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PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Ailleurs
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Ce message a été posté Mar 26 Nov 2013 - 12:21


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Elle était entrain de sangloter sur le fauteuil en cuir confortable. Ses mains dissimulant à quiconque la vue de son visage blafard. Des gouttes tâchaient méthodiquement le tissus épais de son jean. Et elle ravalait constamment la morve qui lui coulait au nez, comme une mioche. La poitrine secouée par un tremblement de terre interne, elle ne pouvait simplement que dire non. De manière à peine inaudible. Et sa tête allant et venant négativement pour appuyer ses propos. Sa réaction. Parce que non ce n’était pas possible. Non elle ne pouvait pas faire ça. Elle n’avait pas pu une première fois. Et refusait d’y retourner. Ce n’était pas de sa faute d’ailleurs. Il fallait la comprendre. Elle avait toujours l’impression de connaitre les noms gravés sur les pierres, quelles qu’elles soient, dans ce genre de lieu. Et tout ces noms lui rappelaient Joe. Cela ne pouvait pas être possible, parce qu’elle avait tourné la page. Elle l’avait dit à Loïs. Elle se l’était dit à elle-même. Elle avait sentit la porte se refermer en elle, sur la vengeance, sur la colère. Elle avait laissé le temps au temps. Elle avait avancé. Elle avait changé merde ! Tout ça pour repartir en arrière ?! Certainement pas ! Non ! Elle allait mieux. Elle allait sans doute mieux. Elle allait probablement mieux. Elle n’avait pas à rouvrir cette porte elle n’avait pas à foncer de nouveau dans ces couloirs à la recherche de la vérité ou d’un aurevoir parce qu’elle avait déjà tout trouvé ailleurs et elle pouvait lui montrer et lui prouver et –

Quelque chose heurta sa jambe doucement. Avec insistance. Lauren écarta les doigts pour entrapercevoir dans les larmes le carton habituel de la boite de mouchoirs. Il y avait tout au bout les doigts manucurés de sa psychomage. Et tout au bout de ces doigts et de ce corps il y avait ses accusations. Lauren se moucha avec sa manche en hoquetant, repoussa la boite, sans relever les yeux.

« Pourquoi vous m’faites ça. Je n’étais pas venue parler de ça. Je vous parlais de Lisa Macnair, je n’avais aucune envie de …. Il est mort ! Je le sais ! Ils sont tous morts et ça va bon sang ! J’ai accepté, j’ai fait mon deuil, j’ai fait tout ce qu’il fallait que je fasse pour ça. »

Lauren frappa le sol de son talon toujours sans la regarder. La boite de mouchoir revint dans son champ de vision éteint. Ses lèvres tremblèrent.

« S’il vous plait. Je vous jure… »
« Lauren. »


La voix calme et patiente de Abegail Lorémont lui arracha un frisson.

« Je ne sais simplement pas quoi dire à Bruce… »
« Et vous ne savez toujours pas comment parler à Loïs. Depuis combien de temps ne l’avez-vous pas recontacté ? »


Lauren le savait, très exactement. Mais haussa une épaule.

« Il est difficile de trouver les mots pour les autres quand on ne sait pas les trouver pour soi Lauren. »

« Oh pitié. On dirait que c’est sorti d’un film moldu. »

Avec hargne elle arracha à la boite trois mouchoirs en papier. Et entreprit de se moucher, bruyamment. La société lotus allait finir par lui décerner le prix de la plus dévouée des clientes.

« Je ne sais pas quoi dire pour Bruce parce que je n’ai pas l’impression d’avoir été quelqu’un de valable… Et c’est la même chose pour Loïs oui ! Et que vouliez vous que je lui dise hein ? Oh ma pauvre Loïs je suis désolée que ton compagnon et mon ex amant soit mort » le dernier mot avait presque été crié sur une pointe d’hystérie.
« Il se peut que vous soyez aveuglée par la nature de votre relation avec Clark Blackburn, que vous décidiez d’y attacher un peu trop d’importance. Loïs Lang est une bonne amie. »
« Ah » Dédaigneux. « Loïs Lang n’est pas une bonne amie. Elle m’a aidé et conseillé mais elle a bien mieux autour d’elle vers qui se retourner et n’a certainement pas besoin de moi et – »
« C’est ce qu’elle vous a dit ? »
« …. Non bien évidemment que non mais. »
« C’est ce que vous vous êtes dit. Et pour Bruce vous ne pensez tout simplement pas être la hauteur de ce qu’il a pu faire pour vous alors qu’il n’y a pas de petits gestes ou de petites attentions Lauren. »

« S’il vous plait, il. » Lauren eut un rire incrédule. « Il m’a sauvé la vie. Et sa petite amie vient d’être tuée. Une petite amie avec qui j’ai… bon sang je n’ai rien partagé. Si. Un verre une fois et un bouquin oui mais lui je. Je ne sais pas quoi lui dire et… Il faut tous les laisser en paix maintenant. »

Abegail leva simplement la main. L’interrompant doucement.

« C'est vous. Qui n'êtes pas en paix. Vous pensez être inutile. Vous avez un blocage là-dessus, vous le savez, nous en avons discuté la dernière fois. Que cela soit en rapport avec vos prédispositions pour la magie, pour le décès tragique de votre sœur, que votre place au sein de votre groupe d’amis et au sein des phénix… A chaque fois vous insistez et persistez dans le fait de vous dire que vous n’avez pas votre place car vos actions sont moins méritantes. Vous êtes ici pour vous aider car vous avez conscience d’avoir des faiblesses, mais tout le monde en a. Et nous ne sommes pas tous des héros. Nous ne sommes pas tous Harry Potter. Mais Harry Potter n’était pas tout seul pour mener son combat. »
« Je ne vois pas du tout où vous voulez en venir. »
« Vous le savez très bien. Essayez de vous voir un peu justement. Fermer une porte sur une relation parce que vous n’avez pas voix au chapitre n’est pas une bonne solution. Ni une bonne aide. »

« …. Je ne vois pas quoi faire. »
« Je crois que ça aussi. Vous le savez. »








Le poids de son sac lui malmenait sévèrement l’épaule et il y avait fort à parier qu’elle ressortirait d’ici avec dans l’idée de contacter un kiné. En même temps, quelle idée de charger son sac d’autant de bouquins et autre fatras. Elle aurait du prendre le sac en papier que lui tendait le caissier avant de partir. Mais non elle s’était dit que tout rentrerait. Et tout était bien évidemment rentré. En même temps elle avait désormais cette sale habitude de trimballer tout et n’importe quoi (et la capacité à surtout pouvoir le faire bon sang). Elle était loin derrière dans le passé, la Lauren qui courait avec les poches presque vides de coin en coin. Maintenant son appartement était surbooké et son armoire constamment en bordel témoignait de son application à choisir ses vêtements pour ses goûts et non pas pour ses rôles.

Lauren s’essuya le front, malgré la fraicheur de cette fin de journée d’octobre. Avec comme l’impression d’avoir mis une heure entre l’arrêt de bus et l’ici. Ce n’était pas tout à fait faux. Mais ce n’était pas non plus tout à fait vrai. Elle avait mis bien plus d’une heure pour arriver ici.

Trois mois, exactement.

Elle vint s’appuyer de nouveau sur le tronc. Rapidement. Juste pour défaire son écharpe et ses gants. La sueur s’infiltrait désagréablement sous ses aisselles et dans son dos. Et elle inspira profondément pour retrouver un rythme cardiaque plus calme. L’essoufflement n’était pas totalement la cause de son rythme anarchique.

Devant elle, seule et tranquille, toujours aussi blanche, il y avait la pierre.

Lauren accrocha son écharpe à l’anse de son sac. Fourra les gants dans la poche de son manteau. Inspira une nouvelle fois. Et s’avança. Le soleil couchant derrière nimbait le ciel d’une lueur dorée plus semblable à l’aurore qu’à un déclin. Un instant elle en fut légèrement éblouie, et cligna des yeux pour déchiffrer machinalement les inscriptions sur le marbre. Le nom bien sûr. Mais aussi la date. Et cette petite phrase tendre : A notre père, frère, fiancé et ami.
Il y avait à peu près la même sur celle de son père. Sur la quoi ? Allez nomme les choses.

Sur la tombe.

Une couronne de fleurs immortelles était toujours placée devant. Et Lauren y déposa son sac en s’accroupissant. Incapable de savoir si elle devait parler ou non. La psychiatre ne lui avait pas donné le mode d’emploi des choses à faire. En fait, Abegail ne lui avait rien dit, de la direction à prendre et de la première tombe à choisir. Lauren avait pris la décision seule, à la fin de son travail à la librairie. Elle s’était simplement arrêtée dans le Londres Moldu pour chercher un bouquet de fleurs. Mais les jardiniers semblaient en grève ce jour-là. Ou alors elle ne les avait pas vus. Lassée et un peu énervée elle était rentrée dans la première supérette de la rue, tenue par un indou.

Et s’était retrouvée sans trop savoir comment devant le rayon des liqueurs.

La bouteille qu’elle sortit de son sac était une pâle copie d’un Dom Pérignon de 2005. De la piquette anglaise décorée à la française comme en témoignait le bouchon de liège.
Elle posa la bouteille sur le marbre. Esquissa un sourire.

« C’est pour qu’on la boive. Enfin. Tu vois. »

Non il ne pouvait pas voir. Parce qu’elle parlait à une pierre. Et Lauren baissa la tête, à la fois honteuse et touchée. Sortant les verres en plastique qu’elle avait acheté en prime. Pas du verre. Elle avait encore ses réflexes de moldus et n’avait pas pensé à pouvoir les protéger d’un coup de baguette. D’un geste vif elle repoussa ses cheveux en arrière. Se reposa sur ses jambes, à genoux. Releva la tête pour voir les dernières lueurs du jour. Le cimetière était désert, un bon point.

Sa main attrapa la bouteille. Déchiffra l’étiquette. Ses doigts effleurèrent le goulot. Et d’un coup elle éclata de rire.

« Oh merde. Merde ! ..… J’ai oublié le tire-bouchon. »

Ce fut la goutte d’eau.

« T’imagine ça Clark ? Je me ramène avec une foutue bouteille sans doute moitié moins bonne que celle que j’ai vidé dans ton évier et j’oublie ce putain de tire-bouchon. Ca et les gobelets en plastique pour kermesse c’est le bouquet. Le bouquet, ha. »

Nouveau rire noyé de larmes.

« Tu vas me dire que j’ai toujours ma baguette. Eh ben ouais mon vieux, j’ai ma baguette. Il doit bien y avoir un fichu sort pour les bouchons en liège n’est-ce pas ? Au pire sinon j’ai un canif mais tu risques de me regarder galérer un bon moment... Alors attends. … Avec ma veine quand je lancerais l’accio le bouchon me sautera au front… Tout ce qui me manquait. »

Lauren chercha Mélèze en ricanant. Tenta de se rappeler des conseils de Bruce.

Dix minutes après, le bouchon disparu, elle se versa un peu de vin, d’une main tremblante. Leva le verre dans la lumière sourde. Observant les reflets carmin de l’alcool. En souriant.

« Santé…. »

Et en avala une gorgée. Qui la fit grimacer.

« Mouais. … On va dire que ce n’est pas si mal pour ce que c’est hein… »

Lauren se releva. Posa le verre vide sur la tombe. Le remplit pour qu’il ne s’envole pas sous la brise. Et s’appuya contre la pierre avec une fausse nonchalance. Fixant l’horizon.

« Le soleil est en train de disparaitre… » Murmura-t-elle comme pour elle-même. Sans savoir réellement tout ce que cela signifiait. Plus de détraqueurs dans le monde moldu. Kark mort (elle en était convaincue). Le reste des mangemorts bouclé à Pré-au-Lard. Victoire pour les phénix. Peace and joy. « Et malgré tout ça il y a des bombes et toi tu meurs. Et Lisa meurt. Les gens bien meurent aussi facilement que les autres. » Elle porta le verre à ses lèvres. Avant de soupirer. « Moi je suis là avec ma piquette et mes traumas, et on me dit que ça a de l’importance dans tout ça. …. Clark. Je crois qu’en fait on s’est bien foutu de nous. »

Lauren croisa ses jambes devant elle. S’entraperçut dans le monde. Comme une silhouette en cuissardes et jean sombre. Un chandail gris sur un sweat-shirt. Et manteau de cuir. Jolie sans que ça ait un sens. Le visage trop pâle d'avoir encore pleuré. Les lèvres pincées sous une série de nom que personne ne porterait jamais. Une petite fourmi dans une trop grande fourmilière. Une souris avec un labyrinthe, et sourde muette aveugle. Frissonnant dans le vent frais. Le regard loin. Plus jeune et vieille que jamais. Cherchant l’espoir comme un morceau de fromage. Doutant soudain qu’il n’ait jamais existé.

« Je suis une fichue voiture mon vieux. Une voiture lancée à toute vitesse et teuf teuf d’un coup je me rends compte qu’il n’y a plus d’essence. Et aucun panneau indicateur autour de moi. J’ai foncé, foncé et je suis allée trop loin trop vite… Trop loin trop vite. Nouvelle vie, nouveau job… »

Sa conscience effleura sa cicatrice à la hanche.

Le vent fit trembler sur la pierre le verre à moitié plein. Ou vide. Cela dépendait des gens.


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Dernière édition par Lauren Hudson le Lun 2 Déc 2013 - 20:07, édité 1 fois
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François Loiseau
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Ce message a été posté Mer 27 Nov 2013 - 6:34

L'écharpe aux couleurs de Poufsouffle forme un ruban jaune et noir autour de ton cou, ton bonnet vert enfoncé sur les mèches sombres de tes cheveux. Tu marches rapidement dans Londres, sans penser. Tu n'as même pas pris le temps de retourner chez toi, ou chez Loïs après le travail – tu as simplement envoyé Matcha les avertir que tu avais encore du boulot et que tu ne savais pas quand tu rentreras. Un pieux mensonge. Tu as quelque chose à faire, en effet, et même si ça n'a techniquement rien à voir avec le travail... ça reste difficile.
Tu n'as pas été voir Clark depuis longtemps. Tu en as besoin. Besoin de lui parler. Besoin alors qu'autour de toi, de vous, ce monde change sans cesse. La rédemption des Phénix est amère – votre envol difficile. Tes larmes se sont taries, même si elles te reprennent parfois, au milieu de la nuit, quand tu tiens la fille de Clark et Loïs entre tes bras. Alors que tu berces Clara, Clara au même prénom que ta sœur, Clara si belle et fragile, et que tes comptines françaises emplissent la chambre. Alors là, tu pleures. Tu pleures Clark – le passé, le présent, un futur inexistant. Tu as aussi pleuré pour Elisabeth, dont la mort brutale et sauvage a été une morsure dans l'univers fragile de votre famille (« François... » Juste sa voix brisée et tu avais su que rien n'allait. Colin est resté avec Loïs à son loft et vous êtes tous deux retournés à l'appartement. Tu as appelé la Brigade. Tu es resté hébété devant le sang. Tout ce sang, François.) Un autre coup.

Tu arrives enfin au cimetière. Vide, comme toujours. Le soleil se couche, bientôt il fera nuit avant même que tu finisses de travailler, et tu regardes le coucher de soleil pendant quelques minutes avant d'entrer dans le cimetière silencieux. Même si pas tout à fait. Une voix féminine se fait entendre, ténue, presque inaudible. Tes yeux verts cherchent l'origine de celle-ci – et quand tu la trouves, tu penses presque rebrousser chemin. C'est une femme, assise sur la tombe de Clark. Là où tu veux aller. Mais tu continues d'avancer. Tu as besoin de parler. À Clark, sans doute. Si elle est là, c'est qu'elle le connaît. Le connaissait. Elle comprendra.

Tu l'as déjà vue. Tu crois. Une mémoire de policier. De détective. Tu te rappelles brièvement d'elle, au loin, aux funérailles, à travers tes larmes. Une vague forme dans le cimetière, alors que le soleil séchait tes joues. Enfin, tu crois que c'était elle. Peut-être te trompes-tu. Ton esprit n'était pas clair. Tu ne sais pas, donc tu ne veux rien supposer. La femme est là, devant la tombe de Clark, et si tu entends sa voix, tu ne comprends pas ses mots. Tu t'approches, tu es là, et in extremis, tu rattrapes le verre de vin à moitié plein qui siège sur la pierre tombale. Le vent est fort, ce soir. « Un peu plus et vous preniez une douche au vin rouge. » Tu lui tends le verre en passant enfin la tombe, détaillant la femme de plus près. Tu n'es plus sûr de si tu la connais. Tu te trompes sans doute. Une silhouette vêtue de noir ? Tu ne sais pas. Tu te rappelles peut-être de son visage à Assapor, ou brièvement vu au quartier général de l'Ordre du Phénix, où tu n'as pas mis les pieds depuis longtemps. Pas depuis les loups, pas depuis Assapor. Pas depuis Clark, Clara, Lisa. « Nous sommes deux à avoir eu la même idée. » Tu souris à la jeune femme, avant de regarder la place libre à côté d'elle. Une place qui semble libre, en fait, puisqu'il n'y a pas vraiment de siège, devant une tombe. Son corps laisse seulement voir le 'ami' de l'inscription. Ce que vous êtes tous les deux. Étiez pour lui. « Je peux ? » Elle accepte et tu t'assis. Tu ne penses même pas à te présenter.

