Emmenez-moi au bout de la Terre



 



Emmenez-moi au bout de la Terre
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Ailleurs
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Loïs Lang
Messages : 1695 Crédits : Aoden
Age du personnage : 38 ans
Ascendance : Sang-de-bourbe
Emploi/Etude : Chef de la Tour des Médias
Faction : Ordre du Phénix
Maison : Gryffondor


Rapeltout
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Ce message a été posté Jeu 14 Fév 2013 - 0:26

Un dernier parchemin qu'elle signe du bout de sa plume fatiguée. Enfin, la plume était neuve, techniquement, n'était-ce pas plutôt elle qui était fatiguée ? Fatiguée de ne rien faire. Ou plutôt, fatiguée à force de tâches qui n'avaient plus rien à voir avec ce qu'elle voulait faire. Enquêter, écrire. Sentir la vérité naître sous sa plume, trier ce qu'elle pouvait montrer ou non. Ce qui était réservé aux journaux clandestins et ce qu'elle montrait aux Mangemorts. Aller chercher les informations à leur source. Pas toujours très légalement, mais eh, le métier qui veut ça. Elle voulait ressentir. Vivre.
Pas cette vie-là. Pas celle passée derrière un bureau. Une pièce trop grande pour elle. Trop haute. Sous le feu des projecteurs, à assister à des évènements mondains. A sourire. Et à signer de la paperasse. Trier le vrai du faux, toujours, en ne gardant que certaines parties du vrai. Tenter de régler les mille problèmes qui se présentaient à elle. Enchaîner les réunions avec les chefs des différends services pour garder toujours la ligne du ministère. Elle n'était pas à ce poste depuis très longtemps mais elle s'efforçait de tout donner. Tenir d'une main de fer les médias pour que le Ministère puisse être fier d'elle. Pour que la Ministre puisse être fière d'elle. Alors tenir. Jouer le jeu. Le dos droit, la tête haute. Implacable et toujours présente. Et à signer ces parchemins qui n'en finissaient plus !

Un regard à la montre magique qui orne son poignet. Un objet fin, sans prétention, qui lui indique en cet instant qu'il lui reste encore quelques minutes avant son prochain rendez-vous. Le seul cadeau qu'elle s'est permise depuis sa toute nouvelle nomination. Elle n'est pas sorti pour dépenser frénétiquement une paye qui, si elle n'est pas mirobolante, est largement supérieur à ce qu'elle touchait avant et avec laquelle elle avait apprit à vivoter. Elle a juste acheter cette montre. Et, en plus d'être un achat agréable, c'est un achat qui se révèle fort utile. Et qui lui permet de prendre le temps de faire chauffer un peu d'eau pour un thé. Une bouilloire qu'elle a ramené, qu'elle connaît, et qu'elle ne risque normalement pas de faire exploser au moindre geste. Normalement. Toujours est-il que cela empêche bien des désagréments à Claire, qui n'est plus obligée de courir partout chercher une tasse de thé quand l'envie lui en prend. Pour le café, c'est autre chose, par contre, mais fort heureusement, Loïs se contente bien souvent de ce qu'elle a sous la main. Là aussi, des années d'expérience...

Un nouveau regard. Les minutes s'écoulent, et s'il n'est pas en retard, son prochain rendez-vous devrait être bientôt là. Parfait. Elle l'attend. De pied ferme. Hors de question de se faire de nouveau surprendre comme la première fois. Elle se doute bien qu'il ne passera ni par sa secrétaire, ni par son assistante. Elle l'a déjà convoqué quelques fois depuis leur première entrevue, et il n'a jamais dérogé à cette règle. Elle s'y fait. Elle s'amuse. Un moment de récréation. Un moment pour revivre un peu ce qu'elle pouvait vivre avant.

Parce qu'au fond, Aoden n'est pas très différent d'elle dans les méthodes qu'il utilise. Alors elle l'interroge. Sous couvert de vérifier ses actes, puisqu'il lui a dit vouloir faire ses preuves. Elle tente juste de savoir, bien sûr. Vérifier qu'il ne fait rien de trop illégal et surtout, rien qui ne puisse compromettre l'Ordre. Bien sûr.

Ou bien elle vit par procuration. Mais ça, elle s'en cache bien. Tente encore un peu de se le cacher aussi, même si c'est plus dur. Elle donne pourtant toujours l'apparence de la chef, celle qui veut tout contrôler. Même si un sourire lui échappe un peu trop souvent quand elle parvient à lui tirer un récit ou deux. Lois secoue la tête. Il n'est sans doute pas dupe, où s'il l'est encore, cela ne risque pas de durer très longtemps. .... Et ? Un nouveau regard, alors que l'aiguille n'a presque pas bougée.

Elle n'a plus qu'à espérer qu'il ne sera pas en retard.

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Ce message a été posté Jeu 14 Fév 2013 - 12:55

La vie est faite de contraintes, c’est ainsi.
Je ne ferais pas le pessimiste en me souvenant qu’il y en a bien moins depuis que les choses ont bougées au ministère et c’est un véritable soulagement. Ne plus constamment cacher ses idées, ne plus se sentir en dehors du circuit, terroriste, mais pouvoir apprécier son pays. Se sentir chez soit, libre, enfin.
Il reste néanmoins des contraintes. Je veux bien admettre que la victoire nous apporte essentiellement du bon, mais pas que. Depuis ce bouleversement le chef de la tour des médias n’est plus le même : ce qui est logique on ne laisse pas la faction adverse contrôler le pouvoir de la presse.
Loïs Lang, qu’elle s’appelle. Je la connaissais, sans plus. Aujourd’hui je ne peux pas vraiment affirmer mieux la connaitre, disons simplement que je la croise plus souvent. Que nous parlons plus qu’avant. Que notre relation a doucement évoluée.
La méfiance persiste chez elle tant la curiosité chez moi. C’est amusant. Divertissant. Tout ce dont j’avais besoin pour palier à ce manque d’excitation, cette prise de risque que je vivais constamment il y a quelques semaines à peine ;
Oh et je plaisantais, sa promotion à la tête de la tour n’est pas un détail négatif. Je crois.

Une fois encore elle veut me voir. M’avoir à l’œil dans tous les sens du terme. Me surveiller, ainsi que mon travail, s’assurer que je suis toujours du bon côté, continuer de vérifier mes preuves…et me mater, non ?
Je lève les yeux au ciel pour moi-même face à cette stupide et égocentrique pensée, attends un instant que la secrétaire daigne bouger son postérieur pour aller chercher le courrier, et je m’avance vers le bureau de Loïs. C’est sans grandement réfléchir que j’arme mon bras, prêt à ouvrir la porte sans frapper, mon article en main ;
Pourquoi alors me suis-je arrêté ? Aucune idée. Je hausse les épaules – je fais beaucoup de mimiques pour moi-même, ça vous embête ? – puis je frappe. Trois petits coups. Sourire aux lèvres comme si j’étais un gamin en pleine élaboration d’un jeu foireux. D’un plan douteux.
Ceci dit je ne perds pas de temps supplémentaire et j’ouvre la porte avant même d’avoir entendu une réponse, une autorisation.

« Vous vous attendiez si peu à ce que je frappe que vous n’avez pas su dire ‘entrez’ ? »

Fourbe. Mais pas méchant, elle le sait très bien la jolie Chef en chef.
Après cette remarque gratuite, petite, je m’avance vers elle en lui tendant les deux pages qui me valent cette convocation de plus. J’ai bien travaillé, cette fois encore. Je pensais manquer de sujets, perdre la passion, ralentir la progression depuis que les mangemorts ont été calmés mais je suis ravi de constater que non : je parviens toujours à trouver des idées pertinentes et à les exploiter avec talent ;
Bon n’exagérons rien. J’aime manier les mots et les tournures de phrase tel un escrimeur effectue ses parades, ses ripostes. La forme de mes récits leur donne ce quelque chose d’alléchant. Un brin provocateur, attirant juste assez pour captiver l’attention, poignant pour marquer les esprits, divertissant enfin, mais ça c’est pour moi. Pour que quelques lecteurs retiennent mon nom et reviennent plus facilement à mes articles.

« Ça concerne ce fameux restaurant et son propriétaire, déclaré traitre. Il couvait quelques rendez-vous pros Ombre d’après les rumeurs…je me suis permis de rappeler – judicieusement – qu’à l’époque, ces extrémistes étaient au pouvoir et que ce propriétaire obéissait donc purement et simplement aux règles du moment. Ça me paraissait indispensable de souligner que c’est la peur et la soumission qui l’ont poussé à agir ainsi…il est dénoncé dans la moitié de la presse. »

Je ne sais pas écrire sans glisser entre les lignes un avis personnel. Mais il n’y aurait pas de journalistes si ce métier ne permettait pas une liberté d’opinion.
Laissant les deux feuilles tomber sur le bureau de la belle, je croise les mains dans le dos, haussant le menton. Attentif, souriant – je n’oublierais jamais de lui offrir ce rictus – j’attends sagement.





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Loïs Lang
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Ce message a été posté Dim 17 Fév 2013 - 14:21

Teagan et son sourire. Teagan qui pour une fois frappe à la porte et, même s'il entre sans attendre l'autorisation, a réussit à atteindre son but : la déstabiliser. A croire qu'à chacune de leur rencontre il inventera quelque chose de nouveau à cette intention. Ça lui donne envie de sourire. Irrésistiblement. Ou presque. Parce que le visage qui accueille Aoden est, une fois les premiers instants de surprise passés, ne montre plus qu'un agacement profond de ces enfantillages. En dissimulant le pétillement de son regard en le posant sur l'article qu'il tient en main. "J'avais en effet perdu tout espoir de vous voir faire montre d'un minimum de politesse. Il semblerait que vous commenciez à vous améliorer ?" Le ton se veut sec et rappelle étrangement leur première conversation, et Loïs a presque envie d'en rire, l'esprit léger. Juste parce qu'elle pourrait. Et elle sait que son regard brillant d'humour ne trompera pas Aoden très longtemps, aussi se retourne-t-elle vers sa fameuse bouilloire qui commence déjà à siffler. "Du thé ? Je vous promets qu'il n'explosera pas, cette fois." Le sourire est de plus en plus difficile à retenir. Il faut dire que la tasse qui imite un champignon atomique au moment d'être servie n'est pas quelque chose que l'on oublie de si tôt.

Cette fois-ci, cependant, aucune catastrophe alors qu'elle verse l'eau sur les sachets soigneusement préparés, et pas par ses soins. Faut-il qu'il se rende compte qu'il est chanceux, ce journaliste, qu'elle lui prépare elle-même du thé. Il faut dire aussi qu'elle n'a pas spécialement envie que ces convocations s'ébruitent plus que de raisons. Parce qu'elle n'a pas de raisons valables pour ces entretiens, hormis une méfiance qu'elle ne souhaite pas vraiment voir se répercuter pour Aoden puisqu'elle n'est en réalité plus d'actualité. Et parce qu'il est une vrai bouffée d'air frais, un bout de jardin secret dans cet univers où chacun de ses gestes est désormais épié dès qu'elle met le bout du nez en dehors de son bureau. Et elle se sent juste plus légère en voyant ce sourire.

Juste un moment, un souffle de paix. Et elle tend la main pour récupérer les parchemins tout en écoutant son explications. Plus vraiment trace de la fausse froideur dont elle faisait preuve quelques instants plus tôt, et même un bref sourire alors que ses yeux parcourent déjà les lignes manuscrites. "... Pas mal. Même s'il mériterai peut être quelques retouches." Le genre de choses qu'elle déteste faire, sans pour autant avoir le choix. Ils sont toujours en guerre, elle ne l'oublie pas, même s'ils détiennent pour le moment la victoire. Et elle n'a aucune envie de voir Teagan avoir des ennuis à cause de ses articles. S'il doit avoir des ennuis avec quelqu'un, elle tient à mettre un point d'honneur à passer en priorité. Hors de question de laisser ce plaisir à quelqu'un d'autre. "Alors, votre enquête ?" Elle s'est assise à son bureau, le laissant s'installer comme bon lui semble. Air sérieux, regard pétillant, jambe croisées, elle ne quitte pas vraiment les parchemins du regard, peut être pour ne pas le regarder directement. Pour éviter qu'il ne voit un sourire un peu trop persistant qui brille dans ses yeux. Mais elle veut tout savoir. Les détails, les entretiens, les témoignages. Même sur une si petite affaire, pas forcément une histoire passionnante, mais et alors ? Parce qu'elle sait que c'est lui qui l'a mené, et elle pourrait presque pouvoir deviner comment, du moins le voudrait-elle.

