Faire taire les pianos et les roulements de tambour



 



Faire taire les pianos et les roulements de tambour
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Ailleurs
Loïs Lang
Loïs Lang
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Ce message a été posté Mar 13 Aoû 2013 - 20:52

Que les étoiles se retirent, qu'on les balaye
Démontez la lune et le soleil
Videz l'océan, arrachez les forêts
Car rien de bon ne peut advenir désormais.

Elle se souvenait de quand elle avait ouvert les paupières. Elle ne se souvenait pas vraiment de ce qu'il s'était passé avant. Trop dur. Trop flou. Elle se souvenait simplement d'avoir reprit conscience et d'avoir vu le visage de Clara. La si douce Clara. Les traits creusés, la tristesse ancrée sur son visage. Et la compassion. Loïs sût en cette seconde même que ce n'était pas un mauvais rêve dont elle se réveillait. Que tout ceci était vrai. Réel. Et elle ne voulait pas de cette réalité. Elle ne voulait pas non plus de cette compassion. Alors elle avait détourné les yeux.

Pour tomber sur le visage de François. Sur cette douleur qui faisait si bien écho à la sienne. Trop bien écho. Trop profondément. Et elle savait qu'il n'était pas à son chevet. Que ce n'était pas, en cet instant, les mots qui conviendraient. Un bref instant, elle s'était même fait la réflexion que, si ce n'était pas elle qui était allongé ici, elle serait sans doute au sien. Peut être était-ce le cas. Elle ne savait plus très bien. Elle ne savait plus qu'une chose. Clark était mort.

Ses paupières s'ouvrent de nouveau. La pierre d'un blanc presque trop pur l'éblouie presque sous ce soleil de plomb. Qu'avait-il besoin de venir briller aujourd'hui, lui ? Ne pouvait-il se cacher comme la majorité des autres jours de l'année ? Mais non, il est bien là, en ce 20 août 2021, les baignant dans une douce chaleur. Alors qu'elle-même est glacée, le regard qui ne cille pas même si les yeux s'abîment. Elle a refusé de porter des lunettes pour se protéger ou pour cacher ses larmes. Il fallait qu'elle l'affronte. Pour accepter.

Mais sera-t-il réellement possible de l'accepter un jour ? Elle a essayé pendant les jours qui ont suivit. Elle est resté chez elle, enfermée. N'a répondu à personne. N'a ouvert à personne. Et a juste essayé d'accepter. Sans succès. Le sol du loft est jonché de débris divers qu'elle n'a pas prit le temps de réparer. Et les lambeaux de la robe de mariée témoignent de la violence de ses crises de colère. De rage. D'envie de destruction. Et sont sans doute un bon aperçu de ce qu'il s'est passé ce jour là dans le bureau alors qu'un milicien est venu lui porter la nouvelle. Ce jour où l'on a dû appeler la sécurité pour tenter de la maîtriser. Et où seul les talents de Clara ont su la calmer.

Un clignement de paupières pour tenter de contenir les larmes qui rendent ses yeux bleus bien trop brillant. Une main qui fait fie des épines et se resserre sur la rose maltraitée. Et l'autre posée sur son ventre trop rond alors qu'on lui demande de s'avancer. Elle ne dira pas un mot aujourd'hui au public ici présent. Elle laisse les autres faire, ses orateurs qui pensent savoir mettre des mots sur une douleur qu'elle-même, la journaliste avide de tournures frappantes, ne saurait exprimer. Elle ne les écoute même pas vraiment. Elle n'écoute qu'eux. Bruce, et François. Et Chris. Quand ils organisent cette journée, alors qu'aucun n'a la force de faire. Quand ils chuchotent de peur d'éveiller quelqu'un qui ne saurait plus jamais l'être. Et surtout quand ils ne parlent pas. Quand ils la regardent, ou quand ils ne le font pas. Qu'ils savent seulement qu'elle est là. Qu'elle est revenue pour eux de cet isolement qui aurait pu la perdre. Et que sans eux elle n'est désormais plus rien.

Elle sait que Christopher est juste à sa gauche. Que ce visage fermé alors qu'il s'approche pour déposer une rose, pour laisser sa baguette effleurer le tombeau de son père cache une colère qu'elle même a réprimé pour ne pas exploser. Elle sait qu'il va chercher à se venger, aveuglément, stupidement, et que ce sera à eux, les adultes responsables, de l'empêcher de se faire tuer dans cette quête absurde. Alors qu'ils n'auront au fond d'eux même qu'une seule envie : suivre le même chemin.

La main qui tient la rose vient effleurer celle de Christopher quand il vient reprendre sa place et que c'est à elle de bouger. Qu'elle doit à son tour effectuer les mêmes gestes, ce cérémonial funèbre qui lui laisse le cœur au bord des lèvres. Où alors ces nausées sont-elles le fait du petit être qui grandit en elle et dont elle n'avait pas conscience quelques jours à peine auparavant. Ce petit être découvert par Clara alors qu'elle l'examinait après sa crise d'hystérie. Ce petit être qu'on lui a caché tout d'abord, de peur d'un deuxième choc trop violent, ce petit être qu'on a voulu protéger d'une mère peut être au bord de la folie. Ce petit être que son esprit lui-même refusait de voir tellement la perte d'un premier enfant avait été douloureuse. Déni de grossesse. Mais ils ne savent pas. Ils ne savent pas à quel point elle va le protéger ce petit être, cet enfant à naître, dans un mois et demi à peine. Ils ne se doutent peut être pas de la force dont elle fera preuve pour cet enfant, à quel point elle le chérira, de tout son être. Alors qu'aujourd'hui même, sous ce soleil de plomb, toute vêtue de noir, elle doit dire adieu à son père.

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Bruce Blackburn
Bruce Blackburn
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Ce message a été posté Mer 14 Aoû 2013 - 11:02

Il avait fermé les yeux, encore une fois, luttant contre les larmes, les cris. Il revoyait le jour où l'homme était venu lui annoncer l'horreur. Il venait de terminer un cours, disait au revoir à ses élèves, remettait en place sa chemise et rangeait sa baguette dans sa poche arrière, quand l'homme était entré, lui avait demandé confirmation de son identité, et le lui avait dit. A voix basse, hâtif, comme pressé d'en finir. Bruce n'avait pas compris, sur le moment, ou pas voulu comprendre, accepter. Il avait ouvert la bouche mais rien ne pouvait en sortir. Je suis désolé Mr Blackburn, ils paieront. Le discours était toujours le même, il ne s'était pas rendu compte avant ce jour à quel point il était vide, creux. Ils paieront, oui, sans doute, quand? Qui?

L'homme était parti avec un dernier regard contrit pour lui, sans doute pressé de retourner à un autre boulot, loin de la détresse des autres. Il l'avait laissé là, à la porte de la salle qu'il ne reconnaissait plus, appuyé contre le mur, la bouche entrouverte, tentant d'accepter l'impossible. Il tituba hors de la pièce, tournant la tête en tous sens, il étouffait, chaque bruit, chaque couleur était trop fort, trop brillante, il se mit à courir à l'aveugle, vers la sortie, chargeant dans les portes et bousculant les quelques autres qui avaient le malheur de se trouver sur son passage. Il finit par se retrouver à l'extérieur, et transplana loin de tout ce bruit. Sans qu'il s'en rende vraiment compte il s'écroula dans l'herbe humide d'une plaine galloise, une qu'ils avaient parcouru des centaines de fois quand ils étaient enfants, près de Caerphily, près de la maison, souvenir de l'époque où ils étaient encore tous ensemble, où tout allait bien.

La pluie trempait son dos alors qu'il se redressait, faisait à nouveau quelques pas, ivre de douleur, de peine, il retomba à genoux et hurla. Un long cri, primaire, qui fit s'envoler une poignée d'oiseaux d'un arbre à quelques mètres, et auquel le ciel répondit d'un long roulement de tonnerre. Sa tête retomba sur sa poitrine, les sanglots étouffèrent ses cris, et il resta simplement là, dans l'herbe boueuse, à pleurer son frère, impuissant.

Il n'avait pas vraiment su combien de temps il était resté là-bas, mais il s'était réveillé recroquevillé au même endroit, à la limite de l'hypothermie, au milieu de la nuit. Il avait du rentrer, bien sûr, s'inquiéter des autres, aller organiser la cérémonie, tout ce qu'il ne voulait pas faire, ce qu'il lui devait.

Il rouvrit les yeux en prenant une longue inspiration, il devait rester fort. Lisa serrait sa main pour le rassurer, lui donner la force. Ils s'attendaient chaque jour à quelque chose comme ça. À mourir pour leur cause, à perdre leurs amis, leur famille. Il pensa une seconde à Diana. Savait-elle? Serait-elle triste, ou au contraire heureuse de sa disparition? Sa main se crispa sur le parchemin qu'il serrait depuis le début alors qu'il s'avançait vers le pupitre, plissant les yeux dans le soleil éclatant de cette fin d'après-midi. En face, tous ceux qu'il avait connu, et devant, Loïs, le ventre rond du fruit de leur amour, François, Chris. Ace avait passé la première partie de l'après-midi aux pieds de Loïs était maintenant allongé près du cercueil, jetant une nouvelle lance de douleur dans le cœur de Bruce. Il baissa les yeux sur son parchemin et reprit une inspiration tremblante.

"Clark… mon petit frère…je… "

Il baissa la tête, il ne pourrait pas. Pas parler de ses sentiments, de leur vie, il ne pouvait pas mourir maintenant, alors que Bruce n'avait pas été là pour lui. Il froissa le parchemin dans ses larges mains et se frotta vivement les yeux.

"Je suis désolé"

Il ne pourrait pas. Il s'éloigna du pupitre et s'agenouilla près du cercueil, avec son chien. Il serra une main sur le bois verni, fermant les yeux à s'en fendre les paupières. Il finit par se relever en tentant de garder une contenance alors qu'Ace lui léchait la main, sans bouger de sa place, et s'en retourna vers sa place en silence, chaque fibre de son corps luttant pour ne pas exploser à nouveau, pleurer, tout détruire…
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François Loiseau
François Loiseau
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Ce message a été posté Mer 14 Aoû 2013 - 13:37

Cauchemar.

