Trying not to love you [ Pv : Aoden ]



 



Trying not to love you [ Pv : Aoden ]
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Ailleurs
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Ce message a été posté Mar 6 Aoû 2013 - 11:17

Un soupir se glissa entre mes lèvres, faiblement, et je laissai mes yeux s'échapper par la fenêtre. Il faisait beau, le soleil brillait toujours sur une Londres guère décidée à laisser le soir la gagner, malgré les dix-huit heures bientôt pointées. Le quartier était calme et mis à part un bout de ciel bleu reflété sur la Tamise, au bout de la rue, il ne se trouvait au dehors pas grand chose qui serait susceptible de me remonter le moral. Et encore, l'effet potentiel du ciel bleu, c'était pour la forme, et pour ne pas avoir l'air trop désespérée. Cette vile fenêtre ne m'était pas d'une grande utilité, après tout. Elle m'apportait une lumière qui dévoilait un appartement presque littéralement tapissé de paperasse, me rappelant joyeusement que tout ce papier serait à compléter, trier, et rendre au ministère. Et elle ne me montrait rien de plaisant ; au contraire, au dehors, rien à voir, et l'image qu'elle me renvoyait de l'intérieur était tout sauf agréable également. Esquissant une grimace, j'approchai mon visage de la vitre pour y voir plus distinctement mon reflet. La tête tournée sur la gauche, je posai mon pousse sur le coin droit de ma mâchoire et étirai légèrement la peau, histoire de vérifier une fois de plus que, non, bien sûr que non, les cicatrices n'avaient toujours pas disparu et donnaient à mon profil droit des airs Assaporiens. Je lâchai un nouveau soupir et me détournai de cette image désagréable, reportant le regard sur l'état des lieux que j'étais censée remplir. Et y appliquant un point final, estimant que ça ferait l'affaire. De toute façon, Karl ne vérifiait probablement même pas mon travail. Je ramassai une nouvelle feuille qui traînait au sol et la posai devant moi.

Comment ça, je bâcle mes rapports, dites-vous ? C'est faux ! J'essayais juste de gagner du temps. Et puis j'avais un mal fou à me concentrer. Mes pensées étaient prises ; et emportées, loin, très loin de cette paperasse et de cet appartement. Je ne savais même pas trop où exactement, et c'était bien dommage parce que ça m'aurait bien arrangée. Je n'avais aucun moyen de savoir où il se trouvait ; pas d'adresse, pas de numéro de téléphone -savait-on jamais ? J'en avais bien un, alors pourquoi pas-, pas de coordonnées de manière générale. Juste un nom, un prénom, et un métier. Ces quelques éléments avaient conduits mes pas du côté de la tour des médias ces deniers jours, bien indépendamment de ma volonté, évidemment. (Allez, faites un effort, vous pouvez ne pas voir le mensonge, je le sais.) Sans succès, malheureusement, je ne l'avais pas vu ; même pas aperçu. En réalité je ne savais pas s'il y travaillait régulièrement en s'y rendant tous les jours, ou s'il s'agissait juste du siège du journal pour lequel il travaillait. Mais cette fichue tour était le seul endroit où j'étais susceptible de croiser un Aoden Teagan que j'avais revu pour la dernière fois le vingt-sept Juin, au retour d'Assapor, alors qu'il était entraîné dans une pièce différente de celle où j'étais moi-même emportée à Sainte-Mangouste. Ça ferait bientôt deux semaines. Deux petites semaines sans nouvelles, une dernière vision de lui guère rassurante quant à son état de santé ; il n'en fallait pas plus pour que ce journaliste malchanceux occupe mon esprit constamment. Que ce soit à cause de l'inquiétude en ce qui concernait son état, ou la faute du manque que son absence me faisait ressentir jusqu'au creux de ma poitrine.

Ce dernier point était d'ailleurs plutôt déstabilisant et si je m'efforçais de ne pas y réfléchir, comme j'étais résolue à le faire depuis le début pour ce qui concernait ma relation avec l'intriguant journaliste, je ne pouvais parfois empêcher certaines pensées de gagner mon esprit. Pourquoi avais-je tant envie de le revoir ? Pourquoi son état m'inquiétait-il à ce points ; m'importait-il à ce point ? Il était mon ami ; mon meilleur ami, sans doute. Mais on peut vivre sans ses amis, on peut supporter leur absence -deux semaines ce n'était quand même pas si long- ! Même s'ils sont mal en points ; et puis sa blessure n'était quand même pas mortelle. Il ne s'agissait que d'une morsure de plante. Qui avait dérivé en fracture. Sérieuse. Ouverte, sale. … et probablement infectée … Bon sang. Je reposai le stylo sur la table, admettant une bonne fois pour toutes que j'étais incapable de me concentrer et abandonnant de fait le nouveau rapport que j'avais commencé à remplir.

Même si j'avais des raisons de vouloir le revoir rapidement en raison de son état de santé qui en vérité était plus qu'inquiétant, je sentais qu'il n'y avait pas que ça. Il me manquait. Son absence me pesait ; j'avais envie de le retrouver, d'être près de lui, de passer des instants en sa compagnie. Je voulais me moquer gentiment de sa maladresse et rire à ses plaisanteries, répondre à ses taquineries et me vexer faussement devant ses piques amicales ; retrouver le goût de vivre que je n'avais plus totalement lorsqu'il n'était pas là. J'étais si bien quand il était près de moi. Je fermai les yeux, et essayai de retrouver les sensations qui m'avaient habitée lorsque, dans un élan -supplémentaire- de générosité, il avait passé son bras dans mon dos, m'offrant la place de canapé contre lui. Je m'étais presque réfugiée dans cette étreinte rassurante et ma tête avait trouvé toute seule sa place au creux de l'épaule de cet homme qui, je le sentais, me devenait peu à peu indispensable. … J'avais envie de le revoir …

Mon regard s'égara à nouveau par la fenêtre. Revint sur le rapport. Retourna par la fenêtre. Oh et puis zut, de toute façon je n'arriverais à rien ce soir. Inutile de rester ici à me morfondre ; j'allais bouger. Et vous savez aussi bien que moi où j'avais l'intention d'aller.

Il était dix-huit heures. Théoriquement c'est à peu près à cette heure que les gens quittaient le boulot pour rentrer chez eux, non ? J'espérais le voir sortir. Ne pas le manquer, une fois de plus. Il fallait que je me dépêche. Sautant presque dans mes chaussures, je remplaçai mon T-shirt par un chemisier plus élégant et attrapai un élastique avec dans l'idée d'attacher mes cheveux en quittant l'appartement. Le reflet que j'aperçus de mon visage en passant devant la glace positionnée dans l'entrée me coupa dans mon élan. Les cicatrices. Bon sang, je les avais presque oubliées. Je laissai retomber les cheveux que je retenais dans mon poing serré, et laissai mes doigts retrouver leur place près de ma hanche, descendant en effleurant les balafres sur ma joue. Je … je n'avais pas envie qu'il me voie comme ça. C'était ridicule, j'en avais conscience, mais je … J'avais honte, probablement. Ou quelque chose comme ça. Je ne voulais pas qu'il me voie différente et qu'il … et qu'il quoi ? Aoden était mon ami. Et je ne savais pas vraiment quoi de plus, mais il était mon ami avant tout et j'étais sûre qu'il ne ferait pas de cas de l'état de mon visage. Puis après tout, il n'avait aucune raison d'accorder de l'importance à cela … Pas vrai ? Puisque nous n'étions que des amis.

Je me décidai donc finalement à sortir, emportant avec moi une pile raisonnable de documents à remplir que je rangeai dans un sac. Quelques instants plus tard, j'étais installée à la terrasse d'un café, juste en face de la porte d'entrée de la tour des média. Positionnée ainsi, il m'était impossible de le manquer, s'il venait à sortir du bâtiment. En attendant, j'allais quand même essayer de plancher un peu sur ces papiers. Ce n'était pas comme si j'espérais obtenir du résultat, après tout. Je me doutais bien que mes pensées ne tarderaient pas à s'envoler.
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Ce message a été posté Mar 6 Aoû 2013 - 15:53



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18h30, la tour des médias peu à peu se vide de ces cerveaux déchainés, audacieux et parfois trop curieux.


« Je ne suis pas certain que d’évoquer les évènements moldus soit très judicieux. Franchement, toi qui les défends si farouchement, tu voudrais qu’on leur jette la pierre ? »

« Mais non ! Bien sûr que non ! Je trouve simplement anormal que certains n’aient pas été informés sur ce qu’il s’est passé là-bas. Premièrement. Ensuite, même s’il faut impliquer les non-sorciers, ça soulève bien d’autres problèmes que leur culpabilité ! Si nous n’étions pas deux mondes distincts, cachés, étrangers, les choses auraient pu se passer autrement ! Cette bombe n’aurait pas été lâchée sur une communauté innocente. Les moldus ont autant de valeur que nous, peut être même davantage. »

« Tu rêves Teagan. Révèle à ceux qui l’ignorent encore que les moldus sont les assassins de leurs enfants, de leurs époux et de leurs femmes, les rangs mangemorts vont se remplir. »

Fichtre. Personne ne voit où je veux en venir. Personne ne daigne m’écouter, essayer de comprendre mon point de vue. Mes idées. On détourne le regard, on s’intéresse subitement à autre chose pour ne pas me laisser développer.
Mon projet est sans doute dangereux, mais pas inutile. A partir de là, je crois qu’il est nécessaire de le défendre, au moins pour le présenter sérieusement à des gens attentifs et objectifs. Un refus de la part d’un jury consciencieux m’irait. Je m’arrêterais dans ces conditions. Mais qu’on s’efforce de me tourner le dos ne fait que me motiver pour crier plus fort et plus haut.
...

« C’est ça, bonne soirée. »

Il faut que je présente ça différemment. Il faut que je mette les moldus en retrait, quand bien même ils sont le centre de ma proposition. Le problème que je veux soulever est simple : nous comporter comme nous le faisons va finir par nous couter cher, bien plus cher qu’une guerre contre les non-sorciers. Nous allons nous détruire, à petit feu, à coup de sous-entendus, d’ignorance, de quiproquos et d’égoïsme. Certains moldus connaissent notre existence car ils sont parents de sorciers… n’est ce pas là une preuve suffisante ? La glace doit être brisée. Méticuleusement, précautionneusement, intelligemment. Oui. Mais les remparts doivent tomber car la Terre ne peut être partagée.
Nous avons tant à apprendre les uns des autres…Assapor illustre merveilleusement bien notre bêtise et même si le mélange des deux mondes serait un bouleversement long et difficile, je commence à me dire que ce serait préférable.

Je suis probablement aveuglé par le cauchemar que j’ai vécu. Auprès de Kaprice, de Lena et du reste de la bande que nous formions. Traumatisé – comme tous les volontaires de cette pseudo mission d’escorte – mes pensées sont confuses et mes propos extrêmement flous, voire insensés. Ils me paraissent justes et logiques, mais j’ai bien conscience d’être sans doute influencé, subjectif et loin d’être suffisamment éclairé pour trouver une solution.

En ronchonnant j’enfonce les papiers que j’ai en main dans la poche de mon jean avant de relever la tête sur une nouvelle page. Qui traine sur le sol, lentement, au gré du vent. Je me penche pour la récupérer tandis que mes yeux cherchent un potentiel propriétaire.
Oh.

« Hem hem. »

Très sérieux, presque solennel, je me présente devant elle les bras croisés dans le dos. Son document toujours en main, j’attends que la chasseuse me reconnaisse. Si c’est encore possible. Si mon visage marqué par la fatigue et la douleur ne m’a pas complètement défiguré !
Quand le genou devient trop exécrable, je me rends.  En souriant je détends muscles et rotules souffrantes afin de me pencher vers elle pour la saluer.

« Je crois que ça t’a échappé. C’était parterre. »

Le classique « tu vas bien » reste au fond de ma gorge. Moi je vais mal, depuis quinze jours, je ne vois pas pourquoi elle irait bien ! Si c’est le cas je ne veux pas le savoir car l'hospitalisation de Kaprice me rend malade. Pire encore, je ne veux pas que Lena me parle de ses maux. Je sais qu’elle se remet aussi difficilement que moi, j’en suis persuadé, on a tous une balafre en travers du cœur, je ne veux pas que mon amie l’évoque…
En revanche, mon regard complice et protecteur ne la quitte plus. Une main solide et fraternelle s’appui sur son épaule avant que je ne prenne place face à elle.
La nécessité des mots a ses limites là ou leur force devient blessante.

« Je peux m'assoir ? Je tiens difficilement debout. Qu'est ce que tu fais de beau ?  »
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Ce message a été posté Mar 6 Aoû 2013 - 21:40

Occupée à surveiller l'entrée -ou la sortie- de la tour des médias, je ne parvenais que peu à travailler sur les documents que j'avais apportés avec moi. Mes pensées s'envolaient très -trop- vite sur la raison de ma présence ici et, en conséquence, mes yeux n'avaient de cesse de remonter vers le bâtiment, de l'autre côté de la place, afin d'en fixer les axes d'entrée et de sortie. Leur inactivité persistante commençait à me décourager. Je n'avais jamais demandé à Aoden s'il travaillait régulièrement ici, ou si c'était simplement le siège du journal pour lequel il travaillait -la Gazette, avait-il dit- qui s'y trouvait. Cette tour restait néanmoins le seul indice que j'avais en ce qui concernait ses déplacements et était donc, en tout logique, le seul endroit où je pouvais espérer le trouver.

Néanmoins, les minutes passaient -si la quantité de rapport remplis ne me le montrait pas, mon impatience grandissante, elle, s'en chargeait- et toujours aucun signe du journaliste. Peut-être ne travaillait-il effectivement jamais ici, finalement ... Je soupirai, et baissai les yeux sur le document que je me bornais à remplir, sur la table, devant moi. Habituellement, préparer ces papiers ne me dérangeait pas outre mesure, mais là, je devais bien avouer n'en avoir ni le courage, ni l'envie. Tout ce que je voulais, c'était ; une seconde ! Le rapport. Il n'était plus là. Mince alors, il était là la dernière fois que j'avais regardé !  Je jetai un oeil sous la table, et autour de moi, à la recherche du document disparu ... Il ne s'était quand même pas envolé ! Envolé .. le vent. Il soufflait un peu fort en ce début de soirée et avait dû emporter le rapport ... Merde. Je n'avais pas de double, il fallait que je ... « Hem hem. »

Une ombre me cacha soudain le soleil et, surprise, je relevai la tête pour dévisager la stature masculine qui s'était positionnée devant moi. Je détaillai son visage à contre-jour un instant, avant que l'évidence ne me tombe dessus. Mon visage s'éclaira et un « Ao ! » à la fois surpris et ravi m'échappa, reflétant le sourire que me présenta le journaliste en quittant sa position autoritaire.

« Je crois que ça t’a échappé. C’était parterre. » « Oui effectivement, merci ! » Fis-je en le saluant en retour, récupérant le document.

Il m'avait fallu deux ou trois longues secondes pour le reconnaître. A cause du contre-jour probablement, mais ses traits avaient quelque chose de changé ; de marqué, probablement par des évènements que je n'ai sans aucun doute pas besoin de citer. Aucune cicatrice ne venait balafrer son visage ; les vestiges d'Assapor n'en étaient pourtant pas moins visible sur le faciès de mon ami. Mon sourire disparut progressivement à cette pensée. Quelles autres balafres Aoden avait-il rapportées d'Inde ? ...
Sa main se posa sur mon épaule et mes doigts vinrent furtivement serrer les siens dans une légère étreinte qui se voulait réconfortante, tandis que son regard chaleureux accrochait le mien. Je lui souris à nouveau. Qu'est-ce que j'étais contente qu'il soit là ... Je me sentais mieux ; aussi bien qu'il m'était possible de l'être, en sachant mon ami blessé et en étant moi-même en relative bonne santé. Avoir la désormais certitude qu'il était bien en vie me soulageait d'un poids. Je l'avais vu revenir d'Inde, mais voir une personne que l'on aime être emportée dans un bloc opératoire sans plus avoir de nouvelle par la suite, ce n'était pas franchement rassurant.

