[- 16][Isaac] Blanche-Neige et l'Assassin



 



[- 16][Isaac] Blanche-Neige et l'Assassin
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Pré-au-Lard :: Ailleurs :: Habitations
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Esmé Selwyn
Le Diable au Corps
Messages : 741 Crédits : Myrlu & Grey Wind
Age du personnage : 28 ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Funambule-acrobate & Dresseuse de Fauves
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Auparavant un Cygne Noir, désormais une Hyène.
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Ce message a été posté Jeu 14 Fév 2013 - 21:19

La nuit avançait avec une lenteur désarmante. La pluie battait sur la lourde tenture qui servait de refuge au Cygne Noir qui, le regard dans le vide, observait le ciel pleurer par un pan écarté de la tente.

Les genoux ramenés sous son menton, elle se balançait doucement, telle une enfant que l’on berce pour l’apaiser. Sauf qu’il n’y avait personne à ses côtés pour lui procurer du réconfort ou des paroles rassurantes.

Thanatos avait déjà rejoint un quelconque troquet pour y noyer son amertume et son chagrin grâce à quelques verres et à une charmante compagnie. Salomon dormait profondément depuis longtemps. Tout comme Charmelle, avec qui elle partageait les lieux provisoirement. Quant à Mimi, elle entamait sa dixième heure de garde à l’Hôpital à l’instant même.

Les jours paraissaient trop courts aux rescapés du Chimeria qui, depuis leur arrivée à Pré-au-Lard à peine quinze jours plus tôt, avaient entamé un long processus pour reconstruire leur univers. Installés aux abords d’une forêt, sur un large terrain vague entre Poudlard et le village, excentrés sans l’être, ils étaient à part tout en restant proches de ce nouveau monde où plus aucune apparente neutralité n’était tolérée. Ils étaient des Ombres, des Mangemorts. C’était un choix lourd de conséquences, mais le leur. Ils ne pouvaient revenir en arrière.

Voilà à quoi Swanny pensait alors qu’elle fixait le vague, son index récupérant les gouttes qui tombaient de la toile. Elle avait du mal à se faire à cette nouvelle existence. L’effervescence du Cirque semblait bien loin, remplacée par le mutisme du terrain presque vide où résidaient seulement cinq personnes dans quelques tentes vieillies et éparses. Plus de grognements inhumains pour troubler la nuit, aucun pleur d’enfants, pas la moindre note de musique égayée par un feu de fortune.

Comment, après presque vingt-sept années de tumulte, pouvait-elle trouver le sommeil face à un tel horrible silence ?

Elle enviait Charmelle qui, le bras pendant dans le vide, ronflait doucement, sa tignasse blonde emmêlée masquant son joli visage. Pour elle, comme pour Mimi, l’adaptation avait été moins difficile. Elles ne ressentaient pas cette impression de vide. Elles avaient trouvé un travail en attendant que les Selwyn se munissent du matériel nécessaire à la renaissance de leur héritage, ce qui nécessiterait un certain temps.
Esmé elle-même avait de quoi s’occuper. Trouver des contacts, de la main d’œuvre, des artistes, des Bêtes. Continuer de s’entrainer, dans les airs, entre les arbres, au sol. Mais ce n’était pas assez. A chaque jour qui se levait, elle se sentait s’éteindre un peu plus, rongée par ses cauchemars, hantée par cette tension qui ne la quittait pas.

Elle avait besoin de davantage. De quelque chose qu’elle ne trouverait pas dans cette tente et encore moins auprès de sa famille.

Elle cessa sa contemplation, se levant brusquement pour aller récupérer son manteau.


« Où est-ce que tu vas ? » murmura une voix ensommeillée à quelques mètres d’elle.


Les paupières à semi ouvertes, Charmelle observait son Amie qui s’habillait à la hâte.


« Rendors-toi, trésor. »
lui intima la Dresseuse avant d’aller déposer un baiser sur son front.


Lorsque la tenture retomba derrière elle, la Lanceuse de Couteaux avait déjà retrouvé les bras de Morphée.


~

Sevastian parut plus que surpris lorsque son elfe l’informa que Miss Selwyn se trouvait chez lui à une heure si tardive. Et carrément agacé quand elle lui annonça les raisons de sa venue. Il rechigna un moment mais finit par se laisser convaincre. Après tout, elle faisait bien ce qu’elle voulait et c’était tant pis pour elle.

Retournant à ses occupations, il laissa la jeune femme grimper les escaliers de son pas toujours aussi assuré. Parvenue au premier étage, elle remonta le couloir pour emprunter une porte dérobée. Cette dernière donnait sur une autre volée de marches sombres.

Le bois grinça sous son poids mais elle ne s’en préoccupa guère. Elle ne cherchait pas à être discrète. Au contraire, elle utilisait sa façon bien à elle de s’annoncer.

Parvenue aux combles, cependant, elle hésita. Elle n’avait aucune idée de l’état dans lequel elle allait le trouver. Ici, dans cet espace confiné, il n’avait aucun masque à conserver, aucun visage ennemi duquel se dissimuler.

Enfin, il en fallait bien plus pour arrêter Black Swan.

Lentement, sans prendre la peine de frapper, elle tourna le loquet de la porte pour l’ouvrir avec précautions. Mais à peine eut-elle franchit le seuil qu’elle sentit une poigne d’acier se refermer sur son bras. Un instant plus tard, on la plaquait contre un mur, le bout d’une baguette pointé sous son menton.


« Charmant accueil. »


Le menton légèrement relevé, elle observait Isaac par-dessous ses longs cils. Outre ses émeraudes éternellement maquillées de noir, la Belle avait abandonné le reste de ses fards habituels. Son long manteau était fermé jusqu’à la dernière boutonnière, si bien qu’elle n’offrait à la vue de l’Assassin que son minois ourlé d’un fin sourire, encadré par ses boucles brunes trempées à cause la tempête qui se déchainait au-dehors.

Elle ne fit pas le moindre geste pour se dégager de son Assaillant. Les bras le long du corps, elle attendait qu’il réagisse à l’apparition intempestive de sa Poupée dans ce qui était censé être sa cachette.