Tu es chez toi, une seconde. Loïs a fait irruption chez toi, complètement hystérique, hurlant que Clark est mort. Mort. Tu es à l'hôpital, une seconde. Loïs est couchée dans le lit devant toi. Tu pleures en silence. Tu pleures sans larmes, tu pleures de tout ton corps. Ta sœur serre ta main. Tu es dans la pluie, une seconde. Tu hurles sans savoir contre qui, contre quoi : tu hurles juste un désespoir qui ne sait pas s'exprimer autrement. Tu es dans dans ton canapé, une seconde. Ton album est ouvert, sur une quantité folle de photos. Vous, chez tes parents, dans le verger. Au Poudlard Express, à la rentrée. À la Coupe du Monde de Quidditch. À Poudlard, juchés sur vos patins sur le lac gelé. En camping, à la rivière, dans sa maison, dans vos devoirs, endormis dans la salle commune, avec Bruce, avec Loïs, avec Chris, même avec Clara une fois. Tu es dans ce cimetière, finalement. Dans ce cimetière, sous le soleil, aux côtés de ta famille d'adoption. De cœur et de sang. Vous pensiez que tout allait être parfait. Qu'enfin, vous pouviez être heureux sans trop de craintes.
Comme vous êtes naïfs.

Tristesse.

Une simple chemise, blanche, un pantalon, noir. Une cravate, jaune et noire. Poufsouffle. Il n'y a plus personne à qui tu pourras tout dire. Enfin, si. Il y aura toujours les autres – tout cette famille qui se tient les coudes et qui saura remonter la pente. Loïs est enceinte, après tout. Cet enfant à venir ne sait pas encore ce qui l'attend. De la tristesse, sans doute, mais surtout cet amour fort qui vibre entre vous tous. Tu baisses les yeux sur le morceau de parchemin que tu tiens entre tes mains et tu te penches à l'oreille de ta sœur cadette pour dire, impuissant : « Je ne peux pas. » Clara sait. Clara comprend. Clara est douce et émotive, mais elle est forte. Elle a su comment réagir. Pour tout. Comment calmer Loïs. Comment te calmer. Comment serrer Chris dans ses bras. Comment parler à Bruce. Comment trouver quelqu'un pour organiser l'enterrement. Comment retenir ses propres larmes. Comment annoncer sa grossesse à Loïs. Comment replacer tes cheveux, comme elle le fait toujours, comment te sourire d'un sourire qui ne craque pas. Elle est là, à tes côtés, la vague blonde de ses cheveux coiffée en un chignon lâche. Elle est fatiguée. Pâle. Vous l'êtes tous. Vous ne dormez plus. Ou juste pour les cauchemars. « Tu peux le faire. » Sa voix est étouffée. Elle veut pleurer, mais ne le fera pas. Elle a toujours été forte pour toi. Elle le sera encore aujourd'hui.

Bruce ne peut pas. Vous ne pouvez pas. Il n'y a pas assez de mots pour parler de Clark. Tu ne sais même plus ce que tu as réussis à coucher sur le papier, entre tes larmes et tes sanglots. Sans doute quelques mots épars. Quelques excuses, des non-dits. C'est à ton tour. Tu t'avances devant les personnes rassemblées. Il y en a peu. Tous ceux de votre âge sont morts. La voix est froide. Vraie. Morts dans la bataille de Poudlard. Vous étiez encore là. Il n'est plus. Tu retiens des larmes qui ont déjà trop coulé, tu humectes tes lèvres. La voix qui les traverse est enrouée  : « Clark est mon... mon meilleur ami. C'est un frère. C'est... Clara. » Le nom de ta sœur est une plainte – elle sort des invités pour te prendre par la main, doucement, comme un enfant. Elle relève le menton, regarde tous ceux présents, et sa voix paisible franchit ses lèvres pour résonner dans le cimetière  : « Ce que mon frère tente de dire, c'est que Clark est quelqu'un d'inestimable et que son souvenir sera heureux pour tous ceux réunis ici. Ce qui lui est arrivé est injuste, mais nous serons là pour le garder en mémoire, lui, sa gentillesse, son courage et son sourire. Parce qu'il était un ami, un frère, un amoureux, un complice, un collègue, quelqu'un que nous aimions. » Elle s'efface dans un sourire et t'entraîne à sa suite – vous retournez auprès de Loïs, Bruce et Chris. Un bloc de tristesse, un bloc solide et uni tout de même. « Merci. » C'est tout ce que tu peux articuler et ta voix parle pour tes amis, qui n'ont pas plus de souffle que toi. Que des excuses de ne pas avoir été là. Si tu étais retourné à la Brigade, si tu avais demandé à Clark de te rejoindre dans ton bureau de détective, il aurait peut-être été sauf. Sa mort, tu en prends une part de responsabilités alors que ce n'est pas de ta faute. Ce n'est la faute de personne d'entre vous.

Tu ne sais pas tuer. Tu ne sais pas te venger. Tu sais à peine haïr. Mais tu sais que tu chercheras qui a fait cela. Parce que vous avez besoin de savoir.

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mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Ce message a été posté Mer 14 Aoû 2013 - 15:38

Les silhouettes en noir. Les murmures étouffés. Les gestes de réconforts. Les sanglots qu’on ravale. Les tenues sobres. Les visages désemparés. Les yeux baissés. Tous ces bouquets de fleurs. La tenue impeccable de cette pelouse. La blancheur des tombes de marbre. Le soleil éclatant de cette belle journée d’août. La chaleur qui monte et te fait transpirer. Tout. Tout te parait irréel.

Tu es là. Tu es à cinq mètres, sept peut-être. Planquée contre un arbre. Une robe sombre sur le dos. Un chapeau qui dissimule ton visage. Une rose entre tes gants noirs. Tu es là. Tu n’observes rien. Tu trembles contre le tronc. Et tu essayes vraiment de ne pas faire de bruit quand tu chiales. Juste quelques reniflements que tu étouffes du mieux que tu peux. Et les larmes tu les essuies d’un geste rapide comme des gifles. Ca fait trois fois que tu essayes de t’approcher. Et ça fait trois fois que ton regard se confronte au dos raide de Loïs.

Tu ne. peux pas.



Tu as appris la nouvelle comme la majorité des sorciers : par le journal. Est-ce surprenant ? Qu’as-tu réellement partagé avec lui ? A part son lit. Et ses sourires. Et ses petit-déjeuner, deux fois. Un repas aussi. Un déjeuner dans son restaurant à la première rencontre. Une bouteille de vin vidée dans l’évier d’une cuisine. Quand tu as su qu’il était à une autre. Que tu ne méritais pas ce genre de superman.

Mais aujourd’hui tu te retrouves face à des étrangers. Et la vérité que Clark avait une famille. Des gens pour qui il importait. Vraiment. Sans parler de Bruce. Ni même de Loïs. Il y a tellement de personnes. C’est normal. C’est juste. C’était un homme bien. Il y a surtout ce garçon que tu as croisé plusieurs fois pourtant. Au visage passablement ressemblant. Et toi t’as jamais vraiment percuté que c’était son fils.

Tu te revois lui dire « Oh trente-neuf ans, c’est pas si vieux ». Avec un sourire charmeur et mensonger. Et lui de rétorquer dans un souffle.

« Mais chut. Ne le répétez à personne »
En clignant de l’œil. En riant de lui-même.

Clark.


Il faut que tu avances. Il faut que tu ailles dire à Loïs que tu es désolée. Parce que tu es vraiment désolée. Désolée aussi de ta présence ici. Parce que tu l’as aimé sans le connaitre. Et maintenant tout est foutu.

Il faut que tu avances. Pour au moins tenir le bras de Bruce. Le soutenir, puisqu’il l’a déjà fait cent fois pour toi.

Il faut que tu avances pour que tu puisses prouver qu’il importait vraiment.

Mais tu es égoïste. Tu vois ton père à la place de Bruce. Et le nom de Joe sur la plaque de marbre. C’est de nouveau une tombe. De nouveau une mort stupide. Parce que la victoire est à eux. Mais que ça tout le monde s’en fout.

Les épines de la rose s’enfoncent dans ton gant. Le traverse. Te piquent la peau. Ce n'est pas un rêve.


Ils t'ont mangé. Oh Clark ils t'ont mangé - mangé - mangé...

Un premier pas en arrière t’emmène loin de tout ce gâchis. Un deuxième pas t’éloigne un peu plus du malheur. Et c’est bien n’est ce pas ? Tu n’as plus envie de souffrir après tout, pauvre petite.

Tu leur tournes le dos les épaules voutées parce que tu es lâche.

Tu gardes un peu de contrôle pour ne pas te mettre à courir.
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Ce message a été posté Mer 14 Aoû 2013 - 20:47


Nous ne sommes rien...
...seul.

Deuil. L’affliction immense dévore sadiquement la foule, par petites brides de souvenirs, par culpabilité mal placée, par tristesse et désolation, faisant des visages de parfaites représentations de la souffrance. Certains pleurent, d’autres semblent s’être éteints. Tous gardent un silence pesant, qui accentue la douleur et entraine ces affligés dans un cercle vicieux. Interminable.

Ils sont peinés, se souviennent. Veulent oublier, s’en veulent. Préfèrent se taire, se détruisent.

Deuil. L’élancement général me parvient comme un soupir unique et commun à toutes les personnes présentes. Doucement je m’avance, hésitant, ayant l’impression que chacun de mes pas me force à m’embourber dans la tristesse, m’empaler sur un mal affuté et incurable.
Je suis si désolé. Tellement perdu. Les rares regards que je croise ne sont que vide et rancœur mêlés. Je fronce les sourcils en essayant de déchiffrer ne serait-ce qu’un peu de bienvenue, mais là encore je suis réprimé par une attitude que je ne saurai leur reprocher.
Etaient-ils tous des proches de Clark ? De Loïs… ?

Déglutissant mon malaise, je tente tant bien que mal de me trouver une place, dans l’intention de m’y cacher pour ne plus bouger. Mais la chose n’est guère aisée. Il y a plus de monde que ce à quoi je m’attendais, et si je n’ai encore fait aucune connerie, croyez bien que je me concentre inlassablement sur la chance que j’invoque. La pitié, l’indulgence, qu’importe, qu’on m’évite aujourd’hui la bêtise pour épargner ces gens.

