Et maintenant, on va où ?



 



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Ce message a été posté Sam 2 Fév 2013 - 13:14

Il avait fallut trois longs quarts d'heure pour que je retrouve un semblant de calme. Avachi contre un mur, j'avais fermé les yeux et appliqué la vieille méthode habituelle : ne penser à rien, faire le vide, attendre que l'orage passe.... et c'était passé. Finalement, même absent et impuissant, mon père continuait de m'aider. Cette technique, c'était son idée. Il me l'avait apprise à 8 ans, lors d'un après-midi mémorable où j'avais faillis faire une crise en public. L'incident avait été évité de justesse.... et la leçon bien retenue.

De nouveau prêt à affronter le monde - ou plutôt, à ne pas l'affronter - je m'étais relevé et avait rejoint l'infirmerie pour faire enfin soigner cette jambe. En un coup de baguette, le guérisseur avait ressoudé mes muscles. « Mais pas de mouvement brusque ! », avait-il précisé avant de rejoindre le lit de ma soeur. L'abdomen de Clio était entièrement refermé mais son état restait fragile... trop fragile. La moindre bousculade pouvait la condamner à quatre jours supplémentaires à l'infirmerie. Problème : comment la convaincre de rester alitée quand Calliopée et moi ne pensions qu'à descendre dans la Grande Salle ? Fatigué de me disputer avec les gens, j'avais haussé les épaules et laissé Calli régler la question. Qu'elles se débrouillent entre elles ! De toute façon, elles connaissaient déjà mon avis : " Reste au lit et attend qu'on revienne te faire un topo." Libres à elles de le prendre en compte ou pas.

Arrivé dans le hall, j'avais été happé par une foule impatiente.

« Ca y est ! Elle est là ! »
« Elle va parler ! »

" Alors comme ça la tante va nous faire un petit discours ? "
avait-je pensé en suivant les Héritiers. Et là paf ! Je l'avais aperçue. Juste à côté de Wilhilemina, sur l'estrade en bois.... comme si elle était la légitime représentante des Ombres. Comme si elle avait le droit de parler en son nom. Sentant la colère repointer le bout de son nez, j'avais détourné la tête et fixer mes yeux au sol. Du calme ! Je pouvais pas me permettre une nouvelle scène ici, devant tout ces gens. Mieux valait attendre qu'on soit en petit comité Kark pour mettre les choses aux claires. En attendant, respirer, se détendre, penser à autre chose et surtout ne pas....

« Et c'est en tant que leader des Ombres que je vous annonce une coopération entre nos deux factions pour écraser l'envahisseur. »

PARDON ?! J'avais retenu de justesse le cri d'indignation qui menaçait de franchir mes lèvres. Comment est-ce que cette pouffiasse se permettait de prendre une décision aussi importante ? Elle n'avait même pas eu la décence de nous prévenir ! Pour quoi est-ce qu'elle nous prenait exactement ? Les rejetons chiants qu'il faudrait confier à une babysitter pendant qu'elle occupait le trône de mon père ? Incapable d'en écouter d'avantage, j'avais écarté ma soeur et jaillit hors de la salle. Mes jambes m'avaient naturellement conduit au troisième étage, en face de l'infirmerie où Clio devrait forcément revenir. Après trois allers retours précipités dans le couloir, un bruit de pas m'avait poussé dans la première salle de classe ouverte.

Et voilà comment je me retrouve là, assis sur un vieux bureau bancal, la tête dans les mains. Pendant un court instant, je pense pouvoir profiter d'un moment de paix mais c'est sans compter sur les boulets qui arpentent le château. Non content de m'avoir fait battre en retraite, l'intrus semble décidé à me poursuivre jusqu'ici. Merlin ! Y a pas moyen d'avoir un peu d'intimité dans cette foutue école ? Visiblement, non. Eh bien mon invité va pas être déçu !