« Je peux m'assoir ? Je tiens difficilement debout. Qu'est ce que tu fais de beau ?  »

« Oh oui, oui bien-sûr assieds-toi ! Attends je, j'enlève ça, que ça fasse un peu de place. » Répondis-je un peu précipitamment, comme désolée de ne pas le lui avoir proposé. Son genou ... Sa blessure me revint à l'esprit et  je me dépêchai de ramasser les diverses feuilles étalées sur la table pour en faire une pile relativement propre que je gardai plus proche de moi, posant la main dessus pour éviter que le vent ne m'en subtilise à nouveau une. Je risquai un sourire quelque peu ironique en tapotant du bout des doigts la rapport placé au dessus des autres. « De beau ? Pas grand chose. J'essaie de, hm, ne pas trop laisser les évènements prendre de l'avance sur moi. En commençant par rattraper la paperasse en retard ; je ne tiens pas à me faire étriper par Karl. » Levant les yeux au ciel, je fis un signe vague de ma main libre, l'air de dénoncer la futilité de mes propos. « Rien de bien passionnant. » Je reportai mon regard sur lui, l'air un peu plus sérieuse ; plus inquiète. Refusant pourtant de parler sérieusement, j'empruntai une voix quelque peu malicieuse. « Par contre j'ai passé ces derniers jours à rechercher un certain journaliste évaporé dans la nature depuis bientôt deux semaines ... Et figure-toi que, pas possible de lui mettre la main dessus !  Alors aujourd'hui j'ai fui mon appartement pour espérer le croiser, et au final c'est lui qui me tombe dessus, et en me ramenant un rapport envolé. J'en ai de la chance. »

De la chance ... Nous en avions tous eue, en quelque sorte. Nous étions tous revenus d'Assapor, peut-être pas tous en bonne santé, mais au moins, en vie. Beaucoup de phénix ne pouvaient pas en dire autant ; ne pouvaient plus rien dire du tout. Les cadavres qui jonchaient les rues de la ville indienne nous l'avaient à tous montré. L'un des cadavres en question était de mon fait ... Il était tellement jeune, jamais il n'aurait dû être là. Et il n'en partirait plus jamais ... Je , ce n'était pas tout à fait ma faute, pas vrai ? .. Il n'avait pas à être là .. Tout comme je commençais à penser que personne n'aurait dû s'y trouver ; pas Ao, pas Kaprice, pas moi ; personne ! Nous avions failli y rester ... Ces statues, ces miroirs, qui avaient emprisonné le journaliste, qui ... Je clignai des yeux. Aoden. Aoden, devant moi, bien vivant, bien là. J'entrouvris les lèvres dans une profonde inspiration censée me ramener à l'instant présent, et secouai brièvement la tête. Je voulus articuler une excuse, quelque chose, mais aucun son ne franchit la barrière de mes lèvres. Mon regard perdu et inquiet qui tentait de retrouver une expression plus rassurée se raccrocha à celui de mon ami et, après avoir discrètement soufflé, j'osai un sourire détendu. Ou pas. M'enfin, sourire quand même.


« Maintenant que tu es là je peux espérer avoir des nouvelles ! Je n'avais pas tes coordonnées et je commençais à désespérer de te voir réapparaître ...  Tu travailles ici alors ? Ou tu ne faisais que passer ? Je ne t'ai pas vu hier alors ... Bref. Toi, qu'est-ce que tu fais de beau ? »

Je baissai un instant les yeux et, sans trop que j'en aie conscience, ma main libre passa nerveusement derrière mon oreille et envoya quelques mèches de cheveux tomber devant mon visage, essayant en vain de cacher les marques blanches qui balafraient mon profil droit. Ce n'était pas vraiment voulu. Néanmoins nous nous appliquions visiblement tous deux à ne pas parler explicitement de drame d'Assapor et ces cicatrices en étaient des allusions bien trop visibles. En plus, elles me mettaient mal à l'aise. Je relevai le regard vers Aoden. Essayer de ne pas parler de cela, de ne pas le montrer, était-ce vraiment la solution pour franchir le cap et passer à autre chose ? Était-ce seulement possible ? La main rassurante qu'il avait posée sur mon épaule et les yeux bienveillants avec lesquels il me regardait, me procuraient ce sentiment de sécurité que lui seul avait su me donner. Ses bras étaient un refuge plus sûr que toutes les forteresses du monde et j'aurais voulu m'y glisser pour ne plus m'en séparer. Pour m'y trouver à l'abri ; à l'abri de tout. Il aurait pu me dire que ce que nous avions vécu n'était plus qu'un mauvais souvenir, et j'aurais presque pu y croire. Lui, je l'aurais cru.
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Ce message a été posté Ven 9 Aoû 2013 - 11:56



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Je n’ai jamais compris les gens qui, pour se changer les idées, vont bosser un peu. Je reconnais que quand un problème tenace et perturbant s’entête à nous malmener, à altérer nos pensées et nos facultés quelles qu’elles soient, il est préférable de se plonger dans une occupation suffisamment prenante pour nous faire oublier ledit problème.
Mais travailler ? Vraiment ? A part s’assurer de rendre un mauvais boulot, je ne vois pas ce qu’on peut espérer de ce genre de comportement. Parce que je le vois bien, Lena a besoin de se changer les idées. Lena est occupée, depuis que nous sommes rentrés, à ressasser les évènements tragiques et traumatisants que nous avons traversés.
Alors qu’elle me fait de la place sur la table en s’agitant, je place une main largement ouverte sur la plupart des documents : stop.

« Ne t’occupe pas de Karl. Est-ce qu’au moins tu as pris soin de toi ? Est-ce que tu as été correctement soignée ? Est-ce que tu ne mérites pas quelques jours de repos ?... »

Je voulais éviter le sujet Assapor, mais il est tout bonnement inévitable. L’enfoiré. Je ne le laisse pas pour autant détruire le peu de positif qu’il me reste. Je souris à la chasseuse avec insistance, pour bien lui faire comprendre que ce n’est pas qu’une question. Si j’avais un quelconque poids hiérarchique sur la demoiselle, je lui imposerais des vacances.
Maintenant, si on se rappelle de la théorie que j’évoque plus haut – comme quoi travailler permet à certains de se changer les idées, ou d’essayer – Lena a peut être envie de continuer sa paperasse. Je n’ai pas à m’en mêler.

Installé face à elle, je m’amuse à reconnaitre quelques visages sortir encore de la Tour des Médias. Le flot de journalistes et autres professionnels continue de s’échapper de la bouche béante qu’est l’entrée des lieux. Une vraie fourmilière, ce bâtiment.

Et la reine.
Si indispensable.
Si absente.

Je secoue la tête et me concentre sur les propos de mon amie, pour éviter de trop rêver. Et rester poli, également.

« Par contre j'ai passé ces derniers jours à rechercher un certain journaliste évaporé dans la nature depuis bientôt deux semaines ... Je fronce les sourcils, très impliqué, et active mes neurones pour mettre un nom sur ledit journaliste. Et figure-toi que, pas possible de lui mettre la main dessus ! Allons bon, un camarade a disparu ? Alors aujourd'hui j'ai fui mon appartement pour espérer le croiser, et au final c'est lui qui me tombe dessus, Je regarde autour de moi et mon visage fini par se décrisper. et en me ramenant un rapport envolé. J'en ai de la chance. »

« Oh ! Je, oui je suis désolé je n’ai donné aucune nouvelle. »

« Maintenant que tu es là je peux espérer avoir des nouvelles ! Je n'avais pas tes coordonnées et je commençais à désespérer de te voir réapparaître ...  Tu travailles ici alors ? Ou tu ne faisais que passer ? Je ne t'ai pas vu hier alors ... Bref. Toi, qu'est-ce que tu fais de beau ? »

« Je ne travaille pas vraiment ici, non. Disons que je viens y déposer mes articles parfois, et les réunions importantes se passent ici également. »

Ça dépend en fait. Complètement. Ça dépend de mon travail du moment, de ma motivation, des bureaux disponibles, de l’ambiance qu’il me faut, de la présence de certaines personnes ;
Je me frotte la nuque, sincèrement désolé d’avoir ainsi été muet tout ce temps.

«  J’ai été bizarrement très occupé. Bizarrement parce que je n’ai aucune liste de choses effectuées depuis deux semaines qui pourraient m’excuser d’avoir été absent…mais je t’assure, j’étais bien pris. Je crois qu’il m’a fallut du temps pour pouvoir repartir correctement. J’étais à l’hôpital la première semaine, après quoi je me suis énormément inquiété pour Kaprice et le retour à la Gazette a été douloureux. Aussi. »

Je hausse les épaules, marquant par la même occasion la fin de cette parenthèse. Ces deux semaines sont passées, en avant pour la troisième. Il y en aura – logiquement – une quatrième, et des autres. Encore. Des dizaines, des centaines. Assapor deviendra point de repère d’une chronologie jusqu’alors bien vide. Une page, un chapitre à elle seule ! Un chapitre décisif, crucial, qui aurait pu être absent mais qui par sa présence, change tout. Absolument tout.
La convalescence de ma cousine et ce qui découle de son passage à l'hôpital…la rencontre avec Lauren, dans ces conditions si dramatiques, la peine que l’on a partagée, ces sourires…la haine, incommensurable, envers les mangemorts, les gamines, leur lâcheté, leur égoïsme…ces douleurs. Ce genou, foutu. Qui inlassablement et jusqu’à la fin me fera sentir la météo changeante, me fera sursauter de douleur dans mon sommeil.
J’ai changé. Et mes convictions sont désormais plus vagues que jamais.

« Je cherche aussi quelqu’un, figure toi. J’ai…bien sûr je m’inquiète pour les miens, surtout Kaprice et toi qui avez subit cette épreuve avec moi, mais j’ai besoin de voir quelqu’un. On a faillit y passer, tous. Et dans ces moments là on prend conscience de certains trucs. On réalise qu’une partie des détails de notre existence ne sont en fait, pas si futiles que ça. Je donnerai tout pour protéger Kaprice, quels que soient les ennuis qu’elle rencontre. Je ferai mon possible pour te protéger Lena. Toi, Kap, Prudence et Lauren, vous êtes sans doute ce que j’ai de plus cher. Et il y a, cette personne  que, j’ai besoin de voir. Depuis que je suis rentré elle est inabordable, plus inaccessible qu'avant et c’est, douloureux. Je ne sais pas ce que j’attends, honnêtement, c’est encore plus flou qu’avant. Je voudrais juste pouvoir l'atteindre. Bref. »

Dans un soupir venu de loin, je passe la paume de ma main contre mon visage. Une sorte de massage vigoureux sensé me réveiller, me rendre un peu plus cohérent, moins confus.

« Je trouve ça très sympathique de ta part. D’être venue jusqu’ici, pour me voir. A part le boulot, comment vas-tu ? »

Fais moi oublier nos maux. Dis moi que tu vas mieux.
Fais moi penser à des instants plus beaux. Dis moi qu'il n'y a plus qu'eux.
Fais moi me sentir vivant à nouveau. Même si sans elle, je suis malheureux.
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Ce message a été posté Sam 10 Aoû 2013 - 17:57

Je ramenais à la va-vite autant de documents que possible vers mon côté de la table, les empilant un peu en vrac les uns sur les autres ; histoire de faire de la place, d'avoir l'air vraiment disponible, et pas occupée, en plein travail. Je n'étais pas du tout venue ici pour travailler et je ne voulais pas qu'il croie qu'il me dérangeait ; puis autant l'avouer, ça faisait plus propre, moins désordonné, de ne pas avoir des tonnes de papiers éparpillés partout. La main d'Aoden se posa près de la mienne, bloquant les rapports sur la table et immobilisant mon bras en train de les tirer dans ma direction. Surprise, je relevai la tête vers lui, les lèvres entrouvertes, prête à protester. Il fut plus rapide. « Ne t’occupe pas de Karl. Est-ce qu’au moins tu as pris soin de toi ? Est-ce que tu as été correctement soignée ? Est-ce que tu ne mérites pas quelques jours de repos ?... »

Je pinçai discrètement les lèvres et évitai un instant son regard, comme on évite les yeux bienveillants d'une personne que l'on ne veut surtout pas inquiéter, à juste titre. J'étais sincèrement touchée par ces mots, par sons inquiétudes, le fait qu'il prenne ainsi indirectement soin de moi ; comme, peut-être, un grand frère, présent et protecteur. Je n'avais jamais été habituée à tant d'attentions, oud e gentillesse, simplement. D'affection. J'avais presque honte de devoir reconnaître que, hé bien, non, je n'avais pas pris soin de moi, je ne m'étais pas laissée correctement soignée ... Souvenirs d'enfance traumatisants qui ne me permettaient pas de supporter de rester alitée à l'hôpital trop longtemps. Et puis en vérité ... Je n'avais même pas pensé que mon état puisse avoir de l'importance pour quelqu'un, sur le coup ... J'avais du mal à me dire que, moi, je pouvais être importante pour quelqu'un. Pourtant ...
Je relevai la tête, et trouvai en retour le sourire du journaliste. Je le lui rendis, un peu timidement, désolée de ne pas pouvoir lui dire qu'il n'avait pas à s'en faire pour moi. Je haussai doucement les épaules et remettant mes cheveux à leur place, et appuyai mes avant-bras sur la table en me penchant légèrement en avant.

« Ne t'inquiète pas ... Ca ira. Le principal est fait, je suis entière, il ne reste plus qu'à retrouver le fil, le cours normal des choses. Question de temps, je suppose. »

En théorie donc, rien de bien compliqué. Laisser aller. Attendre que tout retourne à sa place, que l'ordre normal des choses soit rétabli et que la routine reprenne le pas sur le conte-coup de la tragédie. Mais en pratique, c'est une tout autre chose. La théorie ne parle pas des flashs de retour qui nous prennent à n'en plus finir, elle ne parle pas des cauchemars, de l'angoisse, de l'inquiétude et de la peur qui nous saisissent comme si on n'y avait encore été. Peut-être que des vacances n'auraient pas été de trop ; Aoden avait surement raison. Karl en revanche, n'apprécierait probablement pas. Parmi la brigade, nous étions deux à être présents à Assapor. Des deux, j'étais la seule à être revenue. Peu de gens étaient formés à la chasse de lycanthropes et il serait déjà assez difficile de s'en sortir aux prochaines pleines lunes avec un chasseur en moins pour ne pas en éliminer un de plus. Puis le boss y verrait une occasion de plus de me rabaisser ; non, pas de vacances. Et  pour éviter de trop repenser à l'Inde, mieux valait que je ne me donne pas le temps d'y réfléchir. Le travail serait peut-être erroné ; mais tant pis. Que pouvais-je faire de mieux ?

« Je ne travaille pas vraiment ici, non. Disons que je viens y déposer mes articles parfois, et les réunions importantes se passent ici également.
J’ai été bizarrement très occupé. Bizarrement parce que je n’ai aucune liste de choses effectuées depuis deux semaines qui pourraient m’excuser d’avoir été absent…mais je t’assure, j’étais bien pris. Je crois qu’il m’a fallut du temps pour pouvoir repartir correctement. J’étais à l’hôpital la première semaine, après quoi je me suis énormément inquiété pour Kaprice et le retour à la Gazette a été douloureux. Aussi. »

Je hochai doucement la tête, compatissante. « Je comprends. Ne t'en fais pas ce n'était pas un reproche ; du tout, j'étais juste inquiète pour .. enfin à cause de tout ça, je me demandais comment tu allais. Je me doute que tu devais être occupé ... D'ailleurs Kaprice, j'espère qu'elle se remet ? Je n'ai pas de nouvelle non plus ... »

Soucieuse, je regardai Aoden avec attention. Kap et moi avions eu à partager une mission pour l'Ordre avant Assapor et j'avais vite appris à l'apprécier. J'espérais que la cousine Teagan allait bien ... Ou en tout cas pas au plus mal, comme tout donnait raison à ce dernier cas. Et encore, je n'étais pas au courant de tout.

« Je cherche aussi quelqu’un, figure toi. J’ai…bien sûr je m’inquiète pour les miens, surtout Kaprice et toi qui avez subit cette épreuve avec moi, mais j’ai besoin de voir quelqu’un. On a faillit y passer, tous. Et dans ces moments là on prend conscience de certains trucs. On réalise qu’une partie des détails de notre existence ne sont en fait, pas si futiles que ça. Je donnerai tout pour protéger Kaprice, quels que soient les ennuis qu’elle rencontre. Je ferai mon possible pour te protéger Lena. Toi, Kap, Prudence et Lauren, vous êtes sans doute ce que j’ai de plus cher. Et il y a, cette personne  que, j’ai besoin de voir. Depuis que je suis rentré elle est inabordable, plus inaccessible qu'avant et c’est, douloureux. Je ne sais pas ce que j’attends, honnêtement, c’est encore plus flou qu’avant. Je voudrais juste pouvoir l'atteindre. Bref. »

« ... Oh ... » .. Ca m'avait échappé. Je .. ne m'attendais pas à ça. Pas du tout. Je le regardai sans bouger, figée dans une expression que je peinerais à vous définir. Les lèvres à nouveau entrouvertes de stupéfaction, l'air surtout un peu perdue ; sans trop savoir où me mettre, comment réagir, que dire. Que montrer, que ne pas montrer ? ... Et quoi penser ? La personne qu'il évoquait ici était une personne très chère à son cœur, difficile -impossible- d'en douter. Une personne dont il ne mesurait l'importance qu'il lui accordait que maintenant qu'il avait failli y rester, comme il le disait ... Était-ce bien ce qu'il fallait comprendre ? Il parlait d'un besoin, du besoin qu'il avait de la voir. Il en parlait avec une telle ferveur ; en insistant sur certains mots, en appuyant l'importance, la place qu'avait cette personne -cette femme ?- au sein de ces phrases dans lesquelles il semblait se livrer ... Comment douter un seul instant de l'attachement qu'il lui manifestait ? Mon cœur se serra inexplicablement. Tellement fort que c'en fut douloureux, que j'en eus l'impression d'un affaissement, là, juste dans ma poitrine. Je déglutis avec difficulté. Qu'est-ce que c'était que cette réaction ? Pourquoi je ... merde. Je ne comprenais rien. J'avais l'impression de naviguer en plein océan, seulement assise sur cette chaise, appuyée sur cette table ; comme si le sol avait disparu, comme si tout avait disparu. Aoden était là, en face. Si près. Et pourtant jamais, jamais il ne m'avait paru si loin. C'était une sensation tellement ... déroutante... Blessante ?
J'inspirai un bon coup, et clignai des yeux, plusieurs fois. Bon sang ... Qu'est-ce que c'était que tout ça ? En tout cas il ne fallait rien montrer ; surtout, je ne voulais pas qu'Aoden se rende compte de mon mal-être soudain. Il allait s'inquiéter, me poser des questions, et je n'aurais rien à lui répondre ... Inutile. Je me forçai à reprendre contenance et affichai un léger sourire qui se voulait compréhensif, refoulant aussi loin que possible ces sensations incompréhensibles et déstabilisantes. J'espérais qu'il ne s'était aperçu de rien ... Le "oh" que j'avais lâché pouvait toujours passer pour être dû à l'émotion, non ? Il me disait qu'il ferait son possible pour me protéger ... Ca me faisait chaud au coeur, bien sûr, mais là ...

