And i hate that i let you down... [Callie]



 



And i hate that i let you down... [Callie]
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs :: Habitations
avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Dim 20 Oct 2013 - 17:12





And i feel so bad about it.



De la fourrure de peau de loups sur ses épaules, au  tapis persan de qualité rare, tombait avec insistance et un manque cruel de discrétion un jus noirâtre qui semblait rassembler toute la crasse possible que l’on pouvait ramasser au cours d’un périple, ainsi que la flotte tombée sur Pré Au Lard depuis maintenant deux jours sans discontinuer. Ses boucles flirtant avec ses épaules plaquées contre son crâne et manquant de ressort, ses bottes crottées de boue et sa veste en croûte de cuir maculée de diverses sécrétions hasardeuses, l’homme dégageait une odeur pour le moins nauséabonde. Un mélange peu glorieux entre le sang de bourbe et le troll à la condition que le dit troll n’ait jamais trouvé une flaque où se rouler. Ses épaules pivotèrent au moment où un bruit de pas se fit entendre derrière lui, projetant autour de lui une série d’éclaboussures qui auraient pu être fatales à une élégante toilette mais on le dispensa bien vite de toute révérence.

« Par tous les cieux ! » S’exclama Kathleen Kark en portant sa main gantée à son nez pour le pincer. Malgré l’évidente impolitesse de son geste, elle toisait son invité avec hauteur, ses sourcils s’échappant presque de son front tant la surprise semblait l’avoir gagnée.

L’homme aux allures d’ours qui lui faisait face s’essuya le visage de sa manche, projetant une nouvelle giclée de boue et lui arrachant une série de cris qui n’aurait pas surpris venant d’une vieille chouette qu’on cherchait à égorger. Puis il plongea sa main dans les entrailles de sa tenue imposante et en ressorti un morceau de parchemin qu’elle ne saisit que par le bout des doigts. D’un geste sec elle déplia la missive, étrangement intacte dans toute cette saleté et elle parcourut les lignes en pinçant ses lèvres avec sévérité. Haussant un sourcil, elle osa un nouveau regard à l’homme qui lui faisait face et elle reconnut difficilement le jeune homme entré dans la famille après un mariage malheureux avec sa petite fille. Le visage maigre mangé par la barbe, le regard éteint, une tenue dans laquelle on aurait pu en caser trois comme lui, Baël Rosier était loin du pimpant jeune homme qui hantait les réceptions autrefois et la délectait par son humour abrasif.

D’un geste qui autrefois aurait été délicat mais été maintenant perclus de rhumatisme, la matriarche envoya l’elfe de maison qui se tenait tranquillement à ses côtés chercher sa petite fille et lui porter la nouvelle. Ils avaient bien reçu une lettre quelques jours plus tôt qui signifiait la fin de mission du jeune homme mais rien ne les avaient assurées qu’elle le reverrait aux vues de la façon dont les jeunes mariés s’étaient quittés et l’absence de courrier qui avait subsisté des deux côtés. Pourtant c’était bien le même jeune homme qui avait même son retour avait grandement fait parler de lui. Les éloges avaient coulées de la Russie où on l’avait envoyé pour régler une délicate situation avec des vampires. Non seulement il s’en était admirablement bien tiré mais il avait donné quelques leçons à des sorciers plus vieux qui avaient tendance à se reposer sur leur acquis. De fantôme dans la faction, il était passé à une figure symbole pour aider à son renouveau. Et ce pour plaire à une unique personne.

Le pauvre quidam crotté redressa les épaules quand la jeune femme pénétra dans le petit salon, une réponse instinctive dictée par l’odeur de son parfum délicat qui emplissait la pièce. Mieux campé sur ses deux jambes, il bomba un peu le torse ce qui lui donnait l’air moins misérable et fit craquer le cuir un peu raide de sa tenue. Son regard céruléen, semblable à un ciel d’orage, s’éclaira d’une lueur vive alors que son regard tombait sur la silhouette fluide et menue de sa femme. Etrange, le mot eut une résonnance presque inconnue dans son esprit. Difficile de penser à la jolie brune en ces termes, quand on savait que le semblant de proximité qu’ils éprouvaient s’était évanoui en même temps qu’il collectionnait les erreurs.

« Ah Calliope ! Aidez-moi à m’occuper de cette monstruosité ! »
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
Messages : 7781 Crédits : Moi
Age du personnage : 20 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Elfe de maison de Poudlard.
Faction : Ombre de la Rose Noire.
Maison : Poufsouffle.


Rapeltout
Patronus : Incapable de réaliser un patronus à nouveau.
Epouvantard : Son père baignant dans une marre de sang au ministère. Pas de chance c'est bien arrivé.
Baguette magique:
Ce message a été posté Lun 21 Oct 2013 - 19:39

Alors il était là, le héros. Sa plume avait dérapée sur le parchemin éclaboussant d’encre ce qui n’aurait pas dû l’être. Comme une décharge, l’information avait pénétré ses pores, parcourant son corps d’un frisson. D’un geste lent, la Poufsouffle éleva sa main diaphane devant ses yeux, pour constater son propre trouble. Moite, agitée, et surtout révoltante, à l’image du tumulte émotionnel qui s’était déversé en elle. Quatre mois s’étaient écoulés depuis son départ, quatre mois pendant lesquels la Rosier était parvenue à enfin redonner un peu de sens à sa pauvre vie morne. Brisée après Assapor, Calliope avait cru que seul l’agacement provoqué par la fuite de son époux dans une contrée lointaine, au moment où elle avait besoin de lui, pouvait la maintenir en vie. Mais non, la rancœur s’était faite indifférence, lorsqu’elle comprit que ce départ était un soulagement. La sang-pure n’avait plus à constater quotidienne l’échec de son mariage, plus à avoir honte d’expliquer maladroitement pourquoi son mari avait l’air si malheureux. Non. Tout était plus simple, mais également plus gratifiant. De femme coincée dans un mariage malheureux et stérile, elle passait à épouse d’un homme utile et engagé dans sa faction.  
De plus en quittant sa triste chambre à Poudlard, pour emménager avec sa grand-mère, la Fourchelang était bien décidée à tourner la page du pathétique. Kathleen Kark en dépit de son âge avait tout d’une mondaine. La guerre ne coupait pas le lien social, « Pas plus qu’elle ne doit nous obliger à vivre comme des bêtes ! » aimait-elle répété. Calliope avait ainsi reprises les habitudes liées à son rang, réapprit à prendre soin de son apparence, et à paraitre. Plus de crise de colère, plus de regards assassins intempestifs. Non, la jolie Rosier s’efforçait de redevenir civilisée, et si le feu vengeur qui l’animait ne la quittait pas totalement, elle avait pourtant enfin l’impression d’être redevenu elle-même. Mais voilà, le Héros était là, et la Kark se sentait noyée, comme plongée sous l’eau après une goulée d’air frais. Baël venait contrarier sa nouvelle routine, routine dans laquelle il n’avait pas sa place. Oh Calliope avait bien prévu de lui en donné une, tout comme elle avait prévu d’avoir le temps pour cela.