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On peut abandonner son intégrité pour presque rien mais c’est tout ce que nous possédons réellement, tout ce qui nous reste à la fin. Et dans ce petit espace, nous sommes libres. V pour Vendetta


Dernière édition par Esmé Selwyn le Lun 18 Fév 2013 - 19:50, édité 1 fois
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Isaac Emerson
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Ce message a été posté Dim 17 Fév 2013 - 19:10

Allongé sur son lit, l’assassin observait ce que l’on devinait être le plafond à l’ossature de bois apparente à la forme d’un V inversé, dans un silence si pesant qu’il en était devenu morbide. Les mains jointes sous sa tête, il demeura dans sa léthargie peut-être plusieurs heures, s’enfonçant dans les ténèbres sans pour autant que le sommeil ne le saisisse en traitre, l’œil toujours alerte malgré l’heure avancée. Un vent accompagné de pluie s’est alors abattu sur le village, donnant à la nuit de longues vociférations emportées. Mais lui se laissait bercer par ces éloges funèbres, s’emplissant d’une étrange sérénité à laquelle il n’aspirait plus depuis des années. Alors il se laissa finalement aller et ferma ses paupières.

Un grincement singulier l’extirpa immédiatement après de sa catatonie. Il redressa son buste avec une telle vivacité qu’il était difficile d’imaginer qu’il commençait tout juste à trouver le sommeil. Parfaitement immobile il attendit. Etait-ce son imagination ? Il y avait peu de chance. Sevastian s’annonçait toujours avant de monter par un code –petite sécurité, loin d’être superflue-, bien évidemment connu que d’eux seuls et ce code, il ne l’avait pas entendu. Un second crissement et le fugitif saisit la baguette qui se trouvait sur la table de chevet et se leva d’un bond, avec une souplesse presque féline. Une fois que ses sens étaient en éveil, il n’avait besoin que d’une seconde pour être prêt à affronter n’importe quoi… ou n’importe qui. Ses pieds nus épousaient le plancher avec une douceur étonnante, se fondant dans une obscurité qui le couvrit de son manteau. Une fois contre le mur, il leva sa baguette, ses doigts se nouant autours du bois tel un serpent et lorsque la porte s’ouvrit, il saisit le poignet de la silhouette pour la coller contre le mur, son bras se logeant sous la gorge du visiteur, l’empêchant d’exécuter le moindre geste, pointant sa baguette sous son menton.

« Charmant accueil. »

Cette voix… Lui, releva la tête, scrutant les traits de la jeune femme et la libéra de son étreinte. Il jeta un œil dans le sombre couloir et constatant qu’il était vide, referma la porte par laquelle elle était entrée. Une lueur s’évada soudain du bout de sa baguette pour fondre sur les appliques accrochées aux murs situées de part et d’autres des combles, révélant les lieux au Cygne Noir. Car loin d’être un taudis, le grenier avait été aménagé et tout était dans un état impeccable… Du moins si ce n’était les quelques vêtements qui traînaient çà et là. Isaac lui était torse nu et ne portait qu’un pantalon un peu ample en toile noire qui tombait jusqu’à ses talons. Son visage n’avait pas changé, bien qu’il ait une barbe de quelques jours et les cheveux un peu hirsutes. Derrière lui, elle pouvait voir le grand lit aux draps défaits où il était allongé il avait peu de temps de cela encore, quelques meubles parsemaient la pièce dont une commode qui se tenait sous un petit soupirail circulaire au verre coloré d’où perçait les faibles lueurs de la nuit. Au fond, demeurait une porte fermée qui devait certainement s’ouvrir sur une salle d’eau.

_ Qu’est-ce que tu fais là.

Rien de sympathique ne transparaissait dans sa voix alors qu’il se détourna de la demoiselle pour traverser la salle, loin d’être exiguë. Une légère odeur de renfermé se couplait avec les relents rances de cigarette froide. Tout en lui tournant le dos, il s’arrêta devant une petite table d’où il saisit une cigarette et l’alluma avec son briquet fétiche. Il prit une profonde inspiration, rejeta quelques volutes blanchâtres et se retourna vers Esmé.

_ Si quelqu’un vient à savoir que tu m’as vu ici…

Il ne termina pas sa phrase, la laissant en suspend d’une telle façon que l’on devinait sans mal que quelle que soit sa fin, elle ne pouvait être que catastrophique.
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Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Lun 18 Fév 2013 - 1:57

La jeune femme n’eut que quelques instants à patienter avant qu’Isaac ne baisse sa garde. Aussitôt, il se dégagea d’elle pour se détourner, usant cette fois-ci de son arme pour éclairer la pièce.

Elle ne fut pas surprise par son attitude distante. Au final, c’était moins pire que ce à quoi elle aurait pu s’attendre, étant donné les circonstances. Si son apparente chaleur lors de ses passages au Chimeria avait bercé ses fantasmes d’adolescente, leurs dernières rencontres avaient renvoyé à Esmé une toute autre image de l’Assassin.

Et pourtant, elle était là. Pourquoi, au juste ? Il était en droit de s’interroger.


« Moi aussi je suis ravie de te voir. »



Voilà tout ce qu’il put obtenir comme réponse tandis qu’elle s’écartait du mur contre lequel il l’avait emprisonné. La Belle n’avait pas mieux à lui offrir. Elle-même n’avait pas la moindre idée de ce qui l’avait poussé à s’aventurer dans la nuit pour venir le rejoindre. Comme d’habitude, elle s’était laissé guider par un instinct tortueux qui tentait de la pousser toujours plus loin dans ses retranchements.

Tandis qu’elle marchait dans la direction du quartier résidentiel, ses pensées étaient uniquement concentrées sur son objectif.
Mais à présent qu’elle se retrouvait dans le grenier confortablement aménagé, une petite voix intérieure commençait à lui murmurer qu’elle avait mis le pied sur une pente glissante qui risquait de la mener définitivement à sa perte. Elle n’aurait pas dû se trouver dans cette pièce. Elle devait retourner auprès des siens tant qu’elle avait encore une chance de s’en sortir sans trop de dommages. C’était la meilleure chose à faire. C’était …

Elle fit un pas, puis deux. S’éloignant de la porte. Les chuchotis de sa raison n’étaient déjà plus qu’un lointain souvenir. Ce qui l’habitait était bien plus fort que les engagements qu’elle avait pris envers les autres et elle-même durant son existence. A quoi bon le combattre ? Elle était si fatiguée de lutter. Au moins pour ce soir, la Dresseuse voulait laisser le jeu entre les mains du hasard.