L'excitation de l'enquête. Le plaisir de creuser un peu derrière. Pour confondre quelqu'un tout comme pour l'innocenter. Savoir, découvrir par soit-même et ne jamais, jamais se fier à ce que les autres veulent bien vous dire. Sauf lui. Parce qu'elle a juste envie de lui faire confiance, même si elle sait que ça peut être une erreur. Elle a juste envie de l'entendre. De vivre un peu par ses récits. Se laisser emporter par sa voix.

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Ce message a été posté Dim 17 Fév 2013 - 15:16

Je doute pouvoir m’améliorer. Dans quel domaine que ce soit. J’éviterais néanmoins de préciser ceci à ma chef, vous comprenez bien que ça pourrait me faire grand défaut. Déjà d’un point de vue professionnel ; mais en plus d’un point de vue éthique. Charismatique. Influençable.
Et puis personne n’aimerait laisser entendre qu’il a atteint son maximum, qu’il est à son apogée, qu’il ne saurait être ni devenir meilleur. Je ne suis pas modeste, peut être juste pessimiste.

En avançant un peu plus à l’intérieur de la pièce, mon regard prend son allure taquine – sa préférée – et se pose avec une fausse méfiance sur la bouilloire.
J’ai tendance à penser que la jolie Loïs n’est pas lassée de ces rendez-vous de recadrage – si je puis me permettre telle dénomination. Elle fait de son mieux, à chaque fois, pour avoir l’air blasée, intensément concentrée dans un pareil travail mais pas moins fatiguée de devoir sans arrêt me surveiller…n’est ce pas la preuve même qu’en réalité ; elle aime ça ? Maso non, mais mauvaise actrice à ses heures et je pourrais presque affirmer voir une once d’excitation dans le fond de ses pupilles ;
Une étincelle qui ne demande qu’à davantage s’embraser, un point lumineux à qui il manque juste un souffle de contexte, un prétexte, un jour j.
Pense-t-elle trouver chez moi, grâce à moi, cet éclair de folie ?

« Humm non merci, je dois rapidement retourner travailler je doute avoir le temps de partager un thé avec vous…vous m’en voyez évidemment déçu. »

Un brin de sarcasme ne fait jamais de mal d’autant plus qu’elle commence à me connaitre, qu’elle sera bientôt capable d’anticiper mes cinglantes remarques et que de continuer dans ce sens resserre un peu plus nos liens. Est-ce vraiment ce que je souhaite ? Moi le renfermé, solitaire, égoïste personnage ?
Je veux montrer à Loïs Lang qu’elle peut me faire confiance. Je suis là, dans son bureau à cet instant, pour faire mes preuves comme je l’ai promis lors de la première rencontre employé/employeur.
C’est, ma foi, un prétexte suffisant pour apprécier sans remord ce semblant d’amitié naissant.

« Oui bien sûr, quelques retouches. » Dis-je en laissant le document tomber sur la table face à moi puis, après une légère hésitation, c’est moi que je laisse tomber dans la chaise à disposition. D’abord quelques secondes de silence, le temps que mes yeux quittent les siens, que mes épaules effectuent un mouvement de détachement total, puis je reviens à son visage comme si la réponse à sa question venait de m’être soufflée. « Si tous les pros Ombre n’étaient pas techniquement dangereux, je crois qu’il est inutile de vous expliquer qu’ils sont introuvables ou devenus soudainement discrets. Je pense sincèrement que certains sont passés entre les mailles du filet et ; il se trouve que j’ai un rancard. »

Le léger mouvement de mon sourcil explicitant une cruelle malice fait écho à l’expression du visage de ma supérieure. A vrai dire elle est douée, pour le coup. Loïs est restée quasiment impassible et si je l’ai vu réagir, je commence à me dire que je l’ai tant espéré que je l’ai rêvé ;
Ceci dit, avant qu’elle ne prenne la parole pour me jeter en me rappelant que ma vie privée ne concerne pas les médias, je précise :

« J’ai passé la plupart de mon temps libre dans la rue de ce restaurant pour continuer de collecter les informations. Je pensais avoir perdu du temps, en fait, et avoir fait maigre pêche mais j’ai rencontré quelqu’un qui en a trop dit, par naïvement, inexpérience ou bêtise. Je ne saurais dire. Je profite juste de l’occasion et je l’ai invitée à boire un verre. Ce soir. » De nouveau je laisse un silence envahir la salle, le sourire provocateur toujours aux lèvres. Elle ne saurait affirmer sans mentir que mon histoire ne l’intrigue pas… « Emily. Son prénom. Elle aurait entendu des choses qui pourraient intéresser un militant de l’Ordre. J’imagine qu’elle va m’en dire plus ce soir ; qu’elle mente ou non des hypothèses vont s’ouvrir, des pistes vont être exploitables. Je ne peux pas manquer ça, qu’en pensez-vous ?... »

Feignant l’ami réclamant conseil, le camarade en aveu, je place mes mains sur les feuilles laissées sur la table un instant plus tôt et j’entame de les plier, soigneusement. Lentement. Je savoure – sans la regarder puisque je suis concentré sur ma tâche – la façon donc un simple pliage peut fasciner quelqu’un, jusqu’à ce qu’elle se ressaisisse.
A cet instant je fourre le repli dans ma poche et prends appui, coudes sur le bureau, face à elle. Bizarre tête à tête que voilà, la vapeur de son thé comme seule barrière entre nous.

« Ce ne sera pas sans risques. Si elle a conscience de ce qu’elle va faire ce soir, si elle est avec eux, je suis peut être en danger mais…vous êtes bien forcée de mettre vos employés en péril. Hum ? Vous n’allez quand même pas ; m’accompagner. »

Fourbe et discrète invitation, provocation vaine mais si alléchante, le jeu ne perd rien de son éclat, il prend même de l’ampleur et son gout davantage de saveur ;
Osera-t-elle déjà fermer la partie ?


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Loïs Lang
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Ce message a été posté Dim 17 Fév 2013 - 23:39

Voilà qui refuse. Nouvelle provocation ? Un léger froncement de sourcils qui vient rider son front, un peu trop expressive peut être. Mais elle peut se le permettre. Dans l'intimité de son bureau, face à une personne qui ne la juge pas, ou en tout cas pas trop, elle sait qu'elle le peut. Comme si elle abandonnait un peu du contrôle absolu qu'elle a sur elle-même dans tous les autres aspects de sa toute nouvelle vie professionnelle. Et ce n'est même pas totalement conscient. Il refuse, donc. Il refuse, mais il s'assoit, le bougre. Et ne répond même pas à sa question. Désagrément que Loïs ne relève pas, préfère reléguer dans un coin, peut être pour le ruminer plus tard. Elle est trop concentrée sur son écoute pour le moment. Sur l'observation du moindre de ses mouvements. Un hochement de tête pour approuver, elle n'a pas grand chose à ajouter ni même à discuter sur la position des Pro-Ombre toujours en circulation, ils savent tous les deux ce qu'il en est. Une évidence, alors elle attend simplement la suite de ce raisonnement. Elle le suit des yeux quand il se relève, tente de déchiffrer ce qui se cache derrière ce discours presque banal. Quelles sont ses intentions, qu'est-ce que va être la suite.

Et a un léger sursaut, presque un frisson quand les parchemins qu'elle a posé devant elle sont soulevés. C'est presque de la méfiance, mais il les récupère seulement, les plie. Ça ne dure sans doute pas une seconde, mais c'est assez pour lui donner l'impression d'avoir perdu le fil de la conversation à laquelle elle se raccroche comme elle peut. Pourtant il sait y faire. Très certainement. Il distille les informations comme un maître de potion les ingrédients dangereux. Et il sait clairement comment tenir en haleine, avec la promesse sous-jacente d'informations plus intéressantes qui ne sauraient tarder à arriver.
Alors elle ne rompt pas le silence. Elle attend. Elle attend, dans l'expectative, parce qu'elle sait que s'il a commencé ainsi, c'est pour aller au bout. Alors elle garde cet air neutre qu'elle a reprit, même si le sourire ne sait quitter ses yeux. Elle ne veut pas lui faire croire qu'il a trop de pouvoirs sur elle avec ce bête petit suspens qui ne durera pas, elle le sait. Elle ne veut pas lui faire croire qu'elle est pendue à ses lèvres. Juste une écoute polie de ce qui semble être une affaire un peu plus intéressante que ce qu'elle ne laisse penser au premier abord.

Le sourire en coin revient, léger, alors que son regard est de nouveau celui de la provocation, comme pour répondre à celles qui lui sont faites. "Allons, je suis certaine que vous n'avez besoin ni de ma permission, ni encore moins de mon aval ou d'un quelconque ordre pour vous mettre en danger. Votre réputation vous précède, Teagan." C'est peut être un peu fort comparé aux bruits qui court mais eh, qui n'a jamais exagéré dans leur profession ? -techniquement, plus celle d'Aoden que la sienne, maintenant, mais passons rapidement ce détail plus que désagréable-. Mais qui ne prend pas de risque en faisant ce qu'ils font ? Et elle ne parle pas de l'Ordre. A moins d'être un journaliste planqué, ce qui sous entend ne couvrir réellement que les évènements présentés et n'apporter aucun atout à la profession, ils prennent tous un peu des risques. Et même si elle ne sait pas vraiment les limites de son ancien collègue et désormais subordonné -Merlin que ce mot fait pompeux et désagréable- elle est plutôt partisane de jouer ce coup là au bluff. Après tout, cela lui a toujours réussit.

"Après, si vraiment vous avez peur d'y aller tout seul..." Il la provoque, elle répond. Avec le menton légèrement relevé, dans une attitude presque hautaine, pleine d'une fausse compassion qui n'a pas lieu d'être. Il aime peut être joué à ça, mais elle aime cela tout autant et ne se laissera pas si facilement manipulé. Et elle enfouie très loin dans un coin de son esprit, à coup de rangers militaire comme son père en portait quand elle était enfant, la pensée que ce sentiment qu'il tente simplement de l'amadouer pour qu'elle le suive n'est qu'une illusion. Elle sait jouer sur les mots, les contresens et les sentiments qu'ils peuvent faire naître chez les gens. Elle sait jouer avec la provocation, la psychologie inversée et sautiller d'arguments en arguments avec une certaine dextérité. Alors elle devrait être capable de voir quand quelqu'un l'utilise contre elle. Normalement.

"Et puis, si je vous tiens la main... Enfin, votre rencard risquerait sans doute étrange que vous ameniez une autre femme à un rendez-vous." Qu'il trouve une excuse, n'importe quoi, qui lui confirme bien qu'elle ne se trompe pas. Elle se retranche derrière son air neutre, celui de celle qui n'y touche pas, qui trouve cette idée tout au plus coquasse. Et pourtant l'idée dans sa tête est bien présente, fait tranquillement son nid, et elle espère, l'inconsciente, elle espère presque de toutes ses forces pouvoir prendre part à cette petite expédition. Sortir de la routine qui s'installe, en si peu de temps, dans une vie pourtant trop remplie, mais remplie d'un manque d'intérêt total à ses yeux. Et peut être que cette envie de terrain la fait délirer face au journaliste impudent. Peut être qu'elle lui force la main, en fin de compte, que l'idée ne lui serait même pas venue, parce qu'on travaille en solo, en général, et qu'on ne ramène pas ses petits camarades pour venir jouer -surtout pas quand on joue avec une jolie brune qui répond au mignonnet prénom d'Emily-. Peut être qu'elle voit juste une invitation cachée, là où il n'y a qu'une provocation supplémentaire qui serait juste un peu plus douloureuse que les autres. Peut être que c'est juste aller un peu plus loin dans la fausse tension qu'il y a entre eux. Peut être. Ou peut être pas.

