Devil May Cry [Graham/Cinna]



 



Devil May Cry [Graham/Cinna]
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Ce message a été posté Dim 8 Déc 2013 - 22:06


Devil May Cry
Feat. Graham Vaisey & Cinnamon Avery


Alors que d'autres fêtaient encore "leur victoire", mes parents compris, j'avais décidé de rester chez moi. Peut-être m'avaient-ils aussi... sommée de rester à la maison de peur d'être vus avec moi. Ma mère ne m'avait plus adressé la parole, quant à mon père, il semblait profondément déçu et n'avait pas encore semblé décider si oui ou non j'étais encore sa fille. Quant à mon petit frère, il ne comprenait tout simplement pas. Ces choses-là le dépassaient encore. Mon coeur n'était pas du tout à la fête et pour ainsi dire, je n'avais quasiment pas dormi depuis la veille de notre départ pour Londres. J'étais si épuisée que je n'avais même pas réussi à dormir plus de 4h. Un médicomage avait rafistolé mon bras et mon poignet autant que faire se peut. La barre qui m'était tombée dessus plus la force que j'avais réclamé à travers ma baguette avaient eu raison de la meilleur performance du sorcier qui s'était occupé de moi pendant que je regardais ailleurs. Mon frère m'a eu demandé si j'avais mal. La vérité, c'est que je n'avais même pas mal. Je crois que je ne sentais plus rien.

Le soir où on nous a annoncés à Graham et moi qu'on allait devoir se marier, Papa m'a expliqué qu'il était temps que je grandisse. Et que si personne ne me poussait, alors jamais je ne grandirais. Comme si, pour ça, il fallait que je me marie, que je me fasse tripoter par le premier venu comme s'il était mon meilleur ami. Personne ne m'avait demandé mon avis. Est-ce que j'avais envie de grandir ? C'était tellement idiot de vouloir rester dans une période de sa vie qui n'a pas été totalement glorieuse. Peut-être que j'avais voulu montrer que je pouvais grandir, sans me marier. Mais la vérité c'est que je n'étais plus sûre de rien. Ni de Graham, ni de ce que je valais, pas plus que je n'étais sûre de moi-même. Chaque fois que je repensais aux  raisons de mon engagement, je me sentais terriblement stupide. Tout ça pour me prouver que je le pouvais ? A mes parents ? Ou à cet abruti que je refusais qu'il gagne ? Pourquoi avais-je dû être si stupide de croire que la mort des Moldus et des Phénix prouverait quoi que ce soit ? Ce n'était pas un jeu, ni un défi. Et plus j'y repensais, plus je revoyais le regard de Caïus qui me menaçait.

J'ai déglutis en regardant ailleurs alors que je nettoyais ma tasse. J'étais seule dans la maison et je crois que je détestais ça. Pourtant, j'étais terrifiée à l'idée de sortir. J'avais vu les regards qu'on me lançait. Personne ne pouvait comprendre mais ils n'avaient pas l'idée même de comprendre. On leur avait dit une chose et c'était tout ce qu'ils avaient entendu. Pour le reste... Je marchais vite et j'étais vite de retour à la maison. J'étais toujours persuadée que personne n'avait rien vu et que Caïus était facile à berner. Caïus restait un héritier, non ? Je n'étais pourtant pas une fille du danger. Ce n'était pas ce que j'aimais le plus et même, je le fuyais assez. Pourtant, au péril de ma vie et de ma réputation, j'avais protégé Aoden et je voyais Arutha en cachette. J'avais défié mes parents et Graham et choisi une carrière qui allait à l'encontre des idéaux de ma famille. Toute ma vie, j'avais cherché à faire le contraire de ce qu'on attendait de moi.

Comme en cet instant où j'ai entendu la porte s'ouvrir et que instinctivement, j'ai cherché quelque chose qui les ferait râler. Ils avaient dû mal fermer la porte derrière eux ou le chat de mon frère avait dû réussir à l'ouvrir, son jeu favori. Attrapant une brosse, je me suis mise à brosser mon tapis volant sur la table de la salle à manger. A cette vue, mes parents auraient sûrement râlé. Et dans ma hâte, j'en avais oublié mon poignet, ce qui m'a arraché une douleur en me faisant me redresser pour le regarder. Il avait pris de belles couleurs qu'on avait dissimulé sous une attelle. Sur mon visage, il ne restait que des faibles traces des coups et les brûlures du Blixten d'Aoden ne paraissaient presque plus mais je savais qu'elles étaient là. Je savais que c'était lui qui m'avait fait ça. Je me suis brièvement frotté le nez de mon poignet avant de reprendre ma brosse. C'était la seule chose que je voulais faire. Monter dessus : non. Le yoga ne pouvait rien pour moi.

J'ignorais à qui j'en voulais le plus. Graham, mes parents ou Aoden. J'en voulais à la terre entière mais à qui en particulier ? On m'avait préconisé du repos. Pourtant, il fallait que j'utilise ce poignet-là pour brosser mon tapis. Pas l'autre. Non, celui-ci. Je pensais peut-être que ça guérirait plus vite si j'acceptais la blessure. Ce qui n'était pas le cas. Blessure que j'avais eu en revenant chercher les miens. Qui s'en prenaient à ceux que j'aimais. Qui eux-même s'en prenaient à moi. Qui croire, qui défendre et qui protéger... J'ai reniflé brièvement avant de tousser et de frotter plus activement malgré la douleur à laquelle je commençais à m'habituer.

Il y avait une bonne nouvelle dans tout ce rafus... C'est que les Vaisey ne voudraient probablement plus que leur fils épouse une fille comme moi. Finalement, peut-être que j'avais réussi précisément là où il fallait.
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Lun 9 Déc 2013 - 21:35


Il avait fallu s’y coller. Ce n’était certes pas de gaieté de coeur qu’il avait regardé certains de ses amis - et ennemis, comme Keenan - partir au front s’amuser un peu avec quelques Moldus. Il aurait donné cher pour aller au combat avec eux. Et changer d’air, accessoirement. Mais son sens du devoir était tel que quand il avait fallu des volontaires pour rester à Pré Au Lard pour assurer la sécurité de ceux qui resteraient, et surveiller le retour des troupes, Graham avait levé la main en soupirant, après avoir regardé ses camarades ignorer soigneusement le regard de leur supérieur.
Et lorsque les autres étaient revenus, en sang pour certains, l’air hagard, il avait été surpris : il n’avait été question que d’aller torturer quelques Moldus pourtant ! Mais les bribes qu’il avait captées entre deux vérifications de Marques sur les différentes parties - parfois affriolantes - des corps des Mangemorts, ces bribes lui avaient appris que les Phénix étaient intervenus et que ça avait fini en boucherie.

Une fois tout le monde passé au crible, il avait pu quitter la frontière de la ville et aller voir Porter, exposé comme le chien qu’il était. Certains réclamaient sa mort, mais il était évident que mort, il n’aurait plus servi à rien. Il avait discuté avec quelques amis, cherchant vaguement une tête rousse dans la foule. Elle lui reprocherait sans doute de vouloir vérifier s’il avait gagné son pari, mais le fait était surtout qu’il s’inquiétait pour Cinnamon. Elle ne savait rien de ce qui allait lui arriver en partant au festival, et ça n’avait pas été une promenade de santé. Et si ses parents étaient aussi débiles qu’ils en avaient l’air, ils ne risquaient pas de comprendre ce qu’elle pouvait ressentir…

Mais il ne vit rien. Elle avait du rentrer directement pleurer dans les jupes de sa maman…

Il s’était écoulé finalement deux jours avant qu’il n’aille pousser la porte des Avery, et il n’était pas vraiment sur d’en avoir envie. Les rumeurs n’étaient pas fameuses concernant Cinnamon - mais elles étaient colportées par des Héritiers, pour l’essentiel … Par contre, il se délectait de celles incriminant Keenan - et ses parents commençaient à se poser des questions. Mais cela ne faisait que deux jours. Ne pas prendre de décision précipitée…

Il avait discrètement toqué, et un Elfe lui avait ouvert, le laissant entrer après qu’il se fusse présenté. Il portait sa tenue de brigadier - il n’avait pas pris le temps de se changer… Autant se débarrasser de la corvée rapidement, et puis la tenue lui allait bien. D’un pas mesuré, il entra dans la salle à manger où elle se trouvait, fronçant rapidement les sourcils en l’entendant pousser un petit cri de douleur. Il vint se planter à côté d’elle, une fesse sur la table, l’air goguenard, avant de remarquer les marques légères qui finiraient par disparaitre, sans doute, mais qui témoignaient qu’elle n’avait pas laissé sa part au cerbère - et qui plaidait plutôt en sa faveur plutôt qu’en l’idée saugrenue avancée par les Héritiers qu’elle pouvait avoir trahi.
Il prit son menton entre deux doigts pour mieux la regarder et se fendit d’un sourire moqueur.

« Ah bah tu vois… T’as fini par trouver un moyen de t’embellir… »

En fait, il avait surtout envie de défoncer le connard qui avait sans doute profité de son inexpérience pour la blesser. Fiancée ou pas, Cinnamon appartenait à sa faction, toute atteinte à l’un de ses membres était une atteinte contre lui-même.
Cela dit, il ne pouvait pas s’empêcher de se montrer moqueur envers elle. Ca faisait partie de leur jeu, pas vrai ?
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Ce message a été posté Lun 9 Déc 2013 - 21:58

Si je ne l'avais pas entendu entrer, trop la tête dans ce que j'avais à faire, quand ça a finalement été le cas, je me suis retournée en comprenant que ce n'était pas le pas de mes parents. Je revenais de Londres et le moindre bruit me faisait sursauter. Alors un inconnu, chez moi ! Mais alors que je reconnaissais Graham..

– Oh c'est pas vrai... J'avais oublié...

Je m'en suis retournée à mon tapis en frottant plus activement de mon bon poignet et en serrant les dents pour l'ignorer. Bien sûr que je n'avais pas oublié. Mais sur la seconde, un peu. J'avais surtout espéré que tout le monde oublierait cette idée et cette histoire d'une stupidité aussi affligeante que la reformation de l'Ordre du Phénix. Alors quand il a pris mon menton entre s es doigts, je n'ai pas pu m'empêcher, malgré mon attèle, de le repousser violemment.

– Je t'ai déjà dit de ne plus jamais me toucher. T'es sourd ou faut que je te parle en gaélique ?