Tu ne la regardes pas. Tu regardes le ciel, en fait. Londres est trop lumineuse et tu sais que quand le soleil se sera couché, tu ne verras tout de même pas les étoiles. Ça te frustre. Clark aurait dû être enterré au Pays de Galles. Près de la chute, pourquoi pas. Tu entends la jeune femme respirer et l'odeur du vin, du mauvais vin, te monte au nez. Tu ne bois pas, que très rarement, mais étrangement, là, tu boirais bien. Même du mauvais vin trop odorant, à la robe presque translucide. L'inconnue est du côté de tes cicatrices. Un instant, tu penses à t'appuyer sur ta main – un réflexe que tu ranges. Tu n'as pas à le faire. Elles font partie de toi depuis si longtemps. Tu ne dois pas y penser. Cette non-pensée, ce réflexe retenu, te motive apparemment à parler, parce que si tu es venu ici, c'est bien pour expier tout ce qui te ronge, tout ce qui est au fond de toi et a besoin de sortir :

« Ça aurait fait 29 ans en septembre. Clark et moi. Vingt-neuf ans. Bientôt trente. Comme vous auriez dit, ça ne vous rajeunit pas. Encore jeunes, pour des sorciers, mais si vieux. Vous avez déjà trop vécu. Ça a passé si... vite. Et c'est déjà fini. Une seconde de flottement. C'est tellement absurde. On a gagné. On avait enfin le droit d'être heureux. Tout le monde. Et j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui ne veut tout simplement pas qu'on le soit. » Tu as le droit de croire en ce que tu veux, tu as décidé. Tu es voyant, après tout – un voyant même pas fichu de prévenir la mort de ses amis. Tu parles d'un don de merde. Tu parles de voix inutiles qui susurrent dans ta tête, musique étrange que tu n'entends même plus. Que tu ne veux plus écouter. Tu as le droit de croire que des mages ancestraux vous en veulent personnellement. Tu as le droit de le dire à voix haute, sur un ton un peu pensif, un peu fâché aussi. Parce qu'il y a quelque chose de profondément injuste dans tout cela. Mais tu dois en revenir. Tu as toujours eu la poisse, après tout, ce n'est pas maintenant que ça changera. « Et avec les lumières de Londres, on ne parvient même pas à voir une seule étoile. Tu tournes légèrement la tête pour regarder la jeune femme. Pourquoi êtes-vous venue boire avec lui ? »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦



mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

Spoiler:
 


Dernière édition par François Loiseau le Dim 27 Avr 2014 - 15:07, édité 1 fois
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Ce message a été posté Mer 27 Nov 2013 - 11:51


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« Un peu plus et vous preniez une douche au vin rouge. »

Lauren a un cri étranglé. Se retourne rapidement. S’étouffe sur la gorgée de vin qu’elle était entrain de boire. Une ribambelle de gouttelettes rouge dégoulinent sur son menton, vite rattrapées par le dos de sa main. Elle se tourne, pour faire face à la voix. Et ses yeux écarquillés, rougit, détaillent rapidement l’inconnu qui ne l’est pas tant que ça. Cependant, à cet instant, il n’est rien pour elle qu’un immense point d’interrogation. Elle se trouve bête, incapable de le resituer. Alors qu’elle l’a pourtant regardé, aux côtés de Loïs pendant l’enterrement. Il est ce morceau de musique qu’on fredonne sans retrouver les paroles. Une vague impression de déjà-vu. Il est aussi ce trouble-fête auquel elle ne s’attendait certainement pas. Elle qui pensait être aussi seule que possible dans ce lieu. Ils ont eu la même idée oui. Mais Lauren est loin de s’en féliciter. Car au lieu de ce type, ça aurait pu être Loïs. Et qu’aurait-elle vu ? Une pequenaude entrain de se vider une bouteille de vin sur la tombe de son fiancé. Ni le plus glamour, ni le geste le plus respectueux au monde. Lauren attrapa le verre qu’il lui tendait calmement, sans accusation. Et se retrouva figée, le litron de rouge à ses pieds, un gobelet dans chaque main. Un coup de vent balaya ses cheveux qui se dressèrent et se mêlèrent à son visage. Allez. Le tableau était complet.

Je peux, qu’il lui demande. Lauren souffla sur une mèche qui lui collait à la bouche. Acquiesça sans oser prononcer un mot. Peut-être devait-elle expliquer ce qu’elle foutait ici à tenter de se bourrer la gueule (en tout cas ça y ressemblait). Du talon, discrètement, elle cacha la bouteille derrière la pierre tombale. Se racla la gorge. Et posa à moitié les fesses sur la sépulture avant de se redresser, comme piquée par un insecte.

Mais merde, qu’est ce qu’il foutait là ce con ?

Question stupide. Il était venu se recueillir, comme n’importe quel sorcier ayant connu Clark. Lauren se mordit la lèvre. Se plaça à ses côtés. Observa discrètement son profil. Ses yeux suivirent l’éclat bleu vert du regard de l’homme, l’arrête de son nez, sa joue rugueuse d’une barbe qui commençait à repousser et les entailles blanchâtres qui lui striaient la joue. Et le tout formait un portrait sans prénom ni nom. Désolant. Elle aurait pu quand même, ma foi, essayer de deviner qui il était pour Clark plutôt que de rester plantée à ses côtés sans savoir quoi dire ni faire.

Lauren se racla la gorge. Bonjour, et vous allez bien lui semblaient des plus inappropriés. Maladroitement elle murmura.

« Heu… Vous le. Vous le connaissiez depuis longtemps ? »

Peut-être un collègue de boulot, qui sait.

« Ça aurait fait 29 ans en septembre. Clark et moi. »

… Ah.

« Ça a passé si... vite. Et c'est déjà fini … C'est tellement absurde. On a gagné. On avait enfin le droit d'être heureux. Tout le monde. Et j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qui ne veut tout simplement pas qu'on le soit. »

Lauren détourna les yeux pour fixer la tombe. Ses mains s’abaissèrent juste un peu. Quelque chose couru entre eux, les lia et les enchaina un court instant. Ce point commun qu’ont les gens face aux drames. En quelques mots il venait d’exprimer ce qu’elle avait mis autant de temps à accepter ne serait-ce que comme pensée : l’injustice flagrante de la vie. D’un petit signe de tête, Lauren hocha la tête, bien d’accord avec lui. Il y avait là devant eux les restes d’un pauvre type mort pour rien, mort après la bataille, et qui ne connaitrait même pas sa fille. Lauren ne croyait pas à l’au-delà, à la seconde chance et aux réincarnations. Il y avait pourtant les fantômes de Poudlard pour essayer de la convaincre d’un Après valable. Mais tout lui avait toujours semblé comme une vaste fumisterie. Une tricherie de plus, un coup du sort malheureux empêchant juste les gens de partir. Partir pour un rien salvateur. Ici c’était foutrement trop compliqué et trop dur. Souvent, elle avait pensé au Néant comme une récompense. Comme l’autorisation de pouvoir dormir tout son saoul sans crainte des cauchemars ou d’un réveil trop brutal.

Du poignet, elle heurta le bras de cet ami sans nom.

« Tenez » lui dit-elle en désignant son verre du menton. « On commence à s'y faire au bout de la troisième gorgée, et vous avez l’air d’en avoir besoin. »

Et puis au moins elle ne serait pas la seule à avoir l’haleine empuantie de ce vinaigre.

Lauren avala une gorgée de son propre verre. Leva à son tour la tête pour fixer le ciel.

Ce dernier semblait coupé en deux. Un reste de la bordure dorée éclairait encore l’horizon à l’ouest. Mais au-dessus d’eux ne subsistait que l’éclat violet bleu nuit de l’obscurité montante. Derrière, il devait y avoir le noir illuminé par Londres. Il avait raison. Il n’y avait pas une seule étoile en vue.

Lauren plissa les yeux. Revint sur terre à la question de – bordel mais elle ne savait même pas comment l’appeler dans sa tête.
Un coup d’œil plus attentif à son compagnon de soirée lui fit remarquer l’écharpe et ses couleurs.

Sérieux ?
Poufsouffle ?


Bah, Blaireau était un nom comme un autre.

Et Blaireau venait de poser la question à 1000 gallions.

Lauren essuya sa bouche machinalement. Cherchant dans l’épitaphe de Clark une réponse plus correcte que celle qu’elle s’apprêtait à formuler. Et puis zut. N’était-elle pas venue se confronter à la vérité ?

Oui enfin. Elle voulait s’y confronter seule. Et pas y mêler un parfait inconnu. Ami de longue date d’ailleurs de feu Clark Blackburn. Cela lui fit mal d’ailleurs. Parce que lui il avait des raisons d’être là.

- Ni petits gestes ni petites attentions
, murmura Abegail. Un souvenir pas plus vieux de 48h. La bouche de Lauren trembla. Elle n’avait eut ni geste ni attention envers Clark. L’achat de la bouteille n’avait été motivé à l’époque que par son désir à le reconquérir. Ou plutôt, à partager de nouveau son foutu pieu. Sérieux quoi. Elle l'aimait sans même savoir pourquoi.

« … Oh c’est rien. » Et le mensonge lui colora les joues.
« Enfin. Je lui devais un verre. .. Je n’ai jamais eu le temps de lui dire aurevoir correctement de son vivant. Je pensais que ça serait une bonne idée de le faire mais. Il est mort. Ca ne changera rien pour lui. »

Mais ça pourrait sans doute changer quelque chose pour elle.

Mieux vaut tard que jamais, pas vrai? Lauren esquissa un sourire sans joie.

« Je ne le connaissais pas depuis longtemps. …. En fait. La première fois j’étais en avance. »

Tintement de la clochette à l’entrée du restaurant.


« La dernière fois j’étais en retard. »

La silhouette de Loïs en travers le chambrant de la porte de la cuisine.


« Rien à voir avec votre relation. Presque 30 ans… »

Un dernier rayon de soleil vint toucher la pierre. Une chrétienne aurait parlé de signe. Lauren pensa simplement qu’il n’y avait là qu’un heureux hasard. Elle était venue pour lui dire adieu certes. Et se rattraper d’avoir fui. D’avoir fui toute sa vie. Peut-être qu’elle avait une micro, une dernière minuscule chance de se rattraper ?

Elle termina son verre. Et tourna plus franchement le regard vers le blaireau.

« Ca vous ennuierait de me parler de lui ? »

Elle se racla la gorge.

« Moi tout ce que je savais de lui c’est qu’il était fichtrement doué à la cuisine. Et que c’était un homme bien. …. Je savais même pas le prénom de son fils vous voyez. … Chris. Alors si vous pouviez juste m’en parler. … Et me dire qu’il avait des défauts. »

Lauren eut un rire sans joie.

« Si vous n’êtes pas pressé hein. »

Bon. Blaireau ça ne serait franchement pas terrible au milieu d’un memorial.

« Je m’appelle Lauren. …. Lauren Hudson. »



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Ce message a été posté Mer 27 Nov 2013 - 21:15

Son poignet heurte ton bras et tu baisses les yeux vers le verre qu'elle te tend. Comme si elle avait lu dans ton esprit. « Merci. » Tu prends le verre et en prends une gorgée, sans sentir le liquide avant, et tu réprimes difficilement une grimace. Bon, c'est moins pire que ce tu pensais... mais diantre, ces Anglais ne savent pas faire du vin. Ils ne savent même pas faire de la piquette.

Elle lui devait un verre. Une raison comme une autre. C'est toujours quand les autres sont morts qu'on se rappelle qu'on devait faire mille choses avec eux. Tu hoches doucement la tête, écoutant ses paroles sans l'interrompre. Tu connais sa voix. Et cette fois, tu ne sais réellement pas où tu as bien pu l'entendre. Tu tentes de te concentrer sur les voyelles qui s'envolent, les accents un peu graves, mais tu en es incapable. Un sourire un peu triste quand elle énonce ta pensée précédente au sujet de votre amitié – presque trente ans. « Ça ne me rajeunit pas. » Me. Que toi. Tu aurais dit vous – Bruce, Loïs, toi. Ici, il n'y a que toi. Et elle. L'inconnue à la voix qui joue dans tes souvenirs, à la voix que tu ne peux pas replacer.

Et parler de Clark. C'est l'histoire de ta vie, parler des autres. À un temps semblable, un an plus tôt, tu parlais d'Anna à Loïs. Cette fois, c'est de Clark à... à Lauren, puisqu'elle se présente. « François. Loiseau. » François Jarome Loiseau, narrateur vivant de la vie des morts qui ont jonché sa triste vie de poissard de compétition. Si un jour tu décides de changer de profession, tu sauras vers quoi te tourner. Quelque chose de triste dans ce constat, que tu repousses en te concentrant sur les yeux de la jeune femme. Lauren aux yeux bleus et graves. « Des défauts ? Il avait que ça. » Ta voix est malicieuse. Bien sûr qu'il en avait, comme tout le monde. Il fuyait ses problèmes au lieu de les affronter, il ne se confiait jamais, il était de mauvaise foi, s'entêtait sans raison et était souvent blasé de tout. Seulement, il est mort. Vous ne pensez qu'aux qualités. Tu ne sais pas par où commencer. Tu as tellement de souvenirs avec lui et pourtant pas assez. Tu prends une autre gorgée de vin, c'est vrai que ça passe déjà mieux, une fois que ta langue est presque anesthésiée. « Il n'aimait pas parler de lui, de ce qu'il vivait. Pour écouter, c'était un champion, mais pour qu'il parle de quelque chose qui le concernait... il fallait être prêt à insister longtemps. » Pour n'obtenir que des bribes, des silences, des non-dits. Dans toutes vos années d'amitié, il y en a eu plusieurs où il ne t'a pas adressé la parole. Toi relié à son passé, à Anna, à la Brigade. François Loiseau, l'homme-souvenir. Encore mieux. Un souvenir, lointain et proche à la fois, t'inspire et tu te décides à le raconter : « Quand on était à Poudlard, je faisais beaucoup de cauchemars, et il venait dormir avec moi pour me rassurer. L'an dernier, il est arrivé... quelque chose, disons, et il dormait à mon appartement, et il a fait la même chose que lorsqu'on était encore gamin. Et quand Bruce est venu nous réveiller le lendemain, évidemment accompagné de Ace... Tu ne caches pas un rire. Qu'est-ce qu'on a eu l'air ahuri, quand il nous a souhaité une bonne vie ensemble. » Et plus tu y penses, plus tu rigoles. Et vous étiez partis en camping peu de temps après, en plus ! Rien pour améliorer votre cas. Ton rire se calme.

Le bon temps.
Le bonheur.

Ton souvenir idiot va plus loin. Tu reviens au réel– tu n'es plus dans ton appartement en désordre, ou au Pays de Galles, dans la cascade glaciale. La nuit tombe rapidement. Le soleil, encore présent quand tu es arrivé, s'est couché et la noirceur prend de plus en plus de place. D'un ciel bleu de nuit, il va devenir noir. Tu regardes le vin dans le verre de plastique, tu regardes Lauren. « Il se posait trop de questions, mais il répondait avec son cœur. C'était le plus important. »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦



mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Dernière édition par François Loiseau le Dim 27 Avr 2014 - 15:10, édité 3 fois
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Ce message a été posté Mer 27 Nov 2013 - 22:48


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« François. Loiseau. »

Et ça fait ding dans la tête à Lauren, une nouvelle fois. Comme un livre tombé de la bibliothèque et ouvert à la bonne page.

Elle le contemple dans sa réponse. Et pense qu’elle ne s’est finalement pas trompée quand elle a pensé plus tôt que ce type c’était un fredonnement. François Loiseau c’est ce nom d’entre deux portes. Celui dont elle a entendu parler tout autour d’elle. Par Ted, une fois. Par Bruce, de nombreuses fois. Par Loïs, au hasard d’une conversation. Un prénom qui a été souvent appelé au sein du QG. Un prénom qui a été prononcé devant elle pendant certaines missions. Pendant certaines batailles. Un nom qu’elle a croisé par écrit. Un nom français aussi, et ça la fait sourire. Elle arrête enfin de tourner de la tête pour chercher le visage correspondant. Le contemple enfin dans son ensemble. Son identité épinglée au revers de son écharpe. Il lui va bien, ce nom. Et le voit mieux maintenant, même si l’obscurité tombe. François Loiseau.

Hey. Tout le monde le connaissait sauf elle en fait. Il était temps !

Et ce brave type sourit aussi. Lui répond d’un ton malicieux. Et Lauren l’écoute avec les yeux et les oreilles. Elle devine dans sa douceur pieuse du souvenir une légère amertume. Sensible, mais perceptible pour celle qui a eu l’habitude déjà de l’entendre. C’est cet arrière-gout qui nous reste quand on parle des gens qu’on aime. Ceux qu’on côtoyait et qui n’étaient pas parfaits non. Parce que personne ne l’est, parfait. C’est le fait d’avoir une meilleure amie, et d’excuser ses mauvais comportements. C’est de voir son père comme un héros intouchable, alors qu’il n’est qu’un homme. C’est tout un tas de petites choses qu’on range en silence. Parce qu’on tient aux gens. Et qu’ils le méritent. Et parce qu’on sait aussi que les autres le font pour nous.

C’est pour cela qu’elle le cru. Et qu’elle crut en cette amitié de presque 30 ans. Pour ce petit regard baissé et ce petit ton qui n’en est pas un.

Elle l’aimait bien ce type. Il était franc.

Il était d’ailleurs très franc. Parce qu’elle s’attendait à n’importe quel souvenir mais pas de ce genre-là. Il la prit tellement au dépourvu, à rire soudain de cette mésaventure, à citer Bruce si naturellement qu’elle ne l’imagina pas mais le vit rire à l’entrée de cette chambre du sous-entendu qu’ils offraient. Qu’elle se sentit soudain exclue. Plus froidement que tout. Exclue d’un monde de familiarité et d’entraide. De soutient. Puis cette exclusion passa aussi rapidement qu’un nuage. Et elle cessa de le regarder avec surprise. Pour éclater de rire à son tour.

Oh bon sang oui. Elle voyait bien les deux hurluberlus avec leurs têtes encore ensommeillées et le regard malicieux de Bruce, du « J’vous ai bien eu les mecs, vous êtes complètement attrapés là. ». C’était si naturel et si bon de rire comme ça après ces derniers jours grisâtres, qu’elle se permit même de le taquiner en retour.

« Vous savez, en même temps. Etant donné la manière dont vous m’avez présenté vos années avec Clark. J’aurais moi-même eu le doute si je ne savais pas pour ses fiançailles avec Loïs. » Son regard bleu pétilla de plus belle.
« Je vous prie de m’excuser mais c’est tellement. Tellement attendrissant. » L’amitié virile des hommes à toute épreuve.