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Ce message a été posté Lun 18 Fév 2013 - 8:45

Ma réputation me précède ? Mais, quelle réputation ? Ne suis-je pas le type le plus discret qui soit, le plus avisé, le plus habile en matière de furtivité et retenue ?...Non, pas nécessairement ici. Dans la tour des médias, dans les divers QG des journaux et autres magazines, j’ai en effet dit et fait assez de choses pour être armé d’une réputation ;
Ce n’est pas un bon point d’ailleurs. J’aurai préféré que mes collègues, que ces gens du milieu dans lequel je travaille ne puissent jamais coller autre chose que mon nom à mon visage. Les idées, les rumeurs, les réputations comme le dit si bien Loïs, je men serais passé. Oui mais voilà on ne travaille pas pour l’Ordre dans le but de rester secret.
Pour m’allier – d’apparence – à des pros Ombre il a fallut créer des tensions, feindre des conflits, mentir sur des sympathies et jouer d’hypocrisie pointue. Ciblée. Je ne suis pas passé inaperçu dans les couloirs de cette tour et j’ai souvent été jugé à tort ; rappelez-vous mon premier rendez-vous depuis la victoire avec la nouvelle chef : Loïs Lang.

Maintenant si je me contente de parler de ma réputation de journaliste, et de journaliste uniquement en oubliant donc le militant, je pense que j’ai quand même ma petite notoriété. Sans parler de célébrité – je ne vais pas vous répéter que je reste un gars renfermé voire pudique – la plupart de mes camarades chroniqueurs ont eu vent de mes entrevus avec la police, de mes petits heurts avec les journalistes d’autres publications ;
Quelque peu impulsif, toujours aussi curieux, compétitif et sans doute un brin battant, il m’est arrivé d’être comparé à un chenapan, une crapule qui chope les informations avant ceux qui les déterrent, un filou pour rester poli, on m’a déjà rapproché à un escroc. Ce qui est faux…je me considère simplement plus malin ;
En quoi ces ragots – auxquels il ne faut jamais se fier – peuvent-ils laisser penser à la jolie Lang que je saurai prendre un risque et m’en sortir ?

« Mais vous savez, le but d’une réputation c’est avant tout de faire courir un bruit qui intéresse le concerné. Je ne dis pas que la mienne est infondée, elle a forcément une source, mais de là à penser que me mettre en danger est un plaisir… je ne dispose pas de cette forme de masochisme ; moi. »

Petite vanne ? Probablement. Gratuite et amusante, pour moi. Après tout pourquoi s’enfermer dans un bureau si c’est pour broyer du noir et se ronger les sangs ? Il est clair que je n’ai pas besoin qu’elle me l’apprenne, je le vois très bien : la jeune femme désormais ma supérieure s’ennuie ferme dans cette pièce et l’une de ses distractions phares porte mon nom.
Je dois avouer me sentir flatté, même si elle doit être passionnée par ce que racontent tout ses reporters.

« Enfin, vous avez raison de toute façon. Je ne vous proposais qu’une bouffée d’air mais il arrive, vous en êtes la preuve, que certains apprécient être gratte-papier… » Je me lève sans me retourner tout de suite pour être bien sûr qu’elle capte mon regard, mon sourire. Plus seulement taquin, vraiment incitateur, j’essaye de la faire réagir. La pousser dans ses derniers retranchements pour ainsi dire. Je risque de me faire engueuler ? Mais si elle se fie tant à ma réputation, elle sait déjà que je m’en fiche…l’essentiel est qu’elle cède. « Alors à la prochaine miss Lang. Je file me préparer, pour au moins donner bonne impression de la presse à cette Emily. Passez une bonne soirée. »

J’étais obligé, reconnaissez-le. Elle a peut être prévu quelque chose, mais elle n’a pas l’air pressée de quitter le bureau. Personne à retrouver ? Personne à rencontrer. Son thé n’est même pas vidé et déjà sa secrétaire entre pour lui faire signer des papiers ;
Non, une femme qui sort dans la soirée est heureuse est excitée toute la journée. Une fille si fascinée par des récits aussi creux que celui que j’ai narré aujourd’hui, une fille aux yeux si pétillants de jalousie, de souhait, de caprice : n’a pas eu ce qu’elle voulait. Et ne l’aura pas ce soir ;
A moins que…

Une main contre le lambris de la porte, l’autre sur la poignée que je m’apprête à ouvrir, j’attends. J’écoute en fait ce que les deux femmes se disent mais la secrétaire a vite fait de retourner à son bureau et j’ouvre alors la porte dans un sourire quasi malsain.
Allez Loïs, il suffirait de deux mots. D’un seul en fait. Il suffirait d’un seul mot et la soirée est à nous. En tout bien tout honneur, évidemment, nous sommes collègues non ? Rien de plus ; je crois.
Un premier pied passe le pas de porte et ma mâchoire contractée espère une dernière seconde et ; enfin ; quand sa voix me parvient – sans en déchiffrer le sens – je me retourne. Satisfait, vainqueur. J’ai gagné ; chef.

« Oui ?... »
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Loïs Lang
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Ce message a été posté Mar 19 Fév 2013 - 18:50

Elle hésite, ce tend. Ce n'est plus vraiment un jeu ça et les paroles d'Aoden la touchent directement. Bam. Plein coeur. Et elle voudrait se défendre, éructait de rage, mais elle ne peut que s'y étouffer alors que la porte de son bureau s'ouvre sur sa secrétaire, chargée de parchemins. Elle la regarde un moment sans comprendre, perdue dans la surprise du soufflet et de l'affront qui vient lui être fait, avant de baisser les yeux sur les documents qu'elle lui tend. Un regard rapide alors que la partie logique de son cerveau semble vouloir fonctionner en automatique, et elle appose sa signature sur chacun, la plume légèrement tremblante entre ses doigts si bien qu'elle manque d'en casser la pointe. Et elle ne sait juste pas comment réagir. Elle pourrait écouter sa colère pure et renvoyer l'importun qui se tient toujours, goguenard, à l'entrée de son bureau. Elle pourrait le renvoyer et même peut être trouver une raison de lui coller un avertissement. Insubordination ? Même sans témoins, elle se débrouillerait toujours.

Pourtant il y a une partie d'elle qui l'en empêche. Celle qui l'a aidé à encaisser, au fur et à mesure de la montée en puissance des piques qu'il lui a lancé et qui on fait vaciller son sourire amusé, maintenant totalement disparu. Peut être parce qu'elle sait au fond qu'il a raison. Elle se plaint en silence d'une situation qui ne lui convient pas mais ne fait rien pour la changer. Ou est le courage, là dedans ? Où est la Gryffondor, dans la femme qui laisse ses nouvelles responsabilités lui bouffer la vie, la privée de ce qu'elle aime réellement faire ? Où est la battante qu'elle sait avoir toujours été ? Alors elle peut se donner bonne conscience et le renvoyer loin de ses pensées et loin de son bureau. Admettre enfin qu'il a réussit à gagner sa confiance, assez en tout cas pour qu'elle ne le soupçonne plus. Et que leurs routes se séparent là.

Mais les mots sont des armes. Les mots touchent bien plus profondément que les sorts. Et pour preuve. Le Sectusempra reçu lors de la bataille qui leur a apporté la victoire a laissé ses marques sur sa peau et un traumatisme lattent, mais rien qui ne la fasse encore souffrir. Ces mots resteront une blessure marquée au fer rouge si elle ne fait rien pour le contredire. Rien pour se prouver que c'est faux, qu'il se trompe ! Rien pour le lui prouver. "Aoden, attendez." Sa secrétaire est sortie avec un regard un rien inquiet et il s'apprêtait à faire de même. Et elle sait que là, c'est juste impossible. Elle ne le laissera pas parti ainsi. Pas avec cette image là d'elle.

"Je crois que je vais me sentir obligée de vous accompagner. Je ne peux décemment pas vous laisser, vous, vous charger de donner une bonne image de la presse. Pas sans au moins assister à ça. Elle pourrait prendre peur, la pauvre enfant." Allez savoir pourquoi, elle l'imagine forcément jeune, et forcément jolie. Le genre de femme qui doit plaire à Teagan. A vrai dire, elle en a même une image mentale assez précise, de la fameuse jolie brune, sans même se rendre compte de cette projection mentale. Le sourire est revenu sur ses lèvres pour sa petite tirade. Mais seulement là. Elle joue le jeu. Non. Elle ne joue plus leur jeu, elle joue un jeu, un simple jeu. Une pièce de théâtre, assez vide de surcroît. Avec quoi que, peut être, tout au fond, cette lueur de défi...

D'aucun lui dirait qu'elle n'a rien à lui prouver. Et elle sait au fond -elle espère, sincèrement- qu'il ne pense pas ce qu'il a dit. Si c'est le cas, en tout cas, elle est toute prête à le décevoir. Parce qu'il n'a pas le droit de la voir comme ça. Elle refuse de le lui laisser ! "Alors, quelle heure ? Où? Parce qu'il ne peut plus, maintenant, la laisser en arrière. Et le défi se fait plus fort. Qu'il remette encore une fois en doute sa véritable valeur. Ou au contraire, qu'il desserre, d'un mot, d'une acceptation, l'étau de glace qu'il a refermé sur sa gorge et sur son cœur.

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Ce message a été posté Mar 19 Fév 2013 - 22:36

Il fallait qu’elle m’arrête. Qu’elle prenne la parole, quitte à hausser la voix, qu’elle pousse un cri, un semblant de hurlement ou quelque chose qui s’apparente à un ordre. Qu’importe. Il fallait simplement que ses lèvres articulent un mot ; un truc qui y ressemble. Ça aurait suffit à m’arrêter, un simple bruit. Mais c’est une pseudo phrase qu’elle a réussi à formuler et je lutte intensément croyez-le pour que mon sourire quitte mes lèvres avant que nos regards se croient ;
Il faut que je reste crédible jusqu’au bout. Il faut que Loïs Lang, ma supérieure, continue de faire celle qui n’a pas confiance en son insolent chroniqueur sans quoi ça ne pourrait pas marcher. Elle ne viendrait pas avec moi en avouant exhausser une prière : sortir du bureau. Elle ne supporterait pas me voir lui rire au nez, elle ne pourrait reconnaitre que j’ai compris son mal être et que ma proposition déguisée en insulte est un véritable sauvetage.
Le ton autoritaire qu’elle emploie alors ne me dérange pas. Ce service, je lui donne volontiers. Avec plaisir, même.

« …Bien entendu. Votre présence terminera de trahir ma nervosité, mais soit. » Cette fois le sourire au coin de mes lèvres a été mal dissimulé. Tant pis. Elle le prendra comme elle voudra, la jolie chef. Moi j’essaye juste de trouver des excuses pour sa présence ! Je fais mine de réfléchir et lui réponds, enfin. « The Ship Tavern. Pointez-vous là bas vers 19 heures, prenez une table discrète et attendez-moi. Quand j’aurai eu les informations attendues, je vous ferais signe. Cela vous convient ? »

Et bien quoi ? Je ne vais pas me pointer à un rendez-vous avec une autre femme ! Même s’il concerne les affaires, même si c’est un rapport professionnel et militant à la fois – pas de quoi s’éclater donc – je ne vais pas tout casser. Cette Emily est réellement charmante, qui plus est. Ne gâchons pas les rares plaisirs du moment ;
Amusé, j’attends la réponse de ma supérieure et ceci fait, je m’éclipse du bureau. Elle aura vite fait de trouver le lieu en question…

__________________________________________

Soigné dans la présentation, juste comme il faut, je passe une main dans mes cheveux à peine secs de la douche que je viens de prendre et je me rends au lieudit. C’est un endroit que je connais, certains habitués savent jusqu’à mon prénom, la plupart me connait de vue en tout cas. C’était le minimum de sécurité à prévoir au cas ou la belle et naïve Emily est une pro Ombre passée entre les mailles du filet qui a un plan foireux en tête…
Ce n’est pas ce que je pense néanmoins. Pour moi, elle a fréquenté certains d’entre eux et elle tente de revendre ses infos à tous les Phénix qu’elle peut pour se « laver ». Se blanchir. Ce n’est pas moi qui la dénoncerais si ses bavures ont été motivées par une stupide influençabilité.
Pauvre petite. Mais la voici qui s’installe à ma table alors que je n’ai pas su repérer Loïs dans le bar à la décoration marine. Pas trop mon style, je n’aime pas l’eau.