J'ai jeté ma brosse sur le tapis avant de contourner la table pour m'en revenir vers la cuisine. Je me suis passée le poignet sur le nez pur le frotter avant de me resservir un verre d'eau. Londres aurait dû em calmer mais finalement, tout avait empiré. Pré-au-Lard, cette faction... Lui. C'était pire que jamais. Il débarquait avec son sourire, bien heureux qu'on m'ait "appris la vie" et maintenant, il se pavanait devant moi comme un paon enfariné, fier de lui... Ses parents changeraient bientôt d'avis et je n'aurai plus jamais à le revoir de près ou de loin ! Mais je m'étonnais pourtant de la voix qui était sortie de mes cordes vocales. Je me pensais tellement épuisée et incapable de tant de colère... Mais le revoir avait juste ravivé celle que je nourrissais pour Aoden à cet instant. Lui et les autres. Tous les mêmes, pas un pour rattraper l'autre.

– Tu as vu ce que tu voulais, tu peux t'en aller maintenant.

Et je lui ai montré la sortie d'un bras alors que je me retournais face à lui. Tout ça, c'était de sa faute. Et uniquement de sa faute. Alors je me suis forcée à lui donner mon pire sourire.

– Désolée que les dés n'aient pas vraiment joué en ta faveur. Penses-y plus fort la prochaine fois. Peut-être que j'y resterai, cette fois et tu pourras gagner.

Pourquoi était-il là, après tout ? L'info avait déjà commencé à remonter. Ironiquement, mon nom était sorti avec celui du fameux O'Groin, Couin, brain... Je sais plus son nom, bref, celui vers qui Graham avait cherchée à me pousser. Pourquoi, allez savoir. En tous les cas, lui aussi avait visiblement fauté avec un Phénix. Pour quelles raisons, je l'ignorais. Je connaissais déjà les miennes, ce qui n'était pas mince à dire. Alors de tous, pourquoi lui ? Encore une fois, de toutes les personnes de ce foutu village de merde, il fallait que ce soit lui. Encore et toujours, peu importe l'année, la saison et la situation. Il était toujours là, dans mon paysage, assassin, revanchard, comme une ombre menaçante.

Ce que je pouvais le détester...
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Lun 9 Déc 2013 - 22:26


Il s’était attendu à une réaction, bien sur, et la voir suivre grosso modo le chemin qu’il avait imaginé lui tira un sourire. Qui se tourna en grimace.

« Parle moi cette langue de débile profond, et je te jure que je te balance en pâture à un Sombral… » sauf que les Sombrals ne sont pas vraiment carnivores, mais ça, hein… Quand on est une bille en soin aux créatures magiques, on ne peut pas le deviner. En tout cas, pour le Sang Pur qu’il était, le gaélique était tout simplement une langue de barbare arriéré et analphabète qui ne méritait même pas le qualificatif de langue. Patois au mieux. Baragouin inintelligible plus certainement.

Sans doute plus grave que les traces qu’elle avait au visage, il remarqua son attelle au poignet. C’est sur qu’on était loin du yoga… Il la suivit des yeux quitter la pièce, et se remit sur ses pieds pour la suivre. Il s’appuya nonchalamment contre le chambranle de la porte. Il avait toujours l’air moqueur, mais il n’avait pas l’intention de partir. Pas pour se moquer, mais pour se rendre compte de l’étendue des dégats. Les plus grosses blessures des soldats n’étaient pas toujours visibles sur leur chair.

« T-t-t… je ne pensais pas que tu abandonnerais aussi vite… Parce que me souhaiter de gagner comme ca… C’est de l’abandon… Je pensais plutôt que t’avais une furieuse envie de me pourrir la vie. Qu’est ce qui t’a fait changer d’avis ? »

Il pencha la tête légèrement en avant. Il n’avait pas été dupe du sourire miteux de la jeune femme et de ses excuses qui ne cadraient pas avec la petite peste qui avait promis de lui faire la peau à son retour. Derriere sa question, il espérait - en quelque sorte - avoir un indice sur ce qui se passait dans sa petite caboche rouquine. Elle ne pouvait pas être revenue la même qu’à son départ. Ou alors elle ne valait vraiment rien : seuls les coeurs de pierre ou les sadiques ne subissaient pas le contre-coup de leur premier duel, sans parler de combat comme elle avait du vivre. Devoir faire des choix de vie ou de mort - la sienne, celle de ceux face à elle ou à ses côtés… Des choix parfois lourd à porter quand on n’a pas envisagé de devoir les faire un jour.
De ce qu’elle lui dirait dans les prochaines minutes déterminerait ce qu’il rapporterait à ses parents lorsqu’il sortirait de là : est-ce qu’il valait la peine de maintenir le mariage ou non ? S’alliéner les Avery ne serait pas une bonne chose, et Graham n’avait pas vraiment envie de voir recommencer le défilé des fiancées potentielles. Il était prêt à faire un choix objectif pour le bien de sa famille. Si Cinnamon n’était ni la traitresse suggérée, ni une pierre, ni hystérique.
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Ce message a été posté Lun 9 Déc 2013 - 22:47

Et... Il était toujours là. J'ai inspiré profondément pour éviter de dégainer ma baguette de lui lancer un ou deux sorts qu'Arutha m'avait enseignés. En reposant mon verre sur la petite table, j'ai croisé les bras en m'adossant au rebord de l'évier. Le dévisageant quelques secondes, j'ai doucement secoué la tête.

– Qu'est-ce que tu veux Graham ? Tu crois sincèrement que j'ai le temps de m'amuser ? Je suis fatiguée, j'ai juste envie qu'on me foute la paix, ça rentre dans ta tronche de Botruc ? - J'ai levé mon poignet pour le porter à ma tête. Quand allait-il comprendre que je ne voulais pas de lui dans ma vie ? - Je vais finir par croire que tu es vraiment sourd et que c'est moi qui dois parler gaélique sans que personne ne puisse comprendre.

Je me suis redressée et je me suis approchée de lui en brandissant mes mains vers son torse pour le bousculer doucement et le faire reculer, imprimant mes yeux dans les siens. Je me suis mise à parler par acoup, au rythme de mes mains sur son torse.

– Je veux que tu t'en ailles, je veux que tu sortes de ma vie, je veux que tes parents pensent le pire de moi pour annuler toute cette mascarade qui me dégoûte et que je trouve particulièrement futile compte tenu de la situation ! Je veux qu'on me laisse tranquille, je veux dormir et je ne veux plus jamais te voir ! Est-ce que c'est clair !

J'avais tenté de l'amener en direction de la porte mais vous pensez bien que tout ce que j'avais pu réussir à faire était de le faire reculer peut-être d'un ou deux pas. Plus s'il s'était laissé faire. Je n'avais pas dans l'idée de le frapper, en réalité. Je voulais juste lui donner une seule envie : déguerpir. Graham était comme un message, dans ma vie, une augure. Quand il apparaissait, il allait toujours se passer quelque chose de décisif dans ma vie. Mon arrivée à Poudlard, nos croisades au Ministère, l'annonce de nos fiançailles et de Londres, et maintenant ça ? Qu'est-ce que ça allait être cette fois-ci ! Il bouleversait chaque fois mon univers et je le haïssais pour ça. Il ne s'en rendait même pas compte. Alors rien que d'y penser et mon ton a monté d'un cran.

– Ca t'amuse tout ça, pas vrai ? Je suis certaine que ça te fait bien marrer que ton super pote que tout le monde aime et moi on rase les murs. Qu'est-ce que tu veux Graham ! Tu crois sincèrement que j'ai le temps de m'amuser à qui va marier qui, à qui va faire plier l'autre en premier ? Quand est-ce que tu vas comprendre que ça ne m'amuse pas et que ça ne m'a JAMAIS amusée ! Ca fait trop longtemps que ça dure et je veux que tu dégages !

J'ai cette fois donné un bon coup pour le faire reculer, m'arrachant un "aïe" en récupérant mon poignet dans une légère grimace.
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Mar 10 Déc 2013 - 7:26


Il l’écouta débiter ses âneries sans changer d’expression. Si elle avait besoin de se défouler, il était tout à fait prêt à jouer le rôle de l’exutoire. Il savait qu’elle n’avait pas d’affection particulière pour lui - ce n’était pas peu dire - alors au moins, ça lui éviterait de s’aliéner ses amis et/ou sa famille. Et puis passer ses nerfs, ça aidait, il le savait. Il la laissa lui marteler le torse, reculant effectivement à peine. Mais le fait est qu’au moins, elle réagissait. Elle finit même par lui donner un coup suffisamment fort pour se faire mal - lui ? Il avait à peine sentit quelque chose.
Il haussa un sourcil et fit une grimace réprobatrice à la jeune femme avant de lui saisir fermement le poignet et de sortir sa baguette.

« Si tu t’agites, ça ne guérira jamais bien… Et les médicomages ont autre chose à faire que rattraper les erreurs des mauvais patients, tu ne crois pas ? Contra Dolorem. » Comme à chaque fois qu’il lançait un sortilège, il l’avait énoncé d’une voix ferme et l’air très sérieux, le genre de ton qui ne souffrait pas la contradiction et qui contrastait avec le ton amusé qu’il avait utilisé la phrase précédente. Et pour cause : sa baguette n’était pas du genre docile - un peu comme la jeune femme, et cette idée le fit sourire malgré lui - et il n’avait guère envie que l’objet ne fasse le contraire ce qu’il lui demandait.
Une fois le sortilège lancé, il rangea sa baguette, et s’assit à moitié sur la table derrière lui, histoire de se mettre un peu à la hauteur de Cinnamon.

« Vu à quoi tu occupes ton temps… » il désigna le tapis volant qui attendait sagement que sa propriétaire termine son nettoyage. « … Je crois oui, que tu as du temps à perdre. Cela dit, j’imagine effectivement que ce n’est pas avec moi que tu en as envie, hein ? » Il fit une grimace ironique. « C’est vrai qu’un fiancé, ça sert juste à décorer… Je te rassure, je pense pareil de toi. Mais ce n’est pas forcément le cas de tout le monde. C’est pour faire annuler ce mariage que tu as fait la maligne devant Caïus Salamander ? Parce que si c’était pour ça, c’était proprement idiot, tu t’en rends compte ?! Est-ce que tu réalises seulement ce que tu risques ?! Ah ça c’est sur que tu vas avoir le temps de dormir en prison ! Si tu as la chance d’aller en prison ! Sans parler de tout ceux qui t’entourent ! Tu as pensé à tes parents, à ton frère, qui pourraient être incriminés aussi ? Je me fous de ce qui arrive à l’autre déchet d’O’Broin, si ses propres alliés décident de le doloriser pour avoir fricoter avec une souillon basique de Phénix, grand bien leur fasse ! » La magie des factions et de cette guerre : il avait trouvé Eireann sympathique. Il avait eu pitié d’elle parce que Keenan la baladait comme une vieille guenille de rang 2 ou moins et qu’elle méritait peut être mieux. A l’époque. Aujourd’hui ? Il l’éliminerait sans état d’ame. Chacun avait fait son choix, il fallait l’assumer.

