avaient passé tellement d’années à tout faire ensemble que s’extraire l’une de l’autre avait été un déchirement violent pour Eire. Et pourtant, elle avait compris, compris que la distance n’avait rien pu y faire : elles étaient liées par-delà les limites connues. C’était inexplicable, c’était puissant et indestructible. Malgré les disputes, malgré les regrets, malgré les remords. Elles étaient là l’une pour l’autre, quoi qu’il arrive, apportant à l’autre ce qu’il lui faisait défaut. Et Eire espérait pouvoir rééquilibrer un jour la balance parce qu’au fond d’elle, elle avait la désagréable impression d’avoir laissé tourné la machine trop longtemps dans un seul sens. Eireann aurait préféré que ce soit dû à de l’égoïsme mais la réalité était qu’elle n’avait pas été capable d’encaisser les merdes aussi bien que Jane, c’était elle qui était ainsi tombée plus souvent. Trop souvent.

Et encore une fois, Jane trouvait le moyen de la faire sourire. Se souvenir du passé avait pourtant quelque chose de douloureux. Cette douce époque où les choses, sans être faciles, étaient plus vivables lui manquait. Ce temps où son boulot était toute sa vie, vie qui s’articulait autour de sa famille, de ses proches, de ses collègues devenus amis… Eireann avait pris un malin plaisir à peuple la maison de Jane de toutes sortes de bestioles, que ce soit par nécessité ou pure envie de maltraiter amoureusement sa cousine. Les cris et les rires avaient longtemps résonnaient entre les murs, les soirées festives avaient rythmé leurs vies. Aujourd’hui, la fête se faisait rare, la joie quasi inexistante. Eire n’arrivait pas à envisager un retour à cette quiétude qui l’avait étreinte autrefois. Les regrets étaient légion, le résultat lui laissait un goût bien trop amer en bouche.

L’irlandaise se sentait minable et savoir que Jane allait partir fit s’envoler son état éphémère d’apaisement. Mais c’était mieux ainsi, elle ne voulait pas que Jane la voie s’effondrer. Elle ne voulait pas avoir une nouvelle fois à se reposer sur elle. Pas tout de suite parce qu’Eire savait qu’elle aurait grandement besoin de sa cousine dans les semaines à venir et mettre sur ses épaules une telle responsabilité la dévorait d’avance. Elle aurait aimé être plus forte… Mais elle s’était résolue à accepter sa nature faiblarde. « Je partirai dès qu’ils m’y autoriseront. Je ne sais pas encore ce qu’il va se passer… ensuite. » Payer pour ses actes ne l’effrayait pas, c’était la nature de la facture qui la pétrifiait. Azkaban… Songer à la prise lui glaçait le sang. Elle savait qu’elle ne supporterait pas l’enfermement si c’était ce qui l’attendait. « Et puis je pense que personne n’échappera à un repas de famille forcé made in Lizzie Callaghan. Elle serait capable de tous nous ligoter pour nous avoir à la même table en même temps. Déjà qu’elle nous courait après avant… Bref, aujourd’hui, on n’y coupera pas. » Et c’était tant mieux. Eireann devrait faire de gros efforts pour supporter une vie de famille remplie mais elle savait qu’elle en avait besoin, que retrouver son cocon, son vieux confort d’enfant, lui serait nécessaire. Elle avait besoin de tirer un trait sur l’Ordre et tout ce que ça lui avait coûté pour tenter au moins de survivre puisque vivre lui semblait hors de portée. Et elle ne se sentait pas capable d’abandonner les siens, cet égoïsme ne lui ressemblait pas, elle ne se le pardonnerait pas.

Etreintes et menaces mignonnettes plus tard, Jane était partie, laissant un grand vide dans cette chambre trop impersonnelle, trop froide. Eireann se roula en boule sous sa couverture, repliant ses genoux pour adopter une position fœtale. Il fallait qu’elle sorte d’ici. Il fallait qu’elle sorte de cet enfer. Mais avait-elle suffisamment de volonté pour ne pas se laisser entrainer dans cette chute ? Elle n’en était pas certaine.



7 novembre 2021 – Chemin de Traverse


Eireann était enfin sortie de Sainte-Mangouste. Une journée de plus et elle aurait explosé, ayant récupéré ses forces. Si son corps semblait s’être remis, une semaine après le drame, il n’en était rien de son esprit. Pas apaisée pour une noise, elle se sentait plus tourmentée encore. Parce que rien n’était fini. Parce que si elle avait le droit de s’extraire de Londres pour aller gambader dans les près de son enfance, elle n’en restait pas moins obligée de rester sur le territoire britannique, pas moins obligée de se présenter régulièrement au Ministère, ce Ministère qu’elle avait fui deux longues années durant. Y retourner l’angoissait déjà. Revoir les murs, les gens et surtout, y aller en tant que suspecte… Encore un combat qu’elle allait devoir mener. Encore une épreuve pétrifiante, destructrice.

