Help, please ? [ Pv : Lena ]



 



Help, please ? [ Pv : Lena ]
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs
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Ce message a été posté Ven 1 Mar 2013 - 16:36

Thank for being here~
Luck
©Diie



Quel que soit le gouvernement en place, quelle que soit la faction qui tire les ficelles – du moins le pense – et quels que soient les avis des différentes personnes alentours, il existe une catégorie de citoyens de mon pays, qui n’a pas nécessairement vu son statut modifier, ses droits s’arranger. Leur nature n'est pas plus respectée. Sans que l’on devienne compatissant, sans que la pitié ne nous atteigne, nous aurions je le reconnais pu leur accorder une excuse : ils sont malades. D’après moi. Je ne dis pas qu’il n'existe pas parmi eux des fautifs, des pros Ombre peut être à punir, mais leur mal est avant tout une affliction dont la plupart tente de se défaire ;
Loup-garou. Qui pourrait supporter d’être ce genre de, monstre ? Il en existe probablement. Il faut de tout pour faire un monde et je suis loin de connaitre toutes les sortes de personnes ; admettons. Mais je veux aujourd’hui me concentrer sur les gens qui souffrent réellement de ce malheur et essayer de faire apparaitre leurs plaintes dans ma chronique.
Que les évènements du moment ne prennent pas toute la place. Il y a des soucis de toujours, des ennuis qui ne disparaissent pas aussi rapidement qu’un gouvernement…Tâchons de n’oublier personne.
Aoden Teagan ; action.

Mes pas s’enfoncent dans la terre humide de cette bordure de bois. A une cinquantaine de kilomètres de notre Londres, la famille de James a décidé de s’installer ici pour éviter le plus de victimes possibles. Oh, il y en a. Il n’est pas rare de lire dans la presse quelques décès du à la transformation d’un loup-garou. Parait-il qu’il existe des remèdes néanmoins…alors qu’attendent ces gens ? Manque de moyens. Allergie. Tout est possible, encore une fois.
Ce James était un bon type de ce que j’ai pu récupérer comme informations le concernant. Lui et sa femme vivent seuls près de ces énormes conifères qui s’amusent avec le vent à me relancer leurs effluves de pins ;
Je m’approche doucement mais surement de leur maison. Je sais bien que ce soir, c’est la pleine lune. Mais dans le coin aucun décès n’a été déclaré depuis des mois et les gens semblent parfaitement ignorer la présence d’un voisin – tout à est relatif à une dizaine de miles – dangereux. Du coup j’ai supposé – à tort ? – que le brave James avait trouvé un moyen d’éviter la mutation…

Une branche qui craque, un soupir qui s’échappe, mon regard a l’affut se relève après avoir pleuré sur ladite et traitre branche, puis je retiens mon souffle. Plus le droit au moindre gémissement, ce pourrait être fatal. J’ai presque eu raison sur toute la ligne en pensant que ma fin était proche, que je me suis lourdement trompé et que James devient toujours loup-garou lors des pleines lunes. Presque.
Car s’il s’est bien transformé, prêt à dévorer tout ceux qu’il croise, une équipe est là. Prête à intervenir. Merlin seul sait comment !
Alors que je me plaque derrière un arbre c’est à eux que la bête s’en prend. Mes yeux distinguent mal les silhouettes et si les cris me parviennent je n’ose pas imaginer ce qu’ils expriment si clairement.
Il me faut fuir. Je ne peux rester là. Je suis incapable de noter quoique ce soit qui permettrait un article ou aiderait les victimes de cette métamorphose. J’inspire alors un grand coup – oubliant le mot discrétion – et je m’éloigne en courant le plus prudemment possible au vue des circonstances, pour rejoindre l’arbre suivant. Puis le prochain. Et ainsi de suite pendant moins d’une minute qui me parait durer des heures ;

Le fracas des lourds pas contre le sol, le craquement des dizaines de brindilles à chaque frappement, l’essoufflement hors d’haleine et rauque qui se rapproche à m’en faire frissonner d’effroi ; je ne comprends que trop tard.
La chance fut cependant présente – enfin je crois – car quand l’énorme bras pourvu de griffes s’est tendu pour m’atteindre, j’avais un pas d’avance. Un seul pas. Un tout petit pas. Qui a évité à ces pures lames de découper mon dos en plusieurs morceaux.
Pourtant, ne vous emballez pas, elles m’ont bien touché.
Un cri, mon cri, plutôt un râle en fait, et je m’écroule contre un tronc d’arbre mort étendu là par hasard – chance encore ? – assez robuste pour m’abriter. Le choc m’étourdi un instant et je ne comprends pas ce qu’il se passe, mis à part des bruits de pas. Ils se courent après, ne me demandez pas l’ordre eh ; ça court. Point.
Mon regard dans le vide, il fait si noir. La douleur qui m’enlace le dos est vile et déchirante. C’est le cas de le dire. Le sang qui imbibe mon vêtement peu à peu me donne froid et j’étouffe un gémissement dans l’espoir de recevoir un coup de main ; et pas de griffes.

« On se charge de le retrouver, va voir ce que c’était Lena. S’il y a un souci appelle nous on se dépêche de revenir ! »

Lena ? Mon sourire est d’une ironie bluffante. J’inspire avec difficulté et tousse ma douleur avant de fermer les yeux. Je suis toujours conscient, mais qu’ai-je à regarder si ce n’est un tronc d’arbre humide et froid ?
Peut être qu’en présence de cette femme, ma chance comme ma poisse sont augmentées d’un seul coup. Qui sait.

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Ce message a été posté Ven 1 Mar 2013 - 20:33

Deux mots : Pleine. Lune. Et avec ces deux mots, la promesse d'une bonne nuit, même si ce n'était pas dans le sens où les gens l'entendaient habituellement. J'avais consacré toute la journée à la préparation de cette soirée, -ou plutôt, de ces soirées, puisque la pleine lune serait là pendant trois soirs ; comme chaque mois- exécutant presque machinalement les gestes et les mesures tant et tant de fois répétés. Malgré les lunes et les interventions qui passaient, le plaisir que je prenais à exercer mon travail ne tarissait pas. Et même si régler les préparatifs pour la nuit faisait partie de ce plaisir, rien n'égalait la grisante excitation du terrain, l'adrénaline face au danger, la peur -et oui, parfois quand même- dans les situations critiques ... Je ne connaissais pas de plaisir plus intense que celui procuré par le frisson qui me parcourait l'échine lorsque, alors que les nuages découvraient la lune, pleine, ronde, au loin on entendait le long hurlement de nôtre loup de la soirée. Dans ces moment là, à cet instant exact, fut un temps, un sourire en coin barrait mon visage, et nous nous mettions en route dans un « Que la fête commence. ».

N'y voyez là rien de mesquin. Non, loin de moi cette idée, à l'époque où je pouvais encore me permettre ce genre de remarque, mais dites-vous bien qu'en ce temps là -Merlin ce qu'il me paraît loin !- les hommes et les femmes qui m'accompagnaient étaient mes amis les plus proches. Nous étions liés à la vie à la mort -du moins était-ce ce qui me semblait- et nous adorions tous notre métier, si bien que nous en retirions réellement amusement et plaisir ; bien que nous ne considérions absolument pas cela comme un jeu. Nous prenions notre rôle très au sérieux, mais était-ce une raison pour l'exercer dans le plus parfait stoïcisme ? Il nous semblait que non.

Et, maintenant que mes collègues n'étaient plus ceux qu'ils étaient avant, je ne me permettais plus cela. Plus grand chose, en vérité. Je n'avais plus le droit au moindre faux pas, et ils ne comprendraient de toute façon pas que je parle comme cela d'un travail aussi sérieux. Il n'y avait plus la même ambiance. Mais je m'y étais faite. Il le fallait bien. Je m'étais battue pour garde ce job, et j'en supportais aujourd'hui les lourdes conséquences ; ce n'était pas pour craquer à cause d'un détail de ce genre. Parce qu'en effet c'était un détail. Du moins était-ce ce dont je me persuadais. J'avais été déçue par mes anciens camarades, et je m'appliquais à penser que ce qu'il y avait eu avant n'avait à présent plus d'importance. Même si au fond, je savais bien que ce n'était pas le cas.

Néanmoins, même si tout était différent extérieurement, que ce soit dans ma vie personnelle, sociale, ou plus simplement dans le monde du travail lorsque la pleine lune n'éclairait pas la nuit ; lorsqu'elle l'éclairait bel et bien, je n'étais plus la Lena snobe et distante que j'avais pu devenir. Je devenais vive, autoritaire, entreprenante. Ce n'était pas moi qui donnais les ordres sur le terrain, mais je savais prendre des initiatives, et adapter les indications à mon bon vouloir. J'avais plus d'expérience que mes camarades et savais par conséquent ce qui était le mieux pour la mission de la soirée. Seulement je me gardais bien de donner mon avis. Ca valait mieux, sinon ils perdaient plus de temps à délibérer pour savoir si oui ou non on écoutait la traîtresse. La bestiole avait le temps de déguerpir ou de mordre un ou deux d'entre nous.
Le fait que mes actions ne soient pas validées par mon chef d'escouade les rendait plus périlleuses et par conséquent, excitantes. Mais ce n'était pas forcément une bonne chose. Je prenais cela en consolation de la bonne ambiance que j'avais perdue. Mais bref.


Ce soir, c'était le grand soir. Ou le premier des trois grands soirs. J'en frémissais déjà d'impatience en me rendant, comme convenu, à l'orée du bois de Dean, où je devais retrouver mes collègues. Le mois dernier, ce bon vieux James n'avait pas pris sa potion. Le boss avait fait son inspection au cours du mois et il avait retrouvé des empruntes louches. Il n'avait pas fait de dégât une fois, maintenant notre boulot était de nous assurer qu'il n'en fera pas, une seconde fois. Nous avions déjà eu affaire à James. Après notre intervention, il avait recommencé à prendre sa potion, mais il fallait croire qu'il ne le faisait plus.

¤ ~ ¤ ~ ¤

Je marchais lentement autour de la maison de James, silencieusement, plaçant chaque pas presque instinctivement entre les branches sèches qui risquaient de trahir ma présence, contrôlant ma respiration, savourant la tension que je devinais dans ma nuque et entre mes omoplates. Concentrée, prête à réagir au moindre bruit suspect, j’étais attentive à mille choses à la fois. Quand soudain, un bruit. Derrière moi. Rapidement suivi d’un autre, plus rapide. Un bruit de course, accompagné d’une respiration rauque que je reconnus aussitôt : Loup !

Et il fonçait droit sur moi ! Ou plutôt, sur le bruit qui avait retenti derrière moi ; sauf que j’étais dans la trajectoire ! Ce qui avait fait ce satané bruit avait plutôt intérêt à déguerpir en vitesse ! Je me plantais sur mes jambes, prête à recevoir le lycanthrope pour le détourner de sa cible première, au moins le temps que mes camarades me rejoignent. Le bois de Dean, du moins à son orée, était toujours très silencieux. Et un garou qui court, ça fait du bruit. Autant dire que le reste de la patrouille avait entendu et, je l’espérais au plus au point, ne tarderait pas.

Les arbres me gênaient, je ne voyais rien, et avant que j’aie le temps de me re-concentrer pour me fier à mon ouïe, la bête apparut dans mon champ de vision. Je ne dus de ne pas me faire percuter qu’à mes reflex ; au moment où elle arriva sur moi, je plongeai sur le côté et elle ne fit que me frôler, de suffisamment près tout de même pour se concentrer sur moi, et non plus sur sa précédente proie. Je me relevai dans un silence pesant, la respiration à présent profonde, alors que le loup me regardait. C’était l’instant d’immobilité qui précédait chaque confrontation. Ca se passait toujours comme ça. D’un geste vif, je m’emparai de ma baguette et en dirigeai la pointe vers la bête, gardant néanmoins la main à hauteur de hanche. Ce fut le geste qui déclancha le tout, et dans un grognement, le loup franchit d’un bond la distance qui me séparait de lui, tandis qu’un sortilège flamboyant quittait ma baguette pour frapper le sol juste sous ses pattes. Déjà il montrait les dents. Ces dents qui répandaient la maladie un peu plus à chaque morsure. Qui étaient si proches de mon visage. Un seul coup et c’était terminé. Seulement je ne comptais pas me faire mordre sans bouger et malgré la rapidité fulgurante de l’attaque, j’évitai les terrifiantes mâchoires en me glissant vivement entre les pattes du monstre pour arriver derrière lui. Il se retourna illico et .. Un sortilège rouge me frôla soudain et effleura la tête du loup. Hé ben, c’était pas trop tôt !

Mon chef aboya des ordres et rapidement, mes camarades se placèrent en cercle autour de la bête. Je reculai lentement, pendant qu’ils l’empêchaient de m’attaquer en lançant quelques sorts pour l’intimider ; mais bien entendu elle se ne laissa pas faire et s’en prit à l’un de mes collègues. D’autres cris retentirent, des formules, des ordres. Tout se passait dans un tourbillon de sifflements, d’éclairs, de fourrure parfois. Finalement, il réussit à sortir du cercle, et l’attention qu’il accorda soudain aux arbres derrière lui me fit tiquer. La chose qui avait fait du bruit !

Le loup lâcha un nouveau grognement et se lança à la suite de sa proie. Je fus la première à m’élancer derrière lui ; les autres me suivirent avec deux secondes de décalage, trop surpris de ne plus être la priorité de la bête. Bien sûr, eux, n’avaient pas entendu ce que j’avais entendu avant que le loup ne m’attaque.
Je courrais vite. Je le savais. J’étais capable de tenir un loup garou à distance à force de changements de direction, de ruses, d’accélérations ou autres. Mais je n’étais pas capable d’en distancer un. Encore moins d’en rattraper un, du moins pas sur une ligne droite. Et celui qui se faisait courser .. Allait en ligne droite. Il allait se faire bouffer !

Je voyais la forme massive et sombre qui fonçait à travers bois, tandis que je courrais à sa suite, zigzaguant entre les arbres, évitant souches mortes et autres éléments sylvains. Je la vis lorsqu’elle tendis une patte en avant, toutes griffes dehors, prête à arrêter la proie qui lui avait pour l’instant échappé. Mais j’étais trop loin pour intervenir. J’accélérai, pas assez cependant pour empêcher la bête e frapper. J’aperçus une forme être projetée sur le côté, et heurter un tronc mort, étendu là. Merde ! Mon cœur battait la chamade dans ma poitrine et ma respiration était de plus en plus saccadée ; pourtant je ne lâchai rien. Je ne lâcherais rien. Sans m’arrêter, je pointai ma baguette en avant et lançai un sortilège qui manqua une nouvelle fois sa cible, mais qui une fois encore détourna l’attention du monstre. Celui-ci se tourna vers la nouvelle menace que je représentais. Mes camarades arrivèrent derrière moi, et plusieurs sorts fusèrent. Les cris reprirent, les ordres.

Tout allait vite autour de moi. Les lignes que traçaient les sortilèges qui fonçaient en direction de la bête, les hurlements de mes camarades ; mes propres hurlements.

« Je prends à gauche ! » « J’y suis, crétin, reste de ton côté ! » « Ouverture à droite, il va s’enfuir ! » « Merde, merde, merde ! »


Vive l’organisation ! Au milieu de cette tempête, j’eus un sourire sarcastique en lançant un nouveau sort entre les pattes du monstre. A la suite du mien, un autre sort fusa et toucha le loup à l’épaule. Dans un hurlement, celui-ci fonça vers la brèche laissée par mon camarade, et s’enfuit à toute pattes vers le cœur de la forêt. Mes collègues s’élancèrent à sa suite, et je m’apprêtais à les suivre lorsque :

« On se charge de le retrouver, va voir ce que c’était Lena. S’il y a un souci appelle nous on se dépêche de revenir ! »

Je me stoppai dans mon mouvement, et les regardai foncer entre les arbres un instant avec une pointe de déception. L’adrénaline retombait déjà ; je savais, ou en tout cas je pensais, que c’était fini pour ce soir. Du moins pour moi. Le sang battait à mes tempes, ma respiration se faisait lourde, chargée, saccadée. J’étais à bout de souffle. Pourtant je ne m’autorisai pas de pause et me dirigeai en courant vers l’arbre mort que j’avais repéré. Pourvu qu’il soit toujours là ! A supposé qu’il soit en état de bouger …

Une toux rauque me parvint. Je me précipitai vers l’origine du bruit, passant par-dessus le tronc. Au moins il était vivant … J’aperçus une silhouette humaine, étendue face contre l‘arbre mort, en partie dissimulée sous lui ; et m’approchai rapidement. Mon cœur battait à tout rompre. En fait peut-être que tout n’était pas terminé pour ce soir.

Je m’agenouillai près de lui et posai doucement ma main entre ses omoplates pour lui signifier que je n’étais pas un monstre avide de chair ; en avisant sa blessure. Quatre larges griffures barraient son dos. Ca pissait le sang !

« Bouge pas, ça va aller. Surtout pas le moindre mouvement sinon ça va saigner encore plus, compris ? Je suis là, j’vais arranger ça. »

En vérité, je n’étais pas médicomage, et les seuls soins que j‘étais capable d‘appliquer étaient des soins d‘urgence permis par des éléments que je gardais sur moi pour ces nuits de pleine lune, qui arrêtaient les saignements ou endormaient la douleur le temps de tenir le reste de la nuit et de rejoindre sainte-mangouste ensuite. Seulement je ne pouvais pas transplanner avec lui, là. Si je m’en allais, je pourrais manquer un appel de mes collègues. Et puis le transplannage risquait de ne pas lui être profitable vu son état.

« Reste conscient hein. Je suis là. Bouge pas ...  »

Je sortien vitesse. s rapidement une boite fine contenue dans l’une des poches de ma tenue de travail, et la posai à côté de moi. Elle contenait une sorte de résine qui stoppait les saignements ; mais il fallait absolument la retirer dans les prochaines heures, sinon le tout risquait de s’infecter. Je posai une main qui se voulait rassurante mais ferme sur son épaule, et de ma main libre, je finis le travail qu’avaient fait les griffes de la bête sur le vêtement de l’homme, en arrachant ce qu’il restait de tissu. Puis je retirai mes gants et posai une main restée jusqu’à présent au chaud sur la peau glacée du blessé.

« Attention ça va piquer un peu. »

J’ouvris la boite, et en appliquai le contenu sur les plaies, délicatement..

« Désolée, je sais qu’c’est pas agréable … Ca va ? »

Je continuais, doucement, en essayant de ne pas trop lui faire mal. Il me faisait toujours dos, et je lui disais de ne pas bouger .. Je ne l’avais toujours pas reconnu.
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Ce message a été posté Ven 1 Mar 2013 - 22:01

Quand les pas se rapprochent – de nouveaux je l’espère, et pas ceux du monstre – tous mes muscles se contractent d’un seul et même mouvement. Dans une prise de respiration inespérée, inattendue. J’ai cru, peut être, n’avoir plus l’occasion de le faire. Respirer. Le passage de l’air dans ma gorge et mes poumons me parait d’ailleurs douloureux alors qu’en réalité il n’en est rien. En réalité aucun organe vital n’est touché, je vais m’en sortir puisque souvenez-vous : j’avais ce pas d’avance. Ce pas qui m’a sauvé la vie au moment ou les griffes ont certes pénétré ma peau.
Quand les pas se rapprochent, pourtant, je ne peux réagir autrement que comme un mourant. Un mourant froussard avec ça. C’est très inquiétant d’être incapable de bouger – pétrifié par le froid, la souffrance ou la peur je ne saurai le dire – mais de savoir que quelqu’un s’approche de vous. Quelles sont ses intentions ? Est-elle armée ? M’a-t-elle seulement vue ? Va-t-on me venir en aide bordel ou me laisser crever là comme un chien ?!
La colère pourrait s’emparer de moi, mais n’en fait rien. Car les pas se sont rapprochés au possible et la femme – oui c’est une femme qui prend la parole – apparait immédiatement comme une aide. Enfin je ne la vois pas ceci dit, et ses mains sont guères agréables pour le moment.