« ... Je vois ... J'espère que tu réussiras à lui parler ! Qui est-ce, cette personne ? Je n'ai pas vu grand monde depuis que nous sommes rentrés et je doute de l'avoir croisée puisque ça n'a pas été ton cas alors que tu la cherchais, mais bon, on ne sait jamais ... Je .. En tout cas j'espère que tu y arriveras et que, mh, tu la retrouveras. Pour lui parler ... Ca ... Ca, a l'air d'être, important ... Pour toi ... »

J'avais eu un mal incroyable à prononcer ces derniers mots ; encore une fois, je ne comprenais pas, ils s'étaient arrachés à mes lèvres avec difficulté, et avaient sonné un peu ... forcés ? Peut-être pas à ce point, mais, pas vraiment naturels. Tant pis ...

« Je trouve ça très sympathique de ta part. D’être venue jusqu’ici, pour me voir. A part le boulot, comment vas-tu ? »

Mal. C'est encore plus inexplicable du fait que, quelques minutes -secondes ?- plus tôt, j'aurais essayé d'être positive, ne serait-ce que pour moi-même ; pour me donner l'illusion que tout n'était pas si terrible, que le pire était passé. Mais là, maintenant, cette sensation de malaise, de malêtre, elle m'en ôtait même l'envie. Pourquoi se leurrer ? De toute façon ce n'est pas en m'enfonçant dans la tête que tout allait pour le mieux que les choses allaient s'arranger. J'avais pensé, j'avais espéré, que les choses seraient plus faciles avec Aoden près de moi. Je savais qu'il n'irait pas mieux que moi, j'avais seulement envie de le voir, d'être avec lui ... Ce qu'il venait de me dire ne m'avait pas effleuré l'esprit, pas une fois. Comment aurais-je pu y être préparée ? ... Et même en l'étant, comment, comment étais-je censée comprendre ce que je ressentais, ce que me faisait ressentir la possibilité qu'il ait ... une femme dans sa vie ?
Je regardai Aoden, intensément ; comme si j'avais cherché à voir quelque chose, à trouver une réponse, tout au fond de ses yeux. Pourquoi ... Je ne comprenais pas, je n'arrivais pas à comprendre pourquoi j'étais ébranlée à ce point. Et l'immensité de son regard ne m'y aidait pas. Ce que j'y vis ne me donna pas ma réponse ... Mais, m'intrigua. Me toucha. On dit souvent que les yeux sont la fenêtre de l'âme ; sans aller si loin, je dirais que ce sont les principaux ennemis des comédiens ; les premiers à trahir. Ne distingue-t-on pas tant l'émotion dans des yeux embués que dans n'importe quelle autre parole, quel autre geste ? Ou la peur, Ou la joie ? Il est même possible de sourire, de rire par le regard ... Et, là, Aoden ne riait pas. Aoden ne souriait pas.

Ma gorge se serra. Qu'attendait-il de moi ... ? Il venait de me parler de cette femme -j'étais persuadée que c'en était une-, il me disait à demi mot qu'il était mal, loin d'elle, qu'il avait besoin de la voir. ... Comme, moi, j'avais eu besoin de le voir ... Je ne réussirais pas à lui changer vraiment les idées, mais ... J'étais son amie. Il était mon ami, et il était mal ; plus mal encore que moi. Je ne pouvais pas m'arrêter à cette jalousie terrible qui me saisissait le cœur, et le laisser là, comme ça, sans autre explication, alors qu'il n'avait pas pensé faire mal en me parlant comme il l'avait fait. Il avait juste parlé à une amie ; et c'est cette amie qui aurait dû l'écouter, pas cette autre personne, cette Lena qui, je m'en rendais peu à peu compte, ressentait plus que de l'amitié pour le journaliste. C'était à cette amie de lui répondre à présent ; d'être là pour lui, comme il était là pour moi. Même si je ne représentais pas la même chose ...

Je lui souris. D'un sourire dont je ne parvins pas à cacher la tristesse, mais qui se voulait un maximum enthousiaste.

« Je me remets, lentement mais sûrement. Le pire est passé ... il faut s'en convaincre. Essayer de ne pas regarder en arrière ... Même si c'est difficile. L'important ... je crois que c'est de ne pas rester seul, et d'avoir quelqu'un. Un ami. Une personne. » Je marquai une légère pause, réfléchissant, avant de reprendre, forçant ma voix à se faire entrainante. « Ça te dit, qu'on aille faire un tour ? Sans vraiment marcher, mais on peut aller se poser quelque part, ailleurs. Ici il y a du monde, du bruit. On trouve un endroit tranquille pour discuter ? La tour des Médias est sympa m'enfin, il y a des coins bien plus jolis, dans le Londres moldu par exemple ! »
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Ce message a été posté Lun 12 Aoû 2013 - 14:10



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« ... Oh ... »

Oui hein. Je relève les yeux en direction des siens lorsque ce son s’échappe d’entre les lèvres de mon amie. Qui aurait pu imaginer qu’un jour je me sente si…bouleversé par quelqu’un. Pas moi en tout cas et vraisemblablement, Lena est toute aussi étonnée de l’apprendre. Je n’ai posé aucun mot sur ce que je ressens vraiment, pour la simple et bonne raison que j’ignore parfaitement de quoi sont fait mes ressentis ! Mes connaissances sont assez limitées :
Je sais qui est cette personne que j’ai tant besoin de voir. Heureusement. Je sais aussi que ce serait malvenu de l’accoster pour au final, ne rien lui dire. Je sais que sa vie est bien remplie. Que ses journées professionnelles comme personnelles sont occupées, comblées pour ne pas dire submergées. Je suis certain de l’échec de la moindre tentative d’approche. Pire encore. Je suis certain qu’en réalité, je ne dois pas l’approcher. Pas ainsi. Par pour ça.

J’espère simplement pouvoir prétexter ce rapport de simples journalistes, cette affinité due au travail, pour prendre de ses nouvelles et croiser son regard dur, savourer ses mots aussi autoritaires que complices. Juste ça. J’ai besoin de ça pour me sentir mieux.

« ... Je vois ... J'espère que tu réussiras à lui parler ! Qui est-ce, cette personne ? Je n'ai pas vu grand monde depuis que nous sommes rentrés et je doute de l'avoir croisée puisque ça n'a pas été ton cas alors que tu la cherchais, mais bon, on ne sait jamais ... Je .. En tout cas j'espère que tu y arriveras et que, mh, tu la retrouveras. Pour lui parler ... Ca ... Ca, a l'air d'être, important ... Pour toi ... »

« Je ne l’ai pas vraiment cherchée. Disons que, j’essaye de provoquer la chance, mais tu connais mon penchant pour la poisse je n’ai même pas réussi à la croiser. »

Je m’arrête là, le temps de froncer les sourcils et faire disparaitre mon sourire, percutant à cet instant seulement le ridicule de la situation. Me fuit-elle ? Je la croise souvent d’habitude. Je la croisais souvent, avant. Mais Assapor à tout cassé !
Je secoue la tête pour revenir à la chasseuse. Si l’aventure en Inde a causé du dégât, c’est là haut que ça se passe.

« Elle bosse ici. Je finirai bien par la voir oui, il n’y a pas de raison. »

L’auto-persuasion peut entrainer une espèce de certitude dévorante et bien dangereuse, mais qu’importe. Je préfère tenter cette voie ci. Avec toute la poisse que je dépense, tous les jours, il va bien falloir que la chance se montre. A un moment ou un autre. Ou alors il va falloir qu’on m’explique pourquoi on a choisi de me ramener ici vivant, si je ne peux pas me servir de cette cruelle leçon pour enfin vivre pleinement !
Le destin est un gros sadique.

Je ne veux pas évoquer Kaprice. D’abord par respect pour elle, pour nos confidences, notre attachement. Je n’ai personnellement rien à cacher à Lena et j’aimerai même me confier à elle, obtenir son soutien, sa parole, ses condoléances…mais je n’ai pas intérêt à commettre la moindre erreur et l’affaire est si grave qu’il vaut mieux laisser Kap gérer les choses comme elle l’entend. Je ferai ce qu’elle préfère face aux autres et pour l’heure : la discrétion est de mise.
Mes petits secrets ont occupés assez de temps durant cette conversation, je balaye Loïs de mes pensées – pas d’inquiétude, elle y est solidement accrochée – pour pouvoir me focaliser sur Lena. Son discours sur sa santé me laisse sceptique et à l’évocation d’une présence, d’un ami, je ne peux m’empêcher très prétentieusement de penser à moi.
On ne me l’enlèvera pas : en l’occurrence, je suis le seul ami présent.

« Oui je te l’accorde, le coin est bruyant ! Ça me va, où veux-tu qu’on aille ? Si tu m’assures qu’on n’en a pas pour une heure à pieds je pense pouvoir te suivre.»

Alors que nous nous levons pour quitter l'endroit, un détail interpelle enfin mon attention. Que s'est-il passé, depuis ce sourire rendu ? Qu'ai-je oublié de dire, ou qu'ai-je dis de mal, entre le moment ou nos regards se sont retrouvés et cet instant, ou nous prenons la route ? Quelle information a pu venir ainsi briser la fermeté de ses pupilles pour en faire deux points de fuite, si opaques ?...

« Lena ? Tout va bien ? »

Sans parler de souvenirs, sans parler de mission suicide loin de notre pays. Sans même parler des secrets qui font son mystère, sa personnalité. Juste maintenant, , qu'a-t-elle ?
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Ce message a été posté Mer 14 Aoû 2013 - 19:51

« Oui je te l’accorde, le coin est bruyant ! Ça me va, où veux-tu qu’on aille ? Si tu m’assures qu’on n’en a pas pour une heure à pieds je pense pouvoir te suivre.»

J'esquissai un faible sourire en articulant un  « Alors en route ! » aussi enthousiaste que possible, me levant à la suite de mon camarade. Je baissai les yeux sur la table et commençai -ou plutôt, continuai- à ramasser les documents éparpillés. Pas de panique, je n'avais pas l'intention de travailler ; juste que je ne pouvais pas laisser tout cela en plan ici. Et puis, ça me faisait une bonne excuse pour ne pas croiser le regard d'Aoden. Autant lui éviter de constater que je n'étais plus ; ou étais encore moins dans mon assiette depuis qu'il m'avait parlé de cette femme. Ses réponses me confirmaient ce point ; oubliant en revanche de me donner l'identité de la personne, que j'avais demandée. Tant pis. Ce n'était peut-être pas plus mal, ça m'éviterait de me faire une ennemie supplémentaire. Ces accusations à mon encontre m'en avaient déjà donnés bien assez. Ou peut-être au contraire, toutes les femmes que fréquentaient Aoden deviendraient-elles des rivales potentielles ? Mais ; hé, depuis quand il était question de rivalité, de jalousie, de tout ça ? D'où est-ce que ça venait cette histoire ? Et puis ça ; non, c'était ridicule. Et puis mince, même s'il devait s'agir de jalousie affective -je dis bien affective-, j'étais donc incapable de considérer les femmes de qui je devrais potentiellement être jalouse, comme autre chose que des ennemies ? Je n'avais donc pas plus de jugeote et de sang froid qu'une gamine de quinze ans amoureuse ? Amoureuse .. ? Non mais, oh, stop. Tu délires ma vieille.
Je soupirai en secouant la tête face à ces réflexions idiotes, m'activant dans mon entreprise de récupération de rapports incomplets.

« Lena ? Tout va bien ? »

... Je m'immobilisai, une feuille solitaire dans la main droite ; la pile des autres dans la main gauche. J'étais démasquée ; déjà ? J'avais bien conscience d'avoir un comportement étrange mais ; était-ce donc si évident ? Je relevai la tête et croisai son regard, furtivement, avant de le détourner. .. Oh ... ce devait être ça ! Rompre tout contact visuel, ce n'était pas vraiment ce à quoi j'avais pu habituer le journaliste depuis que nous nous connaissions. Au contraire. Mais en général, j'étais plutôt bonne comédienne. En général. Pas avec lui. Et pas quand j'étais secouée comme ça, quand j'étais perturbée et incapable de comprendre exactement pourquoi.
Je levai à nouveau les yeux vers lui.

« Je ... Oui. Oui oui, ne t'inquiète pas, je, j'étais juste en train de penser qu'il allait falloir que je m'occupe de cette paperasse. Mais pas maintenant ! Pas maintenant, plus tard. Une autre fois, là je suis là, et on s'en va discuter. Le boulot attendra. » Je risquai un sourire censé le rassurer quant à mon état, avant de ranger le tas de feuilles dans mon sac et de glisser celui-ci sur mon épaule. « Considère que cette soirée est ma soirée de vacances ! » Je contournai la table et m'approchai de lui. « Bon, alors, on va où ? Je voudrais juste repasser à mon appartement pour y laisser ça, et après on est libres. On peut aller ... Hum ... Je ne sais pas, Hyde Parc ? Ou à London Eye ? Bon ce n'est pas très confortable mais la vue est superbe. Quoique à Hyde Parc il ne doit pas y avoir trop de monde à cette heure, on serait plus tranquilles. Tu y es déjà allé ? »

Et pourquoi pas ? Il m'avait parlé de sa passion pour les moldus une ou deux fois, mais nous n'en avions pas vraiment discuté. C'est pour ça que l'idée d'aller dans le coin non sorcier de Londres m'était venue. Peut-être avait-il visité le quartier, déjà. Ca n'empêchait rien, d'un autre côté, j'avais grandi à Londres et ne me lassais pourtant pas de traverser cet endroit quand l'envie m'en prenait. Enfin, ça faisait un moment que ça ne m'était pas arrivé. Plus d'un an. Bref.

« Bon, en tout cas, on passe à mon appart' ? Ca ne t'embête pas ? »

Je lui tendis la main en souriant, attendant qu'il la saisisse pour transplanner et l'emporter avec moi. Lorsqu'il posa sa main dans la mienne, je serrai ses doigts dans les miens, un peu plus fort qu'il ne l'était nécessaire, un peu nerveusement, avant de visualiser le pallier de l'étage où je voulais me rendre.

Crac.


Je rouvris les paupières, et les escaliers, la cage d'ascenseur minuscule et la porte de mon appartement se dessinèrent sous mes yeux. Je déverrouillai la serrure et poussai le battant, pénétrant dans l'entrée juste assez de temps pour accrocher le sac sur le porte-manteau qui y était fixé. Il n'y avait que du travail là dedans -je parle du sac, bien que ça vaille également pour l'appartement en lui-même- et je n'en avais pas besoin pour passer la soirée avec Aoden. J'hésitai un instant à emporter une veste ; et renonçai finalement. Il ne faisait pas froid, pas question de m'encombrer. Je passai la tête par l'encadrement de la porte et regardai un Aoden abandonné sur le pallier par une Lena un peu perturbée et pas tout à l'aise. « Tu ... veux entrer ? Si tu veux on prend un verre avant de partir ? Enfin on peut aussi y aller directement, comme tu préfères. »
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Ce message a été posté Sam 17 Aoû 2013 - 18:34



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« Tu ... veux entrer ? Si tu veux on prend un verre avant de partir ? Enfin on peut aussi y aller directement, comme tu préfères. »

« Je crois qu’on va se poser là un instant. Tu permets ? »

Sans me laisser trop influencer par ma timidité légendaire, je m’offre le culot d’entrer dans l’appartement de la chasseuse tout en refermant la porte derrière moi. Je n’ai pas de préférence, mais il y a urgence. Ne remarquez-vous pas ? Ne voyez-vous donc pas que Lena est mal ? C’est mon amie, sans doute la plus…chère à mes yeux, celle avec laquelle je me sens à la fois amusant, utile et bienvenue. Ce n’est quand même pas tous les jours.
Je m’approche de la jeune femme comme si j’avais le charisme nécessaire et suffisant pour l’impressionner. Mon intention est simple, j’aimerai qu’elle se pose. Qu’elle respire un bon coup, qu’elle m’explique ce qui la tracasse ou, au pire, qu’elle réalise qu’il n’y a ici pas de quoi s’affoler.
N’est ce pas ?