C’était un bon souvenir. C’était sans doute le meilleur parmi ceux qu’il aurait pu choisir. Lauren en apprécia même le tiraillement un peu douloureux de ses zygomatiques. Cela creusait des fossettes au coin de ses joues.

Leurs regards se croisent de nouveau. Il est plus calme. Elle est heureuse. Ca dure quelques secondes.

« Il se posait trop de questions, mais il répondait avec son cœur. C'était le plus important. »

Elle veut retenir cette phrase. Par coeur.

« Vous avez raison. …. Vous avez raison quand il dit qu’il savait écouter aussi. Parce qu’il a su sans doute plus m’écouter que ce que j’ai cru jusqu’alors. … On ne parlait pas beaucoup ensemble les fois où l’on se voyait. On se parlait sans mots, vous voyez ? Je ne connaissais rien de sa vie personnelle et lui de même mais j’avais toujours l’impression de pouvoir trouver quelqu’un qui me réservait à chaque fois son entière attention. Et ça faisait du bien. »

Lauren hocha doucement la tête, le sourire toujours présent aux lèvres.

« … Merci Clark. »

Pour le peu qu’ils ont eu ensemble. Il en a fait beaucoup.

Il y a quelque chose soudain qui casse et qui glisse au loin avec un fleuve sur lequel elle a fait barrage. Étrangement, elle respire mieux. L’air froid et humide de la nuit lui chatouille le nez. Elle défait son écharpe pour la remettre en place, maintenant que le coup de chaud de la marche lui est définitivement passé. Et remarque l’obscurité.

« … Attendez. On ne voit rien. Et je suis certaine d’avoir des bougies dans ce truc. »

Elle s’accroupit soudain. Pose son gobelet à terre. Fouille son sac. Évidemment les bougies sont au fond. Sous les trois ou quatre (ah non tiens cinq) livres qu’elle trimballe. Ils sont correctement rangés pour ne pas les écorner mais pour l’instant ils lui font entrave.

« François ? » elle le prononce à la française. Sans cet accent anglais auquel il est peut-être habitué.
« Vous pourriez juste me tenir cela un instant ? »

Elle lui tend le volume 1 de L’Histoire des Baguettes par Antonin Ragondin, un épais bouquin sur les Solstices et Quêtes des Druides de nos temps, le tome 7 de Barnabé Folledingue ou la Journée Extraordinaire sur les traces de Godric Gryffondor, plus deux autres livres moldus « L’héritière de Neptune » accompagné de « Le lave-linge pour les nuls ».

« Merci. » Elle retourne à la fouille de son sac. Sort enfin quatre bougies un peu aplaties. Dont elle relève les mèches d’un doigt. Si elle les place en hauteur d’un sortilège (et Merlin soit remercié de ce cimetière sorcier où aucun moldu ne pourra voir cela) elle les allume tout de même à la méthode ancienne. Un briquet.

« Voilà. On s’entend mieux. »

Les bougies jettent un halo doré sur la scène nocturne. Adoucissent légèrement les contours de la pierre tombale.

« Vous parliez d’étoiles non ? Ce n’est pas assez pour former la grande ourse. » Elle les déplace un peu d’un coup de baguette. « Personne ne m’en voudra de placer la constellation du Corbeau dans le ciel à cette époque de l’année. »




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François Loiseau
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Ce message a été posté Ven 29 Nov 2013 - 5:55

Elle rit – ça te rend heureux. Ses yeux étaient mouillés, quand tu t'es assis à côté d'elle, et son rire sincère, mêlé à sa taquinerie, est bien tout ce que tu espérais. Sa taquinerie te fait presque replonger dans un éclat de rire. Cette ambiguïté qui a toujours plané sur votre relation, un spectre que plusieurs ont questionné, rarement à voix haute – tu es heureux qu'elle puisse en rire comme vous en avez ri.

Ce qu'elle dit sur ton meilleur ami te fait plaisir, mais tu sais bien que ce n'est pas le but. Si elle est ici, c'est qu'elle a également besoin de parler et tu la laisses donc faire, en voyant même pas pourquoi tu l'interromprais dans ses propres souvenirs. Tu hoches à peine la tête, pour valider ses propos (comme si elle avait besoin de ta validation, Loiseau), et tu lèves ton verre, pour ponctuer son remerciement, pour trinquer à Clark. Et prends une troisième gorgée, qui coule presque bien dans ta gorge. Sur le fleuve de Lauren, quelque chose glisse, descend enfin; dans ton propre univers, quelque chose aussi semble s'adoucir.
Tu as bien fait, de venir ici ce soir. C'était le bon moment.
On ne voit rien ? Ha, en effet. La nuit est bien tombée et la lune ne suffit pas. Pas ici. « Des bougies dans votre sac ? » Tu émets ce commentaire un peu étonné à voix haute. Après tout, c'est une sorcière, il n'y a probablement même pas à s'étonner. Elle pourrait avoir une tente et une portée de Fléreurs dans son sac que ce ne serait pas vraiment surprenant, en fin de compte. Surtout que toi-même... « Oubliez ma question. J'ai l'équivalent d'une boutique de thé dans mon manteau, alors des bougies, ce n'est pas plus incongru. »

Elle dit ton prénom à la française. Sans accent. Ça te surprend, te fait sourire et tu acquiesces quand elle te demande si tu peux lui tenir quelque chose pendant qu'elle cherche les bougies dans son sac. « Pas de problèmes. » Bon, certes, tu ne t'attendais pas à... cinq livres, mais bon, c'est un moindre mal. Tu réceptionnes chacun des bouquins avec chaque fois plus de curiosité, décryptant les titres au fur et à mesure qu'ils tombent entre tes mains. Tu lis Neptune sur une des couvertures, tu retournes le livre pour en lire la quatrième. Un roman qui parle de mythologie, non pas de planètes. Tu ne lis jamais de romans, étrangement, que des livres aux sujets terre-à-terre. Tu devrais t'y mettre... tu pourrais lui demander si elle a une suggestion pour toi. Tu lèves les yeux des livres. Vous vous entendez mieux, vous vous voyez à nouveau. Les bougies soulignent son visage, qu'elle a fin et par réflexe, tu regardes au-dessus de sa tête. Un halo doré semble l'entourer et si tu sais que ce n'est pas son aura, tu n'es pas assez fatigué pour voir ça ce soir, il y a quelque chose qui te fascine dans cette idée qu'elle soit entourée d'or. C'est quelque peu irréel.
Tu l'imagines plutôt avec du vert, du jaune strié de rouge, de l'orangé. Du rose, aussi. Tu ne sais pas. Tu ne connais pas Lauren et tu ne peux que fabuler, que regarder les bougies, qu'elle place dans la constellation du Corbeau. Tu sors de ta méditation onirique, un sourire sur le visage.

« Mieux vaut le Corbeau que pas de constellation du tout. » Tu prends ta propre baguette et tu la pointes sur les bougies flottantes, dupliquant celles-ci d'un sort informulé. Elles tiendraient bien au moins une petite heure, et si moins... elles s'étendraient, simplement, comme les étoiles. Au Corbeau, tu joins la Grande Ourse, évoquée plus tôt par Lauren. « Je ne crois pas non plus qu'on viendra nous embêter si notre ciel n'est pas fidèle. Quoique si je la déplace là... » Un coup de baguette et tes chandelles factices se placent différemment, à une distance plus raisonnable du Corbeau. « Il faudrait la Vierge, pour bien comprendre. » Mais pas assez de chandelles, encore une fois, et tu ne refais pas de sort. Tu regardes seulement les lueurs, puis la jeune femme. Elle t'intrigue, définitivement, et ses remarques astronomiques te ravissent. Elle aime lire, elle connaissait Clark, elle aime l'astronomie. Pourquoi donc ne vous êtes pas rencontrés avant, si vous avez les mêmes connaissances ? Pourquoi est-ce que Lauren Hudson, qui a des bougies dans son sac, met le Corbeau dans le ciel et boit du mauvais vin sur la tombe de ton meilleur ami ne te dit rien, alors que tu devrais savoir ?

Quelque chose dans l'univers qui joue à son propre jeu.

L'univers. « C'est rare de croiser des personnes intéressées par l'astronomie. Trop rare à ton goût. Tu te retiens t'embêter tes amis avec ça, sachant qu'aucun d'entre eux n'a d'affinités avec ce que tu peux probablement qualifier de passion chez toi, tant tu t'y intéresses avec ferveur. Alors que s'il y a bien un sujet qui sera toujours infini, c'est bien celui-là. Et le propriétaire de Fleury & Botts connaît beaucoup trop mes faiblesses pour se priver de m'extirper des Gallions à chaque nouvelle nuance astronomique qui arrive sur ses tablettes. » Tu lui adresses un clin d'oeil entendu, avant de poursuivre sur une question qui te taraude l'esprit, alors que tu pèses les livres que tu as encore sur les genoux, sortant le bouquin qui a attiré ton attention, plus tôt : « Que raconte L'Héritière de Neptune ? »

Les constellations. Neptune. L'univers. Le halo doré.

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Ce message a été posté Lun 2 Déc 2013 - 18:23


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Leurs yeux se retrouvent. Dans le reflet doré des bougies les yeux de François paraissent bien plus vert. D’un vert pailletés d’or. Et ces nuances se retrouvent dans le nœud de son écharpe jaune. Il a l’attitude paisible de ceux qui observent. Et elle sent que son regard la détaille. Il se demande ce qu’il voit. Elle ignore si cela a du sens ou de l’intérêt pour elle. Si elle doit ciller ou se cacher. Ou disparaitre, chose dont elle a plus souvent l’habitude. Elle est consciente du fait de ne pas vouloir jouer un rôle. Et qu’il ne la gêne pas. Lauren Hudson est entièrement visible sous les yeux de François Loiseau. Avec son sourire et les pattes d’oie au coin de son regard. Avec ses cheveux défaits et ce jean qui ne la met pas en valeur. Avec un sac moldu débile qui n’est même pas sans fond. Avec la langue et les lèvres trop rouges d’une mauvaise piquette. Elle a des taches de son et la peau trop pâle. Elle a un pull informe bien chaud sous une veste en cuir qui craque sous ses mouvements. Et elle se sent bien de lui offrir ça. Elle se dira plus tard que c’est une marque de confiance. Mais ce n’est pas de la confiance. Elle se dira plus tard que c’est le fait de savoir qu’il est l’ami de Bruce. Et de Loïs. Ca n’aura aucun lien. Ni avec eux. Ni avec les phénix. Ni même avec Clark, même si ça s’en rapproche. Elle se sent bien parce que ce type la voit. Et il ne juge pas. Il n’y a rien d’autre dans ces yeux verts qu’une franche et tranquille curiosité. Alors qu’elle-même se retrouve fascinée. Pourtant, ce n’est jamais bon signe chez elle. Lauren a toujours eu tendance à se retrouver piégée par les mauvais garçons.

Pourtant elle pourrait jurer qu’il n’en est pas un. Elle ne sait pas pourquoi. Et ça la gêne.

Alors elle lève la tête pour contempler les bougies. Et se mord la lèvre d’avoir trop parlé. Les étoiles, c’est son secret. Personne ne sait, personne ne doit savoir. Personne ne doit gâcher cela. C’est son hobby. Son passe-temps. Son plaisir. Sa raison de garder les pieds sur terre. Alors sans doute qu’il va la trouver prétentieuse de ramener son savoir alors que peut-être il n’y connait rien. Et il aura raison parce qui se fout de la constellation du Corbeau sérieux ?

Eh bien. Apparemment. Pas lui.

« Mieux vaut le Corbeau que pas de constellation du tout. »

Elle glousse. Comme si c’était une plaisanterie tacite entre eux. C’est nerveux.
Les bougies se démultiplient.

« Je ne crois pas non plus qu'on viendra nous embêter si notre ciel n'est pas fidèle. Quoique si je la déplace là... »
« Ca me parait bien pour la Grande Ourse. Il manque quelque chose quand même… »
« Il faudrait la Vierge, pour bien comprendre. »

La nervosité disparait sous un rire un peu plus franc. Elle hoche la tête vigoureusement. Ses yeux pétillent comme ceux d’une petite fille. Les marques sur ses joues s’assombrissent un peu. Elle se sent rougir. Et aime cette sensation. Ce n’est pas de la timidité. Ou une marque quelconque de faiblesse. C’est juste qu’il la surprend. Et qu’elle en reste bête.

Elle s’en veut de l’avoir traité de con. Même mentalement.

« C'est rare de croiser des personnes intéressées par l'astronomie. Alors que s'il y a bien un sujet qui sera toujours infini, c'est bien celui-là. Et le propriétaire de Fleury & Botts connaît beaucoup trop mes faiblesses pour se priver de m'extirper des Gallions à chaque nouvelle nuance astronomique qui arrive sur ses tablettes. »
« Vous n’êtes pas membre du club privilégié des Centaures ? »

Elle relève encore le nez au ciel.

« Enfin c’est vrai qu’eux y voient plus la trace de l’avenir et d’autres prédictions de ce genre. » Son ton n’est pas méprisant. Si elle remet en doute la véracité de leurs propos c’est surtout par peur. Peur du futur. Peur de savoir que ce que l’on nous réserve est pire encore. Lauren n’est pas une éternelle optimiste. Mais une éternelle inquiète.
Elle plisse les yeux. Surprise soudain par la douleur qui lui transperce la poitrine. L’empêche un instant de respirer. La première à lui avoir montré les étoiles autrement que comme des trucs lointains et inintéressants, c’est Joe.

« … L’astronomie m’intéresse parce que de là-haut tout prend un sens. Tout semble soudain à sa place. Les petites choses du quotidien n’ont plus tellement d’importance. On se dit que peut-être là-haut, quelque part les choses sont pires. Ou les choses sont meilleures. On n’en sait rien. Des étoiles sont là depuis des milliards d’année et le monde ne cesse pas de tourner. C’est… apaisant. »

Lauren cligne des yeux. Elle se rend compte soudain qu’elle est entrain d’avouer quelque chose à un quelqu’un qu’elle connait à peine. Et avale rapidement la boule de détresse qui obstrue sa gorge.

« Vous devriez aller voir du côté des moldus. Ils font des avancées spectaculaires dans la recherche des étoiles. Avec des technologies électroniques, des ordinateurs… Leurs télescopes sont ultra-puissants. Ils voient tellement loin et avec tellement de détails… »

Il y a toujours une pile de Science et découverte et d’Astromag éparpillés dans les quatre coins de son appartement. Elle sourit. En pensant qu’il faudrait d’ailleurs qu’elle prenne un abonnement.

« Enfin j’ai moins ce problème de gallions côté sorcier. Je me sers à la source. Je travaille dans une librairie sur le chemin de Traverse. » Elle n’a pas une hésitation. « Le Mille-feuilles. Le propriétaire me fait un prix mais je pense que ça serait moins cher qu’à Fleury et Bott. Vous devriez passer à l’occasion ! »

Et son regard pétille.

« Au moins on savourerait un thé et pas cette piquette. Si je pouvais sortir de ce sac une théière je pense que je vous ferais ouvrir votre manteau. Un thé à la rose… Ca serait un délice par un froid pareil. »

Pour souligner ses propos elle plonge le menton dans son écharpe. Avant de récupérer enfin les livres qu’il lui tend. Avec tout ça elle en a oublié de le débarrasser. Et s’excuse rapidement tout en s’agenouillant de nouveau. Écartant encore une fois une mèche de devant son visage.

« Et pour vous répondre, justement, L’héritière de Neptune est un livre moldu. En fait il date des années 50 et ce que vous avez là est une édition originale. … Il appartenait à ma mère. … En fait c’est son livre préféré. Il faudra que je le lui renvoie. »

Pour que sa grand-mère puisse le lui lire à son chevet.

« Ca se passe en Grèce. Une expédition française indépendante et financée par un nouveau milliardaire amateur de science a reçu les autorisations pour fouiller dans certaines iles histoire de trouver des traces archéologiques de villes anciennes disparues sous l’éruption volcanique de Merlin sait quel volcan. Bref. L’histoire principale suit la trame de ces recherches qui sont torpillées en grande partie par les propos d’un concurrent scientifique qui dénigre l’expédition. Et la seconde histoire tourne autour d’un membre de l’expédition, un sculpteur du nom de Jean Liscoet qui rencontre la fille, Myrto, de l’un des membres éminent d’Athènes, un armateur et politicien même je crois. Heureusement l’histoire d’amour ne prend pas toute la place et les personnages secondaires sont tout aussi bien esquissés que les principaux. Puis c’est un plaisir de le lire car il y a des français de toutes les régions alors il y a un matelot marseillais, un autre breton… C’est très amusant et facile à lire, même pour un profane en navigation. Ah mais attendez. »

Le regard que François a lancé aux livres l’a convaincu de cette décision au moment où il posait la question. Elle se saisit du livre, et le lui tend. Certaine du fait qu’il en prendra soin. Et quelque part c’est sa manière bien à elle de le remercier.

« Prenez-le. Si vous parlez français évidemment. Mais je pense qu’il existe des sortilèges de traduction ou… enfin. Vous me le rendrez à l’occasion. ..... Vous saurez où me trouver. » Maintenant.




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Ce message a été posté Mer 4 Déc 2013 - 6:19

Les centaures. L'avenir. Tu n'as pas besoin des étoiles, pour prédire l'avenir – tu n'as pas besoin du ciel pour savoir ce que le monde vous réserve, à vous et à d'autres. Tu déglutis nerveusement. Tu tentes de cacher quelque chose, cette ombre de malaise qui se glisse sur tes traits. Heureusement, Lauren ne te regarde pas et son changement de sujet permet de revenir sur un terrain moins risqué. Pour toi, moins risqué. Moins risqué parce que Clark mort, il ne reste que ta sœur et tes parents au courant de ton 'don', parce que ton secret a été emporté dans la tombe et que tu ne sais pas comment tu feras pour le dire à quelqu'un d'autre.
Tu lèves donc le nez, l'imitant, regardant votre ciel improvisé, de bougies flottantes, puis le ciel, le vrai, où pas une étoile n'est visible, malgré la nuit. Ses mots disent ce que tu n'as jamais su formuler. Pourquoi toi-même tu t'intéresses tant à cela, pourquoi tu ne cesses de te perdre dans les mystères de l'univers. Ta main gantée se crispe sur le sol, alors que la boule dans ta gorge remonte. Revient. Ta voix est un peu enrouée quand tu ponctues sa suggestion d'aller voir du côté des moldus : « J'irai voir. Je n'ai pas osé, avant. Disons que s'intéresser aux moldus n'était pas très bien vu. » Et que tu avais déjà assez de problèmes comme ça, pas besoin d'en rajouter une couche. Mais maintenant... tu vas retenir son conseil, tu le sais. Ça et le fait qu'elle est libraire.