Tandis qu’elle déambulait dans la pièce, muette, elle défaisait la boutonnière de son manteau tout en embrassant les lieux du regard. L’endroit était propre et respirait une sobriété certaine, à l’image de son occupant. Néanmoins, elle ne pouvait s’empêcher d’être admirative face à la capacité de son Ami à habiter un espace aussi restreint, elle qui étouffait dans sa tente pourtant spacieuse et qui n’était pas limitée dans ses déplacements au sein du territoire.

Elle abandonna son par-dessus sur une chaise. Jusqu’ici, elle avait pris grand soin d’éviter de regarder son interlocuteur qui s’était contenté de lui présenter son dos. Les effluves du tabac parvinrent à ses narines aguerries et elle ne put s’empêcher de les respirer, fermant les paupières un bref instant. Quand elle les rouvrit, le jeune homme lui faisait à nouveau face, ses prunelles plus dures que jamais posées sur l’Oiselle.


_ Si quelqu’un vient à savoir que tu m’as vu ici…


Elle ne put s’empêcher de froncer les sourcils avant de passer une main dans sa chevelure trempée dont l’humidité s’évapora quasi instantanément, rendant à ses boucles leur volume ondoyant naturel.

Pensait-il qu’elle n’avait pas pris ses précautions ? Ou pire, qu’elle n’était que l’éclaireur en vue d’un débarquement de badauds en furie ?

En deux enjambées, elle fut devant lui, les talons de ses escarpins noirs claquant sur le sol. Elle leva lentement une main en direction de sa joue, comme si elle allait l’effleurer d’une caresse, mais ses doigts se refermèrent sur eux-mêmes. Au lieu de ça, elle passa un bras à côté de lui, effleurant sa peau nue en un léger frôlement tandis qu’elle récupérait une cigarette.


« Ca n’arrivera pas. » répliqua-t-elle après que le foyer ce soit embrasé, ses yeux plantés dans les siens. « Tu m’entends ? Jamais. »


Le ton de sa voix était empreint d’une détermination sans faille, loin de l’hésitation de son geste avorté. Elle ne permettrait ni ne tolérerait d’être l’auteur du moindre tourment qui irait à l’encontre du Fugitif.

Sur ces mots, ce fut au tour de la Foraine de se détourner pour aller s’assoir sur la chaise où reposait toujours son vêtement. Elle croisa ses longues jambes à demi-nues dont les formes aguicheuses étaient épousées par une jupe crayon sombre qui lui arrivait au-dessus des genoux. Le haut de sa silhouette, quant à elle, était couverte par une chemise à jabot d’un carmin éclatant. Les deux premiers boutons étaient détachés et lorsqu’elle rejeta son buste en arrière pour se laisser aller contre le dossier bas, son bras venant nonchalamment reposer sur celui-ci, le tissu s’écarta pour dévoiler quelques centimètres de son soutien-gorge en dentelles.


« Je comprends ta réticence, trésor. Mais ne t’ai-je pas prouvé ma loyauté à ton égard ? Et ce, à plusieurs reprises. J’espère qu’un jour tu réaliseras que je suis ton alliée et non une ennemie potentielle. »


Le procès, le Bal, même lors des dénonciations lorsqu’ils avaient tous été interrogés, à aucun moment elle n’avait failli à sa tâche. Loyale jusqu’au bout, elle avait même habilement esquivé le sujet lorsque Salomon avait tenté une amorce de discussion.

Il y avait quelque chose de dur en elle qui, quelques temps auparavant, n’aurait pas transparu avec autant de force. Les récents événements l’avaient forcé à se forger une carapace hostile. La guerre fratricide à laquelle elle avait dû participer, la mort d’Hypnos, la déchéance du Cirque, leur bataille pour exister à nouveau sur un terrain qui leur était totalement inconnu … Tout dans ses traits transpiraient la volonté de se battre pour récupérer ce qui lui était dû.

Pourtant, Esmé ne pouvait entièrement dissimuler la fragilité provoquée par ces mêmes bouleversements. Sa main tremblait légèrement alors qu’elle portait la cigarette fumante à ses lèvres, expirant des volutes délicates de fumée. Ses prunelles elles-mêmes la trahissaient, images d’un feu endormi dont les braises peinent à reprendre vie.


« Dis-moi plutôt comment tu te portes. La vie chez les Dolohov est-elle agréable ? » interrogea-t-elle, forçant un sourire avenant.


Elle avait sciemment ramené l’entretien sur un thème plus neutre. D’une part, elle se souciait réellement de son bien-être. D’autre part, elle avait bien conscience que pour la première fois depuis qu’ils se connaissaient, ils étaient seuls dans la même pièce fermée, résolument intime, où nul ne viendrait les interrompre. Ils étaient libres de leurs paroles et de leurs gestes. Et la proximité d’Isaac, torse nu et débraillé, vision en cela aussi inédite, n’aidait en rien au maintien de sa concentration, bien qu’elle fit ce qu’elle put pour ne rien en laisser paraître.

Mais une chose était sûre : s’il ne se décidait pas à s’habiller, elle risquait de ne pas pouvoir s’éterniser en banalités.

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Ce message a été posté Lun 18 Fév 2013 - 10:26

Lorsqu’Esmé s’approcha de lui et qu’elle leva sa main sur son visage avant de se raviser, Isaac n’avait pas bougé. Il s’était contenté de la regarder dans les yeux, sans qu’aucune expression ne trahisse son visage taciturne. Le mouvement de son bras pour tirer une cigarette de son paquet provoqua un contact, le premier depuis la bataille, animant en lui le feu d’un désir qu’il faisait tout pour garder éteint. Et ce parfum…

« Ca n’arrivera pas. Tu m’entends ? Jamais. »

Avait-il douté d’elle ? Ce qu’il redoutait avant tout était qu’on la soupçonne et qu’on lui fasse subir un interrogatoire en règle. Et les Mangemorts pouvaient être si convaincants… Il le savait, il était l’un d’eux et faisait parti de la portion la moins sensible de la branche, ceux pour qui les cris et les suppliques sont un ravissement. Sans parler du Veritaserum… Bref, tout pouvait arriver même si elle n’avait pas l’intention de parler.