« En tout cas tu te trompes, il ne s’agit pas de s’amuser. Il s’agit de respecter les idéaux auxquels nos familles croient. La pureté du sang et sa perpétuation. Ca a autant de valeur qu’éliminer ces raclures de Phénix. » cracha-t-il comme si le mot lui brulait la bouche. « Autant de valeur que d’aller punir ces Moldus inutiles. Autant de valeur que de faire cracher tout ce qu’il sait à ce traitre de Porter. C’est un tout, Cinnamon ! Je te l’ai dit, le combat se gagne aussi en montrant à l’ennemi qu’il ne PEUT pas nous empêcher de vivre comme nous l’entendons ! » Il serra les mâchoires, convaincu de prêcher encore dans le vide. Il secoua la tête en regardant dans le vague à sa droite.
« Mais si tu attaches si peu d’importance à tout ca… pourquoi tu es allée à Londres ? » Il revint à elle, lui jetant un regard intense, destiné à sonder ce qu’elle éprouvait réellement de ce qu’elle avait vécu. « Pourquoi aller faire un truc aussi stupide ? »

Une chose était en tout cas certaine : elle n’était plus innocente.
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Ce message a été posté Mar 10 Déc 2013 - 12:35

Un réflexe, peut-être ? Lorsqu'il a attrapé mon poignet, j'ai de suite tenté de le récupérer mais dans une grimace de douleur alors qu'il me tenait fermement. Peut-être que j'avais un peu peur de lui aussi. Je devais me l'avouer en mon fond intérieur. mais je me suis figée quand il a sorti sa baguette. J'avais vu ce qu'on pouvait en faire mais ce n'était pas ça qui me pétrifiait. C'était ce que lui pouvait en faire. J'étais peut-être une petite nature, au fond... Alors quand je l'ai vu me soigner, je me suis calmée assez rapidement, suivant son geste du regard. Dis donc, j'aurais pas voulu recevoir d'un Avada Kedavra de cette baguette là... Je ne connaissais pas ces problèmes. Ma baguette était aussi fidèle que je ne l'étais moi-même (et ça m'apportait des ennuis, comme en ce moment, justement, il faudrait que j'y songe, un jour). Doucement, j'ai récupéré mon poignet en baissant les yeux et j'ai pris le temps d'enlever mon attelle, ne sentant plus de douleur dans mon bras. J'ai roulé des yeux alors qu'il critiquait à nouveau mon travail mais je n'ai pas relevé, ça ne servait à rien. J'avais tellement autre chose à penser.

En me frottant le poignet, j'ai relevé des yeux bas sur lui à sa prise de "leçon". Pour qui se prenait-il ? Pourquoi faisait-il ça ? A l'écouter, à croire qu'il tentait... de quoi ? De me mettre en garde ? De me dire de faire attention ? Alors quand il a mentionné Caius, j'ai dégluti en serrant les dents et j'ai commencé à redresser le menton. Je ne regrattais pas ce que j'avais fait. D'ailleurs, si c'était à refaire... je le ferai. Entendons-nous bien : que j'ai un soucis avec les grades inférieurs de sang n'implique pas que j'aime tuer des gens de mon espèce. Les Moldus, c'est une chose. Ils ne sont rien, juste de la souillure dans notre univers. Pourquoi aurions-nous eu de la magie et pas eux, sinon ?! Mais les sorciers... Même leur sang impur... Il leur reste la magie. Et comme les créatures, je suis pour la magie. Ceci étant dit, merci de prendre en compte qu'en dehors des basique 4 - et encore - je n'ai pas de respect. Mais... Aoden faisait une exception.

_ Ce n'était pas idiot, d'accord ? - et c'était reparti... J'ai commencé à parler en même temps que lui et plus fort si je le pouvais - Je ne vais pas aller en prison pour quelque chose d'aussi stupide ! Ce n'est pas comme si je l'avais fait exprès, d'accord ?! Je n'ai pas pensé aux autres à cet instant, Graham, j'ai avant tout songé à ma VIE OK ?! Tu n'y étais pas, tu n'en sais rien alors tais-toi !

J'avais même hurlé ces derniers mots en le fusillant du regard. La suite était pour moi un défi. A entendre, à supporter, et à ne pas relever. Mon regard s'était assombri et si je pouvais seulement... Raclures ou pas, je n'éliminais pas de sorciers. J'avais aussi le droit d'avoir mes propres règles ! Sans avoir à supporter celles de mes parents.

_ Ne m'appelle pas comme ça, je te l'ai déjà dit.

Ma voix était restée très basse, en contraste avec quelques secondes plus tôt. J'avais même tourné les yeux pour regarder ailleurs et inspirer profondément. Je ne comprenais toujours pas en quoi ça changerait quoi que ce soit. Prendre les Phénix pour des imbéciles était une grossière erreur. Ils l'avaient montrés encore l'autre soir. Il s'en était fallu de très peu pour que nous y passions. Heureusement que Caius était un sorcier doué et de renom, sans lui... Alors quand Graham a posé sa question, je me suis retournée vers lui, le visage plus terne et le regard plus fuyant et j'ai même évité le sien alors que ses yeux se portaient sur moi. Ne cherchez pas à comprendre ce qui m'a pris. Je ne le saurai jamais moi-même. Mais poing est allé cogner son épaule, plus vivement que plus tôt.

_ Tout ça c'est de ta faute.

C'était toujours de al faute de Graham. J'ai jeté un oeil sur mon poignet. Je n'avais plus de douleur, sinon une de chaleur qui me remontait jusqu'au visage. Je sentais encore une légère plainte au creux de mes muscles mais ce n'était rien de plus que si quelqu'un appuyait son index sur ma joue... Mais cette chaleur... J'ai senti mon coeur s'emporter petit à petit. Je n'avais plus mal dans le poignet, celui avec lequel j'étais la plus adroite, et c'était assez ironique pour le relever compte tenu que c'est uniquement à partir de ce moment-là que j'ai commencé à réussir mes sortilèges à Londres. Alors j'ai recogné.

_ Je ne suis pas stupide. Ni débile, je ne suis pas inconsciente et je ne suis pas une moins que rien ! - et j'ai encore cogné, plus fort et j'ai haussé le ton - Je ne suis pas un assassin ! - Cela faisait tellement longtemps que je voulais m'exprimer que j'ai à nouveau frappé - Je te déteste. C'est de ta faute !
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Mar 10 Déc 2013 - 22:23

Evidemment qu’elle avait essayé de se défendre. Encore heureux d’ailleurs. Graham n’aurait pas apprécié qu’elle reconnaisse si facilement être une traitresse ou - peut être pire - qu’elle essaie de prouver qu’elle avait eu raison de faire ce qu’elle avait fait. Mais elle se contentait d’expliquer qu’elle n’avait pas vraiment fait les choses consciemment, et Graham était tout prêt à le lui accorder : elle ne savait pas ce que c’était qu’une bataille rangée, encore moins une bataille foutoir comme ça semblait avoir été le cas. Alors elle s’était contentée de réagir. Sans entrainement, elle avait forcément fait n’importe quoi.

« Je n’y étais peut être pas cette fois, mais j’y étais plus souvent que toi ! » répondit-il en levant la voix lui aussi. « N’essaye pas de m’expliquer ce que je sais ou pas ! »

Il lui fit une grimace quand elle lui rappela de ne pas l’appeler par son prénom.

Exaspérante. C’était tout ce qu’elle était. Bon sang et il allait devoir l’épouser ? Sans rire… Il commençait à trouver tentant d’aller prêter foi aux accusations de traitrises proférées par Caïus et convaincre ses parents que ce n’était pas la bonne. Mais la raison était plus forte : il avait 28 ans… Il était plus que temps qu’il prenne sa place d’héritier de son père - marié. Et puis il n’allait pas donner raison à des Héritiers face à l’une des leurs…
Et voila qu’elle se mettait à l’accuser.

« Ben voyons… » lacha-t-il en levant les yeux au ciel, alors qu’elle commençait de le marteler. Elle ne lui faisait pas vraiment mal - faut pas déconner non plus - mais c’était pour le moins agacant. Néanmoins, il commença par ne rien dire : si elle avait besoin de se défouler… Mais elle tapait trop fort pour son poignet. Et elle commençait aussi à partir sur un autre terrain… D’abord la protéger. Il lui attrapa fermement les poignets pour qu’elle s’arrête.

« Hey ! J’ai fait qu’arrêter la douleur ! Ca va durer une petite heure, et ça n’a rien guérit du tout ! Et en plus tu sentiras rien si tu te démolis plus le poignet, alors tu vas me faire le plaisir d’arrêter tes conneries ! Sinon tu vas vraiment morfler dans une heure, et le sort ne pourra plus rien pour toi ! »

Il la maintint contre lui, toujours assis sur la table, et la regarda sans douceur.

« Tu n’as pas besoin de me convaincre, tu n’as rien d’un assassin, ça, c’est clair ! Ni moi non plus ! Défendre ta vie ne fait pas de toi une meurtrière, c’est celui qui t’attaque qui est en tort en te forcant à le faire, tu comprends, ça ?! Faire mon travail ne fait pas plus de moi un assassin ! Il y a des règles, des codes, des lois ! Mais il faut des gens pour les faire respecter ! »

Il serra les dents à l’accusation de la jeune femme. Sa faute ? Sa faute de quoi ? Pourquoi ? Exaspérante je vous dis.