« Je connais Hyde Parc. De nom seulement. Je suis un piètre passionné je l’admets, je ne suis pas allé si souvent dans le Londres moldu. Et – ça risque de te paraitre bizarre – quand j’ai eu l’opportunité de m’y rendre j’ai préféré flâner dans les coins les moins populaires. Ceux dont on ne parle pas. Les plus basiques. Ça me semblait être une bonne solution pour observer le quotidien d’un non sorcier  « moyen ». Enfin. Je nous sers à boire, ça ne t’embête pas ? »

A ces mots, je suis déjà vers le coin cuisine, me souvenant absolument des gestes que Lena avait effectués la dernière fois alors que j’admirais l’écran de télévision. Désormais c’est à moi de la servir et si la logique aurait voulu que nous fassions ça chez moi, rien ne m’empêche d’être serviable. Sauf si la belle déteste qu’on touche à ses petites affaires ;
Mais ce détail ne me vient que lorsque les verres sont déjà sur le comptoir et que les bouteilles ont  joliment fleuries. C’est la preuve qu’en sa présence je me sens à l’aise, que je ne ressens aucune habituelle gêne ou contrariété.
Ça n’a malheureusement pas l’air d’être son cas.

« Tiens. » Dis-je en lui tendant son verre. « Et maintenant explique moi…c’est Assapor ? Tu es encore sous le choc ? Je persiste tu devrais prendre des vacances ! »

Eh là ne t’emballe pas idiot.
Je n’ai pas de confirmation de sa part. Rien ne me prouve que l’Inde soit le sujet qui bloque ses gestes et inonde ses pensées. Ça me paraissait juste normal sachant que moi…si je déplace à nouveau le prénom de Loïs pour le ranger dans un coin…c’est bien Assapor qui me saute aux yeux.
M’installant près d’elle, je dépose mon verre sur la table basse et lui souris. Parfaite ouverture pour des confidences, main tendue pour des aveux, invitation à la libération…

« Tu m’inquiètes. Je peux comprendre si tu ne veux pas m’en parler mais s’il y a quoique ce soit que je puisse faire pour que tu ailles mieux Lena, s’il te plait n’hésite pas. Tu étais en train de bosser après tout, je peux repasser plus tard et rattraper mes manquements au nom de notre amitié ! »

Je continue de sourire, sans doute repêché par un sentiment de ridicule, d’embarras. Je ne sais plus trop ce que je dois dire. Elle est venue devant la Tour, juste pour me voir ? Ou réellement pour travailler ? Dans l’espoir peut être de prendre quelques nouvelles brèves et hasardeuses, avant de replonger son nez dans ses dossiers ?
Je me suis invité ici comme si j’avais des choses à dire pour combler un vide embêtant…mais les propos sont dans sa bouche, pas sur mes lèvres. C’est à elle de faire taire la gêne.
Encore faut-il qu’elle en ait envie...

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Ce message a été posté Lun 19 Aoû 2013 - 13:05

« Je crois qu’on va se poser là un instant. Tu permets ? » « Oui, oui bien sûr, entre ... » Hum, demande inutile, il refermait déjà la porte derrière lui. Un sourire de façade accroché aux lèvres, je regardai distraitement le sol sans trop savoir quoi faire, lorsqu'un mouvement que je lui devinai dans ma direction me fit relever la tête pour le regarder lui. Il s'approchait de moi, rassurant, protecteur. J'avais presque envie d'oublier cette histoire de femme inconnue et de me blottir dans ses bras pour oublier tout le reste. Juste être là, contre lui, en sécurité. Juste être bien. Mais non, je ne le ferais pas. Je n'avais plus quinze ans et me jeter dans ses bras sans raisons apparente serait carrément déplacé. Avouez-le ! Il me prendrait pour une folle furieuse. Et il n'aurait pas forcément tort. C'est ce pour quoi je me prenais moi-même, là tout de suite, alors que je me forçai à faire taire ces nouvelles pensées stupides pour le regarder plus sérieusement.

« Je connais Hyde Parc. De nom seulement. Je suis un piètre passionné je l’admets, je ne suis pas allé si souvent dans le Londres moldu. Et – ça risque de te paraitre bizarre – quand j’ai eu l’opportunité de m’y rendre j’ai préféré flâner dans les coins les moins populaires. Ceux dont on ne parle pas. Les plus basiques. Ça me semblait être une bonne solution pour observer le quotidien d’un non sorcier « moyen ». ».

C'est loin d'être stupide comme raisonnement et je laissai un sourire distrait se dessiner sur mon visage, alors que j'imaginai un Aoden aux yeux brillants de curiosité regarder tout ce qu'il se passe autour de lui, au beau milieu du marché moldu un lundi matin. Étrangement -ou pas-, la scène n'est pas vraiment difficile à se représenter. Le journaliste un peu -beaucoup- maladroit qui se retrouve dans un univers qui lui est totalement inconnu ; fasciné et curieux comme un gamin. Si seulement le monde pouvait déceler plus de personnes comme lui. Plus d'hommes ouverts d'esprit, généreux, justes. Peut-être que le monde sorcier n'en serait pas là aujourd'hui. Peut-être ...

« Enfin. Je nous sers à boire, ça ne t’embête pas ? »

« Oh, absolument pas, vas-y c'est ... » Le "par là" s'oublia lorsque je me rendis compte qu'il connaissait très bien le chemin. Bon ... Dans ce cas, c'est parfait. Pendant qu'il nous préparait nos boissons, je rejoignis le canapé et m'y laissai tomber en soupirant avec une lassitude qui me surprit un instant. Mais qu'est-ce que c'était que cet état d'abattement ? Je n'étais pas comme ça lorsque j'avais quitté l'appartement une demie heure plus tôt ? Si ? Surement ... La perspective de revoir Aoden m'avait sans doute changé les idées sur le moment. En fait la perspective de le revoir m'avait un peu fait tout oublier. Et maintenant c'était l'idée qu'il ressente pour une autre ce que moi je ressentais pour lui qui me faisait perdre le fil de mes pensées. Qui s'en emparait. Il s'agissait bien de jalousie ... Mais pourquoi ? Qu'est-ce que ça venait faire ici, ça ? Ce n'était pas prévu ; pas commandé. Erreur de destinataire ? Aoden était un ami. Un véritable ami. Il était sans doute la personne qui avait le plus d'importance pour moi à présent. Je tenais énormément à lui et j'accordais bien sûr d'énormes considérations à ce qu'il pensait de moi de son côté. Étais-je importante ? A quel point ? ... Pas autant que cette autre femme, fallait-il croire ... Comment une simple pensée du genre pouvait-elle provoquer un tel sentiment de ... colère ? tristesse ? insuffisance ? ... Tout ça à la fois ?


« Tiens. Et maintenant explique moi…c’est Assapor ? Tu es encore sous le choc ? Je persiste tu devrais prendre des vacances ! »

Je saisis le verre qu'il me tend et m'efforçai de ne pas détourner le regard. Pas trop vite, parce que c'est ce qui finit bien sûr par arriver ; non sans avoir affronté ses yeux bleus pendant plusieurs secondes. Je n'avais pas encore articulé le moindre mot et essaiyais à présent de trouver quelque chose à lui répondre. Était-ce Assapor ? Ce n'était pas ce qui me venait en premier. C'était cette histoire, de femme. Encore. Quel sens des priorités ! J'étais perturbée, c'était tout. La faute à l'Inde, sans doute. Probablement. J'étais secouée, déroutée. Je marchais au hasard depuis notre retour en Europe et avais presque compté sur Aoden pour retrouver des repères et essayer de récupérer le fil. Le cours normal de mon existence. J'avais eu besoin de lui parce que cette existence se mêlait de plus en plus à la sienne. Du moins, la quasi-totalité de mon existence se mêlait-elle à ce qu'il avait bien voulu me présenter de la sienne. Celle qu'il me consacrait. C'était tordu, je le reconnais.

J'articulai un « Tête de mule ... » en réponse à sa remarque sur mes vacances, un faible sourire au coin des lèvres. C'était vrai : il était têtu ! Mais c'était pour la bonne cause ... Son attention me touchait énormément. Le fait qu'il voie ainsi que je n'étais pas dans mon assiette. Le fait qu'il s'en inquiète, qu'il me questionne. Ne pas pouvoir me confier à lui pour ce qui semblait me tracasser réellement était un poids difficilement supportable ... Surtout quand il était là, assis juste à côté de moi, et qu'il me regardait l'air aussi soucieux, bienveillant. C'était difficile.

« Tu m’inquiètes. Je peux comprendre si tu ne veux pas m’en parler mais s’il y a quoique ce soit que je puisse faire pour que tu ailles mieux Lena, s’il te plait n’hésite pas. Tu étais en train de bosser après tout, je peux repasser plus tard et rattraper mes manquements au nom de notre amitié ! »

« Non non reste ! » ... Bon. Pas de précipitation. On se détend, on respire. Tout va bien. « S'il te plait ... »

Je baissai doucement des yeux qui s'étaient presque jetés sur ceux du journaliste quand il avait parlé de s'en aller. Non mais ... C'était dingue ça. Il fallait que je me calme. Vraiment. Un soupir franchit mes lèvres et je laissai mon dos rejoindre le dossier du canapé, ramenant distraitement mes jambes devant moi pour les enserrer de mes bras.

« Je ... Pardon ... Je suis un peu, secouée. C'est Assapor, je suppose. J'ai besoin de temps ... Seulement de temps, je crois. » C'était faux. Si ç'avait dû être une simple question de temps je n'aurais pas ressenti un tel besoin de le voir, de savoir qu'il était là, qu'il allait bien. Je n'aurais pas si peur de me retrouver à nouveau seule. « Tout va rentrer dans l'ordre. Je l'ai dit tout à l'heure, je pense que ... il faut juste passer à autre chose. Et ne surtout pas rester seul. Avoir quelqu'un près de soi et je .. c'est pour ça que, j'étais là, devant la tour. Ce boulot, là, c'est juste ... pour m'occuper l'esprit. Éloigner les démons comme je peux, tant que je peu ... Moi aussi j'avais besoin de quelqu'un et .. pas de n'importe qui. » Mes yeux quittèrent le vague pour remonter vers les siens, un peu timidement. J'ouvris la bouche à nouveau, prête à parler, mais aucun son ne franchit la barrière de mes lèvres. Mon regard se fit fuyant et retourna se perdre quelque part entre la table basse et le sol. « Je crois que j'ai juste un peu perdu les pédales ... »
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Ce message a été posté Mar 20 Aoû 2013 - 12:18



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« [...] Moi aussi j'avais besoin de quelqu'un et .. pas de n'importe qui. »

Ah oui ? Et pourquoi moi particulièrement ? Ne me prenez pas pour celui qui cherche la petite bête. Disons simplement qu’après une première réaction de surprise, d’inattendu, me voici flatté. Lena, pour se remettre de notre périple en Inde, avait besoin d’une présence et pas seulement pour la forme puisqu’elle sous-entend clairement avoir eu envie de se trouver à mes côtés. Que je me trouve aux siens. Ça revient au même. Mais c’est elle qui est venue me chercher là devant la Tour des médias.
Là ou moi je cherche désespérément à croiser Loïs.
Drôle d’ironie non ? Évidemment, je suis loin – dix années lumières environ – d’imaginer que mon amie la chasseuse espérait notre rencontre aussi fortement que moi, j’en désire une avec ma supérieure. Comment imaginer que je suis pour elle plus qu’un très bon ami ? Cette dernière qualification est déjà énorme et me fait chaud au cœur. D’ailleurs, après ces paroles de la jolie brune, je suis beaucoup trop touché pour rester impassible.
Dans un mouvement gamin je lui mets un léger coup d’épaule et étire davantage mon sourire, quand nos yeux se croisent.

« Je crois que j'ai juste un peu perdu les pédales ... »

« Ça arrive à tout le monde. Et tu as plutôt une très bonne excuse. Le cauchemar qu’on a vécu ne sera jamais dissipé je crois…mais tu vas te remettre. Doucement. Tu vas faire de ces souvenirs un lointain parfum – sans doute désagréable – mais tu ne dois pas être empoisonnée. Tu es revenue Lena, nous sommes vivants. Ne donnons pas à cette saleté de guerre le loisir de nous avoir affaibli jusque dans nos tripes. Ok ? Nous sommes là. »

Je passe mon bras derrière ses épaules pour la serrer contre moi, pensant chacun de mes mots avec force et espoir. Oui il y a eu des morts, oui ce fut atroce. Pour nous comme pour les moldus. Pour nous, combattants et représentants de factions comme pour les civils cachés sous l’île… Mais nous sommes là. Ne n’avons certainement pas le droit de faire de nos corps bien vivants des enveloppes renfermant un esprit battu, désarmé.
Je ne sais pas encore de quelle façon me relever, moi non plus. Je ne peux donc rien promettre de concret à ma camarade, je ne sais pas dans quelle direction la guider. Je sais simplement que nos jambes doivent nous porter. Nous. Nos chairs, nos muscles et nos os mais pas seulement : nos idées doivent rester fortes. Nos ambitions, notre foi.

« Tu vas te remettre. D’accord ? Tu es la phénix la plus solide qu’il m’est été donné de rencontrer Lena. Tu as combattu un loup-garou pour me sauver, tu risques la mort à chacune de tes sorties professionnelles. Il y a encore des tas de journalistes abrutis que tu devras sans doute sauver et puis, j’ai besoin que tu restes ici. A mes côtés, à nos côtés. Comme avant. Assapor est une plaie de plus. Mais ça ne t’achèvera pas. Je le sais. Tu es bien plus forte que ça ! »

Comment puis-je déceler ses ressentis précis ? Comment supposer que son cafard ne vient pas directement de la mission dont nous revenons. Que ses maux, à cet instant, s’orientent étrangement vers une personne qui m’est chère. Vers une personne qui m’est trop chère. Comment accepter que ce soit la force de mes sentiments à l’égard de Loïs qui blesse ma meilleure amie ?
Des baffes se perdent, et je me les donnerais volontiers si seulement j’avais conscience de les mériter ;

« Tu vas prendre des vacances. Tu n’as pas le choix tu as besoin de repos, de souffler pour mieux reprendre ta place. Hum ? Au fait tu voulais qu’on aille se balader, que fait-on ? »

Je m’empare de mon verre et le vide lentement, sans la quitter des yeux. Je sais que mes intentions sont bonnes, mais je sais aussi que mes tentatives sont vaines et foutrement maladroites. Je suis tout sauf un expert en consolation et cette impuissance face à sa détresse me rend fou. Voilà pourquoi j’aimerai qu’on sorte, que ses pensées puissent s’évader un peu…plutôt que de se focaliser sur les bêtises que j’ai pu dire.


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Ce message a été posté Lun 26 Aoû 2013 - 13:20

« Ça arrive à tout le monde. Et tu as plutôt une très bonne excuse. Le cauchemar qu’on a vécu ne sera jamais dissipé je crois…mais tu vas te remettre. Doucement. Tu vas faire de ces souvenirs un lointain parfum – sans doute désagréable – mais tu ne dois pas être empoisonnée. Tu es revenue Lena, nous sommes vivants. Ne donnons pas à cette saleté de guerre le loisir de nous avoir affaibli jusque dans nos tripes. Ok ? Nous sommes là. »

Je hochai doucement la tête. Oui, nous étions là ... Effectivement. Nous, nous étions là. Combien des nôtres n'avaient pas cette chance ? Combien étaient restés en Assapor, tués par leurs ennemis, par la catastrophe, l'effondrement de l'île. Détruits par la connerie de ces jeux de pouvoir incessants et dévastateurs ? Oui nous étions là, et c'était une raison bien suffisante pour se remettre et avancer, aller plus loin, encore. Peut-être seulement jusqu'à la prochaine bataille, la prochaine catastrophe. Si ce devait être le cas, alors soit. Mais nous n'avions pas survécu pour nous retrouver là, accablés et déprimés, pour regarder couler la vie que nous avions failli perdre sans rien faire pour la reprendre en main. Mais là maintenant, l'existence que j'étais censée récupérer avait accéléré et passait sous mes yeux bien trop vite pour que j'arrive à retrouver le fil. Trop d'imprévus, de coups durs, de choses qui faisaient qu'à présent je ne savais vraiment plus ce que je devais faire et où j'en étais.

Le bras d'Aoden passa derrière moi et m'attira à lui doucement. Je fermai les yeux et me laissai presque avec soulagement glisser sur le dossier du canapé pour rejoindre le torse du journaliste, ma tête trouvant appui sur son épaule et ma main agrippant lentement le tissu de son tee-shirt dans son dos pour me serrer un peu plus fort contre lui. Espérant sans doute puiser dans ce geste un peu plus de réconfort, de sécurité. Comme si j'avais besoin de ce contact. De sa présence. De la chaleur et du sentiment de bienêtre qui allait avec. Avec lui.