Maintenant, elle s’éloignait de lui pour aller s’installer sur la chaise à quelques pas de là. Lui, demeura reposé contre la table derrière lui, la baguette posée sur le bois, ses doigts tenant toujours la cigarette qu’il avait allumée quelques minutes plus tôt… Il avait suivi chacune des foulées d’Esmé avec une attention telle qu’elle en était devenue minutieuse. Aucun centimètre carré de son corps n’échappa à son regard à la rapacité sans égal et lorsqu’elle prit place, cela n’arrangea en rien la situation.

« Je comprends ta réticence, trésor. Mais ne t’ai-je pas prouvé ma loyauté à ton égard ? Et ce, à plusieurs reprises. J’espère qu’un jour tu réaliseras que je suis ton alliée et non une ennemie potentielle. »

Elle dévoila la ligne délicieuse de ses jambes qui remontait pour marquer ses hanches et s’affiner à sa taille pour se gorger de volupté sous son corsage volontairement entrouvert. Emerson ferma un instant ses yeux en expirant l’âpre fumée blanche, voulant étrangler les images et les sons délétères qui grondaient en lui comme un monstre qui s’acharne derrière ses barreaux, ne demandant qu’à être libre. Déjà son rythme cardiaque s’intensifia et son pouls battait dans les entrelacs musculeux de son cou. Le doux nectar de la colère se déversa dans le creux de son ventre. Savait-elle où elle mettait les pieds ? Etait-elle simplement venue pour le provoquer ? Ignorait-elle à quel point sa solitude le pesait ? Les murs de son boudoir se refermaient inexorablement sur lui et il devait déployer tant d’énergie pour supporter cette captivité qu’il s’abandonnait à la folie dans les heures les plus sombres, n’ayant plus d’autre choix que de céder pour que le temps ne lui semble plus aussi long. Simulacre de ses tribulations à Azkaban.

Mais tout cela, c’était en plus sans compter sur cette appétence qui l’obligeait à prendre les femmes qu’elles consentent ou non et lorsqu’elles étaient de sang pur… c’était encore plus tentant. Mesmeria était une superbe sang-pur et si elle avait été vierge, à cet instant, il aurait certainement déjà entreprit de voler jusqu’à la dernière goutte de sa candeur, s’abandonnant à ses instincts les plus vils. Alors, qu’est-ce qui le retenait aujourd’hui encore ? Maintenant ?

« Dis-moi plutôt comment tu te portes. La vie chez les Dolohov est-elle agréable ? »

Elle avait beau le lancer sur un sujet insipide, lui n’avait plus qu’une chose en tête. Il réalisa qu’il avait gardé le silence un peu trop longtemps. Sa cigarette était déjà bien consumée et Swanny perplexe.

_ Il faut que tu t’en ailles maintenant.

Lâcha-t-il sans esquisser la moindre affection. Il se retourna pour écraser sa clope dans le cendrier à cet effet et se dirigea vers Esmé. Lorsqu’il fut à côté d’elle, il la saisit par le bras, la forçant à se relever et la tira sans ambages jusqu’à la sortie, ne lui laissant pas même le temps de prendre son manteau. Lorsqu’ils parvinrent à la porte, il saisit la poignée, la tourna et ouvrit. Il était pris d’une telle violence qu’elle aurait pu se demander à cet instant s’il n’allait tout simplement pas la jeter dans les escaliers. Mais voilà, dans cette furtive secondes ou il ouvrit la porte, il la referma aussitôt dans un claquement sonore. Dans le même élan, il plaqua la belle contre le mur en se jetant sur elle. Maintenant, ses deux mains étaient posées de part et d’autre de la demoiselle et son visage flirtait avec son cou, le front reposé contre la cloison. Un furieux combat semblait faire rage en lui alors qu’il demeura ainsi, silencieux et immobile contre elle, dont il avait assiégé le corps sous le sien.
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Ce message a été posté Lun 18 Fév 2013 - 12:26

Le silence. Le silence qui perdurait pour les draper de son voile moribond et glacé. La Belle avait-elle fait une terrible erreur en se présentant ici sans réflexion ? Peut-être n’avait-il, au final, aucune envie de se retrouver en sa compagnie. Ils étaient restés une semaine non loin l’un de l’autre, elle, ébranlée, sous le choc des récents événements, poupée de chair comme désartibulée après un mauvais transplanage et lui, parfois stoïque, souvent agacé par l’effervescence qui régnait à Poudlard. Alors oui, il était probable que cela lui ait suffi. Et comment l’en blâmer ?

Elle n’avait pas la moindre idée de l’affrontement qui faisait rage dans l’esprit de l’Assassin. Elle-même soucieuse de ne pas se trahir, elle remarqua à peine les muscles noués de son cou, la petite veine qui battait sous sa peau, persuadée qu’il ne s’agissait là que d’une hargne pure et simple de se savoir découvert.

Le sourire qu’elle arborait après avoir l’avoir gentiment interrogé s’évanouit peu à peu face au mutisme obstiné de son Interlocuteur. Lors de leurs retrouvailles au Bal, il lui avait ordonné de ne plus jamais s’enquérir de certains pans de son existence qu’il n’avait aucune envie de partager avec la Foraine. Cela incluait-il également des questions aussi triviales que sa résidence chez Sevastian ?

Les dernières cendres de la cibiche moururent dans le cendrier à proximité tandis qu’elle écrasait son mégot, ses sourcils levés en une expression à la fois soucieuse et perplexe.


« Isaac ? » l’interpela-t-elle dans un murmure alors qu’elle se redressait, son bras quittant le dossier.


L’ignorait-il sciemment ? Avait-elle était trop loin, encore une fois ? Que devait-elle faire pour le ramener à elle ? Considérablement déstabilisée, elle n’eut heureusement plus à attendre longtemps la réaction du Fugitif.


_ Il faut que tu t’en ailles maintenant.


Avant qu’elle ait pu répliquer quoi que ce fut, il s’était ranimé, avait englouti la distance qui les séparait et l’avait saisi par le bras. La poigne douloureuse l’obligea à se remettre sur ses jambes. Déjà, il l’entrainait vivement vers la sortie, tirant sur le battant pour lui donner congé sans davantage de civilités. Et finalement se raviser instantanément. Le regard de la jeune femme passa de la porte à lui, de plus en plus perdu.

Mais encore une fois, tout ceci ne dura que quelques secondes, le temps que son dos frappe le mur et que la silhouette massive de son assaillant ne l’emprisonne. Pourtant, il ne la touchait pas. Les mains simplement plaquées contre le mur alors qu’elle discernait son souffle court sur le flanc de sa nuque.