« Et maintenant, tu vas m’expliquer en quoi c’est ma faute ? Ma faute de quoi ? Hum ?! Tu peux m’expliquer ce que j’ai fait ? » demanda-t-il en haussant les épaules.
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Ce message a été posté Mar 10 Déc 2013 - 22:49

J'ai encore cherché à me défendre, de lui, du monde, du reste, de tout. J'ai serré les lèvres mais je n'ai rien dit, me contentant de le fixer, muette. C'était rassurant quelque part de le voir chercher à me trouver des excuses. Mais c'était trop tard. J'ai cherché à me dégager mais il me tenait bien. Pourquoi, je n'étais pas sûre de savoir. Mais me dire tout ça venait trop tard. Finalement, il faisait maintenant ce que n'importe qui aurait dû faire quand j'ai annoncé cette stupidité de volontariat. Peut-être que je ne l'aurais pas écouté, cela dit. Après tout, j'avais l'impression de ne pas être reconnue depuis tellement longtemps... Mes parents, notre nom l'étaient ! Mais moi, en tant que personne, entre mes créatures magiques à sauver et mon tapis à faire voler, tout le monde s'en fichait et le fait de ne pas être mariée à mon âge de sang pur, c'était grotesque. Les lèvres pincées et le visage tremblant de colère, je l'ai fixé sans savoir par où commencer. Ni par quand. Ou même qui. Mais tout avait toujours été de sa faute. Ca, c'était un fait.

– C'était ton job !

J'avais presque hurlé en cherchant encore à récupérer mon poignet. Mes yeux devaient même être rouges de colère à cet instant à défaut de lancer des flammes par les pupilles. Je pouvais bien être exaspérante, ça m'était égal. Je m'en fichais. J'allais morfler d'autant plus dans une heure ? Tant mieux, ça me permettrait de penser à autre chose, tiens !

– Tu te fiches de moi depuis des années sans même te poser la question de savoir qui je suis ou ce que je pense ! T'es là, tu ris avec tes super potes, tu me donnes des surnoms comme la plus insignifiantes des Sang-Mêlés ! Alors ça t'amuse bien donc tu continues ! Et quand on t'annonce que je dois être ta femme, la première chose qui te vient à l'esprit quand je te dis que je vais là où j'ai jamais les pieds c'est d'aller me faire violer et de jamais revenir ! C'était ton job de me protéger !

Et puisque j'avais une deuxième main, et bien je l'ai utilisée ! Sûrement qu'une gifle est partie, et le reste, j'ai cherché à le cogner dans les épaules ou le torse à nouveau en grondant et en gesticulant pour me défaire de son étreinte. Dans une cage, j'aurais probablement été un animal sauvage à ne pas approcher. Ou bien un chaton qui tente de chercher la sortie pendant que les gros tigres se marrent en me voyant faire...

– C'était à toi de m'empêcher d'y aller ! C'était ton travail d'y aller ! Je te déteste de ne même pas avoir essayé ! Tu vaux pas mieux qu'un autre, ni même que mes parents ! Vous voyez rien de plus que votre haine pour les Phénix, il n'y a que ça qui compte pour vous ! Tout ce qu'il y a autour ne vous intéresse pas ! Tu aurais dû me protéger ! Je te déteste ! Et pendant que toi t'étais au chaud ici, moi j'étais là-bas au milieu de quatre Phénix et trois Héritiers ! De tous les tordus sur cette planète, il a fallu que mes parents te choisissent toi ! Je te déteste, tu m'entends !
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Dim 15 Déc 2013 - 14:37


Sa faute ? Son job ? Il l’écouta, abasourdi. Sa première tirade le fit grimacer, le genre de grimace moqueuse qu’on servait aux doux dingues. Ce qu’elle était, en quelque sorte. Comment pouvait-elle lui reprocher de l’avoir provoquée lors de leur derniere entrevue ? Surtout qu’elle n’avait pas été en reste pour lui souhaiter de se faire dézinguer à la première occasion. Il aurait aimé lui rétorquer tout le ridicule que ses reproches lui inspiraient. Ce qu’elle débitait datait de 10 ans, ou approchant, et il n’y avait jamais attaché la moindre importance, surtout que ça n’avait jamais été que des taquineries bien ridicules comparées à ce que d’autres Serpentards pouvaient faire subir aux autres Maisons - Pouffsouffle en premier. Alors quoi ?
Il ouvrit donc la bouche pour lui rappeler la réalité quand elle commença à le marteler de sa main restée libre - grossière erreur.

« Hey ! Calme toi, non d’un chien ! Tu vas… » Voyant que ses protestations seraient inutiles, il finit par lui attraper la deuxième main et lui enserrer son poignet pour la faire cesser. Sa nouvelle série de reproche fit plus d’écho et l’expression de Graham se fit plus dure. Sans déconner, c’était ce qu’elle attendait de lui ? Ce n’était pourtant pas le début de l’impression qu’elle lui avait donnée. Il avait plutôt eu le sentiment que quoi qu’il puisse dire ne serait pas plus entendu que s’il s’était adressé à un mur.
« TU VAS TE CALMER OUI ?! MON TRAVAIL C’EST D’OBEIR AUX ORDRES D’ABORD !! Tu crois que je fais ce que je veux ?! Tu crois que je n’ai que des petites dindes dans ton genre à penser ?! Il y a toute une ville sous notre protection, bon sang !! Tu crois que Kark et Salamander auraient lancé le début d’un assaut sans s’assurer que notre seul refuge ne soit pas en sécurité ?! Ou tu aurais préféré que tes parents et ton frère soit à la merci du premier Phénix venu ?! Tu crois que ces traitres impurs sont incapables de réagir vite en constatant que certains d’entre nous attaquent des idiots de Moldus, nous croire affaiblis et venir attaquer ?! » Il serra plus fort les poignets et l’empêcha de reculer. Au contraire, il la ramena contre lui, pour être sur qu’elle l’entende. « Pourquoi j’aurais tenté de t’arrêter ? Tu étais aussi prête à m’écouter qu’à passer une nuit avec un troll, alors explique moi pourquoi je me serais fatigué avec la haute opinion que tu as de moi ? HEIN ? Tout ce que j’aurais pu dire n’aurait fait que t’entêter, VOIRE tenter un truc encore plus stupide !! OSE PRETENDRE LE CONTRAIRE ! Et si l’attribution des groupes ne te plaisait pas, ce n’est pas A MOI qu’il faut t’en plaindre !! »

Il eut un frémissement de lèvres et la repoussa sans ménagement avant de pointer un index dans sa direction.

« Quant à haïr les Phénix, faudrait voir à ouvrir les yeux, à voir où on vit, et à quoi on est réduits par leur faute !! Tu veux que je te rappelle ce à quoi on est TOUS condamnés si on sort d’ici ? T’as envie de cirer les pompes de Sang-Mêlés, ou de cette pétasse de Yankee qu’ils ont collé au Ministère ?! VAS Y ! Et quand t’en auras marre de vivre comme une miséreuse à cause d’eux, tu comprendras peut être comment on peut avoir envie de les dépecer tous ! Et ça c’est si t’as de la chance ! Tu risques plus surement de finir à Azkaban ! ALORS OUVRE LES YEUX !! »

Il se sentait essoufflé, mais elle le mettait hors de lui. Même maintenant, il avait l’impression qu’elle se comportait toujours comme une petite dinde trop gâtée qui aurait oublié qu’elle n’a plus 10 ans.
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Ce message a été posté Dim 15 Déc 2013 - 15:26

C'était trop tard. La venue de Graham avait ouvert une vanne. Avant, j'étais trop dans l'innocence. Pendant, j'étais trop dans l'action. Après, j'étais trop sous le choc. Et maintenant que tout me frappait au visage, tout retombait, tout s'agitait et j'étais plus perdue que jamais. Je ne comprenais rien. Rien du tout. Ni à mon comportement, ni à celui de Graham, ni à celui du fonctionnement intégral de cette planète. Alors quand il m'a pris le poignet pour se mettre à crier, j'ai ouvert la bouche en couinant parce que - oui - il me faisait mal. Ce qui a eu le mérite de me calmer dans mes mouvements. Le Blixten d'Aoden était toujours là, sur mes bras et un peu sur mon cou et mâchoire et bien qu'il n'en restait presque plus rien, je me souvenais de la douleur et comme Graham l'avait dit : les médicomages n'avaient eu que faire d'un mauvais élément comme moi alors ils s'étaient contentés de la surface. La douleur a fait poindre les larmes dans mes yeux que j'aurais préféré éviter. Pourtant, elles étaient là.

– Tu me fais mal !

Je fixais mon poignet endolori alors que je n'avais pas soupçonné que la douleur puisse se réveiller ainsi. Et plus il parlait, plus il me secouait et plus je me sentais mal. J'étais aussi bouillante que gelée. Les yeux ronds, je le fixais en train de me hurler dessus sans en comprendre un mot. Tout simplement parce que nous ne nous comprenions pas l'un l'autre. Juste parce que nous ne savions rien l'un de l'autre. Sans pouvoir fermer la bouche alors que je tentais de me dégager, je n'ai finalement écouté qu'une partie de ce qu'il disait. Encore moins quand il m'a d'autant plus maintenue. Mes yeux me brûlaient et j'étais incapable de me reconnaître moi-même. Une nouvelle fois, j'ai hurlé.

– NE MENTIONNE PAS LES NOMS DE KARK ET SALAMANDER DEVANT MOI ! Lâche moi, tu me fais MAL !

L'un pour mon amitié avec le fils, l'autre parce que leur combat était quelque chose de purement incompréhensible pour moi. Comment une famille pouvait en arriver là ? J'avais peut-être surtout cherché à attirer son attention. Au moins celle de quelqu'un. Quand Graham m'a repoussée, j'ai enfin récupéré mes poignets pour me les frotter. J'ai reculé jusqu'à l'évier et finalement, j'ai relevé les yeux sur lui mais cette fois, ce n'était pas pour exprimer de la colère. J'avais beau le regarder, l'entendre mais les liaisons ne se faisaient pas. J'ai secoué doucement la tête et je n'ai pu que murmurer pour réussir à garder une voix droite.

– J'ai les yeux ouverts, d'accord ? Sauf que je ne comprends RIEN ! Pourquoi être venu jusqu'ici pour me dire tout ça si tu te fous totalement de ce qui peut m'arriver, avec qui, comment et pourquoi ! - un silence d'à peine quelques secondes avant que je ne prenne une profonde inspiration - DIS MOI POURQUOI !

J'avais hurlé si fort que j'avais senti une irritation dans ma gorge. Je crois que jamais de ma vie je n'avais crié comme ça. J'avais toujours été si calme, si paisible, même dans les conflits, je trouvais toujours le moyen d'être celle qui ne dit pas un mot plus haut que l'autre. Parfois même la médiatrice. Mon caractère faisait qu'Arutha était calme avec moi. Alors pourquoi avec Graham, tout était tellement inversé ? Et il était d'ailleurs le seul avec qui je m'énervais de la sorte.