« Tu vas te remettre. D’accord ? Tu es la phénix la plus solide qu’il m’est été donné de rencontrer Lena. Tu as combattu un loup-garou pour me sauver, tu risques la mort à chacune de tes sorties professionnelles. Il y a encore des tas de journalistes abrutis que tu devras sans doute sauver et puis, j’ai besoin que tu restes ici. A mes côtés, à nos côtés. Comme avant. Assapor est une plaie de plus. Mais ça ne t’achèvera pas. Je le sais. Tu es bien plus forte que ça ! »

Ces mots m'arrachèrent un sourire. Un vrai sourire, touché et amusé. Il en faisait sans doute un peu trop mais, comme à chaque fois, je ne pouvais pas m'empêcher d'être attendrie et surprise des efforts qu'il faisait pour m'aider et me réconforter. Pour peu que les raisons de mon découragement soient celles que j'avais données à Aoden, j'aurais pu sans mal me laisser convaincre et oublier tout ça le temps qu'il était là, avec moi. J'aurais pu, si seulement. Sauf que ce n'était pas le cas. Il était là et i me serrait dans ses bras ... C'était sans doute ce que j'avais espéré, ce que je voulais ... Mais savoir qu'il avait cette autre femme dans la tête .. Ca changeait tout. Foutue jalousie. J'avais déjà été jalouse quelques fois, bien sûr, ça arrive à tout le monde. Qui ne l'a jamais été ? Pas moi en tout cas. Ca m'était déjà arrivé. Mais pas comme ça. Pas au point de me sentir intérieurement mal, attaquée. Pas au point que la jalousie m'obsède et me bloque à tout jugement objectif et réfléchi. Contre celle-là, je ne pouvais pas grand chose. Si ce n'est espérer que ça passe. Sans trop d'enthousiasme : j'avais le sentiment que ce ne serait pas si facile. ... Aoden disait que j'étais solide. Peut-être ... sur certains plans. Je savais encaisser ; il le fallait. Encaisser les coups en tout cas. Solide physiquement ? Seulement physiquement ... SI j'étais si solide, comment des supposés sentiments, plus qu'incertains, pouvaient-il me secouer de la sorte ?
Je tâchai de conserver mon sourire en lui répondant, ouvrant les yeux pour le regarder directement.

« Je l'espère ... Plus que je ne le sais, en fait. Tu y crois assez pour nous deux à ton avis ? » Je levai les yeux au ciel et eus un mouvement d'épaules pour excuser cette demie-plaisanterie de mauvais goût. Soucieuse de lui témoigner la gratitude que ma jalousie tenait coincée dans un coin de ma gorge, je me serrai un peu plus contre lui, doucement. Oui, c'était censé témoigner de la reconnaissance .. ne me demandez pas comment, c'est juste comme ça que je voyais les choses.

« Tu vas prendre des vacances. Tu n’as pas le choix tu as besoin de repos, de souffler pour mieux reprendre ta place. Hum ? Au fait tu voulais qu’on aille se balader, que fait-on ? »

J'eus un léger rire en me reculant de lui pour qu'il puisse récupérer son verre. « Très bien, très bien, je prendrai quelques jours de vacances. Et je crois que je peux remercier ta fichue tête de mule de me faire céder pour ce point. » J'avalai moi aussi le contenu de mon verre avant de continuer. « Mh, pour la balade ... Je ne sais pas, comme tu veux ; si tu ne connais pas Hyde Park on peut aller y faire un tour. Ca te va ? »

J'attendis l'accord d'Aoden avant de me lever et d'emporter les verres vers la cuisine, puis rejoignis le journaliste déjà à l'entrée. Deux minutes plus tard, nous transplannions dans le Londres moldu, non loin de Hyde Park, dans un quartier pour ainsi dire toujours désert.

« On est à un petit moment du parc, désolée, je ne voulais pas prendre le risque qu'on se fasse voir par des moldus .. Ca va aller ? »

Je baissai les yeux sur son genou, l'air soucieuse, désolée. Nous n'étions pas si loin que ça mais, je devais avouer n'avoir jamais eu la jambe démontée comme avait pu l'être la sienne. Je ne savais donc pas grand chose de ce qu'il pouvait à présent faire, deux semaines à peine après.

« C'est par là. » Quelques pas plus tard, nous étions sur le trottoir de la rue qui menait à Burckingam et, donc, à Hyde Park. Les véhicules moldus passaient près de nous rapidement et quelques klaxons nous parvenaient ça et là, sortant du brouhaha des moteurs de la capitale anglaise. Je suivis des yeux une moto qui passait devant nous.

« Ca aurait été plus rapide si on avait eu un véhicule du genre ... Au fait, en tant qu’insatiable passionné, tu sais conduire ? Je ne sais pas, une voiture, un deux-roues ... un vélo ? » Je lui donnai un léger coup de coude en souriant, un rien moqueuse. Hé, pas la peine de me regarder comme ça ! Je plaisantais !
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Ce message a été posté Mer 28 Aoû 2013 - 12:18



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« Très bien, très bien, je prendrai quelques jours de vacances. Et je crois que je peux remercier ta fichue tête de mule de me faire céder pour ce point […] Mh, pour la balade ... Je ne sais pas, comme tu veux ; si tu ne connais pas Hyde Park on peut aller y faire un tour. Ca te va ? »

« Il se trouve que ma fichue tête de mule me fait savoir que oui, ça me va. »

Je lui offre un sourire angélique en guise de complicité, et je me lève déjà pour partir côté moldu. Ça commence à faire un moment que je n’y suis pas allé. Avant Assapor, ça faisait déjà quelques semaines ;
Assapor. Véritable point chronologique désormais. Il y a aura vraiment un avant, et un après l’Inde. On n’a beau se faire la remarque, ça saute aux yeux à chaque fois qu’il est question de souvenirs, de positions temporelles.
Je balaye cette amère pensée d’un soupir motivé et attends mon amie, qui semble allez un peu mieux. Sans exagérer pour autant, je trouve Lena plus détendue qu’il y a cinq minutes. Il y a encore des progrès à faire, j’ose espérer que son état va s’améliorer encore autant voire davantage d’ici quelques minutes.

Lorsque nous arrivons, les premières différences me saisissent. Comme à chaque fois. Les odeurs, premièrement. L’essence dépensée généreusement dans tous les quartiers fait planer un parfum qui, j’en suis sûre, passe presque inaperçu pour les non-sorciers. Tant ils sont habitués.
Mais il y aussi tout ce que la vue nous offre. Tant de disparités géométriques et architecturales, tellement de contrastes physiques si on s’attarde aux détails des vêtements, du maquillage ! Évidemment, il y a également toutes ces choses qui manqueraient à un paysage sorcier et, inversement, qui ne pourraient certainement pas s’y trouver : les panneaux publicitaires figés, les commerces minuscules remplis d’objets inutiles, les procédés illogiques à nos yeux…

Je m’émerveille silencieusement tandis que nos pas nous guident au lieu désiré. Ceci dit, la jeune femme ne peut dissimuler son inquiétude à mon égard et si je reste muet à sa première remarque, je sens que la seconde va inévitablement me couter une réponse ;
Il faut dire qu’elle sait choisir son sujet, Lena.

« Ça aurait été plus rapide si on avait eu un véhicule du genre ... Au fait, en tant qu’insatiable passionné, tu sais conduire ? Je ne sais pas, une voiture, un deux-roues ... un vélo ? »

« Oh mais, tu ignores à quel point je suis fou ? Non tu m’diras je ne peux pas te le reprocher, je suis tellement critiqué pour ça… »

Sans la mettre au parfum – amusé par ce faux suspens – je tapote sur son épaule, l’air de lui transmettre par ce geste toute mon excitation. Je considère Lena comme ma parfaite associée pour ce coup là. Voyons. Nous sommes arrivés dans un coin suffisamment discret pour que j’effectue mon petit tour. je n’aurai qu’à revenir là-bas ;

« Laisse-moi un instant. »

...
Et là, le moindre moldu resterait bouche bée devant la magie. Ça parait si banal, n’est ce pas ?  Heureusement personne ne me remarque.
Un instant plus tard, là ou la chasseuse et moi sommes arrivés dans le Londres moldu, je réapparais. Sur mon véhicule favori. Sur cette extension de ma personne, sur cette aberration très contestée. Critiquée. Ça ne me rend que plus fier, qui n’a jamais éprouvé cette jouissante rébellion ?
Le large phare avant de la moto éclaire bientôt une jolie silhouette sur le trottoir. Uhu. Je me délecte de cet espiègle seconde et klaxonne, feignant l’innocence.

« Excusez-moi mademoiselle, mais je me suis laissé dire qu’une petite balade vous ferait le plus grand bien ! » Soulevant le siège arrière pour en sortir un casque, je le lui tends en haussant les épaules. Presque moqueur. « Mets le, c’est plus prudent sachant que la conduite ici est deux fois plus risquée que chez nous ! »

Sans magie, le monde est vide. Nu. Fragile. Naïf. Plat. Mou. Dangereux. Vous l’aurez compris, pas très attrayant ! Mais seulement s’il s’agissait juste d’une absence, d’un manque. Il se trouve que ce n’est pas le cas : les non-sorciers sont certes privés de la faculté la plus fantastique, ils n'en sont pas moins très originaux, plein d’imagination et de surprise.
D’où ma passion pour leur vie.
Mais ou en étais-je ?

« Accroche-toi bien ! Et, je te laisse me guider même si ce doit être indiqué… Tout va bien ? Tu n’as pas froid ? »

Un déplacement rapide – et prudent – bercé par le ronronnement du moteur. L’air frais et vivifiant de la soirée qui caresse le visage, le cou et s’insinue sous les manches des vêtements. La sensation de liberté, unique, loin de notre monde tordu, au cœur pourtant de ce monde ci, plus fou encore que celui des sorciers ;
Je m’assure que les prises de Lena sont assez solides et lui jette, de temps à autre, un regard dans le rétroviseur. Nous sommes bientôt arrivés.

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Dernière édition par Aoden P.Teagan le Dim 1 Sep 2013 - 9:11, édité 1 fois
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Ce message a été posté Jeu 29 Aoû 2013 - 23:27

« Oh mais, tu ignores à quel point je suis fou ? Non tu m’diras je ne peux pas te le reprocher, je suis tellement critiqué pour ça… »

« ... Hum ? » Mais de quoi parlait-il ?  Je haussai un sourcil en le regardant, l'air curieux. Lui, critiqué ? Et pour quoi au juste ? Et quel rapport avec le possible permis vélo précédemment acquis par le conducteur en herbe qu'il était d'après ma petite boutade ? Il tapota sur mon épaule et un léger sourire intrigué vint étirer mes lèvres alors que l'excitation de mon ami devenait perceptible. Qu'eeeest-ce qu'il préparait encore ?

« Laisse-moi un instant. »

A peine le temps d'ouvrir la bouche pour lui demander où il s'en allait et ce qu'il avait derrière la tête, que déjà Aoden disparaissait dans un crac que personne n'entendit au milieu de tout ce brouhaha moldu. Moldu ?! Mais, il venait de transplanner, et, et ... Soudain inquiète, j'inspectai en vitesse les environs pour voir si quelqu'un regardait dans ma direction avec de grands yeux interloqués. La ruelle était déserte ... Ouf. Je me détendis. Le journaliste savait ce qu'il faisait ; il était sans doute venu dans le monde moldu au moins aussi souvent que moi et je n'avais pas de raison de m'en faire quant à une éventuelle imprudence. Pas de sa part en tout cas. De toute façon, les moldus d'ici avaient cette particularité de ne pas faire attention les uns aux autres. Comme s'ils étaient seuls au monde, au milieu d'une masse compacte sans nom ni visage. Les sorciers n'étaient pas forcément différent ; tout dépendait des gens, surement. Les moldus étaient plus nombreux, c'est sans doute pourquoi cette impression était renforcée. M'enfin. En tout cas aucun risque que nous soyons remarqués ; tant que nous restions dans cette ruelle pour pratiquer la magie. Il y a une différence entre ne pas faire attention à l'étranger que l'on croise et à un homme qui apparaît juste devant soi. Bref.

Parlant d'homme qui apparaissait, où Aoden pouvait-il bien être parti ? J'avais parlé de conduire, il avait parlé d'être fou, et s'était évaporé. Comme ça. Crac, plus là. C'est bien pratique, la magie. Mais là ça me laissait quelque peu dans l'embarras. J'étais plantée là sur le trottoir à attendre que mon ami réapparaisse, sans savoir du tout où il s'était envolé. Ni ce qu'il avait derrière la tête ...
Encore quelques petites minutes de patience et il y eut un nouveau crac, aussitôt suivi d'une lumière vive pointée droit sur moi. Allons bon, un moldu sortait avec sa moto. Le coup de klaxon me fit sursauter. Surprise et éblouie, je grimaçai en mettant rapidement ma main en visière pour mettre un nom sur ce qui se passait encore.

« Excusez-moi mademoiselle, mais je me suis laissé dire qu’une petite balade vous ferait le plus grand bien ! »

... Aoden ? C'était bien sa voix ; je fronçai les sourcils pour apercevoir plus clairement ses traits ... et un immense sourire étira mes lèvres lorsque j'eus la confirmation qu'il s'agissait bien de mon ami sur cette ... moto ? Mais, je ; je n'étais jamais monté sur un véhicule comme ça ! Déjà dans une voiture, ce n'était arrivé qu'une ou deux fois ... Il ne pensait pas vraiment ... ? Rah, et dire que je l'avais charrié avec un évetuel permis de conduire, le voilà qui me narguait en faisant l'innocent !

« Oh, Aoden ! C'est ; tu es sérieux ? » Je m'approchai, m'éloignant de la lumière éblouissante du phare, pour le regarder avec des yeux clairement impressionnés. Il sortit une sorte de ... chapeau rond et dur -?- de sous le siège arrière et me le tendit comme si de rien n'était.  « Mets le, c’est plus prudent sachant que la conduite ici est deux fois plus risquée que chez nous ! »  « Que je mette ce ... ça ? Hum, mes parents sont nés moldus mais là je dois dire que ... je, heu » Je venais d'enfiler le casque à l'envers, me retrouvant avec le bas de la protection bouchant complètement ma vue, retenue par l'arrête de mon nez.  « Herm ... J'ai dû me tromper ; c'est ... ah, oui, merci. » Je me pris à rire devant ma bêtise -et reconnaissais volontiers mon ignorance en la matière.

Comme j'avais plus ou moins tenté de le dire avant de me retrouver avec le casque devant les yeux, mes parents étaient nés moldus et j'avais plus ou moins connu cet univers au travers de ce qu'ils en disaient et de ce dont nous nous servions à la maison. Les conversations m'apprirent beaucoup sur leur fonctionnement et leur coutumes, mais nous ne venions que rarement côté moldu et si j'avais pris le taxi une ou deux fois, jamais je n'avais eu de contact avec les moyens de transports de ce monde. D'autant plus qu'après la mort de ma mère j'ai plus ou moins dû me débrouiller toute seule et que donc, mes excursions sont devenues pour ainsi dire inexistantes ; et ma connaissance du monde moldue s'est peu à peu limitée à ce qu'il y avait chez moi. La cuisine, la télé, et la machine à laver. Ca faisait peu. M'enfin. J'essaie par là de justifier mon ignorance, impossible à nier, après un tel geste !

Je grimpai sur la moto en m'aidant d'Aoden et me glissai derrière lui en enserrant sa taille de mes bras pour ne pas tomber. J'étais plutôt détendue. Plutôt. Pour l'instant. «  Accroche-toi bien ! Et, je te laisse mon guider même si ce doit être indiqué… Tout va bien ? Tu n’as pas froid ? »   « Ca va ! Oui oui je te guide ; c'est à gauche au bout de la rue. »

Jusqu'à ce que je dise ça, tout allait bien. Jusqu'à ce que la moto se mette à avancer. Heum. Au moment précis où je me sentis légèrement partir en arrière avec le mouvement du deux-roues, je me crispai complètement et mes bras se resserrèrent brusquement autour d'Ao, me collant complètement à lui, le souffle court. Peur ? Naon ... Un peu angoissée, c'est tout. Hé, c'était normal, pas vrai ? « Wow ! » Pour être honnête, je crois que je m'agrippais littéralement à lui. « Ca va, ça va ... Désolée, c'est bon ... C'est bon ... »

La moto quitta la ruelle et s'engagea sur une route plus fréquentée. Aoden avait l'air de savoir ce qu'il faisait et si je ne me décollai de lui ni ne desserrai ma prise autour de son torse, je me détendis visiblement. Le vent s'engouffrait partout ; je n'avais pas prévu de sortie à vitesse plus grande que celle de la marche et mes bras nus étaient constamment sous le souffle provoqué par l'allure. C'était une sensation étrange, inconnue ; pas désagréable, du tout. Au contraire. C'était ... grisant. Excitant. La fraicheur ne me dérangeait même pas. Je frissonnai -pas de froid, donc- et me plaçai un eu plus confortablement sur la moto, appréciant -on ne se refait pas- la proximité du journaliste. Ma respiration se fit plus profonde et je tournai la tête sur le côté, plaçant ma joue -autant que le casque me le permettait- contre le dos de mon ami. Les déplacements de la moto me berçaient. C'était agréable ... Je fermai les yeux, et me laissai porter, oubliant au passage d'indiquer la route à Aoden.