Sa propre respiration était hachée. Non pas par la peur, ainsi qu’elle aurait dû la ressentir. Car après tout, c’était bien un Meurtrier qui la dominait de sa stature. Celui-là même qui aurait pu la broyer d’un simple geste s’il le désirait, voire lui faire subir les pires tourments. Elle n’ignorait en rien ce qu’il était.

Sauf qu’en cet instant, cela n’avait aucune importance. Toute émotion rationnelle était occultée par une seule et même envie : celle de son corps contre le sien. A n’importe quel prix.

Enfin, l’Oiselle venait de comprendre que c’était ce même désir animal qu’il tentait de contrôler et non pas la volonté de ne plus jamais avoir affaire à elle. Elle avait mal interprété son comportement, obnubilée par ce qu’elle-même repoussait depuis son arrivée, soucieuse de ne pas briser la fragilité de leur relation naissante.

Mais n’avait-elle pas décidé de laisser le destin prendre la décision pour elle ? Une de ses mains quitta son flanc où elle reposait, passive pour venir, doucement, agripper une des épaules d’Isaac. L’autre fit de même, cette fois pour effleurer l’arrière de sa tête penchée.


« Cesse de lutter …. »


Un ordre ? Une supplique ? Les lèvres du Cygne Noir effleurèrent le lobe de son oreille, prononçant cette ultime phrase dans un murmure rauque, avant d’y poser un long baiser, à la fois tendre et pressant.

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Ce message a été posté Lun 18 Fév 2013 - 20:51

« Cesse de lutter …. »

Sa vie était une lutte depuis trop longtemps déjà mais jamais il ne s’en était plaint. Contre les autres, contre lui-même… qu’importe l’ennemi. Il en avait besoin pour vivre, mieux encore, pour survivre.
Ses mains se crispèrent contre le mur sans qu’il ne bouge davantage. Il sentit les mains douces d’Esmé se poser sur sa peau, un contact trahissant une tendresse à laquelle il n’était pas habitué, du moins, plus maintenant. Se laisser aller c’était prendre le risque de perdre le contrôle et de transformer un acte de volupté en un carnage morbide. Cela s’était déjà produit, cela se reproduirait.

Une main se détacha doucement le long de la cloison, tombant alors sur le flanc de la jeune femme, descendant doucement jusqu’à sa taille, puis jusqu’à sa hanche pour descendre encore sur sa jupe. Bientôt rejoint par son autre main, il glissa ses doigts sous le repli du tissu noir et le remonta progressivement, tantôt à droite, tantôt à gauche, révélant la chair douce et lisse des interminables jambes de la belle. Lorsque la jupe fut assez haute, c’est-à-dire jusqu’au galbe délicieux de sa croupe, il passa ses mains sous ses fesses pour la soulever, l’exhortant à nouer ses jambes autours de sa taille. Là, il pressa son corps contre le sien, la serrant si fermement contre le mur que même si ses mains ne la tenaient pas, elle ne parviendrait pas à tomber. Ses lèvres effleurèrent celles de la demoiselle avant de les happer dans un baiser si passionné qu’il en paraissait brûlant. Il délaissa sa bouche aux lippes sirupeuses pour fondre sur le cou du cygne, le parsemant de baisers gourmands, revenant frénétiquement à sa langue chaude et aux caresses qu’elle offrait.

Ses doigts se crispèrent sur ses cuisses et il décida de se désolidariser de la paroi peinte pour emmener avec lui sa compagne. Il la coucha sur le lit sans ménagement, la faisant rebondir sur le matelas, sans la lâcher du regard. Il s’agenouilla face à la belle, remontant le long du lit, l’obligeant elle à se reculer, jusqu’à ce qu’il passa ses bras sous ses cuisses puis sous ses fesses d’où il la souleva à bout de bras pour l’amener contre lui. Ainsi reposée entre ses genoux écartés, il garda ses mains sous elle, le bout de ses doigts remontant jusque sur ses reins. Il posséda de nouveau ses lèvres tout en le serrant contre lui d’une façon particulièrement lascive.

_ J’espère que tu as plusieurs heures devant toi car tu ne sortiras pas avant un moment.

Entraînant ses baisers du bas de son oreille à son épaule.
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Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Mar 19 Fév 2013 - 20:47

L’exhorter de s’abandonner à elle, c’était tenter le Malin, intimer aux démons de se déchaîner quitte à en pâtir lourdement. Seulement, dès l’instant où il l’avait soulevé du sol pour plaquer son corps contre le sien, le Cygne Noir l’avait décidé : ce soir, elle vendait son âme au Diable.

Leur premier véritable baiser fit naître en elle un frisson d’une rare intensité. Des pieds à la racine des cheveux, chaque parcelle de son être répondit à l’appel de ce moment qu’elle avait désiré avec tant d’ardeur dès l’âge de ses premiers émois. Ses jambes enroulées autour des hanches du jeune homme, elle l’enserrait à s’en broyer la chair, ses mains palpant les joues rugueuses avec volupté. A chaque caresse de ses lippes, à chaque rencontre de leurs langues, elle étouffait un gémissement, les yeux clos, à peine consciente qu’elle se perdait à chaque seconde un peu plus dans le dédale de son esprit arraché à la réalité.

Enfin, elle sentit davantage qu’elle ne vit Isaac les éloigner de la cloison, obstinément accrochée à ses lèvres jusqu’à ce qu’il se sépare d’elle pour la lâcher sur le lit sur lequel elle rebondit. Elle se redressa aussitôt sur son séant, incapable de détacher ses émeraudes du regard ardent de son compagnon. Elle se défit de sa jupe d’un geste leste et, à mesure qu’il la rejoignait, l’acculant vers l’autre extrémité de la couche, elle tirait sur l’un des pans de son chemisier, faisant sauter les fermetures sans se préoccuper de l’état la soie déchirée.

La lèvre supérieure légèrement retroussée en un sourire en coin, les prunelles embrasées de désir, elle se sentait comme la proie d’un dangereux prédateur, inapte à déterminer lequel des deux était le plus affamé.

C’était de loin la sensation la plus excitante qu’elle ait ressenti depuis plusieurs semaines, voire au-delà, et pour rien au monde elle n’aurait tenté de s’en défaire.