Un grattement à la porte de sa chambre la sortit de ses pensées. Un léger sourire prit place sur son visage. Elle chercha sa baguette et sa main ne se referma que sur le vide. Elle ne l’avait plus. Il faudrait qu’elle aille s’en procurer une nouvelle rapidement, la sienne ayant été laissée à Trent Park, ayant sûrement brûlé… Elle se leva alors et ouvrit la porte pour voir Croupy se jeter sur elle en jappant. Elle le prit dans ses bras et retourna sur son lit, enfouissant sa tête dans la fourrure de son petit animal d’amour. « Toi aussi tu m’as manqué mon gros. On va négocier avec Jane mais… » Un bruissement lui fit relever la tête. Jane était là, dans l’encadrement de la porte. Eireann déplaça rapidement ses fesses pour faire une place à sa cousine et l’inviter à pénétrer dans son monde, prête à la laisser s’immiscer entre elle et la tranquillité à peine retrouvée. « Je me suis dit que… Je pourrais peut-être le prendre avec moi en Irlande. Tu n’auras pas à t’en occuper pendant quelques temps comme ça et il pourra se défouler. » Eireann savait qu’elle ne partirait pas pour longtemps, que relier Londres à leur maison serait facile, mais elle ne pouvait s’empêcher d’avoir l’impression de mal agir, d’abandonner la merde aux autres…

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Jane E. Callaghan
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Ce message a été posté Mar 4 Fév 2014 - 14:45

3 novembre 2021 – Ministère de la Magie


Jane est là depuis une demi-heure.

On l’a conduite dans une petite pièce, un bureau qui pourrait aussi bien faire office de salle des archives tant il est bourré de dossiers et autres parchemins. Il y a tout juste de la place pour la table et les trois chaises nécessaires au bon déroulement de l’interrogatoire.
Trois, parce que c’est exactement le nombre qu’elles sont.

La Callaghan d’un côté, les mains sagement posés sur ses genoux, le dos bien droit. Dont les mains tremblent légèrement. D’appréhension et de nerfs.

Les deux enquêtrices de l’autre, hyper concentrées. La première est une grande brune à l’air revêche, avec une carrure de joueuse de quidditch qui semble avaler toute entière sa collègue aux cheveux rouges coupés courts et à la voix douce. La jeune femme ne les avait jamais vu auparavant, elle a juste reconnu un accent très prononcé sur Midwest et celui, newyorkais, un peu moins marqué.

Pour tout dire, elle n’avait jamais eu affaire à elles et s’en serait bien passé.

Pourtant, elles ne sont pas désagréables. Elles ne lui jettent pas de regards accusateurs, n’essaient pas d’interpréter ses réponses et de les retourner contre elle. Elles se contentent de laisser courir leur plume. Très professionnelles. Elles hochent la tête, posent leurs questions préparées à l’avance. En apparence, tout semble bien se dérouler, donc.

Non, ce qui pose problème à Jane, c’est qu’elle déteste la position dans laquelle elle est. Moins de trois jours après le déroulement des événements, elle accuse de coup de la frayeur qu’elle a ressenti pour sa cousine, des soupçons qui pèsent sur les cinq membres de l’Ordre du Phénix, du Ministère en effervescence. Elle supporte mal cette exiguïté, cet interrogatoire qu’elle n’aurait jamais cru avoir à subir. Pas de cette manière, conduit par les représentantes de leurs alliés, pour spéculer sur l’innocence ou la culpabilité de ceux aux côtés de qui elle se bat.

La partie s’est avérée plus difficile que ce qu’elle avait prévu de prime abord.

Après avoir décliné son identité, on lui a demandé d’évoquer ses interventions au sein de la faction, les raisons qui l’ont poussé à l’exiler pendant presque un an aux Etats-Unis, le rôle qu’elle a joué lors du renversement de Mervyn Kark. Jane s’est contentée de réponses claires et concises, affichant une mine décontractée.

Puis, son assurance s’est légèrement ébranlée lorsqu’il a fallu entrer dans le vif du sujet. Eireann. Elles avaient rejoint l’Ordre du Phénix ensemble, était-ce exact ? Oui. Sa cousine était particulièrement en son sein, n’est-ce pas ? Oui. Au point d’être capturée par l’Ombre de la Rose Noire ? … Oui … Après sa libération, avait-elle paru changée aux yeux de Jane ? Oui, elle avait subi beaucoup de choses durant son enfermement. Cela avait-il remis en cause son implication ? Jamais.

Jane sent le vent tourner. Elle croit comprendre vers où elles veulent l’emmener. La question qu’elles ne posent pas mais qui plane au-dessus de leurs têtes, pesante et oppressante.

Elle fronce les sourcils.

« Eireann a été ébranlée, physiquement et moralement, que ce soit durant son incarcération, mais aussi avant et après, du fait de toutes les batailles auxquelles elle a participé. Comme beaucoup d’autres Phénix. Comme de très nombreux sorciers. » reprend-elle avant que la brune ait le temps d’enchaîner sur autre chose. « Et elle s’en est toujours relevé. Son engagement n’a jamais failli. Elle a continué de croire en la possibilité que nous arrivions à faire changer les choses. Elle a fêté la libération du pays à nos côtés. A mes côtés. »


Son menton est haut et fier. Jane était là. Elle a vu, entendu, écouté sa cousine. Elles ont toujours tout partagé, de la joie à la tristesse en passant par leurs doutes. Elles se sont serrées les coudes, sont montées au front ensemble ou séparément.

Elle ne laissera pas qui que ce soit insinuer qu’elle aurait pu retourner sa cape et travailler en secret pour l’ennemi. Qu’elle ait pu vouer la moindre haine aux moldus.