Deuil. Encore un des nôtres. Encore un meurtre en bonne et due forme, comme il ne devrait plus y en avoir. Mais plus les Phénix tombent, et plus il est jouissif de savoir un mangemort défunt. Le chagrin me tort le cœur. La compassion envers ces personnes qui partagent mon camp me fait discrètement monter les larmes aux yeux. La colère est attisée par cette nouvelle injustice. Et là, quelque part, j’ai honte.
Une poussière de satisfaction, une minuscule bride de soulagement s’est invitée. Ma main se referme sur mon cœur, par-dessus ma chemise sombre, et mes yeux restent solidement accrochés au sol, punis sans doute. Je veux  pourtant l’apercevoir, l’entendre, lui glisser un simple mot ou lui faire comprendre par ma présence que je suis de tout cœur avec elle.
Trop, peut être. Loïs.
Je relève le visage.

L’heure est à la déchirure, aux pleurs. C’est sans doute ce que chacun ici doit penser. Mais suis-je le seul à apercevoir cet amour ? Grand ? Puissant ? Cette passion qui anime les plus proches du disparu ? La solidarité qu’ils dégagent, leur harmonie et leur concert m’imposent le respect. Ils ne s’en rendent peut être pas compte, peut être voulaient-ils simplement pouvoir dire adieu à celui qu’ils aimaient, et aimeront toujours, mais moi je reçois davantage.
Ils sont forts de leur histoire. Forts de leur peine.  De leurs liens. Ils sont à la fois si vulnérables en ce jour, si puissants dès demain. Plus encore qu’avant.
Mes pensées me laissent un arrière gout amer. Suis-je si naïf ? Ou suis-je parvenu par je ne sais quel miracle à déceler chez eux – Loïs, Bruce, François et tous les leurs – un pouvoir insoupçonné ? Un pouvoir qui saura prendre le dessus et les soulever, loin, bien loin de cette grisaille. Une robustesse qui, s’ils savent l’utiliser avec bravoure, leur fera relever le visage avec assurance.

Un bout de papier, mon stylo moldu à encre noir dans la main gauche tremblante, je griffonne et laisse l’écrit s'envoler pour la rejoindre. Qui sait.

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FICHE ET CODES PAR RIVENDELL
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Ce message a été posté Jeu 15 Aoû 2013 - 22:29

Christopher Blackburn, Bruce Blackburn, François Loiseau et Loïs Lang ont le regret de vous annoncer le décès de leur père,  frère et ami, Clark Blackburn.

... Oh ... Loïs Lang. Habituellement ce n'était pas un nom qui m'amenait à avoir des pensées positives ou des émotions particulièrement agréables. La mâchoire qui se contracte, quelque chose qui se tord, dans le ventre. Un goût terriblement amer dans la bouche et la rancœur qui résonne dans la tête, sourdement. Inlassablement, depuis six mois, ce sont ces sensations qui accompagnent le nom de Loïs Lang. J'étais peut-être excessivement rancunière, peut-être que je ne devrais pas continuer d'en vouloir à la journaliste, peut-être que je devrais passer à autre chose et tenter à présent de rétablir le lien de la pseudo amitié qui nous avait unies quelques mois auparavant. Peut-être. Mais c'était difficile. J'avais fait confiance à Loïs, plus ou moins, je lui avais parlé à la dérobé du travail que je faisais pour Kark durant ma collaboration. Elle était la seule au courant, la seule qui pouvait me trahir ; parce qu'il s'agissait bien d'une trahison. Et elle l'avait fait. Si elle n'en avait pas reparlé aux autorités, si elle n'avait rien révélé, jamais je n'aurais eu à vivre ces mois de galère, à supporter ces regards de travers, ces chuchotements sur mon passage, voire l'agressivité explicite que l'on m'avait manifestée. C'était à juste titre. J'avais en effet collaboré ; mais je n'avais pas fait que ça, et pour ma sécurité je n'avais pas pu dire à Loïs que je rendais également service à l'Ordre en restant au ministère sous Kark.
Toutes ces choses auraient dû rester secrètes, et elles le seraient restées si rien n'avait été révélé aux autorités. Il avait été finalement prouvé que les services rendus justifiaient la collaboration. J'avais été disculpée. Les conséquences de tout ceci se limitaient à ces quelques mois de suspicion ; mais il est difficile d'imaginer la difficulté d'une vie dans des conditions pareilles. Mon propriétaire avait augmenté le loyer, mes propre collègues ne me faisaient plus confiance. On est exclu, montré du doigt. Tout ça pourquoi ? Parce qu'une journaliste est allée dire une demie vérité dont on a tiré des conclusions hâtives et regrettables. Quelle connerie ...

Mais là, cette fois, lorsque j'avais lu cette note dans le journal, ce n'était le nom de la journaliste que j'avais vu. C'était celui d'une endeuillée. D'une victime indirecte. Une de plus. Et ma main s'était crispée sur le papier, mon cœur s'était douloureusement serré, en souvenir de la femme que j'avais appréciée et qui devait à présent être terrassée par le chagrin. Comment nourrir de vieilles rancœurs égoïstes à l'égard d'une personne qui avait juste besoin qu'on la soutienne et qu'on soit là pour elle ? ... Était-ce mon rôle, d'être là et de la soutenir ? Difficile à dire. Nous n'avions jamais été spécialement proches. J'avais sans doute été pour elle une copine avec qui il n'était pas désagréable de boire un verre en discutant de temps en temps. La copine aux idées phénix qui travaillait pourtant au ministère sous Kark et qui était visiblement très gênée lorsqu'on abordait le sujet. Se souvenait-elle seulement de moi ? En cet instant, le monde entier avait probablement disparu, pour elle. La connaissance insignifiante que j'étais n'échapperait pas à la règle. Que je sois présente ou pas, ce 20 Aout, au cimetière, ne changerait rien du tout. Pourtant en repliant le journal, je savais que je m'y rendrais.


¤ ~ ¤ ~ ¤

Et ils étaient là ; tous. Debout, rassemblés, presque unis dans ce deuil, dans leur tristesse et leur détresse. Je ne connaissais pas cet homme, ce Clark, qui leur était cher à tous. Je n'étais pas là pour lui ... Je ne savais même pas exactement ce que je faisais ici, debout moi aussi, à une dizaine de mètres de l'endroit où ils étaient tous rassemblés. J'étais là pour Loïs ; probablement. Pour lui présenter mes condoléances, lui faire part de la tristesse que je partageais. Lui apporter un soutien qui ne l'aiderait sans doute pas beaucoup. Ma présence passerait inaperçue, sans doute. Je n'étais personne pour Clark, je ne connaissais quasiment aucune des personnes présentes ici. Si elle me voyait ; si elle pouvait voir, Loïs se demanderait peut-être pourquoi j'étais venue. Je n'étais personne, pour elle ?
Je soupirai silencieusement, et m'approchai lentement du rassemblement. C'était stupide. Je n'avais rien à faire ici. L'affection que je lui avais autrefois portée me poussait aujourd'hui à venir la soutenir, autant qu'il m'était possible de le faire. Mais ça ne rimerait à rien, ça ne l'aiderait pas. J'en étais persuadée. Alors à quoi bon ? Pourquoi m'approcher, et laisser peu à peu leur tristesse me gagner, leur détresse me saisir et leurs visages dévastés me ramener plus de vingt ans en arrière ? J'allais revoir les silhouettes hautes des adultes. Les regards emplis de larmes tentant péniblement d'apporter un soutien à une personne, un homme, mon père, qui ne les voyait même pas. Qui n'avait d'yeux que pour le cercueil que l'on recouvrait peu à peu de terre. Et qui depuis ce jour n'avait plus eu d'yeux pour rien. Tout avait disparu en même temps que sa femme, tout le soutien du monde, toutes les présences du monde n'avaient rien pu y changer.
Même sa fille n'avait plus existé.

Alors aujourd'hui, aujourd'hui où je m'approchais pas après pas d'une scène semblable à celle que j'avais vécu vingt-trois ans auparavant, quel soutien, quelle aide ma présence apporterait-elle à Loïs ? Quelle importance cela aurait-il ? J'étais une ancienne connaissance, une bonne copine qui ne lui avait pas adressé la parole depuis six mois. Allais-je me heurter à la même indifférence que celle à laquelle s'étaient heurtés les proches de ma mère lorsqu'ils avaient présenté leurs condoléances à mon père ? C'est ce que j'imaginais. Chaque pas se faisait plus difficile à arracher et ma motivation avait fait demi-tour pour s'éloigner de cet endroit. Peut-être devrais-je la suivre finalement ...

Je m'arrêtai. La journaliste était là, à quelques pas, de face. Fallait-il que je l'approche, que je lui parle ? Je tentai de croiser son regard, péniblement. J'étais une silhouette parmi d'autres. Une de plus au regard légèrement embué, atteinte par le sentiment de détresse que dégageait chacune de ces personnes. Si jamais ses yeux venaient à accrocher les miens, je la regarderais sans bouger, sans parler. Essayant simplement de lui transmettre mon soutien par un regard appuyé. Celui d'une ancienne connaissance venue l'encourager en dépit de ce qui s'était passé entre nous et malgré tout, soucieuse de son état, consciente de la dureté de ce qu'elle devait endurer. Que pouvais-je faire d'autre ? Un regard vaut mieux qu'un long discours. Surtout quand tout a déjà été dit.
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Loïs Lang
Loïs Lang
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Ce message a été posté Dim 18 Aoû 2013 - 19:18

Ils reviennent, chacun à leur tour. Bruce, grand dadais à l'aspect invincible qui s'effondre sous leurs yeux. François, qui n'a pas su dire un mot et qui se serait effondrer aussi, d'ailleurs, sans la présence salvatrice de Clara. Elle les regarde, ses yeux rougis qui ont quitté un instant la pierre tombale pour se poser sur eux. L'ombre de ce qui aurait pu être un sourire en d'autres temps sur ses lèvres. Une main qui se lève. Qui frôle le bras de l'un, puis de l'autre. Elle les admire pour avoir au moins essayé ; ce courage qu'elle n'a pas pu, elle, trouvé au fond d'elle-même. Et elle veut qu'ils le sachent, ce qu'ils savent tous déjà. Qu'elle reste là pour eux.