Tu n'es jamais allé au Mille-feuilles – alors que tu aurais dû. L'univers. Tout ce qui tourne autour de vous. Tu ris un peu à sa proposition de thé, qui serait en effet bien meilleur que le vin que vous buvez. Que vous ne buvez plus. « À la rose et à tout ce que vous voulez, la boutique Loiseau a de tout. » Tu as failli ajouter que tant qu'aucune feuille de thé n'est impliquée dans l'affaire, tu es partant – mais tu ne dis rien. Les centaures, les étoiles, le futur. Ne rebondis pas sur ce sujet, Loiseau, n'y glisse même pas une allusion. Lauren Hudson est une femme intelligente. Tu as l'impression qu'elle comprendrait tout. Elle est déjà dans ton esprit, après tout, avec sa voix de souvenirs qui glissent entre tes doigts et que tu écoutes avec patience. Cherchant à chaque fois une inflexion, un mot, que tu saurais replacer. Tu l'écoutes parler de ce livre moldu des années cinquante, alors que vous n'étiez nés ni l'un ni l'autre, l'intérêt grandissant dans ton regard. Tes yeux courent de son visage enthousiaste au livre et quand elle te le tend, tu es touché. Le livre préféré de sa mère – une édition originale des années 50 – le livre de cette inconnue. Pas si inconnue. Tu prends le livre après une seconde d'hésitation, comme pour lui laisser l'occasion de revenir sur sa décision. « Je parle très bien français, madame Hudson. » Ta propre voix te choque. Tu parles rarement ta langue maternelle. Avec ta famille, évidemment. Pour chanter au bébé de Loïs des berceuses du pays qu'ils disent des hommes libres. Jamais avec d'autres et ce français, dans ta bouche, sans accent, est rieur. Tes yeux qui brillent, ceux de Lauren qui pétillent. Vos sourires conjugués. « Merci. » Tu ouvres ton manteau et tu cales le livre dans une des poches intérieures, contre ton cœur, avant de le refermer. « Ha oui, c'est sûr qu'après avoir ouvert mon manteau, le thé ne serait pas de refus. » Même pas encore l'hiver et il fait froid comme dans le cœur de Wilhelmina Salamander.

Tu t'étires et prends la bouteille de vin et remplis vos verres. Quand le vin est tiré, il faut le boire, même si c'est de la piquette. Tu frappes légèrement ton verre contre le sien, le bruit du plastique remplaçant celui du verre. Ton sourire s'élargit un peu plus. C'est ridicule, et pourtant, tu es bien ici. Dehors, assis à terre, avec ce verre de plastique dans la main. « Ça fait du bien. De parler avec quelqu'un d'autre. J'aime beaucoup Bruce et Loïs, mais... je pense que vivre à mi-temps avec deux Gryffondors de leur calibre, ça commence à avoir de graves conséquences sur moi. Un regard plus ou moins sérieux. Vrai, tu aimes voir d'autres personnes. Vrai, tu as besoin de respirer hors de ta bulle familiale. Et vrai, tout ce gryffondorisme tend à faire ressortir ce côté de ta propre personne. Tu prends une gorgée de vin. Et si vous vendez tous les livres du Mille-feuilles comme vous m'avez parlé de L'Héritière de Neptune, vous allez être la prochaine responsable de ma ruine en bouquins. J'espère que vous êtes fière de vous, Lauren, je ne suis même pas encore client que je suis déjà vendu. »

Et tu ris. Encore.
Tu avais tant besoin de rire. Rire sur la tombe de ton meilleur ami, rire sur le passé, rire pour entamer de nouvelles choses.

Ton rire se calme dans le vin aigre. Tu fais claquer ta langue et tu tâtes le livre, à travers ton manteau. Tu y feras attention comme à la prunelle de tes yeux. Tu regardes Lauren. Ses cheveux entourent son visage pâle, où les taches de son se bataillent, et elle te fait penser à une adolescente. Quelque chose de candide, d'enfantin, dans Lauren Hudson, à cet instant. Dans ce cimetière illuminé par vos bons soins. « Je n'ai pas de roman à vous prêter, en échange. Par contre, si vous avez une passion inconsidérée pour les lunes de Jupiter, je devrais pouvoir vous satisfaire. » Ça. Ou du thé à la rose.

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mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Ce message a été posté Mer 4 Déc 2013 - 11:55


Have I been telling lies to myself?
Hold me now
You know i'm so afraid to be at all



« À la rose et à tout ce que vous voulez, la boutique Loiseau a de tout. »

C’est un sourire troublé qu’elle lui renvoie. Alors que son regard se fait plus incisif sur l’homme qui lui fait face. Récapitulons tranquillement. Voilà un sorcier. Poufsouffle. Passionné d’astronomie. Passionné de livres. Adepte de toutes sortes de thé. Vêtu d’un bonnet vert qu’aucun type digne de ce nom n’oserait porter, et que lui arbore sans honte, sans ridicule. Avec sur le dos un manteau plein de poches et de trucs et de machins certainement. Qui sourit avec la fatigue lancinante de ceux qui ont trop vécu. Et qui rit comme s’il en avait perdu l’habitude. Il a sur le visage des cicatrices blanches autant que le sienne est noir. Mais il suffit de le regarder droit dans les yeux pour supposer la présence de marques bien plus profondes.

« Je parle très bien français, madame Hudson. »


Et en plus, il parle français.

« Mademoiselle. J’insiste » le corrige-t-elle en français avec un petit pincement feint. Et ça la fait sourire encore. Parce qu’elle se fiche bien d’être une madame ou une demoiselle. Dans sa tête elle est perdue dans tout ses âges. Elle n’est que Lauren.

Quand ce type n’est que François. Pas un mec parfait, même s’il y ressemble fort. Mais la perfection ne se crée qu’avec des défauts. Et ils en ont. Ils en ont à revendre, ça elle le sait.

Elle attrape le verre qu'il lui tend.

En conclusion : il est elle. Elle sous la forme d’un homme un peu plus âgé. Et encore. S’il décèle chez elle une certaine jeunesse, Lauren la perçoit aussi chez lui, dans son ton, dans ses propos, dans ses gestes un peu empêtrés, maladroits. Dans la manière dont il est curieux du livre, d’elle, de tout. Comme s’il était toujours en découverte de quelque chose, ou à sa recherche. Comme s’il ne se laissait pas absorber par la chose qui le bouffe. Il est elle. D’une manière propre aux survivants. Il est là pour dépasser quelque chose, elle le sait. Comme elle sait que sa propre présence l’aide à surmonter quelque chose. Parce que c’est l’effet qu’il lui fait. Et ça pourrait être orgueilleux de présupposer d’une telle chose. Orgueilleux et stupide de penser qu’elle le devine aussi facilement. Elle ne le devine pas.

Elle le reconnait.

« Ça fait du bien. De parler avec quelqu'un d'autre. J'aime beaucoup Bruce et Loïs, mais... je pense que vivre à mi-temps avec deux Gryffondors de leur calibre, ça commence à avoir de graves conséquences sur moi. »
« Loïs et Bruce ne sont pas non plus n’importe qui. »

Si Bruce a toujours ce sourire aux lèvres, ce ton bourru de papa bienveillant, cette assurance nonchalante de ceux qui seront toujours là, de quelque manière que ce soit, il n’en reste pas moins un combattant déterminé, acharné, plaçant sa vie au service des phénix avec autant de fidélité qu’il en a envers sa famille. C’est un homme bon, mais aussi un guerrier. Comme Loïs lui donne parfois l’impression d’être toujours en guerre. Toujours prête à combattre, baguette au poing. Dans leur regard, ils ne cèdent à rien. Lauren pourrait les envier d’un tel courage, si elle ne savait pas que, chacun à leur manière, ils ont à subir une vie qui les a tout simplement poussé à bout. Lauren vacille quand Loïs fonce plus vite. Lauren hésite quand Bruce relève la tête.

Lauren n’est pas une Gryffondor. Lauren n’a pas vraiment vécu leur guerre.

« Et puis… il vous fallait peut-être une poufsouffle pour partager ce moment là. » Et elle sourit, et elle repique le nez dans son écharpe. Lauren n’a jamais ressentit cette dévotion particulière envers sa maison comme les autres élèves de Poudlard. Sans doute parce qu’elle ne se sentait pas chez elle à l’intérieur du château. Qu’elle n’a pas lié avec les autres filles de son dortoir les relations communes à toute adolescence. Sans doute parce qu’il y a là bas bien pire que des mauvais souvenirs. Des cauchemars. Et la soif grandissante de fuir. Fuir la magie qui l’entourait et lui faisait peur. Pourtant. Pourtant là ce soir c’est quelque chose qui les lie. Et elle se demande, en regardant l’écharpe de François, où se trouve la sienne. Sans doute dans une valise reléguée au fond de l’armoire. Ca serait ridicule d’arborer ses couleurs maintenant. Même si mieux vaut tard que jamais.

Elle a un coup d’œil sur la tombe.

Oui. Mieux vaut tard, que jamais.

« Et si vous vendez tous les livres du Mille-feuilles comme vous m'avez parlé de L'Héritière de Neptune, vous allez être la prochaine responsable de ma ruine en bouquins. J'espère que vous êtes fière de vous, Lauren, je ne suis même pas encore client que je suis déjà vendu. »
« Mais enfin je ne veux pas vous ruiner » Elle a éclaté de rire. « Je suis certaine au contraire de vous faire faire quelques royales économies. Et puis non, je ne fais ma marchande de lecture que quand le livre me plait. De toute façon, on a un ressentit passablement différent à chaque lecture. Par contre, j’attends votre avis sur celui-là. Je me demande s’il va vous plaire. »

Car tout ce qu’elle vend ne plait pas forcément. Et son sourire vacille encore. Il y a dans sa tête une anguille gluante (pleine de pétrole, chuchote la petite voix). Une anguille armée de crocs qui aime bien la grignoter de ses réflexions. Mais François rit, et l’anguille n’a pas le temps de faire une seule remarque désagréable. François rit, et Lauren sourit. Encore. Plus calme. Plus rassurée.

Elle le voit tâter le bouquin qu’il a rangé (côté cœur, note-t-elle, sans trop savoir ce que ça éveille chez elle). Et elle prend juste le temps de le comparer à Aoden. Aoden adepte de lecture, tout aussi curieux, et doué pour la faire rire. Pourtant ce que François (François, monsieur Loiseau) est différent. Elle ne sait pas en quoi. Ce n’est pas qu’elle rit avec lui au lieu de rire de lui, parce qu’elle ne s’est jamais moquée d’Aoden. Mais il y a avec le journaliste une complicité née du malaise (oh la vache le cirque qu’elle lui a fait dans l’arrière boutique, elle a faillit l’oublier). Et Lauren se demande ce qu’elle fera si ce type (Non, François, François Loiseau) décidait maintenant de l’inviter à prendre un café (ou plutôt un thé) ailleurs. Avec elle.

Elle n’est pas sûre de dire oui.
… Elle n’est pas sûre de dire non.

« Je n'ai pas de roman à vous prêter, en échange. Par contre, si vous avez une passion inconsidérée pour les lunes de Jupiter, je devrais pouvoir vous satisfaire. »

Elle a l’impression qu'on vient de lui planter un fer brulant à la hanche. Et sa respiration se coupe dans un sifflement douloureux. A l’emplacement de la cicatrice, la marque pulse soudain avec force tandis que dans la tête de Lauren le planétarium se remet à tourner. La nausée particulière la reprend, et le coup de chaud, de souffrance, lui rend la peau moite. Elle affiche un court instant un masque blafard, et grimace. Sans pouvoir s’en empêcher. Sans regarder François. S’arrache à la vision de Jake et de ses yeux affolés. De Zak entrain d’essayer de détruire les planètes. Le soleil. Il faut viser le soleil. Il faut –

STOP. Stop. Elle n’est plus là-bas. Elle s’est sortie de là. Il n’y a plus la sensation dégueulasse de la langue de l’autre sur sa jambe (sa putain de langue de meurtrier). Il n’y a plus l’éclat désastreux et silencieux de la bombe dans le ciel. Il n’y a plus rien. Juste la nuit.

D’une voix étrange, aussi pâle que son visage elle répond.

« Non… Non elles ne me passionnent plus vraiment depuis quelques temps… »

Et cligne les yeux. Avalant d’une rasade le verre de vin qu’il lui a servi. Elle est contente d’être assise. Elle aurait chaviré par-dessus le bastingage de sa conscience. Rien de mieux qu’une folle évanouie en plein milieu d’un cimetière. Scénario d’Halloween bonjour ? Quelqu’un a demandé une première rencontre spéciale Hudson ?

« Je les ai vu s’effondrer autour de moi. Les lunes. » Mais pourquoi cherche-t-elle à raconter ça ? Mais ses mots dépassent ses pensées « A Assapor. On s’était planqué dans le planétarium pour la nuit. La maquette était ensorcelée. Elle est devenue cinglée. Tout s’est cassé la gueule. » Sa grossièreté ne lui fait ni chaud ni froid. Elle est peut-être même nécessaire. Une manière de cracher sur le souvenir, de lui montrer qu’elle n’a plus si peur que ça. C’est un mensonge. « C’est dommage. Y’a tellement de belles choses dans notre système solaire. Mais cet épisode-là a tout foutu en l’air… »

Elle froisse sans s’en apercevoir le verre de plastique qui se déchire. Laisse couler quelques gouttes sur ses mains pâles. Elle ne le remarque pas. Elle a le visage fermé de ceux qui auraient aimé laissé ce genre de vécu loin, loin derrière eux. Assez loin pour qu’ils ne reviennent jamais.

Puis elle soupire. Et balaye d’un coup de vent. Elle s’en est sortie non ? (IL LUI A LECHE LA JAMBE). Elle s’en est sortie. Pas comme d’autres. Elle a eu de la chance. Elle peut au moins remercier le ciel. Si le ciel en a quelque chose à foutre.






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François Loiseau
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Age du personnage : Quarante et un ans
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Ce message a été posté Mer 4 Déc 2013 - 21:23

Mademoiselle Hudson. Tu as hoché la tête quand elle a corrigé – tu vas retenir l'information. Tu retiens tout. Mademoiselle Lauren Hudson qui sait que Bruce et Loïs ne sont pas n'importe qui, qui comprend comme tu les aimes, même si tu les taquines. Même si tu blagues à leur sujet. Parce que tu les admires, petit Poufsouffle pétri de peurs et d'angoisses, même pas capable de fermer l’œil la nuit. Petit Poufsouffle qui échange un sourire complice avec la jeune femme à tes côtés. Poufsouffle également.
Deux Poufsouffles sur la tombe d'un autre. Jamais deux sans trois.
Et tout allait bien. Vous riiez. Quand tu as dit quelque chose – tu ne sais pas. Quelque chose dans les lunes de Jupiter, apparemment, quelque chose qui fait vaciller la jeune femme. Et aussitôt, tu t'inquiètes – tu t'inquiètes quand tu entends son souffle se couper, quand quelque chose vibre autour d'elle (du jaune veiné de rouge, du rouge qui fait souffrir), de perceptible. Palpable. « Lauren ? Ça ne va pas ? J'ai dit quelque chose que je ne devais pas ? » Un instant de panique dans ta voix. Tu poses ta main sur son bras, par instinct, tentant de reprendre son regard. Elle est devenue si pâle, tout à coup, si loin. Tu l'as sentie s'éloigner, brusquement. Tomber, en quelque sorte.

L'explication vient. Tes joues s'empourprent de gêne. Oh. Bon sang. Tu ne voulais pas. Pas lui rappeler ce genre de souvenirs. Assapor. La chaleur, la mort, la peine. La nuit éternelle. Ta main se crispe un peu sur son bras et tu la reprends, finalement, ton malaise se faisant sentir. Ce don pour parler des mauvaises choses, toujours, pour plomber une ambiance efficacement. Tu ne voulais pas. Ta langue effleure tes lèvres sèches, toujours presque mordues jusqu'au sang (ce mauvais réflexe de réflexion, François, quand sauras-tu te débarrasser de tous tes tics nerveux ?), et tu hoches la tête. Tu ne voulais pas. Tu as encore tout gâché. Tu gâches toujours tout. Tu te mets toujours les pieds dans les plats. Il ne faudrait pas changer les bonnes habitudes.