Les enquêtrices l’observent longuement, sans qu’un poil de leurs sourcils ne bouge. Jane a choisi ses mots avec soin, pour qu’ils aient de l’impact sans toutefois agresser ses interlocutrices. Elle s’oblige à en rester là, à ne pas s’emporter. Elle a envie de leur rappeler tout ce qu’elles ont entrepris, tout ce qu’elles ont pris le risque de perdre. Combien y ont laissé leur vie. Le nombre d’amis, de connaissances ou d’innocents morts sous leurs yeux mais que pourtant, elles y sont retournées. Dès qu’il le fallait. Qu’elle ne comprend pas qu’on puisse remettre tout ça en cause, d’après les affirmations d’un seul homme.

Sauf qu’elle ne peut pas. Le risque d’envenimer la situation est trop grand. Elle craint de ne pas prendre la mesure de toutes les conséquences possibles.


« Hum … Bien, Miss Callaghan. Merci pour ces … Précisions. » déclare finalement la petite, un peu perplexe. « Passons maintenant à Mr Lewis, si vous voulez bien. »


Et ainsi s’enchaîne l’entrevue. La jeune femme prend le parti de Gavin et de Scarlett. Elle a accueilli cette dernière chez elle, c’est bien que malgré son passif, elle a toute confiance en son engagement. Quant à Gavin, elle déplore sincèrement sa mort. Elle le connaissait peu mais suffisamment pour savoir qu’il n’a rien pu faire qui aurait pu compromettre l’intégrité des Phénix. Selon l’Irlandaise, il s’agit d’une bien triste perte.

Elle reste plus évasive concernant Thorne. Il ne faisait pas partie de ses intimes et pour cause, elle ne cache pas qu’il ne lui a jamais inspiré beaucoup de sympathie. Elle n’a pas d’exemple concret pour étayer ce qui n’est qu’une impression mais la présente situation semble confirmer son ressenti. Voici le seul discours lourd de sens qu’elle se permet.

Lorsque pas moins d’une heure plus tard, l’entretien se termine enfin et qu’on la raccompagne à la porte, Jane se sent vidée. Elle a dit tout ce qu’elle savait, a fait tout ce qu’elle a pu.

Mais alors qu’une fois dehors, la pluie gifle son visage, elle ne peut s’empêcher de se demander si ce sera suffisant.



7 novembre 2021 – Chemin de Traverse


« Hey Croupy ! Si tu allais voir où en est notre marmotte ? »


Le chien ainsi interpelé leva une oreille. Il ne lui en fallut pas plus pour filer de son panier, ventre à terre, très pressé de répondre à la proposition de Jane. Cette dernière ne retint pas son amusement, jetant un œil attendri à la sacrée créature qu’elles avaient pour animal de compagnie.

La bouilloire siffla non loin d’elle et elle éteignit le feu tandis que le contenant de métal voletait jusqu’à la tasse posée sur un plateau déjà bien rempli. Brownies au caramel et aux pépites de chocolat, soucoupe de crème anglaise et grains de raisins frais furent bientôt rejoints par un odorant darjeeling.

Ciaràn et Jane s’étaient concertés plus tôt dans la matinée. Ils avaient décidé que tous les moyens étaient bons pour faire reprendre des couleurs à Eireann. Et à défaut de pouvoir lui faire oublier ses tourments, un bon petit-déjeuner était l’idéal pour lui faire reprendre des couleurs – voire un peu de ventre. Son cousin s’était dont mis aux fourneaux et la demoiselle avait endossé le rôle de serveuse. Un excellent compromis.

Leur préparation entre les mains, elle surprit Eire, parfaitement éveillée, en train de faire la conversation à Croopy.


« Négocier avec moi pour quoi ? » interrogea-t-elle, les sourcils froncés dans un air faussement méfiant, trahi par le pétillement de son regard.

Elle déposa le plateau sur les jambes de sa cousine avant d’aller ouvrir les rideaux. Quelques rayons de soleil timides perçaient à travers les nuages. Rien à voir avec le temps auquel elle avait eu droit quand elle avait quitté les bureaux du Ministère, quatre jours plus tôt. Son état d’esprit était lui aussi différent. Si Jane n’était pas au mieux de sa forme, elle le dissimulait au mieux et le retour d’Eireann l’avait tout de même rassérénée.


« Je me suis dit que… Je pourrais peut-être le prendre avec moi en Irlande. Tu n’auras pas à t’en occuper pendant quelques temps comme ça et il pourra se défouler. »


Jane vint s’installer à la place que sa cousine lui avait faite près d’elle, en profitant pour piquer un morceau de gâteau au passage.


« Ch’y vois pas d’inconvénient. » répondit-elle tandis qu’elle engloutissait son larcin. « Tu feras attention que Lizzie le nourrisse pas trop en douce, quand même. La dernière fois, il est revenu avec le ventre qui trainait par terre ! »


Sa tante était aux petits soins avec tous les êtres vivants qui passaient par sa maison, animaux compris. Croupy le savait parfaitement et elle vit la queue de l’animal s’agiter à cette alléchante perspective.


« Alors dis-moi, de quoi tu as envie aujourd’hui ? Tu veux que je t’accompagne acheter une nouvelle baguette ? Juste sortir prendre un peu l’air ? Ou tu préfères rester ici et ne faire absolument rien, à part manger, dormir et discuter avec moi ? »


Sa voix étant douce et malgré l’enchainement de questions, elle avait pris le temps de les amener afin que sa cousine ne se sente pas pressée. La jeune femme savait quand il fallait mettre les formes et, à l’instar de quand elle l’avait retrouvé à Ste Mangouste, ne se sentait pas de la brusquer. Elle préférait respecter ses envies.