« Gummpf…sortez-moi de là au lieu de…arg ! »

Bon sang de ; espèce de ; sale… !
Je n’en dirais pas davantage. D’ailleurs à part un semblant d’agonie je n’arrive pas à articuler grand-chose. Je comprends simplement que ma veste de jean et le t-shirt qu’elle recouvrait ne sont plus – qu’est ce que j’ai bien fait de laisser la veste en cuir de côté de peur que la lune ne se reflète dessus. Je percute aussi que ma sauveuse, sadique, se met à appliquer sur mes plaies un étrange produit. A vif la garce ! Elle veut me tuer ! Pour le coup vous me direz, ça a toujours l’effet de me réveiller, de me sortir de mon état d’assommé.
Me tordant comme je peux dans un sens puis dans l’autre, je lutte en fait contre ces doigts fourbes et clairement insupportables. Je ne suis pas douillet, je pense, je suis simplement blessé et j’ai besoin d’un véritable médecin. Pas d’un…d’une…qu’est-elle ?
Et puis cette voix ;

« Vous me demandez si ça va ? Je… » Alors que je me retourne – avec difficulté, inutile de vous le cacher – mes sourcils se fronce et je me laisse tomber sur le côté, les ouvertures dans mon dos rencontrant généreusement quelques ronces. « Lena ? Il ; le loup va… ; Lena ? »

On dirait peut être que j’ai bu. Que j’ai trop bu. Il n’en est rien je le jure et c’est bien l’adrénaline, le contexte en lui-même qui me met dans un pareil affolement. Ma main s’empare de son avant-bras avec insistance et j’essaye – en vain – de me relever. Il faudrait déjà que je me calme, que je souffle un coup et que je fasse confiance à la professionnelle qu’elle est ;
Mais comment ? J’ai terriblement mal et quand bien même je parviendrais à faire abstraction de ces maux – je ne sais comment – il y a un loup-garou qui court dans les parages, prêt à dévorer la première victime à portée de dents !

Imagions que ce soit l’effet de surprise, de croiser ici dans cet endroit infesté par la panique, la jeune femme que j’ai interviewé il y a une poignée de jours. La surprise, le ravissement ? Oui dans d’autres circonstances j’aurai sans doute pu être ravi de la voir. Lui adresser un charmant sourire, lui tendre poliment la main et pourquoi ne pas lui proposer un verre ? En ajoutant, avec un sourire de plus, que ce whisky là ne finira sur aucun vêtement ou n’interrompra pas un interrogatoire formel…
Mais nous sommes à l’orée d’un bordel de bois que je n’peux déjà plus voir en peinture alors que concrètement, la nuit m’empêche d’observer le paysage probablement admirable.
Je mets donc mon arrêt sur image sur le dos de la surprise - à défaut d'autre chose - et termine ma contemplation en secouant vivement la tête ;
Qu’allons-nous faire ? Tous mourir ici ? Décapités par un homme en crise ?

« Il faut partir, je crois qu’il est partir plus au Nord, ce sont vos coéquipiers qui le suivent ? C’est de la folie, partons maintenant et…ma baguette ? »

Ne manquait plus que ça. Vous vous dites. Rassurez-vous je peste aussi tout ce que je peux contre ce foutu destin et son ironie foireuse. Je vous épargne simplement le détail des propos que je brame sans me souvenir, tout de suite, que l’animal a de très bons sens.
Elle pourrait m’engueuler, me bousculer, me repousser dans le trou dans lequel elle m’a trouvé, m’assommer ou simplement continuer de m’aider en supportant ma bêtise mais sérieusement, je la vois bien partir en courant. Ce serait intelligent et mon sacrifice ne serait pas une grosse perte ;
Précisions : je ne vois pas la jolie Lena comme une fuyarde mais comme une héroïne prête à attirer l’ennemi à ses trousses pour me sauver. N'omettons pas, juste, que je suis celui qui a la poisse et ce serait beaucoup mieux qu’elle s’en sorte, plutôt que moi.

« C’est pas vrai, elle était là ! »

Continuant de me faire les poches en souffrant, je ne m’occupe plus que de chercher mon arme en plaçant, inconsciemment, notre survie entre ses mains.


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Ce message a été posté Ven 1 Mar 2013 - 23:43

Nom d'une gargouille mais est-ce que c'était trop demandé de faire ce que je disais ? Pour un peu je lui aurait renfoncé la tête dans la boue !

« Bon sang j'te dis de pas bouger ! Ca fait mal je sais mais c'est ça ou tu t'vides de ton sang sur le ... Bordel te retourne p... Aoden ? »

Pendant un instant, nos deux voix pestant en même temps auraient pu donner l'impression d'une dispute, alors qu'il s'agissait en fait d'un .. sauvetage. Oui, sauf que le sauvé n'avait pas l'air décidé à se laisser sauver tranquillement. Fallait le comprendre d'un côté ... Un loup garou représentait tout ce qu'il y avait de plus terrifiant ... Surtout quand on savait qu'à la base, cette bête assoiffée de sang était un bon gars atteint d'une maladie. Le journaliste avait dû avoir la peur de sa vie en se faisant courser par ce pauvre James.

Ce qu'il articula après m'avoir reconnu me montra en effet qu'il était complètement terrorisé. Je le laissai parler, réalisant de mon côté que c'était bien l'homme qui m'avait interviewée quelques jours auparavant qui était là, étendu à mes genoux, blessé dans la boue en pleine forêt. D'ailleurs je réalisai plus vite que lui -j'étais moins morte de peur, remarquez- parce que j'eus le temps de profiter de son arrêt sur image plus que comique. Une ébauche de sourire apparut furtivement sur mon visage, malgré le danger persistant. J'étais dans mon élément ici ; je devais avouer que j'étais plus à mon aise dans la boue en pleine forêt qu'assise à une table avec un verre de whisky à la main.
Au fond je devais bien reconnaître que cela ne m'étonnait qu'à moitié de le trouver ici. Oh bien sûr que j'étais surprise, mais le fait qu'il se trouve au mauvais endroit au moment, lui, ne m'étonnait guère. Rappelons-nous l'incident serveuse-whisky.

Enfin, Aoden recommença à respirer. J'essayai d'en placer une au travers de son flot de paroles.

« Calme-toi .. Hé oh je te dis de .. Ecoute-moi ! »

Rien à faire. Je me demandais s'il m'entendait .. Et dans la bagarre, j'avais oublié le vouvoiement. Tant pis ..

« C’est de la folie, partons maintenant et…ma baguette ? »

Tout en parlant, il avait fini par s'asseoir, et je le laissai faire en soupirant. Il allait juste réussir à faire revenir le loup par ici en s'affolant comme ça ! Pendant qu'il se fouillait lui-même, je me penchai derrière lui et jetai un coup d'oeil à son dos .. C'est pas possible il avait foutu des épines de ronce dedans ! Et voilà qu'il continuait à brailler ! « C’est pas vrai, elle était là ! » Dans le même temps, j'entendis faiblement des cris et des grognements. Ils revenaient par ici ! Bon sang bon sang bon sang ! C'était plus drôle du tout, là, on risquait bel et bien d'y passer, et c'est ce qui arriverait s'il ne se calmait pas !

Je me replaçai devant lui illico et le pris pas les épaules plutôt brusquement, plantant fermement mes yeux dans les siens, l'air autoritaire, pour ne pas dire franchement menaçant.

« Tais-toi ! Reste calme, en criant comme ça tu vas juste réussir à le faire revenir par ici ! Mes collègues ont assez de mal à le gérer comme ça, pas la peine d'en rajouter ! Alors maintenant tu te calmes ! T'es en train de te vider de ton sang, il faut arrêter l’hémorragie avant de bouger sinon tu tiendras jamais jusqu'à la sortie d'ce bois ! C'est clair ? »

Je n'attendis pas de réponse et me levai avant de m'appuyer à l'arbre pour regarder derrière, aussi loin que le couvert des arbres me le permettait. Je ne pouvais encore rien voir, et seuls les échos de l'affrontement me parvenaient. Je crus percevoir qu'ils se rapprochaient lentement, mais peut-être était-ce le fruit de mon imagination .. Ou plutôt de ma crainte.
Je m'abaissai lentement et m'agenouillai à nouveau à son côté. Lorsque je repris la parole en chuchotant, ma voix resta ferme, mais sans doute un peu moins assurée que précédemment.

« Donc, ta baguette ... Tu te souviens quand tu l'as sentie sur toi pour la dernière fois ? »

Je détachai mes yeux des siens et inspectai du regard le trou duquel il venait de sortir. Il faisait trop sombre, je n'y voyais rien .. Lorsque je me replaçai face à lui, mon regard glissa sur les plaies qui barraient son dos. Je grimaçai.

« Aoden je sais que ça fait mal mais il faut absolument empêcher ça de saigner, sinon t.. vous allez y rester ! »

Je me forçai à respirer profondément. Il fallait res-ter-calme. Même si c'était pas facile. J'espérai vraiment que lui se serait calmé. Et si ce n'était pas le cas, j'allais être obligée d'employer une technique plus musclée pour lui faire comprendre que s'il arrêtait pas de crier, on allait y passer. Ma voix sonnait calme, même si intérieurement je n'en menais pas large. Plus large, à présent.

J'espérais qu'Aoden se laisserait faire. Il fallait terminer ça dans les plus bref délais pour nous diriger aussi vite et aussi silencieusement que possible vers la sortie de la forêt. Seulement il y avait peu de chances pour que tout cela se déroule sans le moindre problème. A commencer par la baguette du journaliste qu'il allait bien falloir retrouver. Enfin avant cela, plutôt, il fallait refermer ses blessures .. Dire qu'un vulnera samento aurait refermé ça en claquant les doigts .. Seulement je ne maîtrisais pas ce sort et l'utiliser à tort pouvait être fatal à Aoden. Et il souffrait bien assez comme ça ; la fébrilité de mes doigts n'y étant certes pas pour rien. J'aurais dû faire plus vite et appliquer ça correctement directement, nous aurions perdu moins de temps et à présent c'est sa baguette que nous chercherions ; et surtout, il souffrirait moins à présent ...

« Il faut faire vite .. Je suis désolée, je sais que c'est douloureux .. S'il vous plait ... »

Le ton presque suppliant de ma voix me surprit moi-même. J'avais vraiment peur ; pas pour moi, mais pour lui ... Si la bête revenait par ici, je saurais me débrouiller, lui pas. Il aurait déjà du mal à marcher quand la résine serait appliquée sur son dos ... Si les autres revenaient maintenant, ça se passerait mal. J'étais prête à le défendre lui, mais je doutai de pouvoir nous protéger tous les deux ...
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Ce message a été posté Sam 2 Mar 2013 - 9:43

Elle est marrante, la petite Lena. Mais je ne sais pas rester calme quand je sais qu’une mâchoire énorme remplie de dents aiguisées cherche quelque chose sur quoi se refermer ; quand je sais que la bestiole dotée de cette puissante bouche a également en guise de parure d’énormes griffes acérées que j’ai senti passer mieux que personne ; quand je sais qu’il fait nuit et que d’allumer ne serait-ce qu’un discret lumos serait suicidaire ; quand je sais que je suis incapable d’adopter un bon comportement dans cette situation pour la simple et bonne raison que je n’ai jamais vécu ça…
Ça fait beaucoup de chose à prendre en compte et dans le feu de l’action, dans l’agitation et la douleur, je ne peux évidemment pas prendre du recul ni même me calmer. Heureusement la jeune femme est là pour placer les bons mots au bon endroit.
Je vais y passer ?...Impossible. La douleur est vive et déchirante mais si mes blessures étaient mortelles je crois que je n’aurai même pas eu la force de me relever, encore moins de crier. J’imagine alors qu’elle parle avec tant de dureté pour prendre en mains la situation et me faire correctement réagir ;
Ça marche. Mes lèvres se retrouvent et ma voix s’interrompt alors que j’acquiesce lentement. Obéissant.

« Oui, bien sûr, faites vite. »

Pour ce qui est de la souffrance à endurer je prendrais sur moi, que voulez-vous que je fasse d’autre ? Je ramène devant moi les morceaux de tissu qu’il reste de mes vêtements et en fais une boule solide que mes mains torturent au rythme de celles de Lena qui, dans mon dos, s’appliquent vraisemblablement à être les plus tortionnaires possibles ;
C’est si insupportable que je finis par balancer le nœud plus loin sous l’arbre mort et j’étouffe un soupir éreinté, plaquant la paume de la main contre l’écorce humide. Ça va durer longtemps ? Maintenant que je me suis à peu près calmé, j’entends moi aussi les cris et l’impact des sorts jetés par les collègues de Lena sur le loup-garou. Je suis incapable de dire s’ils s’approchent, s’ils s’éloignent, s'ils mènent le combat ou sont de plus en plus blessés mais ce que j’entends me déplait de toute façon ;
Il faut qu’on bouge.
Enfin les gestes de ma sauveuse ralentissent pour s’arrêter et, dans un mouvement du visage qui se veut reconnaissant pour cette fin du cauchemar, j’entame de me replacer face à elle.

« Merci. Et maintenant ? » Le visage déformé par la douleur je continu de me déplacer, ne supportant pas de rester immobile. Ce qui en soit serait une bonne chose mais puisqu’il va falloir prendre ses jambes à son cou, autant réveiller mes muscles ! Ceci fait, mon pied écrase une brindille trop solide pour céder, qui se contente de craquer…aussitôt je me penche et récupère mon arme. « …Elle tombe à pic. Vous êtes en plein travail Lena, alors ; ne vous embêtez pas pour moi. Si vous avez un conseil à me donner je suis preneur mais ; rejoignez vos camarades je vais essayer de trouver une planque. »

Le sang peut-il attirer le monstre ? Je ne pourrais pas courir assez rapidement. Avant d’être touché j’étais facilement rattrapable, désormais ce serait un jeu d’enfant pour le loup de me rattraper. Sauf que les coéquipiers de la demoiselle l’occupent courageusement ; et je suis certain qu’il est de son devoir de les rejoindre. Si la bête est encerclée et occupée par une poignée d’aventuriers habitués, aguerris, j’ai peut être l’occasion de prendre mes distances…
Enfin je dis ça, je n’en sais rien, après tout.

Nos regards se croisent, les sourcils se froncent dans une parfaite synchronisation, les battements de mon cœur se font bruyants tandis que les siens semblent – comme par magie – s’atténuer pour mieux lui permettre d’entendre le danger approcher, puis les cris nous parviennent. Ils l’appellent. Ils lui annoncent un problème, une urgence…qui n’est pas bien difficile à comprendre ;
Il arrive.
Immédiatement nos visages se tournent dans la direction à craindre et je me surprends à pointer ma baguette. En tout cas je l’empoigne plus solidement que jamais et suis prêt, comme je peux, à l’utiliser au cas ou.
Malheureusement je ne sais pas comprendre les bruits, expliquer les craquements, prendre en compte le léger vent et éloigner le bruit de course des alliés pour me focaliser sur l’ennemi. Je n’entends qu’un raffut alarmant et perturbant et je m’attends à voir l’énorme loup nous arriver en pleine figure d’un moment à un autre ;
Sauf que c’est sur la droite qu’il s’approche et Lena, dans son exemplaire expérience, l’a senti venir.

Des éclats de lumière s’échappent des baguettes, le sifflement de chaque jet est aussi jouissif que désolant, je n’arrive pas à estimer si nous sommes toujours deux ou si les autres nous ont rejoint, si les voix que je devine, les gestes que je perçois sont ceux de Lena, ses camarades ou l’adversaire ;
En fait je suis perdu. Et ce n’est sans doute pas plus mal. Ça m’évite de voir les choses de trop près et de laisser la logique peur s’exprimer. Je me contente de suivre bêtement ce que je crois comprendre comme des ordres et, machinalement, je balance quelques sorts lorsqu’il me parait judicieux de ne pas laisser ces lourds et bruyants pas s’approcher ;
Tout cela ne dure qu’une poignée de secondes et je me retrouve attrapé par le bras, propulsé contre un nouvel arbre – vivant cette fois – au côté de ma tenace, autoritaire mais bienvenue sauveuse.
Je reprends mon souffle et dans un chuchotement que je tente discret, je peste.

« Qu’est ce qu’il se passe bon sang ?! Pourquoi ne prenez-vous pas la fuite ? »

Facile à dire. C'est peut être ce qu'ils tentent de faire mais je suis un poids. Ou alors j'oublie, l'espace d'un instant, que ce n'est pas leur boulot de fuir face à la victime qu'est le loup-garou. Ce n'est pas leur tâche de laisser ce pauvre James subir la transformation et faire des blessés ; ou pire encore...
Je me tais alors, fixe un moment le sol avant de me frotter le bras nu pour combattre le froid.
Bizarrement, je crois m'être rarement senti aussi bête, inutile et handicapant. Un héros dans un tel cas - car il arrive même aux héros d'être des boulets - se serait sacrifié. Mais je n'ai ici rien du preux chevalier ! Lena ne me laisserait pas faire une pareille bêtise et je ne suis même pas foutu d'en formuler l'idée ;
Haussant comme je peux les épaules, je lui offre un timide sourire, désolé.
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Ce message a été posté Sam 2 Mar 2013 - 20:06

La situation était en train de m'échapper. Les bruits ne se rapprochaient pas encore nettement mais je restai sur mes gardes en appliquant aussi délicatement que possible le produit qu'Aoden s'était enfin décidé à me laisser mettre. Je devinai à sa mine qu'il n'avait pas vraiment cru à mon histoire de "sinon tu vas y rester", mais dans ce genre de moment, mieux valait prendre des précautions. Je m'excuserais de ça plus tard. Et d'avoir oublié de le vouvoyer. Et de lui avoir fait mal avec cette résine. Enfin si on s'en sortait, bien entendu.
Je finis d'appliquer la pâte et il se retourna vers moi, les traits crispés dans une grimace de douleur. Evidemment ; je voulais bien le croire, que ça faisait mal, j'avais déjà dû utiliser ce genre de remède sur moi et je pouvais certifier que c'était loin d'être agréable. Néanmoins c'était nécessaire. La blessure en elle-même n'était pas mortelle mais le sang qui s'en échappait l'aurait affaibli de plus en plus ; s'il n'avait pas pu se mettre en sécurité à temps, il aurait pu perdre connaissance et, cette fois, y rester.

Je balayai ses remerciements d'un mouvement de la main, me concentrant à nouveau sur les bruits de combat qui me semblaient une fois encore plus proche. Peut-être était-ce à nouveau le fruit de l'angoisse, mais il me semblait que j'entendais des hurlements humains qui tenaient plus du cri de souffrance que de l'ordre aboyé. Ils avaient du mal. Ca s'entendait. Ca se sentait. Je redirigeai mon regard vers un Aoden plus que nerveux. Et maintenant ? Et maintenant il fallait s'en aller d'ici avant que la bête ne rapplique. Le rôle premier de la brigade était de protéger les civils. Aussi me reconvertiras-je garde du corps personnel d'Aoden tant que la lune brillerait et que les lycanthropes seraient de sortie. Qu'il le veuille ou non.

J'essayai de déterminer la distance qui nous séparait du combat lorsque le journaliste retrouva sa baguette. Je me tournai vers lui.

« …Elle tombe à pic. Vous êtes en plein travail Lena, alors ; ne vous embêtez pas pour moi. Si vous avez un conseil à me donner je suis preneur mais ; rejoignez vos camarades je vais essayer de trouver une planque. »

J'eus un sourire crispé lorsque je répondis.