A nouveau, il la ramena contre elle et elle se cambra instinctivement lorsque les doigts de l’Assassin rencontrèrent sa peau nue.


_ J’espère que tu as plusieurs heures devant toi car tu ne sortiras pas avant un moment.


Pour toute réponse, il n’obtint qu’un rire qui fit tressaillir la gorge qu’il embrassait et qui semblait lui signifier qu’en l’état des choses, la Belle n’avait pas l’intention d’aller où que ce fut, quand bien même la terre s’ouvrirait sous leurs pieds.

Elle le laissa la parcourir de ses lippes quelques instants encore, avant de poser une main sur chacune de ses épaules. Sa force physique était étonnante pour une jeune femme aux allures si frêles et pourtant, elle le fit basculer en arrière de manière à ce qu’il se retrouve allongé sous elle. Elle l’accompagna dans son mouvement, l’enveloppant de ses cuisses afin de prendre à son tour possession de son cou de sa bouche délicate.

Elle commença alors une langoureuse descente vers son torse, en appréciant toute la saillante musculature. Les cheveux et la dentelle de ses sous-vêtements vinrent effleurer sa peau alors que ses doigts graciles décrivaient un ballet de courbes délicieuses sur cette dernière pour accompagner ses baisers fiévreux. Nulle griffure, pas les moindres prémices d’une morsure ainsi qu’on aurait pu s’y attendre d’une telle tigresse. Elle se contentait d’élaborer un long parcours de ses lèvres, comme si elle voulait apposer une marque invisible en lui, découvrir les moindres recoins de ce corps offert.

Arrivée à la naissance de son pelvis, elle se redressa et passa sa jambe d’un côté pour s’assoir près de lui. Elle entreprit de l’aider à se défaire de son pantalon et une fois qu’il fut séparé de ce dernier, paume tournée vers le ciel, son index esquissa une boucle pour faire signe au jeune homme de venir à elle, un sourire malicieux illuminant ses traits de poupée.

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Isaac Emerson
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Ce message a été posté Mar 19 Fév 2013 - 23:50

Une rivière d’obsidienne se répandit sur son visage, son cou, son torse, entamant une danse qui lui arracha un frisson que les baisers de la délicieuse muse parsemaient sur sa peau, bordant son cou pour longer les muscles bandés de son torse jusqu’à son ventre. Après avoir pris soin d’ôter son pantalon, la donzelle lui commanda implicitement de se redresser pour venir à elle en roulant de l’index. Lui n’esquissa pas un sourire tandis qu’il se hissait près d’elle. Une fois à quelques centimètres, Isaac attrapa sa gorge de sa main droite et la tira un peu plus vers lui, enserrée dans un carcan à l’inextricable emprise. Il demeura ainsi un instant tandis qu’un rictus énigmatique étira ses lèvres. Son autre main remonta le long de son corps sculptural, son index se glissant dans le creux de sa poitrine, sous la lanière de son corsage et quelques secondes après, tira brusquement, déchirant le tissu qui libéra les avant-cœurs plantureux de la créature.
A genoux face à elle, il se redressa la dominant de toute sa hauteur. De la main qui tenait sa gorge, son pouce caressa le bord régulier de son visage, dans une inquiétante contemplation. Il lui offrit quelques baisers mesurés, et se délecta du contact de ses lèvres sur celles, renflées et douces, de Mesmeria. Son autre main se posa sur sa hanche, le bout de ses doigts effleurant son derme délicat tout en descendant jusqu’à la dentelle de sa lingerie fine avec laquelle son index joua quelques instants, passant vers son aine pour remonter en suivant l’étoffe, virant derrière jusqu’à sa croupe qu’il sillonna avec douceur, la pulpe de ses doigts dévalant ses rondeurs pour rejoindre la chaleur de son intimité. Sans relâcher l’étreinte de son cou, voire, bien au contraire, en l’accentuant, il attira la belle un peu plus contre lui, caressant ses lèvres tandis que, le bras enroulé autour de son corps, le fugitif caressait la chair brûlante de sa compagne.

Enfin, il libéra son cou de son étreinte. Joignant ses deux mains, il passant ses doigts sur le corps de la jeune femme jusqu’à ce qu’il parvienne au seul vêtement qu’il lui restait encore. D’un geste unique, il écartera le tissu, celui-ci cédant sans la moindre résistance, ses lambeaux retombant mollement le long des jambes de la demoiselle. Lorsqu’elle posa instinctivement une main devant sa féminité, il se para d’une œillade prédatrice et carnassière. Il s’était privé d’elle pendant si longtemps, maintenant qu’elle était là devant lui, parfaite incarnation de Vénus, quelques pans de sa peau pâle dissimulés derrière le fleuve soyeux de ses boucles noires, il se pensa fou de ne pas l’avoir possédé plus tôt. Elle avait beau être forte et tenace, il adorait la sentir fragile et vulnérable ; un mur de cristal qu’il se ferait un plaisir de briser… ou peut-être de protéger.

L’Ombre posa ses mains sous les cuisses de la belle, les tira jusqu’à ce que ses genoux passent derrière ses flancs pour se pencher en avant. Il reposa l’un de ses coudes à côté de la tête brune de la foraine, l’autre tenant sa cuisse contre lui. Ses baisers fondirent dans son cou gracile tandis qu’il s’insinuait en elle et bien qu’il ne fût pas violent, cet acte ne se définissait pas par sa douceur car à aucun moment elle n’aurait pu se libérer de son ascendant.
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Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Mer 20 Fév 2013 - 20:09

Le délicat moment de la franche provocation avait débuté. Si son cou s’était animé sous les doigts du Fugitif, ce fut moins pour lui échapper que pour lui offrir cette gorge qu’il serrait avec vigueur, obstruant son souffle déjà haché par l’attente. Son léger sourire s’était étendu au reste de sa bouche, l’extrémité de sa lèvre inférieure pincée entre ses incisives immaculées. Elle avait oublié de le craindre, tant est si bien qu’elle posa sa main sur la sienne, lui réclamant davantage de pression alors que la première barrière de dentelle cédait.