Au vu de l’empressement avec lequel il était parti, personne ne s’attendait à le revoir si vite. La sang-pure ne l’attendait pas avant au moins une bonne semaine. Une boule se forma dans son ventre alors qu’elle réalisa qu’elle ne savait absolument pas quoi faire ou lui dire.  Elle n’avait plus envie de lui lancer des tirades assassines, pas plus que de s’essayer à jouer la comédie de la parfaite épouse. Seule l’insistance de l’elfe de maison, la fit se lever de sa chaise. Pétrie de cette peur, que seule génère l’appréhension, elle s’hasarda devant son miroir pour remettre en place, ses timides boucles qui encadraient à nouveau son visage. Sans qu’elle sache vraiment pourquoi, il lui semblait important d’être jolie.  Chose que son époux ne partageait visiblement pas.

Au premier regard, Calliope crut bien qu’on lui faisait une farce et qu’un vagabond avait forcé la porte de la maison. Puis l’obsidienne de ses yeux perça enfin à travers la couche de crasse, et de cheveux pour y retrouver l’azur ténébreux du regard de son époux. Incapable de savoir comme le traiter, elle finit par faire un choix inconscient, celui de le traiter comme un parfait inconnu. Son regard se ferait neutre, ses égards seraient ceux d’une bonne maitresse de maison. Baël n’en demandait pas plus il y a quatre mois, et elle ne pouvait donner plus. « Oh grand-mère ! Je vous trouve bien sévère avec mon époux. Il vient après tout d’effectuer un long voyage, faisant suite à une longue et éprouvante mission. Et il n’a visiblement pas pris le temps de se reposer entre. Avant de l’assaillir de reproches, ne pensez-vous pas qu’il serait plus à propos de laisser au moins s’installer un peu ? D’un claquement doigt, la sang-pure appela l’elfe de maison. « Saitoufer, sort des malles des vêtements propres pour mon époux, puis fait chauffer de l’eau pour du thé. Et faire couler bain ne serait sans doute pas de trop, non ? » Son regard roula de l’elfe de maison, jusqu’à son chasseur de mari, dans l’attente d’une réponse. « Un bain c’est une excellente idée ! Je propose d’ailleurs que vous commenciez par cela. Oh et par le Lord, ôtez ces bottes de malheurs. Les phénix ont fait assez de mal au lustre sang-pur, sans que vous ne vous chargiez de salir les plus beaux tapis qu’il nous reste, mon garçon. Calliope, ma chérie, vous devriez d’ailleurs le guider de suite vers votre salle de bain,  je suis persuadée, que Mr Rosier, est impatient de quitter son accoutrement de sang-de-bourbe. » Si Calliope se sentit mortifiée à l’idée de se retrouver aussi vite seule avec son époux, elle ne le montra pas,  se complaisant dans son rôle de parfaite hôtesse. Elle lui présenta toutes les pièces sur son passage,  avant de lui faire atteindre le premier étage. « Ici, c’est la chambre de ma grand-mère. C’est la seule avec une salle de bain privative. Il vaut mieux éviter d’y rentrer, et surtout pas sans son accord. Au fond, il y a la petite chambre qu’occupait Clio pendant les vacances. A droite c’est la chambre qui nous a été alloué et à sa gauche, la salle de bain. Ce n’est pas très grand, mais compte tenu de la situation c’est bien suffisant. » Poussant la porte de la seconde salle de bain, la Rosier entreprit de continuer son numéro, s’efforçant de ne croiser le moins possible le regard de son époux. Elle extirpa d’un placard des serviettes, qu’elle lui tendit. «  Tu as du savon et de quoi te laver les cheveux sur le bord de la baignoire. Pour son fonctionnement ça n’a rien de compliqué, eau chaude à gauche, eau froide à droite, et au centre pour des bulles. Des questions ? »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Lun 27 Jan 2014 - 19:12




Ses cheveux avaient été coupés et ça lui allait plutôt bien, ces petites mèches folles qui dansaient autour de son visage à chacun de ses mouvements. D’aussi loin qu’il se souvienne, Baël l’avait toujours trouvé séduisante, mais il existait maintenant dans son visage quelque chose de plus mature qui donnait de la sévérité et une gravité à ses traits qui lui allait bien. Elle quittait définitivement les bancs de l’adolescence pour devenir une femme. Le jeune sorcier avait conscience que son souffle s’était fait plus rare et plus erratique mais il ne pouvait détacher son regard d’elle, jusqu’à ce qu’elle s’agite comme une poupée et remplisse ses fonctions de maître de maison avec une bonne humeur fausse. Il avait l’impression qu’elle répugnait d’avoir à faire avec lui, et le peu de regards qu’elle lui alloua par la suite alors qu’elle lui faisait visiter la maison, lui donna le sentiment étrange de ne pas être ici à sa place et de devoir fuir au plus vite. Si à sa place s’était trouvé son meilleur ami, jamais elle ne l’aurait gratifié de regards aussi froids. Mais à quoi s’attendait-il au juste ? A ce qu’elle lui saute au cou parce qu’il avait montré un début d’intérêt pour l’ombre de la rose noire ? Pathétique.