« Désolé. Je ne voulais pas vous rappeler ça. Les lunes de Jupiter dans tes yeux fermés. Tu te rappelles. J'ai toujours quelque chose sur les objets transneptuniens, sinon. L'univers au-dessus de ta tête. Le français dans la bouche de Lauren. Des mots qui ne se ressemblent pas, les voix qui sont semblables. Ou sur n'importe quoi d'autre. Je... je ne voulais pas. » Tu te confonds en excuse, en balbutiements maladroits, et tes pensées glissent vers ce qui t'obsède. Les derniers morceaux s'assemblent, semble-t-il. Les lunes de Jupiter qui dansent devant tes yeux et le français qui résonne dans le silence, entre tes deux oreilles, une nuit en Inde. Et puis ils ont débouché / En riant à l'avance / Du champagne de France / Et l'on a dansé. Ta voix meurt entre tes lèvres et tu as l'impression de découvrir Lauren une nouvelle fois. Ton souffle est coupé, à ton tour, mais ce n'est pas de l'horreur, ou un mauvais souvenir que tu te rappelles. Juste cette voix, SA voix, et la chanson. La chanson, le prénom, la révolution d'octobre (dans les circonvolutions planétaires). « Nathalie. » Le prénom a passé tes lèvres – non pas un prénom, mais bien le titre d'une chanson. La pièce manquante a pris sa place, le casse-tête est reconstitué dans ton esprit. Si son visage, tu l'as sans doute aperçu, brièvement, c'est sa voix qui t'échappait. « À Assapor. Vous... vous chantiez. C'était elle. Tu en es sûr. Tu rassembles tes souvenirs et tu te racles un peu la gorge, avant de chantonner, du mieux que ce que tu peux : Et je suivais par ce froid dimanche, Nathalie. »

Et tu laisses le silence reprendre ses droits. Reprendre sa place entre vous alors que les vers meurent, s'évaporent, dans cette étrange nuit. Le vent vient secouer les mèches folles des cheveux de Lauren, les tiennes, noires, sur ton front. La voix de Lauren. Tu ne sais pas quoi dire de plus. Lui dire qu'elle t'a apaisé, malgré elle, dans cette nuit d'Assapor. Que tu entends des voix – toujours, constamment, des murmures discrets actuellement, une mélodie de fond qui t'a appris à te méfier du silence total. Et que dans ces voix, tu as entendu la sienne. Tu as entendu Evan Rosier torturer des gens, Harry Potter mourir, Miranda Carrow devenir louve, Lisa pleurer et le monde entier s'évanouir. Et tu as entendu Lauren chanter Nathalie, voix si réelle dans cet univers, ce futur, qui t'encombre la tête. Si présente.
Les larmes te montent aux yeux, brusquement. Sans raison claire (arrête de mentir, François). Tu n'as pas à pleurer. Tu es juste sensible. (Il avait les cheveux blonds, mon guide). Tu les essuies avec un morceau de ton foulard, avant qu'elles coulent sur tes joues. « Désolé. Encore. Parler d'Assapor, c'est... Pas très joyeux, horrible, susceptible de susciter plein d'affreux souvenirs. Le mot juste t'échappe; tu n'en dis pas. Tu ne fais que t'excuser encore plus. Tu déranges toujours, tu embêtes toujours, tu es toujours au mauvais endroit au mauvais moment. ... et je ne veux pas vous embêter. » Mais sa voix. Tu as déjà dit à Diana que l'univers vous en voulait personnellement, pour toujours vous réunir dans les moments les plus incongrus et les plus crève-coeur : à Lauren, tu dirais que l'univers est également très joueur, de ce que tu perçois.

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mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Ce message a été posté Mer 4 Déc 2013 - 22:00


Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu'un jour à Paris
C'est moi, qui lui servirais de guide. Nathalie.



A-t-elle entendu sa voix qui lui demandait si ça allait ? A-t-elle sentit cette main qui se posait sur son bras ? Si c’est le cas, Lauren n’en a rien montré. Elle est restée seule avec elle-même. Les yeux plongés dans des images pas si lointaines. Aux sensations brutales. Inconfortables. Elle a tenté de retrouver son souffle pour pouvoir revenir dans la réalité. Traverser de nouveau ce voile, comme une toile d’araignée. Retourner auprès de François Loiseau. Elle s’est débattue de toutes ses forces avant de pousser ce simple soupir. Mais quand elle tourne les yeux vers lui, et qu’elle voit son visage, elle se rend compte soudain que rien ne va. Ni pour elle. Ni pour lui.

L’horreur sur le visage de Loiseau fait écho à celle qui a ravivé sa cicatrice.

Le cœur de Lauren se fige. L’a-t-elle blessé ? Qu’a-t-elle montré ? Qu’a-t-elle dit ? Elle n’a pas sombré comme dans ces autres hallucinations. Bordel elle n’en est même plus là, de ces crises d’angoisse ! A-t-elle agit comme dans l’arrière-boutique du Mille Feuilles avec Teagan ? A-t-elle flanché, crié ? A-t-elle fait quelque chose qui aurait pu le pousser à réagir ainsi ?! Elle voudrait le rassurer. Mais elle s’inquiète et panique intérieurement. Non merde non. Pas encore. Pas encore ces failles ridicules, infantiles, stupides ! Elle est une adulte, elle doit se ressaisir. Elle doit être forte, elle doit aller de l’avant. Elle doit arrêter de faire sa Lauren Hudson geignarde, gémissante. Elle doit.
Elle doit.

Elle doit lui dire que tout va bien.

« François. » Ca sonne toujours aussi plat. Figé dans le temps. Ca sonne comme un écho dans le vide. Non merde ressaisis-toi Lauren. Ressaisis-toi. « François ça va. »
« Désolé. Je ne voulais pas vous rappeler ça. »
« Je sais. »
« J'ai toujours quelque chose sur les objets transneptuniens, sinon. »
« Je sais ce n’est pas –  »
« Ou sur n'importe quoi d'autre. Je... je ne voulais pas. »
« – de votre faute – François ce n’est pas vous. Ce n’est pas vous d’accord ? Il n’y a pas d’excuses à formuler je. »

J’ai perdu le fil. Le contrôle. Vous n’êtes pas le premier à en être le témoin. Et c’est plutôt moi qui devrais vous présenter des excuses. N’ayez pas peur de moi. Je voudrais vous promettre de ne pas recommencer. Mais c’est comme une gifle dans ma tête et si je pouvais étranger cette foutue anguille qui me sert ses flash back comme un hors d’œuvre je le ferais. Croyez moi je le ferais, n’ayez pas peur de moi, s’il vous plait. Ne me craignez pas…


Mais Lauren n’a pas le temps de terminer sa phrase. Elle s’est rendue compte que les dernières gouttes de vin sont joyeusement entrain de saloper son pantalon. Et elle a un juron français des plus colorés en repoussant au loin le plastique déchiré de ce qui fut un verre.

« Nathalie. »

Lauren se fige.

« À Assapor. Vous... vous chantiez. »

Elle se tourne vers François. Les sourcils froncés. Essayant de comprendre ce qu’il lui dit. Chanter ? A Assapor ? Certainement pas. Elle n’était là qu’avec Jake pour prendre des photos quand la catastrophe est survenue. Elle ne voit pas du tout de quoi il parle. Et d’ailleurs pourquoi la regarde-t-il ainsi. Avec comme l’impression d’avoir eu une illumination.

Et qui est Nathalie ?

Mais François ouvre les lèvres. Et le chantonnement un peu cassé, (oh bon sang) un peu faux, (maman) la fait taire brusquement. La fait repartir.

Elle revient dans cette pièce peu avant que la maquette s’emballe. Bien avant qu’Emmerson commence à jouer avec elle. Avant une autre course poursuite. Après les morts. Après la bombe. Au moment où elle berce Jake comme elle a autrefois bercé Silas (Oh Silas…). La main glissée dans ses cheveux qui lissent ses mèches noires.

Elle revient dans sa chambre d’enfant, toussant à s’en arracher les poumons à cause de cette fichue grippe. C’est la main de sa mère (sa vraie mère, pas la pauvre femme qui geigne et se raconte des contes sur son lit) qui lui caresse les cheveux cette fois. Ses ongles longs grattent son cuir chevelu, entremêlent ses boucles brunes. Elle sourit, de ce même regard bleu hiver que celui que Lauren pose sur François et dans la trame du temps. Elle sourit, et elle chante. Cette vieille berceuse française qui a toujours le don, même maintenant, de l’apaiser. De la faire respirer de nouveau. Sa solution à tous les maux du monde.

L’histoire simple d’un guide aux cheveux blonds et d’un homme tombé amoureux.

« Et je suivais par ce froid dimanche, Nathalie. »


Lauren cligne des yeux.
Sa voix prend place dans le cimetière.

« …. Elle parlait en phrases sobres. De la révolution d’Octobre. … Je pensais déjà. Qu’après le tombeau de Lenine. On irait au café Pouchkine boire, un chocolat. »


Une brise froide et sèche vient secouer ses cheveux. Les feuilles mortes au pied de la tombe de Clark. Le silence tombe entre eux comme une couverture réconfortante. Les mains de Lauren tremblent. Juste un peu.

« Nathalie. » La vraie, la seule Nathalie de son monde.

Le regard de François brille trop. Est-ce que c’est elle ? Est-ce qu’elle va pleurer ? Mais il se détourne, le poufsouffle, et il essuie ses yeux sur l’écharpe.

« Désolé. Encore. Parler d'Assapor, c'est... »
« Ca ne fait rien » répond-elle d’un ton absent. Elle ne le quitte pas des yeux. Son cœur bat trop fort. Elle essaye de comprendre.
« … et je ne veux pas vous embêter. »

Lauren a un geste de la main soulignant le ridicule de cette phrase. Il ne l’embête pas.

« On a fouillé le planétarium. … On l’a fouillé pour savoir si quelqu’un était là, que nous puissions… trouver de l’aide. Mais il n’y avait personne. Alors. Je suis désolée mais… »

Elle fronce les sourcils.

« Comment. Comment est-ce que vous m’avez entendu chanter … ? »

Elle doute que Jake, ou un autre soit allé jusqu’à lui raconter cette scène. Elle ne sait même pas si Jake se souvient des paroles comme François a pu le faire, les lui chanter. Elle ignore complètement d’où il tient tout cela, d’où il la reconnait à ce point. Pourquoi sa voix lui semble si importante, pourquoi il s’acharne à l’observer. Le messie, pense-t-elle. C’est comme s’il venait de voir le messie ou Merlin sait quoi d’autre. Ca devrait lui faire peur non ? Ca devrait lui faire très peur.

Mais elle ne se sent pas terrifiée. En fait, non, ça l’intrigue. Ca calme la brulure de sa cicatrice. Ca l’aide à faire peser ses pensées sur un autre point de toute cette catastrophe. Il n’était pas là, elle en est sûre. Elle se serait souvenue de lui, elle le sait.

Cependant, sa question n’est ni intrusive, ni acérée. Elle attend sa réponse. Et prend conscience du fait qu’elle acceptera n’importe laquelle il voudra lui donner. Même un mensonge, si elle le reconnait. Même un mensonge lui suffira.





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François Loiseau
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Ce message a été posté Mer 4 Déc 2013 - 22:51

Tu auras dû te taire. Tu as parlé sans réfléchir – tu as parlé en pensant à Nathalie, aux lunes et à la voix de Lauren, à ses mots dans ton esprit. Tu n'as pas réfléchi. Tu as parlé et Lauren a chanté, achevant le souvenir que tu avais déjà dans ta mémoire. Dans tes yeux brillants, bordés de larmes, tout semblait clair. La seule fois où tu as entendu le présent, c'était pour rencontrer Lauren dans le futur. C'est étrange comme ton don, ta malédiction, sait toujours rire, elle aussi. L'univers qui se moque constamment de toi et n'est pas en manque de ressorts comiques.
Tu l'as regardée et elle t'a demandé comment. Et cette fois, ça a été à toi de te figer. À tes doigts de se serrer autour du verre de plastique, à ton souffle de ne plus savoir comment se prendre. Comment.

Comment.

Ça ne se dit pas. Tu ne peux pas.

« Je suis voyant. J'entends des voix. Les dérèglements magiques me faisaient entendre de la musique. Fréquence Loiseau, toute la musique de la fin du monde. Il y avait votre voix dans ma tête et le système solaire dans mes yeux. »

Tu ne le dis pas. Tu le penses seulement. Tu le penses et tu finis par boire tout d'un coup, d'une longue gorgée, l'affreux vin dans le verre. Le goût ne se fait même pas sentir sur ta langue. Tu as seulement besoin de boire. Boire pour te donner quelque chose qui pourrait ressembler à du courage (tu as du courage, François, tu es seulement peureux). « Je n'ai pas assez bu pour parler de ça... » Un petit murmure découragé, tes yeux regardent le fond du verre, vide. Vide comme ton esprit. Vide comme le manuel sur comment parler de son don à une inconnue-connue. Parler de ses problèmes. Parler de ça, ça te ramène à (Clark) trop de choses. Ça te fait penser à (Harry Potter) tout ce que tu n'as pas pu faire pour changer le futur, pour être utile. C'est toujours entendre (Rosier) et ne jamais pouvoir agir. C'est (mourir) trop. Tout. Immense. Affreux. Ce sont (tes cernes creux, presque bleus, ton teint pâle, tes lèvres mordues jusqu'au sang, tes ongles rongés, tes cicatrices, les cicatrices, le loup-Grendel qui sort de la boue)(un T-Rex recouvert de pétrole, un loup-Grendel recouvert de boue), des souvenirs qui ne sont pas les tiens, les souvenirs de mille (morts) échecs.
Ta main frotte tes cicatrices. Un réflexe. Des lignes sous tes doigts, blanche dans ton visage blafard. Souvenir éternel de ce que tu n'as jamais pu ignorer. Tu penses. Tu ne sais pas. Tu ne peux pas te sauver (Azkaban vit dans ta tête). Tu ne sais pas comment dire non plus. Tu n'as jamais pensé devoir recommencer cette confidence (Clark ne devait pas mourir). Pas une fois adulte (quand le diras-tu à Loïs et Bruce ?). Alors tu y vas sans penser plus :

« La magie détraquée me... faisait entendre des... choses. Tu as commencé. C'est déjà ça. On était là, avec Bruce. Dans un hôtel. Et... la fatigue, la magie... Diana. Je voyais les planètes et j'entendais votre voix. Juste votre voix. C'est comme si je voyais à travers vos yeux. Et tout s'est coupé. » Diana était arrivée. Il y avait eu une rupture dans ton esprit. Quelque chose avait arrêté. Tes doigts gantés serrent le verre, tu le poses au sol. Et tu parles encore, sans poser clairement de mots sur tes maux, comme si ne pas prononcer ce qui t'accable pouvait t'en éloigner, d'une quelconque façon : « D'habitude, quand j'entends... et surtout, quand je vois... il se passe seulement des choses horribles. Et quand vous chantiez, c'était juste paisible. Beau. Je n'avais jamais été aussi bien, dans ma... dans ma tête, depuis longtemps. Depuis toujours. J'avais l'impression de vous connaître. Votre voix. Comme on connaît une chanson, mais dont on ne peut se rappeler l'air. Quand vous avez parlé en français, j'ai compris. C'est comme si tout... tout s'était mis en place. » Tu conclus, d'une phrase idiote comme toi seul sait en pondre, regardant Lauren en biais : « Je suis détective. Je n'aime pas les énigmes non résolues. »

Tu as peur. Peur de ce qu'elle va dire. Lauren Hudson est une femme intelligente. Elle comprendra. Peut-être. Tu ne sais pas. Tu ne sais même pas si tu veux savoir, si tu veux qu'elle comprenne ou pas quelque chose à ton monologue confus, hésitant, haché, bégayant, quelque chose à tes mots d'enfant. Tu frottes ton visage de tes deux mains, comme pour essuyer quelque chose, avant de te pencher vers l'arrière et d'appuyer ta tête contre la pierre tombale. « Si j'avais su, j'aurais investi dans une boutique de scotch, dans mon manteau, et non pas de thé. »

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mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Ce message a été posté Jeu 5 Déc 2013 - 7:03


Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu'un jour à Paris
C'est moi, qui lui servirais de guide. Nathalie.



Mais il ne va pas lui mentir. Et d’un coup Lauren regrette d’avoir posé cette question. Car il semble au bord du gouffre. Effleurant le seuil de sa falaise interne du bord du pied. Il n’a pas envie de parler, il ne veut pas affronter cette chute-là, cet atterrissage-là, s’il est désastreux. Alors pourquoi continue-t-elle de le regarder ? De l’encourager en silence à sauter ? Peut-être que la vérité qu’il va lui offrir ne va pas lui plaire, pas du tout. Mais Lauren ne peut pas lui dire de demeurer silencieux. Pas alors qu’il caresse pensivement ses cicatrices. Pas quand son regard fouille leur décors à la recherche de quelque chose lui permettant de reprendre pied. De prendre élan. Il va plonger, et s’arracher à ces liens mentaux qui l’entravent, pour elle. Elle ne le mérite sans doute pas, mais elle est suspendue à ses lèvres. Et elle pense que la curiosité tue le chat.

Elle pense que si un type aussi franc peut lui parler à ce point, alors elle aussi elle pourra le faire.
Non ! clame sa voix interne. A quoi tu songes là, t’es folle !
Elle pourra le faire. Et elle sourit, un peu déstabilisée. Figée dans sa propre tension, dans son souffle coupé. Elle pourra le faire, et le fera.

« La magie détraquée me... faisait entendre des... choses. »

Lauren se penche pour attraper la bouteille de vin. Lui remplit calmement son verre. Vas-y boit si t’en as besoin. Bois si tu penses que cela peut t’aider à noyer autre chose. Bois, repousse moi, tout ce que tu veux, ça me va.

« On était là, avec Bruce. Dans un hôtel. Et... la fatigue, la magie... Je voyais les planètes et j'entendais votre voix. Juste votre voix. C'est comme si je voyais à travers vos yeux. Et tout s'est coupé. »

Elle ne comprend pas. Pas encore. Elle murmure.

« Vous entendez… ? »
« D'habitude, quand j'entends... et surtout, quand je vois... il se passe seulement des choses horribles. Et quand vous chantiez, c'était juste paisible. Beau. Je n'avais jamais été aussi bien, dans ma... dans ma tête, depuis longtemps. »

Grâce à toi Lauren. La bouteille de vin vacille entre ses doigts. Elle a entrouvert la bouche. Muette maintenant. Comme une carpe.

« J'avais l'impression de vous connaître. Votre voix. Comme on connaît une chanson, mais dont on ne peut se rappeler l'air. Quand vous avez parlé en français, j'ai compris. C'est comme si tout... tout s'était mis en place. »

Plonge, voilà ce que ça signifie. Viens sauter avec moi. Elle l’a incité à franchir le bord. Mais il a eut juste le temps de lui attraper la main pour l’entrainer avec lui. Et voilà qu’elle fait face à toutes ses conséquences. Son estomac remonte dans sa gorge. Ses pensées effectuent un looping ascensionnel purement sensationnel.

Bienvenue à bord de Loiseau Airline. Attachez vos ceintures. Repliez vos tablettes. Ouvrez vos yeux.

« Je suis détective. Je n'aime pas les énigmes non résolues. »

Elle est paparazzi. Elle doit trouver des réponses aux énigmes, quitte à en créer.