« Oh, hum, alors à gauche, là, voilà ... woowh ...  » Je venais de me redresser sur la moto, m'aidant de ma prise autour du torse du journaliste pour placer ma tête au dessus de son épaule. Le vent balayait mon visage, envoyait mes cheveux en arrière, me procurait une sensation de liberté terriblement prenante. Mon sourire s'élargit et je serrai plus fort Aoden entre mes bras. « Woah, c'est génial ! Wouhouuu ! »

Oh non, vous ne rêvez pas, je venais effectivement de crier -désolée pour les oreilles d'Ao-. Et moi non plus je ne rêvais pas. Je me sentais comme une gamine qui monte dans un manège à sensations fortes pour la première fois ... Qui découvre la vitesse, la légère anxiété, les sensations hors du commun qui allaient avec. Et je me pris à rire ; encore. Comme possible avec le vent de face. Oubliant une fois encore d'indiquer la route à mon chauffeur -héhé- qui, heureusement, regardait ce qu'il faisait, et avait vu le panneau indicatif. « Oh désolée ! C'était bien là, oui ; on va arriver, c'est juste là en face. »

Le véhicule ralentit et se gara à l'emplacement indiqué à l'entrée de Hyde Park. Tout sourire, riant à moitié, je sautai de la moto ; et me découvris des jambes tremblantes qui peinèrent à me supporter pendant quelques secondes. Mes doigts vinrent chercher l'attache de mon casque sous mon menton et la tâtèrent sans trop savoir comment faire pour la détacher. C'était une sorte de clips' bizarre, qu'on avait pas chez les sorciers et que je n'avais jamais croisé. J'aurais bien demandé un coup de main à Aoden si je n'étais pas déjà en train de le noyer de paroles précipitées.

« Ouah ! Mais ; mais c'est extra ! Tu sais conduire depuis longtemps ? Ces sensations, c'est incroyable ! C'est comme ça à chaque fois ? On peut aller plus vite ?! Je me demandais si ce n'était pas dangereux, mais ça a l'air facile vu de derrière quand c'est toi qui conduis ! Ouah ... C'est vraiment ... Extraordinaire ! »
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Ce message a été posté Jeu 5 Sep 2013 - 19:27



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Ses rires et autres exclamations ne peuvent évidemment pas me permettre de rester muet. A mon tour je ris de l’entendre s’esclaffer de la sorte. Lena est complètement frappée. J’adore ça. Il faut dire que l’entendre rire, la laisser exprimer sa gaieté et son excitation sont autant de satisfactions pour moi. Je déteste la savoir mal et si un tour en moto n’effacera pas de sa mémoire la page Assapor, je veux pouvoir l’apaiser. Au moins ce soir. Je veux pouvoir être un des éléments de sa vie, l’espace de deux ou trois heures, qui lui permet de remonter la pente.
La chasseuse a probablement d’autres amis et des passions qui lui donneront ces regains de vie. De bénéfiques bouffées d’air nécessaires à sa convalescence. Et je ne parle pas que de ses blessures physiques, cela va sans dire. Psychologiquement nous avons été atteints pourtant, à cet instant, le cauchemar Indien est à des années lumières de ma petite tête.
De la sienne aussi. Il semblerait.

Quand j’arrête le véhicule tout près du parc, je sens déjà la jeune femme quitter mon dos pour retrouver la terre ferme. Tout sourire, je l’observe, incapable d’en placer une. Quelle bavarde soudainement ! C’est beaucoup mieux ainsi. Son visage illuminé rehausse non seulement ma confiance en moi, l’estime que j’ai pour l’ami que je suis, mais aussi mon moral.
Je me sens mieux ici, avec Lena. Comme des enfants, on décide de tout oublier. Avec naïveté et puérilité.
Il était temps.

« Ouah ! Mais ; mais c'est extra ! Tu sais conduire depuis longtemps ? Ces sensations, c'est incroyable ! C'est comme ça à chaque fois ? On peut aller plus vite ?! Je me demandais si ce n'était pas dangereux, mais ça a l'air facile vu de derrière quand c'est toi qui conduis ! Ouah ... C'est vraiment ... Extraordinaire ! »

« Ça va faire quelques années oui. On peut aller beaucoup plus vite, mais pas sur tous les axes routiers. Leur règlementation est assez stricte…en théorie. »

J’allais lui proposer de repartir aussitôt, afin de lui faire découvrir des sensations beaucoup plus fortes que cette lente balade ! Mais, plus tard. Les sensations telles que l’adrénaline et l’ivresse de la vitesse sont d’après moi bienfaisantes, mais nous ne pourrons pas correctement discuter si nous sommes cramponnés sur la moto et balancés par le vent.
Ceci dit, rien ne nous empêche de laisser les mots de côté, d’ici quelques minutes.

Je quitte à mon tour ma chère bécane et observe les alentours. Ça a l’air chouette. Une fois que les casques sont rangés et que le tout est verrouillé, je propose mon bras à la jolie brune. Marchons un peu. Ne serait-ce que pour lui permettre de retrouver ses jambes – oh oui je les ai vu trembler – et pour l’inciter à la conversation.
La promenade détend. Si ça pouvait permettre à mon amie de s’ouvrir, juste assez pour que j’immisce ci et là, quelques phrases réconfortantes. En supposant que j’arrive à rester discret et jamais blessant ;
S’ouvrir comporte toujours un risque. Je dois en avoir peur, d’où mon incapacité quasi-totale à parler de moi. A quiconque.

« On ira sur une autoroute tout à l’heure, on pourra aller plus vite tu verras c’est super ! Mais d’abord, je veux t’écouter. » Lena doit se demander ce que j’attends. A vrai dire, je n’en sais rien. Je relève le menton en la regardant et, souriant, je hausse les épaules répondant à sa question informulée. « Raconte-moi quelque chose ! Ce qui te traverse l’esprit, te travaille en ce moment…n’importe quoi. Mais parle, je suis sûr que ça peut te faire du bien. »

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Ce message a été posté Dim 8 Sep 2013 - 17:19

Soudainement, Assapor était loin. Très loin ; presque plus qu'il ne l'était avant que nous nous y retrouvions. Assapor n'existait plus. Il n'y avait plus que ces instants, là, ceux-là, que je ne peux pas vous décrire tellement ils passaient vite -aussi vite que la moto roulait-. Il n'y avait plus que ça ; ces moments qu'on ne remarque pas et qui nous laisse épuisé, hagard, avec un sourire idiot aux lèvres et le bonheur d'avoir retrouvé pendant quelques heures une innocence depuis trop longtemps égarée.

C'est avec ce sourire ravi, enthousiaste, excité, que je regardais Ao en débitant ce flot de paroles, de questions. Son air ravi me faisait plaisir et me donnait encore plus l'envie de ne pas laisser passer les prochaines heures sans en profiter au maximum.

« Ça va faire quelques années oui. On peut aller beaucoup plus vite, mais pas sur tous les axes routiers. Leur règlementation est assez stricte…en théorie. »

En théorie ? Ça voulait dire que la plupart des gens ne le respectaient pas ? Je ne voyais que ça. En tout cas, la possibilité d'aller plus vite que ce que nous venions de faire m'enthousiasmait clairement et je me fis violence pour ne pas immédiatement sauter sur la moto en entrainant mon ami. Voyons. Un peu de tenue, tout de même ; il ne s'agissait pas non plus d'aller plus vite que la musique. Premièrement, je n'étais pas tout à fait sûre de pouvoir un jour réutiliser mes jambes si je remontais tout de suite sur cet engin ; déjà qu'elles ne me semblaient plus tout à fait solides. Deuxièmement, Aoden n'avait jamais vu Hyde Park ! Il fallait absolument qu'il en ait un petit aperçu. C'était vraiment un bel endroit, et puis c'était à la base l'objectif de cette sortie !
Le journaliste m'aida à décrocher le casque, et verrouilla le véhicule avant de me tendre un bras que je m'empressai de saisir. Mes jambes, souvenez-vous qu'elles avaient un peu de mal à se remettre en place. Et puis, c'était toujours un contact de plus.


« On ira sur une autoroute tout à l’heure, on pourra aller plus vite tu verras c’est super ! Mais d’abord, je veux t’écouter. » M'écouter ? De quoi parlait-il ? J'ouvris la bouche pour lui poser la question mais il me devança. « Raconte-moi quelque chose ! Ce qui te traverse l’esprit, te travail en ce moment…n’importe quoi. Mais parle, je suis sûr que ça peut te faire du bien. »

« ... Que je parle ? Mais, heu ; je. Bon ... Je ne sais pas moi ...Le boulot ? Tu veux que je te reparle de ce cher ami Karl ? Je ne vois pas trop ce que je peux trouver à en dire. Sans surprise, ma disculpation officielle ne l'a pas convaincu, et il n'a pas changé de comportement. Bon par contre, le bon point, c'est que les autres ont arrêté ces conneries là et ils sont plus chaleureux. On verra ce que ça donne sur le terrain. Je prendrai mes vacances juste après la prochaine pleine Lune. Un collègue a été tué à Assapor et ce serait vraiment dangereux de les laisser intervenir à cinq au lieu de sept. Le problème c'est plus leur expérience que leurs compétences, mais .. bref. J'espère que les choses s'arrangeront. En tout cas, et même si ça me coûte de l'admettre, tout ça c'est principalement grâce à cette Hope. Quelle pimbêche ! Si elle n'avait pas été là pour quelque chose qui avait autant d'importance, je pense que je l'aurais fichue dehors. Bon il faut dire que » j'eus un petit rire amusé « je n'étais pas tout à fait prête quand elle est arrivée, je dormais encore. Je suppose que ça n'a pas plu à son professionnalisme exacerbé. » Je levai les yeux au ciel et marquai une légère pause. « .. Au fait, j'ai cru comprendre qu'elle te connaissait. Tu l'as déjà croisée ? Tu avais oublié ta veste chez moi la veille, je sais pas si tu te souviens ... Bon en tout cas je l'avais toujours sur le dos quand je suis allée lui ouvrir et ça n'a pas eu l'air de lui plaire non plus. »

Je me demandai un instant si cette Prudence n'avait pas imaginé qu'il y avait quelque chose entre le journaliste et moi. Ce regard qu'elle avait jeté à la veste ; la façon dont elle avait été froide et désagréable pendant tout l'entretien ; puis cette distance de plus qu'elle avait mise quand je lui avais demandé si elle connaissait Aoden. Je retins un ricanement cynique. Hé bien. Si elle savait ce que je donnerais aujourd'hui pour qu'elle ait eu raison ...

... Une seconde. Qu'est-ce que je venais de penser, là, exactement ?

« Enfin bon, c'est quand même grâce à elle, j'imagine, que tout est rentré dans l'ordre. En tout cas elle a eu l'air de .. tenir à toi. Hum. »

Je jetai un oeil sur le sol et regardai mon pied shooter distraitement dans un cailloux.

« Enfin voilà. Mais et toi ? Pourquoi c'est toujours moi qui ra raconte ce qui m'arrive quand on se voit, hein ? » Je levai la tête pour croiser son regard, curieuse. « Toi, parle-moi ! Dis-moi ce que tu veux, ça m'est égal, pour autant que ça parle de toi. C'est vrai, c'est pas juste, toi tu sais presque tout ce qu'il y a à savoir de moi et puis tu ne me dis rien de toi, jamais ! »

C'était loin d'être un reproche. Je le regardai avec intérêt et curiosité, sans pour autant avoir l'air d'insister. Je comprendrais qu'il refuse de m'en parler, mais, j'aimerais tout de même, évidemment, en savoir un peu plus sur mon .. ami.
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Ce message a été posté Ven 13 Sep 2013 - 8:35



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Très professionnelle et, admettons-le même si elle aura du mal à l’avouer, aussi renfermée que moi, Lena se met à parler boulot. A défaut d’autre chose. On dirait qu’on a que ça dans nos vies. Le travail. L’occupation obligatoire, indispensable, loin d’être toujours plaisante ou satisfaisante. Je n’ai pas à me plaindre,  pour ma part, mais mon amie exerce une profession énormément plus contraignante et dangereuse que celle de journaliste. Je le reconnais sans honte.

Je suis évidemment intéressé et je porte une oreille très attentive aux paroles de la jeune femme. Tout m’intéresse en ce qui la concerne, et ce sont dans ces moments intimes, calmes, paisibles et rassurants qu’on prend conscience de choses toutes simples mais vitales :
Lena est ma meilleure amie. Je sais que j’ai besoin d’elle. Je sais que je la connais peu, que jamais je ne la connaîtrais par cœur sans quoi nous passerions une limite non autorisée aux amis, mais je sais que je la veux à mes côtés. Là. Près de moi. Avec ses défauts et ses qualités que je pourrais jalouser, avec son humour, son sourire, son parfum.

Je serre les dents à l’évocation de son stupide supérieur, surtout quand elle m’explique que cet enfoiré n’a pas changé d’opinion. Il soupçonne toujours la belle de trahison quand bien même toute suspicion a été relevée ! Sans émettre une insulte – à l’égard d’un type absent, de toute façon – je me concentre sur la suite. Les collègues ont l’air plus souple, tant mieux. Même si ça prouve qu’ils n’avaient rien à reprocher à Lena et que leur méfiance était mal placée. Sans aucune preuve, ils l’ont condamnée à des mois de solitude dans son équipe, de silence, de crainte.
Serrer les dents. Encore. Accepter ces propos, en tirer le maigre soulagement. Ça va mieux pour la chasseuse et ce grâce à… Prudence ?

« .. Au fait, j'ai cru comprendre qu'elle te connaissait. Tu l'as déjà croisée ? Tu avais oublié ta veste chez moi la veille, je sais pas si tu te souviens ... Bon en tout cas je l'avais toujours sur le dos quand je suis allée lui ouvrir et ça n'a pas eu l'air de lui plaire non plus. »

« Je, oui je la connais. On s’est croisé plusieurs fois et…c’est une amie. Je t’accorde qu’elle peut avoir des réactions étranges, mais elle est américaine après tout. Ils n’ont pas notre culture. »

Dis-je non sans une pointe de fierté chauvine. En souriant, bien sûr. Je peine à imaginer la scène entre les deux femmes. Prudence a-t-elle pu mal interpréter la situation ?...Lena à peine réveillée, ma veste sur les épaules, ce pourrait être ambigüe. A ceci près que je n’étais pas là.
Je hausse les épaules et reviens à la conversation.

« Enfin bon, c'est quand même grâce à elle, j'imagine, que tout est rentré dans l'ordre. En tout cas elle a eu l'air de .. tenir à toi. Hum. »

« …C’est difficile à dire. Je l’apprécie aussi et si j’ai voulu lui montrer, elle m’a repoussé. Enfin. Tu connais ma maladresse légendaire et en réalité je connais bien peu cette fille. Du coup, j’ai forcément merdé ! »

Je fais la grimace avec amusement avant de basculer sur le côté pour faire rencontrer nos épaules dans une bousculade sympathique. Complice. Je ne sais pas ce que Lena comprendra de tout ceci, mais il n’y a rien à conclure. Elle doit imaginer que j’ai pu être attiré, que nos lacunes et nos différences ont finis par faire foirer ce qui jamais ne sera entamé. Voilà tout.
Bien qu’au fond, moi, je sache pertinemment ce qui me fait reculer devant toutes les femmes.
Une seule personne.

« Enfin voilà. Mais et toi ? Pourquoi c'est toujours moi qui ra raconte ce qui m'arrive quand on se voit, hein ? […] Toi, parle-moi ! Dis-moi ce que tu veux, ça m'est égal, pour autant que ça parle de toi. C'est vrai, c'est pas juste, toi tu sais presque tout ce qu'il y a à savoir de moi et puis tu ne me dis rien de toi, jamais ! »

« Je voulais te faire parler car tu avais l’air mal Lena. Et je déteste ça. »

Je suis honnête, voyez-vous. Je pourrais taire cette tactique, dissimuler ma tentative qui visait à lui remonter le moral. Mais je n’y parviens pas. Devant Lena, les émotions, les mots et les sourires sortent plus facilement que devant n’importe qui. Cette nouvelle constatation me fait sourire et je passe un bras sur ses épaules.

« Et puis tu es une fille, c’est à toi de parler, de remplir nos conversations. Moi je suis censé répondre par de brefs ‘hum’ ‘hein hein’ ‘bien sûr’ ‘huhu’ tu vois ?...sauf que je ne suis pas normal. Je te l’accorde. Je suis bavard et généralement pour ne rien dire. Je ne voudrais pas te fatiguer ! »

Trop tard.
Je n’ai pas envie d’esquiver sa demande, je n’ai pas non plus envie de la satisfaire au risque de la submerger de propos inutiles. C’était très certainement par politesse, ou par désir que l’on soit vraiment deux à s’exprimer qu'elle m'a demandé de parler. Dans ce cas, je peux évoquer deux trois choses qui nous concernent l'un et l'autre.