Baissant le nez sur ses épaisses chaussettes de laine, dont l’une était trouée au gros orteil, il se contenta de dire qu’il se débrouillerait bien avant de s’enfermer dans la salle d’eau. Il prit le soin de se décrasser à fond, pour ne pas lui faire d’avantage honte, récurant même le dessous de ses ongles et coiffant son longue boucles en arrière alors qu’il lissait sa barbe. Ce n’était sans doute que l’affaire de quelques heures tout au plus, il devait simplement se remémorer les mêmes gestes qu’il avait lors des réceptions données par sa mère. Prudent, il étudia son reflet dans le miroir, éprouvant toujours une fascination sourde à voir son reflet imiter le moindre de ses mouvements et ne rencontrer que son regard dans le miroir. Il s’essaya à se sourire pour se donner un peu de courage mais se trouva pathétique. La grand-mère de Calliope sembla applaudir son retour à la civilisation. Quant à Callie en elle-même, il lui était devenu impossible de déchiffrer ses regards. Mais en avait-il déjà été capable ?

« Je vous remercie pour votre hospitalité Madame Kark. » Mais il se demandait encore une fois s’il la méritait vraiment. Il était tenté de retourner auprès de ses parents, car ça aurait semblé comme une décision pour le moins correcte mais il répugnait à se retrouver sous le même toit que son père. Pour des raisons évidentes, il ne se trouvait plus grand-chose en commun avec cet homme. Ca n’avait d’ailleurs jamais été le cas. Dans la vie d’Evan, seule sa femme comptait et Baël avait fini par se dire que c’était parce qu’elle aurait pu partir comme bon lui semblait, épargnée qu’elle était par la malédiction familiale, mais qu’elle était toujours restée. En quelques mois, le monde qu’il avait toujours connu avait bien changé et même ses plus proches amies n’étaient plus que chimères. Il ne lui restait qu’à rebâtir, mais par où commencer ?

Il tournait en boucle la question dans son esprit alors qu’il émiettait son pain dans sa soupe pour la rendre plus épaisse et avalait avec un appétit mitigée la mie gonflée par le jus de légumes. Le repas était bon, mais encore une fois, avec le protocole qui entourait la vieille et tout le reste qui lui était inconnu, il se sentait comme déraciné.

« Je suis allé à no-… la chambre à Poudlard et elle était occupée par d’autres personnes. Apparemment mes affaires ont suivies. Je n’avais pas grand-chose alors je pensais que je pourrais vous en débarrasser en une fois. C’était déjà… euh… sympathique d’avoir veillé dessus. » D’ailleurs il ne voyait même pas pourquoi tout ça n’avait pas été directement envoyé à ses parents.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
Messages : 7781 Crédits : Moi
Age du personnage : 20 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Elfe de maison de Poudlard.
Faction : Ombre de la Rose Noire.
Maison : Poufsouffle.


Rapeltout
Patronus : Incapable de réaliser un patronus à nouveau.
Epouvantard : Son père baignant dans une marre de sang au ministère. Pas de chance c'est bien arrivé.
Baguette magique:
Ce message a été posté Mer 5 Fév 2014 - 19:07

« Oh ! Enfin une bonne nouvelle ! Vous avez l’intention de brûler toutes vos vielles fripes. Je voulais qu’on procède à leur destruction bien avant, mais Calliope s’y opposait. Demain, ainsi je vous prendrais rendez-vous chez mon tailleur, il est plutôt bon. Même si bien sûr, ne nous leurrons pas, ça n’a rien avoir avec ce que nous trouvions à Londres. Que voulez-vous c’est la guerre, l’absence de style est un sacrifice auquel nous devons consentir. Mais, ce n’est pas la peine de passer pour un martyr non plus, vous pouvez quitter vos oripeaux de vagabond. »

Le ton était courtois, le sourire forcé, une pointe de fausse naïveté ponctuait ses mots, mais ses yeux, ses grands yeux gris, n’étaient pas dupes. Ces yeux d’anthracite pourfendaient avec la même force que ceux de sa petite-fille l’infâme avorton qui s’efforçait d’humilier publiquement sa famille. Personne n’était dupe autour de la table, tout le monde devinait le sens de ces mots courtois, mais maladroits. Baël n’avait aucunement l’intention de vivre sous le même toit que son épouse, et allait afficher aux yeux de toute la communauté de Pré-au-lard cette franche séparation. Il était hors de question que sa petite fille se retrouve plongée dans une situation grotesque à la Vaisey, parce qu’un jeune gueux refusait de remplir son devoir de sang-pur. « Je crois, grand-mère, que vous vous méprenez sur les intentions de mon époux.  » Calliope vida d’une traite le contenu de son verre, le gardant toutefois farouchement en main pour refreiner son envie de se saisir de sa baguette. Un avada entre le plat et le dessert ferait tellement sorciers basiques.

Veuve.

Enfant la jeune Kark se voulait épouse, cœur d’un foyer sang-pur parfaitement réglé, désormais elle se préférait veuve. Libérée d’un mariage stérile, où son époux semblait rivaliser d’efforts pour l’humilier publiquement. Le veuvage, c’était bien la seule issue de cette situation inextricable. La fourchelang n’avait jamais été d’un naturel pessimiste, sa nature de poufsouffle la poussait même à se démener pour extraire le bon de situation déplorable. Mais ses efforts avaient été vain, ses sentiments s’étaient affadies, à un tel point qu’avec l’objectivité qui découle de grands moments de lucidité, Calliope en avait conclu qu’il n’y avait plus rien à sauver. Il lui fallait devenir veuve. Le veuvage plutôt que l’opprobre d’un mariage raté. Baël refusait de vivre avec elle ? Qu’à cela ne tienne, il quitterait leur ménage, mais les deux pieds en avant dans un linceul blanc. Il ne voulait pas être son mari ? Parfait, il n’avait qu’à mourir. La jeune femme qui s’était jusqu’ici interrogée sur la place qu’elle devait accorder à son époux dans sa nouvelle vie, venait de lui en trouver une parfaite à l’ombre d’une pierre tombale. Par ses babillements, l’ancien démoniste venait de signer son arrêt de mort.  Une colère noire et froide s’était emparée de la jeune épouse, en un fragment de seconde il avait réveillé ce qu’elle avait mis des mois à endormir. « Je vois, on vous renvoie donc en mission. Si vite, mon pauvre enfant, vous n’aurez pas eu l’occasion de vous reposer bien longtemps. Mais est-ce bien nécessaire de trainer avec vous toutes vos affaires ? Ah moins que je ne me trompe encore ? Mais par Merlin, pourquoi auriez-vous besoin de nous débarrassez de vos affaires ? Vous ne nourrissez tout de même pas l’odieux dessein de quitter votre légitime épouse ? »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Sam 8 Fév 2014 - 13:12