« Si j'avais su, j'aurais investi dans une boutique de scotch, dans mon manteau, et non pas de thé. »

Elle n’est plus paparazzi. Et ce n’est pas une foutue énigme non. François Loiseau est la devinette suprême dans un jeu de mots croisés. En six lettres personne ayant la capacité d’entendre et de voir des choses qui ne sont pas présentes. Et il a peur d’être ce qu’il est. Il a peur d’être ces six toutes petites lettres. Il bégaye et la matte du coin de l’œil. Au moindre geste brusque il rejettera verre, thé, livre, confiance, patience, rire, et fera demi tour. Il se tirera en emportant avec lui une vérité qu’il n’a sans doute avoué qu’à peu de mots, et avec moins de mots. Il vient de lui confier quelque chose de si immense que Lauren a l’impression de se faire écraser sous ce poids, sous cette responsabilité. Et en même temps ses pensées sont un disque rayé qui bugue et bugue encore. Qui répète.

Un voyant – c’est un voyant – oh bon sang c’est un voyant – il est voyant – il sait – il va tout connaitre de toi – t’a-t-il touché ? – s’il te touche il connaitra tout de ton avenir – je ne veux pas savoir mon avenir – il connaitra tout de ton passé !

Non. Non il m’a vu. Non il m’a entendu. Et je lui ai fais du bien. Il a voulu pleurer en entendant ma voix parce que je lui ai fais du bien. J’ai apporté du bien à quelqu’un dont j’ignorais absolument l’existence. Et il attend sans doute que la personne qui lui fait face maintenant soit aussi bonne que la voix.

HEY IL SAIT PAS QUE T’ES UNE PUTAIN ALORS IL SAIT PAS QUE T’ES UNE PUTE DIS LAUREN TU VAS LUI DIRE QUE T’ES QU’UNE PUTE OU VA FALLOIR QUE –


Lauren rabat le couvercle sur la voix de l’anguille. Porte la main à son front pour défroisser cette fichue ride du lion. Elle cherche ses mots. Elle cherche ce que ça lui inspire réellement.

Brusquement le souvenir que tout cela lui rappelle est celui de Teddy.

Teddy qu’on lui a refourgué dans les pattes pour une mission. Et elle qui avait tellement la flippe qu’il soit comme son Lupin de père, un loup-garou. Tout ça parce que Jasper lui en avait déjà trop fait baver et que les Silas sont bien trop rares du côté de ces créatures. Lauren qui a vérifié que la mission ne se passe pas à la pleine Lune et qui a surveillé la taille de ses dents quand il est apparu. Et qui est Ted maintenant hein ? Qui est Ted ?

Son petit frère.

Et s’il avait été loup-garou hein ?


Aucune importance.

Comme pour Silas. Aucune importance. Juste des gens qui attendent de pouvoir faire confiance.

« … Alors vous êtes membre du club privé des Centaures, c’est bien ce que je disais. » Ce n’est pas forcément une plaisanterie de très bon goût mais c’est tout ce qu’elle peut marmonner. Elle se tourne vers François, lui fait face. « Vous ne connaissez pas Dead Zone hein. » Non il ne connait certainement pas. « C’est une série moldue, ça passe à la télé. … En fait c’est une adaptation de Stephen King mais je suis pas sûre de vouloir lire ses livres un jour, un peu trop glauque. En fait, dans cette série le personnage principal il est voyant. Un détective-voyant, par la force des choses pour les deux. » Elle a l’impression de passer les pires ASPICS du monde tiens. « Je vous résume juste : il voit des choses dans l’avenir ou dans le passé juste en touchant quelqu’un. »

Elle se contente simplement d’effleurer son bras du doigt. Ce n’est même pas que son contact le dégoûte. Mais elle veut lui éviter un choc visuel si le principe est le même pour lui. Le pouvoir de François prend soudain un côté sacré qui l’effraye un peu. Mais sa voix reste stable.

« Il a pas la vie facile ce mec. … Je crois pas que ça soit facile pour vous non plus. … Vous voyez tout le temps ? » Elle met l’accent sur voir, comme si le verbe soudain ouvrait d’autres portes. Et attend la réponse avant de simplement murmurer. « Ca doit être tellement crevant à la longue… »

Crevant est un mot faible.

« Déjà que c’est la galère de vivre son propre présent alors d’avoir la possibilité d’entrapercevoir l’avenir ou le passé des autres. Cette série-là, elle m’a toujours fait de la peine pour ça. Le type n’a rien demandé et on lui en demande à chaque fois trop. Bon. Il me faut un autre verre là. »

Oui parce que mine de rien l’information a encore du mal à passer.

« Je vous crois. Parce que si Poudlard a mis en place la Divination comme matière possible c’est que ça doit avoir une logique. Et il y avait bien une prophétie parlant d’Harry Potter. … Enfin je vous crois pas seulement sur votre. Capacité. » Elle ne parlera ni de don, ni de malédiction. « Et j’imagine que je dois vous dire que c’est tant mieux si de me voir, enfin, de m’entendre vous a fait du bien. … J’ai rarement l’occasion de faire le bien en plus… » Un sourire torve. Elle sort un autre verre, range le cassé dans la poche avant de son sac, ne pense même pas au fait que son portefeuille risque de puer le vin. Elle est à mille lieux sous et dessus le monde. Elle voyage dans un espace sans repères, béate de surprise. « Mais quand même. Quand même. Vous êtes bizarre. »

Elle porte le verre de vin à ses lèvres.

« Ca me va. J’aime bien les gens bizarres. J’en suis aussi un sacré spécimen. Qui ne l'est pas de toute façon. »

Et elle rit, légèrement. En croisant de nouveau son regard.

« Alors comme ça vous ne saviez pas qu’on allait se rencontrer. C’est tant mieux non ? Ca vaut mieux qu’on vous réserve disons… des bonnes surprises. Non ? » Et son embarras creuse soudain des fossettes écarlates dans son sourire.





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François Loiseau
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Ce message a été posté Jeu 5 Déc 2013 - 17:43

Elle va partir. Penser que tu mens. Que tu dis n'importe quoi. Tes mots brûlent encore sur le bout de ta langue et tu sens ton corps frissonner, se tendre. Et subitement, c'est comme si les voix se faisaient plus fortes – se faisaient trop fortes – reprenaient, l'espace de quelques secondes, leurs droits sur ton esprit. Ils porteront les masques de Mort. - WHAT THE FUCK ARE YOU DOING, CALLAGHAN ? - Recule, salope ! ») Quelques secondes avant que tu te forces à reléguer le tout à l'arrière de tes pensées, les cris et les hurlements te rendent déjà fou. Fou. Tu l'es, un peu. Comme tout le monde, comme tu l'as déjà dit à Delesia Sawyer. Alors, tu attends. Tu es prêt à partir, à t'enfuir, à tout nier en bloc et à enfermer cette confidence étrange au fond de toi, à l'oublier même, à l'enfermer dans (Azkaban) tes souvenirs pour ne jamais y revenir. Et pourtant, Lauren ne part pas. Elle ne dit rien, tout de suite. Elle réfléchit – tu le lis dans son front qui se plisse, dans son visage qui semble chercher quelque chose. Et bien malgré toi, tu l'analyses – tu l'analyses avec tes réflexes de policier, de détective. Son pull de laine, sa veste de cuir, son jean, ses traits un peu fatigués as-tu l'impression.Tu la détailles au point que quand elle te fait face, te regardes, tu sursautes légèrement. Tu ne t'y attendais pas. Tes yeux fuient. Se baissent.

Prêt à encaisser.

Le club privé des Centaures. Le premier commentaire grince dans tes oreilles – mais elle enchaîne rapidement. Dead Zone. Le nom est peu attrayant. Tu fais signe que non de la tête. Elle t'explique. Tu frissonnes d'horreur. Pire que toi. Une adaptation de livres – donc c'est faux. Et si c'était vrai ? Et si des moldus vivaient vraiment ça ? « Non. Voir, pas tout le temps. Surtout quand je dors. » Entendre, oui. Les voix, c'est le bruit des vagues de ton esprit. Voir, c'est une autre chose. Tu vois quand tu fermes les yeux – tu vois quand tu dors et ça explique pourquoi tu ne dors pas. Pourquoi, avec le bébé de Loïs, tu es toujours le premier levé (parce que tu n'es pas couché, en fait, et que tu veilles déjà dans sa chambre, prêt à intervenir au moindre début de pleurs). Pourquoi, dès que tu oses dormir, tu fais des cauchemars – pourquoi Clark venait dormir avec toi et pourquoi tu es somnambule. Franchement, tu ne manques pas de cumuler les bizarreries. Tu les collectionnes presque.
Et si tu vois quand tu es éveillé... il ne se passe que des choses horribles.
C'est crevant. Elle a mis le doigt dessus. Et son récit de la vie du pauvre type de Dead Zone t'attriste aussi. Tu le comprends, ce type qui n'existe pas, et un sourire faible, rapide, étire tes lèvres quand Lauren dit avoir besoin d'un autre verre. « Vous comprenez pourquoi je parlais de scotch. » Ou de pur feu. Tu en as une bouteille à ton appartement, prête pour les occasions de ce genre. Quand le thé et le vin ne sont plus assez pour affronter les choses.
Pour quand les gens te croient. Pour quand ils parlent de Divination (tu es encore traumatisé par le marc de café et les feuilles de thé) et d'Harry Potter (comment il est mort, et ils hurlaient, ils hurlaient) en se servant un verre de mauvais vin, pour faire passer le sort qui reste coincé en travers de la gorge. Sa réplique t'arrache un rire. Elle aime les gens bizarres – elle est servie. Tu oses enfin la regarder pour de vrai, croiser réellement son regard. « Et encore, ça, ce n'est que la queue du Fléreur. »

L'animal est encore plus gros, dans ton corps, dans ta tête.
Mais là, il semble petit. Presque apprivoisé. Paisible.
Tu avais besoin de parler. Tu as bien fait de suivre ton instinct, celui qui te dictait de venir ici ce soir et pas un autre. La voyance n'a pas que des désavantages, tu le sais, et ses avantages, tu as appris à les manier. Tu t'y es fait.

Le halo doré entourant Lauren. Caressant son visage souriant, aux taches de son.
Ses yeux.

Ton verre est vide. L'idée du whisky pur feu te revient. Tu pourrais l'inviter à aller prendre un verre à ton appartement, avant que tu doives rejoindre les autres au loft de Loïs. L'haleine chargée d'alcool, ce sera glorieux. Tu entends déjà Bruce te taquiner sur la difficulté du métier de détective. « J'ai arrêté d'écouter. C'est tellement... Envahissant. Dérangeant. Pas de mot encore, alors tu hausses les épaules, comme si ça n'avait pas d'importance. Alors ça me réserve des surprises. Parfois pas très joyeuses, comme Assapor. Et quelques fois, des bonnes. Comme vous. » Tu t'entends avec elle. Lauren aux yeux bleus et chauds. Tu souris de plus belle. « Vous rougissez. C'est joli. » Juste un verre. Elle pourra regarder ta bibliothèque, alors que tu auras honte de ton appartement dans un désordre sans nom, où les livres, les albums photos et les dossiers se chevauchent, entre deux t-shirts sales et une avalanche de tasses vides. Ou un thé (à la rose) pour faire passer le goût du vinaigre et fini de nouer cette rencontre. L'univers qui joue avec toi, qui rit de ce que tu fais, qui s'amuse à tes dépends.

« Clark le savait. Évidemment. Il n'a jamais... jugé, ou quoi que ce soit. Il savait, c'était tout. Sa générosité. Sa compréhension. Son souffle dans ton cou, quand il venait dormir avec toi, quand tu réveillais tout le dortoir en hurlant dans ton sommeil. Je ne l'ai pas encore dit aux autres. Ils me croient seulement un peu plus étrange que la moyenne des sorciers. Ils ont assez de problèmes comme ça... et c'est moins envahissant que quand j'étais jeune. Plus jeune. » Tu n'es pas vieux, à quarante ans. C'est juste l'impression que tu as, parfois. Tu es jeune, pour un sorcier. Vieux, pour un voyant.

Tu attends. Tu souris.

« Vous chantez bien. »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦



mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Ce message a été posté Jeu 5 Déc 2013 - 19:21


Que ma vie me semble vide
Mais je sais qu'un jour à Paris
C'est moi, qui lui servirais de guide. Nathalie.



Ils sont là. Adossés à la plaque de marbre. Face à la tombe de Clark. Et ils pourraient pourtant être dans n’importe quel parc du monde. Assit sur un banc. A regarder filer le cours de l’eau, le cours des gens. Lauren croise son regard. Elle sent la chaleur de Loiseau se communiquer à la sienne. Normal. Leurs épaules sont l’une contre l’autre. Leurs bras se frôlent à chaque geste. Elle sent son haleine chargée de cette piquette lui effleurer le visage. Et bordel à cette distance elle doit puer aussi. Mais ça la fait sourire, complice. Les deux Poufsouffle maladroits. L’un avec un secret qu’il lui livre patiemment, lentement. L’autre avec son oreille discrète, attentive. Des gens bizarres elle en a croisé. Tout sa vie. Côté sorcier et côté moldus. On peut dire sans trop se mouiller qu’il y a bien là une solidarité de l’âme à se montrer original. Entre un photographe sang-mêlé cachant son identité. En passant par un type atteint du syndrome de Tourette. Entre un héritier orphelin de la première guerre métamorphomage. Et une jeune femme fragile au crâne nu et malade caché sous une perruque. D’un loup garou traumatisé cherchant du réconfort au creux de ses bras. A Elisabeth Macnair étouffant dans une soirée où elle n’avait déjà plus sa place. Des lits et des draps, et des bras, et des gens. Des mots, des secrets, des vies que Lauren croise. Et sa propre vie qui se faufile entre celles de ces gens. Entre deux mensonges, quatre vérités, un aveu et un secret. Voilà que ce soir elle recueille le témoignage d’un pauvre type malmené. Qui a peur d’elle autant qu’il a besoin d’elle.

Besoin d’elle.

Pas de petits gestes. Pas de petites attentions
. Est-ce qu’Abegail Lorémont est voyante elle aussi ? Est-ce que les psychiatres sont les oracles des âmes ? Allez savoir. Il n’empêche qu’elle est là. Son cul de mouche posé sur un sol glacé. Avec son haleine qui se condense entre leurs visages. Croise celle des mots de François. Par leurs souffles, ils s’embrassent. Et Lauren frissonne de voir à quel point ce type là est torturé. Comme ce type là craint de dormir. Les cauchemars, elle connait. Et elle le lit dans ses yeux à peine cernés. Sa main frôle la sienne.

Il a arrêté d’écouter les voix.
Elle a arrêté d’essayer de se souvenir d’elles.

Lauren a un sourire triste.

« Alors ça me réserve des surprises. Parfois pas très joyeuses, comme Assapor. Et quelques fois, des bonnes. Comme vous. » Lauren baisse les yeux. « Vous rougissez. C'est joli. »

Des compliments, elle en a reçu. Sur ses yeux. Sur son corps. Sur son cul. Elle en a entendu avant l’amour. Elle en a intercepté après. Des compliments intéressés, dragueurs, cherchant à la faire céder. Comme un prix déjà payé. Des compliments sans vraiment de mensonges. Des compliments qui témoignent de la bonne disposition de la marchandise.

Elle en a reçu d’autres. Amicaux. Oh Lauren t’es si jolie ! Si belle ! Qu’elle n’a pas cru. Car elle est comme un fruit à la pelure bien brillante, et au cœur pourrit.

Mais celui-là de mot doux. Ce joli là, dans la bouche de François. Ca lui fait détourner le visage en souriant encore plus. Et en rougissant, oui. Parce qu’il sort de nulle part, qu’il est simple et sans attente de réponse. Il est juste un commentaire perdu dans le malaise du Poufsouffle.

Elle est touchée, que malgré ses difficultés, il daigne remarquer ça. Pourtant elle le fait pas exprès, de rougir. Ca fait tellement gamine…

Elle chasse une mèche de cheveux. Et voudrait pouvoir lui dire qu’il l’est aussi, joli. Sauf que ça se dit pas pour un mec. Et bordel t’as vu mieux. Il pourrait faire un effort pour se raser, porter d’autres vêtements, et c’est con ces cicatrices et…

Non. Qu’elle arrête de faire sa petite garce. Il est très bien comme il est ce type. Avec ces yeux bleu-vert qu’elle a jamais croisé cette nuance avant. Avec son sourire plein de dents et de vérité.

Et elle tire le bonnet sur ses yeux. Joueuse. Juste pour effleurer un peu ses cheveux. Juste pour lui montrer qu’elle n’a pas peur de lui.

« Si vous continuez à me dire que je suis une bonne surprise, je vais m’enflammer. … Dites. Clark. Il le savait ? »
« Clark le savait. Évidemment. Il n'a jamais... jugé, ou quoi que ce soit. Il savait, c'était tout. »
« Pas vraiment du genre à juger le Clark… » Ca ne l’étonne pas.
« Je ne l'ai pas encore dit aux autres. » Lauren hausse un sourcil. « Ils me croient seulement un peu plus étrange que la moyenne des sorciers. Ils ont assez de problèmes comme ça... et c'est moins envahissant que quand j'étais jeune. Plus jeune. »
« Dans les temps anciens c’est ça grand-père ? » Ce type doit même pas avoir cinq ans de plus qu’elle à tout casser.

« Vous chantez bien. »
« Je vais vous faire manger votre bonnet, ça suffit. »

Elle a un rire un peu nerveux. Croise les bras sur sa poitrine.

« … Vous savez. Bon. Ca ne me regarde pas. Mais je pense que vous devriez leur dire, à Bruce et à Loïs. … Je les pense, non. Je les sais tout à fait capable de prendre note de votre capacité sans… juger eux non plus. … C’est pas un poids. Enfin. Si. C’est un poids que vous portez depuis un bon moment maintenant… Mais c’est pas un problème. Et de savoir que d’autres, des proches comme nos deux braves Gryffondors, sont au courant ça pourrait peut-être vous aider à souffler un peu, plutôt que de garder tout ça pour vous. … Je parle d’expérience j’ai. »

Lauren baisse un peu la tête.