Les choses sérieuses viendraient plus tard, quand le moment serait venu et que toutes les deux pourraient affronter ce qui les attendait.

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Eireann Callaghan
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Ce message a été posté Jeu 6 Fév 2014 - 19:30

S'il était arrivée à Eireann de moins manger dans certaines de ses passades où elle était au plus bas, ce n’était pas le cas aujourd’hui. Elle s’empiffrait. La bouffe de Sainte-Mangouste l’avait complètement traumatisée et il fallait que son corps comprenne que ça n’était pas de sa faute à elle. Que c’était de la faute du personnel de l’hôpital. Et pour se réconcilier avec ce petit corps qui avait bien ramassé une semaine plus tôt, Eireann le bichonnait. Un bon bain lui avait permis de se détendre. A peine. Mais c’était toujours ça de gagné. Et le plateau que lui avait amené Jane était une libération. Elle avala sa bouchée à l’aide d’une bonne rasade de jus de fruit. « T’en fais pas, je surveillerai sa ration. Puis je pense qu’elle sera plutôt occupée à me gaver comme un fléreur, comme d’hab’. » Comme lorsqu’elle avait été libérée de sa captivité chez les Ombres et qu’elle avait été forcée de reprendre les onze kilos perdus en une semaine. A la louche quoi.

Eireann ne savait pas de quoi elle avait envie à part des près verdoyants de son Irlande chérie. C’était ce qu’elle avait en tête depuis son réveil dans sa chambre impersonnelle, blanche et froide de Sante-Mangouste : être au grand air, retrouver ses racines et la fille qu’elle avait été avant toute cette merde. Seulement, là, tout de suite, elle ne savait pas quoi répondre à Jane. Une nouvelle baguette ? Elle n’était pas pressée. Elle aurait tout le temps nécessaire pour faire son shopping puisqu’elle avait été suspendue. L’air du Chemin de Traverse ou de Londres en entier ne lui faisait pas plus envie : les regards seraient forcément braqués sur elle. Dans sa tête en tout cas. Cette histoire avait fait la une des journaux, sa tronche avait une nouvelle fois circulé dans tout le pays et Eireann n’avait pas besoin des regards remplis de pitié ou de reproches de ses compatriotes. Elle avait eu sa dose à Sainte-Mangouste.

Et discuter…
Non. Enfin si mais pas… Pas une discussion profonde, elle ne s’en sentait pas capable. Ce n’était pas qu’elle n’avait pas envie de parler, c’était juste qu’elle ne savait plus où elle en était. Quand on lui demandait comment elle allait, Eireann ne savait pas quoi répondre à part que son corps avait récupéré. Mais dans sa tête… C’était le bordel. Parce que Trent Park avait réveillé ses vieux démons. En masse. Ses expériences désastreuses avec les moldus en missions mais surtout la mort de Julian. Il y avait eu Keenan aussi… Ce connard de Keenan. Qui avait une nouvelle fois réussi à mettre à sac son esprit et ses émotions. Et il y avait eu Thorne, et Fetherstonhaugh, et la mort de Gavin. Le bordel Phénix. Et les accusations. Et le retour en arrière. Eireann avait l’impression d’être condamnée à revivre sans cesse les mêmes épreuves. Ah non, la vie lui réservait parfois des surprises. Elle lui donnait de quoi reproduire ses erreurs tout en lui apportant aussi sur un plateau de quoi en faire de nouvelles. Un cercle sans fin, qui grossissait au fil de ses conneries.
Discuter de ça, non. Pas maintenant, pas tant qu’elle n’avait pas fait le point. Parce que si elle se souvenait avoir voulu en finir à Trent Park, elle avait aussi reçu une grande claque. De la part de Fetherstonhaugh, encore. Leur conversation avait remué en elle bien trop de choses. Et elle avait d’ailleurs encore du mal à encaisser le fait qu’un parfait inconnu ait pu si bien cerner ce qu’elle n’avait pas pu voir elle-même. Son orgueil ne s’en était pas encore remis.

Bref, l’irlandaise n’avait pas encore réussi à savoir où elle en était. Et elle espérait que Jane ne le lui demanderait pas. Si Gael avait réussi à la mettre sur la voie, ça ne s’était pas fait sans dommages collatéraux et elle ne voulait pas revivre ça. Pas tout de suite. Et expliquer à Jane pourquoi elle ne savait plus qui elle était, c’était devoir tout lui raconter. Absolument tout. Donc mentionner les O’Broin. Et Eireann ne voulait pas revivre tout ce que l’affrontement à Gringotts avait provoqué. Elle avait peur de voir naître une nouvelle dispute et là, égoïstement sûrement, elle avait surtout besoin que Jane la soutienne. Même si Eire savait que Jane ne la jugerait pas pour ses faiblesses, elle saurait lui faire comprendre qu’elle n’approuvait pas et ne comprenait pas pourquoi Keenan réussissait toujours à la mettre au plus mal. Ça avait été différent cette-fois là, mais Eireann ne saurait expliquer en quoi. Autant ne rien dire. Pas tout de suite. Plus tard.
Ou jamais.