Avec le regard froid et foudroyant de la grand-mère, il n’était pas difficile pour Baël de deviner d’où Calliope tenait son air intransigeant et il avait l’impression que de ses œillades froides, la vieille femme le poignardait en même temps qu’elle lâchait les mots avec condescendance. Le jeune homme se sentit minable, car une partie de ses affaires étaient de celles qu’il avait toujours porter lorsqu’il vivait encore chez ses parents et les Rosier n’avaient jamais trop regarder à la dépense lorsqu’il s’agissait de bien paraître. Mais ce n’était pas chose nouvelle. Pour la famille Kark, Baël n’avait jamais semblé adéquat. Pas assez ceci ou cela et le jeune homme comprenait intrinsèquement que l’union avait été conclue d’abord avec sa regrettée part sombre plutôt qu’avec sa propre personne. Cette idée lui apporta un peu de réconfort parce qu’ils avaient cru pouvoir contrôler une telle force et tout leur avait pété à la gueule. Il ne leur restait plus que lui et il n’était rien.

Rien de plus qu’un avorton, s’imagina-t-il alors que Calliope prêtait main forte à son aînée en le fusillant du regard alors qu’il se sentait déjà à moitié mort. Le mot époux résonna à ses oreilles comme faux et emprunté et il en avait assez qu’on fasse maintenant référence à lui par ce biais. Il n’était pas plus époux que Calliope épouse. Ils pouvaient s’amuser à abuser tout le monde à l’extérieur mais autour de cette table personne n’était naïf à ce point. Il n’y avait rien d’autre qu’une franche haine qui les unissait et Calliope savait très bien le faire passer à travers son regard. Tout en elle trahissait le dégoût qu’elle éprouvait à son égard et il se surprit à penser que l’été qu’ils avaient passé ensemble n’était rien de plus qu’une chimère.

Sentant le silence qui s’installait il se rendit compte qu’on attendait une réponse de sa part mais il avait la bouche trop sèche, et la langue comme du papier de verre, pour répondre. Il déglutit, ayant l’impression que des poignées de graviers coulaient dans sa gorge avant de répondre et de signer ce qui ressemblait à son arrêt de mort. « Non. » Se força-t-il à murmurer. Il s’était trompé en pensant que la mort de Mervyn, puis la guerre, finirait par rendre cet arrangement ridicule caduc. C’était comme s’il découvrait seulement à quel point les traditions étaient ancrées en Calliope et il se demandait si elle serait jamais autre chose qu’une poupée soumise au bon vouloir des autres.

« Excusez-moi je n’ai plus faim. » Dit-il en faisant racler les pieds de la chaise sur le parquet de la salle à manger, faisant le plus de bruit possible alors qu’il se redressait et toisait les deux femmes. « Je m’appelle Baël et j’aimerais que sous ce toit on se réfère à moi ainsi. Je ne suis pas obligé de supporter cette comédie quand il n’y a aucun abruti pour assister au spectacle. Je n’ai pas perdu mon identité en enfilant cette connerie d’anneau. Seulement ma liberté. » Il jeta sa cuillère sur la table et tourna les talons, sentant l’air entrer dans ses poumons seulement à mesure qu’il quittait la pièce et s’éloignait de leur présence.

Comme il avait souvent été de coutume pour lui, ses pas le menèrent dans la cuisine de la petite maison et il prit appui sur le comptoir en pinçant de sa main libre l’arrête de son nez et en plissant les yeux. « C’est un cauchemar… c’est un cauchemar… » Se répéta-t-il plusieurs fois, prêt à entendre la voix du démon ricaner à son oreille. Mais rien.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
Messages : 7781 Crédits : Moi
Age du personnage : 20 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Elfe de maison de Poudlard.
Faction : Ombre de la Rose Noire.
Maison : Poufsouffle.


Rapeltout
Patronus : Incapable de réaliser un patronus à nouveau.
Epouvantard : Son père baignant dans une marre de sang au ministère. Pas de chance c'est bien arrivé.
Baguette magique:
Ce message a été posté Dim 9 Fév 2014 - 12:09

Impassible, Calliope observa son époux quitter la table. Elle refusait de lui suivre, tout comme elle refusait de laisser éclater sa colère. Qu’il s’en aille, il avait perdu le droit de lui faire perdre ses moyens. Dans un trésor de contrôle de soi, la fourchelang se saisit lentement de sa cuillère, et s’efforça de terminer sa soupe. Dans sa tête défilait les noms de poisons que le professeur O’Ryan lui avait appris à réaliser au cours de cette année. « Eh bien. On peut dire qu’il sait faire des sorties dramatiques. Quoique il y a dans son attitude un peu de ton oncle. Qui aurait cru que les Rosier élevait en secret un Caius.  » Ses lèvres se tordirent d’un rictus mauvais, elle n’avait rien à ajouter. La poufsouffle ne voulait pas le défendre, ni ajouter un trait d’esprit mordant à ceux de sa grand-mère. A sa grande surprise, la doyenne Kark se leva,  déclarant par  la même : « Je vais le rejoindre, m’assurer qu’il ne comporte pas comme un éruptif en rut dans notre cuisine. Il va rendre anxieux notre elfe de maison, et notre argenterie va en pâtir, ou pire encore…notre nourriture. »