Les mots sont glissés avec adresse et soin. Tant de son côté que du mien. J’offre un verre, elle sourit, tout semble avoir été écrit. Quelques politesses, jamais trop ça fout le doute sinon. Son sourire innocent est quasiment niais et je sens doucement monter l’adrénaline. Et si elle était dangereuse ? Si dangereuse qu’elle est la meilleure actrice que je n’ai jamais vue car cette soit disant étudiante ne pourrait pas faire de mal à une mouche.
Oui mais si. Si elle était de leur côté ? Si ces gens, dont elle commence enfin à me parler étaient là, dans mon dos, prêts à me sauter au cou dès que nous sortirons ?
Je chasse ces idées étrangement alléchantes de mes pensées. Le manque d’action n’est pas un prétexte pour courir des risques pareil, j’irais faire quelques heures de sport demain. Obligé.

« …et on a…enfin tu vois. C’était il y a six mois, ça n'a duré que trois semaines et j’ai changé depuis. Je t’assure. Quand j’ai compris, quand j’ai réalisé que mes idées n’allaient pas vers les siennes, j’ai tout arrêté ! Mais j’ai…enfin voilà. J’ai entendu des noms. Des gens qu’il voulait… »

Sa main s’agrippe à mon avant bras et je m’efforce de ne pas rompre le contact, déplaçant finalement mon autre main jusqu’à son épaule. Dans un geste de réconfort, de consolation. Deux ou trois secondes s’écoulent mais me paraissent des heures puis je brise le silence pénible. Surtout que je sais que ma chef est dans le coin ; logiquement.

« Ça va, t’en fais pas. On a tous été dupé un jour ou l’autre par ces types. Ok ? Ça va aller ?...Écoute, tu n’as pas à te racheter, tu es innocente mais ; si tu sais ou l’on peut trouver ces planqués…ce serait bien de le dire. »

Sa tête bouge de haut en bas, ses yeux hésitent mais ses doigts me serrent fortement. Mes lèvres se plissent sous l’effet de l’impatience et alors qu’elle entrouvre enfin les siennes pour parler !...je fais le faux geste. Le faux pas. Mon regard trop anxieux, curieu]x de ne pas avoir vu ma collègue me trahi et la demoiselle me relâche en soupirant.

« Pas ici…une autre fois peut être… »

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Loïs Lang
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Ce message a été posté Mer 20 Fév 2013 - 21:42

Les cheveux ont été éclaircis d'une teinture rapide, le genre qu'elle fera vite disparaître. Heureusement qu'elle a toujours prit particulièrement soin de ses cheveux parce que sans ça, avec le genre de traitements qu'elle leur fait régulièrement subir, ils ressembleraient très certainement à de la paille. Ils sont aussi rallongés d'une bonne dizaine de centimètres, une mèche châtain clair qui lui cache à moitié le visage. Visage savamment maquillé qui transforment relativement ses traits. Elle n'est pas non plus grimée comme elle a pu parfois le faire, mais sait jouer astucieusement sur les ombres. Quelqu'un qui ne la connaît pas intimement aurait le plus grand mal à reconnaître la chef des médias sous ce déguisement. Quelqu'un qui la connaît plus intimement -quelqu'un qui aurait dû subir plusieurs tête à tête avec elle, par exemple, et qui s'amuserait à la défier régulièrement d'un regard amusé-, c'est une autre histoire.

Les minutes s'écoulent et elle attend. Un deuxième verre de vin qu'elle fait tourner entre ses doigts, pensives. Le verre de vin de la femme seule, qui n'attend personne. Assise à une table reculée, elle s'est placée de telle façon à pouvoir observer toute la salle. Un coin reculé, assez sombre, dans lequel on ne remarquera pas. Et elle ne manque pas l'entrée dans le pub d'Aoden. Pas un signe cependant pour trahir sa présence. Et son regard glisse sur elle sans la voir, alors qu'elle se rencogne dans l'obscurité relative des lieux. Et puis ce n'est pas comme si c'était elle qu'il cherchait réellement. Elle n'est pas là, pourtant, pas encore, et elle le voit s'installer finalement à une table vide. L'attente. Et elle observe, de loin. Elle l'observe, lui, à l'affut. Nerveux, donc. Comme il l'avait prévu. Sa présence rajouterait-elle une pointe de stress face à l'anticipation que provoque ce rendez-vous ? Peut être. Il l'a dit lui-même, mais elle sait quelle valeur elle peut apporter à ses paroles quand il joue la provocation. Pourtant y croire a quelque chose d'étrangement réconfortant. Surtout en sachant qu'au fond, il n'a aucune certitude sur sa présence ou non.

Aux aguets, toujours. Et le petit jeu du chat et de la souris prend fin avant qu'elle n'est été attrapée à l'entrée d'une jeune femme brune dans l'établissement, une jeune femme qui se dirige directement vers la table d'Aoden. C'est donc elle, la fameuse Emily. Joie, en effet. Forcément jolie. Un rictus pas vraiment amusé qui vient tordre ses lèvres. Jolie, mais stupide, elle en est certaine. Elle a à peine vu son sourire. Mais il ne peut pas en être autrement. Point. Elle n'a pas envie d'en penser autre chose. Alors de loin, elle se contente d'observer. Observer les regards sur la salle, observer cette intimité naissante entre elle et Aoden. Oberver la nervosité d'Aoden avec un certain sentiment satisfait... Ils sont proches. Ils sont proches, et elle se dit qu'il est peut être sur le point de réussir. Là, sous ses yeux, glaner des informations sur des ennemis du régime.

Mais elle a une vision bien plus large de la scène qui se déroule sous ses yeux et elle ne peut se laisser aller à la satisfaction de la réussite. Pas quand elle a repéré, entre elle et la table d'Aoden, deux hommes dont le visage est relativement dissimulé par un habile assemblement de vêtements, qui semblent eux aussi prêter une certaine attention au couple en pleine conversation. Trop d'attention. Et elle en est sûre, elle a vu la tension s'épaissir plus encore quand Aoden a posé sa main sur le bras d'Emily. Une seconde, pas plus, c'est le temps qu'il lui faut pour prendre sa décision. Baguette dissimulée dans la manche de son chemisier elle est debout. Et la seconde d'après le contenu de son verre éclabousse violemment le visage de Teagan. "Une sortie avec des amis ? Et tu croyais que j'allais encore y croire, hein ?" Sa voix est volontairement un ton plus aigüe qu'elle ne l'est en temps normal. Et assez forte pour que toutes les tables alentours puisse l'entendre. "Tu te fous de moi, c'est ça ? Et c'est qui, elle, encore, hein?" "Non, je... Pas du tout, je ne savais pas, je vais y aller.. "Oh non, princesse, tu ne partiras que quand j'en aurai fini avec toi ! Et avec l'autre abrutit aussi ! Alors, qui c'est cette cruche ? Ta nouvelle poule?!" Et dans son regard qui se visse à celui de Teagan, une supplication. Qu'il joue le jeu. Parfois, le meilleur moyen de passer inaperçue est de faire le plus de bruit possible. En détournant attention et soupçons. Parce que les deux hommes, juste derrière elle, sont armés, elle en jurerait. Et n'ont pas des intentions amicales.

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Ce message a été posté Mer 20 Fév 2013 - 22:05

Deux choses. Avant tout. Deux choses me viennent à l’esprit au moment ou une autre femme s’approche en vitesse de notre table.
La demoiselle que je tiens presque dans mes bras dans mon hypocrite mais crédible geste de consolation est-elle une réelle personne en difficulté avec ce qu’elle a fait par le passé, avec des pros Ombre, ou est-elle l’une d’entre ceux qui cherchent à piéger petit à petit les journalistes à l’affut ?
La première hypothèse me semble la plus plausible sachant que si les derniers pros Ombre encore libres s’amusent à régler leur compte, c’est qu’ils sont stupides…mais ça ne m’étonnerait pas plus que ça. En fait.

Évidemment j’ai reconnu Loïs – juste à temps et après un sursaut de surprise tout de même – et quand elle se met à hurler je suis trop pris par l’adrénaline pour exprimer le moindre rire ; ni même un sourire. Alors je n’ai plus trente-six solutions, je dois comme elle, me jeter à l’eau.
Je n’oublie néanmoins pas les deux choses retenues au début de l’action : la demoiselle est peut être elle aussi en danger et si nous feignons la dispute de couple elle sera contrainte de rester seule avec le danger que ma chef a remarqué… bah oui, elle ne serait pas venue interrompre un rencard sinon !
Prenant la main d’Emily – vraisemblablement morte de trouille – je me lève brusquement, faisant un large pas en direction de Loïs, me collant contre elle.

« Arrête la paranoïa bordel ! Je n’pouvais pas te dire que je voyais…Lucy, sans que tu te fasses des films ! Lucy ! Tu n’te rappelles pas ? Forcément, t’es tellement bornée ma pauvre que tu les vois toutes comme des ennemies ! » Je récupère mon souffle et laisse – en vrai comédien – trainer un regard désolé, inquiet mais en colère sur l’assemblée. Les regards se détournent, les conversations reprennent mais j’assure nos arrières. « Sors ! Il faut qu’on parle tu lui dois des excuses ; vraiment t’es insupportable. »

Ma main libre vient alors s’emparer du bras de la miss Lang que j’entraine sans douceur à l’extérieur. Maintenant, de nouveau deux choses : Emily va insister pour nous laisser. Bien entendu ! Car si elle est des leurs elle va prétexter la gêne pour les retrouver… mais si elle est innocente comme je continue à le croire, elle sera réellement gênée. Qui ne le serait pas ?
J’appuie alors ma poigne sur les deux femmes que je tiens et sans leur laisser ni à l’une ni à l’autre l’occasion de riposter, je nous emmène hors du bar, contre le mur gauche de celui-ci pour ne pas non plus rester à l’entrée.
Bon, et maintenant ?

« Emily écoutez, calmez-vous, nous avons peut être été entendu et il en va de votre sécurité de…Emily ? »

C’est moi ou, elle sourit ? Une fraction de seconde je doute. Mes sourcils se froncent, ma main cherche la baguette dans l’arrière de mon pantalon mais je m’interromps. Non, la jolie brune m’a paru trop sincère, trop sympathique. Trop fragile et blessée.
Ceci dit, et j’espère que Loïs ne l’oubliera pas, je ne suis qu’un homme. Ahem. Peut être me suis-je fais avoir et que je continue de me faire berner ;
La femme alors habile, remarquablement judicieuse dans ses choix, glisse ses mains dans ma nuque pour me voler un baiser et définitivement : s’assurer ma confiance.
Qu’en pense ma chef ? Je n’ose même pas la regarder.