« Je… je veux rester ici. Je compte partir dès qu’ils m’y autoriseront et j’ai besoin de retrouver tout ça. » dit-elle en désignant du regard sa chambre, son confort, ses repères en somme. « J’suis pas prête à raconter tout ce qu’il s’est passé, parce que j’ai pas réussi à faire le tri. Ils m’ont tellement shootée avec leurs potions que tout est encore emmêlé dans ma tête et… J’ai déjà raconté le tout tellement de fois que j’suis fatiguée. » Elle s’en voulait de ne pas être capable, une nouvelle, de confier tout ça à Jane. Mais les enquêteurs lui avaient posé inlassablement les mêmes questions, à plusieurs reprises, espérant sûrement une nouvelle version des faits pour la confondre. « Je… » Elle ravala sa salive avec difficulté. Parce qu’elle se doutait bien qu’elle n’était pas la seule que les enquêteurs essayaient de confondre. « J’suis prête à savoir ce qu’ils vous font subir par contre. » Et c’était vrai. Elle avait besoin de connaître les conséquences de ses actes. Eireann ne regrettait pas son geste, ses paroles, ses pensées. Par contre, elle se détestait. Elle haïssait ce qu’elle avait fait parce que, forcément, ça retombait aussi sur ses proches.

Elle n'avait pas eu le temps de discuter de tout ça avec Scarlett. Sa gredine était sortie plus tôt qu'elle de Sainte-Mangouste et avait dû aller chez ses parents pour montrer qu'elle était en vie. Un peu comme Eireann avait prévu de le faire. La famille, le meilleur rempart contre les merdes de la vie. Mais les merdes qui ne se gênaient pas pour les éclabousser tous.

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Jane E. Callaghan
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Ce message a été posté Ven 14 Fév 2014 - 17:53

Jane se demandait ce que sa cousine pouvait bien ressentir en cet instant, alors qu’elle semblait méditer sa réponse. Elle crut relire sur son visage la détresse qui l’animait déjà lors de sa visite à Ste Mangouste, alliée à abattement certain, voire des traces de mélancolie et de … Colère ?

En temps normal, la jeune femme aurait su décrypter, démêler tout ça. Après tout, elles se connaissaient depuis toujours. Elle aurait pu piocher dans ce large panel, en extirper l’émotion dominante et s’en servir pour l’amener à se confier. Au moins un peu.

Sauf qu’Eireann n’en avait pas envie. Et Jane elle-même n’était pas certaine de pouvoir en supporter beaucoup plus, après tous les événements de ces derniers jours. Elles pouvaient tout aussi bien parler d’autre chose. Ou ne rien dire du tout. Simplement profiter l’une de l’autre, sortir de l’appartement pour aller se balader sur les quais de la Tamise. Tout ce qu’elle voudrait, pour peu que cela puisse permettre à sa cousine de sortir un tant soit peu de sa frustration ou à Jane de se sentir moins impuissante.

Le « tout ce qu’elle voudrait » n’incluant pas ça. Si Jane hocha légèrement la tête aux premières phrases d’Eireann, caressant pensivement la fourrure de Croupy, elle se figea ostensiblement lorsque celle-ci affirma qu’elle se sentait apte à entendre les dernières nouvelles sur les conséquences de ses actes.

Elle se redressa. Passa une main dans ses cheveux en désordre. Son regard rencontra celui d’Eireann. Indécis. Perplexe. Ses lèvres se pincèrent légèrement.

Elle savait ce qu’elle attendait d’elle. Elle savait ce qu’elle voulait entendre, quitte à se faire encore davantage souffrir. Etait-elle en droit de lui faire subir ça, quand bien même c’était elle-même qui le lui demandait ? Pire, en était-elle tout simplement capable ?

Jane renvoyait volontiers l’image d’un de ces rochers que l’eau et le temps patinaient sans jamais parvenir à le déchausser de son socle naturel. Ses sourires étaient francs, ses engagements sincères et réfléchis. Inébranlable et honnête, paraissait-il. Sauf que si cette vision était commode, la réalité, elle, n’était pas si simple. Elle aussi avait trouvé des épaules pour s’épancher durant les heures sombres, celle d’Eireann en premier. Elle ne comptait plus les moments d’abattement qu’elle avait vécu, toutes ces fois où elle se demandait ce qu’elle avait raté, où elle pouvait bien aller, si sa décision avait été la bonne …

Alors non, aujourd’hui, elle n’était pas sûre de parvenir à accéder à la requête de sa cousine. Affronter le Ministère et les vagues de l’attaque de Trent Park étaient une chose. Mettre des mots sur les événements en était une autre. Tout simplement car cela les obligerait à s’ancrer dans la réalité. Une réalité dont la jeune femme ne voulait pas pour le moment, tant qu’elle n’aurait pas pu souffler et prendre le recul nécessaire.

Pourtant, alors qu’elle affrontait les traits meurtris d’Eireann, Jane se dit que c’était certainement l’un des raisonnements les plus égoïstes qu’elle ait pu avoir. Elle avait oublié qu’il ne s’agissait pas d’elle, qu’on se moquait bien de ce qu’elle ressentait. Mais surtout, qu’avec une telle attitude, elle ne faisait qu’inquiéter un peu plus sa cousine et dramatiser la situation.

Elle inspira profondément. Ses lèvres s’ourlèrent enfin d’une ébauche de sourire qui se voulait rassurant.