« Certainement pas, je reste avec vous. Mes collègues savent ce qu'ils font et même si je suis avec eux, le loup peut toujours nous échapper ; votre dos peut le certifier. Et vous avez un peu trop tendance à vous trouver au mauvais endroit au mauvais moment pour que je me permette de vous laisser seul ce soir. »

Je croisai à nouveau son regard, comme pour lui faire comprendre que ce n'était pas discutable ; lorsqu'un léger bruit de course me parvint. Et il l'entendit aussi. Tout comme les cris, qui ne tardèrent pas à suivre, confirmant la crainte qui avait retrouvé sa place au creux de mon estomac. Le loup revenait.
Je tournai tout comme mon camarade la tête vers le Nord, d'où les cris nous provenaient, et je forçai ma respiration à ralentir pour me concentrer sur le vacarme grandissant de la course du monstre et ainsi, déterminer d‘où il allait venir. Droite !

Aoden eut le bon reflex en se plaçant en garde. Je l’attirai aussitôt derrière le tronc étendu pour ne pas rester à portée de charge. Je restai silencieuse. J’avais pourtant envie de parler, de lui donner mille conseils à la fois, comme quoi il faudrait faire vite, rester calme, lancer un sortilège, n’importe lequel, mais pas de feu, lorsque les branches frémiraient devant nous ; j’avais envie de lui dire de, surtout, baisser la tête juste après avoir attaqué, parce que la bête, en sautant par-dessus l’arbre mort, risquait au mieux de lui lacérer le visage, au pire de lui arracher la tête ; de ne pas faire de mouvement brusque avant que le monstre se mette en mouvement pour nous attaquer ; je voulais lui dire de rester le plus loin possible du loup -même s’il n’avait sans doute pas besoin de mon conseil pour cela- de rester hors de portée de griffe, mais surtout de crocs.

Toutes ces informations, tous ces conseils, ces recommandations se bousculaient dans ma tête. Je n’arrivais pas à réfléchir ! Pourtant j’aurais dû être habituée à ce genre de situations. Ce n’était tout de même pas la première fois qu’un loup garou fonçait sur moi. Oui mais voilà. Je n’étais pas seule. Il y avait à côté de moi un homme qui était ô combien loin d’avoir l’habitude d’être confronté à des lycanthropes. Et si je me savais capable de m’en tirer, j’avais des doutes à son sujet. Et l’idée qu’il puisse ne pas en réchappait me donnait des frissons insupportables.

Mais avant que j’aie le temps de penser plus que ça aux fameux frissons, la gueule terrifiante du loup perça les branches, et je n'eus que le temps d'articuler une formule avant de disparaître derrière le tronc, entraînant Aoden avec moi. Et puis ce fut à nouveau le carnage complet. Les cris, les grognements, les sorts, le tout dans tous les sens et dans un désordre des plus parfaits. Si j'étais prise dans le feu de l'action, je n'en gardais pas moins un oeil sur le journaliste ; qui somme toute ne s'en tirait pas si mal et parvenait à se tenir loin des crocs de la bête. De mon côté, j'enchaînai sort sur sort, tentant de garder le monstre loin de mes camarades, de moi et surtout, loin d'Aoden. Mais si je m'échinais à protéger tout le monde, ce n'était pas forcément le cas de mes collègues, plutôt occupés à se couvrir entre eux ; si bien qu'à force, le loup se retrouva dangereusement de mon côté ; et j'eus beau redoubler d'efforts et de sorts, il finit bien trop près de moi et je me trouvai à portée de griffes.
Il fallait que je bouge, genre maintenant, tout de suite ! Mais il fut plus rapide que moi, et j'eus que le temps de placer mon bras devant mon visage pour me protéger. Je ne sais pas exactement ce qui fut le plus déchirant : mon cri, ou la sensation qu'on me sculptait l'avant bras à coups de scalpel, mais dans tous les cas je me dépêchai de reculer, titubant, mon membre plaqué contre ma poitrine, alors que les efforts combinés de mes camarades et d'Aoden se chargeaient d'éloigner la bête. Heureusement, l'adrénaline empêcha la douleur de trop m'aveugler et rapidement, je pus me rapprocher de la première silhouette humaine que j'aperçus, qui s'avéra en fait être le journaliste. Gardant l'animal en vue et tentant -sans grand succès et malgré les élancements dans mon bras- de ne pas faire attention à la douleur, j'arrachai les restes de ma manche et m'en fis un garrot pour limiter le saignement, en attendant de pouvoir arranger ça. En dépit de mes efforts, je sentis que mes forces s'amenuisaient. L'air peinait à atteindre mes poumons et, il fallait le dire, je commençais franchement à fatiguer.

Nous nous affaiblissions, mais le monstre aussi, et ses grognements devenaient plus plaintifs que hargneux à chaque sort qui l'atteignait. Mais à défaut de le blesser, ces attaques l'énervaient et si nous ne le maîtrisions pas rapidement, la situation deviendrait encore plus dangereuse qu'elle ne l'était. Et comme de fait, les sorts qui éclataient devant ses pattes cessèrent visiblement de l'impressionner. Il poussa un hurlement terrifiant et, se débattant au milieu des sortilèges qui l'assaillaient, se rapprocha progressivement de ... Aoden ! Aussitôt, je me précipitai vers lui et l'empoignai par le bras pour le tirer à mes côtés contre l'arbre le plus proche.

A bout de souffle, je m'adossai à l’écorce, de façon à ce que l'arbre forme un rempart entre moi et le monstre ; le journaliste à côté de moi. J'avisai ma blessure. C'était moche. Et fichtre ce que ça me faisait mal !
Soufflant comme je pouvais, je me tournai vers le journaliste, qui n'était somme toute pas en meilleur état que moi. Je pris quelques secondes pour l'observer de haut en bas ; vérifier que de nouvelles blessures n'étaient pas apparues sur son corps. Je n'en trouvai pas, et levé un regard à la fois inquiet et soulagé vers son visage. J'aurais préféré qu'il ne reste pas, l'incident de ce début de nuit étant bien assez éprouvant pour un "débutant en lycanthropie" ; je n'avais pas envie qu'il lui arrive malheur. Vraiment pas envie. J'ignorais pourquoi exactement, mais je tenais à cet homme et je considérais que, quelque part, je lui devais quelque chose, pour l'aide qu'il m'avait apportée la dernière fois, peut-être.

« Qu’est ce qu’il se passe bon sang ?! Pourquoi ne prenez-vous pas la fuite ? »

J'aperçus son sourire désolé, et entre deux profondes inspirations, je le lui rendis, déformé par la douleur, mais tout de même.

« Peut-être parce que ... c'est notre travail, Aoden ? ... Vous par contre ... Fiou... c'est pas le votre ... Vous ne devriez .. pas être ici ... »

Je tentais péniblement de reprendre ma respiration tout en parlant, ce qui, inutile de le préciser, n'était pas forcément facile. Derrière nous, les sifflements, les cris persistaient ; mais également les gémissements de la bête. Gémissements qui étaient un peu trop près de notre arbre à mon gout. Un peu beaucoup même.

« On bouge, tout de suite ! »

Je m'élançai en direction d'un autre arbre afin de rester à distance raisonnable du monstre, lançant quelques sorts au passage en espérant que ça le maintiendrai à distance. Aoden me suivait de près.

« Enfin remarquez .. c'est peut-être un peu tard pour vous faire remarquer que vous seriez bien mieux ... dans votre lit à l'heure actuelle ! »

Un nouveau sourire barra mon visage, même si la plaisanterie n'était pas vraiment drôle, surtout compte tenu de la situation. Perdant mon rictus et après un furtif regard en direction de la bête, j'enchaînai :

« Ecoutez on a vraiment du mal là ! .. Même si on arrive pas à le maîtriser pour l'instant on devrait pouvoir le maintenir en place, maintenant, vous feriez mieux de vous sauver dès que l'occasion se présentera ! »

Je baissai la tête, déglutis difficilement, et ajoutai d'une voix plus du tout amusée.

« Je ne veux pas qu'il vous arrive malheur ... »
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Ce message a été posté Dim 3 Mar 2013 - 15:20


Au mauvais endroit, au mauvais moment. Pas faux. Je ne peux la contredire, je confirme même son expression d’un hochement de tête approbateur, esquissant l’ébauche d’un sourire au coin de mes lèvres. C’est amusant de le reconnaitre ; j’ai la poisse. Encore une fois les circonstances ne permettent pas un fou rire ou une discussion calme et dérisoire quand ma capacité de m’attirer des ennuis par mégarde.
De plus, alors que nous terminons d’accorder nos mimiques sur l’équipe que nous devons impérativement former pour nous – me – mettre en garde, le monstre est déjà sur nous et il faut partir en courant. Faire confiance à ses réflexes, ses compétences de tireur, de bretteur pour ainsi dire, ses aptitudes sportives également. De ce côté-là je me pensais doué. Disons suffisamment adroit pour ne pas m’inquiéter outre mesure mais il ne faut pas oublier qu’ici le sang froid est mis à rude épreuve et vient nettement freiner les facultés musculaires ;
Oh, autre chose : je suis blessé. Alors que nous cavalons à perdre haleine, balançant le bras armé régulièrement pour projeter des sorts offensifs les plus dissuasifs possibles, je sens mes forces me quitter à vue d’œil. Clairement. Nettement. Elles m’abandonnent, se barrent sans le moindre remord et il va falloir que je m’arrête. C’est inévitable.

Heureusement – enfin je crois – un bras m’attrape violemment et me projette contre un arbre. Quand je réalise qu’il s’agit de Lena, je ne suis même pas étonné. Ne m’a-t-elle pas fait comprendre qu’elle tenait à veiller sur moi ? J’incline doucement le visage en signe de reconnaissance puis je reprends mon souffle, quand même. Évidemment il ne faut pas oublier, pas même un instant, que le loup garou peut ressurgir d’un moment à l’autre. Pour ma part, m’en souvenir ou non risque de ne pas changer grand-chose mais j’ai davantage l’impression d’être utile et efficace en jouant les aventuriers sur le qui-vive qu’en me laissant totalement prendre en charge ;
La baguette toujours solidement dans la main – gauche, ai-je dis que je suis gaucher ? – je surveille les alentours tel un professionnel puis reviens consciencieusement à la jeune femme ; avant de sursauter.

J’ai beau faire en sorte de m’appliquer, essayer de tout anticiper je ne suis pas assez rapide ni expérimenté pour comprendre tout ce qu’il faut faire. Lena et les siens vont beaucoup trop vite, ont toujours au moins deux tours d’avance sur moi. Je dois me contenter d’obéir et de suivre péniblement, malgré ma blessure et ma peur pour espérer m’en sortir sans plus de blessures.
Semant mon sang un peu partout, sur tous les arbres de ce bord de forêt, je colle aux basques de la demoiselle, respirant de plus en plus mal, retenant de moins en moins bien mes râles de douleur, mes soupirs de souffrance.
Quand va-t-on pouvoir souffler pour de bon ? Lena peut bien continuer de me sermonner, à sa façon, me dire que je n’ai rien à foutre ici, non seulement je le sais déjà mais je ne sais pas du tout comment m’échapper. Je n’ai pas la force de transplaner. Encore moins de courir. Pas de balai. Que dois-je faire ?
Tous deux calés contre un nouvel arbre, je pose mon regard sur son bras meurtri et grogne avec écœurement.

« Si j’avais un vêtement à vous prêter pour un bandage… » Mes mains s’ouvrent sur mon torse dénudé alors que mon visage se penche sur le côté dans une ironie moqueuse puis, plus sérieusement, j’essaye de venir resserrer le nœud du garrot qu’elle s’est fait. Parfaitement fait. Mon intervention ne sert à rien d’autre qu’à montrer mon envie de lui venir en aide. C’est toujours ça. Ceci fait, je pointe ma baguette en direction des bruits qui nous parviennent et dépose une main sur son épaule droite pour la pousser vers l’arbre suivant. Suis-je en train de prendre le coup de main ? « Par ici ! »

Je ne suis pas encore un expert. Loin de là. Mais à quoi vous attendiez-vous ? Vous, et les coéquipiers de la jolie Lena par la même occasion. Nous sommes tous deux bien blessés, notre sang se répand dans la forêt et la fatigue nous dévore peu à peu pourtant, quand nous atteignons la même planque que l’un de ses camarades, celui-ci ne retient pas sa colère de s’exprimer ;

« Bande d’incapables ! On ne doit pas rester groupé mais au contraire se séparer ! Vous réfléchissez un peu ? Steevens, tu connais ce type ? Vous gênez la mission de toute façon. Tous les deux… » « Eh ça va, c’est pas le moment de régler les comptes si je n’m’abuse. Peut être qu’on peut penser à s’entraider dans l’immédiat et… » « Journaliste ? » « Je…ouais. » « Forcément. Fous le camp. J’te couvre. » « Vous plaisantez ! Je suis couvert de sang et à moitié nu bordel ! »

Les tons deviennent agressifs et doucement nous haussons les voix. Je ne remarque pas bien ce que fait Lena, je suis concentré sur cet homme ingrat, insultant. Je percute plus que jamais ce que me racontais la miss lors de l’interview que nous avons partagé. Ses collègues – en tout cas celui-ci – ne la respecte plus du tout et la prend pour une véritable traitre. D’ailleurs maintenant que je le vois lui parler ainsi, je réalise que depuis tout à l’heure il est celui qui fait le moins attention à son équipe. A la sécurité de la jeune femme – ni à la mienne.
Nous avons fait un ou deux pas de recul, ce qui nous a clairement mis en danger et tandis que les quelques autres membres de l’équipe s’efforcent de tenir James transformé à l’écart du reste du groupe, la perte de sang froid de cet abruti manque de tout faire flancher ;

Ah…il va s’en vouloir si Steevens – comme il l’appelle avec tout l’irrespect dont il fait preuve – est celle qui le sauve. Lui prouvant qu’elle est de son côté, qu’elle n’a fait que défendre son poste, obéissant à un pouvoir en place quand bien même elle n’était pas pour.
Ça, ça me fera rire. Même dans cette situation. Promis.

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Ce message a été posté Dim 3 Mar 2013 - 19:33

« Si j’avais un vêtement à vous prêter pour un bandage… » « Vous vous le colleriez intelligemment dans le dos pour éviter les saignements, tout à fait. » Complétai-je en souriant, sachant parfaitement que ce n'était pas du tout ce qu'il voulait dire. Néanmoins je ne me serais jamais laissée bander en sachant que sa propre blessure était plus grave que la mienne ; bien qu'il ne s'agisse, ni pour lui ni pour moi, pas d'une blessure mortelle. Je le laissai glisser ses mains jusqu'au garrot que je m'étais partiellement fait pour le resserrer et, même si son intervention ne fut pas tellement utile, je le remerciai d'un regard. En d'autres circonstances, j'aurais presque trouvé son geste mignon. Ou en fait non, je le trouvais mignon, même ici et maintenant. Mais chut, pas question de l'avouer.
Je quittai son regard pour observer à nouveau les deux longues griffures qui barraient ma peau. Enfin même si elles n'étaient pas vraiment visibles sous le sang qui recouvrait la totalité de mon avant bras. Je dissimulai une grimace contrariée. Non seulement c'était pas beau à voir, ça faisait mal, mais en plus c'était bien parti pour s'infecter ! Enfin là tout de suite, j'avais d'autres préoccupations. Préoccupations qu'Aoden me rappela en me poussant vers un autre arbre, loin de la bestiole qui se rapprochait un peu trop près.

Sauf que pour le coup nous nous retrouvâmes planqués derrière le même arbre que mon cher, tendre et révéré Boss. Celui-ci ne daigna même pas loucher sur le sang qui couvrait généreusement une partie de la hanche du journaliste ni sur mon bras avant de se mettre à brailler.

« Bande d’incapables ! On ne doit pas rester groupé mais au contraire se séparer ! Vous réfléchissez un peu ? Steevens, tu connais ce type ? Vous gênez la mission de toute façon. Tous les deux… »

Nous ? Nous, qui gênions la mission ?! Non mais il s'était bien regardé cet abruti ! Je serrai aussitôt les poings, luttant contre l'envie que j'avais soudain de l'attraper par le haut de son vêtement pour le plaquer contre l'arbre et lui faire ravaler ces paroles. Je me contentai de le regarder, les yeux emplis de dégoût, de dédain, ce même dédain que j'avais tant de fois vu dans ses propres yeux lorsqu'il m'adressait la parole. Je me retenais. Oh oui je me retenais, parce que si je m'écoutais, je ... Je préférais ne pas trop y réfléchir à vrai dire, l'idée de pouvoir enfin remettre ce sale incapable à sa place était bien trop tentante et je risquais d'y céder ô combien facilement. Je soutins son regard un moment avant de me détourner, purement et simplement, et de me re-concentrer sur la bête qui continuait à se débattre entre les sorts de mes camarades.
J'entendis néanmoins Aoden prendre ma défense, et la sienne, face à l'idiot congénital qui me servait de supérieur.

« Eh ça va, c’est pas le moment de régler les comptes si je n’m’abuse. Peut être qu’on peut penser à s’entraider dans l’immédiat et… » « Journaliste ? » « Je…ouais. » « Forcément. Fous le camp. J’te couvre. » « Vous plaisantez ! Je suis couvert de sang et à moitié nu bordel ! »

Cette fois le me retournai, l'air franchement agressif. Non mais en plus ce crétin s'en prenait à Aoden ! Il avait intérêt à se calmer tout de suite sinon ça allait mal se terminer ! Sauf que lorsque je dirigeai mon regard vers le duo je m'aperçus que ... Qu'ils avaient reculés. Et qu'ils étaient totalement à découvert !

« Bon sang restez pas là ! »

J'avais crié. Pas assez fort cependant, ils semblèrent ne pas m'entendre, m'arrachant un grognement rageur tandis que je me penchai à nouveau derrière l'arbre pour surveiller le monstre que mes collègues, heureusement moins stupides que mon boss, s'échinaient à maintenir en place. Avec de moins en moins de succès visiblement. Celui-ci semblait d'ailleurs avoir rejoint les rangs du loup qui, entre deux éclairs lumineux, sembla apercevoir les deux hommes qui se criaient dessus, à quelques mètres à peine de lui.

Aussitôt, je pointai ma baguette dans sa direction et me joignis aux autres pour l'arroser de sortilèges. Bordel, il ne fallait plus qu'il bouge !
Tout s'accéléra. Les mouvements de la bête, comme les paroles que j'entendais entre les deux hommes, à deux mètres de moi. Je me trouvais étrangement lente et maladroite dans ce carnage, ne distinguant clairement que le vacarme que faisait mon sang en battant à mes tempes et les battements de mon coeur qui battaient les records de pulsations par minute. Dans toute cette furie, je sentis plus que je vis le monstre s'approcher ; et je n'eus même pas le temps de songer qu'il était trop tard pour réfléchir.

Sans écouter rien d'autre que .. que je ne savais pas trop quoi d'ailleurs ; mettons les réflex ; je quittai mon couvert et fonçai droit sur les deux hommes. Je ne savais pas trop ce que je j'espérais exactement. Une femme de mon gabarit qui fonçai sur deux hommes solidement battis chargés par un loup garou en colère. Non, vraiment, je ne savais pas à quoi je pensais en faisant cela. Mais en tout cas je le faisais, et avant d'avoir pu ne serait-ce qu'y réfléchir, je me retrouvai élancée à toute vitesse vers le duo qui semblait devenir franchement agressif.

Le loup n'était plus qu'à deux ou trois mètres d'eux lorsque je plongeai en avant, toujours sans trop savoir ce que j'espérais faire. Mon épaule percuta plutôt violemment celle du boss, qui, à défaut de tomber, recula de plusieurs pas, hors de la trajectoire de la bête. De mon côté, je me retrouvai déviée de ma propre trajectoire et, dans un cri de surprise, je percutai Aoden, de plein fouet. Par reflex, j'enserrai son torse de mes bras et restai collée à lui toute la durée de notre chute. Nous basculâmes en .. avant pour moi, arrière pour le journaliste, et dégringolâmes sur quelques mètres. Les branches tournaient, les arbres, les feuilles, griffant son dos, mon bras, craquant sur notre passage et finalement, tout s'immobilisa. Le silence se fit autour de nous. Du moins l'espace d'un instant, parce que des bruits de courses ne tardèrent pas à nous parvenir. Ils ne venaient pas dans notre direction. Nous avions évité le loup, et celui-ci avait poursuivi sa course tout droit, échappant au cercle formé par les membres de la brigade. Ceux-ci devaient être en train de la courser.