« On ne devrait pas trainer ici…partons. Loïs ? Nous devons bouger allez ! »
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Loïs Lang
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Ce message a été posté Dim 24 Fév 2013 - 21:12

"Des excuses ? Tu crois vraiment que je vais lui faire des excuses ?! C'est le monde à l'envers !" Bien sûr, alors qu'il la traîne vers l'extérieur, elle fait mine de se débattre, l'insultant avec force paroles imagées sans baisser d'un ton. La tension qui s'est imposée dans la pièce l'amuse, fait battre son cœur plus vite, et elle doit sérieusement retenir le sourire qui voudrait ourler ses lèvres. Ceux qui menacent Emily ne peuvent pas agir, pas tout de suite, pas maintenant que toute l'attention est portée sur eux, et elle sait que son petit manège qu'Aoden a si rapidement suivit leur a fait gagner une manche d'avance sur leurs potentiels adversaires. Ils ne peuvent se lever sans attirer les soupçons et Merlin sait que personne ne veut les soupçons de qui que ce soit en ces temps de tension permanente. Surtout s'ils sont bien ceux qu'Emily prétend.

La porte se referme et Loïs reste un instant tourné vers l'entrée du pub, la baguette ayant glissé de sa manche à sa main dans un mouvement qu'elle maîtrise désormais à la perfection. S'assurer qu'ils ne sont pas juste sur leurs talons même si elle sait qu'ils ne doivent pas traîner ici. "Bon, il faut qu'on.." Sauf que les mots s'étranglent dans sa gorge sans que les autres n'ai eu l'air de les entendre. Et pour cause. Emily est soit disant en danger, potentiellement poursuivie par des Ombres dont elle seule pourrait connaître l'identité et la cachette, et elle trouve le temps d'embrasser son journaliste ? Et lui qui la laisse juste faire ! Ca ne dure qu'un instant, mais les traits de Loïs se sont durcis, ses yeux se tournent de nouveau vers la porte. Mais sa voix ne laisse pourtant rien transparaître de la vague de rage qui a menacé de la submerger en une seconde. Calme, froide. Professionnelle, peut être plus que ce qu'il n'a jamais entendu. "Non, vous croyez ? Je pensais que les attendre à découvert était pourtant la meilleure des solutions. Venez." Aussitôt, elle leur fait signe de s'éloigner dans la rue bien trop éclairée sans un regard pour le duo -couple, non ?- qu'elle accompagne. Et elle leur tourne le dos, juste après avoir croisé le regard soit-disant apeuré d'Emily. Oh toi...

Et elle enrage. Elle enrage contre Aoden, stupide journaliste qui ne vaut pas mieux que les autres hommes. Elle y a cru, pourtant, elle y a vraiment cru ! Qu'il était différend, qu'il comprenait, qu'il avait la même sensibilité qu'elle pouvait avoir. Et le voilà qui oublie tout effort de réflexion alors même qu'une petite idiote papillonne des yeux. Jolie, l'idiote, et peut être pas si idiote que ça d'ailleurs. "Loïs, il a raison, il faut que l'on parte, s'ils arrivent... Je connais un endroit sûr." Mais Loïs ne répond pas, ne se retourne même pas. Elle se contente d'avancer, vite, dans la rue trop bien éclairée pour trouver un coin plus calme, plus discret. Et à toute vitesse, elle réfléchit. Parce qu'elle, elle n'est pas stupide. Parce qu'elle ne se laissera pas berner par le jeu de la petite Emily. Si tant est qu'elle s'appelle bien Emily. "Aoden, on devrait peut être transplaner, ils vont nous retrouver..;" La voix geignarde, plaintive, lui vrille les tympans. Et la nervosité de la jeune femme serait compréhensible au vue de sa situation dangereuse. Pour Loïs, ce n'est qu'un élément de preuve de plus. En temps normal, bien sûr qu'elle aurait transplaner. Mais pas là.

"Non. On ne transplane pas. Ils sont derrière nous, on va faire en sorte de les coincer." La rudesse de son ton pourrait parfaitement s'expliquer par le danger qui leur colle à la peau et elle ne cherche même pas à le rendre moins pressant alors qu'elle leur fait signe de se rencogner à sa suite sous le porche d'un immeuble d'habitation. La baguette est serrée dans sa main et elle sait qu'elle va bientôt devoir s'en servir. Et pas forcément contre les personnes prévues au départ. "C'est de la folie, je vous assure, ils vont nous tuer !" Elle est bonne actrice, c'est certain. Loïs aurait peut être applaudit s'il s'était agit d'un show. Mais ce n'est pas le cas.

Et au fond, qui sait. Peut être qu'elle a vraiment peur. Peut être que... "Vous alliez nous faire tomber dans un piège, n'est-ce pas ? Et certains ont déjà des soupçons. Ces hommes, au bar, ce sont des chasseurs de primes. Aoden vous donnait une légitimité." Enchaînement de déductions logiques. Ils étaient nerveux, menaçant. Et si c'est bien elle qui ment...

Et sa baguette est levée, maintenant. Droit sur Emily. Et son cœur a recommencé à battre régulièrement, moins douloureusement. Juste l'excitation qui revient alors qu'elle voit Emly se décomposer. Excellente actrice. Mais ses yeux ne mentent pas. "Ce n'est pas... Aoden..." Elle peut pleurer tant qu'elle veut. Elle peut tenter de se cacher derrière ce masque innocent autant de fois qu'elle le voudra. Mais Loïs est sûre d'une chose. Elle ment. Elle ment et Loïs le sent au plus profond de ses entrailles. Elle ment. Et elle a presque réussit à avoir Aoden. Il n'y a plus qu'à espérer qu'il lui fasse assez confiance pour la croire. Et ne pas être manipulé par un simple baiser. Un baiser qui n'a aucune importance.

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Ce message a été posté Dim 24 Fév 2013 - 22:15


"Non, vous croyez ? Je pensais que les attendre à découvert était pourtant la meilleure des solutions. Venez."
Hum. Il fallait s’y attendre à celle-là. C’est un peu comme si j’avais tendu le bâton pour me faire battre ; non en fait c’est carrément ça. je cherche les coups avec Loïs et je ne suis même pas capable de dire si c’est conscient ou non. Il est clair que ce baiser je ne m’y attendais pas – qui aurait refusé d’y gouter ? – pris par surprise – et faiblesse – je n’ai pas repoussé Emily. Mais qu’on soit bien clair, ce contact certes chaleureux n’avait rien de transcendant. Il n’a pas eu le temps ; je vous rappelle qu’on est poursuivit et ma chef est au bord de l’explosion ;
Oh, elle le cache bien, la belle. Miss Lang n’est d’ailleurs pas la seule à bien cacher ses émotions car pour une demoiselle qui m’avouait ne plus dormir là nuit à cause de ses inquiétudes quand à ces anciennes connaissances, je la trouve débordant d’énergie et méfiante. La Emily.
Se méfie-t-elle de ma partenaire ? De ma supérieure qui est venue nous tirer d’affaire ?

Nos pas rapides se voudraient moins bruyants mais associer la discrétion avec la fuite est chose difficile. En tout cas pour moi, je n’ai jamais excellé dans ce domaine et ce n’est pas avec le boucan que Loïs fait devant moi ou celui d’Emily à mes côtés que nous allons passer inaperçus.
Ceci dit je trouve le choix judicieux : il est ici préférable de se dépêcher et de se concentrer sur la fuite plutôt que de chercher à être inaudibles. Premièrement parce que c’est impossible, deuxièmement car ils sont trop près de nous pour que nous nous payons le luxe de ralentir.

« Je pense aussi qu’on peut les surprendre si on contre attaque. »

Après tout, pris dans leur course eux aussi, dominés par l’adrénaline qui à cet instant même agite mon sang dans mes veines, excite mes muscles et sollicite de façon trouble toutes mes pensées, ils ne peuvent pas clairement réfléchir. Pas plus que nous. L’idée donc de nous retourner, de les surprendre à leur tour me parait tout à fait louable…non sans risques ; non sans folie ; mais louable.
Digne de ma chef en clair.
Je me retiens de toute vanne ceci dit – rappelez-vous que je ne puis correctement penser pour le moment – et je me plaque dans un soupir contre le mur, sous le porche délabré du vieil immeuble.

« Calmez-vous, c’est le meilleur moyen de les piéger et… »

What the f*ck ?
Après s’être écarquillés mes yeux se plissent dans un air mauvais. Ils ne sont pas posés sur Loïs et son geste violent, agressif. Non. Ils sont fixés sur la demoiselle qui – alors que ma supérieure trouvait important de vérifier son innocence – a dégainé sa baguette pour la pointer sur moi. Placée sur mon menton, solidement appuyée, prête à déclencher un éclair fatal ;
Ma respiration saccadée ne désempli pas, au contraire, les contours de ma mâchoire s’étirent contre le dessin de mon visage et la pure stimulation laisse place à la peur.

« …Que ? »

J’ai toujours tendance à penser qu’il y a du bon. En chacun. Sans exception. Que parfois il est trop empêché ou nié, qu’il ne sort jamais. Mais qu’en général, il arrive qu’il puisse faire un signe. Je pensais sincèrement, naïvement, qu’Emily pouvait nous donner un coup de main. Pire encore, je pensais que je pouvais l’aider ;
Trop bon, trop con.
Je suis incapable d’attraper mon arme pour me défendre, ce serait suicidaire si les intentions de la fourbe sont réellement criminelles.
Sans évoquer le ridicule, la honte de mon comportement, mon regard s’accroche à celui de Loïs avec un intègre message d’excuse mais plus encore, un appel à l’aide.

« Détournez votre baguette madame ! Je ne suis pas un danger pour vous et croyez-moi nous ferions mieux de nous associer pour ne pas nous faire avoir ! »

Son ton a changé, complètement. Je peine à croire qu’elle est subitement devenue courageuse, battante. Pourquoi encore parler d’entraide ? D’alliance ? Loïs et moi ne pouvons lui faire confiance, elle n’a rien d’une innocente. Oh oui j’aimerai encore y croire, je veux espérer, sans cesse, qu’il y a plus de gens biens que de mauvaises personnes. Il n’y a rien de relatif ou d’ouvert dans mes idées : les assoiffés de sang sont mauvais. Et l’air que Emily affiche n’a rien de rassurant ;

« Emily à quoi jouez-vous ?! »

Je ne peux pas me retenir plus longtemps et le plat de ma main vient claquer la baguette armée sur moi ; qu’elle s’éloigne. Qu’elle recule. Qu’elle écarte ce péril de mon visage ou je vais devenir fou. Mais les choses ne se passent jamais comme je l’espère ces temps-ci.
D’un vif et adroit mouvement elle esquive mon geste, m’empêche de récupérer ma baguette pour plaquer davantage la sienne contre ma gorge.
Ça ne coupe pas, ça ne m’est pas inconnu, je ne suis pas seul…mais je suis si mal.

« Mais que voulez-vous bordel !?!! »

« Je vais les retrouver. Ils ont peut être encore de la sympathie pour moi, je leur dirais que vous tentiez de me coincer, que vous vouliez que je les dénonce…je vais faire passer leur action pour mon sauvetage. Et je vous recontacte, Aoden. »

Tout s’est passé si vite. Les pas se rapprochent, enfin, j’ai envie de dire. Un peu plus et je pensais qu’ils s’étaient arrêtés pour laisser à cette peste le temps de monter son petit plan diabolique. La Emily contrariée, gênée, victime et désolée que j’ai rencontré il y a une poignée de minutes n’aurait jamais pris un tel risque. Elle ne se serait pas rendue à l’ennemi, en feignant une complicité ;

Toujours en garde, elle attend une réponse de Loïs. Réelle décisionnaire de ce chahut, provocatrice de cette mise en scène, ma potentielle sauveuse je ne l’oublie pas.
Emily a besoin de son accord, puisqu’elle aussi est menacée par une baguette…
Non mais qu’est ce qui m’a pris de faire venir la miss Lang ici ce soir ?
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Loïs Lang
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Ce message a été posté Lun 25 Fév 2013 - 20:21

|color=9c2e5a]"Parce que vous croyez vraiment être en position de négocier ?"[/color] La voix est dure, et sa prise se resserre sur la jeune femme même si elle ne peut atteindre son bras sans se mettre elle-même immédiatement en danger. Et surtout, sa voix ne tremble pas. Même si ce n'est pas le cas de son bras. Heureusement qu'Emily ne peut pas le voir. "Vous croyez vraiment que vous pouvez, maintenant, nous menacer ? Un seul mot, un seul geste malencontreux, et vous en subirez toutes les conséquences." Une courte pause. Et déjà, l'écho des voix de leurs poursuivants s'entend. Ils ne sont qu'à quelques rues de là, ils les cherches. On ne peut percevoir leur pas encore, mais ils sont là, bien là. Si près. "Vous entendez ? Ils arrivent."[/color] Loïs a l'habitude des ultimatums. On ne réussit pas des enquêtes journalistique comme les siennes sans en passer plusieurs fois par là, surtout dans le régime autoritaire sous lequel ils vivaient jusqu'alors. Pourtant elle y a rarement mit autant de hargne. Peut être parce qu'elle n'a jamais eu autant peur -et le problème, c'est que ce n'est pas pour elle-.