«  ‘Subir’ est un mot un peu fort. En ce qui me concerne, en tout cas. »
répondit-elle finalement. « Mais bon, quand on y pense, ce n’est pas moi qui suis dans leur ligne de mire. »


« Pour l’instant. » manqua-t-elle d’ajouter, ravalant l’acide avant qu’il ne dévale sa langue qu’elle sentit soudain trop bien pendue. Toute gaieté l’avait quitté et elle lui offrait désormais une mine sérieuse, concentrée. Presque grave.


« J’avais rendez-vous au Ministère le soir où je suis venue te voir à l’hôpital. Ils m’ont interrogé sur toi, sur Scarlett, sur Gavin et sur ce type, là, euh … Gael Fenquelque chose. »


Elle lui détailla brièvement les propos tenus pendant la rencontre, sans s’attarder sur les émotions qui l’avaient assailli à ce moment-là, essayant de mettre en exergue l’impartialité affichée des enquêtrices et surtout, la confiance inébranlable qu’elle avait en les Phénix suspectés – Thorne excepté, naturellement - et tout ce qu’elle pouvait trouver de plus optimiste dans des circonstances aussi houleuses.


« Pour être tout à fait honnête avec toi, Eire, je n’ai pas la moindre idée de si mon témoignage sera réellement utile. Ils ne sont pas dupes. En me demandant de venir, ils savaient parfaitement que je plaiderais en ta faveur et en celle de l’Ordre. » avoua-t-elle en conclusion à son récit. « Néanmoins, si une chose est sûre dans toute cette histoire, c’est que je n’ai pas été et ne serai pas la seule à le faire. »


Elle chercha la main de sa cousine et, ainsi qu’elle l’avait fait à Ste Mangouste, la serra entre ses doigts, ses prunelles remplies d’une détermination et d’une conviction inébranlables.


« Ecoute-moi bien maintenant. Je me doute que tu culpabilises pour pleins de raisons. A cause de nous. Pour les interrogatoires et tout le reste. Okay, la situation au Ministère va rapidement devenir compliquée et s’appeler Callaghan ne va arranger les affaires de personne. Il y a aussi de fortes chances pour que les semaines à venir ne soient pas de tout repos. » continua-t-elle en la fixant droit dans les yeux. « Mais cela ne change rien au fait qu’on sera toujours derrière toi et qu’on ne t’en veut absolument pas. Pour quoi que ce soit. Tu m’entends ? On va affronter ça ensemble. »


Elle desserra légèrement son emprise, laquelle c’était faite plus forte sous le poids de son discours et ses joues se creusèrent à nouveau.

Finalement, la jeune femme avait réussi. Elle était parvenue à dire la vérité sans laisser transparaître ses propres doutes, sans se laisser happer par les révélations de ces derniers jours. Qu’importaient le discours de Wallas ou les accusations qui pesaient sur Gavin. Il fallait d’abord qu’Eireann se remette sur pieds. Et pour ça, Jane en était persuadée, elles avaient plus que jamais besoin l’une de l’autre.

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Ce message a été posté Mer 14 Mai 2014 - 16:07

Eireann serrait la main de sa cousine comme une enfant se raccrochant à la main rassurante d’un adulte dans une situation effrayante. Son honnêteté lui faisait du bien. Jane tentait de la préserver, elle en était certaine, mais sans la traiter comme une victime non plus et c’était tout ce dont elle avait besoin. Quand l’étreinte se fit plus douce, Eireann inspira, longuement, doucement. « Je ne vais pas arrêter de culpabiliser, c’est certain… » Elle réussit à capter le regard de Jane. « Mais je te promets de ne pas en faire une bonne excuse pour m’apitoyer sur mon sort. Je suis fatigue, j’ai besoin d’une pause et le reste de la famille pourra me contempler à longueur de journée pour s’assurer que je vais bien et que je reprends du poil de la bête. C’est un bon compromis je trouve. » Elle offrit à sa cousine un demi sourire, plus c’était encore difficile. « Et ça évitera qu’ils vous harcèlent avec Ciaran pour savoir comment je vais, si je mange, si je fais quelque chose de ma vie… Une sorte de petite épine en moins dans le pied. » C’était un peu d’humour mais ça n’en restait pas moins vrai. Si Eireann restait à Londres, Jane et Ciaran seraient sans cesse forcés de faire des rapports quasi militaires sur son état. Autant qu’elle aille directement en Irlande afin d’alléger un peu le fardeau.


11 novembre 2021 – Callaghan’s Land


« Monte vite tes affaires et viens manger. » Eireann s’exécuta sans demander son reste. Sa mère était intransigeante en matière de nourriture et protester n’aurait servi à rien. Elle prit tout de même le temps de déballer ses affaires une fois dans sa chambre. La veille, la surveillance constante dont elle faisait l’objet avait été levée. Elle avait pu quitter Londres et revenir chez ses parents à condition de se rendre une fois par semaine au Ministère pour détailler ses déplacements. Elle se sentait comme une criminelle et c’était peut-être ce qu’elle était après tout. La voix de Lizzie Callaghan retentit dans la maison et la petite Irlandaise accéléra ses mouvements pour vite retourner dans la cuisine. « Installe-toi et tends ton assiette. - Qu’est-ce que c’est ? - Une soupe au choux agrémenté d’un ingrédient mystère. - Tu as encore mis ce vieux fromage écossais, c’est ça ? - Merci d’anéantir sans remord mon effet de surprise. Merci ! » Eireann offrit à sa mère un sourire franc en réponse à sa fausse mine boudeuse. « Le but est simple : tu manges trop, tu ne peux remonter dans ta chambre tant que la digestion n’est pas terminée et moi, j’en profite pour te questionner. - Evidemment… » Cela non plus n’était pas une surprise et Eireann s’y attendait de toute manière. Lizzie n’allait pas la laisser s’en tirer sans avoir pu lui poser des questions pour s’assurer qu’elle allait aussi bien que possible. La sorcière n’était pas du genre à faire semblant pour préserver les autres, elle préférait mettre les pieds dans le plat une bonne fois pour toutes et allait à l’essentiel. C’était un trait de caractère qu’Eireann admirait chez sa mère même si elle s’en serait bien passée des dizaines de fois.