Ses doigts parcourant sa chair, c’était ce que le Cygne Noir avait désiré le plus ardemment durant toutes ses longues années. De cet homme, elle n’avait cru pouvoir espérer davantage qu’un regard dérobé et appréciateur durant une représentation ou un baiser furtif pendant une sanglante bataille. Peut-être était-ce pour cette raison qu’elle fut pris d’un soudain et incompréhensible accès de pudeur lorsqu’elle se présenta à lui dans toute sa plus parfaite nudité. Le fantasme n’était définitivement plus. Dangereuse entreprise que celle qu’elle avait encouragée afin d’inscrire ses illusions dans une réalité à laquelle elle se refusait si souvent l’accès. Face au loup qu’elle avait éveillé, aucun repli possible.

Mais elle avait reconnu ce regard. Cette œillade qui horrifiaient certains, ses proches en premier lieu, dès qu’ils réalisaient que Swanny avait trouvé la Créature parfaite, le Bébé de ses rêves, celui qui retiendrait toute son attention pendant les semaines, voire les mois à venir. La même étincelle pernicieuse et carnassière qui signifiait que ce nouveau jouet lui appartenait déjà. Elle sut qu’elle revêtait pour lui une importance particulière. Le Meurtrier et la Dresseuse n’avaient jamais paru si semblables, ainsi liés par leur démence.

La résistance n’était donc plus de rigueur quand il entama le premier assaut d’une fiévreuse étreinte. Le cri qu’elle ne put contenir sembla résonner dans tout son corps, pressé d’accueillir les prémices d’un acte où deux âmes allaient fusionner pour ne plus former qu’une seule et même sauvage entité.

Comment imaginer que cela puisse cesser ? Comment ne pas en réclamer davantage, encore et toujours plus, jusqu’à ce que toute vie la quitte ? A quelle divinité devait-elle adresser ses prières pècheresses pour qu’on ne la défasse jamais de lui ?

Et tandis que les heures s’égrenaient, se dessinait l’ombre de leurs silhouettes mouvantes enlacées, bouches entremêlées, perles de sueur dégringolant sur leur derme fébrile, caresses extatiques se muant parfois en lacérations incontrôlées.

L’aube finit par pointer timidement les courbes de ses rayons opalins alors que les deux amants reposaient entre les draps défaits, repus et silencieux. Allongée contre le jeune homme, la tête sur son torse et les paupières closes, le Cygne Noir écoutait les battements réguliers de son coeur, l’esprit enfin libéré de ses contraintes sans pour autant avoir sombré dans le sommeil qui le guettait.

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Isaac Emerson
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Ce message a été posté Jeu 21 Fév 2013 - 11:48

Les heures se dispersèrent sous les assauts mêlés de langueur et de frénésie, laissant les deux corps rompus. Le sommeil l’avait surpris un court instant avant qu’il ne se réveille en sursaut, les rêves assaillis de délires dantesques. Le cœur battant à tout rompre, il se rendit compte qu’Esmé reposait sur son torse dénudé et glabre. L’assassin se demanda si elle dormait à cet instant, si elle avait perçu son trouble ou même déchiffré les vertiges déchirants de son intellect rongé. Il leva une main pour affleurer la rivière d’onyx qui roulait sur sa peau rude et tourna l’index autours d’une mèche soyeuse, la mirant l’air absent. Quelques brèves secondes et finalement, Isaac glissa ses mains sous le corps somnolent de Mesmeria, la faisant basculer avec le sien jusqu’à ce que celui-ci se tienne au-dessus et contre les galbes parfait de sa silhouette, s’enfonçant entre ses cuisses, la possédant une nouvelle fois sans qu’aucun mot ne déchire le silence. Malgré la nuit agitée, il n’avait pas perdu de sa vigueur, semblant se régénérer après quelques minutes seulement de repos, refusant de laisser à la foraine le moindre répit. Ses mains ne délaissèrent pas un centimètre carré de peau, celle qu’il caressa comme pour y déposer une marque imputrescible, l’allégorie de son empire inscrit dans la chair de l’oiselle.

Lorsque le flot tempétueux des draps retrouva le calme d’un océan placide, Esmé lui tournait le dos, allongée sur le côté, sa main sous sa joue, offrant au duelliste une vue superbe sur la ligne rebondie de ses formes plantureuses. Sans cesse il voulait toucher cette pâleur céleste, s’en repaître en l’embrassant, la léchant, la mordant, la déchirant. A peine l’avait-il délaissé qu’une quasi irrépressible envie de la prendre le possédait et plus le temps passait, plus son esprit brûlait d’un désir macabre de l’absorber, de la détruire. Parfois, il imaginait d’autres mains faire les mêmes gestes que les siennes et une fureur mortelle s’étendait dans ses entrailles comme l’acide d’un venin.

Un genou plié, Emerson la regarda encore un instant avant de tendre sa main vers une cigarette et son briquet. Une fois l’embout embrasé, il se dégagea des draps pour déambuler dans la chambre, nu, jusqu’au soupirail qui portait sur l’aube naissante. Il inspira profondément avant de relâcher les volutes enfumées. De là, il voyait le lac et ses reflets sombres se napper d’or au contact feutré du soleil d’hiver et les branches gorgées de neiges demeurer inertes, comme endormies, seulement secouées de vie par les petites créatures qui s’y posaient. Grâce à un sort d’obscurité, personne ne pouvait le voir, quand bien même on se collerait à la vitre, on ne percevrait que l’opacité d’une nuit persistante.
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Ce message a été posté Jeu 21 Fév 2013 - 19:39

La léthargie l’envahissait peu à peu quand Isaac l’en arracha pour repartir à l’assaut de son corps, toujours aussi avide et robuste malgré les longues heures de volupté qu’ils venaient déjà de partager. Swanny elle-même n’eut aucun mal à se laisser emporter, quand bien même ses lèvres lui brûlaient, qu’importait son derme scarifié, elle était prête à se donner à lui et à se laisser posséder autant qu’il le désirait.

Quelques temps plus tard, leurs silhouettes retombèrent définitivement sur le lit, ce fut au tour de Morphée de l’accueillir entre ses bras. Aucun songe ne put s’inscrire dans sa conscience, le sommeil à la limite du coma dans lequel elle s’enfonça ne lui en laissant aucune possibilité.

Quand ses paupières se rouvrirent enfin, la jeune femme se demanda pourquoi elle avait si froid. Puis, où est-ce qu’elle se trouvait. Et enfin, d’où lui venaient toutes les courbatures qui parsemaient ses muscles pourtant entrainés.