"Je pourrais le tuer si..." Les lèvres de Loïs se pincent et Emily ne peut finir sa phrase, coupé par un cri de douleur qu'elle étouffe aussitôt pour ne pas se faire repérer. "Fais ça. Penses-y seulement et les américains, même les pires des chasseurs de prime te paraîtront une option enviable face à ce que je te ferai subir." Il n'y a même plus d'agressivité dans sa voix. Juste le froid glacial d'une femme avec qui il n'est pas bon tester ce genre de choses. Et pourtant elle n'en mène pas large. Elle pourrait le faire. Un simple mot, voir même pas, un sortilège informulé -encore faudrait-il pour cela qu'elle soit assez puissante, ce qui n'est pas dit, mais Loïs ne prendra certainement pas le risque de la sous estimer. Pas comme Aoden-. Mais Loïs a au moins la satisfaction de voir qu'Emily n'en mène pas plus large qu'elle, sauf qu'elle, elle ne sait pas aussi bien le dissimuler. Pourtant elle bravade encore, la belle, et sa baguette s'enfonce un peu plus encore dans la gorge d'Aoden. "Si je suis vraiment celle que vous pensez, vous ne pouvez croire que je n'irais pas au bout, alors arrêtons nous pour discuter !" Mais elle a peur, trop peur, soudain, des menaces de Loïs, et ça se voit.

"Expelliarmus !" La violence du sort n'est pas vraiment maîtrisée par une Loïs Lang furieuse. Et si la baguette vole aussitôt, le corps d'Emily va violemment frapper le mur derrière elle. Une seconde de trop d’inattention, jolie poupée, et la voilà assommé pour le coup. Et le sourire mauvais qui ourle un instant les lèvres de Loïs est plein d'une victoire qu'elle ne devrait pas ressentir en cet instant. A terre, la jolie cruche qui a cru pouvoir les tromper, se jouer d'eux comme elle se joue sans doute du reste du monde. Pourtant c'est une victoire qu'elle n'a pas le temps de savourer, si tant est qu'elle l'ait voulu. Déjà les voix sont là, si proche, qui les cherchent. Et Loïs n'a pas le temps de penser. Le corps d'Emily s'est écroulé à terre, invisible dans l'ombre créée par l'immeuble. Et c'est Aoden qu'elle plaque contre le mur maintenant, se plaçant de telle façon à ce que rien de ce qui ne se passe ici ne puisse être visible. Ou en tout cas, qu'on croit que...

"Vous bougez d'un cheveux, Teagan, et je vous jure que je vous livre avec elle." Et elle sait qu'elle devrait réfléchir un peu plus avant, mais c'est trop tard, maintenant qu'elle sent le souffle d'Aoden si proche du sien. Non mais vraiment. Et les pas derrière elles qui tournent à l'angle de la rue. Ils sont là, juste là. Et elle ne peut pas bouger, impossible, sans révéler le pot-au-rose. Alors peut être qu'elle devrait abandonner sur le champs cette comédie stupide. Mais cette Emily est la sienne, et elle compte bien apprendre elle-même tous ses petits secrets. Comme une soif vengeresse. Même si cela veut dire attendre, le visage à quelques millimètres à peine de celui d'Aoden, donnant l'image parfaite du couple en pleine réconciliation...

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Ce message a été posté Lun 25 Fév 2013 - 21:08

"Je pourrais le tuer si..."
Je ne pensais pas pouvoir survivre à une telle menace, moi. Mais je ne suis pas mort. Mon cœur n’a pas cessé de battre dans un soubresaut déchirant bien au contraire, il frappe avec une force que je ne soupçonnais pas, à faire trembler mon torse, à agiter mon sang bouillant au point que mes tempes sont douloureuses.
Ceci dit, et ce n’est en rien pour me faire prétentieux, la douleur à cet instant je ne la sens pas. Pas du tout. Tout mon corps est engourdi et je ne ressens qu’une chaleur étouffante, accablante. L’adrénaline mais surtout la peur. C’est, je pense, ce qu’on appelle être pétrifié. Figé de frayeur. Voilà ce que je ressens. Rien de plus. Même le bout de la baguette sous mon menton n’a pas la moindre intensité, comme s’il n’y avait pas de touché. De contact. Il n’y a que cette ardente atmosphère qui m’épuise et l’incapacité éreintante de ne pouvoir effectuer le moindre geste ;

J’ai merdé. Sur toute la ligne. Puissamment, violemment. Je crois avoir baissé ma garde pour deux raisons parfaitement grotesques : premièrement j’ai tressailli l’espace d’une seconde devant les beaux yeux d’Emily mais le pire, et le premier faux pas fut de me faire moins prudent car nous étions deux. Car Loïs était là, car Loïs est arrivée. C’est là que j’ai baissé ma garde, qu’Emily a pu se glisser entre mes défenses ;
Garce. Mais je ne vaux pas mieux.
« …arrêtons-nous pour discuter ! » Dit-elle. Cette espèce de manipulatrice professionnelle ! Mais c’est impossible, elle n’a pas vingt cinq ans cette peste ! Je rage, mais c’est très intérieur. Mon visage n’exprime réellement que crainte et je n’ai même pas les moyens d’exprimer ma surprise quand la jeune femme qui nous a piégés se retrouve projetée plus loin…
Au moment ou mes lèvres s’entrouvrent, ou je m’apprête à souffler un remerciement ou du moins un soupir de soulagement, mon corps se retrouve à son tour chahuté.
C’est contre le mur que je me retrouve, menacé. Encore.

« …Loïs ? » Allez, deux, peut être trois secondes. Ça parait peu dit comme ça mais croyez-le c’est énorme. Terriblement long. Pourtant c’est ce qu’il m’a fallut pour retrouver un brin de hargne. Mes sourcils se froncent, réveillant tous mes muscles qui font mine de lutter. « Qu’est ce que vous fabriquez nous ne pouvons pas rester là ! » Mais je ne la repousse pas. Je pourrais. Pour qui me prenez-vous ? Si je le décide seulement, elle se retrouvera elle aussi au sol. Car elle ne me fera pas le moindre mal…j’ose espérer. Mais je ne fais rien car j’entends bien les abrutis s’approcher de nous et je retiens mon souffle en comprenant que ma chef, son superbe cambré des reins surtout, est visible…probablement. « Vous auriez pu nous faire tuer… »

La chaleur provoquée plus tôt par la peur était envahissante. Gênante. Maintenant qu’Emily a été mise sur la touche, je devrais me sentir un peu plus léger, n’est ce pas ? Je n’y parviens pas. Non seulement parce que des ennemis sont toujours potentiellement sur nous – ils ne devraient pas tarder maintenant – mais aussi et surtout parce que…non. En fait. Je n’ai pas peur de Loïs. Ce n’est pas la même chaleur, ce n’est pas cette angoisse là.
Une sorte d’animation inattendue, d’avidité amusante en d’autres circonstances, un emportement trop ironique qui parvient à m’arracher un sourire ;
Mais je n’ai pas le temps, de prendre le temps.
Délicatement mais avec empressement ma main se glisse dans le bas du dos de ma supérieure – pourvu que je m’en souvienne – l’autre l’imite avec plus ou moins de précision et mes lèvres viennent s’emparer des siennes. La douceur serait de mise pour un premier baiser, je tente de ne pas passer à côté. Néanmoins il n’est pas inutile d’exprimer une certaine passion si l’on veut être crédible. Passer pour ce que l’on n’est pas…et ça marche. Collé l'un contre l'autre, emporté dans une expression claire et visible d'un sentiment profond, nous sommes un couple. Durant trois secondes;
C'est long souvenez-vous.

« Tss ; va sur la droite, dépêche on te suit ! »

Et déjà leurs pas se tirent. S’éloignent. Se barrent, appelez ça comme vous voulez ils ne sont plus là ! Évidemment ils ont pu laisser l’un des leurs monter la garde. S’ils ne sont pas trop bêtes, ils peuvent encore supposer qu’on s’est caché par là. Il y a des tas de petites ruelles, de renfoncements et de porches qui permettraient une cachette.

Difficile retour à la réalité, je détache mon visage de celui de la miss Lang et trouve un étrange intérêt au trottoir en face de nous. Pas évident, mais je reviens à elle quand je suis certain que personne ne s’approche de nôtre planque.

« …Vous voulez la livrer ?...Je ne la défends pas ! » Dis-je en haussant le ton en guise de protestation, les mains levées. « Je dis simplement qu’il se pourrait qu’elle ait été manipulée. Depuis le début. les plus dangereux sont ces types alors… »

Je hausse les épaules et me défais de son étreinte. Le gout de ses lèvres encore sur le bout des miennes, je glisse une main dans ma nuque comme cherchant à me détendre et je me penche vers la traitresse. Elle est bien KO. C’est une bonne chose, elle n’aurait rien arrangée en étant consciente ;
Mal à l’aise et clairement embarrassé, je désigne la route qu'ils ont pris et m’empare – enfin – de ma baguette.

« Je vais les suivre. Si vous voulez vous occuper d’elle. »


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Loïs Lang
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Ce message a été posté Mar 26 Fév 2013 - 20:29

"Je sais ce que je fais." Un marmonnement, à peine, entre ses dents. Il remettrait donc en doute ses actions à elle, alors que c'est lui qui a faillit plonger tête la première dans un piège qui aurait pu lui coûter la vie ? Elle voudrait protester plus mais elle sait bien que ce serait prendre le risque de se faire prendre, et déjà elle guette avec une appréhension grandissante les pas qui se rapproche. Et elle tente de se concentrer sur ça, leur présence, juste derrière elle, à quelques mètres, pour oublier qu'elle est proche, si proche de son journaliste. Se concentrer sur le danger qui les guette et pas sur la chaleur de leurs corps. Se concentrer sur ces hommes et sur le fait de ne pas se faire repérer et pas sur la respiration d'Aoden sur laquelle la sienne vient se caler inconsciemment.
Et puis le baiser. Il n'y a pas vraiment d'autres mots alors que les mains de Teagan sont passées dans le bas de son dos, la rapprochant encore -comme s'ils n'étaient pas assez prêt !-. C'est un blackout de quelques secondes pour Loïs. Un noir total. Avec juste leurs souffles qui se mêlent. Avec juste le battement du sang à ses tempes. Trop fort.
Juste quelques secondes d'une vie, qui prennent fin avec la brutalité avec laquelle elles ont commencées. Et autour d'eux le monde a continué à tourner même si un instant, un très bref instant, elle en doute. Pourtant la voix d'Aoden fait un atterrissage parfait, et parfaitement brutal, si bien qu'elle a presque l'impression d'être aussi abasourdi qu'après un crash en balais. Mais il a raison. Et elle jette un regard par dessus son épaule pour vérifier qu'ils sont bien seuls. "C'est possible, oui. Mais vous m'excuserez de ne pas y croire." Le ton n'est plus aussi ironiquement glacial et les mots lui râpent un peu la gorge au moment où elle les prononce. Et le fait de parler à mi-voix n'arrange rien à cette sensation. Et peut être aussi parce qu'elle a l'impression qu'Aoden est assez naïf pour être toujours sous le charme d'Emily. Parce qu'elle n'est visiblement pas aussi certaine que lui que les hommes qui recherche son flirt du moment soient réellement des Mangemorts. Et qu'elle doit juste mettre ce qui vient de se passer de côté. Loin.