J'étais à bout de souffle. A bout de force. Je ne me sentais pas le courage de bouger, et pourtant, il allait falloir y retourner. J'ouvris les yeux. Et ce ne fut qu'à cet instant que je me rendis compte que .. J'étais allongée de tout mon long sur un Aoden lui aussi sonné par la chute. Plus qu'allongée, en vérité j'étais agrippée à lui, mes bras toujours serrés dans son dos. Oops. J'ouvris la bouche, comme pour parler, mais aucun son ne franchit la barrière de mes lèvres. Je restai là, à le regarder, pendant au moins cinq secondes, avant de me décider à bouger. Je me laissai tomber à côté de lui en soufflant un « Désolée ». Ma respiration se faisait sifflante tandis que je tâchais de me remettre de tout cela, me répétant mentalement qu'il fallait que je me dépêche. Je tentai de m'asseoir, avec plus ou moins de succès. Entre deux inspirations profondes, j'articulai : « Pas trop de dégâts ... ? »
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Ce message a été posté Dim 3 Mar 2013 - 21:21

Que veut-il ? Prenons un peu de recul voulez-vous. Du sang froid j’en suis tout bonnement incapable mais vous en tant que spectateurs, et moi narrateur omniprésent, offrons-nous cette distance, ce luxe qui nous permettra sans doute de mieux comprendre ; quoique. Rien n’est moins sûr.
La silhouette de la jeune Lena est encore adossée contre l’arbre. Probablement un pin encore une fois. Je ne suis pas en mesure de m’occuper de la nature des arbres alentours à l’heure actuelle. Le sang qui recouvre son bras laisse supposer que sa blessure est grave, heureusement – si ce mot peut ici être placé – je peux assurer que la plaie n’est pas mortelle. Eh oui, le bras, c’est supra important et indispensable comme articulation, comme membre, mais pas vital figurez-vous.
A quelques pas de là, bien trop éloignées, se trouvent deux autres silhouettes. Plus volumineuses. Plus musclées, imposantes et plus recouverte de sang en ce qui concerne la mienne. Plus dénudée aussi, si ce détail vous intéresse. Pour ma part il ne me rappelle qu’une chose : j’ai froid. Je meurs de froid mais l’adrénaline m’apporte une couche de tiédeur comme une fine couverture utile à me tenir encore en éveil. La stature de celui qui se présente comme le supérieur de la jeune femme, du moins comme son chef d’équipe, est impressionnante ne serait-ce que par cette voix roque et ce ton autoritaire qui d’après moi ne se détache jamais de lui. Le genre d’homme qui ne sait pas parler autrement, voyez ? La douceur, la tendresse, il ne connait pas. Ni même la politesse, tout ça.

« Si t’étais pas là, dans nos pattes, nous n’aurions pas un civil blessé sur les bras et un membre de l’équipe à soigner ! » « Mais avec votre comportement c’est pas un membre à soigner que vous aurez mais peut être pire encore ! Retournons à l’abri, Lena a raison !!! » « Vous êtes de mèche ? T’es le genre de critique qui servait l’Ombre ? » « Espèce de… ! » « Répète pour voir ?! »

Comme deux parfaits abrutis – allez, je le reconnais je n’ai rien d’intelligent dans ma démarche là non plus – nous nous battons. Verbalement dans un premier temps. J’essaye de lui montrer que le raisonnement de sa camarade, Lena, est le plus judicieux. Je l’ai entendu nous faire signe pour nous faire prendre conscience de notre imprudence. Mais rien. Il ne réagit pas. Il reste borné, buté. Quand à moi je suis cette fois persuadé qu’il fait partie des collègues de la demoiselle qui la pense traitre car il se met à imaginer qu’elle et moi nous connaissons depuis longtemps, que nous avons tous deux aidés les pros Ombre durant leur gouvernement et ce tout à fait sciemment.
Je ne sais plus quelle insulte ou quelle défense j’ai joliment articulée. Je suis journaliste, je maitrise les mots à la lettre si vous me permettez l’expression. Habile et précis, comme lui avec le maniement des sorts qu’il balance entre les pieds des loups garou, moi je vise et frappe de taille et d’estoc avec les paroles pour faire mouche… sauf que lorsqu’il est blessé, le fourbe riposte. M’attrapant par la nuque, à même la peau souvenez-vous que je n’ai plus de vêtement, le violent me fait faire deux pas en arrière et à partir de là je ne comprends plus rien ;

Le monstre était retenu un peu plus loin. Vraiment pas beaucoup. Les autres partenaires de Lena et de cet imbécile ont su le tenir une petite dizaine de minutes, ce qui est un exploit croyez-le maintenant que j’ai vu à quel point il est difficile de faire face à ces bêtes ;
Au moment ou nous en sommes venus aux mains, James – en loup – a décidé de changer d’adversaire préférant certainement deux hommes en conflit qu’une demi dizaine tous braqués sur lui-même et nous a prit en ligne de mire. C’est la pauvre miss Steevens dans sa courageuse folie, sa folle bravoure appelez ça comme vous voulez, qui a tenté de s’interposer. Moi ceci dit, je n’ai toujours pas compris au moment ou j’ai vu mon agresseur se faire percuter par je ne sais quoi et j’ai à peine eu le temps de cligner des yeux que c’est moi qui recevais de plein fouet un objet encore non identifié.

C’est vivant. Je l’assure. Et ça respire. Ses mains s’agrippent dans mon dos, nos souffles courts et douloureux se mêlent et se répondent avec peine, les différents cris se font échos et les rebonds de nos corps difficilement mêlés malgré eux les contraignent à se frapper, se retenir, s’entraider pour mieux se détester ;
Quand tout s’immobilise j’ai l’impression que tout ne bouge que davantage. Une ou deux secondes. Puis je comprends enfin que je suis immobile. Étouffant un sanglot, j’ouvre un œil et laisse une larme s’échapper, me retrouvant incapable de retenir ce foutu rictus posé sur mes lèvres. Je maudirais bien ma poisse, ma damnée ironie du sort jusqu’à la fin des temps mais j’attendrais d’avoir rendue l’âme pour ça ; non ?

« Ghnn…tu me demandes si tu m’as tué ?...Nop. Pas encore. Mais la prochaine fois, certainement. » Dans un rire qui s’apparente plus à une toux mal retenue, je me retourne comme je peux pour pouvoir la regarder et m’assurer qu’elle est en un seul morceau. Enfin que son bras est toujours accroché au reste de son corps, voyez ? Plaisanterie. Je pose l’index contre son épaule sur laquelle j’appuie doucement. « Toi ? Tu peux marcher ? Cette fois il faut vraiment s’en aller. Combien de temps est sensée durer la mutation d’un loup-garou ?... »

Je ne me demande même pas si James, dans sa course folle, a atterri sur le fourbe chef d’équipe. Ça paraitrait logique en fait car s’il nous a manqué il ne lui aurait pas fallut très longtemps pour faire demi tour et nous rattraper…à moins d’avoir trouvé une autre proie. Autrement dit, le chef d’équipe. Maintenant il n’était pas tout seul, les autres membres étaient prêts à le défendre et en supposant qu’ils soient aussi doués que depuis le début ils l’ont surement sauvé.
Déçu ? Non. Je n’y pense pas. Je ne pense qu’à me relever, m’éloigner vite et le plus longtemps possible de cette saloperie de boue, ce merdier de bois, aider Lena à se relever et retrouver un bon lit, une masse de couvertures pour fermer les yeux une dizaine d’heures. Minimum. Fichtre que va dire Loïs.

« Allez ; viens. » Je lui tends la main sans même m’être relevé et quand je m’en aperçois, je pouffe, nerveusement. « Je suis sincèrement désolé c’est de ma faute si tu es blessée. Je n’aurai jamais du venir par ici ; je ne pensais pas que ce James était dangereux et ; je vais tout faire pour que tu te remettes. » Sauf qu’en médecine je n’y connais rien. Que des médecins, je n’en connais pas personnellement. Qu’en terme de moyens je peux certes participer un peu mais je suis loin d’être aisé… je ferais ce que je peux. Quoiqu’il fasse faire.

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Ce message a été posté Dim 3 Mar 2013 - 22:29

Outch. Petite note à mon intention : A l'avenir, éviter de se propulser, accrochée à un homme de quelques quatre-vingts kilos, dans une pente de plusieurs mètres jonchée de ronces, racines, branches et autres joyeusetés. Ce serait plus prudent et pour moi, et pour l'homme en question. Comme si nous avions besoin de ça, soit dit en passant. Les griffes d'un loup-garou imprimées sur le dos ou le bras, ça nous suffisait visiblement pas. Enfin d'un côté, si nous n'avions pas goûté à cette merveilleuse dégringolade, c'est le loup qui nous aurait goûtés nous. A choisir, j'aimais mieux me frotter à la pente. Qu'en était-il de mon compagnon d'infortune ?

« Ghnn…tu me demandes si tu m’as tué ?...Nop. Pas encore. Mais la prochaine fois, certainement. »

Mon rire fit écho au sien ; et était d'ailleurs à peu près dans la même tonalité "argh j'ai mal". Visiblement, lui, préférait le loup garou. Bien, bien, c'était noté ! Je me retins de lui faire remarquer, ironiquement, que s'il continuait la prochaine fois, ce ne serait pas moi qui le tuerais, mais le loup. Enfin "je" me retins ; non, ce fut plutôt la douleur que provoqua mon rire dans ma poitrine qui me retint, et une grimace de douleur remplaça mon rictus. Je me fis violence pour ne pas me laisser retomber en arrière. Parce que je savais que si je le faisais, je resterais étendue là sans bouger pendant au moins cinq jours. Finalement, un soupir m'échappa. On s'était pas loupés ...
Aoden s'inquiéta à son tour de mon état en appuyant sur mon épaule.

« Toi ? Tu peux marcher ? Cette fois il faut vraiment s’en aller. Combien de temps est sensée durer la mutation d’un loup-garou ?... »

J'eus un sourire -cette fois encore légèrement déformé par une grimace- après avoir répondu à ses premières question d'un signe de tête qui se voulait convaincant. J'étais capable de marcher, oui, mais est-ce que je le voulais vraiment ? Il allait bien falloir se motiver. Quoi qu'il en soit, c'est le visage barré d'un nouveau rictus que je fis mine de réfléchir.

« Combien de temps ? Voyons ... A peu près aussi longtemps que la lune sera haute. Il nous reste vaguement cinq six heures à tenir. »

J'avais dit cela d'un ton qui se voulait détendu -après tout c'était la routine pour moi, non ?- mais qui trahit mon découragement. En général, à ce moment de la nuit, j'étais encore en état de me battre pendant au moins deux heures. Le temps qu'il restait, moi comme mes camarades le faisions en fonctionnant uniquement à l'adrénaline et à la nécessité de rester debout pour ne pas se faire dévorer. Parce que oui en général, je n'avais pas le luxe de me retrouver éloignée comme cela du monstre. Habituellement, c'était du non-stop.
Quoi qu'il en soit, ce soir, je m'étais faite avoir, et je doutais de pouvoir tenir jusqu'à ce que madame la lune daigne redescendre. Mais il allait bien falloir ; et c'est cette nécessité qui me décourageait franchement. Enfin, cela n'impliquait que moi.

« Enfin en théorie, il me reste cinq six heures ... »

J'entendais par là que, lui, ferait mieux de se sauver pendant que la bête était occupée ailleurs. Sauf qu'apparemment il ne l'entendait pas de cette oreille ...

« Allez ; viens. »

J'observai sa main un quart de seconde, avant de relever un regard perplexe vers lui. Heum, moui, pourquoi pas .. Mais s'il voulait m'aider à me lever, il allait peut-être falloir qu'il se lève lui aussi non ? Enfin j'dis ça j'dis rien moi ... Je souris lorsqu'il pouffa, et me relevai finalement, avec son aide.

« Je suis sincèrement désolé c’est de ma faute si tu es blessée. Je n’aurai jamais du venir par ici ; je ne pensais pas que ce James était dangereux et ; je vais tout faire pour que tu te remettes. »

J'eus un nouveau sourire.

« James était plus supposé être dangereux depuis qu'on l'avait maîtrisé y'a quelques mois ; ça faisait un moment qu'il restait calmement chez lui, mais depuis le mois dernier il prend plus son remède. T'étais pas supposé savoir qu'il allait t'attaquer .. Enfin c'est vrai qu'il faut avouer que se pointer dans le bois de Dean un soir de pleine lune n'était pas forcément la meilleure idée qui soit ! »

Je risquai un léger rire -léger parce que le mode quinte de toux, je n'aimais pas spécialement. C'était une boutade, bien sûr, ma façon de se moquer de sa malchance qui, pour moi qui ne le connaissais pas depuis longtemps, commençait déjà à devenir légendaire. Je poursuivis.

« T'en fais pas ... Ils me répareront ça à Sainte-Mangouste ; et à toi aussi d'ailleurs, faudra que t'y passes avant demain sinon ta blessure va s'infecter. Tu ferais bien d'y aller tout de suite d'ailleurs, pendant que le loup est occupé ... » J'eus un soupir, et me tournai vers les échos de combat qui nous parvenaient. « Je t'accompagne pas, faut que j'y retourne ... A supposé qu'il survive ce soir, le boss va me faire la peau si je les rejoins pas. Ca va déjà être sympa quand on en aura fini avec James .. »

Oh oui, ça allait être sympa. J'allais avoir droit à un savon monumental. Et bien sûr ce détraqueur défraîchis refuserait de reconnaître que je lui avais sauvé, peut-être pas la vie, mais quelque chose du genre ; et s'il était vraiment en colère il pourrait presque venir dire que j'avais essayé de l'attaquer. J'espérais que certains de mes collègues, moins persuadés que lui de ma prétendue traîtrise, avaient vu la scène.

Je me tournai dans une autre direction et la désignai d'un geste du menton, tentant de masquer les douleurs que me provoquait le moindre mouvement.

« L'orée est par là. On s'est pas mal enfoncés dans la forêt mais tu devrais pouvoir sortir seul si tu continues tout droit. Tu devrais pas avoir d'ennuis, on s'occupe de James, ça ira. Évite les racines et ne meurs pas en tombant dans un trou ; ce serait dommage après tout ça ! »
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Ce message a été posté Lun 4 Mar 2013 - 18:28

Je n’ai pas d’excuse. Pas une seule. Je n’avais pas à venir jusque devant chez ce James. Non seulement c’est une violation de la vie privée – je ne vais quand même pas le rappeler à la jeune Lena – mais c’est une pure prise de risque que de se pointer près de la tanière d’un prétendu loup-garou ; quelles que soient les rumeurs qui circulent à son sujet. Transformation ou non, James est dangereux à partir du moment ou la maladie du lycan l’a touché un jour et je n’aurai pas du avoir cette curiosité. Pas sans son accord ou pas sans l’intervention du secteur rattaché à ce domaine autrement dit le secteur de la jeune Steevens.
Désormais la voici couverte de sang. Mon regard toujours fermement plissé devant la vue de cette sérieuse blessure, j’essaye de me souvenir qu’il s’agit du bras. Que le bras, ce n’est pas vital. Mais bordel…tout est ma faute.
Si je pouvais arranger les choses ; je me mettrais immédiatement au travail.

Tout n’est pas si facile malheureusement.
Alors que nous nous relevons et que la brave demoiselle essaye de me faire quitter les lieux, de me convaincre de partir – elle n’a pas besoin, c’est ma plus grande hâte – je titube de quelques pas, perdant soudainement l’équilibre. Comme un léger malaise, un gros coup de fatigue. Je suis gelé, je m’en aperçois quand en menant ma main à mon épaule je ne ressens pas le touché attendu.
Mes paupières désespèrent à rester ouvertes et clignent plusieurs fois avec difficulté, au rythme du chancèlement de mes jambes, les battements de mon cœur me paraissent rare mais pour compenser sont terriblement forts, assourdissants ;
C’est quoi ce foutoir ?!
J’attrape la main de Lena et acquiesce, plusieurs fois, à la hâte. N’allez pas me demander ce que j’essaye de confirmer, je n’en ai pas la moindre idée. Je crois que je suis d’accord avec elle ; il faut que je m’en aille. Je lui fais parfaitement confiance pour se débarrasser du monstre ou alors j’ai la parfaite lâcheté de la laisser s’en charger…je suis un lâche…je laisse la belle tuer l’ennemi pour pouvoir fuir ? C’est possible en effet.

« On se revoit à l’hôpital ; hum ? J’t’attends là bah ; c’est ok ? » Mes doigts sans prévenir se referment sur les siens pour m’éviter en fait de tomber et je replace mes yeux – un peu ailleurs jusqu’à présent – dans les siens. Pour être sûr que sa réponse sera positive. « Je t’attends là-bas. » C’est probablement la seule idée que j’ai captée ce soir. Je dois attendre Lena à Sainte-Mangouste. Et, elle doit m’y rejoindre, cela va sans dire.

Aussitôt dit…presque aussitôt fait. Je me détache d’elle pour entamer mon périple et la laisser rejoindre son équipe qui, si je me fis aux sons que j’entends, a bien besoin d’elle. J’ose espérer que dans l’état ou elle se trouve Lena saura encore leur donner un bon coup de main. Je ne doute pas de ses compétences ; je ne me permettrais jamais. Néanmoins et vous me l’accorderez, si un bras n’est pas vital il est plus qu’indispensable lors d’un combat contre une pareille bestiole !
Je m’efforce de ne pas penser à l’horreur que je commets en abandonnant ces gens à leur sort – c’est tout comme – et je m’enfonce dans les bois – ou rejoins la sortie je ne sais plus – le souffle haletant, le sang coulant le long de mes flancs totalement rouges désormais, le pantalon imbibé jusque sur le haut de mes cuisses que je suis contrains de remonter régulièrement pour ne pas le perdre, le corps parcourut de frissons permanents dus au froid et à la douleur mêlés, la tête au bord de l’explosion chahutée par une migraine sans nom…

Terreur, folie, stupeur et damnation, je préfère me concentrer sur chaque pas que je fais pour exhiber toutes les images terrorisantes de cette soirée qui seraient capables de me figer et donc m’empêcher de fuir. Manière bête et méchante ; technique martiale et irréfléchie que je n’ai qu’à appliquer sans logique, j’espère atteindre le sentier qui mène à la route, puis à la ville d’ici une poignée de minutes.

Dépourvu de la plupart de mes capacités maintenant, je ne puis dire depuis quand je marche. Pour vous aider néanmoins, ça ne fait pas longtemps. Moins de dix minutes à vrai dire. Mes pas sont beaucoup plus lents qu’au début et ma respiration fait peine à entendre ;
Il faudrait que je m’arrête car honnêtement je ne sais même plus pourquoi mes pas se dessinent dans l’obscurité et s’embêtent à frapper le sol avec cette mollesse dérisoire. L’impact de chaque contact avec la terre renvoit un élan de souffrance insupportable qui, si j’en avais la force, m’arracherait un râle de douleur. Mais je ne le fais pas. Pleurer me parait également trop compliqué. J’avance alors, et ne me suis pas pris un seul arbre figurez-vous, peut être une ou deux branches mais je ne suis plus à ça près !
La lune éclaire encore assez mon chemin pour que je ne tombe pas dans un trou, Lena a bien fait de me mettre en garde la petite peste, il y a bien des trous ici, dans cette forêt que je n’ai toujours pas quittée mais…j’entends encore des cris et des rugissements de bêtes.