*****

«Oh j’aimerais que cela le soit, moi aussi. »  Si le Rosier avait souhaité que ses lamentations soient solitaires, il avait oublié un facteur important. La fuite ne suffisait jamais face à Kathleene Kark. « Je viens en paix. » Alors toujours dans l’encadrement de la porte, elle s’avança vers une chaise pour y poser son royal séant. De son trône elle contemplait ce monde tout à fait étrange et inhospitalier : la cuisine. Je suppose que c’est ce que ressente les pauvres sorciers envoyés en immersion chez les barbares moldus. se fit-elle remarquer, avant de dire tout haut : « Mais non, ce n’est pas un cauchemar   Même si le lieu en a tout l’air. …ceci est la vie, Baël. Et je ne crois pas que ce mariage soit l’évènement le plus désappointant qu’ait produit cette année de ruines. » Dans l’ordre la chute de son fils, la destruction de la suprématie sang-pure, la perte (renouvelée pour elle) de leurs propriétés terrestres, leur retrait humiliant dans la ville de Pré-au-Lard. Il était temps que ce garnement Rosier apprenne à se contempler un peu moins le nombril. «Vous souhaitez qu’on cesse vous traiter comme un enfant, Baël ? Tâchez donc d’agir comme un homme, et cessez de fuir. Est-ce bien de votre âge de vous lever en trombe en grognant comme un chasseur de dragons pas commode ? C’est indigne de vous, de votre famille, et de votre rang. Vous ne vous êtes pas donné tant de mal à briller en Russie pour ternir cette toute fraiche bonne réputation avec vos manières de rustres.  Les temps ne sont plus assez cléments pour que votre petite crise identitaire d’adolescent tourmenté intéresse qui que ce soit. » Voyant le mécontentement se dessiner sur les traits de son visage – bien que dévoré par une barbe sordide – la sang-pure enchaina immédiatement sur un ton légèrement plus doux, et un brin moins accusateur. Il fallait laisser le garnement silencieux le temps de son sermon.
« Oh je ne dis pas que vous ne souffrez pas, votre mine d’hippogriffe sans ailes prouvent clairement le contraire. Je vous signifie simplement qu’à l’échelle des maux du monde des sorciers épouser une jolie sang-pure de bonne famille, qu’on n’aime certes pas, se trouve au plus bas. N’oubliez pas que vous n’êtes pas le seul à avoir perdu votre liberté. Tous les mangemorts de Pré-au-Lard en ont été privé, et certains dans la bataille ont perdus plus encore. Estimez-vous bien heureux de n’avoir perdu, vous, aucun être cher. Tout le monde dans cette maison ne peut pas en dire autant. Et je ne parle pas que de morts, mais aussi de trahisons. Nous avons de plus grandes batailles à mener, contre un plus grands ennemis, sans avoir à nous faire la guerre dans notre propre camp, et plus encore dans votre propre foyer conjugal. » Elle profita que son elfe de maison se faufile discrètement pour réclamer d’un signe de la main une tasse de thé, il lui fallait au moins ça pour rééduquer entièrement un grand enfant d’une vingtaine d’années. Mais qu’avait fait Anna Bella pendant tout ce temps ? « Vous pensez être le seul homme marié à une femme qu’il n’aime pas ? Le mariage n’a jamais été fait pour unir deux personnes qui s’aiment. Vous ne vouliez pas de ces noces? Si cela peut vous rassurez, je ne les souhaitais pas non plus. Je désirais pour ma petite fille, un parti plus mature, moins égoïste plus amène de la protéger des heurts de ces temps troubles. Mais tout comme vous, ni moi, ni Calliope n’avons été consulté. Nous roulons nous par terre, en faisant une colère pour autant ? Non.  Pourquoi cela ? Parce que nous avons compris depuis le début que lutter contre un fait inéluctable était vain. Acceptez cet état de fait. Vous êtes marié, Baël Rosier, et il n’y a rien que vous puissiez faire maintenant pour changer cela. A moins que vous vous sentiez soudain pousser des ailes, et décidiez de trahir tous vos pairs en rejoignant les rangs des phénix. Oh je suis certaine qu’avant de vous envoyer à Azkaban, ils seront ravis de dissoudre votre mariage. Et si jamais ils ne veulent pas, je suppose que de ce point vu là vous retrouverez votre liberté au moment de votre exécution publique. Vous parlez de comédie, moi je vois en vous une grosse farce, qui cherche à tout prix à faire rire ses comparses. Et vous y parvenez, toute la bonne société de Pré-au-Lard se rit de vous. Vous vous moquez peut-être des on-dit, mais pas moi. L’opprobre infligé à ma famille ne me laissera jamais indifférente, plus encore quand je sais qu’elle meurtrie les miens. Saviez-vous que lorsque qu’un mariage est un échec toute la faute est reportée sur l’épouse. Lorsque le soupirant refuse d’embrasser sa future femme devant l’autel, on ne lui reproche pas d’être un mufle. Non, on se demande quelle tare ignoble doit avoir la mariée pour qu’on lui refuse un baiser. Depuis que vous êtes mariés à ma petite fille, vous lui infligez publique humiliation, sur publique humiliation. Je suppose que c’est votre façon de lui faire payer ce mariage dont vous ne vouliez pas. Mais quand ce petit jeu malsain va-t-il cesser ? Je ne suis pas certaine de supporter une nouvelle conversation rapportée sur le degré d’insipidité de ma délicieuse petite fille pour attirer si peu son époux, ou encore sur la tare physique cachée qui dégoute à ce point son mari.   » La tasse de thé arriva à point nommé, la doyenne Kark y porta ses lèvres avec délectation. Un peu de chaleur dans sa gorge, mettrait un peu de miel dans ses mots. « Maintenant que nous avons clarifié la situation, j’aimerais savoir ce que vous envisagez. Comptez-vous poursuivre votre petite entreprise de destruction ? Et si oui que pensez-vous que cela va vous apporter ? La libération par la vengeance ? Qu’attendez-vous qu’elle mette elle-même fin à ses jours, ou qu’elle décide de mettre fin aux vôtres ? »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Dim 9 Fév 2014 - 13:34




Ou ses lamentations avaient attiré une autre sorte de démon, bien plus pernicieux celui-là. Sursautant en entendant la voix de la grand-mère, Baël la gratifia d’une œillade peu amène alors qu’elle entrait dans la cuisine. Peu importe qu’elle prétendre venir en paix, il avait déjà la sensation de suffoquer ici et si on ne lui laissait pas une seconde de répit il allait vraiment finir par étouffer. Elle prit place avec morgue et il reconnut bien là la suffisance qu’avaient les Kark pour traiter tout ce qui leur était extérieur. Le sentiment devenait désagréablement familier. Elle se rapprochait aussi étrangement de sa mère, lorsque celle-ci était sur le point de se lancer sur une de ses grandes leçon de vie. Avec le dos de la main comme caresse. Kathleen Kark avait beau prétendre que le mariage n’était pas une tragédie, Baël ne comprenait toujours pas pourquoi après la mort de Mervyn on ne s’était pas servi de cette excuse pour rompre une alliance qui semblait ne satisfaire personne surtout quand il avait perdu le seul intérêt pour lequel Mervyn s’était intéressé à lui. Tout le monde aurait pu comprendre que la perte de son père rendait difficile toute envie de convoler en noces non ? Puis rapidement, les fiançailles fantoches auraient été oubliées et enterrées.