Et le silence, déjà, reprend ses droits. De trop brèves secondes à son sens, un temps de recueillement qui aurait pu s'étirer encore et encore. Pour l'éternité ? Mais le maître de cérémonie s'approche et, bientôt, le rompt. Une voix qu'elle déteste, qu'elle trouve trop monotone. Qui prononce un discours vide, des mots si creux. Elle ne l'écoute pas, de toute manière, alors pour elle, ce qu'il dit au fond ne change rien. Elle ne l'entend même plus passé les premières phrases. Mais elle sent Christopher, juste à sa gauche, qui s'agite. Et elle ne réfléchit pas quand sa main vient se saisir de la sienne. Un geste qu'elle n'aurait jamais fait en temps normal. Elle aurait pu hésiter, puis se serait abstenue, certaine de se faire rejeter. Elle aurait pu si elle avait ne serait-ce que penser à ce geste. Mais pas aujourd'hui. Elle n'y a même pas réfléchit. Juste un instinct. C'est la main d'un enfant dont elle s'est saisit, un orphelin dont elle a aimé le père, plus qu'elle n'aurait jamais cru possible. Un orphelin. Qui ne semble pas contrôler sa force, sa prise ses ses doigts alors qu'il commence à presque lui faire mal, à les broyer sous la force de son chagrin. Elle s'en fiche. Il est là. Ils sont tous là. Ensemble.

Alors que Clark les a quitté à jamais.

Et elle a toujours plus froid. Malgré le soleil qui tape, elle le sent, vicieux, qui vient s'insinuer dans chacune de ses cellules. Une vague qui la glace jusqu'au bout des sangs alors que la voix s'est tue. Et que le cercueil où repose le corps de Clark disparaît lentement, entouré d'une lumière magique, qui le plonge dans sa dernière demeure. Elle peut sentir la chaire de poule sur ses bras. Les frissons qui la parcours. Et l'absence de Clark plus imposante que jamais. Alors qu'elle sait que plus jamais elle ne pourra venir se blottir contre lui pour se réchauffer.

Un haut le coeur, la gorge qui se serre lorsque cette pensée s'impose à elle. Les larmes qui ne sortent pas pourtant. Mais la voix trop rauque. "C'est fini..." A peine plus fort qu'un murmure. Juste pour eux. Pour savoir. Pour être sûre. Pour que ce soit sûr, vrai. La réalité des faits.

Il lui faut un temps pour s'apercevoir que la cérémonie est bel et bien terminée. Combien ? Elle ne saurait dire. Pas assez pour que ceux qui attendent d'avoir son attention pour lui glisser, à son tour, des paroles de condoléances, n'aient perdu patience. Elle écoute sans retenir. Répond sans réfléchir de quelques mots brefs. Ils ne font pas partis de son monde aujourd'hui. Ils ne font pas partie de leur bulle. Pas un instant pourtant il ne lui viendrait à l'idée qu'ils ne peuvent pas comprendre. Combien, parmi eux, ont connu la chance d'être épargnés par cette guerre ? Combien au contraire ont été trahis, combien ont perdu un être cher ? Ce n'est pas une question de douleur. Juste une question de protection. Se préserver, juste un peu, grâce à Bruce et à Chris, à Clara et à François. A cet enfant à naître. Préserver le peu de chaleur qu'ils font encore naître en elle, tout au fond, et qui vacille oh combien dangereusement. Juste rester dans sa bulle.

Sauf que quelque chose semble en avoir décidé autrement. Un simple petit morceau de papier qui la frôle pour attirer son attention. Qui tente de venir se lover au creux de sa main, celle qui a finit par lâcher Chris quand tous deux ont pu de nouveau faire semblant de supporter la réalité. Un simple bout de parchemin, donc, qu'elle déplie discrètement, les sourcils légèrement froncés, arrivant même à trouver un semblant de curiosité pour le message qu'il doit lui délivrer. Il n'y a que quelques mots tracés. Quatre lignes. Et son coeur qui se serre avec force, qui se ratatine alors que sans aucun préavis sa bulle éclate. Retour brutal au réel et à toutes sa douleurs qui lui revient en pleine face quand elle se croyait enfin presque engourdie par le froid !

Elle lève les yeux trop brusquement et son regard fouille la petite foule rassemblée à la recherche de ce visage connu. Que fait-il là ?! Elle veut juste le voir, s'assurer que le papier qu'elle vient de froisser dans son poing est bien réel, parce qu'elle ne comprend pas, parce que... Mais ce n'est pas son regard qu'elle croise. Pas ces yeux qui savent être si moqueurs, qui savent si bien la défier. Non. Ce sont d'autres yeux qui lui sont également familiers, juste moins. Ce sont ceux de Lena. Lena. A qui elle n'a plus reparlé depuis des mois. Qui semble même l'avoir fuie alors que, si elles n'étaient pas des amies proches, elles avaient tout de même partagé quelque chose. Lena qui a eu des ennuis et qu'elle n'a pas pu aidé, dont elle n'a pas vraiment prit de nouvelles. Lena qui semble être là aujourd'hui, alors qu'elle ne connaissait sans doute même pas Clark, pour tenter de la soutenir, elle.

Et c'est trop. Juste trop. Comme une digue qui cède après avoir lutté des heures face à un ouragan. Le noeud qui lui serre la groge l'étrangle une seconde tant il se resserre. Et c'est un sanglot qui lui coupe le souffle alors même qu'au contraire, elle veut rester fortes. Et ses propres larmes qui menacent de la noyer tant elles sont soudaines. Trop violentes pour elle qui n'arrive plus à les retenir. Elle vacille, se recule derrière eux

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Ce message a été posté Dim 18 Aoû 2013 - 20:41


    Il était totalement utopiste et illusoire de penser que parce que les mangemorts étaient parqués à Pré-Au-Lard, les deuils cesseraient de frapper les honnêtes gens. Le combat pour la liberté n'était pas terminé et le temps des larmes n'était pas encore achevé...

    Voilà à quoi pensait le jeune homme alors qu'il se tenait avec les autres, présent dans la douleur, pour assister Loïs et les siens dans cette douloureuse épreuve. Il ne connaissait pas Clark, il savait juste que c'était le frère de Bruce, cet homme formidable qui l'avait prit sous son aile et qu'il aimait presque comme un père. Et puis, il était quelqu'un de cher pour Loïs... Il était impossible d'en douter en la voyant si pâle, si effondrée et éprouvée par le deuil, comme François à ses côtés, ou bien le jeune homme qu'elle ne lâchait pas, le fils de Clark... S'il était présent, c'était pour rendre hommage à la mémoire de ce Phénix qu'il ne connaissait pas, pour apporter son soutien à Loïs qu'il appréciait énormément, et également, pour être aux côtés de Claire. Clark l'avait aidé lors du catastrophique triathlon... Elle le voyait comme son sauveur, son ange gardien et elle était dévastée par la nouvelle de sa mort.

    Une mort injuste, qui leur rappelait que rien n'était acquis.

    Il tenait soigneusement et fermement la main de Claire dans la sienne, malheureux de la voir dans cet état, trop sensible à la tristesse environnante. Et le chagrin de Loïs... Il le poignardait littéralement. Elle avait été une aide précieuse lors de leur cavale et était devenue une amie chère... Elle aurait eu le droit à un peu de bonheur et il lui était violemment arraché... D'autres Phénix étaient présents, soit pour les proches, soit pour Clark... Il ne les connaissait pas tous, malheureusement, et peut-être que même Loïs ne remettait pas un nom sur chaque visage. Mais ils étaient là, solidaires, jusqu'au bout. Cela avait toujours été leur force et devait le rester.

    La cérémonie ne fut pas très longue, mais émouvante. Et ce fut terminé... Comme ça. C'était déprimant... Finalement, ils n'étaient rien. Ils vivaient, ils disparaissaient et voilà tout. Le jeune homme finit par entraîner Claire derrière lui, se présentant devant Loïs. Que dire dans ces moments là ? Il était le parfait exemple  de l'orphelin suite à la guerre. Il était un symbole pour beaucoup, le reliquat d'une époque qui avait été révolue pendant plus de 20 ans et qui pouvait enfin espérer voir le jour. Loïs vacilla, se reculant, alors que les larmes coulaient, impossibles à retenir. Il hésita un instant, avant de finalement essuyer une larme sur la joue de la journaliste et l'embrasser doucement sur le front. Il n'avait pas les mots, mais il espérait qu'elle comprendrait qu'il compatissait à son malheur. Il était juste une présence dans cette marée de douleur, mais il pensait à elle.

    Peut-être l'ignorait-elle mais les démonstrations d'affection du jeune homme étaient rares, surtout en public. Plutôt taiseux et discret, il préférait ne pas faire de vagues, ne pas se faire remarquer. L'enthousiasme de Claire déteignait un peu sur lui. Ils étaient le jour et la nuit et se complétaient pourtant à merveille. Il était un peu plus démonstratif à son contact. Touché en plein cœur par le chagrin immense de Loïs, mais également par l'amour qui se lisait à travers ces larmes, il n'avait pas réfléchi à son geste... n'avait pas pensé qu'elle pourrait s'en sentir offensée. Cela ne lui vint qu'après, quand il la regarda, avec sérieux et gravité, comme une promesse que même si elle pensait être seule alors qu'elle avait perdu un être cher, ce n'était pas le cas. S'il pouvait lui rendre le centième de ce qu'elle leur avait offert en les hébergeant, en les aidant, en prenant Claire sous son aile.