Son hébétude ne dura qu’une poignée de secondes, le temps qu’elle s’éveille tout à fait et que les souvenirs de la nuit qu’ils venaient de partager ne la remplacent. Le Cygne Noir sourit doucement avant de rouler sur elle-même pour s’étirer tel un félin. Elle se redressa sur ses coudes, balayant la pièce du regard à la recherche de son Amant. Il était là, près de la petite fenêtre, fumant en silence et lui tournant le dos. Elle repoussa une mèche corbeau pour l’observer, assaillie par un flot d’émotions dont une seule qu’elle fut capable d’identifier.

Esmé avait été une enfant gâtée et était devenue une jeune femme capricieuse. Si dans son travail elle se montrait consciencieuse et obstinée, concernant les hommes, elle était particulièrement versatile. La lassitude la gagnait la plupart du temps avant même que la liaison soit consommée et se détourner de celui qui avait été l’objet de son affection une minute auparavant ne lui posait aucun problème. Aussi fut-elle étonnée de constater l’attrait que les courbes puissantes d’Isaac exerçait encore sur elle, à nouveau envahie par la soif de les sentir glisser sous ses doigts graciles. Pire, cette révélation ne la dérangea pas.

Abandonnant ses réflexions, elle se leva pour aller rejoindre le Fugitif. Arrivée derrière lui, elle passa ses bras autour de son torse, posant sa joue contre son dos musculeux. Il lui offrait le profil de son faciès au regard impénétrable, la cibiche se consumant entre ses doigts. Fidèle à lui-même. La Belle déposa quelques longs baisers sur sa peau striée par les marques de leurs ébats avant de se détacher de lui, toujours silencieuse.

Elle récupéra sa baguette magique et son étrange poudrier en forme de cygne dans la poche intérieure de son manteau et, à l’aide d’un sort, entreprit de réunir l’ensemble de ses vêtements déchirés. Bientôt, les bouts de tissu reprirent leur aspect initial et elle retourna vers le lit pour se rhabiller sans hâte.

Une fois son dernier escarpin enfilé, assise au bord de la couche, elle admira le reflet de ses lèvres rougies, passant un index sous ses yeux pour effacer quelques traces malheureuses de khôl.


« Je ne reviendrai pas, si tu ne veux pas. »


Sa voix légèrement enrouée, au ton résolument neutre, brisa la quiétude. L’objet qu’elle tenait en main rayonnait d’un faible halo vermeil, signe que Salomon la réclamait et donc, qu’elle ne pouvait s’éterniser davantage.

Cependant, avant de laisser la porte se refermer sur cette nuit hors du temps, elle avait besoin de savoir à quoi s’en tenir.

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Ce message a été posté Mar 26 Fév 2013 - 21:21

Le contact de la peau satinée d’Esmé suscita une onde de douceur qui traversa son échine, se répandant jusque sur son torse. Depuis combien de temps ne s’était-il pas réveillé dans les bras d’une femme, sous ses baisers veloutés… De façon générale, celles avec qui il partageait l’aube de sa couche étaient soit mortes, soit pétrifiée de terreur et détruites à l’intérieur, jamais amoureuses. Mais après tout, ce n’était pas ce qui l’intéressait le plus chez elles. Mesmeria lui apportait ce qui malgré lui, lui faisait le plus défaut : l’humanité. Joleysa avait longtemps participé à combler ses lacunes en la matière mais que pouvait une larme de bonté dans un océan de désaffection et de sauvagerie… A part s’y perdre, dévorée ou consumée par la masse fielleuse qui l’enserrait.

Isaac jeta un dernier coup d’œil au décor qui cueillait l’aurore, tira une dernière inspiration de sa cigarette et se retourna pour aller écraser le mégot dans le cendrier qui trônait sur la table. Finalement, il tira un tiroir d’une commode pour en sortir un pantalon et un t-shirt qu’il enfila sans attendre davantage. La jeune femme, elle, avait rapiécé les pans déchirés de ses vêtements pour les enfiler un a un. Une fois son maquillage et sa coiffure réarrangée, elle semblait à nouveau vierge de tout contact avec le fugitif… ou presque. Quelque chose avait changé. Il s’installa, nonchalant, sur la chaise, croisant sa cheville sur son genou. Était-ce la façon dont il la percevait ?

« Je ne reviendrai pas, si tu ne veux pas. »

Qu’elle ne revienne pas… Qu’elle revienne… Il fixait la demoiselle sans articuler un seul mot, semblant ne pas avoir entendu ce qu’elle venait de dire. Deviner ses pensées relevait de l’impossible tant son visage s’était fermé. Au bout d’un instant, la belle se leva, le fouet de son maître battant à ses trousses. Du moins, c’est ce qu’Isaac avait conclu en voyait le petit objet s’allumer. Salomon n’était jamais loin. Il alluma une seconde cigarette qu’il ne posa même pas à ses lèvres.

_ Quand j’aurai besoin de te voir, tu le sauras.

La jeune femme émis un léger sourire qui finissait d’illuminer son minois pâle. Emerson, lui, ne toucha pas à cette cigarette que la cendre continuait de dévorer avec la même lenteur que celle des aiguilles d’une montre. Egoïsme quand tu nous tiens… Si une voix sonnait à la porte de la conscience des êtres humains, elle avait épargné celle d’Isaac et ce depuis longtemps. N’aurait-il pas dû mettre un terme définitif à leurs rencontres improvisées ? L’inviter à venir le revoir n’était pas un signe de sagesse, loin de là, car elle risquerait sa vie et lui sa liberté. Il n’était pas connu pour sa bonté d’âme et sa profonde générosité, mais plutôt pour son manque d’empathie et son profond mépris pour la vie. Du moins, tout le monde aimait le peindre ainsi et ce tableau manquait terriblement de relief.

Il se leva pour rejoindre la porte où se dirigeait maintenant Mesmeria, tourna la poignée pour poser son poignet sur le sommet de la porte ouverte, le visage toujours cloîtré derrière cette indescriptible froideur. L’oiselle lui murmura un « prends soin de toi » avant de faire un pas sur le palier quand de sa main libre il attrapa le bas de son visage entre ses doigts pour la tirer contre lui et poser un baiser sur ses lippes rougies. Peut-être la pression fut-elle plus douloureuse qu’agréable et lorsqu’elle prit fin, ce fut pour refermer la porte derrière la belle, la silhouette d’Isaac disparaissant avec la timide lumière rase qui provenait de l’aube.
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