Humiliation et reproches… Le discours de Kathleen commençait sur un ton familier pour Baël et il en fallait maintenant d’avantage pour l’impressionner. Il avait toujours été une disgrâce, cela Evan lui avait largement fait comprendre. A l’époque c’était sa sanguinaire réputation de chasseur de vampires qui le tenait à l’abri de d’avantage d’opprobre mais le démon était en partie responsable de ses exploits alors quelle gloire lui restait-il à lui ? Quoi qu’il ait fait en Russie, cela ne changerait guère la façon dont il était perçu et il le savait. Alors autant ruer dans les brancards lorsqu’il en avait envie. Surtout que la doyenne Kark ne se priva pas dans l’instant suivant de lui détailler à quel point il pouvait être tenu en basse estime, le rabaissant sans cesse au rang d’un petit garçon colérique. Mais un homme n’était-il pas normalement libre de ses actes et de ses pensées ? Lui n’avait fait que troquer l’inhospitalité des cachots familiaux contre une autre prison qui n’était guère plus agréable. Un fugitif moment, son esprit vagabonda vers cette maison perdue au milieu de la nature qui n’était plus qu’un rêve aujourd’hui. Peut-être même n’existait-elle plus.

Il se garda bien de reprendre Kathleen lorsqu’elle affirma qu’il y avait pire qu’épouser une sang-pure qu’on n’aimait pas. Il en avait pleinement conscience. C’était d’épouser une femme qui vous détestait tant que vous pouviez lire dans l’éclat meurtrier de ses yeux noisette à quel point elle souhaitait vous voir mort. C’était d’être aux côtés d’une femme qui rejetait tout ce que vous étiez et qui se languissait sûrement de son amour perdu dans la gloire. Cette saloperie de Tyzonn lui ferait toujours de l’ombre. Ce qu’il n’aimait pas c’était qu’on lui reproche encore ce satané baisé quand lorsqu’il s’était tenu à ses côtés devant l’autel il avait senti tout le dégoût qu’il pouvait lui inspirer. Aurait-il dû l’embrasser tout de même pour satisfaire la foule ? C’était insensé. Ce qu’il ne supportait pas non plus, c’était d’entendre qu’on rabaissait publiquement cette femme pour laquelle il se languirait chaque jour en la sachant si proche de lui. De ne plus jamais arriver à la faire rire. De ne plus jamais ressentir les battements de son cœur s’affoler en sachant que pour les quelques minutes suivantes elle ne lui appartiendrait plus qu’à lui. Et que dire du fait qu’on puisse penser qu’il lui voulait le moindre mal ?

Sa mâchoire se crispa alors qu’il déliait ses bras croisés. Il prit une chaise pour la ramener face à la doyenne Kark et s’y assoir, plantant ses prunelles claires dans celle acérées de la vieille femme. « Parlez mais parlez bien vieille bique. Qu’est-ce que vous voulez exactement ? Et faites court parce que votre pipotage sur l’honneur des Kark m’insupporte. Il n’y a pas d’honneur à défendre lorsque l’on vend sa fille aînée à une bête toute droit sortie de l’enfer. »
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
Messages : 7781 Crédits : Moi
Age du personnage : 20 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Elfe de maison de Poudlard.
Faction : Ombre de la Rose Noire.
Maison : Poufsouffle.


Rapeltout
Patronus : Incapable de réaliser un patronus à nouveau.
Epouvantard : Son père baignant dans une marre de sang au ministère. Pas de chance c'est bien arrivé.
Baguette magique:
Ce message a été posté Mar 11 Fév 2014 - 13:28

Vielle bique. Sa canne s’agita, mue par la seule familiarité d’un geste tant de fois répété. Mais avorton ou pas, le jeune Rosier ne méritait pas ce genre de traitement. Ces douceurs n’étaient reservés qu’aux basiques. Mais s’il s’abstenait à nouveau de faire preuve de respect, l’ancienne Parkinson ne manquerait pas de lui laver la bouche d’un Recurvite. Elle avait élevé deux des plus grands sorciers de leurs générations, il lui fallait bien plus qu’un regard sombre pour la faire trembler. Il convenait à chacun de se rappeler, qu’au-delà de ses fonctions matrimoniales, elle avait rejoint le Lord lors de sa première guerre. Et si Kathleen ne foulait guère plus les champs bataille, elle se souvenait encore parfaitement comment faire implorer un ennemi. Mais l’expérience, et les diners mondains lui avaient appris qu’un peu de flatterie et de miel étaient souvent plus efficace que n’importe quel doloris, ou impero. Les impero donnaient de toute façon toujours un air stupide aux gens et Kathleen aimait que ses pantins aient un regard un peu plus vif. « Je désire, ce que veut toute femme de mon âge veut : laisser derrière moi une famille fière et heureuse. Dans cette situation précise, je veux le bonheur et la réussite de ma petite fille, et croyez-le ou non, ces deux choses passent en partie par vous. Ce mariage ne doit plus être un souci s’ajoutant à une liste déjà trop longue. Je veux concrètement faire de vous un homme et un mari décent, mon cher. Vous avez le sang pour, et je le pense un certain potentiel à exploiter qui me laisse penser que ce mariage n’est pas totalement voué à l’échec. Si ce n’est pas le cas vous vous doutez bien que j’aurais déjà fait empoisonner votre soupe. » Un long gloussement agita son corps alors qu’elle riait comme une adolescente. Si le ton était à la plaisanterie, Kathleen Kark partageait le même goût que sa petite fille pour la résolution de problème par le poison. Elle noya son rire d’une gorgée de thé, avant de reprendre plus sérieusement.