    Il ne disait rien, mais dans son regard, on pouvait lire un simple : « Je suis là. »

    Il regarda Chris, François et Bruce... Tout aussi accablés. Il n'y avait pas besoin de mots, son expression en valait 100. Il posa sa main sur l'épaule de Bruce, Bruce le géant qui était toujours tout sourire... Le colosse aujourd'hui brisé.
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Ce message a été posté Lun 19 Aoû 2013 - 23:14

J'avais imaginé beaucoup de réactions. Beaucoup de scénarios. Beaucoup de dénouements à la scène qui se jouait ici. J'avais imaginé que, peut-être, Loïs ne me verrait pas. Je serais ainsi venue pour rien, et repartie incognito, sans que personne n'ait rien remarqué. Même résultat pour le cas où mon regard se serait heurté à une indifférence aussi simple que cruelle. Protectrice également, sans doute. Pourquoi se montrer si distant si ce n'était pour se protéger. Pour se croire loin de la douleur ?
Je m'étais attendue de l'étonnement, ou à un quelconque signe qui me montrait qu'elle ne me reconnaissait pas. Je m'étais attendue, pourquoi pas, à quelque chose qui me ferait savoir que e n'avais rien à faire là, que je n'étais personne, ni pour elle ni pour Clark. Un rejet. Quelque chose comme de l'agressivité. J'avais tout envisagé. Mais pas ça. Pas cette possibilité là.

Le regard de Loïs avait accroché le mien. Et ne le lâchait plus. Moi, je m'étais figée. Je n'osais plus le moindre mouvement et restais simplement là, immobile, tendue, sondant les yeux de ma camarade en essayant de lui faire ainsi parvenir mon soutien ; plus que mes condoléances. Les condoléances n'aidaient pas à avancer. A supporter. Elles ramenaient au drame, au disparu. Ce n'était pas ainsi que l'on aidait une personne en deuil. Il fallait être là, être présent, trouver les bons mots, réconfortants. Essayer -toujours en vain- de combler le vide laissé par la personne. Rien ne le comblera, jamais. Mais il faut essayer. Toujours. C'est ça, le soutien. Le réconfort. On ne peut rien faire de plus et bien souent ça ne suffit pas. Mais il faut essayer. Encore. C'est le rôle des amis. De la famille. De tous ceux qui se permettent de venir à un enterrement en prétendant être là pour aider quelqu'un. C'était donc bien mon rôle, à moi aussi, d'être là ? De la soutenir ? De l'aider ? J'étais venue pour ça, pas vrai ? Alors pourquoi ? ... Pourquoi, lorsque je vis brusquement ses yeux se charger d'humidité, son visage ravagé par le chagrin se noyer sous les larmes qu'elle ne pouvait plus retenir, sentis-je mon cœur se serrer douloureusement, et tous mes moyens m'abandonner ? Qu'étais-je censée faire, là, tout de suite ? Elle me regardait ... Elle me regardait, moi, quand elle avait craqué. Pourquoi ... ? Qu'est-ce que j'avais fait, ou alors pas fait ? Quelle expression avais-je eue ? Quel regard ? ... Mes lèvres s'entrouvrirent dans une expression de désarroi total, alors que mes pas me poussèrent résolument en avant sans que je comprenne tout à fait ce que j'étais en train de faire. Tout ce que je savais, c'est qu'elle me regardait lorsque c'était arrivé. Et je ne pouvais pas rester là sans bouger. Ma bouche se tordit rapidement dans une sorte de grimace embêtée, dépassée. Je me laissai porter par mon élan et me retrouvai très vite devant deux grands hommes que je ne connaissais pas. Les yeux toujours rivés sur une Loïs en larmes, je les contournai et ... m'arrêtai devant la journaliste, incapable de savoir ce que, maintenant, je devais faire ; je devais dire. J'étais venue. Je m'étais approchée. Et après ? Hésitante, penchée en avant pour tenter de capter son regard, les lèvres à nouveau entrouvertes et une expression de sincère inquiétude sur le visage, je vins appuyer ma main gauche contre le bras de la phénix, juste sous l'épaule, tentant ainsi une prise qui se voulait rassurante et réconfortante. Autant que la présence et le soutien d'une ex-bonne-copine pouvaient en apporter. C'est à dire pas beaucoup, à mon sens.

« Loïs ... » Ma voix étranglée par l'hésitation se fit aussi impliquée que possible. Pas chaleureuse -le soleil l'était déjà bien trop-, pas insistante, pas forte ... Au contraire ... basse, faible ... Plutôt .. douce ... rassurante .. autant que possible. Je n'étais vraiment pas la personne la plus douée pour parler aux gens, pour les réconforter. C'était définitif. Trouver les mots, c'était encore moins ça ... « Loïs ça va aller ... ? Ca va ... On est là ... Ca ... » Une grimace désolée mit fin à cette tentative malhabile de réconfort, et mes doigts se resserrèrent légèrement sur son bras, espérant transmettre ainsi plus de soutien que ne le pouvaient mes mots et ma voix, alors que mes yeux cherchaient toujours à soutenir les siens, à se faire présents. Pour elle.

Très vite, une sensation d'intense malaise vint me tordre l'estomac. J'étais là, j'étais aux côtés de Loïs. Moi, j'étais là, je n'étais pour ainsi dire personne, et pourtant j'étais passée devant tout le monde, j'étais venue devant. Il y avait ici des gens qui étaient bien plus proches d'elle, qui auraient surement voulu être là eux aussi, près d'elle, pour la soutenir, et l'aider. Peut-être étais-je allée trop vite. Je n'avais pas pris le temps de réfléchir, j'avais foncé tête baissée près de ma camarade, et avais, peut-être, pris la place d'autres personnes. D'autres amis. Peut-être que je n'aurais pas dû. Pour éviter de croiser les regards, les visages de ces autres personnes, je m'obstinai d'autant plus à accrocher le regard de la journaliste, ou à ne pas le lâcher si elle m'avait laissé le trouver. Quelques secondes, encore. Un peu plus de soutien ; autant que possible. La pression de ma main contre le bras de Loïs se fit plus faible. « ... Ca va aller ... Ne perds pas espoir ... Courage ... Loïs ... Courage ... » Un dernier regard appuyé, et ma voix se tut, ma prise sur son épaule disparut et mon regard se détacha du sien. Je m'éloignai de deux pas en marche arrière, avant de me détourner et de disparaître derrière les silhouettes des proches de la journaliste, fendant lentement la consistance du rassemblement avec dans l'intention de rejoindre la sortie du cimetière.
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Bruce Blackburn
Bruce Blackburn
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Epouvantard : Sa famille morte. Désormais la "famille" est composée de Clark et Chris, Lois, François, Lisa.
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Ce message a été posté Mar 20 Aoû 2013 - 8:14

Si ça n'avait tenu qu'à lui, il serait resté agrippé au cercueil plusieurs heures, à hurler au monde, au ciel, à Merlin sa frustration et sa douleur. Mais il était conscient des dizaines de regards sur lui. Peinés, douloureux, partageant son effondrement. Des Phenix, des gens qu'il connaissait tous, si ce n'était un petit peu, qu'il avait vu au QG, pendant les batailles, les missions. La plupart plus jeunes que lui, et à qui il ne s'était jamais montré autrement que parfait, un roc, une montagne. Si on demandait à n'importe qui, Bruce c'était ce gros ours, fort, qui apprend aux autres comment se battre, comment se défendre. Celui qui portait l'ordre du Phenix sur son cœur, inscrit dans sa peau, littéralement. Il était fier de protéger les plus jeunes, et il se battait avec toute la force et la conviction qui avaient forcé un certain choixpeau magique à crier "Gryffondor!" plus de trente ans auparavant.

Alors il n'avait pas le droit. Pour eux, tous ces gosses qu'il avait pris sous son aile, ces enfants qui n'avaient pas connu le monde avant Voldemort, le monde d'Harry Potter, de Dumbledore, le monde qu'il se battait pour retrouver. Il n'avait pas le droit d'être faible, pas maintenant. Encore et toujours, même si ça signifiait perdre les êtres qu'il cherissait le plus au monde, il devait se battre. Pour Clark, pour Harry, Ron, Hermione, pour Mr Lupin et pour tous les autres qui étaient tombés pour leur combat.

Alors il était revenu à sa place, droit comme un i, et s'était fermé. Comme plusieurs fois durant cette semaine, quand il avait organisé les préparatifs, quand il avait pris son propre testament pour y rayer le nom de Clark, ajouter l'enfant à naître de Loïs à côté du nom de sa mère, de Lisa, de Colin et de François et Chris, de tous les membres de sa vraie famille. Quand il avait dû expliquer à certains pourquoi il était parti subitement ce jour-là, avant que la nouvelle se répande comme une traînée de poudre. Quand il avait dû se forcer à ne pas partir battre la campagne à la recherche de Loïs, quand il avait dû se retenir de ne pas descendre sur pré-au-lard, seul au milieu de la nuit, avec sa baguette et sa hachette.

Il était à nouveau entre ces personnes qu'il aimait plus que tout, tentant de retrouver un rien d'espoir à leur simple présence. Ils étaient là, vivants, avec lui, et tant que l'un d'entre eux serait toujours sur cette terre, tant qu'il resterait un enfant, un Phenix, quelqu'un pour vouloir cette liberté, tant que lui-même aurait toujours un souffle de vie, il se battrait.

Ami si tu tombes un ami sort de l'ombre à ta place

François, comme lui, ne put dire plus de quelques mots sans qu'ils se bloquent, l'étouffent. Clara, douce Clara, avait pris la relève, plus forte qu'eux trois réunis, eux les guerriers, eux les combattants, elle avait réussi à mettre les mots qu'ils ne parvenaient pas à sortir. Parce que c'était quelque part certifier que c'était fini, Clark n'était plus, il était tombé, pour eux, pour les enfants, pour tous.

La cérémonie se termina comme un songe, il ne s'en rendit presque pas compte. Il avait toujours la main de Lisa serrée dans la sienne, se tenait contre l'épaule de Loïs. Ils étaient là, ensemble. Toujours. Il devait avoir la force, au moins le temps que cette farce se termine. Il ne faillirait pas, il ne laisserait pas la détresse l'envahir, montrer aux enfants à quel point leur combat semblait futile, à cet instant. C'aurait été rendre le sacrifice de Clark vain. Rendre sa mort inutile. Et donner la voie libre à d'autres morts…
Il carra ses épaules et se retourna vers les autres, tous leurs amis, leurs frères d'armes. Il prit Teddy contre lui, un instant. Orphelin de cette damnée guerre, lui aussi, il avait perdu des parents formidables, comme Chris. Il allait continuer, serrer des mains, des corps, subir la pitié et l'amitié de tous quand un bruit à ses côtés lui déchira le cœur. Un sanglot. Loïs.