– Parce que moi je ne comprends pas ! Ce qui se passe, ce qui m'arrive ! Je comprends pas pourquoi on est pas capable de vivre en paix ! Je comprends pas pourquoi ils peuvent pas juste rester dans leur coin et nous dans le nôtre ! Pourquoi... Pourquoi on en est là !  Personne a pris le temps de m'expliquer, à moi, pourquoi je ressens ça ! Pourquoi c'est si normal pour tout le monde de s'entretuer et pas pour moi ! Pourquoi je peux pas me contenter de lever ma baguette et que ça marche ! Elle n'a répondu à aucune attaque, je les ai toutes ratées, tout s'est retourné contre moi ! Pourquoi la seule fois où elle veut m'obéir quand je lui dis d'attaquer, c'est pour désarmer Salamander et le donner en pâture à l'autre Salamander ! Pourquoi ! Je voulais juste qu'on arrête de penser que je suis une incapable ! Je voulais qu'on voit que je suis comme tout le monde ! En colère ! - En bougeant un bras dans une grimace de haine, mon coude a fait tomber un verre sur le bord. - Je suis en colère ! - J'ai attrapé le verre - Je suis en colère et personne ne veut m'expliquer pourquoi ! - Et dans un cri, j'ai balancé le verre contre une vitre qui s'est explosé. Dans un sanglot épuisé, j'ai relevé les yeux sur Graham. - C'était mon ami ! Pourquoi personne veut me dire pourquoi il ne l'est plus, hein ?! Un jour on travaille ensemble, on rigole ensemble, on se raconte des blagues ensemble et il me sourit ! A moi, il sourit ! Moi l'insignifiante gamine dont tout le monde se moque, il a souri ! Et le lendemain... Sans que personne m'ait expliqué pourquoi... C'est mon ennemi !

Et si je me croyais fatiguée, ce n'était en fait que le début. J'ai attrapé une assiette que j'ai envoyée au même endroit que le verre. Et puis une autre. j'étais tellement en colère contre Aoden qu'il fallait que je l'exprime d'une façon ou d'une autre. Et puisque ma baguette refusait de me répondre, mes mains, elles, m'obéissaient. Si Graham pensait que j'étais restée coincée à 10 ans, en réalité, j'avais accumulé 10 ans d'incompréhension de mon monde. Les gens qui m'entouraient, cette "guerre" si absurde à mes yeux. C'était comme vomir pour la première fois de sa vie. C'était douloureux, nouveau et tout aussi incompréhensible que le reste. Je me suis laissée glisser le long de l'évier jusqu'à toucher terre, les mains tremblantes appuyées au sol. Je peinais à respirer, tout était trop serré. Cette vie, cette maison, les mains de Graham autour de mes poignets que je sentais toujours et la brûlure que ses lèvres avaient laissé sur ma joue avant que je ne parte pour Londres. Tout ça n'était qu'un brouillard permanent pour moi.

– Il était mon ami, Graham. Et il a essayé de me tuer.
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Ven 20 Déc 2013 - 7:17


Il la suivit alors qu’elle reculait. Il lui avait fait mal alors qu’il ne l’avait pas vraiment voulu. Mais le fait est qu’elle le rendait dingue. Pour lui, les choses avaient toujours été limpides : d’abord de suivre les préceptes du Lord, ensuite de respecter le choix de son père - qu’il trouvait par ailleurs parfaitement légitime. D’aucuns pourraient penser qu’il est faible d’esprit, sans sa propre initiative, ni courage. Pourtant, il était convaincu qu’il fallait autrement plus de courage pour accepter qui on était et sa place dans son monde que de le remettre en question. C’était tellement facile de dire « non ». Tellement facile de rejeter ce avec quoi on n’était pas d’accord. De son côté, aussi difficile que cela pouvait parfois être, il avait accepté son devoir, et adhéré aux choix de son père - sans pour autant ne pas y réfléchir et juger que ces choix étaient justifiés.
Alors pourquoi pas elle ? Elle était née pure comme lui, avec le même devoir - peut être même moins parce qu’elle était une femme. Pourquoi ne pas embrasser comme lui leur cause ?

Pourquoi, c’était justement la question qu’elle lui ressassait, à voix plus en plus haute. Il ouvrit plusieurs fois la bouche pour lui répondre, mais elle ne lui en laissa pas le temps. Il leva meme un bras pour se protéger lorsqu’elle jeta le verre en travers de la pièce.

« Tu es folle ?! » Mais la question - purement rhétorique et totalement inutile - se perdit dans la suite de ses questions. Il fit quelques pas vers elle quand elle s’attaqua aux assiettes mais n’eut pas le temps de couvrir la distance qui les séparaient qu’elle se laissa glisser au sol, vidée. Et sa derniere phrase le fit plisser les lèvres. Elle n’était vraiment pas une guerrière.
Il s’assit à côté d’elle et la redressa pour la forcer à le regarder.

« D’accord, calme toi, s’il te plait. Je comprends. D’accord ? Je comprends. » Une main sur chacune de ses épaules, il finit par la prendre dans ses bras, lui plaquant la tête contre sa poitrine, une main sur sa tête, pour l’empêcher de se sauver, comme précédemment. Mais là, il veillait la maintenir sans lui faire mal, ne prêtant pas attention à ses gestes désordonnés qui pouvait éventuellement le toucher. Elle avait besoin de réconfort, et il n’y avait personne d’autre pour le lui offrir, même s’il n’était pas celui dont elle avait besoin, sans doute. Après un certain temps - quand elle commença à se calmer - il se mit à parler.

« Les choses ont changé très vite, je sais. On a tous eu des amis qui ont fini par nous trahir. Ca fait mal, surtout quand on n’y est pas préparé. Mais ça veut juste dire qu’il ne méritait pas ta confiance, c’est pour ça que tu te sens en colère, j’imagine. Entre autres… Ca prouve en tout cas qu’ils ne sont rien. Seulement des fauteurs de trouble. Et qu’ils méritent qu’on les neutralisent. » Il la serra légèrement et son pouce se fit caressant, machinalement. « Personne n’a vraiment voulu cette guerre… j’imagine que chacun espérait que les autres parties se rangeraient à ses arguments. Mais ça n’a pas été le cas. Alors on a bien été obligés de se soulever pour nos principes, pour nos idées. Ce que veut Elena sera bon pour tous les sorciers. Et même pour les Moldus, regarde ce qu’il s’est passé à Assapor ! Si on ne les canalise pas, ils sont capables de tout détruire ! Si on triomphe, les Moldus ne pourront plus se faire du mal. Ni les sorciers basiques. Il seront cantonnés à ce qu’ils sont capables de faire. L’ordre qui règnerait serait le garant de ce que tu veux : une société paisible, où chacun sait ce qu’il a à faire… C’est pour ça qu’il faut lutter contre ces idées dangereuses d’égalité, de mélange… Tu comprends ? »
Il baissa les yeux vers le bas, tournant un peu la tête, essayant vaguement de croiser son regard. Il se sentait un peu idiot, adossé au buffet de la cuisine, Cinnamon contre lui au milieu de la vaisselle brisée. Mais pour la première fois, elle lui faisait l’effet d’un oisillon blessé à protéger.
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Ce message a été posté Sam 21 Déc 2013 - 8:42

J'ignore ce qui a changé. J'ignore qui a changé. J'ignore également ce qui s'est passé. Je sais juste que quelque chose s'est produit. A ce moment, à cet instant où il a posé sa main sur ma tête pour me serrer contre lui. Si quelques secondes avant, j'avais continué à marteler son torse de mes poings - plus par besoin de taper quelque chose que pour m'en prendre à lui-même - ce simple geste a ouvert les valves d'un torrent que je n'aurais jamais cru capable chez moi. Je ne pleurais quasiment jamais. Je n'avais pas pleuré à Londres, ni même en revenant. Je n'avais pas pleuré la première fois où Graham s'était moqué de moi, ni les suivantes. Je n'avais pas pleuré quand mes parents et moi nous étions disputés à plusieurs reprises. J'avais pleuré quand une de mes peluches avait été déchirée, quand un oisillon est mort dans mes mains, quand j'ai vu un hippogriffe enfanter, quand j'ai pris conscience des dégâts d'Assapor. Mais ce torrent que je ne me connaissais pas jusqu'alors, était totalement inédit. Et le plus étrange, c'est que je ne m'en voulais pas de me montrer finalement faible devant Graham. Peut-être que j'avais enfin ce que j'avais toujours voulu : qu'il me remarque. Je n'y ai pas pensé sur le moment, uniquement après, quand j'ai été en mesure d'y réfléchir mais c'était un sentiment que je ne comprenais pas sur l'instant alors je n'y ai pas prêté plus d'attention, j'avais autre chose à faire. Et je ne comprenais toujours pas le lendemain ce qui m'avait pris. Toujours est-il qu'au moment où il a posé sa main sur moi, qu'il m'a serrée contre lui en répétant qu'il comprenait, et insistant sur ce dernier mot, c'était comme s'il m'avait perdue, comme trouvée.

J'ai cessé de marteler son torse de mon poing, me contentant juste du plat de la main contre son épaule mais sans chercher à me dégager. J'ai finalement agrippé le tissu entre mes doigts et m'y suis accrochée comme à ma propre vie. Je ne cessais de revoir le feu dans les yeux de Brooke et Aoden brandir sa baguette vers moi. Je revoyais Lukas, au sol, baignant dans son propre sang, je revoyais le visage d'Astra quand un couteau s'est logé dans ses côtes. Bizarrement, la vue des Moldus ne m'intéressait pas ni ne me choquait, c'était comme... Des êtres insignifiants, je n'y prêtais même pas attention. Ils n'étaient rien, ils n'existaient pas. Autant des sorciers, peu importe la faction ou le sang, nous étions "de la même race" et je ne voyais qu'eux. Le seul moldu qui m'avait marqué était celui tombé raide mort en une fraction de seconde.