« La tâche n’est pas bien compliquée, je veux que les rumeurs autour de ma petite fille disparaissent, et pour cela il faut nécessairement que vous viviez sous le même toit. Je vous prie donc d’abandonner toute idée de quitter ce foyer. Ceci est votre maison, aussi longtemps que Calliope souhaitera y demeurer. Quelques apparitions publiques à son bras, ne ferait pas non plus de mal, même si bien sûr il faudrait procéder à quelques améliorations. » Un bain ne suffisait pas à effacer des mois de négligence, les boucles trop longues du sorcier pendaient mollement autour de son visage émacié dévoré par une barbe qui aurait mérité d’être taillée, voir rasée. Le Rosier s’était fait ours, et il était que la métamorphose s’opère dans l’autre sens. « Et je crois que cela commence avec de bonnes manières. Je vous prie de croire, jeune homme, que je vous ai fait une incroyable faveur en ne clouant pas votre langue à votre palais. Il serait plus que temps vous appreniez le respect, et pas que celui de vos pairs et ainés, celui vous vous devez également. Par Merlin travaillez un peu votre estime de vous ! Un démon sorti des enfers, quelle imagination ! Vous êtes un peu hirsute mon garçon, mais de là à vous comparer à un démon, il y a un monde. Prenez un peu plus de soin de vous, apprenez à vous respecter un peu, et peut-être qu’on vous prendra pour ce que vous êtes censé être : un homme adulte. »

La sang-pure vida le contenu de sa tasse, avant de planter à nouveau son regard d’acier dans celui du jeune sorcier. « Avant de poursuivre plus précisément sur mes attentes, je voudrais savoir, partageons nous les mêmes intérêts ou pas ? »

♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

Revenir en haut Aller en bas

avatar
Invité
Invité

Ce message a été posté Ven 14 Fév 2014 - 17:02




Pour que Baël puisse comprendre instantanément ce que voulait Kathleen Kark et ce qu’il était supposé ressentir il aurait fallu que son passé soit différent et son éducation aussi. Le jeune Serpentard avait toujours eut le sentiment d’être une denrée que l’on pouvait remplacer facilement, un pion qui n’avait de valeur que parce qu’il se rendait et non pas pour son esprit, ses actions et ses actes de foi. A travers le regard de la vieille femme il ne voyait qu’un homme sans visage que l’on voulait modeler à sa guise pour en faire un objet de décoration pratique et au fond il en avait assez de jouer les éléments de décoration. Baël Rosier voulait plus. Mais il avait toujours la sensation qu’on essayait de lui renfoncer au fond de la gorge sa placidité. Passant une main dans ses boucles trop longues, le jeune homme regarda avec perplexité la vieille femme qui se tordait de rire sur sa chaise en ayant évoqué son empoisonnement. Décidément sa nouvelle famille était pas plus charmante que l’autre. Mâchoire serrée, regard incendiaire, il attendit qu’elle se calme et qu’elle reprenne la conversation.

Il était mal à l’aise à l’idée qu’il devait considérer cet endroit comme sa maison. Lorsqu’il s’était imaginé quitter le manoir Rosier lorsqu’il était plus jeune, il n’avait jamais pensé qu’il atterrirait dans une autre prison. Il ne savait pas comment il pourrait considérer cette maison comme un refuge et pourtant il avait terriblement besoin d’un endroit qu’il pourrait appeler son foyer. Il n’haussa même pas un sourcil quand la grand-mère Kark insinua qu’il devait s’améliorer sur certains points, cela, elle l’avait bien fait sentir à l’instant même où il avait franchi la porte. Il trouvait risible qu’après s’être battu contre un démon son corps ne lui appartienne toujours pas. Il avait la sensation de sentir pousser au creux de ses paumes les fils qui feraient de lui une parfaite marionnette.

Il esquissa un sourire amer lorsque Kathleen continua ce qu’elle devait considérer comme son discours d’encouragement. Il avait au moins une victoire sur elle, elle ne connaissait pas la vérité sur lui. Elle ignorait pourquoi Mervyn avait conclu cette union ridicule et pendant un instant Baël s’imagina jouer avec l’horreur qui habiterait la vieille femme s’il lui disait la vérité. Mais il n’avait plus ce pouvoir-là entre les mains alors à quoi bon le mettre en lumière. Il était aussi inutile et ridicule qu’un bouseux de Phénix. Il baissa les yeux, après avoir supporté le regard de Kathleen un temps.

« Je doute que ce soit le cas Madame Kark. » Dit-il dans un souffle alors que ses lèvres s’étiraient un instant en un sourire triste, masqué rapidement par la broussaille de sa barbe trop fournie. Ses sourcils se froncèrent légèrement alors que son regard se perdait dans le vide et qu’il s’abimait dans ses souvenirs. Il avait eu des rêves bien différents en ce qui concernait Calliope fut un temps. Mais ils étaient aussi inconsistants que les traces d’ego qui subsistaient en lui. Nerveux il passa sa langue sur ses lèvres, en mordant le bout alors qu’il s’apprêtait à négocier ses derniers galions de liberté.

« Si je reste ici je veux une chambre à moi. Je crois que nous n’avons pas besoin de pousser la supercherie jusqu’au lit. Et je m’en voudrais de voir vos draps tâchés avec mon sang. » Ironisa-t-il. Sur ce point précis il ne lâcherait pas, quitte à prendre son paquetage et se faire descendre à peine après avoir franchi le seuil de la maison.

« Et je veux décider de la façon dont je mène ma carrière professionnelle. Je crois que c’est encore la moindre des choses. Je vous accorde les sorties publiques mais pas de mamours inutiles. Nous ne sommes pas des bêtes. Je crois que l’essentiel est couvert non ? »
Revenir en haut Aller en bas

avatar
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
Messages : 7781 Crédits : Moi
Age du personnage : 20 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Elfe de maison de Poudlard.
Faction : Ombre de la Rose Noire.
Maison : Poufsouffle.