Si lui était un roc pour les petit Phenix, Loïs était un chêne pour lui. Ses pleurs étaient comme des lances de douleurs dans ses côtes, et il se précipita pour la prendre contre lui, le regard fixe, au loin, la mâchoire serrée. Il était imperturbable. Bruce. Le roc. La montagne.

Un phenix.
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François Loiseau
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Ce message a été posté Mar 20 Aoû 2013 - 21:46

C'est fini. Les mots de ton amie résonnent entre tes oreilles et tu inspires longuement. Fini. C'est fini. Cette torture, cet enterrement auquel vous auriez tous voulu vous soustraire, est terminé. Tu serres la main de ta sœur, pour ne pas recommencer à pleurer, et elle te rend cette étreinte avec force. Mourir. Pleurer. Vivre. Pleurer encore. Toujours. Ce n'est pas juste. Vous ne devriez pas être ici... pas vous. Jamais. Le sanglot de la journaliste déchire l'air. La plainte d'un animal blessé, d'une blessure au fond du cœur qui ne saura se guérir. Ted Lupin arrive, l'embrasse, sèche une larme qui ose couler sur la joue de votre amie. Un qui a vécu toutes les conséquences de la guerre, qui ne vit que trop les douleurs de celle-ci. Encore. Toujours. Tes yeux verts regardent Loïs mourir dans son sanglot, sans que tu esquisses un geste pour la voir. Tu tressailles à peine. Comme si tu avais besoin de cette peine pour bien mesurer la tienne. La vôtre. « Oh, Loïs. » C'est cette voix douce qui te fait te retourner, finalement, en même temps que ta sœur. Tes parents. Évidemment. Restés en retrait, mais près tout de même. Ils ont connu Clark, après tout, mais surtout, ils te connaissent. Pourtant, ce n'est pas toi qu'Eliane Loiseau prend dans ses bras  : c'est Loïs. Loïs qu'elle serre sur son cœur, dans ses mèches blond vénitien, lui murmurant tu ne sais quoi pour l'apaiser. Comme elle le ferait avec sa propre fille. Avec cette femme au ventre rond ayant perdu son amour et à laquelle elle ne peut donner que cette affection pour sécher ces larmes qui font briller tristement ses magnifiques yeux.

Pourtant, elle s'efface pour laisser Bruce prendre son amie dans ses bras. Un sourire triste sur son visage. Elle caresse doucement ta joue, avant d'aller murmurer ses condoléances à Chris, suivie de ton père qui a serré ton épaule et embrassé le front de ta sœur. Tu fixes le vide encore, sans savoir quoi dire. C'est fini, mais ça ne fait que commencer. Cette mort n'est que le début de tout, de cette douce vengeance qui se trame subtilement. Qui se fera un jour sentir plus profondément. Ta mère revient finalement vers ta sœur et toi. « Ton père a préparé un petit quelque chose à manger, à la maison. Si vos amis veulent venir, ils sont les bienvenus. » Un hochement de tête. Un remerciement murmuré. Un raclement de gorge se fait derrière toi. Une femme aux cheveux poivre et sel, relevés en chignon, vous regarde. Te regarde, surtout. Son tailleur est impeccable, mais son expression sincère. « Monsieur Blackburn ? L'avocate te regarde et tu secoues la tête, lui pointant le géant blond d'un coup du menton. Elle a une voix grave, teintée d'un accent que tu dirais polonais. Quelque chose dans ses traits, également. Je suppose alors que vous êtes monsieur Loiseau. Là, tu peux seulement approuver. Elle te tend une main que tu serres doucement, avant de faire de même avec ta sœur, Chris, Bruce et Loïs. Cette fois, elle s'adresse à Bruce. Francesca Wozbek, je suis l'avocate responsable du testament de monsieur Clark Blackburn. Lorsque vous le désirerez, je serai disponible au bureau privé du salon funéraire, pour régler les dernières volontés du défunt. Évidemment, cette rencontre peut être remise à plus tard, si vous le désirez. » Le testament. Tu n'aimerais pas avoir à parler de cela, mais vous n'avez pas le choix. Tes yeux croisent ceux de tes amis, surtout ceux de Bruce. C'est à lui de décider, c'est logiquement lui l'exécuteur testamentaire que Clark a choisi, donc le responsable de la succession. Maintenant, ou plus tard, ça ne changera rien. Autant que ce soit derrière vous dès que possible.

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mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Ce message a été posté Mer 21 Aoû 2013 - 7:33


Nous ne sommes rien...
...seul.

Elle a pris le papier. Elle l’a saisi. Elle s’en est emparée. Ce petit bout de papier sur lequel j’ai étalé ma tremblante et gauche écriture.
Je fixe sa main, sait-on jamais elle pourrait chercher à croiser mon regard. Alors je fixe sa main avec insistance, comme si elle était celle à qui je veux m'adresser. C’est en partie vrai.

Ouvre le papier. Ai-je envie de lui souffler. Ouvre-le et lis ce petit message que je voulais tant te donner. Découvre cette maladresse qui est mienne, que tu connais très certainement plus que n’importe qui, toi qui dicte la plupart de mes journées de boulot. Toi qui relis mon travail, qui râle sur mes propos, qui valide mes articles. Lis maintenant ce que le journaliste tient à dire à sa supérieure, comme s’il était un ami qui s’adresse à sa camarade.
Lis les mots de trop, même s’ils sont superflus, pour en tirer si ce n’est du réconfort, la preuve que je suis . Parmi cette masse de gens solidaires et invisibles pourtant. Dans cette foule d’âmes désolées et perdues. Je fais partie d’eux, c’est la seule contribution que je peux apporter…lis. Lis et sache que je tenais à être un parmi ceux-là. A défaut d'être unique.
Que puis-je faire de plus pour toi ?

Elle a pris le papier. Et désormais, elle lit.
Mes mâchoires se rencontrent solidement, durement, mes yeux hésitants cherchent les siens puis s’esquivent, mes poings fermés frémissent d’impatience, d’impuissance, d’un égoïsme à nouveau si mal placé tandis que son joli regard humide et désemparé cherche. Elle cherche. Après avoir lu. Elle cherche, l’auteur de ces mots ?
Je relève le visage, m’agite en effectuant deux ou trois pas malhabiles, trébuchant sur un pied trainant et articule mes excuses en récoltant quelques soupirs. Elle me cherche. C’est moi qu’elle cherche. Loïs. Je suis là je suis juste…
Loïs !

Ses larmes, ses sanglots et le sifflement cruel de sa voix malmenée à travers les pleurs, ses pupilles qui se détournent et ne trouvent qu’un vide. J'ai mal de la voir ainsi. J'ai mal d'elle. De son vide. Ce même vide qui fait son existence aujourd’hui, ce vide insignifiant, ce néant étouffant, qui la submerge et l’emporte dans un déséquilibre malsain, violent. Ce vide, que rien ni personne ne saurait combler à présent.
Bon sang.

Dans un mouvement désespéré je tente de comprendre d’où lui vient cette brutale perte de contrôle mais bordel : a-t-elle besoin d’une raison supplémentaire pour céder ? Je ne remarque pas Lena.
Je bouscule et me débat dans cette foule oppressante afin de m'approcher, comme si ma vie en dépendait, comme si je pouvais apporter à ce bout de femme quelque chose de suffisamment utile pour éponger ce trop plein de tristesse qui déborde de son être. Moi, mes mains vides et mon genou foutu, j’en deviens agressif et frénétique.
Qu’on me laisse passer !

Stop.
Je m’arrête – j’ordonne en tout cas à mes jambes de freiner mais il faut compter deux mètres de plus pour qu’elles y parviennent – et j’observe. Je ne suis plus très loin désormais. Je vois beaucoup mieux son visage déchiré, je perçois d’ici son cœur en miettes, la bêtise de mes mots, l’incapacité et le ridicule qu’on incarne, tous, à être venus leur porter notre compassion.
Stop.
Lena est arrivée la première. Mes lèvres s’entrouvrent de surprise en reconnaissant la chasseuse et je déglutis le temps qui s’écoule. La distance qui s’agrandi – même si en réalité je ne bouge pas. Je souffre de ne pas savoir quel comportement adopter, je souffre d’avoir été trop lent, d’être encore et toujours trop indécis. Trop craintif. Trop timide. Trop peu confiant.
Trop moi.

Courage Loïs.
Lena a raison. C’est absolument tout ce qu’on peut souhaiter, tout ce qu’on peut articuler dans notre déroutante et faible intervention. Mais Loïs est à bout. Loïs a cédé, ce n’est certainement pas la première fois, et il y aura encore des larmes, infiniment. Mais qu’en sais-je, moi ? Que sait-on quand rien d’aussi certain n’a traversé notre cœur ?
J’imagine. Je me contente juste d’imaginer. Simplement pour comprendre, du moins essayer. J’imagine et j’ai mal, alors que je frôle à peine le millième de ce qu’est la véritable torture de Loïs.

Oh chef.
J’aimerai la prendre dans mes bras, laisser ses poings frapper mon torse, accuser l’écho de sa voix et apprécier à la fois sa résonance, serrer mes mains dans son dos, lui imposer cette prison tout en me délectant du léger soutien que je donne.
J’aimerai. Mais je ne ferai rien. Qu’ajouter aux paroles de Lena ? Qu’ajouter de juste, de correct. Qu’ajouter sans rien abimer ? Ce serait de trop. Encore. Alors j’attends, incapable de bouger même si l’envie de partir me prend aux tripes. Je ne peux pas bouger. Je voudrai vider les lieux pour que Loïs s’y retrouve seule. Seule...avec son collègue.
Quel évènement pourrait prétexter notre solitude ? Aucun. Et certainement pas celui-ci.