Un regard par dessus son épaule, pour s'assurer qu'il ne sont plus là. Et Aoden qui s'échappe dans le mouvement. Sans qu'elle ne cherche à le retenir. Ils n'ont plus à jouer le jeu, ils sont seuls pour le moment. Exept Emily, bien sûr, mais ce n'est pas comme si elle pouvait encore croire en quoi que ce soit. D'un geste presque machinal, Loïs ramasse la baguette que la petite brune a laissé échapper, déjà concentrée sur la suite. Ils doivent agir, oui, mais pas n'importe comment. Et l'idée d'Aoden semble encore être ce qu'elle qualifie de n'importe comment. "Attendez !" Sa main a volé vers lui sans qu'elle n'ai le temps d'y réfléchir. S'est saisit de la sienne mais eh, là, pour ce soir, ils ne sont plus vraiment à ça près. En tout cas, elle le retient, et d'une poigne assez ferme pour qu'il ne lui glisse pas tout de suite entre les doigts. "S'ils sont réellement ce que l'on pense, ils sont trop dangereux pour que je vous laisse y aller seul. Hors de question."
Le ton se voudrait autoritaire mais il n'est plus vraiment celui de la chef en chef, de la patronne intraitable ou même joueuse. Il n'y a plus de hiérarchie ce soir, les sorts peuvent les atteindre indistinctement si sorts il y a. Et c'est en l'occurrence ce qu'elle voudrait éviter. "Ce n'est pas ce soir que nous les arrêterons, Aoden. Il vaut mieux rentrer."

Ils ne sont pas préparés, ni l'un, ni l'autre, et même si, il y a peu encore, elle aurait sans doute foncer sans plus de réflexion, les récents évènements lui ont apprit à ne pas le faire. Alors elle presse sa main, sérieuse et presque.. demandeuse. Elle voulait de l'action, peut être, mais pas une course poursuite inopinée dans les rues londonienne. Même si l'idée a quelque chose de terriblement séduisant. Et qu'il ne faudrait pas beaucoup pour la faire retomber dans ses vieux démons et la convaincre...
Mais elle ne peut pas, n'est-ce pas ? Elle ne peut pas juste entraîner Aoden -alors que techniquement, c'est lui qui l'entraîne- sans savoir à qui ils ont réellement à faire. Elle ne peut pas ne pas se montrer raisonnable. Et pourtant il s'en faudrait de tellement peu...

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Ce message a été posté Mar 26 Fév 2013 - 22:41



Évidemment qu’elle n’y croit pas. Emily est la seconde femme présente dans le scénario ce soir. C’est de la concurrence directe, ne voyez-vous pas ? Loïs veut sans doute toute la place, et elle ne s’en rend peut être pas compte. Après tout comment reconnaitre que l’on veut accaparer l’attention sans passer pour un grand égocentrique ? Une ; en l’occurrence. Mais je peux aussi me sentir concerné ;
Contrairement à elle néanmoins, moi, je ne peux pas retirer tous les protagonistes mâles de la scène comme elle se débarrasse de la jeune Emily.
Captiver toute l’attention de la seule qui pourrait, à l’occasion, me rendre de grands services, ce serait pas mal. Eh oui c’est ma supérieure. Être l’unique que l’ancienne journaliste pourrait apprécier à l’œuvre. La savoir me regarder tandis que je tente de trouver une solution, en imaginant avec prétention qu’elle pense encore à notre baiser. Elle aussi.
C’est petit. Aoden. Vraiment petit. Loïs Lang est en fait prudente et intelligente. Ce que ce soir je ne suis pas. Dans le doute autant renforcer les défenses et monter les murailles les plus solides, quitte à prendre un risque pour le suspect, plutôt que d’échouer ;
Faible que je suis.

Un instant mes yeux restent rivés sur ma baguette et la main qui l’enserre. Comme si je ne savais plus m’en servir, comme si je découvrais cet étrange et inquiétant objet. Ça faisait longtemps que je n’avais pas été si durement et directement menacé. La première fois ? Non. Mais en réalité ça n’arrive pas si souvent ; pas à moi.
Je défendais la cause de l’Ordre depuis les bureaux – ou les rues de Londres, certes – et j’étais généralement loin du chahut d’un combat rapproché. S’il y a eu quelques violences, elles étaient imprévisibles et concernaient masse de personnes. Plutôt des emportements de foules, des débordements de manifestations tendues ;
Aujourd’hui il aurait pu m’arriver malheur. Mais bon, je ne suis pas seul. J’ai proposé à Loïs de venir et j’ai rarement eu si bonne idée.
Je glisse ma main libre mes cheveux dans un geste nerveux puis m’apprête à m’élancer à la poursuite de ces types ; la main de la jeune femme m’arrête alors.

« En effet ; et à deux nous serions certains de nous en sortir ? » Légère boutade, plutôt pensée et logique cette fois-ci. Elle n’a pas tort de douter de ma réussite si je m’en mêle seul mais en réalité quand bien même nous serions deux face à cette poignée de gars en colère, la victoire serait miracle. « …Hum. C’est dommage. Nous les tenions. S’ils sont capables de manipuler d’autres victimes comme Emily – si c’en est une – ou de s’en prendre à nos camarades…je m’en voudrais. »

Pourquoi ce conditionnel ? Il n’y a pas de si. Ils vont faire de sales choses, parce qu’ils sont sales. Parce qu’ils sont en danger au milieu de nous mais s’ils étaient un minimum sensés ils auraient quitté les lieux. Au moins fuit Londres ! Mais non, ils sont toujours là. Au cœur de la ville, à essayer des plans foireux. A vouloir piéger des membres de l’Ordre du Phénix ;
Une dernière tentative suicidaire ? Un essai de vengeance kamikaze ? Une autre sortie entre assassins pour ne pas disparaitre sans s’être battus, jusqu’au bout ?... Je peux aller très loin, mon imagination est profonde mais je sais que leur cruauté peut atteindre des renfoncements insoupçonnés ;
Une rancœur tenace au parfum puissant m’envahi alors que mes idées s’emmêlent entre dégout et fureur, haine et exaspération. On ne peut pas les laisser filer !

« Attendez Loïs. S’il vous plait. » La main dont elle s’est emparée se referme quelque peu sur la sienne. Mes doigts enlaçant les siens avec une fermeté qui empêche tout soupçon de tendresse mais peut laisser supposer un ambigüe caprice, mon regard insistant sans retenue aucune et un geste de la baguette en direction des autres ; j’ai une idée. Forcément. Autant la lui annoncer. « Suivons-les. Notre comédie a fonctionné jusqu’alors, si jamais on prend un risque nous n’avons qu’à…reprendre nos rôles. Mais suivons-les. Au moins pour trouver leur planque, savoir qui les cache. Nous enverrons davantage de forces après ça. »

Je ne lâche pas sa main. J’ai besoin qu’elle vienne avec moi. Car l’unique couverture dont nous disposons est notre semblant de couple. Car seul, je sais déjà que j’ai perdu d’avance. Mais abandonner je ne peux pas. Pas ce soir. Pas si prêt du but. Quel but je ne saurais le dire, mais me rendre utile est la seule satisfaction de mes journées depuis trop longtemps ;

« Regardez, ils ont bifurqués à droite là-bas. Les deux rues se croisent plus loin il me semble et il n’y a ici que des commerces…on devrait les retrouver plus loin. »

Qu’elle ne me prive pas de ce rafraichissement. De cette consolation. De cette bienfaisante sensation qu’est l’adrénaline. Elle me vide de tout problèmes capables de me saisir, m’échappe de tous les mondes tout en me concentrant sur le vrai. J’en ai besoin. Peut-elle seulement le deviner dans le bleu de mes yeux ?
Doucement je l’attire à moi. Avançons. Faisons ce qu’il y a de mieux à faire, pour deux personnes n’ayant en réalité, aucune autre sortie de prévue lors de ces sombres soirées…

Malgré mon envie d’être davantage délicat – après tant d’audace auprès de ma supérieure – nos pas se mettent en marche. La distance entre l’ennemi et nous est doucement réduite car ils sont prudents et nous trop pressés. Avides. Fous.
Je détache enfin mes doigts de sa main pour me cacher derrière un amas de caisses devant le premier commerce, puis, dans un signe de tête communicatif je lui demande d’avancer.
Au prochain carrefour nous les aurons rattrapé. On entend encore leurs pas, ils ne se sont pas arrêtés et j’ai comme l’impression que leur planque est toute proche…
Et si je me trompais ? Et si je vous avouais, que je ne connais rien des vrais risques ; du vrai danger ?
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Loïs Lang
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Ce message a été posté Mer 15 Mai 2013 - 12:01

La voix qui la fait vibrer. Les mots qui font tressaillir une corde sensible en elle. Elle, raisonnable ? Il fait résonner en elle ce frisson qu'elle contient depuis de trop longues semaines. Depuis ce repos forcé. Depuis cette blessure qui a laissé ces traces sur son corps... Depuis qu'elle met toutes les excuses possibles sur le dos de son nouveau job pour ne pas retourner sur le terrain. C'est là, c'est juste là. Et il n'y a qu'Aoden pour le faire ressurgir. Alors même qu'elle tente de le retenir, que ses doigts se referment un peu plus sur sa main. Alors même qu'elle voudrait lui dire d'arrêter cette folie -mais laquelle, de folie ? Le sait-elle elle-même ce soir ou tout semble si irréel?-. Alors même qu'elle sait qu'ils n'ont pas toutes les données, qu'ils ne savent même pas où ils vont.

Un vertige. Les yeux bandés au bord d'un précipice. Et cette main qui la retient. L'entraîne ? Elle ne sait plus. Elle sent juste ses doigts qui se font plus pressants encore. Continuer. Et elle sait qu'elle en a envie. Et elle sait surtout qu'elle n'a pas envie de lutter contre ça. "C'est dangereux..." Mais déjà ce n'est plus une vrai protestation. Déjà sa voix est loin de celle si ferme qu'elle devrait lui opposer. Le danger. Le danger ne lui a jamais fait peur, au contraire. Le danger l'attire, l'a toujours attiré. Et elle sent déjà ses jambes qui fourmillent, impatientes de se lancer dans les rues sombres de la ville. Et il se passe une toute petite seconde avant qu'elle ne reprenne la parole. Juste une toute petite seconde et sa voix a changé du tout au tout. Et elle est de nouveau la journaliste fière et forte qui fonce au delà de tous risques. "Ok, on les suit. Mais pas d'actes inconsidérés, je ne veux pas avoir à signer un accident de travail demain matin. Elle est de nouveau cette chef aux grands airs dont le regard pétillant d'amusement dément les paroles un peu trop rudes. Et le sourire qu'elle lui offre, juste le coin de ses lèvres recourbées avec un air légèrement moqueur, provocateur, est juste entre eux. Ok. Elle continue avec lui pour ce soir.

Et c'est elle d'ailleurs qui amorce le premier pas, l'entraîne à sa suite. Faut-il qu'elle ai l'esprit volage, elle qui quelques minutes avant tentait de le convaincre de renoncer, de reculer. De rentrer. Faut-il qu'il ne l'ai pas fait... Et qu'il réveille en elle ces petites choses, cette témérité. Et s'il était blessé ? Elle est là. Elle est là, il ne craint rien. Et d'un revers de pensées, elle repousse les doutes au loin. Elle n'en veut pas, elle veut juste vivre, pleinement, et ressentir encore son coeur s'emballer comme il recommence à le faire alors que ses chaussures claques sur le pavé, ses pas rythmés à ceux d'Aoden sans qu'elle n'ai même tenté de le faire exprès. Les hommes qu'ils suivent ne doivent pas être si loin, s'ils les cherchent réellement, et nul doute qu'ils tomberont rapidement sur eux. Et son coeur bat toujours un peu plus fort alors que les mètres défilent sous leurs pieds, et qu'irrémédiablement, ils se rapprochent...