Et puis ; je tombe. Ah non ce n’est pas un trou, même pas une branche. Mais chut, s’il vous plait ne lui dites rien. Je suis tombé parce que mon pied n’a pas voulu se positionner comme il le fallait pour que je soulève le second et effectue un pas de plus. Je suis tombé parce que l’enchainement musculaire ne s’est pas – n’a pas pu s’ – effectué correctement. Mon menton a gentiment rencontré un tas de boue, ce qui est toujours mieux qu’un rocher par exemple, mon dos a été épargné aussi car je suis tombé en avant, je n’ai pas été davantage blessé en fait et c’est en souriant que je prends une énorme inspiration ;
Que faire de plus ? Signaler ma position ? De quelle manière ? Est-ce que je pourrais attirer le monstre ? Signer d’un même temps mon arrêt de mort ? Serais-je fou de rester sans rien faire ?

Je décide de faire quelque chose d’assez discret. Pour une fois. je décide de faire confiance. Lena sait dans quelle direction je suis parti puisqu’elle m’a vu faire, puisque j’ai suivi son conseil. Il n’y a aucun doute : elle passera par ici. Il n’y a aucun doute : elle aura maitriser James et sauver son équipe – même le chef déplaisant. Il n’y a aucun doute : elle me ramènera à l’hôpital, ou on se fera soigner tous les deux ;
Je peux fermer les yeux, dans ce cas ?

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Ce message a été posté Lun 4 Mar 2013 - 22:20

Aoden s'éloigna finalement en direction de la sortie, et c'est l'air inquiet que je le regardai tituber plus que marcher vers l'orée de la forêt. Ce début de nuit avait vraiment été éprouvant, pour lui plus que pour moi puisqu'il n'avait pas l'habitude, et je craignais que son sale état ne lui permette pas de rejoindre la ville à temps. Pourvu que je me trompe ... Le journaliste était clairement perturbé, mal en point ; et ce fichu bois parsemé de trous, de pentes, de racines sournoisement relevées et autres sympathiques pièges à l'affût du premier passager inattentif, ne lui laisserait que peu de chances de s'en tirer aussi indemne que les circonstances passées le lui avaient jusqu'alors permis. J'avais serré sa main lorsqu'il l'avait glissée dans la mienne, en cherchant son regard, -que je trouvai d'ailleurs avec difficultés- pour au final, croiser des yeux qui peinaient à rester ouverts. J'avais attrapé son poignet de mon autre main, et l'avait pressé, fort, en tâchant de garder plongés dans les miens ces yeux qui ne demandaient qu'à se fermer. « C'est ok. A l'hôpital, Aoden. Je te rejoins. Restes-y tant que tu ne m'y as pas vue, compris ? Sainte-Mangouste. A tout à l'heure. Et tâche de survivre ... »
Une série de hurlements rageurs parmi lesquels je crus discerner mon nom me tira de mes réflexions. C'était le boss. Il m'appelait. Bon sang je devais y aller sinon je pouvais dire adieu à mon job ! Je fonçai aussitôt en direction de Argh ! En fait, inutile de finir cette phrase avant rectification : J'entrepris de m'élancer en direction des appels, mais les douleurs successives qui assaillirent mes hanches et mon dos m'arrachèrent un Argh ! étouffé tandis que je me rattrapai à un arbre pour ne pas m'effondrer. Voilà qui est mieux.

Je relevai la tête difficilement, et les arbres qui auraient dû techniquement apparaître furent dissimulés derrière une tâche informe noire qui dansait devant mes yeux, tandis qu'une douleur lancinante me vrillait l'intérieur de la tête, me donnant par la même occasion l'impression que ladite tâche, en gesticulant comme ça devant moi, me sapait les quelques forces qu'il me restait. Je fermai brutalement les paupières, le visage crispé dans une grimace de souffrance ; comme si j'espérais ainsi faire passer le mal. Bien entendu, la technique s'avéra fatalement inutile et, rapidement, d'autres hurlements, plus proches, vinrent me vriller les tympans. J'ouvris la bouche pour crier un « J'arrive ! » mais seul un nouveau gémissement s'arracha à mes lèvres.
Ma respiration s'accéléra à nouveau tandis que je luttais pour ne pas me laisser tomber au sol. Je. Devais. Y. Aller. Nom d'un chien, un peu de nerfs, j'avais survécu à pire que ça !

« Oh ! Les gars, les gars, le laissez pas partir, on le tient cette fois putain ! Le lâchez pas ! STEEVENS ! Qu'est-ce que tu fous bordel ?! »

Les bruits de piétinement et les grognements de la bête ne tardèrent pas à me parvenir. Malgré les efforts de mes camarades, le combat se déplaçait ; ils devaient suivre le loup dans ses gesticulations pour ne pas le perdre. Et je savais pourquoi. Le cercle habituel n'était pas complet ; et la place manquante qui permettait au loup d'échapper à l'emprise de la brigade n'était pas difficile à déterminer : C'était la mienne.
Dans un nouveau râle de douleur, je me redressai et titubai précipitamment vers les échos qui me parvenaient, tentant malgré la douleur et la fatigue, de rester sur mes jambes. Du moins autant que faire ce peux. Dans ma "course effrénée", il ne fut pas rare qu'un genou frotte le sol ou qu'une main soutienne l'ensemble pour éviter une nouvelle dégringolade dont cette fois, je ne me serais sans doute pas relevée. Du moins pas seule. appelez ça comme vous voulez, flemme, épuisement ; c'est globalement la même idée. Ou incapacité, même, plutôt.
Finalement, j'arrivai au niveau de mes camarades et me laissai appuyer contre un arbre, cette fois différent de celui derrière lequel était caché le boss. Risquant un oeil de l'autre côté du tronc, je repérai aussitôt la bête. Dans un reflex, je notai sa gueule écumante, sa poitrine qui se soulevait à intervalle irrégulier et plus que précipitamment, ses gestes maladroits, aléatoires, désespérés, tandis qu'elle essayait de se défaire de tous ces sortilèges qui l'assaillaient de toute part. Elle ne tiendrait plus longtemps. Néanmoins, le temps qu'elle serait encore consciente, il fallait que je rejoigne ma place pour l'immobiliser et la mettre hors d'état de nuire une bonne fois pour toutes ! Du moins pour la soirée.

A défaut de faire passer la douleur, cette vision eut au moins le mérite de relancer un peu d'adrénaline dans mon sang. J'avais repéré la brèche dans la démarche de mes coéquipiers et je n'avais pu qu'à la rejoindre. L'ennui, c'est qu'elle était de l'autre côté du loup, et qu'il allait falloir que je passe entre tous ces sorts pour l'atteindre. Dans un soupir qui se voulait encourageant, je me préparai à foncer vers ma place.

¤ ~ ¤ ~ ¤

Vingt minutes. C'est le temps qu'avait tenu un James à bout de force contre sept sorciers non moins éreintés déterminés à le faire céder. Un bon quart d'heure de lutte, puis, d'un seul et même élan, trois incarcerem, rapidement suivis de quatre stupefix. C'est une bête ligotée et inconsciente que nous avions ramenée chez elle. Sa femme l'avait pris en charge ; et nous lui avions donné deux doses de potion tue-loup pour qu'il reste tranquille ce mois-ci, le temps que le boss revienne le voir au cours du mois pour mettre les choses au clair avec lui.
Dix minutes. C'est le temps qu'avait duré le savon qui me fut infligé par le boss. Comme quoi j'avais fait n'importe quoi tout au long de la mission, je n'avais pas été utile, j'avais gêné, j'avais manqué le faire tuer -il s'était fait blesser à l'épaule "par ma faute"-, j'avais mis en danger mes camarades, et mon cher ami le journaliste Ombre avait failli tout faire foirer. Ajoutez quelques insultes, mettez des hurlements, répétez cette liste cinq six fois et vous aurez le discours de mon chef. Charmant, n'est-ce pas ?

J'avais écouté cela sans rien dire, sans le lâcher des yeux non plus. Je n'avais pas intérêt à me défendre, sinon la situation allait empirer. Je m'estimais déjà heureuse de faire toujours partie de l'équipe. Les autres aussi étaient restés silencieux. Ils ne me portaient pas dans leur coeur mais ne témoignaient pas tous d'une telle haine à mon égard. Personne n'aimais se prendre un savon par le boss. Personne ne s'était risqué à me défendre pour autant. Juste l'un d'entre eux, au bout des dix minutes, s'était décidé à faire remarquer au chef que ses hurlements étaient sans doute audibles depuis toute la forêt ; autrement dit qu'il fallait qu'il se taise s'il voulait pas ramener d'autres bestioles par ici. Finalement, l'homme avait grogné un truc qui s'apparentait de plus ou moins loin à une approbation avant de transplanner. Les autres avaient suivi. Moi, j'en étais incapable. Ne me restait qu'à rentrer à pied. Puis je voulais m'assurer qu'Aoden était arrivé à bon port.

Tout en marchant dans la forêt, je songeais à lui. Aoden. J'espérais vraiment qu'il ne lui était rien arrivé de fâcheux. Il avait échappé au loup et le pire lui avait été évité .. Maintenant, l'état lamentable dans lequel il se trouvait en partant ne me donnait que des raisons de m'inquiéter. Je m'en voudrais vraiment de l'avoir laissé rentrer seul si je buttais sur son cadavre en cours de route .. C'est en ayant cette pensée que, tout à coup, je senti le bout de ma chaussure heurter quelque chose, manquant m'étaler au passage. Pestant contre cette satanée forêt et ses racines trop hautes, je baissai le regard. Mes yeux rencontrèrent un dos nu, rougi et lacéré de quatre longues griffures. Mon coeur manqua un battement.

« Aoden ! »

Je me laissai sur le champ tomber à genoux et tâchai de passer mes bras sous lui pour le retourner sur le dos. Il était gelé ! Bon sang il n'était quand même pas mort ?!

« Aoden tu m'entends ? Réponds ! »

Rhan et pas possible de le retourner, il était trop lourd ! Ou peut-être était-ce mes forces qui m'avaient définitivement abandonnée ? Quoi qu'il en soit, je galérais à le soulever ne serait-ce qu'un peu sur le côté pour dégager son visage de la boue dans laquelle il était tombé.

« Gnnn allez retourne-toi ! »

Au prix d'un effort que je préférai ne pas identifier, je parvins à le faire basculer sur le dos. Aussitôt et sans prendre le temps de souffler, je pris son visage entre mes mains pour en déterminer la température ; beaucoup trop basse ! J'étais censée faire quoi exactement là ?

« Bordel dis quelque chose ! »
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Ce message a été posté Mar 5 Mar 2013 - 20:25


Tout est si calme, si appréciable. La douleur et le froid sont toujours présents et ressentis mais ils sont différents, ils ne sont plus ennemis, ils ne sont plus dans l’autre camp. Comme si désormais ils apparaissaient à mes côtés et non à l’opposés, je les vois couchés auprès de moi, à attendre. Ils m’accompagnent, docilement. Reposés. Sagement. Nous sommes là, et pas seulement trois. Il y a aussi ces images terrifiantes, ces bruits effrayants, les quelques odeurs notamment celle du sang. Et des dizaines et dizaines de détails que je ne saurais énumérer ni même identifier tant je suis épuisé ;
Il y a énormément de choses, autour de moi. Avec moi. Et j’attends.
La respiration est lourde et difficile, étouffée, empêchée. Mon torse se soulève comme il le peut alors que mon nez et ma bouche cherchent avec toute la bonne volonté dont ils sont capable de fournir pour faire arriver jusqu’à mes poumons suffisamment d’oxygène pour me maintenir en vie. C’est bien la morsure du froid qui pourrait m’avoir mais j’ai encore un peu de temps devant moi ; je crois. J’essaye alors de penser, de ne pas totalement m’abandonner à la fatigue, à la facilité.

Lena ne me laissera pas. Elle n’a pas le droit j’ai promis de la retrouver à l’hôpital et pour que je tienne cette promesse il va désormais falloir qu’elle me vienne en aide. En d’autres termes ; à elle de la tenir ! Il y a aussi Loïs à qui je dois tenir une promesse : prouver mon rattachement à l’Ordre. Je ne peux pour cela pas mourir, ça me parait logique. Il y a mes parents, à qui je n’ai pas donné signe de vie depuis si longtemps déjà…

La faiblesse alléchante de fermer les yeux est toute proche, tentante…à tel point que bientôt, j’y parviens. Mes paupières quasiment contre la terre décident de se refermer. Leur rôle n’est-il pas de masquer ma vue ? Or, ici, je n’ai plus rien à observer. Pourquoi laisseraient-elles à cette boue le loisir de prendre leur place ? Vous me direz dans ce cas, je pourrais aussi m’arrêter de respirer. J’ai de plus en plus de mal à faire fonctionner tout le mécanisme qui permet à mon être de rester en vie et dans l’état ou je suis, tendre la main à la mort ne parait pas être si douloureux ;
Trêve de plaisanteries, même comme ça je suis apeuré. Et après ? C’est plus fatiguant de lutter, qu’effrayant de céder.
Epuisé, je perds espoir et le dernier geste que je parviens à faire, c’est de ramener mon bras devant mon visage, pour le couvrir de honte. Le masquer, je n’ai sans doute pas fait de ma vie ce que j’aurai espéré qu’elle devienne. Quoi ? Aucune idée. Je n’avais pas tant de projets que ça. L’amour, la famille, devenir un héros et sauver des vies, tout ça…c’est trop commun pour être des rêves.

Alors que je divague totalement, pris par une fièvre sans nom, Lena décide de faire son entrée. Elle les choisit décidément très bien ! Je sens à peine ses mains se poser sur moi et si ses mots me parviennent je ne les comprends pas. Un sourire se dessine – mal – sur mes lèvres, mes paupières relèvent leur grève et ma respiration repart dans un sanglot inquiétant ;
Quelques battements de cils, un frisson de résurrection, je m’agrippe sans aucune force à la demoiselle et la souffrance due aux déchirures dans le dos me revient d’un coup, m’assommant aussi rapidement que je me suis réveillé.

« Arrg.. ! Lena ?!! Le ; vous avez tué le loup ? » Pourquoi aurait-elle tué James ? Je n’ai pas les idées en place, soyez indulgents. Espérons du moins qu’elle le soit. J’essaye de ménager son bras quand je me souviens qu’il est blessé et, incapable de bouger en fait, je rapproche la jeune femme de moi, à la recherche de chaleur. « J-je suis m-mort de froid. » Dis-je dans un bégayement très argumentatif. Je ne pourrais pas transplaner, mais ça je le sais depuis que les griffes du monstre m’ont touché. Que va-t-on faire ? Lena peut-elle le faire ? Va-t-on rester prisonniers des bois en attendant les secours ? De nouveau je panique, ce qui d’un côté est bon signe : je suis bien vivant. « Il nous f-faut de l’aide, nous s-sommes mal !!! »

Aucune pensée lucide et intelligente ne me vient. Celles qui me viennent ne dépassent pas l’orée de la forêt, se heurtent sans cesse aux arbres, à la dureté de leur écorce, la mollesse de cette saleté de boue et le terrible vent glacé qui siffle entre les branches, ramenant à mes oreilles ce chant aigu et désagréable qui nous nargue sans cesse. Je voudrais fuir, je voudrais partir, je me sens si mal, accusé et moqué de toute part. Épié, pointé du doigt, menacé et en danger.
La fièvre de toute évidence ne me réussi pas mais qui pourrait se venter du contraire ? Sans m’en être rendu compte j’ai enlacé la jeune femme – en tout cas je l’ai serrée dans mes bras – car elle est ici tout ce qui peut me rassurer, tout en m’apportant un peu de chaleur, de réconfort. Elle, sa baguette, son expérience. Elle est venue ici pour me chercher, pour s’assurer que j’allais bien, parce qu’elle m’a sauvé depuis le début et que nous avons passé une promesse.
…j’imagine que c’était la première et la dernière promesse qui nous unira mais ma foi : on s’en souviendra !

« Lena que doit-on faire maintenant ? »
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Ce message a été posté Mar 5 Mar 2013 - 22:31

Et en effet :Il dit quelque chose. Peut-être pas forcément ce que j'avais espéré, mais après tout, un « Arrg.. ! Lena ?!! Le ; vous avez tué le loup ? » c'était mieux que rien. J'aurais préféré un "Je suis vivant !" ou à la limite un "j'suis pas encore mort !" si vraiment il voulait être pessimiste ... Mais ça, c'était carrément inquiétant. En fait, il y avait vraiment de quoi être pessimiste. Je le laissai s'accrocher à moi, n'esquissant même pas une grimace lorsque ses doigts rencontrèrent les plaies qui barraient mon bras, plutôt occupée à m'inquiéter de son état et de ce qu'il venait de dire. Les mains toujours posées sur ses joues pour en apprécier l'alarmante froideur, je fronçai les sourcils.

« Tué ? Mais non ! Tu délires, qu'est-ce qui t'arrive ?! »

Les rainures rouges que j'aperçus dans ses yeux me firent froncer les sourcils et je glissai une main sur son front tandis qu'il épargnait enfin mon bras, lui préférant mon coude pour m'attirer encore plus conter lui. Une fois encore, je me laissai faire. Ce que je sentais au bout de mes doigts ne me plaisait pas du tout. Du tout. Son front, contrairement au reste de son corps, était brûlant.

« J-je suis m-mort de froid. »

Je soufflai, longuement. Il fallait que je me calme. Ce n'était pas en paniquant que j'allais réussir à le sortir de là ! Je tâchai de me comporter comme un professionnelle qui savait ce qu'elle faisait. Sauf que ce n'était pas le cas. Je ne savais pas du tout ce que j'étais censée faire ! Je n'étais pas médecin, et mes espèces de méthodes de barbare en cas d'urgence ne seraient d'aucune utilité à un homme qui avait besoin de vrais soins ! Il était gelé, pire, frigorifié, au bord, de l'hypothermie, pour ne pas dire qu'il était déjà dedans ; et il allait vraiment mourir si je ne faisais rien !

« Il nous f-faut de l’aide, nous s-sommes mal !!! »

En plus, la fièvre le faisait délirer ! Il fallait faire vite. On devait bouger, tout de suite ... Mais j'étais incapable de transplanner, et si j'essayais, l'un ou l'autre d'entre nous se retrouverait désartibulé sans le moindre doute ; ce qui dans notre état, état à éviter. Nous étions dans un assez mauvais état comme ça. Surtout lui, autant le dire.
Sauf que dans son délire, il avait raison, le bougre : On avait besoin d'aide. Comment pourrions-nous nous en tirer seuls ? Lui était clairement hors d'état de bouger, et j'avais déjà du mal à me porter moi-même, je n'atteindrais jamais ne serait-ce que l'orée de la forêt si j'essayais de l'emmener, encore moins la ville !

Plus je réfléchissais à une solution, plus je sentais que tout m'échappait et plus je paniquais. La vision de mon ami brûlant de fièvre et souffrant le martyr tout en mourant de froid ne m'aidait pas à rester calme. Du tout. Ses bras gelés contre les miens et m'attirant toujours plus vers lui ne faisaient que me rappeler qu'il glissait un peu plus vers l'hypothermie à chaque seconde et qu'il allait y rester pour de mon si je ne faisais rien !

« Lena que doit-on faire maintenant ? »

« Essayer de survivre ? »

Hasardai-je, dans un humour que je jugeai moi-même douteux. Je ne parvins d'ailleurs même pas à dessiner un sourire un tant soit peu sarcastique sur mon visage, alors que je fixai le sien, pâle, et que je trouvais, dans mon extrême inquiétude, légèrement cadavérique. Bon sang mais j'allais quand même pas rester là à le regarder tranquillement mourir de froid devant moi, je devais bien pouvoir faire quelque chose ! J'étais mal en point, d'accord, mais je n'étais pas totalement immobilisée ni en passe de me transformer en glaçon ! Au contraire, j'avais chaud, du moins à l'exception de mon bras blessé qui avait été dépourvu du tissu ultra-isolant qui constituait la tenue de travail des membres de la brigade ... J'avais chaud ... Sous mon vêtement, j'avais chaud ... J'avais chaud, et lui était gelé .. Sous mon vêtement ... Mais quelle idiote !
Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ?!