« Tu veux savoir quoi ? » Installée dans le canapé du salon, face à la cheminée, Eireann tenait sa tasse de café à deux mains tandis que Croupy dormait la tête posée sur ses genoux. « Sur une échelle de un à dix en comparant la chose à tout ce que tu as vécu dernièrement, tu situerais la situation actuelle à quel échelon ? » La jeune femme soupira. « Quelque chose comme huit ou neuf. Je ne suis pas au meilleur de ma forme, je n’ai plus de boulot, j’ai une enquête sur le dos, j’ai vécu une soirée tout sauf agréable et… Si d’ordinaire ça aurait été un six ou un sept, là, l’accumulation renforce le sentiment de… d’effondrement général ? » Au lieu de se répandre en gémissements comme une mère pouvait en pousser face à son bébé tout meurtri, Lizzie se contenta de sourire à Eireann. « Tant qu’on n’atteint pas le dix, il est possible de s’en remettre. » Ce qui était fabuleux mais pouvait aussi être déroutant avec Lizzie, c’était qu’elle ne posait jamais la question fatidique du « comment ça va » en situation de crise. Elle se contente d’une question qui permettait de savoir clairement pour elle ce qu’il se passait dans la tête de ses enfants. Eireann aurait parfois préféré une question lui permettant de répondre « ça va » mais elle ne pouvait mentir à sa mère de toute manière.


13 novembre 2021 – Callaghan’s Land


Eireann entendit Jane converser avec Lizzie en se dirigeant vers la cuisine. Sa cousine avait décidé de passer le weekend en Irlande et Eire n’en était pas mécontente. Elle venait à peine d’arriver et pourtant, n’être qu’avec ses parents, sa tante et sa grand-mère devenait déjà oppressant. Elle les adorait mais elle se sentait comme la petite chose fragile à ménager ou plutôt à toujours occuper. « Je t’aurais bien proposé une balade mais on se les gèle et la pluie n’est pas mon envie du moment. » lança-t-elle à Jane en guise de bonjour. « Tu es arrivée depuis longtemps ? » Autrement dit, depuis combien de temps parlez-vous de moi toutes les deux ?. Eireann se servit une tasse de café et s’installa à la table de la cuisine. John Callaghan arriva à cet instant. « Lizzie, est-ce que nos efforts ont été vains ? Est-ce que nos enfants sont réellement voués à revenir au bercail ? Et dire que nous avons tout fait pour nous retrouver seuls ! - Que veux-tu, on aurait dû moins les aimer pour leur faire passer l'envie de revenir. » Il déposa un baiser sur le front de sa femme avant d’aller serrer Jane dans ses bras. « Est-ce qu’on doit aussi s’attendre à voir débarquer la tornade qui vous sert de cadet ? » Home sweet home…

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On the falling shoals, i wonder why me ?
On my way to the falls, i hope you see
We are heading to the wall even if you are sorry,
While i sing oh
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Jane E. Callaghan
Jane E. Callaghan
Calamity
Messages : 274 Crédits : Myrlu & Bangerz
Age du personnage : 27 ans
Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Employée du département de la coopération magique internationale
Faction : Ordre du Phénix
Maison : Poufsouffle


Rapeltout
Patronus : Elan de Mandchourie
Epouvantard : Le corps d'Eireann en flammes
Baguette magique:
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Ce message a été posté Mer 16 Juil 2014 - 12:03

11 novembre 2021 – Ministère de la Magie


La porte résonna vivement des trois coups portés à son bois. Hector Belish sursauta. Les parchemins qu'il tenait entre les mains s'éparpillèrent autour de lui et il grommela un " Entrez " pour le moins agacé. Sa baguette ayant disparu sous un fatras de paperasse, autres plumes et pots d'encre, il n'eut d'autre choix que de se mettre à quatre pattes pour ramasser le tout.


" Mr Belish ? "


Sa main se suspendit à quelques centimètres d'une des missives de son Directeur de Département. Si ses souvenirs étaient exacts, elle lui faisait part des difficultés rencontrées en Espagne à propos d'un quelconque accord sur une norme de chaudron. Naturellement, son supérieur comptait sur lui, en tant que chef du service commercial, pour intervenir à ce sujet. Naturellement. Et voilà que la douce voix de Jane Callaghan venait résonner à ses oreilles. Quelque chose lui soufflait que cette journée commençait sous de mauvais hospices.

Sa tête réapparut au-dessus du meuble et il croisa le regard perplexe de son employée.