Je n'aurais pas voulu que mes parents me voient comme ça, ni même mon frère. Je voulais qu'ils me croient forte, je voulais qu'ils croient que je vivais bien mon rôle, que j'étais une battante, comme eux. Mais ce que j'attendais de Graham était différent. Pourquoi lui et pas Arutha, pourquoi lui et pas un autre, je n'en savais rien. Peut-être que toutes ces moqueries et bagarres au fil des années ne m'ont pas donné envie de lui faire mes preuves, mais juste ce syndrôme étrange du méchant qu'on veut voir gentil avec soi. Peut-être... Je n'ai toujours pas la réponse à cette question mystérieuse. Quand bien même j'avais émis l'hypothèse de m'être calmée, la mention d'Assapor et son simple geste du pouce n'a eut pour effet que de relancer le débat sur l'inondation de ma cuisine. Pourtant, sa voix m'a apaisée. Petit à petit. A force. Tenant toujours fermement son haut entre mes doigts, j'ai commencé à vouloir me ressaisir, rouvrant les yeux pour tenter d'y voir plus clair. Je commençais peut-être même à entrevoir la raison du souhait de ce mariage. Mais je commençais, juste. Quant au reste... On ne m'avait jamais expliqué les choses de cette manière. J'ai dégluti en essayant de me calmer mais la simple vue de son regard dans le mien m'a crispé le visage à nouveau et j'ai senti les larmes revenir dans une grimace. J'ai acquiescé néanmoins, même sans grande conviction. Sa voix apaisante avait eu un autre effet sur moi, c'était comme s'il avait ouvert une porte - ne me demandez pas laquelle - et que je l'avais poussée un peu plus pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur. Tester mon entourage était quelque chose de permanent, chez moi.

J'ai reniflé et je me suis humecté les lèvres sans oser bouger de peur que sa main quitte mon visage - c'était idiot de penser ça maintenant alors que tout ce temps durant, j'avais menacé de le tuer s'il me touchait !

– C'étaient les Moldus... Ils nous suivaient, ils nous talonnaient. Les Phénix étaient passés devant et Caïus n'était pas loin derrière moi. Et... Et j'ai vu ce que les Moldus font avec leurs propres armes. C'est plus rapide qu'un Avada Kedavra, Graham, c'est... Le Moldu est tombé d'un coup et... Et il n'a jamais rouvert les yeux. Alors... j'ai couru. J'ai pas regardé derrière moi sauf pour voir si Astragild et Brooke suivaient parce qu'elles étaient blessées. Et... J'ai vu Aoden. Il me regardait aussi, je l'ai vu, alors je me suis dit... Peut-être que si je pouvais lui parler, si je pouvais lui montrer, lui prouver qu'il se battait pour une cause perdue, que les Moldus avaient blessé son visage avec leurs... Armes étranges. J'ai pensé que peut-être, je pouvais le ramener à la raison ! Alors... J'ai fait demi tour. Il était blessé de partout, j'étais la seule debout, finalement et une fois à sa hauteur, j'ai entendu les Moldus et ils ont levé leurs armes sur nous. J'ai repensé à celui qui était tombé alors j'ai brandi ma baguette. Je voulais juste me protéger... Il était juste à côté de moi et... J'avais tellement peur, j'ai mis tout ce que je savais dans mon dôme de protection. A tel point qu'il a protégé ces Phénix sans que j'ai le temps d'y réfléchir ! Alors quand Caïus a vu ça, il m'a poussée en première ligne. - J'ai reniflé à nouveau et me suis humectée les lèvres. Même si mes larmes s'étaient calmées, je mettais un effort appliqué à rester compréhensible. - Je m'en fichais parce que... Je voulais qu'il voit. Que je n'avais pas peur, que je pouvais le faire, que j'étais digne ! Je voulais lui montrer qu'une Ombre de la Rose Noire n'a pas peur de se mouiller. Je voulais qu'on puisse dire que c'était moi... Que c'était grâce à moi, quelque part. Alors, gonflée de confiance en moi, j'ai levé ma baguette contre les Phénix et ça a à nouveau marché. Mais la baguette de l'autre Salamander a juste eu le temps de voler qu'Aoden m'a jeté un sort en me brûlant le bras. Et puis Caïus a profité de ma brèche pour achever l'autre Salamander et... Les Moldus nous ont rattrapés alors on a dû partir mais... - Et voilà que je repartais en levant les yeux sur lui, presque suppliante. A tel point que j'ai porté ma main sur la sienne pour la serrer dans ma paume et j'ai secoué la tête - Je ne veux pas aller en prison parce que j'ai eu un mauvais réflexe, Graham. Mais j'avais si peur, il y avait du sang partout, je ne veux plus jamais y retourner, ne me laisse plus jamais y retourner, je t'en supplie.
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Jeu 2 Jan 2014 - 17:31


En voyant que les digues menaçaient de se rompre à nouveau, Graham cala son menton sur la tête de Cinnamon et referma son bras autours de ses épaules plus étroitement, sans lâcher sa tête. Et il l’écouta parler.
Il ne connaissait pas grand chose des armes Moldues - en même temps, quel genre de débile peut s’y intéresser ? - mais il savait ce que c’était que de se retrouver au combat pour la première fois. Et elle n’était pas prête à ce qu’elle pourrait avoir à affronter. Elle enseignait le yoga et faisait des bisous aux licornes… Que pouvait elle savoir du combat ? Elle n’y était allée que pour prouver qu’elle valait les autres Ombres. Qu’elle n’était pas le truc inutile que semblait penser ses parents - et il prenait conscience qu’il n’avait sans doute jamais rien arrangé dans son amour-propre. Bon en meme temps, il n’avait pas pu deviner, n’est-ce pas ?

Quoi qu’il en soit, il suivait ses explications avec attention, et ne put retenir un sourire - heureusement qu’elle ne le voyait pas. C’était donc ça, le fin mot de l’histoire ? Avec son esprit idéaliste, elle avait tout simplement voulu convaincre ce traitre de revenir à la raison ? C’était une intention louable - vouée à l’échec, mais pouvait-on vraiment lui en vouloir ? Surtout quand elle était accusée par de fichus Héritiers… Ce qu’elle expliquait était d’une simplicité désarmante, et en même temps, empreint d’une complexité touchante : elle avait juste voulu faire ses preuves… et s’était un peu brulé les ailes au passage.
Il ravala son sourire lorsqu’elle le regarda à nouveau. D’ailleurs, il n’avait pas vraiment le choix : la voir suppliante, allant jusqu’à lui serrer la main pour l’implorer de la garder loin des combats - et de la prison - n’avait rien de risible. Il repoussa ses cheveux en arrière.

« Tu n’iras pas en prison pour ca. D’abord parce que si ça devait arriver, ça serait déjà fait… » lacha-t-il avec un sourire acide. «… Ensuite parce que ça sera ta parole contre celles des Heritiers. Ils ne peuvent rien prouver, et tu n’as attaqué personne. De toute façon, en glissant un mot aux bonnes personnes, l’histoire sera vite enterrée. » Marion travaillait en étroite collaboration avec Elena Kark. Elle pourrait peut être tâter le terrain de ce côté…

« Quant à retourner sur le terrain… Ce ne peut être que ta décision. Tu n’étais pas prête. Mais en sachant ce qu’il peut arriver… En t’entrainant… Est ce que tu n’aimerais pas pouvoir prouver que ces idiots ont tord de croire que tu pourrais trahir ? » Il haussa un sourcil interrogateur. « En restant en arrière, ça risque simplement de leur donner raison. Et puis… Tu n’auras peut être pas le choix… Alors autant te préparer… Tu ne crois pas ? Au cas où… » Il baissa un peu la tête, croisant son regard avec un petit sourire. Il voulait qu’elle quitte son air inquiet et retrouve plutôt de sa verve... Petit oisillon blessé devait absolument reprendre son envol, ou il ne quitterait jamais le nid...
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Ce message a été posté Sam 4 Jan 2014 - 10:38


Désarmant, c’était le mot. Quand il a ramené mes cheveux en arrière, j’ai relevé les yeux vers lui avec l’impression gênante que ce n’était pas sa place et que pourtant, je ne disais rien. J’aurais probablement dû. Ou non. A ce stade, je n’en avais aucune idée. Tout ce que je sais c’est que j’ai commencé à me calmer. De qui aurais-je dû attendre ces attentions ? Mon frère ? Mon père ? Ma mère ? J’ai cligné des yeux avant de regarder ailleurs. Je doutais que tout ça soit facilement enterré. Héritiers ou non, si Papa n’y croyait pas vraiment, Maman considérait que c’était tout à fait mon genre. Et je n’étais pas sûre d’arriver à faire face à ce genre de désagrément au sein de notre petite maison de fortune. Quant à Graham, il semblait y croire sans m’en vouloir. C’était vraiment curieux. J’ai reniflé légèrement en passant mon poignet sous mon nez pour en essuyer toutes les larmes qui avaient trempé mon visage. Peu élégant et délicat mais j’imagine qu’il ne s’en formaliserait pas compte tenu de ce qu’il avait déjà vu de moi depuis l’annonce de nos fiançailles.

Mais quand il a reprit à propos du terrain, j’ai tout de suite tourné les yeux vers lui. J’attends comme une rédemption, comme lorsque vous avez supplié vos parents de quelque chose et que vous tenez à ce qu’ils vous le donnent. Et au moment où vous pensez qu’ils cèdent… En fait, ils tentent de vous envelopper dans une petite morale pour vous remettre sur pied. Mais Graham n’était ni mon père, ni ma mère, ni mon frère. Ni même un ami. Encore une fois, j’ignorais comment le placer dans ma tête, c’était tellement chaotique, tout mélangé, incompréhensible, c’était comme si mon cerveau tentait vainement de placer toutes les statues sur les bons socles avec les bonnes formes. Mais sans y parvenir pour le moment. A son sourcil interrogateur, je me suis sentie minuscule. Si j’étais calmée, je n’étais pas à l’abri d’une rechute et je me pinçais les lèvres afin que ça ne se remarque pas trop. Je détestais qu’il m’ait vue dans cet état mais j’en ‘y pouvais plus rien, maintenant. Mais je devais reconnaître qu’il avait raison. Cet échec cuisant de ma part me laissait un goût amer dans la bouche. Et j’avais honte vis à vis des Vaisey. Quand bien même je ne voulais pas de ce mariage, je devais m’y plier. Et peu importait mon avis, il ne valait mieux pas commencer par tant de tensions. A en croire Graham… Tout irait bien. En tout cas, c’était la traduction que j’en tirais de sa façon d’être et de tout ce qu’il me disait. Alors pour tout ça, j’ai acquiescé. D’abord faiblement… Et puis une fois plus franchement. Après tout, si le mariage « pour faire un pied de nez » n’avait pas de sens pour moi et semblait totalement incohérent, le fait de me battre sur le terrain pour renverser la vapeur était parfaitement logique.