Un insignifiant souffle de consolation me parvient quand je réalise qu'elle n'a pas besoin de moi. L'orgueil en prend un coup, un de plus un de moins, je ne suis pas à ça près. Je le fais taire, éloignant cet égo aussi bancal que ma personne pour me contenter d'être sûr de ce que je vois : ils sont là pour elle. Ils sont ce dont elle a le plus besoin. Ils sont - par pitié - ceux qui l'aideront à se relever.
Sans m'en rendre compte je hoche la tête dans un signe approbateur. Loïs n'est pas seule. Et ça me fait du bien de le savoir, quand bien même je me sens écartelé par ma faiblesse, ma transparence, ma présence insignifiante, inattendue, vaine...
Un peu comme si je n'étais pas venu. Mais j'ai songé ce papier qu'elle tient toujours. Et j'ai pu le vérifier : Loïs Lang n'est pas seule.
...Je me sens - s'il est possible d'affirmer ça dans un pareil contexte - un peu mieux.

Marche arrière. Retraite. Discrétion. La journée va être longue. Lourde.
Grisaille et compassion.

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Loïs Lang
Loïs Lang
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Ce message a été posté Sam 7 Sep 2013 - 12:18

Brisée. Tout ce qu'elle aurait voulu retenir était en train de la submerger. Elle voulait cacher sa douleur aux Mangemorts, ne pas leur faire le plaisir de voir les dégâts qu'ils pouvaient causés, ce pouvoir qu'ils avaient prit sur eux. Même si actuellement aucun ne pouvait la voiir, elle ne voulait pas leur faire se plaisir. Elle ne les voyaient que trop bien, ceux qui haïssaient Clark, ceux qui haïssaient leur famille, leur cause, se gausser de cette perte. Et Diana ? Avec un haut-le-cœur presque contrôlé, elle rejette au plus loin l'image de la sœur de Clark qui s'impose à son esprit, derrière ses paupières closes. Elle ne veut pas savoir ! Elle ne veut pas pleurer... Pas devant tous ces gens venus rendre un dernier hommage à son fiancé. Elle ne pouvait pas imposer sa douleur à tous ceux que cela ne regardaient pas. En protéger ceux qu'elle aime... Mais ça ne fonctionne pas. Elle n'y arrive juste pas. Alors qu'eux sont là pour elle. "Je suis désolée, Ted... Lena... Je suis désolée, je..." Désolée de quoi, exactement ? Désolée d'avoir mal ? Non. Désolée de ne pas être à la hauteur. Elle en perd ses mots, bafouille presque. Ils sont là. Des bras qui se referment sur elle, une étreinte douce, vite remplacée par celle plus bourrue de Bruce. Ils sont là. Ted, Lena. Les parents de François. Bruce. Sa famille. Ses amis. Elle ne se calme pas tout de suite pourtant. Ne peut contenir ce flot de tristesse si facilement. Comme une vanne ouverte qui ne peut se refermer tout de suite. Il faut la douceur de la mère de François, les bras forts de Bruce pour enfin arriver à la calmer. Pour qu'elle arrive à retrouver une contenance et à le repousser, doucement, pour enfin se relever. Arriver à parler... Quelques instants, quelques minutes seulement qui lui ont paru des heures. Le temps ne s'écoule plus d'une façon cohérente depuis qu'elle a apprit... Mais elle arrive à relever la tête. A regarder Ted. "Merci." Juste un murmure, mais tout se passe par le regard. Une promesse d'être forte. Et d'être toujours là pour lui. Teddy, l'orphelin, celui qui a déjà tout perdu. Non. Ted Lupin, le combattant. Le Phénix. Ce qu'il vient de se passer ne change rien entre eux. Même si le poids qui lui écrase les entrailles ne disparaîtra peut être jamais. Mais elle sera forte, elle lui en fait la promesse silencieuse. Et ce n'est qu'une fois cela fait qu'elle se détourne, tente de capter cette fois le regard de Lena. Un remerciement. Un appel. Elle la recontactera. Elle ne sait pas exactement quand, mais elle la recontactera. Elle aperçoit la silhouette qui s'éloigne et se demande si Lena se rend compte de ce qu'elle vient de faire. De ce qu'il vient réellement de se passer... Un instant, elle a déconnecté des paroles échangées autour d'elle. Ne regarde que la jeune femme qui s'éclipse sans avoir ajouter un mot de plus. Pensées qui se bouleversent dans son crâne. Elle veut juste lui parler, vraiment.

Elle la rattrapera plus tard, pas aujourd'hui. Elle la voit partir déjà mais elle tiendra son engagement envers elle-même. Et alors qu'elle va pour se tourner de nouveau vers les siens, elle la voit rejoindre un homme. Aoden.. Juste leurs regards qui se croisent. Juste le mot qui la brûle dans sa main alors qu'elle resserre le poing à s'en faire mal. Une seconde. Il se détourne et part aussi. Vide. Envie de hurler. Lui faire croire qu'il est là et l'abandonner. Hurler jusqu'à ce que sa voix se brise. Combien de fois n'en a-t-elle eu envie ces derniers jours ? Hurler, encore et encore. Pour combler le vide, l'abandon. Abandon. Abandon. Elle le hait ! Clark... Les pensées qui dérivent encore, qui n'ont plus rien à voir avec ce qu'il se déroule dans le moment présent, et elle sait à quel point c'est dangereux. Pour elle. Pour ceux qui sont là. La main qui se porte de nouveau à son ventre, machinalement. Et elle ravale la rancœur, la douleur. Elle renferme tout dans une boîte qui a du mal à se sceller. Elle tient. Quoi qu'il arrive.

Même lorsque la femme arrive. L'intruse. Les autres étaient là pour Clark. Pas elle, et elle peut le voir tout de suite, légèrement en retrait derrière Bruce. A demi dissimulée aux regards derrière le géant blond. Prête à protéger Chris bec et ongles du premier qui l'approcherai un peu trop près. Elle aurait cru que cette journée aller se terminer. Qu'ils pourraient juste se retrouver. Ne plus avoir à parler, juste quand ils le voulaient. Quand ils le pouvaient. Mais rien ne leur sera épargné aujourd'hui, n'est-ce pas ? Et elle approuve d'un signe de tête, presque malgré elle. Elle n'en a absolument aucune envie. Elle a même tout le contraire : l'envie de fuir, loin. Si loin. Plus loin encore. Là où tout est sombre. Là où elle ne penserai plus à rien... Mais c'est impossible. Et elle le sait. Elle a encore des responsabilités même si elles ne sont pas officielles. Elle pourrait leur échapper... Mais sa conscience le lui interdit. Ne jamais les laisser, ne jamais les abandonner. "Non. Le remettre à plus tard est inutile, nous allons vous suivre." Un regard à Bruce, tout de même. C'est à lui que revient la décision finale. Mais elle veut le faire, maintenant. Pour terminer cette histoire. Où tout du moins, ces aspects officiels. La page, elle, ne sera jamais vraiment tournée.

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Bruce Blackburn
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Ce message a été posté Sam 12 Oct 2013 - 20:38

Il garda Loïs contre lui jusqu'à ce qu'elle se calme, qu'elle se reprenne. Chaque pleur de Loïs était un coup de poing dans son ventre, un coup de poignard. Elle ne méritait pas toute cette peine. Pas elle. C'était tellement injuste. Depuis qu'il la connaissait, même depuis qu'il l'avait entrevue dans les couloirs de Poudlard, à se faire mener la vie dure par Diana et Brooke, il avait su. Il savait qu'elle valait mieux que lui, qu'elle serait toujours plus forte, plus méritante que lui et sa vie privilégiée.

S'il se battait depuis tant de temps c'était pour elle, elle et tous les autres qui étaient jugés pour leurs parents, pour ce qu'il y avait d'écrit sur leur statut du sang. Elle ne méritait pas ça, elle méritait le bonheur, la reconnaissance. Et maintenant qu'enfin elle pouvait être jugée pour ses actions, pour sa magie et son intelligence et pas pour le fait que ses parents voyaient une baguette comme un vulgaire bout de bois, maintenant qu'elle avait un métier à sa mesure, qu'elle allait pouvoir épouser l'homme qu'elle aimait, un sang-pur, père d'un sang-mêlé, voilà qu'on lui arrachait le peu de bonheur qu'elle avait trouvé. C'était insupportable pour Bruce. Qu'est-ce qu'ils allaient encore faire subir à son amie, sa sœur, avant de lui donner enfin un semblant de vie normale?

Il laissa Loïs s'accrocher à sa chemise, pleurer contre lui, il était redevenu le roc qu'il avait toujours été. Sa large main s'était posée sur son ventre rond. Il ne laisserait rien leur arriver, c'était sa famille, son sang, sa chair, l'héritage de son frère. C'était ce pour quoi ils se battaient. Pour que cet enfant puisse vivre dans un monde libre, en paix. Il se battrait toujours, tant qu'un seul d'entre eux avait un souffle de vie, tant qu'un seul Phénix était debout, il se battrait pour eux. Malgré la douleur, le désespoir, même s'il voulait partir dès maintenant à près-au-lard couper suffisamment de têtes pour ça commence à aller un peu mieux. Il serait fort. Comme toujours. Il était le grand frère, le père de substitution, il était le guerrier, le soldat, celui qui protège, qui aide, qui aime, qui souffre.

Et aujourd'hui tous les phénix souffraient à l'unisson avec lui, pleuraient pour cet enfant qui allait naître sans un père pour l'aimer, mais avec une mère, un frère, deux oncles et cent, deux cents amis aussi unis et féroces qu'une meute de loups, prêts à tout pour lui garantir un avenir.

Il ravala une nouvelle fois sa peine pour sourire à Loïs, embrasser son front. Juste lui faire comprendre qu'il était là pour elle, comme toujours.

La femme le demanda et il se rangea instinctivement devant sa meute, prêt à arracher des gorges avec les dents si on venait encore à les séparer, leur faire du mal. Mais non, la femme était juste là pour de basses questions matérielles. Il carra de nouveau ses épaules, les traits fermés, et hocha une fois la tête. Autant faire ça en vitesse, une bonne fois pour toutes. La chose la plus importante que son petit frère laissé avec eux grandissait dans le ventre de Loïs, et il n'y avait rien de plus important.