« Ne bouge pas ! »

Fis-je, comme s'il avait été capable de s'en aller. M'enfin, c'est un détail, pas vrai ?
En vérité j'étais plus concentrée sur ce que je m'apprêtais à faire que sur ce que je venais de dire. Je m'écartai de lui brusquement et me redressai sur mes genoux, lâchant son visage pour défaire le plus rapidement possible les diverses sangles et attaches qui retenaient le haut ma combinaison ; puis je le retirai et le laissai tomber au sol. Suivirent très vite le sous-pull et le débardeur que je portais dessous. J'hésitai en revanche à retirer le sous-vêtement. C'était gênant, même s'il était fiévreux et à moitié mort ! A moitié mort ; bon sang ! Roh et puis merde, tant pis, s'il mourrait il ne pourrait pas se souvenir qu'il m'avait vue à moitié nue pas vrai ? Je me débarrassai du reste en vitesse, passai une jambe par dessus lui et, en essayant de ne pas trop penser à ce que je faisais -du moins pensais-je que je lui sauvais la vie, et rien d'autre- m'allongeai sur lui en serrant les dents. Oui parce que mine de rien, il était vraiment gelé !

Lorsque sa peau rencontra la mienne, un énorme frisson me parcourut toute entière et je dus me faire violence pour ne pas me redresser illico. Usant de volonté -et en me répétant que c'était ça où il mourrait ici et là dans cette forêt-, je glissai mes bras dans son dos -et dans la boue-, en tâchant de ne pas toucher à ses griffures, afin de le réchauffer le mieux possible. Autrement dit, je m'appliquai à être collée à lui le plus possible. A lui sauver la vie le mieux possible, voyons, c'est ce que ça veut dire !

« Sans commentaire, compris ? »

J'avais tenté d'être faussement menaçante, pour essayer de dissiper ma gêne en plaisantant. Mais au final ma voix fut tout sauf détendue. Je dirais à mi chemin entre la gêne et l'amusement ; parce que c'était quand même cocasse comme situation, avouez. Au moins, je pouvais être sûre que ça le réchauffait. Parce que la sensation de froid que je sentais n'était pas imaginée ! SI j'avais froid en étant contre lui, il avait chaud en étant contre moi. C'est bien comme ça que ça marche non ?
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Ce message a été posté Jeu 7 Mar 2013 - 16:41

Essayer de survivre. C’est tout ce que je dois faire. Tout. Ça parait tellement compliqué pourtant, il faut se concentrer sur un maximum de choses pour réaliser cet unique but et je ne suis pas certain d’être capable d’y parvenir. En réalité, au moment ou j’ai compris que la jeune Lena me venait en aide, arrivait enfin jusqu’à moi, j’ai cru pouvoir lâcher prise. Totalement. Lui poser le plus délicatement possible ce qu’il me reste de vie et d’espoir dans le creux des mains pour qu’elle en prenne le plus grand soin et – si possible – me ramène à un état de santé plus…acceptable ;
Essayer de survivre. Qu’on m’explique alors comment faire. Il existe un pallier de blessure ou il est encore possible de comprendre ce que l’on doit mettre en œuvre pour survivre justement, mais je l’ai dépassé. Je suis bien en dessous de ce seuil et du coup, je ne sais même plus de quelle manière gérer la perte de vie.
Essayer de survivre…ne serait-ce que pour réussir à faire de ma vie un petit quelque chose. Une bride d’utilité, un souffle d’importance pour quelqu’un. Davantage de fierté pour mes vieux, un peu d’amour pour une femme ? Un jour. Si je survis. Il faut que j’essaye de survivre.

Machinalement j’effectue un hochement de tête avec quelques secondes de retard pour approuver, sans pour autant assimiler tout ce qu’elle dit…ou fait.
Le visage grave je l’observe, à moitié ailleurs. Certes mes yeux sont posés sur elle – plus sombres que jamais malgré leur bleu particuliers – ma mâchoire est solidement contractée et mes mains immobiles se retrouvent à s’agripper entre elles puisque Lena s’est relevée sans prévenir ; mais je ne comprends pas. A quoi joue-t-elle ? Probablement à rien, tout ça n’est pas un jeu, c’est une histoire de vie ou de mort et – si j’en avais la force et encore l’humour – j’aurai souris ;
Qui a l’occasion de penser pareille chose ?
Fichtre…je suis en train de vivre une réelle histoire d’aventure, digne d’un film d’action. De seconde zone peut être mais eh, il faut bien commencer quelque part. je commence à comparer ma soirée avec le début de carrière d’un jeune comédien mais ma transe est subitement interrompue par la jolie et ; dénudée combattante de loup garou.

« Lena j-je ne crois pas que le contexte nous permette d-de… » Je vous entends d’ici me dire que je suis stupide mais si vous ne voulez pas comprendre que je suis en train d’agoniser, entre une fièvre intense et une mort de froid, une perte de sang terrible et une certaine folie…je ne peux plus rien pour vous. Ahem. Sans oublier que la posture de la demoiselle contre moi a de quoi me perturber, un minimum. Je la laisse faire sans bouger d’un pouce, quelque peu mal à l’aise. « …c-c’est…mieux…merci. Mais tu vas avoir froid à ton tour, je n’en ai pas envie, vraiment, attends. »

En me contorsionnant comme je le peux – pas énormément donc – je parviens à attraper les vêtements qu’elle vient tout juste de retirer pour les lui déposer sur le dos. Je place ensuite mes mains dessus. Bien entendu elles sont froides mais puisque la peau de la jeune femme entame doucement de me réchauffer, mes doigts vont retrouver – je l’espère – une température appréciable. Comme le reste de mon corps. De plus, ces tissus sur son dos lui permettrons de ne pas perdre toute sa chaleur, pas trop vite. Ceci fait avec toute l’application dont je suis capable, je replace mon visage face à elle, laissant nos nez se frôler dans un geste tendre ;
Ma sympathie pour elle, ma sauveuse, est immense. C’est inévitable après tout, je lui dois la vie. Je crois que je le sais : on va s’en sortir. Comment pourrait-on perdre la vie à la naissance d’une amitié qui promet d’être si belle ? Ce serait tout ce qu’il y a de plus injuste ; de plus moche.

« Il ne faut pas s’endormir, quand on a froid. Il parait. Tu savais ça ?...Aventurière que tu es, tu dois le savoir. J’ai ; moins froid. Si, c’est vrai ! J’ai moins froid et je, suis bien là, contre toi. » Dans un sourire quasi gêné, je détourne le regard et caresse son dos pour la réchauffer comme je peux. « Si on marchait ? Tu peux ? Je pensais rejoindre la maison de James. Même s’il ne doit pas avoir très envie de nous revoir ! Ce pourrait être une bonne idée pour rester vivant et trouver de l'aide...»
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Ce message a été posté Sam 9 Mar 2013 - 16:02

Ma carrière au ministère, du moins mon début de carrière, puisque cela ne faisait jamais que quatre ans que j'y étais, m'avait jusqu'à présent permis de vivre toutes sortes d'expériences. D'être confrontée à toutes sortes de situations. Des heures passées à remplir de la paperasse aux nuits folles comme celle-ci en passant par les moments de panique et les transferts en urgence à sainte-mangouste. Entre autres. Parmi ces autres, j'avais effectivement vécu quelque chose qui s'apparentait à une agonie dans la boue en pleine forêt. Mais jamais à moitié nue et plaquée contre un homme fiévreux, quasi congelé et à moitié nu lui aussi. Ca, c'était une grande première. Et pour être honnête c'était assez déroutant. Et pas que pour moi.

« Lena j-je ne crois pas que le contexte nous permette d-de… »

De ? Non mais je rêve ... Herm. C'était la fièvre qui le faisait délirer. Evidemment. Une ébauche de sourire étira légèrement mes lèvres tandis que je m'habituais lentement mais surement à sentir cette peau gelée contre la mienne. Cette peau qui, je l'espérais, se réchaufferait le plus vite possible. Enfin à présent je pensais qu'il ne risquait plus de mourir de froid. Les choses n'avaient fait que se compliquer depuis le début de cette mission ; peut-être qu'à présent que le pire avait été frôlé, la situation s'améliorerait ? Je ne pouvais que l'espérer ...

« …c-c’est…mieux…merci. Mais tu vas avoir froid à ton tour, je n’en ai pas envie, vraiment, attends. »

« Chut .... T'en fais pas pour moi, ça va .. Mais hé .. Arrête de gesticuler comme ça et » Je m'interrompis lorsque je sentis les tissus revenir sur mon dos, me prodiguant, malgré mes protestations, un retour de chaleur des plus appréciables. Mine de rien, il n'y avait pas que la fièvre qui donnait froid à Aoden, mais bel et bien la température ambiante de la forêt ... « Merci ... » fis-je finalement, obligée de reconnaître que son geste était le bienvenu.

Le journaliste reprit une posture normale et son visage se retrouva très près du mien, nos nez se frôlant doucement. J'eus un nouveau sourire. Il était adorable. Vraiment. Même dans son état, il trouvait le moyen de s'inquiéter pour moi et, alors que le seul but était de le réchauffer et de lui apporter autant de réconfort que possible dans une situation pareille, il dépensait ce qu'il lui restait d'énergie à rendre pour moi la situation plus .. confortable. Quoique sans les vêtements c'était pas si mal ; j'étais contre toute attente persuadée que je ne perdrais pas ma chaleur corporelle d'un seul coup en étant collée ainsi à .. minute. Qu'est-ce que j'étais en train de penser là ? Non mais hé, ça va pas ! Il faisait froid, j'aurais été refroidie comme n'importe qui ; et c'était tout. Non mais n'importe quoi. Je délirais aussi, cherchez pas.

« Il ne faut pas s’endormir, quand on a froid. Il parait. Tu savais ça ?...Aventurière que tu es, tu dois le savoir. J’ai ; moins froid. Si, c’est vrai ! J’ai moins froid et je, suis bien là, contre toi. »

J'avais ouvert la bouche pour lui confirmer sa recommandation -en effet, il ne fallait pas s'endormir, parce que la perte de chaleur s'accélérait et qu'on risquait l'hypothermie- mais sa dernière phrase fit mourir ma voix dans le sourire qui apparut sur mes lèvres. Je détournai moi aussi les yeux, gênée, et pourtant inexplicablement ravie. Contente. Et assaillie d'une vague de chaleur plus que bienvenue, quoique inattendue. Je fus bien contente qu'il ait cessé de me regarder : le rouge m'était impitoyablement monté aux joues. Fichtre. En plus je n'arrivais pas à me débarrasser de ce sourire !
Je glissai légèrement vers le bas et penchai doucement la tête afin de poser ma joue contre son torse, juste sous son cou, de manière à le réchauffer toujours. Et je fermai les yeux. Un « Moi aussi ... » presque inaudible m'échappa. Inaudible parce qu'inavouable peut-être ? Et pourquoi ? C'était la vérité. J'étais bien ; un peu trop bien même, allongée contre un homme que je connaissais à peine .. Mais auquel j'étais étrangement liée, il est vrai. Je me sentais bien avec lui. Ainsi contre lui, j'étais plus que bien.

Je me serrai un peu plus contre son torse en accentuant légèrement la pression de mes bras autour de lui, sa peau épousant la mienne -pour le réchauffer, oui, c'est ce que je dis. Je frissonnai légèrement en sentant ses mains caresser tendrement mon dos. Ce que je pouvais être bien comme ça ... Le froid semblait bien loin ; pour moi en tout cas.

« Si on marchait ? Tu peux ? Je pensais rejoindre la maison de James. Même s’il ne doit pas avoir très envie de nous revoir ! Ce pourrait être une bonne idée pour rester vivant et trouver de l'aide...»

J'acquiesçai, frottant ma joue contre son torse par la même occasion. A vrai dire je n'en avais pas envie, parce que ça voudrait dire me décoller de lui ; mais autant être raisonnable, ce n'était pas moi qui avais le dos dans la boue et, même s'il avait moins froid, il n'était pas encore à bonne température. Et ce ne pourrait pas être le cas tant qu'il serait à moitié nu en pleine forêt par ce temps.

« Oui je crois que je peux. Mais toi ? Tu es sûr que ça va aller ? Retourner chez James est une bonne idée, sa maison est plus proche que la ville. Il est inconscient pour le reste de la nuit, on risque rien. Mais il faut absolument que tu ailles à l'hôpital ... Sa femme devrait pouvoir nous faire transplanner. » Je soupirai légèrement. « Il faudra bien, sinon ta blessure va s'infecter. Et la mienne aussi. »

J'esquissai un geste comme pour me relever, mais restai finalement en place.

« Mais j'ai pas envie de bouger ... » soufflai-je, de façon presque inaudible. Et cette fois c'était effectivement quasiment inavouable étant donné qu'il avait besoin de soin. Et rapidement. Un léger soupir m'échappa à nouveau et je me redressai finalement doucement, récupérant mes vêtements qui glissaient dans mon dos. Je les gardai dans la main quelques secondes en les regardant, sans bouger, avant de réaliser que ... Je n'étais plus contre Aoden et que je n'étais pas plus vêtue que tout à l'heure. Oups.

Je me levai et me détournai en vitesse ; histoire d'enfiler au moins mon soutien-gorge en marmonnant un « Désolée » gêné. Puis je me tournai à nouveau vers lui et m'agenouillai pour l'aider à se relever.

« Allez en route ... »
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Ce message a été posté Sam 9 Mar 2013 - 18:47

« Mais j'ai pas envie de bouger ... » « Quoi ? »

Dis-je avec une voix enrouée certes plus élevée que la sienne mais guère plus compréhensible et du coup, notre semblant de conversation ne donne pas suite. Sans doute pas plus mal. L’ambiguïté de sa remarque n’est pas la première note étrange qu’elle laisse s’échapper de ses jolies lèvres et je secoue la tête comme si ce nouveau geste ridicule pouvait chasser ma fièvre.
Nos peaux se séparent avec un certain regret car la chaleur que leur proximité commençait à faire naitre était tout sauf désagréable et, comme elle le peut, ma sauveuse entame de se rhabiller. Je lutte pour ne pas trop laisser mes yeux courir sur son parfait corps mais ses excuses et les douleurs vives des déchirures dans mon dos se réveillent – soudainement, réclamant la présence de Lena contre moi. Je grimace, immobile. J’attends son aide car je sais pertinemment qu’elle va m’en donner alors je balaye mon torse de mes mains gelées pour le ranimer. Puis comme je l’avais prévu, elle ne tarde pas à se pencher vers moi pour m’assister et, tant bien que mal, nous parvenons à soulever ma personne.

« J’espère au moins que tu te souviens exactement du chemin…je serai radin sur le moindre pas. » Aucune envie d’être râleur ou emmerdant, vous imaginez bien que je n’articule pas ces propos dans ce but là. Disons simplement que je le sens, d’ici peu, je vais m’écrouler. A nouveau. A moins bien entendu qu’on me donne les moyens de tenir plus longtemps. Qu’on me rende des forces. Qu’on me vienne en secours. « Maintenant que vous avez calmé le, le loup-garou, on peut se permettre un peu de lumière tu crois ? »

N’osant rien me permettre sans l’avis de l’experte, je sors ma baguette de la ceinture sans prononcer le moindre sortilège. Pas sans son accord. Patiemment j’attends, avançant prudemment à travers la forêt, esquivant attentivement les branches traitres et autres cailloux fourbes qui pourraient me couter encore un peu d’énergie ;
Le froid de la nuit continue de me dévorer, doucement mais surement, je ne laisserais pas la forêt augmenter mes maux. En ce qui concerne mes prises de risques ceci dit, elle se débrouille très bien. Tout ce qui se trouve au sol est susceptible de me faire tomber d’un moment à l’autre et j’essaye de coller Lena au plus près comme si elle était capable d’amortir une chute au cas ou ! L’obscurité n’aidant pas ; je fais confiance à ma satané chance pour qu’elle se révèle pour une fois en forme et nous accompagne jusque chez ce James – sa femme plutôt – afin que la soirée se termine, contrairement à son chaotique début, de façon acceptable.

« Ah je crois que je vois des ; argh ! »

Alors que je tendais la main en direction d’un halo de lumière – d’après moi la maison que nous cherchons à atteindre – le simple fait d’étirer le bras et donc la peau a provoqué un tiraillement qui m’a fait faire un pas. Un léger pas. De côté. Un pas à cause duquel j’ai percuté un arbre avec l’épaule gauche et contre lequel je reste bien accroché ; un peu comme un gamin reste agrippé à sa mère qui pourtant vient de lui passer un sacré savon. Les doigts empoignés sur l’écorce je ravale mes plaintes et relève les yeux avec quelques secondes de retard ; au moment ou Lena me rejoint.

« Ça va ; ça va. » Une répétition qui fausse tout le fondement de mon assurance, mais tant pis. Je me détache du résineux pour faire le fort – alors que j’aurai mieux fait de garder appui une minute de plus – et je lui souris. « Je disais : on est arrivé non ? »

Mon regard se plisse et pourtant, il fait toujours aussi noir. Le peu de luminosité que je perçois ne vient que de nos baguettes ou de cette faible lumière que je tentais d’indiquer, mais c’est très discret. Non, si mes yeux se contractent avec peine, que ma main retourne contre le tronc d’arbre et que mes jambes chancèlent dangereusement ; c’est sans doute à cause de ces petits trucs que je devine là. Ces fausses étoiles. Ces légères hallucinations dues à la fatigue. Nous n’avons pas marché dix minutes mais je crois que nous avons clairement abusé ;
En tout cas, avec mes conditions physiques du moment.

« Peut être que… » Un soupir rauque m’accompagne dans mon affaissement et je me retrouve bientôt assis sur les racines. Je ne suis pas si mal installé, après tout. Docilement je place mon crâne contre l’arbre et reprends mon souffle. « …tu devrais y aller ; je vais t’attendre ici. Hein ? » Je pose la question mais nous le savons tous les deux : je n’irais pas plus loin. Nous sommes peut être partis trop vite, nous aurions du davantage nous réchauffer ? Aucune idée. Peut être que nous agissons parfaitement ; peut être que nous sommes deux grands cons. Je sais simplement que je suis K.O. bientôt. « Ça va aller. Je t’attends. » Je lui fais un clin d’œil et concentre mes forces dans un sourire, me souvenant de ces images de son corps contre le mien, charmante attention que je ne suis pas prêt d’oublier.

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Ce message a été posté Dim 17 Mar 2013 - 19:07

J'étais restée contre Aoden quelques minutes ; pas assez à mon goût, il est vrai. Hé mais non ne vous imaginez pas n'importe quoi tout de suite, voyons ! Pas assez parce que si son corps avait eu le temps de retrouver une température un peu moins inquiétante, je savais qu'il était très loin d'être tiré d'affaire. Et je ne voulais pas qu'il meure ! Pas parce qu'il avait un torse incroyablement agréable et .. Et heu oubliez ces quelques mots, là, rayez cette phrase. Elle n'existe pas. Je disais donc, que si j'avais rechigné à m'écarter de lui, c'était uniquement pour raisons professionnelles. Comment ça vous me croyez pas ? Ben tant pis pour vous, moi je sais ce qu'il en est !

J'avais entrepris de me rhabiller aussitôt le journaliste à nouveau sur pieds ; parce que bon c'était quand même gênant, et puis tant qu'à faire, autant ne pas mourir de froid. Lui par contre risquait de perdre à nouveau sa chaleur s'il ne bougeait pas. Heureusement, nous n'avions pas l'intention de rester immobile ; sinon autant rester l'un contre l'autre, c'était bien plus confor.. prudent. Prudent, oui, pour la chaleur. C'est ce que j'ai toujours eu l'intention de dire, n'en doutez pas.
Mes vêtements retrouvèrent rapidement leur place sur mon dos, et je me relevai enfin. Après un léger vertige dont je me convainquis qu'il était passager, je passai au devant d'Aoden.