« Je suis une thérapie. Oui avec tout ces évènements ce n’est pas vraiment original. Mais je pense que j’en aurais eu besoin depuis… le départ. Et parler ça me fait du bien. Ma psychomage en plus est géniale et juste de savoir que je peux la voir quasiment chaque semaine pour lui parler de mes soucis ça m’aide à mieux les gérer. A pas juste lever les bras en ciel avant de me planquer dans un coin. Je ne dis pas que vous le faites hein. Je dis juste que parler, c’est important. … La preuve non ? On parle tout les deux et. Vous m’avez bien aidé ce soir. »

Parce qu’il est là, vivant, avec elle. Et elle fait sa connaissance comme elle aurait du le faire avec Clark. Et elle aime bien François, comme elle n’a jamais autant aimé Clark. Parce que lui, il est vrai. Et l’autre… Merlin sauve son âme mais. C’était son idéal.

Un idéal. C’est juste un rêve.
Et le rêve lui rappelait son paternel de toute façon, c’est pas très sain.

Elle se rend compte de la brulure persistante dans ses yeux avant de laisser les larmes couler.

« Ah bah. Chacun son tour. Vous pourriez me prêter votre foulard ? » Elle rit, d’une voix un peu étranglée avant d’essuyer ses yeux d’un coup de manche. « Voilà, de nouveau rougissante. Et frigorifiée. Merlin mais quelle heure il est ? »

Un coup d’œil rapide à son nokia l’en informe. Presque 20h.

Cela fait donc quasiment deux heures qu’ils sont ici à parler. Elle n’en revient pas.

… Elle n’a pas envie d’arrêter. Sauf que le froid transperce réellement son jean. Et la piquette commence à devenir réellement désagréable.

D’une main elle attrape le bras de François.

« Vous êtes pressé ? » Elle enchaine presque aussitôt, en croisant les doigts. « Je veux absolument vous remercier, et quitte à être dans ce coin ci de Londres, je connais un truc moldu qui pourrait vous plaire. Ca s’appelle un Fast Food. C'est pour les jeunes, donc vous êtes concerné, si monsieur. Bon à la vérité, emmener un type dans un McDo dès le premier soir c’est pas vraiment ce qu’il y a de plus chouette. Mais on s’est rencontré dans un cimetière alors… j’imagine qu’on devrait résister à tout. Juste pour le principe, McDo c’est la création moldue la plus improbable mais IL FAUT que vous testiez. Absolument. Je vous invite. Dites oui ? »

Elle sourit.

« Si vous dites oui, promis, je chanterais encore. »





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Ce message a été posté Sam 7 Déc 2013 - 21:58

Elle t'enfonce ton bonnet sur les yeux et tu ris. Tu ris à sa menace de te faire manger ledit bonnet et tu quand tu le remontes, c'est pour revoir son visage rieur et un peu nerveux. Ce qu'elle te dit, te ne peux qu'approuver. Parce que tu sais qu'elle dit vrai – que tes deux meilleurs amis sauront parfaitement accueillir ta confidence et que garder ce poids à l'intérieur de toi n'est pas mieux. Sa confidence sur sa thérapie te conforte et sa finale fait revenir ton sourire sur tes propres lèvres, chassant ton expression sérieuse d'écoute attentive. Vous avez parlé. Tu l'as aidée, ce soir – un constat qui te réchauffe, et réconforte. Aider quelqu'un, aider Lauren Hudson. Ça te fait plaisir. « Vous avez raison. » Tu sais qu'elle a raison. Tu vas leur en parler. Bientôt. Parce que ce sont des personnes si importantes dans ta vie et que tu ne peux pas garder ça éternellement en toi. Ce soir était un premier pas dans cette direction, ta confidence à mi-voix, à demi-mots, à Lauren. Lauren qui pleure, comme tu l'as fait, de larmes retenues rapidement essuyées.

Vingt heures – selon le truc étrange qu'elle vient de regarder et où l'heure est affichée. Tu devrais rentrer. Les autres pourraient s'inquiéter, même si tu leur as dit que tu travaillais tard, ce soir. L'idée effleure ton esprit, mais s'efface quand la Poufsouffle t'attrape par le bras pour t'enjoindre à aller dans un fast food, comme elle dit. Un McDo. Tu ne sais pas si tu dois accepter, ce qu'elle t'en dit est loin de te rassurer, mas tu ne peux que rire face à ses arguments. Surtout celui final. Comme si tu étais une personne difficile à convaincre, de toute façon. Et puis, tu meurs de faim, tu mangerais probablement un Grapcorne entier. « Vous m'avez convaincu, je vous suis. » Tu t'es levé, après qu'elle t'ait agrippé le bras. Tu sors ta baguette et les chandelles factices disparaissent, tandis que les vraies s'éteignent et que tu les tends à la femme pour qu'elle les range dans son sac à main. La bouteille de vin, à peu près finie, termine dans une poubelle alors que vous sortez du cimetière, accompagnée des gobelets et d'un « Si mon estomac de dinosaure survit au fast food, je vous invite à prendre un verre chez moi, pour chasser définitivement le goût de ce vin ». Une invitation spontanée, sans malice, presque anodine. Votre passage du monde sorcier à celui moldu est rapide – les deux se côtoient de très proche, qu'on se le rappelle. Des lumières partout, des Londoniens pressés qui passent à vos côtés. Tu as offert ton bras à Lauren, plus tôt, et tu ne peux t'empêcher de le serrer, peu rassuré par cet univers résolument inconnu. Sorcier, tu as toujours grandi dans ce monde et tes excursions dans le monde moldu ont été rares, très rares. Tout t'impressionne. Et en même temps, tu as peur que les gens sachent que vous êtes des sorciers.

Oui, parce que si Lauren se confond bien dans la faune londonienne moldue, ce n'est pas ton cas. Même pour les sorciers, tu es étrange, alors ici...

Lauren vous fait entrer dans un restaurant, sous une enseigne en forme de M. Le premier choc est quand tu entres. C'est... lumineux. Atrocement éclairé. Tu clignes un peu des yeux, choqué par ce changement brut de luminosité, avant de regarder le menu affiché. Auquel tu ne comprends pas grand chose, force est de l'avouer. Le hamburger te semble bon, mais la quantité de trucs qui accompagnent un seul plat te perturbe un peu. Un fish'n'chips traditionnel t'aurait bien convaincu, mais il y a tellement de choses... Tu baisses la tête vers Lauren, remettant ton sort entre ses mains : « Je vais aussi vous laisser commander pour moi. Je ne suis pas difficile, alors... surprenez-moi. »
Ce ne sera pas bien difficile à faire.
« Je vais nous réserver des places. » Comme ce que ceux qui commandent devant vous font. Et la laisses donc à la caisse, lui faisant entièrement confiance. Puis, elle t'invite... ce qui n'est pas plus mal, puisque tu n'as que de la monnaie sorcière sur toi. Tu lui revaudras ça une autre fois.

Tu enlèves ton bonnet vert – une fois assis à une table libre, tes gants et passes ta main dans tes cheveux, un peu aplatis par tout ce temps sous la laine, et laisses tes yeux regarder les différentes personnes attablées. Des moldus. Que de la curiosité face à cet étrange truc sur lesquels ils... appuient ?, ou porte à leur oreille pour y parler, sans que tu en vois l'utilité. Et tout l'endroit est fascinant. Blanc, rouge, bleu. Les couleurs du drapeau français, te dis-tu, mais il n'y a rien de la France, ici. Quant aux habits des jeunes gens attablés... les cheveux colorés, ça ne te choque pas, mais ton puritanisme typiquement sorcier et renforcé par beaucoup d'années sous Voldemort (et le fait que tu as toujours travaillé dans un métier plutôt réglementé et rigoureux) te fait détailler avec beaucoup d'insistance les vêtements déchirés, troués, à carreaux et ultra courts de ceux qui passent la porte. Tu détournes brusquement le regard quand un jeune homme, se sentant dévisagé, te regarde, et tu soupires de soulagement quand Lauren vient te rejoindre. Ta voix est basse quand tu t'adresses à elle, chuchotant : « Lauren, qu'est-ce que c'est que.. Tu regardes le plateau qu'elle vient de déposer devant toi. ... que ça, un doigt pointé vers ce qu'il y a devant lui, et ça ? » Un coup de menton vers l'appareil que manipule une jeune fille qui ne doit pas être plus vieille que Chris.

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Ce message a été posté Sam 7 Déc 2013 - 22:38


Did you ever seen a dream
Walking. Dancing ?



Il a dit oui !

Et cette acceptation-là illumine de plus belle le visage de Lauren. Elle ne prend même pas la peine de remettre en question son assurance à la suivre. Même poliment. Elle ne veut pas lui tendre la perche pour une annulation. Il a dit oui, et plus important encore, il a l’air heureux de vouloir la suivre. Alors ce soir Lauren Hudson va faire ce qu’elle sait faire de mieux (en dehors de quelques petits détails qu’elle se refuse à penser, surtout maintenant). Elle va l’emmener voir un monde qui la fascine bien plus que de voir un personnage bouger seul dans un tableau. Elle range les bougies sans perdre une seconde son sourire. Et quand l’invitation de François tombe dans son oreille, là non plus elle n’hésite pas. Plus tard elle pensera avec regret à Aoden. A ce café raté, à ce malaise au Mille-feuilles. Plus tard elle se dira que les choses tombent parfois au mauvais moment. Et que parfois les choses s’alignent si parfaitement que l’on dirait une constellation. Une comète. Un fait-exprès tellement rare qu’il faut le savourer. Vite. Précieusement.

Il l’invite. Et Lauren dit oui. Pour la première fois en l’espace d’un an, elle accepte enfin de franchir le seuil d’une autre porte. D’un autre univers. Elle lui doit bien ça. Et elle a envie de le connaitre. Ce François.

« Du thé à la rose suffira à passer le goût, même si le scotch me tente maintenant que vous l’avez cité. Bien que je sois plus cocktail, sucré. Hm un mando-bango… C’est quelque chose d’exotique » babille-t-elle en sortant du cimetière. Les verres en plastique suivent la bouteille. « De la papaye, du jus d’orange, du pamplemousse, un filet de vodka, du sirop de fraise et trois feuilles de menthe… »

La foule hétéroclite londonienne les enveloppe. Dans ce cocon particulier de gens pressés, bien vivants. Cette chaleur des rues agitées la réchauffe et elle attrape le bras que François lui tend. Les vitrines sont encore illuminés de choses moldues dont il ne doit comprendre. Et même si le monde autour d’eux parle anglais, cela pourrait être une autre langue.

Ensemble ils se dirigent vers le Mcdo. Lauren pousse la porte. Une bouffée d’air les frappe (chauffage, friture, parfum, la sauce spéciale). Et elle en inspire chaque fragrance avec délice. C’est pas le meilleur restaurant du monde. Mais rien que pour l’ambiance, et cette odeur-là, elle serait prête à claquer 20 livres de trop pour se remplir la panse. Ca tombe bien. Elle a fichtrement faim.

Les files s’allongent. Mais Lauren n’a d’yeux que pour le visage de François. Où une fascination assez virginale se laisse percevoir. Dans son long manteau, avec son écharpe Poufsouffle et son bonnet vert, il passerait inaperçu au vu des habitudes vestimentaires en vogue à cette époque de l’année. Mais son regard suffit à trahir le fait qu’il est hors norme. Hors caste.

Et Lauren a cette pensée étrange que même côté sorcier, il doit l’être un peu. Pas simplement parce qu’il est voyant. Mais parce qu’en tant de guerre, cette curiosité franche, cette détermination à ne pas laisser la noirceur l’aveugler, devient de plus en plus rare.

Sa main presse son bras. Elle l’entraine d’un pas ferme. Et demande.

« Vous voyez les écrans ? Tout est affiché. Les menus se composent d’un sandwiche, d’une barquette de frites ou de ces grosses pommes de terre qu’on nomme potatoes. Personnellement je préfère les frites. Vous avez le droit à une boisson, alors ici y’a pas de bière-au-beurre mais du coca, de la limonade, du jus d’orange de l’eau et de… hmmm… » Elle lève la tête. « Ice-tea. Tiens ça devrait vous plaire. Sinon vous choisissez de composer votre plateau à part, vous n’êtes pas obligé de prendre juste un menu mais vous pouvez y rajouter quelques sandwiches, vous voyez, ils sont à droite. Après il y a le dessert, ce sont des glaces à la vanille auxquelles on rajoute des bonbons et du nappage, et… Je vais trop vite ? » Elle a un sourire un peu désolé. Le jeune à côté d’elle a entendu la conversation, et murmure quelque chose à sa petite copine qui pouffe de rire doucement, un peu attendrie. Ah ces étrangers.

« Je vais aussi vous laisser commander pour moi. Je ne suis pas difficile, alors... surprenez-moi. »

Lauren rit.

« Vendu ! »
« Je vais nous réserver des places. »
« Ca marche. Essayez d’en prendre près de la grande vitre, on regardera la foule ! On aura l’air de deux poissons dans un aquarium mais qu’importe. A tout de suite ! »

François s’éloigne et Lauren se tourne pour échanger un regard avec le jeune couple. Assez intrigué.

« … C’est un ancien hamish. » Les deux jeunes haussent un sourcil. Et se détournent.

Dix minutes plus tard c’est derrière un plateau chargé de victuailles en tout genre que Lauren vient prendre place face à François. Il a suivi son conseil, et la nuit tombée n’empêche pas les gens d’être nombreux sur les trottoirs glacés de ce quartier de Londres. Lauren sourit, pose le tout entre eux. S’amuse de nouveau du regard vert de François qui fouille le McDonald sans avoir l’air de saisir toutes les nuances. Il a retiré son bonnet, et ses cheveux décrivent des boucles lasses sur son front. Elle se permet de le détailler, de caresser de nouveau des yeux ses cicatrices quand il se tourne vers elle. Et elle se demande juste un instant dans quelle bataille il s’est marqué de la sorte. Parce que ça ne ressemble pas à la signature d’un sortilège. Plus d’une…

« Lauren, qu'est-ce que c'est que… que ça »
Lauren sourit. « et ça ? » La jeune femme suit la direction indiquée par François et lève les mains.

« On va commencer point par point. »

Elle se saisit d’un sandwiche, le pose devant le voyant.

« Ca, c’est un big mac. Composé de deux pains, de deux steaks, d’une sauce assez spéciale plutôt sucrée, de deux feuilles de salade et de cornichons. Le big mac est suivit de ses frites, bon ça vous connaissez. Et de son verre d’Ice Tea, j’ai pris une petite taille pour que vous puissiez goûter. C’est du thé glacé à la pêche, vous devriez aimer. Ensuite, il y a le cheeseburger. » Elle pose le petit paquet enveloppé de papier aux côtés de la boite de carton contenant le premier sandwiche. « Presque le même principe que le big mac sauf qu’il n’y a pas de salade et double ration de fromage. Et pour terminer. Un sundae. » Le pot transparent est aussitôt rapproché. « Vanille, coulis de chocolat et éclats de noisette. Ca c’est pour le manger. »

Elle recule légèrement. Et porte la main à sa poche. Sortant, non pas sa baguette, mais son nokia.

« La jeune fille communique avec ceci. C’est l’équivalent d’un hibou électrique. Ça s’appelle un téléphone portable. Dans le ciel, autour de nous, volent des satellites. Des satellites électroniques, c’est-à-dire fonctionnant avec l’électricité qui est un peu la magie moldue. Ces satellites survolent le monde et servent de relais entre deux signaux envoyés. … je vais faire plus simple. Vous avez envie d’envoyer une lettre à Loïs. Vous attrapez votre hibou, vous lui confiez l’adresse et vous l’envoyez. Un téléphone portable vous sert à appeler quelqu’un. »

Elle le pose devant François. L’heure s’affiche aussitôt sur l’écran veille. Derrière, Joe sourit, un bras passé autour des épaules de sa sœur. Elles n’ont même pas dix ans.

« Chaque personne ici, ou en tout cas en grande majorité, possède un de ces appareils. Chaque appareil a un numéro, comme un prisonnier. Si je veux appeler quelqu’un en particulier, je lui demande le numéro de son appareil et je le compose sur le clavier que vous voyez. Aussitôt l’appareil envoie un hibou d’électricité au satellite dans le ciel. Le satellite cherche la personne avec le téléphone qui a le numéro que je demande. Et dirige le hibou vers ce téléphone. Et quand la personne décroche, elle appuie sur ce petit bouton vert, et là je peux lui parler. Tenez. » Elle appuie sur le déverrouillage de l’appareil. Compose le numéro de l’horloge parlante. Attend que la voix électronique réponde. Et colle aussitôt le téléphone à l’oreille de François.

« Ca c’est un service qui donne l’heure, comme un sortilège. Vous entendez ? »
« Au top, il sera très exactement, 20h27. »

Elle raccroche presque aussitôt, en souriant.

« Ici tous les appareils sont électriques et électroniques. Les moldus ont créé beaucoup de choses qui les aident à communiquer et à se déplacer. Ils ont les portables, les ordinateurs… tout un tas de chose qui nous dépassent énormément. Là où nous, nous avons les sortilèges, eux, ils ont l’électricité. Ce qui fait que les lampes au-dessus de nous brillent. » Machinalement elle défait son propre cheesburger du paquet.  « Bon appétit ! » Et mord dedans avec faim. « ... Je sais que tout ce que je dis là hmpf… »  Elle avale. « Que tout ce que je dis là, semble assez compliqué et je suis désolée si je ne m’exprime pas clairement. Mais moi-même je ne comprends pas tout. Le principe même des ordinateurs est assez obscur pour moi. Juste une grosse boite pleine de bidules en métal et de câble qui se connecte à une grande bibliothèque électrique où chacun y amène son livre. Et on peut avoir accès à cette grande bibliothèque de chez soi, sans bouger. Les moldus sont fascinants…. »

Elle essuie vaguement sa bouche. Son regard pétille.