Pourtant il n'y a pas un bruit. Pas une parole, comme s'ils étaient seuls dans les ruelles. Et peu à peu le sourire quitte ses yeux, ses sourcils délicats se froncent légèrement, ses traits se tendent. Et sa prise sur la main d'Aoden se resserre un peu plus. Parce que ce n'est pas normal. Parce qu'il y a quelque chose qui cloche, ici. Pas un bruit. Pas un chat dans les rues. Ou peut être un, si, justement, qui bouscule une poubelle avant de s'enfuir, la faisant presque sursauter, et broyer les doigts d'Aoden. L'excitation ressentie lorsqu'il a réussit à la convaincre de repartir à l'aventure se transforme en une tension qui lui vrille les muscles. Il est en train de se passer quelque chose. Elle le sait. Et sa main se resserre sur sa baguette.

Trop tard.

Comme sorti de nul part, un corps qui la bouscule, un coup d'épaule qui la fait trébucher, lâcher la main d'Aoden. Ils sont là, ils l'étaient sans doute depuis le début et elle comprend soudain que leur petit manège n'a en réalité servi absolument à rien. Un coup qui part, son bras aussitôt bloqué et le mur derrière elle, alors qu'on la bloque. Une douleur alors que son crâne frappe contre la pierre, mais ce n'est rien par rapport à la douleur à son égo -et dans un coin de sa tête, l'idée que oui, décidément, il est plus que temps qu'elle se remette à l'action !-. "Où est-elle ?" Pas besoin d'être devin pour comprendre de qui il parle, ce n'est pas eux qu'ils cherchent. Emily. Elle n'a rien le temps de dire, pas le temps de répondre. Et c'est du coin de l'oeil qu'elle voit quelque chose briller sur le torse de l'homme qui la retient, juste un éclat sous son manteau. Et elle doute d'avoir le temps de prévenir Aoden alors que lui-même est au prise avec deux autres hommes.

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Ce message a été posté Mer 15 Mai 2013 - 19:40

Tout devient différent, tandis qu’on s’approche du danger imminent. Les bruits sont étouffés alors que paradoxalement, on s’efforce de mieux tendre l’oreille. La respiration dérange alors qu’elle est vitale – jusque là, vous suivez je pense. Les pas sont douloureux et difficilement contrôlables, les palpitations du pouls sont sensibles et toutes aussi gênantes que les tremblements.
Là au bout des doigts, sur chaque trait du visage, l’adrénaline me prend et je suis péniblement enfermé dans une bulle d’excitation au moment ou je devrais être on ne peut plus concentré. Attentif. Minutieux.
C’est compliqué.
Je n’ai pas l’habitude de courser des méchants et puis toute cette mise en scène – probablement imaginaire – me perturbe beaucoup. Ce ne sont pas vraiment des sensations que je ressens tous les jours, loin de là.
Dernier petit détail, la cerise sur le gâteau si on veut : Loïs. Je ne suis pas seul. Les risques ne sont pas doublés mais c’est tout comme. Elle est en danger, par ma faute ? C’est elle la chef ! Mais ça n’enlève rien au caractère menaçant de l’instant ;
J’ai peur. Pour moi – que croyez-vous ! – mais pour elle aussi. Pour l’impact de nos agissements, les conséquences de notre audace.
Sauf qu’il y a un moment ou il faut arrêter de réfléchir.

« Loïs ! »

Vas-y, tu n’veux pas non plus leur donner son nom, son adresse et sa fâcheuse tendance à être autoritaire ? Toute sa bio même !?
Je reste bêtement figé devant la scène qui se déroule sous mes yeux. Elle est malmenée et immobilisée en une poignée de secondes à peine. Moi ? Et bien le temps que je comprenne ce qu’il nous arrive, quatre mains sont déjà fermement attrapées à mes vêtements pour me réserver le même sort que ma chef en chef. Ceci dit, je ne suis pas une fillette. Blague à part, elle non plus, si on veut.

En quelques mouvements que mon corps se découvre je leur fais lâcher prise une première fois, mais le résultat n’est guère encourageant. Leur réponse est directe et brutale, j’encaisse – mal – deux coups portés à l’abdomen et m’effondre presque aussitôt.
Ça va, c’était le choc. Je me redresse maladroitement et essaye à nouveau de les dégager, tout en retrouvant Loïs afin de m’assurer qu’elle n’a rien, mais c’est trop m’en demander.
Généreusement plaqué contre le mur je suis à mon tour paralysé, nos baguettes nous sont retirées et les questions s’enchainent sous la menace de leur expérience.
Sans déconner, ils s’y connaissent en baston les mecs.

« Allez vous faire foutre bordel ! Elle est en sécurité, loin d’ici ! »

Qu’est ce que j’en sais moi ? Et puis d’abord, quelles étaient mes hypothèses concernant ces mecs ? Cette fille – Emily – et la relation qu’ils peuvent avoir entre eux ? Je ne sais même plus. Dans l’immédiat tout ce que je constate, c’est qu’ils lui veulent du mal. Loïs a pris la demoiselle pour une ennemie, moi je n’ai toujours pas pris de décision.
Il serait temps.
De toute façon, ennemis d’une ennemie, ou d’une amie, ces types sont des méchants, non ?
Je lève les yeux au ciel face à mes propres pensées et cette mimique me coute un début d’étranglement. La vache. Ça n’fait pas du bien. Je ferme les yeux face au manque d’arrivée d’air à mes poumons. Je vais finir par étouffer, là, je n’ai même pas la force de tousser ! Un des gorilles calme son compère qui finit – alléluia – par me permettre de respirer à nouveau.

« Vous êtes des inconscients ! Cette femme est une plaie qui attire les Phénix jusqu’à la mort. Vous croyez quoi ? Que tous les mangemorts sont sagement terrés à Pré-au-lard ? Elle tend des pièges au plus inconscients d’entre nous et quand enfin on lui tombe dessus, vous la couvrez ? »

WTF ?
Alors que je galère comme un fou à reprendre ma respiration, je chercher à capter le regard de miss Lang. Ça devrait suffire pour qu’elle comprenne mes interrogations. Les mêmes qu’elle, à tous les coups. Est-ce que par hasard, les Ombres deviennent intelligents et subtils en mensonges ? Ou est-ce que l’on se bat…contre notre propre camp ?
Tout ça n’arrange pas mes affaires. Encore plus de questions, de doutes et de craintes.
Il y a une chose, et une seule qui m’arrange là tout de suite : je ne suis pas le chef. Alors c’est à elle, de prendre les décisions. Uhu.
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Loïs Lang
Messages : 1695 Crédits : Aoden
Age du personnage : 38 ans
Ascendance : Sang-de-bourbe
Emploi/Etude : Chef de la Tour des Médias
Faction : Ordre du Phénix
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Hippopotame
Epouvantard : Cadavre d'Harry Potter
Baguette magique:
Ce message a été posté Mar 10 Sep 2013 - 18:36

Pas le temps de dire un mot, non, mais pas le temps non plus de jeter un sort de silence à Aoden avant qu celui-ci réponde ! Elle n'oppose cependant aucune résistance à la prise de sa baguette et ce pour plusieurs raisons. De un, ce ne sont pas des ennemis. De deux, elle n'a aucune envie qu'ils la prennent, eux, pour une ennemie. Et de trois, et pas des moindres, elle a encore moins envie qu'ils lui fassent subir le même sort que celui qu'ils viennent de réserver à Aoden. Alors ses muscles ont tendu, toujours dans le feu de l'action, mais elle s'efforce de s'immobiliser et de ne pas répondre à cette tension malgré la grimace de compassion qui déforme ses traits. Sa soumission rapide, cependant, et la mise à terre de son journaliste permettent de faire revenir rapidement un calme relatif dans la ruelle. Relatif, si l'on excepte les questions dont ceux qu'elle a identifié comme des miliciens les pressent et auxquelles elle répond rapidement, s'identifiant sans la moindre hésitation. Une apparence contrôlée, bien loin de ce qu'elle ressent en réalité. Les pensées bouillonnent sous son crâne, la font frémir bien plus que la fraîcheur de la nuit alors qu'elle se retient à grand peine de se tourner vers Aoden d'un air triomphant pour l'assommer d'un "Je le savais !" victorieux. Non. Elle se contente d'afficher un sérieux sans faille lorsqu'elle répond : "Nous n'étions pas sûrs de vos intentions et il était hors de question de vous la livrer si vous étiez, vous, de l'autre bord. Mais nous avions de sérieux doutes à son sujet et c'est pour quoi nous avions prit la peine de l'immobiliser." Oui, nous. Elle contredit pas là-même les affirmations d'Aoden quelques instants plus tôt, mais il faut bien quelqu'un pour tenter de rattraper la situation. Et même avec plusieurs semaines loin du terrain, elle se sent instinctivement plus habile que le journaliste à ce genre d'exercices.

D'un signe, elle leur indique la direction et accepte même d'avancer la première, mains en vues, toujours privée de baguette. Les rues, dépourvues de leur aura de danger, lui semblent désormais moins sombres qu'à l'aller, moins excitantes aussi, alors que le frisson de l'action a bel et bien disparu. Ne reste plus que l'appréhension de ce qui pourrait se passer maintenant. Car elle sait qu'ils ne sont clairement pas à l'abri d'une accusation de trahison. Enfin. Surtout Aoden. Parlez-moi d'un joli fiasco... Pourtant elle n'arrive pas à se sentir totalement déçue. Surtout pas quand elle peut apercevoir au loin, après quelques minutes de marche, la forme recroquevillée qu'est le corps dissimulé sous une cape de la fameuse Emily. Ou quel que soit son véritable nom, d’ailleurs. Et il y a une certaine satisfaction dans sa voix lorsqu'elle la découvre aux yeux des miliciens : même après un certain temps sans pratique intensive, son sortilège de stupefixion est toujours aussi efficace. "Ça a l'air d'être elle... Bougez pas, vous deux." Aucun tressaillement de la part de Loïs qui a plus que l'habitude de se faire parler avec brusquerie. Ce ne sont pas les quelques semaines passées à recevoir un minimum de respect qui vont changer cela. Elle garde les mains en vue alors qu'on les menace toujours, les baguettes pointées sur eux. Elle n'entend de la discussion animée entre les quatre hommes que quelques mots rendus incompréhensibles par leurs chuchotements, mais elle n'en a cure, elle n'essaye même pas d'écouter. Elle se penche juste très légèrement vers Aoden pour lâcher entre ses dents : "On va se sortir de là rapidement. Et ne refaites plus jamais ça." Un signe de tête vers le porche qui les abritait plus tôt. Aucune précision sur le ça. Son enquête journalistique foirée ? Oui. Mais pas que. Et il est hors de question qu'elle fasse le moindre commentaire sur ce sujet. Surtout ici. Et elle serait tout à fait capable de nier jusqu'au bout la très légère couleur, reste d'irritation, qui vient de colorer un instant son visage. Elle qui déteste être surprise, surtout en pleine action. Elle en garderait presque une petite rancœur envers Aoden. "Bon. Suivez nous. On a quelques questions à vous poser." Et c'est sans discuter plus qu'ils obtempèrent.

*****

Plusieurs heures d'interrogation pour sa part. Une nuit largement écourtée pour répéter inlassablement la même histoire. Plusieurs jours de soupçons envers Aoden. Et une alliée des Mangemorts sous les verrous. Quelques jours après cette petite excursion, l'agacement avait fait place à un certain amusement. Si elle avait montré un visage sévère à Aoden, si elle avait tenu à ce qu'il y ai une certaine surveillance pendant un temps de ses possibles sujets d'articles, pour que sa maladresse ne le mette pas une fois de plus en danger, il n'en restait pas moins que repenser à cela lui donnait envie de sourire. Tout au fond, bien sûr, elle ne comptait pas le montrer à quiconque. Mais à retourner pour quelques heures sur le terrain, elle avait tout de même passé une bonne soirée.

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