Rapeltout
Patronus : Incapable de réaliser un patronus à nouveau.
Epouvantard : Son père baignant dans une marre de sang au ministère. Pas de chance c'est bien arrivé.
Baguette magique:
Ce message a été posté Ven 21 Fév 2014 - 20:02

« Je doute que ce soit le cas Madame Kark. »Les sourcils de la doyenne Kark se froncèrent, le travail aurait été plus simple si ses suspicions avaient trouvé un fondement même ténu. Il acceptait tout de même de se plier en partie à ses exigences pour une raison qui demeurait aussi mystérieuse que celle qui poussait le Rosier à agir en inferi. Ce pauvre hère semblait plus mort que vivant, chacun de ses souffles ressemblaient à une lutte excessive contre l’envie de replonger dans son cercueil. Cet homme avançait sans but, sans gouvernail, bateau ivre en pleine tempête. Il sombrerait au prochain écueil. Kathleen y mettait sa baguette à brûler. Loin d’être une sainte patronne des causes désespérées, la Kark entendait toutefois se dresser en capitaine de ce vaisseau voué au naufrage. Elle acquiesça toutefois, le précipiter vers le premier récif venu n’était pas la meilleure solution pour maintenir cette coque de noix à flot.

« Nous partons de loin, je suppose donc, que je pourrais m’en contenter pour le moment. Concernant votre carrière je vous fais confiance, jusqu’ici c’est la seule chose que vous avez su gérer habilement, je vous demanderais juste mon gar… Baël, de prendre une journée de repos avant de réinvestir pleinement vos fonctions de brigadier au sein de la milice. Nous pourrons ainsi nous occuper de ce champ hostile qu’est votre tête, et vous trouver des vêtements appropriés. Il serait de bon ton que vous ressembliez un peu au héros que les rumeurs nous ont dépeintes ces derniers jours. » Pour une pique, un compliment, un équilibre aussi fébrile que celui de son pauvre corps tremblant alors qu’elle se relevait. « Pour ce qui est de la chambre, il y a bien celle de Clio inoccupée pendant qu’elle est à Poudlard, je vous laisse gérer ces détails avec Calliope et mon elfe de maison. Et maintenant, quittons cet infâme lieu de désolation. »

Arrivés dans le petit salon, la doyenne Kark posa une main sur l’épaule du Rosier avant de lui murmurer près de son oreille. « Est-ce nécessaire que je vous rappelle que toute négociation exige un brin de diplomatie et un peu de miel dans ses paroles ? Suivez donc l’adage millénaire de notre école : Draco dormiens nunquam titillandus. »

***
Le dragon était là, pas endormie mais calme, installé sur le sofa du living room, les jambes croisées dans une décontraction anglaise, emprunte du flegme distinguée de la haute aristocratie. Son port de tête royal s’était toutefois rompu, s’abimant dans la contemplation d’un livre de potions. La Kark s’évertuait dans un dédain absolu d’ignorer la présence des deux sorciers qui avaient émergé de la cuisine. Le petit « Hum hum » de sa grand-mère lui fit toutefois lever le nez de son livre. « Oui ? Si ce sont ses affaires que vous cherchez, j’ai déjà donné l’ordre à notre elfe de maison de les placer dehors. Si personne ne les a dérobés entre temps, elles sont justes devant la porte d’entrée. Je me suis dit que ça faciliterait son départ. » Avec un peu de chance un niffleur errant les aurait saccagé. Son ton sec, ses mots enrobés d’une fausse courtoisie ne dupaient personne. Fière de son trait, elle soutint avec véhémence le regard de son époux. Il voulait partir qu’il s’en aille, elle ne lui donnerait pas le bon plaisir de s’offusquer et de tempêter. La Kark ne vit pas le sort fuser et lui arracher des mains son cahier de potion. Elle pensait l’éclair venir de la baguette du Rosier, elle fut surprise de découvrir son aïeule avec l’ouvrage dans ses mains, ses yeux ourlés du regard que Kathleen lui réservait enfant. « Je vous ai apprise à être beaucoup chose, jeune fille, mais la mesquinerie n'a jamais fait partie de mes apprentissages. Par ailleurs, cette dernière vous enlaidie ma chère. » D’un claquement de doigts elle fit apparaitre l’elfe de maison et lui ordonna de récupérer les affaires du démoniste. « Votre époux a décidé de rester, je vous suggère de vous en réjouir et d’agir en épouse convenable. Ne faites pas honte à l’éducation que vous avez reçu, vous décevriez votre père. » Faux. Si Kathleen était bien assurée d’une chose, c’est que ce genre de trait n’aurait pas fait broncher Mervyn. Au contraire, son fils était familier de ce genre de pratique, et aurait certainement esquissé un sourire goguenard. Mais Calliope dans sa dureté manquait encore cruellement de recul, et brandir l’argument du père était le meilleur moyen de gommer de ses traits son petit sentiment de satisfaction. Piquée au vif, les joues de l’épouse Rosier rosirent. « Saitoufer, installes les affaires de Monsieur Rosier dans la… Ah la question n’a toujours pas été réglée. Je pense, Calliope qu’en gage de bonne foi vous devriez laisser la vôtre. Elle est beaucoup plus spacieuse, et ce jeune homme mérite après son dur labeur d’un minimum de confort. »

Les remarques de sa grand-mère eurent l’effet d’une gifle, rabaissée à l’état d’enfant capricieuse, elle acquiesça penaude se soumettant aux exigences de son ainée. L’elfe et Baël s’engouffrèrent à l’étage pour y déposer ses paquetages, tandis que Calliope endurait un nouveau discours sur la dignité des femmes sang-pures, et sur les attitudes que devait adopter une bonne épouse, dusse son mari être insensible. Lorsqu’enfin elle s’aventura à l’étage résonnaient encore les mots mordants de sa grand-mère : « Peut-être que votre époux n’est pas le seul responsable de l’échec de votre mariage. ». A la punition s’ajoutait également la confiscation de son carnet de potions, pour le récupérer il lui fallait seulement encaisser et faire amende honorable.

Elle frappa trois petits coups à la porte de sa chambre, avant de l’ouvrir et s’engouffrer dans la pièce. « Je viens seulement récupérer quelques affaires pour la nuit, Saitoufer fera la suite du transfert demain. »


♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

Ce message a été posté

Revenir en haut Aller en bas

Poster un nouveau sujet Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer les messages ou faire de réponses.

And i hate that i let you down... [Callie]
PORTOLOINFilet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs :: Habitations