J’ai baissé les yeux pour retomber sur son torse. D’une main, j’ai voulu enlever une peluche et essuyer ce que j’avais trempé de mon indéchiffrable stupidité mais à peine avais-je touché le tissu que j’ai retiré ma main, gênée de l’approcher. A y réfléchir, c’était la première fois, de toute ma vie, il me semble, que je m’étais sentie aussi bien, curieusement, contre quelqu’un qui n’était pas de ma famille. Je me rendais compte que ma tante me manquait. Elle avait rendue la maison supportable ici quand nous étions arrivés pour l’envahir de notre présence. Mais maintenant qu’elle n’était plus là, je me sentais vraiment seule.

– Je t’ai mis… Des trucs… Un peu partout. Désolée.

Ma voix était encore un peu tremblante et mes yeux me brûlaient, j’avais l’impression d’être enrhumée et j’avais froid tout à coup. Mais si Arutha m’avait montré un ou deux trucs la veille de mon départ pour Londres, sur le terrain, ses conseils s’étaient avérés… Totalement inefficaces, ma baguette refusant catégoriquement de me répondre. Alors, puisqu’on parlait de se préparer, j’ai relevé les yeux à nouveau sur Graham, l’air peur assurée mais volontaire.

– Tu m’aiderais ? Tu dois être doué toi, alors… Tu voudrais bien m’aider à me préparer ? – J’ai commencé à secouer la tête en m’emportant. – Si tu veux pas, je comprendrais. Je veux dire que tu n’as aucun devoir envers moi mais je sais pas à qui demander d’autre, mais si tu acceptais, ce serait vraiment bien parce que tu es brigadier, tu sais ce que c’est, t’es plus vieux, tu fais ça tous les jours, tu sais, alors…

J’ai pincé les lèvres pour me forcer à me taire.
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Dim 12 Jan 2014 - 14:07


Il n’avait aucune idée de la portée de ce qu’il pouvait dire sur l’esprit embrumé de Cin. Après tout, tout ce qu’il avait tenté de lui expliquer jusque là s’était plutôt heurté à un mur d’incompréhension, à croire qu’ils parlaient deux langues différentes. Mais depuis quelques minutes, ils semblaient avoir trouvé un point de convergence à l’aune de la violence. Et du bon sens : il n’était pas question effectivement de démontrer à ses détracteurs - aux Héritiers - qu’elle était effectivement une incapable, voire une traitresse. Cet argument semblait avoir un écho auprès de la jeune femme qui acquiesça d’abord timidement, puis finalement avec plus de conviction. Graham lui répondit d’un sourire. Ce n’était pas encore la verve habituelle, mais au moins semblait-elle avoir cessé de craindre ce qui pouvait arriver.

Il hésitait à la caresser une nouvelle fois. Elle était tellement vite sur la défensive qu’il craignait de casser le petit peu de confiance qui semblait s’être tissé entre eux, et il semblait que Cinnamon éprouvait la même chose : il baissa les yeux pour suivre son geste d’essuyer sa tenue et se raviser. Une hésitation étonnante alors qu’elle venait de déverser trois litres de larmes sur son uniforme. Elle s’en excusa d’ailleurs d’une petite voix mal assurée. Cela lui tira un petit rire.

« Ne t’en fait pas, ce n’est vraiment pas grand chose, elle en a vu d'autre ! » Il réalisa alors que cela pouvait être mal interprété. Il se sentit soudain coupable qu’elle puisse imaginer qu’il passait sa vie à consoler les belles en détresse dès que l’occasion se présentait. Ce n’était pourtant pas son genre. « Je veux dire, par le travail… Je cours après de la racaille à tout bout de champ, alors tu penses bien… hem... Et puis… Ce n’est que de l’eau. Enfin… J’espère… Cela dit, ce n’est rien qu’un peu de lessive ne peut pas nettoyer, tu sais… Bref. Me taire… »

Il valait mieux, il s’enfonçait dans une abime peu valorisante. Et puis Cinamon avait semble-t-il une question qu’il n’avait pas vue venir. Elle lui demandait de l’aider - à pratiquer la magie d’attaque sans doute, à en juger par ses explications. Le fait qu’elle le suppose doué juste sur le fait qu’il soit brigadier le fit sourire.
« C’est pas bien bon pour mon orgueil, ce que tu me dis là… Il se trouve que je me pense doué, mais je dois bien reconnaitre que certains sont meilleurs… » Il fit une petite grimace et étudia la question.

Cinamon avait raison, il ne lui devait rien. Si ce n’est qu’ils allaient se marier, pour le meilleur et pour le pire. Il la regardait en réfléchissant, se disant que les choses seraient plus facile pour leur vie des 40 années à venir s’ils étaient alliés plutôt qu’adversaires - si la guerre des factions ne les faisaient pas veufs prématurément. Ils allaient devoir partager leur vie, une maison, et un lit à un moment ou à un autre, pour satisfaire les projets dynastiques que leurs ainés. Non que Graham y vit une objection, Cinamon étant loin d’être repoussante - mais il présumait qu’elle y verrait beaucoup plus à redire. Alors pour le bien de leur union future, il fallait commencer à poser des bases. Le hasard - le destin, la vie, la fatalité, faites votre choix - avait donné comme base ce drame qu’elle vivait. Et il pouvait lui apporter une aide substantielle : apparemment, la baguette de Cin s’était montrée récalcitrante. Or, s’il y avait bien un domaine qu’il connaissait, c’était bien celui des baguettes capricieuses. Ne serait-ce que pour ça, il était un tuteur de choix pour la jeune femme.

Il prit la main de Cin dans la sienne et la serra doucement.
« Bien sur que je t’aiderai. Et on trouvera pourquoi tes sortilèges n’ont pas marché comme tu le voulais quand tu le voulais. Et maintenant… » il se remit vivement sur ses pieds et la tira dans son sillage. « … on quitte ce sol froid avant d’attraper la mort ! Sans parler que c’est foutrement inconfortable, tu ne trouves pas ? » Il avait un sourire détendu aux lèvres, comme si ce qu’il venait de se passer était parfaitement normal. Ce qui n’était pas totalement faux : elle avait eu besoin de réconfort, et il s’était trouvé là pour le lui apporter - découvrant au passage qu’elle avait tout de la petite chose fragile à protéger...
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Ce message a été posté Lun 13 Jan 2014 - 6:51

D'abrod j'avais souri. Je ne m'étais rien imaginé de plus. En vérité, pendant une seconde, je me suis demandée ce que son uniforme avait pu voir mais ça n'avait rien à voir avec des filles - éplorées ou non. Mais à cet instant, je ne pouvais imaginer que du sang ou ce genre de choses... Et puis à le voir s'empêtrer maladroitement, j'ai eu un léger rire. C'était quelque part rassurant de le voir comme ça. Ca le dédramatisait, il avait l'air plus "normal". Et vous savez quoi ? J'ai à peine relevé qu'il m'avait pris la main. Tout ce que je retenais c'est qu'il acceptait et c'était déjà une sacré information à prendre en compte pour occulter le geste qui venait avec les paroles. J'ai souri un peu plus. Son accord était un peu comme un trêve, comme si j'avais réussi, en un sens, à m'adoucir face à ce mariage. C'était une forme d'abdication, il fallait l'avouer mais bizarrement, je ne le sentais pas totalement comme ça. Plutôt comme un "Enfin !", comme si une part de moi avait attendu ça toute sa vie. Sortant de mes pensées, j'ai levé les yeux sur Graham déjà debout et me suis aidée de sa main en la serrant dans la mienne pour me redresser à mon tour. Très sincèrement, je n'avais pas du tout fait attention au confort du sol. Mais je reconnais que ça n'avait rien de bien grandiose.

Sakapu, mon Elfe de Maison, a passé la tête sur le côté pour voir si elle pouvait enfin intervenir sur les dégâts que j'avais causé. Elle a commencé à s'affairer avec son balais et j'ai regardé Graham avant de renifler à nouveau, peu fière tout de même. Je l'ai regardé une seconde pendant que Sakapau ramassait les débris de verre dans une pelle et une question m'est revenue. Pour la troisième ou énième fois... J'ai finalement lâché sa main en me rendant compte que je la tenais toujours et j'aurais bien aimé sourire à nouveau mais j'étais un peu gênée. D'abord parce qu'il m'avait vue dans un état de faiblesse et ensuite parce qu'il avait su me calmer. Enfin, parce que je ne comprenais toujours pas. Alors j'ai doucement secoué la tête, désolée.

– Tu ne m'as toujours pas dit pourquoi tu étais venu.

Un instant, j'aurais pu croire que c'était parce qu'il cherchait une bonne farce à me faire mais je le voyais différemment maintenant. Je me demandais réellement pourquoi il était venu. J'avais ce doute qui me laissait entendre que je me faisais des idées, qu'il était peut-être venu... Pour savoir si j'allais bien. Et dans un accès de folie, pour me demander ma propre version de l'histoire plutôt que de se contenter des mots d'un Héritier. Même quand cet Héritier avait raison, ce qui brûlait le mien, d'égo. Passant ma main devant mon nez, j'ai repris.

– Parce que tu n'es sûrement pas venu pour essuyer le sol avec mes questions stupides.

D'accord, j'étais peut-être à nouveau sur la défensive maintenant que ça allait un peu mieux et si j'avais su que Graham voulait revoir ma verve, je n'aurais même pas pu faire en sorte de ne pas le satisfaire. Il y a des choses sur lesquelles je sais jouer la comédie et d'autres non. En réalité, dès qu'il s'agissait de sentiments, j'étais incapable de mentir ou de faire semblant. Mais quand il s'agissait de faire la part belle devant les parents, là, en revanche... J'aurais pu lui dire merci, aussi. Mais là encore c'était une affaire de sentiments qui se bousculaient, aussi, je baissais plus facilement la tête sans oser.
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Mar 21 Jan 2014 - 7:25


Maintenant que l’instant dramatique était passé, Cinamon avait retrouvé un semblant de sourire, et Graham abordait à nouveau son petit sourire en coin. Il était sur que la jeune femme n’avait pas envie d’être un objet de pitié permanent. Le moment était passé ? Il fallait revenir aux basiques au risque de fausser totalement leur relation. Ils ne pouvaient pas passer d’une relation de chien et chat à … à quoi ? De l’amitié ? Non c’était bien trop prématuré… Cela dit, elle n’avait pas lâché sa main, et à se retrouver face à face de la sorte, si proches physiquement, on pouvait presque croire qu’ils s’étaient aussi rapprochés à un autre niveau. Dans d’autres circonstances, Graham ne s’en serait sans doute pas tenu là. Mais les enjeux entre eux étaient différents d’une simple passade. Leurs fiançailles compliquaient d’office leur relation jusque là très simple : Graham aimait bien la taquiner, mais il ne lui avait jamais plus prêté attention. Il réalisait pourtant qu’elle était bien plus intéressante que cela...