« Des questions ? »


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François Loiseau
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Ce message a été posté Mer 11 Déc 2013 - 21:47

Premières explications : la nourriture. Chaque élément qu'elle décrit te met l'eau à la bouche, même si l'odeur de friture de l'endroit, et de gras, te rend un peu moins sûr. Quoique tu meurs de faim et que tu as bien hâte de goûter à ce Big Mac, à ce cheeseburger, à ces frites(qui te semblent bien minces, quand même) et au sundae. Tu vas pour tendre tes mains vers le Big Mac quand Lauren poursuit ses explications – sautant cette fois à l'étrange objet que tu as vu dans les mains et à l'oreille de plusieurs personnes dans la place.

Et franchement, elle pourrait bien te parler une autre langue que ce serait la même chose.

Ton esprit essaie de figurer ce qu'elle t'explique, en termes simplifiés pour un sorcier qui n'est jamais sorti de chez lui. Des hiboux d'électricité, des satellites dans le ciel, des numéros comme celui d'un prisonnier (c'est lequel, le tien, François ?), et la voix qui sort du téléphone portable. Tout cela est d'un autre monde – réellement. Deux mondes qui se côtoient et qui sont si loin l'un de l'autre en même temps... tu es fasciné. Tu refermes ta bouche, un peu entrouverte par la surprise de tout ce qu'elle vient de te révéler sur les moldus, et tu prends quelques secondes avant de réaliser qu'elle a commencé à manger. Ce qui veut dire que tu peux le faire aussi ! Toi qui commençait à t'autodigérer... mais l'idée d'une bibliothèque immense, universelle, sans avoir besoin de bouger de chez soi ou d'avoir tous les livres ! Quoique le contact du papier devait leur manquer, non ?
L'immensité des questions qui se bousculent dans ta tête se tait, cependant, alors que tu prends le Big Mac et que tu mords dedans. Aussitôt, une explosion de... de tout. De tout, de sucré, de salé et de saveurs. Tu mâches et avales ta première bouchée avec circonspection, avant de prendre une autre bouchée. Bon sang. C'est pas mal du tout, ce truc. C'est même vraiment bon. Tu hoches la tête positivement quand Lauren te demande si tu as des questions :

« Si je vous pose toutes mes questions, on ne quittera jamais ce McDo. Et ce truc, un Big Mac c'est ça ?, est rudement bon. » Tu prends quelques frites, pour goûter un peu plus. Beaucoup trop salées à ton goût, mais ce n'est pas si mal. Tu fais passer le tout avec une gorgée de thé glacé, cette fois-ci trop sucré. Il n'y a pas de juste milieu, dans cette nourriture, par Merlin ! Mais ce n'est pas non plus désagréable. Juste... inattendu. « Je mourrais de faim, en fait. » Tu étouffes un peu et tu t'essuies la bouche avec ton essuie-main, avant de déballer ton cheeseburger. Tu n'as pas fini le Big Mac, mais tu es curieux de voir ce que goûte cet autre truc... Et ta réponse est « encore mieux ». Une faiblesse pour le fromage, même si celui-ci est sûrement plus fait de plastique qu'autre chose. Pas important. Le cheeseburger et les frites, c'est bon. Elle n'aurait peut-être pas dû t'emmener ici, à bien y réfléchir... quoique ça ne doit pas être bien difficile de reproduire ce plat à la maison, si ?

Gorgée de thé glacé, tu essuies ta bouche une nouvelle fois. Tu regardes le cheeseburger, l'analyses. Une fois, tu pourrais en faire chez toi. Lauren pourrait goûter et juger qui fait le meilleur. Tu penses déjà loin. Loin comme à une dégustation de burgers chez toi, tout de même. « On a des lettres autolectrices, nous aussi, donc ce n'est pas bien différent du portable, non ? Et aussi la cheminée. À parler à demi-mot ainsi, n'importe qui écoutant votre conversation se dirait que vous parlez de n'importe quoi. Tu gardes quand même le ton bas. Ce ne serait pas le temps de vous faire accuser de mettre en péril le secret magique. Ils peuvent écrire, aussi ? Ils s'envoient des lettres, avec les hiboux d'électricité et les satellites ? » Tu écoutes la réponse avec le même grand intérêt, reprenant ton engloutissement du Big Mac et des frites, puis du cheeseburger, prenant bien soin de ne pas avoir l'air d'un goinfre. Même si tu mangerais bien encore deux de ces trucs. On ne se pose pas de questions sur le comment du pourquoi de tes poignées d'amour... « C'est fou, quand même. Qu'ils aient réussi à s'en sortir aussi brillamment sans magie. »

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mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Dernière édition par François Loiseau le Mar 25 Fév 2014 - 0:44, édité 1 fois
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Ce message a été posté Jeu 12 Déc 2013 - 12:06



Here, take these before we run away
The keys to the gulag



Sa bouche béante de surprise la ravie au plus haut point. Parce que c’était à peu près l’effet recherché. Elle a consciente d’être confuse dans ses propos. Et de ne pas expliquer suffisamment clairement les choses à François. Mais pour une sorcière, elle ne se démerde pas trop mal. Et cette satisfaction-là repousse n’importe laquelle de ses potentielles hésitations. D’une certaine manière, elle lui prouve sa valeur. Comme d’une certaine manière, c’est elle, qu’elle lui fait découvrir. Car ce monde moldu que Lauren lui présente dans un filtre restreint n’est qu’un résumé assez enjoué de ce qu’elle, elle aime. De ce qu’elle apprécie, au quotidien. Elle ne lui parlera pas des guerres. Des satellites de surveillance. De la pauvreté. Des taxes. Des impôts. Du gouvernement. Du racisme. De la hausse des prix dans le commerce. Elle ne râlera pas sur tout ça. Elle lui montrera à travers ses yeux les choses qui, chez les moldus, la fascinent. Et qui sont bien plus magiques qu’un personnage bougeant tout seul dans un tableau.

Lauren sourit, le regarde manger. Dévore elle-même son propre hamburger. Se fout bien des séquelles sur ses dents, sur sa bouche. Du jus qui dégouline sur son menton. De l’aspect graisseux de ses doigts. Elle se fout d’enfourner comme une affamée des quantités hallucinantes de frites. Elle se fout bien d’avoir l’air jolie, ou classe. Elle a faim. Elle mange avec lui. Elle répond à ses questions. Et postillonne un peu en riant. C’est pas grave. C’est comme avoir les pieds froid au moment de se coucher. De se moucher. De roter. Et toutes ces autres ablutions qui ne font pas d’elle une femme parfaite. Juste une femme du quotidien. Son quotidien. Sans théâtre ni masque. Ses petites manies, ses petits tocs. Ses petits problèmes.

Elle n’est pas que sa cicatrice. Comme ses yeux ne s’attardent pas sur celles qui défigurent François. En fait, tout cela se fond dans le paysage. Et elle préfère observer l’éclat de ses yeux verts.

« Si je vous pose toutes mes questions, on ne quittera jamais ce McDo. Et ce truc, un Big Mac c'est ça ?, est rudement bon. »


Et elle sourit. Encore. Plus doucement. Et elle répond.

« D’accord. »

Viens on va boire un verre chez moi.
D’accord.

Viens je vais te montrer mes livres.
D’accord.

Viens je vais te servir un thé à la rose.
D’accord.

Viens partons.
D’accord.

Fuyons à Paris.
D’accord.

Viens allons courir comme des idiots sur les trottoirs de France.
D’accord.

Viens je t’emmène voir les étoiles.
D’accord.


D’accord, faisons nuit blanche. D’accord viens je t’attends. D’accord tout me va, tout me convient. Je t’attends. Je t’attendais depuis trop longtemps. Ca me bouffe la gorge et ça me pique les yeux. D’accord on est vivant. Je veux être vivante avec toi. Vivante comme une ado. Retour en arrière, satisfaction nouvelle de découvrir les choses. Ouvrir nos yeux, naitre. Partir. Fuir. Se retrouver. D’accord. Tout ce que tu veux. Je suis d’accord.


Lauren retourne à son cheezburger. Sans se demander si c’est raisonnable. Si c’est normal. Si elle doit se méfier. Lauren Hudson commence déjà à s’effeuiller. Elle aime la sensation d’être devant lui. Elle veut que ça continue. Tout simplement. Sans questions. Toute la nuit ? Allez toute la nuit ! Et le travail demain. Et les responsabilités. Et le deuil. Et la souffrance.

Stop tout ça. Stop un peu.

Continue de parler François. Continue de me parler à moi. Ca fait trop longtemps que personne ne l’a plus fait comme toi-même tu le fais.

« On a des lettres autolectrices, nous aussi, donc ce n'est pas bien différent du portable, non ? Et aussi la cheminée. »

« C’est vrai oui. »
« Ils peuvent écrire, aussi ? Ils s'envoient des lettres, avec les hiboux d'électricité et les satellites ? »
« Oui ils peuvent, avec les ordinateurs, avec le portable aussi, ce qu’on appelle les textos. Ils communiquent autant à l’oral qu’à l’écrit, et sur de très très grandes distances. »
« C'est fou, quand même. Qu'ils aient réussi à s'en sortir aussi brillamment sans magie. »
« Je considère que les moldus ont la science comme les sorciers ont la magie. Les sorciers » elle ne dit pas nous. « on apprit à maitriser la magie depuis des années, et à la manipuler pour concevoir de nouvelles choses, des objets comme des sortilèges du quotidien. Eh bien pour les moldus c’est la même chose. Ils ont d’abord apprit à manipuler le feu pour améliorer leur société, puis ils ont voyagé, ils ont évolué au contact des autres, de gré ou de force. Ils ont apprit à écrire pour garder une trace, à lire pour continuer les découvertes, ils ont fait des recherches en médecine pour vivre plus longtemps et découvrir plus longtemps. Ils ont amélioré leur quotidien petit à petit au fil des siècles. Ils ont découvert l’électricité, ils l’ont manipulé dans leur science de tout les jours. Et en l’espace d’un siècle ils sont passés maitre dans l’art de la communication. … Bon parfois ils en profitent aussi pour raconter et faire beaucoup de bêtises. Mais majoritairement ils sont toujours, constamment en évolution. Bientôt il y aura des téléphones qui seront aussi fins et transparents qu’une plaque de verre. Des ordinateurs dans des lunettes de vue. Des … des phonographe sous la forme de petites boucle d’oreille pour écouter toute sa musique sans se trimballer tout un appareil. Ils miniaturisent et repoussent leurs limites. »

Et Lauren se rend compte soudain qu’elle a haussé le ton. Qu’elle respire même un peu trop vite. Que tout cette diatribe là l’enthousiasme suffisamment pour colorer ses joues et faire briller ses yeux. Heureusement son dialogue s’est perdu dans le brouhaha constant des communications qui les entourent. Mais elle s’assure d’un regard de ne pas avoir trop attiré l’attention. Ce n’est pas le cas. Heureusement. Et elle boit une gorgée de coca avant de lui tendre le gobelet.

« Tenez goûtez ça. Et excusez mon enthousiasme. Ca fait dix ans que je vis avec eux et je ne suis toujours pas calmée. Ils sont tellement évolutifs… Les mangemorts avec leurs principes de merde comme quoi ce ne sont que des bêtes sauvages, des esclaves ignares, ils peuvent aller se rhabiller. Ils sont capable de tellement de choses surprenantes… parfois ils manipulent les choses un peu trop. Parfois ils créent des horreurs… » Le souvenir de la bombe atomique dans le ciel d’Assapor lui arracha un frisson.
« Mais ils sont aussi capables à côté de mettre en œuvre cette science et ces découvertes néfastes pour l’avenir. Ils sont plein de contraires. Ils ont du mal parfois à apprendre leurs leçons mais quand c’est fait alors… alors ils sont merveilleux. »

Lauren Hudson vivait dans un monde d’idéal où les sorciers et les moldus pourraient vivre en harmonie. S’apprenant les uns les autres. Se conseillant et se limitant dans des leçons bien acquises. Mais elle avait aussi cette idée noire de la course aux armements qui commencerait dès lors. Du danger qu’ils seraient les uns pour les autres selon les politiques de chacun. Quel prix paieraient-ils tous si rien ne fonctionnait comme prévu. Peut-être valait-il mieux en effet qu’ils continuent de s’ignorer majoritairement. Pour maintenir cette paix. Car si les moldus prenaient place dans les conflits actuels, le monde sorcier risquerait dès lors de s’en mordre les doigts. Amèrement.

Allez. Assez. Elle passait une bonne soirée non ?

« J’aimerais. … J’aimerais vous emmener au cinéma. Pas ce soir non, bien qu’on aurait tout le temps mais vous m’avez proposé un verre et je veux respecter ce plan là. Mais une autre fois vous voyez. »

Partons ? D’accord.

« Juste pour vous montrer ce qu’ils peuvent créer comme art. Et les musées. Les musiques. Les actions qu’ils font parfois… J’aimerais vous montrer tout ça. »

J’aimerais voir les étoiles avec toi. Apprendre avec toi. Te montrer les choses du doigt. Avoir de l’importance pour toi. Discrètement.


« Et si vous avez encore faim ! Je suis prête pour une deuxième salve. »

Parfois l’estomac de Lauren se transformait en un gouffre sans fond capable de tout engloutir. Comme pour se rattraper de ces jours de disette en semaine où elle se contentait de quelques feuilles de salades et de yaourt zéro pour cent. Les soucis et ses boulots lui coupaient suffisamment l’appétit. Le quotidien aussi, les drames…

Mais François lui avait redonné l’appétit. Et elle voulait en profiter.

« On ira digérer chez vous. Parce que je vous préviens, ça pèse sur l’estomac au moment de la digestion. Verdict en tout cas ? Ca vous plait ? »

Je te plais ?
Partons. D’accord. Viens. D’accord. Vivons. D’accord.

D’accord.




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François Loiseau
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Ce message a été posté Mar 25 Fév 2014 - 1:01

Tu bois les paroles de Lauren encore plus rapidement que tu bois ton thé glacé – qui en goûte pas du tout le thé, disons-le, ni la pêche, mais surtout le sucre. Ce qu'elle sait sur les moldus et sur leur vie te fascine. Tu te demandes depuis combien de temps vit-elle auprès d'eux. Est-elle née-moldue ? Probablement, pour en savoir autant, ce n'est sûrement pas une sang pure qui aurait ce discours... quoique. Bruce se rapproche de cela, mine de rien. Tu dois vraiment faire quelque chose avec tes vieux préjugés de sorcier engoncé dans une culture vieillotte qui te laisse à la masse de ceux qui avancent. Une chance que tu ne sois même pas encore vieux ! Tu étouffes un rire dans ton cheeseburger quand elle s'arrête de parler, les joues roses et la voix trop haute pour l'endroit éminemment public et éminemment moldu où vous êtes, avant de prendre une gorge du gobelet qu'elle te tend.
Ça te permet aussi d'avaler toute l'information qu'elle vient de te dire, tentant d'imaginer ne serait-ce qu'un millième de ce qu'elle prétend qui existe dans cet étrange monde. Des téléphones comme une plaque de verre ? Des boucles d'oreilles à musique ? Des ordinateurs (mais qu'est-ce que c'était que ça, déjà) dans des lunettes ? Peut-être Lauren exagère-t-elle. Ou est-elle également flouée par les inventions moldues, qui semblent plus grandes et folles qu'elles le sont réellement. Ou alors, tout est vrai et c'est encore plus effrayant de savoir qu'ils font tout ça sous votre nez, sans que personne s'en aperçoive.
Tu hoches la tête positivement quand elle embarque sur le sujet des Mangemorts et de leurs principes 'de merde', comme elle le dit si bien. Tu n'as pas d'affinités particulières avec vos voisins sans pouvoirs, mais tant que tout le monde se laisse vivre en paix, à ton avis... tout va bien. Nul besoin de se tirer dessus à coups de baguette (ou d'autres choses, comme le truc d'Assapor – l'explosion du bout du monde).

Cinéma, musées, musique. Tout ça t'intéresse. Tu n'as jamais été passionné des moldus, tu t'es toujours contenté de les laisser vivre leur vie de leur côté tandis que tu vivais la tienne sans déranger personne, et sans doute serais-tu resté à ce même point si, ce soir, tu n'avais pas rencontré Lauren Hudson. Lauren qui t'a emmené ici, qui s'extasie encore sur ce monde. Son enthousiasme est contagieux. Surtout, tu te disque pour la voir sourire, que pour voir ses yeux briller, tu ferais bien n'importe quoi.

Tu déglutis la dernière bouchée de l'immense plateau que t'as apporté la jeune femme, ne te restant que le sundae à manger. « C'est bon. » Pas de la haute gastronomie. Pas de quoi mourir. Mais quelque chose de vraiment bon, tout de même. « Et non merci, je suis plein. Si je mange une bouchée de plus, je vais exploser. Cela dit, si vous voulez vous prendre autre chose, allez-y, je vous assisterai. » Tu rigoles légèrement. Déjà que tu vas te forcer à manger le sundae... si tu avales un seul burger de plus, ce sera le drame. Et l'idée du verre ne t'es pas sortie de la tête, ni de celle de Lauren apparemment, et tu préfères t'y tenir. Marcher un peu pour transplaner jusqu'au Chemin de Traverse, où tu as ton appartement, vous fera du bien. Ça vous fera digérer, comme elle l'a dit.
Tu t'attaques au sundae avec joie, dégustant la crème glacée, un peu fondue vu le temps que vous avez pris pour manger (pas tant que ça, en réalité : vous avez englouti votre repas). Ça termine bien tout ça. « Je vais pouvoir rouler jusqu'à mon appartement, avec tout ce que j'ai mangé. » Tellement tu seras une immense boule de sucre, de gras et de sel. Tu grattes jusqu'au fond du gobelet avec ta cuillère, et fais passer le tout avec la dernière gorgée de ton ice tea. Un sourire satisfait étire tes lèvres et tu prends ton bonnet, le remettant sur tes cheveux sombres. « Allons-y. Vous finirez de me parler de ces hiboux électriques chez moi. »

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Ce message a été posté Mar 25 Fév 2014 - 1:02

SUJET TERMINÉ
(mais la suite est ici)

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