« J’espère au moins que tu te souviens exactement du chemin…je serai radin sur le moindre pas. »

Je forçai un sourire navré. Oui, je savais bien qu'il n'était pas en forme et que chaque pas lui demandait un effort colossal -en plus c'était en partie ma faute, j'étais censée le protéger à la base, rappelez-vous -, mais je devais bien dire que si je connaissais bien cette forêt, les images d'un journaliste mort ou agonisant quelque part dans ce bois m'avaient un peu ôter le plan de la tête ; et je ne savais pas exactement où nous étions. Ce dont j'étais sure par contre, c'est que nous n'étions pas très loin de l'orée, peut-être à .. disons cinq cent mètres, à peu près. Donc qu'en allant au Nord nous tomberions -au sens figuré, par pitié- sur un petit cours d'eau qui remontait jusque chez James, avant de s'enfoncer une bonne fois pour toute au coeur de la forêt où, là, la moindre lumière s'avérait mortelle, même en maitrisant le loup. Parce que je savais que le bois de Dean était habité d'une petite communauté de loups qui ne posait pas de problèmes en ce moment, parce que, malgré leur idéologie quelque peu barbare, ils prenaient leur potion pour ne pas avoir de problème avec l'Ordre. Bref, même s'ils étaient sages, ils étaient là, et ils n'aimaient pas qu'on se balade au coeur de la forêt. Tout ça pour dire que remonter le cours d'eau ne pouvait que nous amener chez James, sinon non serions déjà morts ; ou en tout cas dans des drapes encore plus beaux que ceux dans lesquels nous étions déjà.

« C'est ok pour la lumière ... Pas trop forte par contre, juste histoire de voir où on met les pieds. Mieux vaut pas tenter le sort, d'accord ? »

C'est donc éclairés de deux faibles halos que nous nous frayions un chemin vers la maison qui nous sauverait sans doute la vie. J'étais habituée à évoluer dans l'obscurité en forêt, et c'est une sorte de sixième sens qui me faisait esquiver les racines hautes ou les grosses ronces en hauteur ; ou en tout cas, de manière générale, quand j'étais fraiche, en forme, sans vertige et que je n'avais pas l'esprit occupé par un certain ami qui était sur le point de mourir, et par certaines images dudit ami et de moi-même, qui apparaissaient à l'occasion au milieu de mes réflexions. Bref, la lumière n'était pas un confort dans mon état ; ou dans notre état, devrais-je dire. Heureusement que ce cher James n'avait pas eu l'idée de s'enfuir vers le centre de la forêt, sinon, nous serions morts et enterrés depuis un certain temps déjà.

Je sentais Aoden marcher, ou tituber, très près de moi, juste derrière. Hm, en fait, je ne l'avais pas pris au mot quand il avait parlé d'être radin sur le moindre pas ; mais il était visiblement tout à fait sérieux. A moins qu'il se fie à moi pour esquiver tous les pièges que la forêt mettait généreusement en travers de notre chemin ? Je me mordis la lèvre. Il me faisait confiance, je n'avais pas le droit à l'erreur ; donc puisque je ne pouvais pas franchement me fier à mes capacités quelque peu ramollies, si je tombais, il tombait aussi, et il tombait sur moi. Ce n'était pas que l'idée me déplaisait -oubliez ça-, mais j'aurais préféré être responsable de ma mort seule, si jamais ça devait arriver. Pas de la notre ! J'aurais voulu qu'il s'en sorte, lui. Puis tant qu'à faire, quitte à mourir, j'aurais voulu que ce soit en sauvant un ami, pas en l'entrainant avec moi.
Mais fichtre, j'entendais le faible chant du cours d'eau, par dessus les hurlements du vent ; nous n'étions plus très loin, il nous suffisait de remonter le courant. On allait s'en sortir, tous les deux !

Encore quelques dix minutes et nous serions tirés d'affaire ... Mais dix minutes, quand chaque pas s'arrache avec peine, quand des blessures ouvertes vous tiraillent de part en part, et quand le froid vous pénètre jusqu'à la moelle, ça s'apparente plutôt à une heure de calvaire. Et étant donné que cela faisait déjà une bonne dizaine de minutes que nous bataillions pour placer un pas devant l'autre ; du moins, qu'Aoden bataillait, parce qu'en ce qui me concernait, même si c'était dur, ça ne devait pas être grand chose à côté de ce qu'il vivait. Je songeai soudain que j'aurais dû lui laisser ma combinaison, même si elle aurait été trop petite, ça lui aurait au moins évité de mourir de froid ! Mais quelle idiote !
Je m'apprêtais à me retourner pour la lui proposer lorsqu'il prit la parole.

« Ah je crois que je vois des ; argh ! »

Un bruit un peu inquiétant suivit les paroles du journaliste, et je fis aussitôt volte face, tentant dans un réflex de rattraper celui que j'imaginais en train de tomber. Sauf qu'il était un bon mètre plus loin, agrippé à l'arbre sur lequel il s'était visiblement rattrapé, et mon bras brassa l'air sans sauver qui que ce soit d'une rencontre avec la boue. Sans trop prendre le temps de songer au non sens absolu de mon geste, je me précipitai comme je le pus vers le journaliste.

« Aoden ! Tu vas bien ? » « Ça va ; ça va. »

Je le regardai sans bouger, un sourcil haussé ; en bref, pas dupe. On aurait dû rester allongés plus longtemps, il aurait eu besoin de se réchauffer davantage ! J'aurais dû lui donner ma combi de boulot, par Merlin ce que je pouvais être bête ! Dix minutes, c'était déjà énorme pour quelqu'un dans son état ; comment pourrait-il continuer alors que nous n'en étions qu'à la moitié du chemin ?
Pourtant il se releva .. Mais pour combien de temps ?

« Je disais : on est arrivé non ? » « Heu ... »

Je fronçai les sourcils, un peu intriguée. D'où lui venait cette idée ? La fièvre qui recommençait peut-être ?

« Non ... Il nous reste dix bonnes minutes, il faut juste remonter ... » Fis-je, tout en sachant pertinemment qu'il n'irait plus très loin et que, dans son état, dix minutes de plus, c'était bien trop ...
Je me tournai vers la direction à suivre, hésitante. Fallait-il continuer pour rejoindre la maison le plus vite possible, ou au contraire prendre le temps de se reposer encore quelques temps afin d'être sûr d'y arriver ? Il ne restait que dix minutes ! Quelques centaines de mètres !

« Peut être que… tu devrais y aller ; je vais t’attendre ici. Hein ? »

Je me tournai aussitôt vers lui, la bouche ouverte pour refuser catégoriquement. J'avais déjà fait l'erreur de le laisser seul une fois, on avait vu où ça l'avait mené, alors ... Mais je m'interrompis. En me dépêchant, je pourrais peut-être rejoindre la maison plus vite, et revenir avec la femme de James dans un quart d'heure ...

« Je ne sais pas si c'est une bonne idée ... On peut aussi attendre un peu, et reprendre la route après ... Ca me rassure pas, t'es doué pour t'attirer des ennuis ... »

Il s'était assis sur les racines de son arbre, la tête appuyée contre le tronc .. Il était vraiment pas en forme ...

« Ça va aller. Je t’attends. »

Je pinçai les lèvres, perplexe. « Tu es sûr ? ... »
Je jetai un oeil vers la maison, au loin, encore invisible puisque cachée derrière les arbres. Etait-ce vraiment une bonne idée ? Aoden était vraiment mal. Serait-il plus rapidement à Sainte-Mangouste si je restais avec lui, ou si j'allais chercher du secours ? La réponse n'était pas bien difficile à trouver.
Je lâchai un soupir.

« Bon, d'accord. Je me dépêche. J'en ai pas pour plus de vingt minutes, ok ? Fais attention ... Oh et .. » Je défis en vitesse les quelques attaches que j'avais vaguement remises pour retirer le haut de ma combinaison isolante. Il me restait mes vêtements normaux, alors que lui n'avait rien ... Il serait bien mieux avec ça. « Ça doit t'être un peu petit, mais ça te tiendra chaud. Et c'est pas discutable, tu la prends, c'est tout .. »

Je lui tendis la veste noire, qui ressemblait en fait plus à ... ben une veste, oui, mais équipée un peu comme si j'avais été une Indiana Jones en exploration. Bref, pleine de poches, de sangles, d'étuis .. Un peu lourde en somme, mais bon, ça tenait bien chaud, il en aurait besoin.

« Je reviens très vite d'accord ? Et je t'interdis de mourir ! »

Après un dernier regard inquiet pour mon journaliste, je me détournai, et entrepris de m'enfoncer au travers des arbres pour rejoindre la maison. Et croyez-le ou pas, mais ma dernière phrase, je l'avais prononcée d'un ton tout à fait sérieux.

¤ ~ ¤ ~ ¤

Faites qu'il soit toujours là, qu'il ait pas disparu, qu'un cadavre gelé et sanguinolent ne remplace pas le Aoden que j'étais censée retrouver juste quelques arbres plus loin ... Affligée d'un énorme pull en laine et suivie d'une femme d'une quarantaine d'année .. Enfin non .. A moitié supportée par une femme d'une quarantaine d'année, et toujours affligée du fameux pull, je peinais à placer un pas devant l'autre pour mener la femme de James là où j'avais laissé le journaliste. J'avais cavalé tant bien que mal et dans tous les cas, aussi vite que possible, jusqu'à la maison tant recherchée ; et, là bas, la charmante femme n'avait pas posé beaucoup de questions en me trouvant haletante à sa porte. Elle m'avait balancé le pull en me disant de la guider, avait passé un bras dans mon dos pour m'aider à marcher, et nous étions reparties.

J'étais à bout de forces ; mais je touchais au but. Bientôt, très bientôt, nous allions transplanner, et nous retrouver à l'hôpital, en sécurité .. Aoden serait soigné, hors de danger .. Encore un petit effort !

Voilà, là .. Ce devrait être ici, il ne devait plus être loin !

« Aoden ? Tu es là ? »
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Ce message a été posté Mer 20 Mar 2013 - 16:39

Mes paupières se rouvrent avec difficulté et je mets un moment à comprendre ce que je fais là. L’humidité, la fraicheur – pour ne pas dire le p*tain de froid – dans lesquelles je me trouve me viennent très lentement, avec un certain sadisme dont je me serais passé. Engourdi, à moitié endormi en réalité, j’étais en train de sombrer. Je ne saurai dire ce qui m’a sauvé. Réveillé.
Une branche qui a bougé, une racine qui lentement a été déplacé par le mouvement d’un quelconque rongeur curieux ou indiscret. Qu’importe. J’ai rouvert les yeux sur ce noir brumeux et mes poumons de nouveau s’emplissent d’air déchirant, paradoxalement brûlant.
Dès que j’en ai la capacité je laisse un sanglot s’échapper d’entre mes lèvres et mes doigts viennent subitement s’agripper à la veste que j’ai plus ou moins bien enfilée sur les épaules. Ah oui, Lena. Ceci appartient à Lena, la chasseuse de loup garou. Ma sauveuse. Mon amie. Mais où est-elle ? Pourquoi suis-je seul ici ?
Puis la douleur. Un nouveau sanglot plus semblable à un râle, un cri, je referme les yeux pour retenir une larme et je me détache du tronc d’arbre qui torture mes plaies. Je ne m’en sortirais jamais…

« Aoden ? Tu es là ? »

Quand mes lèvres s’entrouvrent c’est une quinte de toux qui s’en évade alors et je tombe en avant, sans avoir la force de tendre le bras pour me rattraper. J’attends de pouvoir me ressaisir, de terminer de m’étouffer – ou pas – pour essayer de me relever. Bordel. Quand les bruits de pas me parviennent je m’agite en souffrance mais avec une volonté nouvelle, fraiche et vivifiante ;
Ça fait du bien de ne plus être seul. J’ai cru un instant que personne ne reviendrait jamais ! En me relevant, mes yeux finissent par tomber sur la jeune femme que j’attendais depuis si longtemps et j’esquisse un faible sourire ravi, croyez le bien.

« J-j’ai hésité à aller commander japonais mais finalement non je suis resté là à t’attendre. » Dis-je en levant les yeux au ciel, affligé par la mauvaise qualité de mon humour. Rien à voir avec mon état, il a toujours été sarcastique et relativement médiocre. Je tends rapidement le bras pour atteindre la demoiselle puis, j’observe la seconde personne. Les idées peu en place, j’ignore totalement de qui il s’agit. « Va-t-on pouvoir atteindre l’hôpital ?... »

J’ai du mal à bien saisir ce que l’on me raconte par la suite. En vérité je ne suis pas certain que l’on s’adresse à moi. C’est sans doute plus à Lena que cette inconnue parle et, toutes les deux, mettent au point un plan. Je ne vois que ça. Dans ma tête, ça sonne bien. Un moyen de nous évader de ce cauchemar, une solution pour nous sauver la vie. Voilà. Sinon nous allons mourir j’ai rarement été aussi persuadé de quelque chose ! Même les horreurs vécues récemment aux côtés de Loïs m’ont parues moins catastrophiques…plus intenses et glauques…mais je vous assure, j’étais moins défaitiste à ses côtés.
Alors que mes yeux sont rivés sur le bras ensanglanté de ma sauveuse, je sens que l’on me demande de me concentrer. De rester attentif et à l’écoute. Facile à dire.

Des mains m’attrapent et les respirations se mêlent, les souffles se crispent, se contractent et inspirent brutalement dans une secousse que je n’attendais pas. Je grogne et ferme les yeux, mes doigts glissent et se détachent petit à petit de leurs prises et le chahut semble durer des heures jusqu’à ce que je me retrouve brutalement jeté contre une table avant de terminer ma chute sur le sol froid…
…de l’hôpital.
Nous sommes sauvés ? Bon sang ; qu’est ce que j’ai mal.

« Lena ? Attendez je ; j’ai une amie qui est blessée ! Arg ; lâchez-moi ! » Dis-je en hurlant après les pauvres infirmières et aides soignants qui tentent simplement de me venir en aide. Furieux, fiévreux, je me démène sans raisonner et me retrouve bien vite encerclé, immobilisé. « Lena ?! »

{ Réponse honteuse, tu as le droit de me frapper ^^'
Je m'excuse ! *-* }


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Ce message a été posté Jeu 21 Mar 2013 - 21:27

Crac
J'échappai soudainement au tourbillon de transplannage, d'un seul coup, je me sentis happée par le sol ; puis avant d'avoir le temps de réaliser que nous allions réapparaître, je me retrouvai projetée dans le monde matériel et, plus précisément ; sur le sol. C'est le clac sonore et la douleur cuisante qui se répandit dans ma joue qui m’informa que le côté de mon visage venait de prendre contact avec le carrelage froid des urgences de Sainte-Mangouste. Gnn. Ca commençait bien … Très vite, les lacérations de mon bras et les diverses blessures mineures que j’avais pu collecter au cours de la nuit se rappelèrent à moi ; et ma grimace de douleur s’élargit tandis que déjà, des infirmiers s’occupaient de me relever. Les yeux fermés, tâtonnante, je me laissai faire dans un premier temps, tâchant plutôt de rattraper la situation qui était partie un peu au devant de moi ; lorsque des ris me parvinrent. Des cris sur lesquels je ne tardai pas à mettre un nom. J’ouvris les yeux immédiatement et cherchai mon ami du regard, mes jambes retrouvant un semblant de solidité pour me permettre de me supporter seule.

« Lena ? Attendez je ; j’ai une amie qui est blessée ! Arg ; lâchez-moi ! » « Ao .. Aoden .. Lâchez-moi .. Je tiens debout, s‘il vous plait .. »

Ma bouche était pâteuse. Un peu comme si ce transplannage avait eu pour moi l’effet d’un évanouissement ; j’avais eu du mal à retrouver le fil et je le sentais vaseuse … Ou alors était-ce l’adrénaline qui était retombée ? Peut-être bien les deux … Je tentai sans force d’écarter les bras et les silhouettes qui me bloquaient et m’empêchaient de voir le journaliste. Bon sang qu’ils se poussent … Et avec le grabuge que je commençais à entendre, je me doutais que, lui, n’était pas aussi assommé que moi par le transplannage. J’aperçus quelques personnes se précipiter vers l’origine du remue-ménage, et des échos de lutte me parvinrent jusque dans les vaps qui commençaient à me remmener. Mes gestes, entravés par les prises qui me soutenaient autant que me retenaient, se faisaient vagues, incertains, ma vue se brouillait d’elle-même et mes jambes se dérobaient à nouveau sous mon poids. J’étais fatiguée … Tellement … Il me suffisait de fermer les yeux, d’arrêter de luter contre ses mains qui me retenaient .. Elles ne me voulaient aucun mal .. Simplement m’emmener dans une salle où on me remettrait le bras en place, alors pourquoi résister ? …

« Lena ?! »

Vlam. Retour à la réalité, partie deux. Pour ça. Ou pour lui, plutôt ; qui n'avait encore pas fini de se fourrer dans la .. bouse de sombral, alors même que je me débrouillais pour l'amener à l'hopital .. Quel irrécupérable ... En attendant pour moi, ce fut comme un coup de marteau. Ou enfin .. Non, plutôt comme une bonne tape derrière la tête, juste pour dire hé oh, réveille-toi, c’pas l’heure de dormir, t’as encore du boulot ! Je secouai la tête, et fit un mouvement un peu plus brusque en espérant signifier à mes ’charmants’ infirmier(e)s que, c’est bon, ça va, je tiens debout !

« S’il vous plait ! Vous voyez pas qu’il se calme pas ?! C’est moi Lena bon sang, allez, lâchez-moi ! »

Après un regard plus qu’insistant à l’adresse des yeux que je pouvais croiser, je sentis les étreintes se relâcher progressivement, comme pour s’assurer que je n’allais pas m’effondrer. Je finis par apercevoir celui que je cherchais, toujours en train de se débattre bien qu’immobilisé par plusieurs hommes, dont certains commençaient à sortir leur baguette. Oulala non, non ! Je fis un premier pas hésitant, histoire de vérifier, moi aussi, que je tenais bel et bien debout ; puis j’accélérai, me déplaçant plutôt maladroitement entre les personnes, patients ou personnels, qui se regroupaient doucement mais sûrement autour d’Aoden. Quelques secondes plus tard, je m’avançai au devant d’eux et m’approchai aussi vite que possible des quelques hommes agrippés à mon ami. J’eus une nouvelle grimace en titubant jusqu’à eux, autant par la douleur qui me revenait une fois encore, que par la position dans laquelle monsieur s’était encore fourré ; et dans celle où il se retrouverait d’ici bientôt si l’un des employés de l’hôpital se décidait à lui lancer un sort pour le calmer…

« Aoden … » Je m’avançai encore et me plaçai devant lui, de façon à ce qu’il puisse me voir ; bien me voir, distinctement. « Je suis là … », fis-je en m’arrêtant juste devant lui. « Je vais bien, calme-toi … »

Je fis encore un pas en avant et posai mes mains sur ses épaules, serrant aussi fermement que possible les tissus de la combinaison entre mes doigts. Dans un regard, j'intimais aux quelques hommes de le lâcher, et après quelques secondes d'hésitations, ils s'exécutèrent, l'un après l'autre, restant néanmoins prêts à lui sauter dessus si jamais il tentait quoi que ce soit.
Je plongeai mes yeux dans ceux de mon ami, sans lâcher ses épaules.

« Tout va bien ... »
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Ce message a été posté Ven 22 Mar 2013 - 15:34

J’ai peut être cru qu’après avoir vécu une mission, j'étais capable d’aventure. J’ai peut être cru qu’Aoden Phelan Teagan était quelqu’un de vaillant, téméraire et volontaire. Suffisamment pour affronter la peur et défier les doutes. J’ai surestimé mes capacités avec arrogance et prétention, j’ai été naïf et stupide. J’ai cru, bêtement, qu’il suffisait de se jeter dans la gueule du loup pour ‘tester’ ses limites et faire ses preuves. Que pour se donner un genre, pour entrer dans la liste des gens biens, pour enfin faire partie de ceux qui réussissent et pas toujours ceux qui ne font que marcher à l’ombre des héros, il fallait aller au devant du danger ;
Peut être que je voulais prouver aux Lena, Loïs et autres véritables braves personnes que je connais que je peux aussi leur ressembler. Pas seulement les imiter.