Et puis l’Elfe de Maison arriva pour nettoyer le bazar et le moment passa. Elle lacha sa main, semblant gênée - il pouvait comprendre : sangloter devant quelqu’un qui était guère plus qu’un étranger ne mettait pas forcément à l’aise. Alors pour lui laisser le temps de se recomposer, il remit d l’ordre dans sa tenue et se retourna légèrement. Il se demandait s’il n’allait pas la laisser, maintenant que la crise était passée, ça éviterait les silences gênants. Mais lorsqu’elle ouvrit la bouche, ce fut pour lui reposer la question de la raison de sa visite.
Il leva le nez, l’air peu concerné, puis se concentra à nouveau sur sa tenue. Du moins en apparence, car en fait, il réfléchissait à la réponse appropriée. Il hésitait entre lui faire une réponse sarcastique ou une réponse honnête. Et à dire vrai, il avait le sentiment que les deux avaient autant de chance de briser le lien ténu qui venait de se créer. Alors quoi ? Il lui jeta un nouveau coup d’oeil en coin en réfléchissant qu’elle s’était confiée avec honnêteté. Ce ne serait pas lui rendre justice que de ne pas faire preuve de la même franchise. Non que cela l’enchante, mais sa décision était prise.

Il poussa un soupir et leva les yeux au ciel avec un sourire de dérision - pour lui même. C’était à son tour de se sentir peu à l’aise.

« J’étais venu voir comment tu allais. J’ai eu la prétention de penser qu’il n’y aurait pas grand monde dans cette maison pour imaginer ce que tu pouvais ressentir… Manque de bol, je n’avais pas tort… » Il roula des yeux et lui reglissa un regard en coin avant de hausser les épaules. « Cela dit, je n’avais effectivement pas pensé servir de serpillère… Et puis… » il marqua un temps, hésitant à poursuivre. « Mes parents se sont mis à flipper à cause de ce que ces traitres d’Héritiers racontent. Mais je ne voyais pas la raison de prendre une décision sans savoir ce que toi tu avais à dire de tout ca. Maintenant que je sais que les apparences sont contre toi mais que tu n’as pas trahi… » nouveau haussement d’épaule. « ...Il n’y a pas de raison de revenir sur ce qui a été décidé. » Bon, il est peut être temps d’arrêter les violons, hein ? Il reprit un sourire amusé et cette fois, il fit franchement face à Cinamon, reprenant la lueur de défi moqueur qu’elle avait pu lui connaitre avant. « A moins que tu aies envie de te défiler et me laisser gagner notre petit pari ! » Il se tortilla d’une manière peu convenable mais résolument drôle.
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Ce message a été posté Mar 21 Jan 2014 - 9:29

Pendant des années j'étais partie du principe que Graham me détestait. Pas dans le sens où il m'en voulait, mais simplement que j'étais tellement insignifiante et nulle que je m'étais toujours sentie misérable face à lui. Mais maintenant que je repassais les dernières semaines dans ma tête, j'émettais finalement des doutes. Après tout, quand j'avais "fui" de chez ses parents, il était venu me trouver, il avait tenté de me parler et j'avais refusé parce que je ne rejetais pas que lui mais tout ce qu'il représentait. Je n'avais pas voulu qu'il m'atteigne, qu'il arrive à me convaincre ou rien de tout ça. J'avais juste voulu qu'il s'en aille et qu'il disparaisse. Parce que pour ma part, je le détestais parce que je lui en voulais. Mais alors qu'il se tenait là à côté de moi à me dire qu'il était venu, d'une certaine manière, pour me défendre et m'apporter son soutient, je me suis sentie subitement encore plus stupide. La mention de la maison vide - Sakapu mise à part à qui il m'arrivait de me confier secrètement - m'a faite déglutir et baisser les yeux, sentant une grosse boule dans ma gorge.

Graham montre un nouveau visage, autant qu'il doit sûrement découvrir le mien aujourd'hui. J'aurais pu sourire, j'aurais pu sauter sur l'occasion d'une atmosphère plus légère mais je n'en avais pas envie. Aussi doué qu'il se montrait, il ne pouvait essuyer tout d'un seul coup ainsi. néanmoins, il faisait son effet. Et en même temps, il agissait pour maintenir ce mariage. Ce que je ne comprenais pas du tout. J'ai relevé les yeux et regardé autour de moi en inspirant profondément. Ce foutu mariage. Ca me terrifiait à un tel point que j'en étais à me demander pourquoi. Parce qu'on ne m'avait pas demandé mon avis ? Parce qu'il s'agissait de Graham ? Parce que j'étais la seule à le refuser ? Parce que j'avais peur d'être une mauvaise épouse ? Et une mauvaise mère, au passage. Ce dernier point me donnait tellement de frissons que j'en ai secoué les épaules.

J'ai malgré tout eu un faible sourire à la mention du pari. Graham ne pouvait s'attendre à m'entendre éclater de rire si vite. D'une part parce que je riais très rarement. Je souriais beaucoup, oui mais rire, nettement moins. D'autre part parce qu'il était encore trop tôt pour moi pour lui montrer cette autre facette. Au lieu de ça, je lui ai fait complètement face à mon tour et j'ai inspiré profondément comme si je prenais une décision de la plus haute importance. Et c'était le cas. Je l'ai étudié attentivement, m'attardant sur son visage auquel je n'avais jamais vraiment prêté grande attention.

_ D'accord. - J'ai acquiescé doucement - Je veux bien... Faire un effort mais je suis toujours contre parce que... Je ne sais rien de toi parce que je ne t'aime pas, et ce depuis toujours, pour plein de raison et parce qu'être contre l'avis de mes parents est un sport familial depuis la naissance de mon frère. - J'ai laissé une seconde de blanc avant de lever mon index des fois qu'il veuille protester et j'ai ouvert la bouche pour observer une autre seconde de silence - Mais. Si tu me laisses un peu de temps alors d'accord. Je promets de faire un effort. En attendant...

Je lui ai offert un léger sourire en signe de bonne foi et j'ai senti quelque chose me soulever les talons. Allez savoir quoi, peut-être avais-je ressenti la même chose que lui avec cette histoire de moment qui passe mais je me suis élevée en portant ma main pour encadrer son visage, mes doigts passant derrière son oreille alors que j'approchais mon visage du sien. J'ai posé mes lèvres sur son autre joue, m'y attardant à peine deux secondes. Et puis j'ai laissé glisser ma joue de la sienne avant de baisser le nez pour redescendre sur terre. La question que vous devez sûrement vous poser est "pourquoi ?" Par tous les Merlin de l'univers, si je le savais, je vous répondrais. J'ai reporté les yeux sur lui et j'ai acquiescé faiblement.

_ Merci.

Et selon moi, c'était tout ce qu'il aurait. C'était la seule chose que j'aurais à lui offrir, et bientôt, il pourrait aller voir de tous les côtés si les joues sont plus roses. En tout cas, en ce qui me concernait, à défaut d'avoir montré toutes mes armes, j'avais déployé mes seuls talents. J'ai posé ma main sur son épaule pour le contourner. Il fallait que je m'éloigne de lui le plus vite possible car ce qu'il réveillait n'était pas pour me plaire. Comme si je n'avais pas assez de questions comme ça, il avait fallu qu'il en rajoute. Mais j'avais été portée par cette personne qui, sortie de nulle part, avait voulu croire en moi, quelque chose de bien agréable qui se faisait pourtant bien rare.
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Graham Vaisey
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Ce message a été posté Mer 22 Jan 2014 - 7:17


Qu’elle sourie à sa bêtise lui fit plaisir. Ca ne la sauverait certes pas de ses doutes, mais au moins, cela lui changeait les idées. Un peu. Et ses explications le firent sourire plus largement encore. Enfin surtout la mention du « sport familial ». Par contre qu’elle lui dise qu’elle ne l’aime pas… Pourquoi ? Juste parce qu’il l’avait taquinée à l’école ? Qu’elle ne le connaisse pas, d’accord. Mais qu’elle ne l’aime pas ? Trop injuste ?
Blague à part, s’il n’était pas du genre a rechercher à tout prix à se faire apprécier, il ne comprenait pas non plus ce jugement hatif. Enfin de son point de vue, Cinnamon n’avait rien à lui reprocher… Il ouvrit donc la bouche, effectivement pour protester, ou en tout cas l’interroger, mais elle leva un doigt péremptoire. Lorsqu’elle eut terminé, il tenta de se lancer une nouvelle fois mais fut à nouveau interrompu par une intervention de la jeune femme. Qu’il n’avait pas attendue. Interdit, il sentit la main de la jeune femme se poser d’un coté de sa tete, ses lèvres de l’autre.

Oua…

Je veux dire… what ?!! …

Son expression était figée, sourcils hauts, bouche en cul de poule, et il la regarda sans trop y croire quand elle le remercia.
Ce geste, tendre s’il en était, était loin de ce qu’il la pensait capable de faire. Elle lui avait bien fait comprendre qu’elle ne pensait pas grand bien de lui. Alors pourquoi ?
Et puis surtout, en romantique qui ne s’assumait pas qu’il était, ce chaste baiser résonnait en lui comme une promesse, une porte qui allait s’ouvrir, mais qu’il n’était pas forcément prêt à pousser. En bref, il se sentait déstabilisé par ce geste.

Il se reprit quelque peu lorsqu’elle le contourna, une main sur son épaule. Il se racla la gorge avant de lui répondre.

« Oui… Hem… pas de quoi… mmm... » Il grimaça un sourire un peu forcé. « Si ça ne t’ennuie pas, je vais te laisser. Du coup. Ca a l’air… » lui détoura vaguement sa silhouette de ses mains. « … d’aller mieux. Et… hmmm… il faudrait que je me change… Alors… »

Il lui fit un signe d’au revoir un peu appuyé et tourna les talons pour prendre la direction de la sortie. Et juste avant de sortir il passa la tête par l’ouverture.

« Et tiens toi prête pour tes leçons… Je ne suis pas sur que « merci » sera le mot que tu auras envie de me dire… » Et il partit d’un rire faussement diabolique avec une tête de sadique, avant de rire vraiment en lui faisant une grimace, avant de partir. Pas question de rester sur un instant de faiblesse.
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