« Je me demandais…tu as été disculpée, et j’avais eu quelques retours intéressants de l’article que j’ai écrit à ton sujet. Tu accepterai que je réitère l’expérience pour enfin prouver aux lecteurs que tu es innocente et vivais un injuste calvaire ? »


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Ce message a été posté Dim 22 Sep 2013 - 15:32

« …C’est difficile à dire. Je l’apprécie aussi et si j’ai voulu lui montrer, elle m’a repoussé. Enfin. Tu connais ma maladresse légendaire et en réalité je connais bien peu cette fille. Du coup, j’ai forcément merdé ! »

... Qu'est-ce que j'étais censée comprendre, là ? Que les suspicions qu'avaient à mon encontre eues Prudence, c'est moi qui aurais dû les avoir à son égard à elle ? Et ; Hope serait cette personne qu'Aoden avait besoin de voir ? ... Non ; il avait cité Prudence dans ses "amies" ; avec une Lauren me semblait-il. Il avait ajouté qu'il y avait aussi cette personne. Donc Lauren et Prudence étaient hors jeu. Et moi aussi. Haha. Je souris à la bousculade amicale d'Aoden et la lui rendis en articulant un « Je vois. Mais tu ne devrais pas accuser ta maladresse, le problème venait peut-être d'elle ! » .. Je vous l'accorde, c'est une basse boutade, et ma jalousie parle pour moi.

« Je voulais te faire parler car tu avais l’air mal Lena. Et je déteste ça. »

Surprise et touchée qu'il soit si honnête -et encore une fois, si attentionné-, je tourne la tête vers lui, la bouche entrouverte pendant une seconde et qui s'étire finalement dans un sourire reconnaissant. Encore un. En avais-je déjà adressés autant à quelqu'un ? ... Non. bien sûr que non. Je doutais que quelqu'un ait déjà été plus important pour moi qu'il ne l'était et ne cessait de l'être en le devenant chaque jour un peu plus. ... chaque jour un peu trop ?

« Et puis tu es une fille, c’est à toi de parler, de remplir nos conversations. Moi je suis censé répondre par de brefs ‘hum’ ‘hein hein’ ‘bien sûr’ ‘huhu’ tu vois ?...sauf que je ne suis pas normal. Je te l’accorde. Je suis bavard et généralement pour ne rien dire. Je ne voudrais pas te fatiguer ! » Cette fois, c'est moi qui me laissai légèrement tomber sur le côté pour le bousculer en riant. « Pf, tu parles bien assez pour nous deux ! Mais jamais de toi, justement. Les 'hm' et les "hein hein' me sont réservés dans nos conversations ! Et puis si tu me fatiguais je ne te demanderais pas de continuer à parler, espèce de nigaud. »

Je tirai sur son bras en guise de chamaillerie et le regardai attentivement, attendant qu'il continue, comme il savait, donc, si bien le faire ; dixit lui ! « Je me demandais…tu as été disculpée, et j’avais eu quelques retours intéressants de l’article que j’ai écrit à ton sujet. Tu accepterai que je réitère l’expérience pour enfin prouver aux lecteurs que tu es innocente et vivais un injuste calvaire ? »

... Ah oui ? Il avait eu des retours ? Ah ben si je m'y étais attendue, ça ça ... Je le regardai, restant une seconde à mi chemin entre la surprise et le ravissement ; avant de lever vaguement les yeux au ciel en souriant. « Calvaire, calvaire, c'est un grand mot ... » J'eus une grimace en basculant la tête de gauche à droite, l'air de réfléchir au bien fondé de ce mot, pesant le pour et le contre. « Moui, en fait il convient plutôt. Mais chut ; faut pas dire que je l'ai reconnu. » Je souris et levai une nouvelle fois les yeux au ciel, histoire de faire passer cette parenthèse inutile. Je m'en fichais pas mal, pour tout dire, mais donner l'impression de me plaindre, ce n'était pas forcément ce que je préférais. « Je ne pensais pas que tu avais eu des retours ! Enfin je ne doutais pas que tu aies écrit un article excellent mais ; ça intéresse vraiment les gens ? Quels genres de retours ? Et bien sûr que tu peux recommencer, ça ne me dérange pas du tout ... Surtout que, ce premier articule était vraiment une bonne idée ... Même si au début je n'étais pas forcément pour. » Un rire s'échappa d'entre mes lèvres à ce souvenir et je me laissai marcher contre lui sans trop y faire attention ; naturellement. Quand je l'avais vu arriver dans ce bar, alors que je ne demandais qu'à trouver un peu de paix loin du ministère. Je l'aurais bien envoyé voir ailleurs ; et j'avais bien fait de laisser parler ma curiosité. Cet article n'avait pas fait que m'aider socialement parlant. Il m'avait apporté bien plus. Ce plus au bras duquel j'étais aujourd'hui accrochée. Temporairement ; dommage.

Le chemin que nous suivions dans Hyde Park se divisait en deux. Je l'entrainai vers celui de droite. On passe par là ; ça ne t'embête pas ? Ca nous fait revenir plus vite à notre point de départ. Pour ton genou, c'est surement mieux ; et puis il va faire nuit. Si on veut refaire un tour avant de ne plus rien y voir, ça vaut mieux, non ? Enfin à moins qu'on puisse rouler de nuit avec ce -doute soudain- ... moto. Moto hein ? »
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Ce message a été posté Lun 23 Sep 2013 - 7:42



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« Je ne pensais pas que tu avais eu des retours ! Enfin je ne doutais pas que tu aies écrit un article excellent mais ; ça intéresse vraiment les gens ? Quels genres de retours ? Et bien sûr que tu peux recommencer, ça ne me dérange pas du tout ... Surtout que, ce premier articule était vraiment une bonne idée ... Même si au début je n'étais pas forcément pour. »

Bien sûr que j’ai eu des retours. Les aventures de Lena ont intéressées beaucoup de lecteurs, bien qu’en réalité il ne s’agissait aucunement de péripéties romanesques dans lesquelles mon amie était une héroïne, mais bien une affaire injuste de persécution et dénonciation abusive.
Certains m’ont exclusivement demandé des nouvelles, m’ont questionné sur l’avancée légale de l’affaire pour ainsi dire. Mais d’autres se sont fait plus curieux, plus bavards même. On m’a demandé plus de détails sur le contexte, beaucoup de jugements m’ont été rapportés (allant dans le sens de Lena, ou à son encontre d’ailleurs). J’ai été très satisfait de cet élan de solidarité car il semblerait qu’en majeure partie, mon public ait été touché.

Pas peu fier, je reconnais néanmoins que je n’ai pas su faire avancer les choses. Je n’ai su qu’être bavard, comme le bon journaliste que je suis. Si les officialités de la société ne bougent pas grâce à mon travail, j’ai la maigre lueur d’espoir de penser que, quelque part, toucher les gens fini forcément par remonter jusqu’à la structure même de notre communauté.

« Dans la plupart des courriers, les gens me demandaient de te passer leur soutien. Je le fais un peu tard, excuse-moi, mais je craignais de remettre le sujet sur le tapis. Maintenant que je te sais tirée d’affaire, je t’en fais part. »

Puisqu’elle m’y autorise, j’ai l’intention de conclure tout ça. il est temps de tourner la page, pour elle, dans sa tête, et pourquoi pas au sens propre du terme quand le journal sera entre les mains des habitants de notre ville ;

« Je te montrerai ce que j’écris, comme l’autre fois, et les gens pourront avoir le fin mot de l’histoire. »

Car pour eux aucun doute, ça ressemble plus à une fiction policière dans laquelle le suspens est crucial et la vie – professionnelle en tout cas – d’une jeune femme est en jeu !

Je suis Lena le long du parc que je ne connaissais que de nom et d’images – moldues, donc figées – avec une curiosité naïve pour ce lieu mythique. Pourtant, je suis loin de l’enfant que je peux devenir quand l’excitation me prend pleinement. Cette fois je suis assez calme, apaisé.
Je ne veux rien manquer de la compagnie de la chasseuse, je préfère remettre l’observation de l’endroit à une autre fois.

« On passe par là ; ça ne t'embête pas ? Ça nous fait revenir plus vite à notre point de départ. Pour ton genou, c'est surement mieux ; et puis il va faire nuit. Si on veut refaire un tour avant de ne plus rien y voir, ça vaut mieux, non ? Enfin à moins qu'on puisse rouler de nuit avec ce ... moto. Moto hein ? »

« Moto. »

J’acquiesce, un air légèrement suffisant au visage. Lena s’y connait beaucoup plus que moi en matière non-sorcier. Pour dire, elle a même une télévision dans son salon ! Mais pour le coup, la moto est mon dada. Une de mes passions, à laquelle je tiens aussi fortement qu’un gamin tient à son ourson en peluche.
Et oui, il est aisé de me comparer à un gosse. Un problème avec ça ?

« On peut bien sûr rouler de nuit ! On voit moins de paysage ceci dit mais si tu ne crains pas l’obscurité, les routes sont relativement bien éclairées et je n’en serai pas à ma première virée nocturne avec ma bécane. »

Oh l’autre.
Je pouffe – il faut savoir reconnaitre que l’on est ridicule – et passe mon bras sur ses épaules – que j’avais retiré pour me passer la main dans les cheveux. Sa candeur est touchante, rassurante, je la serre contre moi comme pour rapprocher de ma personne cette clarté qu’elle dégage.

Les derniers jours furent sombres, sous tous leurs aspects. Mon amitié avec la belle est autant d’oxygène, d’élégance, d’harmonie qui font pencher la balance. Amplement. Je me sens mieux, et ce ne sera pas éphémère, mais bien durable.

« J’suis content d’te voir. »

Ça sonne bizarrement. Peut être. Trop sérieux. Sans doute. Faussement sincère. C’est possible.
Mais je pense ces mots comme je pèse tous ceux que j’articule, en général. Je ne vais pas me retenir auprès de la personne en qui j’ai le plus confiance, n’est ce pas ?
Rapidement, comme elle l’a prévu, nous arrivons à la moto. Je l'entraine jusqu’à l’appareil pour qu’elle l’enjambe – bien que j’ai besoin de monter le premier pour qu’elle s’agrippe.

« Alors, grande vitesse ? »

Les routes nous attendent, la nuit est à nous. Libres, loin d’Assapor, les yeux clos pour ignorer les soucis, nous nous emparons de ce moment de paix.
Autoroutes Londoniennes, nous voilà !

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Ce message a été posté Dim 27 Oct 2013 - 17:05

« On peut bien sûr rouler de nuit ! On voit moins de paysage ceci dit mais si tu ne crains pas l’obscurité, les routes sont relativement bien éclairées et je n’en serai pas à ma première virée nocturne avec ma bécane. »

Je ris avec lui et laissai ma silhouette rejoindre la sienne tandis qu'il passait son bras sur mes épaules. « Oh oh, monsieur est un grand expérimenté ! ». Les éclats se calmèrent et pour autant, le sourire ne désertait pas mon visage. Je fermai un instant les yeux et me laissai guider par la stature rassurante d'Aoden que je sentais contre moi. J'en venais même à penser que toutes mes réflexions de tout à l'heure n'étaient pas si importantes, tant que je ne perdais pas ça, tant que ces moments m'étaient toujours accessibles. Que lui, il était toujours accessible. J'étais bien. Juste bien ... « J’suis content d’te voir. »
Je levai la tête ; cherchai son regard. Ses yeux bleus dans lesquels il était si facile de se réfugier. Comme ses bras ; ce bras qui me serrait contre lui, à la manière d'un grand frère.  Protecteur. Je lui souris à nouveau, laissai mes doigts se refermer sur son blouson dans son dos. « Moi aussi Ao'. » Vraiment. Même s'il avait toujours été difficile de me tirer ce genre de confidences. Quoique auprès d'Aoden, ça venaitplus vite. Plus naturellement. Peut-être l'avait-il d'ailleurs déjà constaté, ce ne serait pas étonnant. Pour tout avouer ce n'éait pas quelque chose que j'avais sous contrôle, et si ça m'avait d'abord vraiment, hm, disons très fortement déstabilisée, je savais à présent que je n'avais rien à craindre en me laissant aller avec lui. Même si maintenant il allait falloir que je fasse attention parce qu'avec les idées qui pouvaient me venir, ça allait devenir délicat.

Je consentis finalement à me décrocher de lui et nous rejoignîmes le parking où mon ami avait laissé sa "bécane", comme il disait.

« Alors, grande vitesse ? » « Avec grand plaisir ! » Je casque le drôle de chapeau et enjambe la moto pour me glisser dans le dos du journaliste, enserrant sa taille de mes bras. « Prête ! »

¤ ~ ¤ ~ ¤

« WOUUUUUUUHOUUUUUUUUUU ! »


¤ ~ ¤ ~ ¤

La moto ralentit lorsqu'Aoden s'engagea sur la sortie qui nous ramènerait dans le centre de Londres. Agrippée à lui, riant presque aux larmes et heureuse de ce moment, je sentais mes cheveux fouetter le vent derrière nous. C'était tellement plus facile d'oublier tout, dans ces moments là. La soirée promettait et si les réverbères éclairaient déjà les sombres routes moldues, il nous restait encore bien assez de temps pour profiter de ce que nous offriraient les prochains instants. Et croyez-moi, ils en vaudront la peine.

La bécane du journaliste s'arrêta dans un coin hors de la portée des regards indiscrets, et Aoden transplanna jusque dans le monde sorcier, juste devant chez lui, où il gara le véhicule. Les jambes encore plus tremblantes que précédemment, je me laissai tant bien que mal glisser à terre avant de m'accrocher littéralement à mon ami pour rester dressée sur mes deux appuis. « Hum, excuse. Ca fait ça à chaque fois, dis ? » Je ris à nouveau et le suivis jusqu'à l'intérieur de son appartement sans le lâcher. Nous avions roulé pendant deux bonnes heures et je ne pouvais pas franchement dire que j'avais l'habitude de ce genre de ballades. Aussi avais-je un léger mal à retrouver l'usage normal de mes jambes après pareil périple. Mea cupla ; en tout cas, c'est plus confortable que le balais.

Une fois dans le salon, je m'assis sur le canapé -sur son invitation ?- et attendis qu'il me rejoigne en massant d'un air exagérément douloureux mes jambes. « Hé ben dis donc, je sens que les courbatures vont être sympas demain matin ! » ... Hum, c'est étrange comme phrase ? Mais non, pas du tout ! « C'est gentil de m'avoir invité d'ailleurs, merci beaucoup ! » Comment ça, c'est de pire en pire ? Il n'y a aucune allusion là dedans voyons !


Dernière édition par Lena Steevens le Dim 3 Nov 2013 - 20:32, édité 1 fois
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Ce message a été posté Sam 2 Nov 2013 - 9:28



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Je ne m’attendais pas à ce que Lena me tombe dans les bras, mais mon corps, lui, semblait avoir justement anticipé la chose. Je referme mes mains sur elle pour m’assurer qu’elle n’ira pas plus loin, avant de l’aider à se redresser pour enfin la libérer.
Je ne me souviens pas avoir été aussi bouleversé par ma première balade en moto, mais sa réaction m’amuse et le sourire qui barre mon visage ne laisse aucun doute : je suis un brin moqueur. Ce n’est pas ça qui va vexer mon amie je pense, j’ai tendance à être toujours un peu taquin en sa compagnie. N’y voyez là aucune fourberie de ma part. Lena a le don de me mettre à l’aise, de me faire oublier les sombres nuages au dessus de ma tête. Je redeviens un gamin à ses côtés !

« Pour te voir descendre du véhicule dans cet état j’ai bien l’intention de te faire faire un tour dès que possible ! »

Je lève les yeux au ciel devant mes basses piques. Je sais que la jeune femme n’est pas si susceptible ; mais j’ai intérêt à faire attention. Ne manquerait plus qu’on arrive à moins se voir parce que mon caractère est venu à bout de sa patience !
Cette idée me fait froid dans le dos, à tel point que je n’entends qu’à moitié les propos qu’elle articule. L’invitation ? De quoi ? Ah oui. Je souris en supposant que ça fait une réponse acceptable à ce qu’elle a bien pu vouloir me dire ;

« Qu’est ce que tu veux boire ? »

Même si je suis sensé m’occuper du service, je prends le temps de me poser à ses côtés. Juste pour la regarder, lui sourire – encore – et m’assurer que ses tremblements ont cessés. Elle est vraiment unique cette fille, vous en connaissez beaucoup qui réagisse de cette façon à vingt minutes de moto ?
N’oublions pas non plus ses innombrables qualités. Ah, Lena. Je m’enfonce dans le dossier, laissant ma tête reposé sur le haut du canapé et je soupire.