Il resta comme ça pendant toute la lecture du testament, imperturbable, même quand on lui apprit que Clark avait acheté une petite maison dans laquelle il voulait sans doute vivre avec Loïs, loin de la maison d'Anna. Ils devraient bientôt la visiter, l'ancienne maison, avec Chris et Loïs, et sans doute François, pour collecter les souvenirs… mais pas tout de suite. Là, il avait besoin d'enlever cette robe trop serrée et de boire un grand coup, de se retrouver, éviter de se noyer dans sa tristesse.
Il signa ce qu'il y avait à signer et serra la main de la femme, l'autre toujours serrée dans celle de Loïs.
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François Loiseau
François Loiseau
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Ce message a été posté Ven 8 Nov 2013 - 21:53

Loïs a raison – vaut mieux que ce soit fait maintenant. C'est dans cet esprit que vous allez au bureau privé du salon funéraire, pour la lecture du testament. Madame Wozbek est professionnelle, sobre. Elle ne questionne pas vos silences respectifs, lit le testament sans faiblir et n'exige que les signatures de Bruce aux bons endroits. Tu tressailles quand tu entends ton propre héritage – tout ce qui est relié à Poudlard. Le commencement de votre amitié, de tant de souvenirs heureux parmi tous ceux tristes et gris qui ont ensuite jalonné ta vie. Tu te fais violence pour ne pas recommencer à pleurer, serrant trop fort la main de ta sœur dans la tienne. Tu dois lui faire mal. Elle ne dit rien. Clara est forte, forte pour vous tous, et tu ne pourras jamais assez la remercier d'être là, d'être toujours là sans rien demander en retour.
Tout se termine rapidement. Dehors, les autres sont partis. Il ne reste que vous cinq. Tu inspires longuement, laisses le soleil réchauffer ton visage. Vous pourriez aller visiter la maison de Clark, profiter du moment et de l'impulsion pour achever ce qui a été commencé avec ce testament. Non. Vous devez vous retrouver. Tous ensemble. Une famille. C'est bien ce que vous êtes, non ? Chris, Bruce, Loïs, toi. Ta sœur, dont tu as besoin, un pilier dans ta vie. Tu desserres le col de ta robe de sorcier, qui t'étouffe un peu trop, et reviens à tes amis. Bruce et Loïs se tiennent toujours la main – et tu souris, sans savoir pourquoi. Juste parce que c'est beau.

Vous avez le droit à un peu de beauté et à un peu de bonheur.

« Mes parents nous invitent à passer à la maison, à Pinwheel. On peut y transplaner, ce n'est pas bien loin. Mon père a préparé quelque chose à manger... Tu t'interromps, sans savoir quoi ajouter. ... et ce sera le moment pour vous d'admirer les rénovations que Loïs et moi avons fait, cet hiver. » Clara pouffe de rire, se cachant derrière sa main. L'idée de ta personne en train de réparer quoi que ce soit, avec tes mains pleines de pouces et tes deux pieds gauches ? Tu tires la langue à sa sœur. « Tu sauras que j'ai été très doué, n'est-ce pas Loïs ? Je ne me suis même pas cloué un doigt par maladresse. » La blonde explose cette fois dans un immense fou rire, incroyablement incongru en cet instant – un fou rire qui se transforme finalement en sanglots, son visage blottit dans ton cou et trempa ton col de ses larmes. Elle est forte, mais elle aussi a besoin d'évacuer toute cette tension, toute cette tristesse. Tu caresses les cheveux de ta sœur, la laissant pleurer. « Ça nous fera du bien de manger un peu. Ils ont sans doute quelques bouteilles. Je ne veux juste pas qu'on retourne chez nous. » Chez peu importe lequel – dans le placard à balais de Bruce, dans le loft froid de Loïs, dans ton cagibi en désordre monstre. Jamais dans la maison de Clark. Vous avez besoin de sortir de votre quotidien, des souvenirs qui vous rappelleront trop votre ami décédé.
Mort. Il ne reviendra plus.
« S'il vous plaît. » Tu ne veux pas supplier. Mais tu as besoin d'eux. Besoin du cocon familial – de tes deux familles, celle de ton sang et celle de ton cœur.

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mécaniques générales Ma bouche est orpheline, ta peau de mescaline. Reste-là encore quelques minutes, pour me dire : ho mon bel ami, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts ? Je disais, ho ma belle amie, ho mon ange gris, pourquoi les jours sont si courts avec toi ?

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Loïs Lang
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Ce message a été posté Jeu 9 Oct 2014 - 9:01

Les mots qu'elle a lu ont dansé devant ses yeux. Ces mots tendres qu'il a couché sur le parchemin. Elle a l'impression de pouvoir le voir pencher sur sa table de travail, sa plume à la main, en train de tracer ces quelques lettres. Elle a l'impression de sentir l'odeur si caractéristique de son appartement, mêlée à celle du thé chaud qui fume encore certainement lentement, posé à côté de lui. Elle voit presque les mèches de cheveux trop courtes pour être glissées derrière ses oreilles qui viennent lui chatouiller le front. Elle pourrait tendre la main, là, les toucher. Les remettre en place avec une petite phrase amusée, pour le sortir de sa concentration. Pour lui rappeler qu'elle est là, elle, chez les vivants, et avoir toute son attention. Mais elle l'a toujours eu, en réalité. Depuis qu'ils se sont rencontrés. Depuis, surtout, qu'il est revenu. Lui qu'elle a rejeté, parce qu'elle avait perdu, parce qu'on lui avait arraché son bébé. Lui qui a su trouver les mots. Trouver les gestes. Pour la rassurer. Lui qui était prêt à se lier à elle, pour le reste de sa vie. Elle a toujours eu toute son attention, et elle ne s'en était jamais vraiment aperçu. Parce qu'elle en était venu à se dire qu'il serait, de toute façon, toujours là. Toujours à ses côtés. Parce que c'était un acquis. Il était son amour. Et aux larmes séchées sur ses joues vient se mêler un sourire. Le sourire le plus douloureux qu'elle n'ai jamais eu. Mais un sourire quand même. Il l'a aimé. Jusqu'au bout.

Loïs n'a pas desserré les lèvres, de tout le temps de l'entrevue. Elle n'a pas lâché la main de Bruce. Elle n'a pas regardé Chris, Clara où François, et pas son ami, non plus, en fait. Elle s'est contenté d'accepter le parchemin qu'on lui a remis, la lettre. Sa dernière. Elle s'est contentée de la lire. Elle s'est contentée d'apprendre cette vie qu'il avait prévu, pour elle. Ces surprises qu'il lui préparait. Elle s'est contentée de s'imprégner de cet amour, tracé en quelques mots sur le parchemin. Pour ne jamais le laisser repartir. Et ne jamais l'oublier. Elle s'est contenté de signer le papier là où on le lui a demandé. De ranger sa dernière lettre à côté du petit mot qu'elle a réceptionné au cimetière. Elle s'est contentée d'un salut silencieux à cette femme qui la regarde avec pitié - mais elle, elle ne veut pas de sa pitié. Et elle est sortie, avec les autres, dehors. Sous le soleil qui a de nouveau menacé de l'éblouir, qui lui a fait plisser les yeux. Sous cet air frais qui rend la chaleur d'une journée d'août presque supportable.

Que vient briser François. François qui plaisante, un peu. François qui fait rire sa soeur, sans qu'elle ne puisse se retenir. François qui gigote, mal à l'aise ? Ou qui a trop chaud. Ou trop froid. Va savoir. François qui tente surtout de cacher sa nervosité. De contenir les quelques tremblements dans sa voix. François qui semble presque prêt à les supplier. Et c'est à elle de répondre.

Parce que c'est ce que l'on attend d'elle. Parce qu'ils l'entourent, depuis des jours, qu'ils semblent tous former un mur infranchissable malgré leur propre douleur. Parce qu'ils la protègent, elle, mais surtout l'enfant de Clark qu'elle porte. Parce que pas un n'a remis en doute cette grossesse pourtant inattendue. C'est elle que Bruce attend, alors qu'il lui brisera sans doute bientôt la main à force de la serrer. C''est sa réponse que Chris attend alors qu'il prend pourtant bien soin de ne pas la regarder. Et c'est forcément François qui a réussi à faire naître un sourire sur ses lèvres, qui a réussi à lui arracher un hochement de tête. "Il a raison. On a fait du bon travail." Les mots sont légers, bas. Un ban d'essai avant d'être certaine de pouvoir s'exprimer correctement, ce qui, sincèrement, n'est pas gagné. Et pourtant sa voix a pris de l'assurance. Pour les premiers mots qu'elle prononce qui ne sont pas de première nécessité depuis qu'on lui a annoncé l'horrible nouvelle. Pour ce retour timide dans le monde des vivants. "C'est très gentil à eux, et nous venons, bien sûr. Ils ne se sont pas donnés tout ce mal pour rien." Et elle lâche lentement la main de Bruce pour venir prendre le bras de Chris. Avec un regard pour François, un pour Clara. Sa famille. Elle voudrait ouvrir les bras, très grand, pour tous pouvoir les étreindre. Elle voudrait ouvrir les bras, très grands, pour tous les protéger. Pour qu'ils ne la quittent jamais. Que plus un ne puisse perdre la vie.

Mais elle ne peut pas. Alors elle se contente d'un sourire. D'un vrai sourire. Pour chacun d'entre eux. Et de demander à Chris de l'aider à transplaner.

Une seconde, et le décor change. Une seconde, et ils sont à proximité de la jolie maison des Loiseau, où elle s'est rendue il y a si peu de mois. Une éternité. Une seconde et elle peine à reprendre pied, pose une main protectrice sur son ventre, par réflexe. Une seconde avant que les autres ne soient de nouveau autour d'eux. Une seconde pour enfin le regarder droit dans les yeux. "Tu m'aideras à prendre soin de ta petite soeur, n'est-ce pas ?" Il ne lui répond pas, mais le sérieux de son regard parle pour lui. Juste une seconde. Et ils sont tous de nouveau réunis. Ensemble. Pour toujours. Elle ne perdra plus jamais l'un d'entre eux.

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