" Miss Callaghan ! " s'exclama-t-il en se relevant péniblement. " Que puis-je faire pour vous ? "


Elle tenait un morceau de parchemin entre ses doigts. Maudits soient ces bouts de papier. Depuis le tragique "accident" de feu l'île d'Assapor, il avait l'impression que ces derniers se reproduisaient comme des billiywigs. Les tâches administratives avaient toujours fait partie du travail d'un agent du Ministère, néanmoins, plus les événements s'enchaînaient, plus la pile lui paraissait s'agrandir.


" Je suis navrée de vous déranger, Mr Belish. " reprit la jeune femme, visiblement pas tout à fait à son aise. " Mais j'ai cru comprendre que vous aviez envoyé Trave à Barcelone et comme vous le savez, je connais bien Don Suarez, notre homologue, alors ... "


Belish l'interrompit d'un geste impatient. Son instinct ne l'avait pas trompé sur les raisons de sa visite impromptue.


" Oui, oui, je ne l'ignore pas, Miss. Seulement, j'ai besoin de vous à Édimbourg ce mardi. " Il laissa un silence s'installer. " Cela vous pose-t-il un problème ? "


L'Irlandaise secoua la tête et un sourire poli étira ses lèvres contrites. Il avait de la chance, au fond. Elle était venue pour obtenir une réponse et il le lui avait donné. Quand bien même elle ne lui convenait certainement pas, elle n'était pas du genre à discuter les ordres.

Pour l'instant, du moins, se dit-il, tandis que la porte se refermait derrière elle après qu'elle ait pris congé.



13 novembre 2021 – Callaghan’s Land



" Tu arrives juste à temps pour la première fournée de scones ! "


Jane laissa échapper un rire et rendit son son baiser à sa tante. Une vague de bien-être la traversa aussitôt. C'était si bon d'être de retour à la maison, loin de l'agitation de Londres et de l'ambiance morose qui régnait au Ministère.


" Je met ça sur le compte de mon odorat super développé. " Elle tenta de s'emparer de l'un des gâteaux par-dessus l'épaule de Lizzie mais elle reçut une petite tape sur la main." On attend que ça refroidisse, jeune fille. "


Elle feignit une mine boudeuse avant que la conversation ne reprenne. La vie sur le Chemin de Traverse, son boulot ... Sa tante ne se priva pas de l'interroger, sans en avoir l'air. Visiblement, le moment ne se prêtait pas aux drames et Jane fit le nécessaire pour que ses réponses restent légères, bien qu'elle ne chercha pas à lui dissimuler quoi que ce soit. Trent Park avait eu des conséquences dans bien des domaines, ainsi que l'avait relaté la presse. La demoiselle ne faisait que pour confirmer ce que les Callaghan savaient déjà.


" Et comment se porte votre locataire ? " s'enquit-elle finalement. Lizzie la gratifia d'un regard espiègle. " Elle n'a pas atteint les dix. J'ai bon espoir. "


Jane ne put retenir un sourire. Ce truc de l'échelle de la douleur pouvait s'apparenter à un rituel familial. Elle ne connaissait rien de mieux pour dédramatiser une situation. Ses nombreux bobos d'enfant en étaient témoins. Elle espérait que l'effet apaisant ne s'était pas amenuisé avec les années. Du moins, pour Eireann. Nul doute que toute aide était bonne à prendre, en ce moment. Cette dernière débarqua justement à cet instant. D'un coup d'oeil, elle évalua l'état de sa cousine. Elle ne semblait pas particulièrement en joie, mais pas abattue non plus. Un bon début.


" A l'instant ! " répondit-elle, saisissant parfaitement le sous-entendu. Force de l'habitude, certainement. " J'allai justement venir te trouver. "


Ce fut au tour de John Callaghan de faire son entrée. Le couple se plaignit faussement de leur intimité tant méritée interrompue avant que son oncle ne vienne la prendre dans ses bras. La jeune femme n'avait pas réalisé à quel point ces contacts réconfortants lui avaient manqué. Les dernières traces d'anxiété s'évanouirent. Peu importait que son chef la cantonne au territoire britannique ; à cet instant, le travail lui paraissait si loin.


" Ciaran est de garde ce week end. A défaut de son estomac, il vous envoie tout son amour ! "


John rit et retourna auprès de sa femme, essayant lui aussi de subtiliser un des fameux scones. Il eut droit au même traitement que sa nièce.


" Laisse ceux-là pour les filles. Tu pourras te goinfrer tout ton saoul chez les O'Donnell. " râla Lizzie. " D'ailleurs, il faut qu'on file ou on va être en retard. Et tu sais à quel point Marta a horreur de ça. Sans compter qu'avec James dans les parages, il risque de ne plus rester une goutte de whisky. "


Le patriarche Callaghan roula des yeux, comme pour relever tout le drame de cette perspective. Néanmoins, il embrassa les deux cousines avant de filer à la recherche de son manteau. Il s'en serait voulu de laisser ses voisins commencer les festivités sans eux. Un instant plus tard, les deux quittaient la maison, non sans les avoir informé de leur retour en fin de journée et de l'obligation formelle de finir la plâtrée de gâteaux.

Jane s'empara de la bouilloire et d'un coup de baguette, mit de l'eau à chauffer. Eireann avait raison, il faisait un temps de chien et une tasse de thé était la meilleure solution contre la grisaille.


" Alors ? " Elle se retourna pour faire face à sa cousine. " Comment se passe ta retraite en terre natale ? Tu n'as pas encore été tentée de t'échapper par la fenêtre ? "

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