« Je suis content d’avoir réussi. Ça faisait un moment que j’envisageai de te faire essayer cet engin moldu ! »

Mais tout n’est pas fait. S’il y a deux personnes avec qui j’espérai partager ça, Lena était évidemment la plus facile à convaincre. La plus facile tout court. Uhu.
Je dépose un bras derrière ses épaules et fixe le mur devant moi. Penser sans réfléchir, ou l’inverse, je laisse mes idées vagabonder un moment avant de les libérer oralement. J’aurai mieux fait d’être plus concentré, il est vrai…

« J’aimerai bien que Loïs accepte, aussi. Loïs Lang, tu sais ? C’est ma supérieure d’accord mais je ne vois pas où est le mal d’être attiré par le grade au dessus ! »

C’aurait pu être marrant. On aurait même pu en rire, quelques instants, avant que Lena ne me remette à ma place : Je suis Aoden. Loïs est Loïs. La grande, forte, froide, malheureuse Loïs. Tout dans son courage, son histoire et sa détermination l’éloigne de moi.

Devant le silence qui s’installe, je tourne le visage pour pouvoir observer mon amie.
Comment puis-je comprendre que j’ai mal parlé ? Comment imaginer que je l’ai insultée, blessée !? Comment me pardonner de la torturer ? Comment me comporter alors que je l’aime, mais qu’elle m’aime tellement différemment…

« Lena ? ...Enfin qu’importe, elle a autre chose à faire que de s’occuper de moi ! Alors tu bois quoi ? »


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Ce message a été posté Ven 15 Nov 2013 - 0:11

« Je suis content d’avoir réussi. Ça faisait un moment que j’envisageai de te faire essayer cet engin moldu ! »

Le bras d'Aoden glissa dans mon dos et un sourire étira à nouveau mes lèvres alors que je laissai mon épaule glisser jusqu'à lui pour m'y appuyer. « Hé ben c'était une bonne idée, tu as été ben inspiré ! » Et, non, cette fois, pas de sarcasme. (et au passage, c'est faux, cette réplique n'est pas tirée d'un vieux film moldu, vous faites erreur !). Cette balade était vraiment géniale. Et la moto, ça vidait la tête. Bon à savoir. Les questions, pensées, interrogations, réflexions de tout à l'heure n'étaient, pour l'instant, qu'un souvenir, relativement lointain. J'espérais qu'il le resterait. C'était sans compter sur la phrase suivante du journaliste.

« J’aimerai bien que Loïs accepte, aussi. Loïs Lang, tu sais ? C’est ma supérieure d’accord mais je ne vois pas où est le mal d’être attiré par le grade au dessus ! »

Là, c'est le moment où je me raidis d'un coup. Tellement que Aoden, contre qui je suis à moitié appuyée, a bien dû le sentir. Attiré. Loïs. Loïs Lang. La femme qui m'a balancée aux autorités. A cause de qui j'ai vécu une galère sans nom jusqu'à il y a encore si peu de temps. A cause de qui tous ces comportements que mon ami avait dénoncés dans son article avaient eu lieu d'être. Loïs. Loïs Lang. Attiré. Les secondes s'étirent, s'allongent. Je reste figée, sans oser le moindre mouvement, ressassant la remarque de mon ami dans ma tête. Encore une fois. Une fois. Une fois.
C'est limite si je n'entendais pas les battements de mon coeur contre ma poitrine tellement ils se faisaient forcés. Chaque pulsation me donnait presque la sensation d'un affaissement. Juste là. Au creux de la poitrine.

« Lena ? ...Enfin qu’importe, elle a autre chose à faire que de s’occuper de moi ! Alors tu bois quoi ? »

Autre chose à faire. Oui, ça doit être ça. Autre chose à faire ... Je me dégageai de son étreinte, brusquement, et me levai sans demander mon reste, arrachant mes épaules à l'appui de son bras. « Rien. Désolée. J'ai du boulot, faut vraiment que je finisse. » Je m'éloignai d'un pas, tournant le dos au journaliste. « Je file. Passe une bonne soirée Ao'. »

La veste que j'avais laissée sur le dossier d'une chaise se retrouva sur mon avant-bras, et, sans un regard pour mon ami, je me dirigeai à pas rapide vers l'entrée -ou, ici, la sortie- de l'appartement. Juste, m'écarter de lui. De ces mots qu'il avait prononcés. Mettre de la distance. C'était sans compter sur Ao, qui, ne souhaitait sans doute pas me voir déguerpir de la sorte, aussi froidement, soudainement. Pas sans explication ; sauf que je n'avais pas l'intention de lui en donner. Mon prénom prononcé ; ma main saisie par la sienne. Volte-face. Et ma paume libre vint violemment percuter le pectoral du journaliste, alors que je tirai non moins brusquement sur mon autre main pour la dégager de son étreinte. L'impact fut plus violent qu'il n'avait dû s'y attendre. Que je ne m'y attendais moi-même. Je n'avais pas ... prémédité ça. Et même si je ne paie pas de mine, figurez-vous que le métier que j'exerce, il forge ce qu'il faut forger, là où il faut le forger. Et les bras, ça fait partie de ce dont il faut savoir se servir pour se défendre. Ainsi, l'impact ; le coup ; avait pour but, pressant, indispensable, de le faire reculer. De recréer cette distance qu'il venait de liquider. Mon regard douloureux croisa le sien ; n'y resta qu'un instant, refusant de lui exposer aussi facilement l'ampleur de ce que je pouvais ressentir à présent. Tout ce que je voulais qu'il voie, c'était la colère, là, qui se lisait sur mon visage -exept les yeux, donc-, qui se reflétait dans la main, toujours tendue vers lui, menaçante -du moins était-ce le but-, que je n'avais pas rabattue contre moi. Contrairement à mon autre main. Celle qu'il avait saisie ; qui était à présent refermé en un poing plaqué en haut de mon buste. Ma respiration se faisait profonde. Forte. Comme s'il fallait que je lutte pour permettre à l'air de pénétrer dans mes poumons. Toujours en évitant son regard, je sifflai à son attention. « Ne me touche pas.. » La veste glissa de sur mon bras légèrement fléchi vers lui, et tomba sur le sol dans un bruissement sans que je fasse semblant de vouloir la ramasser.
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Ce message a été posté Ven 15 Nov 2013 - 20:32



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« Rien. Désolée. J'ai du boulot, faut vraiment que je finisse. […] Je file. Passe une bonne soirée Ao'. »

Pardon ? La bouche légèrement entrouverte comme si sur le rebord de mes lèvres se trouvait encore le gout de la conversation chaleureuse et amicale, j’observe une Lena froide et distante. Elle s’éloigne jusqu’à atteindre la sortie, qui bientôt l’aura avalée si je ne fais rien !
C’est donc sans grande réflexion que je me lève, me hâte jusqu’à elle pour m’emparer de sa main et la retenir. La tirer vers moi. La garder. Encore un peu…

« Enfin Lena qu’est ce qui te prend ?! »

J’ai besoin de la présence de cette jeune femme. Là ce soir. Mais j’en aurai aussi besoin demain. C’était déjà le cas hier, et chaque instant à ses côtés sera meilleur que dans la solitude. C’est en effet une des rares personne que je préfère au silence ;
Pourquoi réagit-elle ainsi ? Pourquoi fuit-elle si subitement ? Comme si elle venait de recevoir une nouvelle décisive et perforante ! Or, elle n’a rien reçu ! Je n’ai rien dit ! Rien de plus que quelques âneries au sujet de ma moto et de mes connaissances et ;

Choc. Douleur. Claquement. Blocage. Rupture.
Je me rééquilibre en lançant ma jambe gauche derrière moi tandis que la main tendue se détache de mon torse. Le souffle coupé – davantage par la surprise que par le coup – je fixe ses doigts le temps de reprendre ma respiration. Mes sourcils se froncent et quand mes yeux reviennent au visage de Lena, la sanction tombe. Le verdict est prononcé.

« Ne me touche pas.. »

Cruel, injuste et perçant.
Je secoue la tête, bête.

« Lena… »

Je ne comprends pas. Je ne peux pas comprendre. Je n’en ai même pas envie. Je veux simplement que la jeune femme reste ce qu’elle est !  Une oreille présente, des mains tendres, des sourires rassurants et une complicité indispensable. Irremplaçable.
Je déglutis en me penchant pour ramasser sa veste, craignant qu’elle en profite pour disparaitre.

« Que, qu’est ce que…il y a un problème ? J’ai fait quelque chose de mal ? Je ne veux pas te ; tu n’es pas bien ? »

A nouveau je tends le bras pour saisir le sien si possible, réalisant que sa réaction doit avoir une raison ! Il y a toujours une explication ! Peut-être est-elle souffrante, droguée, ensorcelée ! J’effectue un tour sur moi-même pour m’assurer qu’aucune âme malsaine ne s’en est prise à Lena, avant de revenir à elle.

« S’il te plait ne t’en vas pas. Je, j’ai besoin de toi. »

Ne me dis pas que tu quitte ma vie toi qui étais la seule à bien vouloir la combler.
J’ai envie de Lena. De sa voix contre moi, de nos conversations niaises et nos jugements hâtifs mais tellement jouissifs. Cette sensation d’être approuvé, de faire partie d’un groupe, d’un état d’esprit qui rend fort et solidaire !
Elle ne peut pas partir. Elle ne passera pas cette porte car j’ai trop peur que ça mette un terme à notre histoire.

Mais la décision ne me revient pas. Il n'y a rien que je contrôle, rien que je ne sache anticiper.
La bande son de mon absurde existence est toujours cette tenace et sarcastique mélodie.
Les évènements ne m'arrivent pas, ils m'assènent et je n'apprends rien de ceux passés.
Là, devant cette porte ouverte, je m'accroche à celle qui sera pour toujours ma plus chère amie.

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Ce message a été posté Lun 25 Nov 2013 - 21:36

« Lena… »

Il ne comprenait pas ... Non bien sûr qu'il ne comprenait pas. Comment le pourrait-il ? .. Mon comportement n'avait aucun sens au yeux du journaliste. Aux yeux de mon ami. Ami ... Aoden. Quand avait-il commencé à devenir plus que cela ? Il l'avait dit lui-même ; Assapor, la mort que nous avions frôlée tant de fois nous avait montré. Ce qui était important. Elle nous avait conduits à trouver la réponse par nous-même, la réponse qui s'imposait, au travers de ce vers quoi étaient tournées les dernières pensées que nous avions cru avoir. Au moment où le glas de la mort avait semblé sonner juste au dessus de notre tête.
Pourtant là, une autre question torturait mes méninges mises à mal par la violence du choc qui venait de me secouer. Comment ; comment diable Aoden pourrait-il trouver du sens à mon comportement ? Ce qu'il avait dit, c'était une parole en l'air, une pensée qu'il m'avait livrée. Que j'avais gardée, prise, ressentie. Pour lui.

J'étais son amie, sa plus chère amie, et j'étais juste venue passer la soirée avec lui, après un tour en moto des plus -éprouvants, pour mes jambes, hum- sympathiques et amusants. Entre amis. Je n'étais rien de plus et n'avais jamais prétendu vouloir être plus. Pas explicitement. Je n'avais moi-même pas une seule fois été claire et .. de toute façon, à quoi bon ces réflexions. Où ça allait me mener, encore ? Un peu plus de douleur, un peu plus de faiblesse. C'en était déjà assez. Nous avions eu une chance inouïe de revenir s'Assapor vivants. Beaucoup de sorciers n'avaient pas eu cette opportunité, beaucoup étaient morts, noyés, broyés, massacrés par la folie et les jeux de pouvoir de quelque faction malveillante. La guerre faisait impitoyablement rage dans le monde sorcier et j'étais là, moi, Elina Steevens, anéantie par une histoire d'amour ? Ou pas, remarquez ; il n'y avait aucune histoire d'amour là dedans. Amitié. Un peu plus ; jamais concrètement. Des gens pleuraient, des gens souffraient, de la mort d'un de leur proche, du massacre d'innocents. Et moi ...

Je réprimai un hoquet, amenai ma main gauche jusqu'à la sienne, accrochée à mon bras. Glissai lentement mes doigts entre les siens et le tissu de mon vêtement, les en écartai doucement, pour lui faire lâcher sa prise. Je n'avais même pas entendu la question qu'il m'avait posée, perdue dans ce qui semblait avoir du mal à bien vouloir me servir de tête. De plus en plus floue. Étouffée.
Je commençai à le repousser, appuyant ma main au creux de la sienne. La chaleur de sa paume immobilisa mon mouvement. Je relevai les yeux vers lui, tombai sur son regard, perdu. « S’il te plait ne t’en vas pas. Je, j’ai besoin de toi. »

... Je la sentais. La larme, fourbe, qui s'était échappée du coin de mon oeil. J'aurais voulu l'écraser du plat de la main, tourner les talons, disparaître derrière la porte. La main d'Aoden me retenait, sans qu'il ait forcément besoin de refermer ses doigts sur les miens. Une autre larme succédait déjà à la première. Et une troisième. Je fermai les yeux, tentai d'inspirer ; mon inspiration se transforma en sanglot, alors que mes paupières se scellèrent un peu plus fort. Les barrières semblaient céder l'une après l'autre. Des barrières dont je n'avais peut-être même pas conscience. Tout ce que je sais, c'est que mes doigts se referment d'eux même sur ceux d'Aoden. Que je me laisse portée en avant ; un pas, à peine, assez pour me retrouver appuyée contre lui, la tête contre son torse. J'abandonne sa main, passe mes bras dans son dos et semble presque m'accrocher à lui, alors que les pleurs redoublent et les sanglots secouent ma poitrine les uns après les autres.  Comme si me serrer contre lui allait faire disparaître la douleur ; la sensation de manque. Allait me ramener la partie de lui qu'il me semblait avoir perdue.
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Ce message a été posté Mar 26 Nov 2013 - 19:53



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On s’autorise parfois un peu d’égoïsme. On se permet de se fermer aux autres, de ne penser qu’à nous. C’est souvent un prétexte, une mauvaise excuse comme si nous méritions de nous couvrir, qu’importe le sort des autres, après de trop grands sacrifices ou gestes héroïques.

Mais il y a des vanités impardonnables. Cet amour-propre dégueulasse que je m’autorise me fend le cœur quand mes yeux tombent dans ceux de Lena. Comme si je venais de frapper. Pire encore ! Comme si je venais de me protéger, quitte à ce que ce soit elle qui soit touchée. Je déglutis amèrement cette sensation de culpabilité, mélangeant absolument tout ce que je ressens. Pour elle et pour Loïs, pour ma p*tain de personne, mes émotions, mes erreurs, je mélange tout afin de ne plus faire face à l’évidence : je fais du mal à Lena. Ma Lena.

Elle veut que je la lâche, mais pour m’éloigner elle s’agrippe. Pour que je retire ma main elle s’en empare, la retient. Je me laisse faire, impuissant et désolé, tandis que je sens ses doigts se mêler aux miens.
Que doit-on faire ? Que peut-on faire quand le mal doit frapper et qu’aucune des hypothèses n’est satisfaisante, possible ? Je ferai tellement pour mon amie, et plus encore ! Mais il n’y a rien que je puisse décider en ce qui concerne mes sentiments pour Loïs. Si je pouvais les faire dégager…j’épargnerai Lena mais aussi chef en chef. Elle n’a pas besoin de moi. Non. Elle a même besoin que je me retire de sa vie, que je ne sois pas ce poids. Et Lena, là dans mes bras…

« Oh Lena je… »

Ses bras s’écartent pour m’enlacer et je manque de basculer en reculant d’un pas. L’effet de surprise me laisse bouche bée un instant, avant que l’humidité de ses pleurs ne traverse mon vêtement. Mon cœur se serre en même temps que ma mâchoire, mes yeux se remplissent de larmes que je ne laisse pas s’échapper. Moi aussi je l’aime, je l’aime si fort. J’ai mal de voir ce que je suis, ce que je fais autour de moi comme dégât. Je n’ai pas su tendre la main à Loïs, je ne sais pas mieux le faire devant Lena.
A quoi je sers ?
Je ramène une main dans son dos, l’autre le long de ses hanches. Qu’elle pleure. Qu’elle pleure avec moi ce qui ne se fera pas. Car je ne trahirai pas une nouvelle fois mon cœur. Je n’abuserai pas de la tendresse de la chasseuse, je respecterai sa sensibilité et son honneur.

Je ne saurai être plus décevant. Pour elle qui attend tellement, pour Loïs qui en veut moins ;
Mais mon existence est ce foutoir d’illusions, d’extravagances et d’imperfections.

----
Les minutes s’écoulent sans nous atteindre. On pourrait rester là des heures à faire le deuil d’un lien jamais entamé, toujours existant. Je finis par retirer une main de la jeune femme, juste un instant, pour m’équilibrer alors que je m’installe sur le sol. Assis là, je lui rouvre mes bras qu’elle n’a pas vraiment quittés, et je la serre encore. Toujours. Un peu plus fort.
Je suis navré, confus, blessé.
Je suis déçu, dégouté, perdu.

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Trying not to love you [ Pv : Aoden ]
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