Mais je ne fais pas partie des preux chevaliers ! Je ne serais jamais compté parmi les importants sauveurs de notre temps et il va falloir que je me fasse une raison, que je trouve ma véritable place. Que j’accepte le journaliste pour commencer mais avant, avant tout, que je me calme. Que je me soigne.

La voix de mon amie me parvient alors que les mains fermes des aides-soignants qui me stabilisent commencent à me faire sérieusement mal. Essoufflé, les larmes aux yeux, les sens en ébullition et le cœur au bord de l’explosion, je ne rejette pas seulement les souffrances physiques que je ressens mais bien toute la personnalité que je représente. Toute la nature de mon existence. Une parfaite remise en question s’opère sous l’effet de la fièvre et il faut que le contact des mains de Lena soit établi pour que je me ressaisisse, un peu.
M’accrochant à son regard, je cesse de me secouer dans tous les sens et j’acquiesce. Lentement. Ma respiration se stabilise et j’acquiesce à nouveau dans un hochement de tête plus concentré. Tout va bien puisqu’elle va bien. La preuve, elle est là en train de me calmer. Je vois bien que son bras est toujours en piteux état et elle a l’air faible comme tout mais je suis rassuré de la voir debout ;

« Ok…ok. D’accord. » On me lâche enfin. Mais je ne veux pas qu’elle s’éloigne. Une de mes mains s’agrippe à son poignet le plus proche et je continue d’approuver comme pour qu’elle comprenne que sa présence m’est indispensable. « Ils ont parlé d’intervenir, sur mon dos. Tu sais ce qu’ils veulent faire ? Et ton bras, il faut aussi faire quelque chose j’imagine ! Ça va aller je serais là, de toute façon je ne veux pas qu’on me touche. Je n’ai presque plus mal. » Dis-je dans un sourire nerveux.

« Mademoiselle Steevens ? »

La femme de James – le loup garou, souvenez-vous – a rapidement fait le résumé de la soirée aux infirmiers afin de pouvoir rejoindre son mari. On comprendra qu’elle ait mieux à faire que nous supporter plus longtemps, c’est déjà énorme qu’elle nous ait accordé tout ce temps. Quand elle a parlé de chasseurs de loups garou, certains de l’équipe médicale ont été si impressionnés qu’ils se sont presque battus pour s’occuper de Lena ! Ils n’ont pas très bien compris le détail de l’histoire de toute façon et m’ont considéré comme chasseur aussi de ce fait, nous avons rapidement été pris en charge ;
Par peur que je ne redevienne brutal, j’ai malheureusement été ficelé aux barreaux du lit de ma chambre mais les soins et la fatigue ont eu raison de moi en quelques minutes et j’ai sombré une petite heure qui en fin de compte : m’a fait un bien fou.

Encore un peu dans les vapes quand j’ouvre les yeux, une personne termine de me nettoyer le dos pour retirer toute trace de sang. Allongé ainsi sur le matelas moelleux, dans une pièce chaleureuse – tout est relatif, nous sommes dans un hôpital – tout en sachant que Lena va assez bien, j’ai presque le sourire aux lèvres. Plus encore quand je la vois passer la porte. J’oublie que je suis à moitié nu et je relève le visage pour lui faire un signe de tête.

« Non, promis : je n’ai pas l’intention d’intégrer une de tes équipes de champions ! Comment tu vas ? »
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Ce message a été posté Ven 22 Mar 2013 - 22:04

« Ca va … Ca va, je reste là … » fis-je doucement en plaçant une main sur la sienne, qu’il venait d’accrocher à mon poignet. Je ne le quittai pas des yeux ; ces yeux fiévreux et que la folie semblait quitter peu à peu maintenant qu’il m’avait vue et qu’il savait que j’allais bien. « Tsss, chut, c’est hors de question, ils vont s’occuper de ta blessure, sinon elle va s’infecter et tu vas mourir. Ce serait dommage quand même maintenant ; puis j’te l’ai interdit tu te rappelles ? T’en fais pas pour moi, ça va aller aussi. C’est pas si grave, même si c’est moche, et … »

« Mademoiselle Leevens ? » 

Je me tordis le coup pour regarder derrière moi sans lâcher la main d'Aoden. C'était la femme de James .. Je la remerciai aussi chaleureusement que le pouvait quelqu'un dans mon état, -et qui plus est accroché à un homme dans une position qui lui faisait tourner le dos à son interlocutrice-, et la laissai s'en aller en lui promettant de lui rendre le pull. Visiblement, pendant que je m'occupais de ramener le journaliste parmi les gens censés, elle avait raconté au personnel ce qui s'était passé, et ce fut un peu la bousculade générale lorsqu'il fut question de savoir qui s'occuperait de moi et de mon ami. Chasseur de loup-garous, ça en jetait quand même drôlement, comme métier. Même si, comme Aoden avait pu en faire l'expérience, ce n'était pas de tout repos. Après tout, quand on se mettait volontairement dans ce genre de situations plus que dangereuses pour protéger la population, on avait quand même le droit d'impressionner un peu les gens et de passer prio aux urgences, non ? Ben si. Parce que c'est ce qui se passa pour nous ; puisque dans la foulée, Aoden fut plus ou moins considéré comme appartenant à la brigade. Tant mieux. De toute façon, moi, je ne me serais pas laissée toucher tant que lui ne serait pas pris en charge. Oui, c’est ce que lui-même avait dit à l’instant, sauf que j’étais en .. Pas meilleur, mais en moins mauvais état que lui ; et donc que, ben ouais, c’est moi qui commandais. Comment ça c’pas une excuse ? Chuuuut !


¤ ~ ¤ ~ ¤


Je poussai la porte de la chambre que l’on m’avait indiquée et pénétrai dans la pièce, tenant le battant de ma seule main libre -mon autre bras étant solidement bandé et retenu par une sangle qui l’immobilisait contre ma poitrine. Aussitôt, mon regard tomba sur un journaliste torse nu et à moitié endormi, en train de se faire frotter le dos par un infirmier qui finissait son boulot. Mon sourire reflétant le sien, je m’approchai du lit.

« Non, promis : je n’ai pas l’intention d’intégrer une de tes équipes de champions ! Comment tu vas ? »

« Mais t’as pas intérêt à en intégrer une, j’ai pas envie de croire que tu risques d’y rester à chaque pleine lune ! » fis-je dans un léger rire, sur le ton de la plaisanterie ; avant de m’asseoir au bord du lit, sans trop y réfléchir. « Je vais bien … C’était pas si grave, faudra juste que je repasse demain soir, pour qu’on me retire ce truc. ». Dans une grimace, je jetai un œil à mon bras et plus précisément, à l’espèce d’étui qui le maintenant un peu trop fermement immobile. Je détestais ne pas pouvoir bouger, j’avais l’impression d’être handicapée, c’était juste insupportable. « Mais je survivrai ! »

J'ouvris la bouche à nouveau pour lui demander comment lui se sentait, mais un bâillement m'en empêcha et je me retrouvai à l'écraser misérablement de ma main libre, en levant les yeux au ciel. Moi, fatiguée ? Meuh noooon. Et en fin de compte, l'infirmier me coupa l'herbe sous le pied et prit la parole avant que j'aie le temps de me renseigner sur l'état de mon ami.

« Et votre mari aussi survivra, madame; Il s‘en tire bien, même s‘il s‘en est fallu de peu, les griffures étaient profondes ; et même si ce n'était pas mortel, elles auraient pu s'infecter et là, ça aurait été plus compliqué. Heureusement, vous êtes venus ici à temps ! Il faudra qu‘il se repose encore une heure ou deux le temps de pouvoir supporter un transplannae, puis vous pourrez rentrer chez vous ! »

Je clignai des yeux. Une fois. Histoire de les humecter, parce que les écarquiller comme je les écarquillais là tout de suite, c’était plutôt mauvais à ce niveau là. Mon quoi s’en tirerait ? Mari ? Oulala, mais il y avait confusion là ! Tellement que je ne trouvai moi-même que quelques mots incohérents à balbutier stupidement : « Heu … Je .. Nous … Enfin … On ... » . Oh oui. Grosse confusion.
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Ce message a été posté Mar 26 Mar 2013 - 16:59

L’espèce de tissu humide et froid qui glisse dans mon dos, sensé retirer les dernières tâches de sang et rendre à ma silhouette sa parfaite stature me dérange sincèrement. Surtout depuis que Lena est entrée dans la pièce et m’observe avec ce petit quelque chose de malicieux dans le fond des yeux. Certes elle a l’air épuisée, mais je serais bien mal avisé de le lui faire remarquer car si je me suis assoupi une heure ou deux tout à l’heure, je manque encore d’une bonne nuit de sommeil !
Oui je fais partie de ces gens qui mettent longtemps – vraiment longtemps – à récupérer. Le paradoxe c’est que je mets, au contraire, très peu de temps à me fourrer dans de nouveaux ennuis. Vous verrez ça assez vite logiquement.

Quand je commence à en avoir marre et que j’ai répondu à la demoiselle avec un sourire compréhensif, j’émets un râle explicite et l’infirmier décide de retirer ses sales pattes de mon corps. Fichtre. La miss que j’ai aperçu tout à l’heure à la limite…avait ce quelque chose de moins repoussant, mais lui. Oust.
Sauf que s’il fait mine de s’en aller, vous pensez qu’il l’aurait fait silencieusement ? Ses propos me font tousser et la jeune chasseuse de loups garou bégaye.

« …On n’est pas…! » « Pardon ? » « Non rien. Merci pour, les soins. » « Je vous en prie ! Au revoir. » « …’voir. »

Je ne vais pas non plus perdre du temps à lui expliquer qu’on n’est pas marié. Il serait capable de me demander pour quand est prévu la cérémonie. Rien que d’y penser, je vois déjà ma mère sauter au plafond les larmes aux yeux et mon père me donner tout son héritage… bon sang. Quelle nuit. C’est un véritable enfer depuis quelques temps ; en fait je crois que je n’ai jamais été aussi secoué et vous savez depuis quand date ce changement ? Tenez vous bien : la victoire des Phénix. Oui, de ma faction. Je ne lui reproche rien ! C’est tant mieux si nous avons pris la tête du gouvernement et mes camarades ont fait du beau boulot… seulement nous savons tous qu’il faut mettre un bémol sur le mot victoire et plus le temps passe ; plus je crains les sombres conséquences. Les remontrances de ces tordus de mangemorts qui sont toujours là, et j’ai beau avoir confiance en nos chers américains – depuis quand j’ai confiance en quelqu’un moi ? – je sais qu’ils ne se laisseront pas mourir sans tenter une sortie. Un soulèvement. Qui fera mal. C’est inévitable.
Enfin.

« Apparemment on va bien ensemble. » Je lève les yeux au ciel et me retourne – en évitant de me casser la figure – pour m’assoir, dans un semblant de position assise quoi, en épargnant à mon dos le contact du matelas que je relève. Bon. Ça va. Je n’ai pas mal. Pas trop. « Tu dois revenir demain soir juste pour qu’on t’enlève ça ?...Rentre chez toi. Ne perds pas plus de temps tu mérites du repos, une journée pleine de sommeil et oublier tes collègues, ton supérieur, les loups garou et un certain journaliste envahissant. Maladroit en plus de ça ! » J’arrête de raconter des bêtises et balaye ces paroles d’un geste du menton en lui indiquant le lit. Qu’elle s’installe, un instant. Si elle veut.

« Je te dois la vie je crois. Je ne sais pas combien elle vaut, en vrai. Pas grand-chose. Mais je me vois mal t’offrir un simple verre pour ça quand bien même ce serait le prix. Si je peux faire quoique ce soit… J’espère que jamais tu n’auras besoin qu’on vienne sauver ta peau, mais si ça devait arriver, alors j’aimerais que ce soit moi. Ah oui, t’es pas dans la m… dans l’embarras ! Mais tu te débrouilles assez bien pour ne jamais la risquer, ta vie, hum ? »

Je lui fais un clin d’œil avant de prendre une profonde inspiration. Je déteste avoir des dettes, j’en ai encore trop, et je viens lourdement de m’en rajouter une. Comment je la paye, celle-ci ? Sauver la vie de quelqu’un j’en suis incapable ! Être là au bon moment pour venir en aide à Lena qui pourrait, un jour, en avoir besoin relèverait du miracle ! Je ne pourrais jamais la remercier assez.
Je repense alors au verre. Ma vie doit à peu près valoir ça. En fonction de qui on est, ça vaut une plus ou moins bonne soirée…Lena m’apprécie un minimum je pense. Je peux peut être lui offrir un verre dans un bar agréable.
Ma dette serait effacée ?


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Ce message a été posté Jeu 4 Avr 2013 - 21:11

Je mettrais ça sur le compte de la fatigue ; qu'en pensez-vous ? Non mais, comme si j'allais être mariée à Aoden ! Pas qu'il n'ait rien pour que je veuille de lui pour époux -au contraire, vous l'aurez bien compris-, mais je l'avais rencontré à peine une semaine auparavant ! Le fait qu'il se retrouve sur mon lieu de travail à moitié déchiqueté par un loup garou n'était absolument pas prévu ; et accessoirement, celui que je me retrouve allongée sur lui à moitié nue, non plus. Mais tout cela, l'infirmer, indiscret et qui indisposait visiblement Aoden avec son nettoyage pas franchement délicat, n'était pas censé le savoir. Donc soit, comme le disait Ao, on allait bien ensemble ; soit, comme j'en avais bien l'impression, depuis que nous étions arrivés dans cet hôpital, nous donnions l'impression d'être en couple. Enfin, quoi qu'il en soit, il n'en était rien de tout cela, et la belle bourde de l'infirmer n'aurait dû tout au plus que me faire sourire ou lever les yeux au ciel. Nous mettrons donc mon bégaiement sur le compte de la fatigue.

Je l'imitai en levant les yeux au ciel. « La charmante inquiétude que tu as eue à mon encontre quand on est arrivés y est peut-être pour quelque chose » Ben oui, c'est vrai quoi, on ne se débat pas en hurlant au milieu d'un hôpital par inquiétude pour la première venue ; ou en tout cas pas pour la première venue à laquelle on ne tient pas pour une mornille. Un sourire taquin et un regard malicieux plus tard, je le regardai se retourner en croisant les doigts pour qu'il ne tombe pas et n'aggrave son cas. Manquerait plus que ça. Enfin, en théorie il ne risquait pas de rouvrir sa blessure, il ne devait rester qu'une fine cicatrice ; en théorie. La même qui barrerait mon avant bras d'ici demain soir. Ou les mêmes ; bref.

« Oh t'en fais pas pour moi, mon supérieur ne pourra plus me crier dessus pendant au moins quinze jours tellement il doit avoir la voix cassée après tout ce qu'il m'a hurlé au visage ce soir. Je suis tranquille ! Quant au journaliste, je crois que je suis en mesure de le supporter encore un peu ; il est pas si terrible que ça, voyons ! »

Évidemment, je dis tout cela un sourire sur les lèvres et avec une bonne dose de sarcasme dans la voix, pour ce qui est de mon cher et tendre boss.

Je m'installai sur le lit qu'il me désigna et attendit la suite en le regardant avec attention. Dire que quelques heures plus tôt il était quasiment mourant, allongé dans la boue en pleine forêt .... Et moi étendue sur lui, oui, mais c'est un détail. Si on m'avait dit que le journaliste auquel j'avais hésité à accorder ma confiance quelques jours plus tôt se retrouverait à moitié nu sous moi, jamais, ô grand jamais je ne l'aurais cru. J'aurais déjà eu du mal à croire que je finirais effectivement par lui accorder ma confiance, alors là, imaginez. Et dans tous les cas, si j'avais dû nous imaginer dans cette position, ç'aurait été dans un contexte quelque peu différent .. Bref, passons. Herm. La fatigue, souvenez-vous.

A la fin de sa tirade, j'écarquillai les yeux, l'air faussement indignée.

« Moi ? MOI, risquer ma vie ? Non mais tu m'as bien regardée, franchement ! » Je lâchai un rire léger en reprenant une figure normale. « Hé bien mon cher Aoden, j'aurais voulu pouvoir te dire que non, mais comme tu as pu le constater, ce n'est pas forcément le métier le plus sécurisé du monde que je pratique tous les mois ... Je pense que tu pourrais purger ta peine en m'empêchant de devenir folle si jamais je devais me retrouver coincée au lit à Sainte-Mangouste un jour ; j'imagine que tu pourrais me rendre visite .. Parce que je t'interdis de venir essayer de me sauver la vie tous les soirs de pleine lune ! » Je lui lançai un regard ironique avant de perdre mon sourire pour enchainer. « Tu n'me dois rien Aoden. Rien du tout. C'était ...» Je marquai une hésitation. Comprendrait-il la suite de ma phrase ? Du moins il en saisirait les mots, mais le sens ? Sans doute pas. Je ne lui avais jamais dit que je considérais que la discussion que nous avions eue quelques jours plus tôt m'avait fait un bien fou. D'un autre côté, on ne pouvait pas franchement dire que j'aie trop eu l'occasion de lui en parler. Bref ; quoi qu'il en soit, il ne saisirait sans doute pas tout à fait le sens ; et si l'inverse était vrai, je n'en serais qu'agréablement surprise, et une fois de plus impressionnée par ce journaliste. Puis maintenant que la phrase était commencée, je ne pouvais plus que la finir. « C'était moi qui avais une dette envers toi. Mais si tu veux vraiment me faire plaisir pour considérer que tu n'as pas de dette, arrange-toi pour rester en vie ! Oh et puis si je suis sur le point de mourir, je te promets que je t'appelle pour que tu puisses me sauver la vie ! J'aime autant que ce soit toi que l'un de mes crétins de collègues. »

J'eus un léger soupir. Ca, c'était à supposer que mes collègues daignent essayer de me sauver la vie ; ce qui était quand même plutôt incertain. Mais bon, bref. Je jetai un oeil à la pendule accrochée au dessus de la porte. Presque quatre heures du matin ... Il allait falloir que je m sauve.

« Je dois m'en aller ... Tu m'excuses hein ? Enfin, je ne t'abandonne pas, tu es entre de bonnes mains, en théorie, j'espère que cet affreux infirmier ne reparaîtra pas ! » Je me levai. « Encore une fois, tu ne me dois rien, alors ne t'en fais pas. J'espère qu'on se reverra bientôt .. Donne moi de tes nouvelles ! Et, n'oublie pas de me recontacter, on devait aussi se voir pour que tu me montres l'avancée de ton article ? Enfin, tu me redis d'accord ? Remets-toi vite ... et repose-toi. On se voit bientôt ... »

Je souris en lui adressant un signe de la main en guise d'au revoir, et m'éloignai vers la porte ... Tendant la main pour abaisser la clenche, je marquai une hésitation .. et me retournai finalement vers Aoden, une dernière fois.

« Et au fait ... Tu te demandais ce que valait ta vie ... Dis-toi qu'à présent elle vaut bien plus qu'un verre au chaudron baveur, au moins pour une personne ... » Je lui fis un petit clin d'oeil en souriant, avant de passer la porte, une bonne fois pour toute. En marchant vers le hall, je me demandai ce que j'avais réellement voulu dire par là. Pourquoi lui avais-je dis cela ? Pour être franche je ne le savais pas vraiment. J'avais juste eu l'impression de .. de devoir ajouter quelque chose avant de m'en aller. C'était ambigu comme phrase ? Ce n'était pas le but ... J'avais simplement voulu lui faire comprendre que .. qu'il avait de l'importance pour moi maintenant, qu'il était mon ami. Peut-être le comprendrait-il autrement ? Tant pis ... J'avais eu le sentiment qu'il fallait ajouter quelque chose avant de quitter la pièce ... Et les nuits de pleine lune, en général, mieux valait faire confiance à son instinct ....
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