« Vous pouvez pas.... »

Calliope. Le regard si familier de ma soeur me fait aussitôt ravaler insultes, remarques acerbes et ton tranchant. Pour la première fois depuis notre rapatriement à Poudlard, je prends le temps de l'observer. Ses traits sont marqués par la même souffrance que la mienne.... et un petit quelque chose en plus. Je me demande quel effet lui a fait le discours d'Elena. Est-ce qu'elle approuve ? Est-ce qu'elle fulmine ? Je suis aussi curieux de savoir ce qu'elle ressent, ce qu'elle pense, ce qu'elle a envie de faire. Tant de questions que j'aimerai lui poser, tant de choses que j'aimerai partager avec l'une des rare personnes capable de comprendre exactement ce que je vis. Mais comme je n'ai pas l'habitude de ces choses là et que je ne sais jamais comment commencer, je me contente d'un banal :

« Clio ? »
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Calliope Kark
Calliope Kark
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Ce message a été posté Dim 10 Fév 2013 - 16:27

La vie était d’un drôle, d’une ironie et d’un cynisme saisissant ! La Kark sentait doucement sa raison lui échapper alors qu’écoutant l’annonce, elle dut étouffer un gloussement. La nuit se peinturlurait teintes criardes, on plongeait dans l’absurde. Elle avait glapi plus que ri, évitant de s’attirer les regards inquiets comme désapprobateurs de son entourage. La farce atteignait son paroxysme !

Non content d’abandonner son père cette sombre garce n’aspirait qu’à lui piquer sa place. Dans son esprit embrumé par les vapeurs de la paranoïa, les pièces d’un puzzle s’emboitaient pour former un tableau sinistre. Du sourire qu’Elena lui avait accordé au petit-déjeuner, au regard de serpent qu’elle lui accordait. Elle avait tout manigancé c’était certain, elle n’était qu’une ambitieuse, tout était calculé depuis le début, ça ne pouvait être que ça. La vipère sous ses allures d’épouse parfaite avait élaboré toute cette stratégie, le mariage n’était qu’une étape les enfonçant tous dans ce bourbier. Elena ne s’était approchée de son père que pour lui nuire, pourquoi ? La Kark s’en souciait peu, se contentant de penser que c’était dans son sang. Félonie et boniment, c’était tout ce qu’était la Mulciber. Elle ne méritait pas le nom Kark, ne l’avait acquis que par avidité pour s’emparer du trône de son père. Sciemment elle avait dû laisser la tour des médias tomber, quant au quartier général elle avait dû accélérer son agonie. La perfide legilimens n’avait même pas protégé correctement son père, pire encore elle l’avait abandonné, et les avait à faire de même. Tous les jurons qu’elle avait assénés à sa belle-mère brûlaient encore ses lèvres. Et tant étaient restés silencieux.

La jeune femme aurait sans doute levé sa baguette dans la foule, si l’absurdité de la scène ne l’avait pas quasi clouée sur place. Elena s’était éclipsée lorsque que Calliope put enfin faire autre chose que ruminer ses noirs desseins.

Difficile de quitter la grande salle, la populace mangemort semblait fomenter un complot pour l’empêcher de s’échapper. Sa blessure à la jambe n’aidait pas plus, la Kark manqua de déraper avec sa béquille alors que cette dernière se heurtait au pied d’un homme. Le sourire compatissant qu’il lui accorda lui fit ravaler le « excusez-moi » qu’elle comptait lui offrir. Et pourquoi ne lui présentait-il pas ses condoléances pendant qu’il y était ? Son père n’était pas mort, juste blessé et prisonnier. Et ça ce n’était de la faute que d’une seule personne : Elena Mulciber . Que cette garce savoure son heure de gloire, car Calliope jurait sur son sang et sur son âme de le retrouver et de chasser la vipère du trône qu’elle s’était arrogée. La Poufsouffle croisa sur sa route sa douce petite sœur au visage pâle, en bonne ainée elle s’efforça de singer une expression qu’elle voulait rassurante, le temps de la raccompagner à l’infirmerie. Les deux Kark ne manquèrent cette occasion de cracher leur venin sur leur odieuse belle-mère arguant des « Si elle croit qu’elle aura un quelconque ascendant sur nous, c’est que sa tête est aussi fêlée que le cerveau d’un centaure. » et autres douceurs en tout genre. Son fiel n’avait toujours pas été apaisé lorsque la fourchelang avait mis Clio au lit. « La nuit a été longue, profite de ces heures de répits pour te reposer, on ne sait pas de quoi sera fait demain. » Sans doute de feu et de sang. Mais ça n’était jamais que le sombre espoir qu’elle nourrissait.

Revenir à Poudlard avait quelque chose de contre nature, la jeune femme lui avait fait ses adieux il y a plus d’un an déjà, et entre temps l’académie était devenue la forteresse ennemie qui avait gardé captive sa pauvre petite sœur. Rien qui ce soir est l’effet d’un foyer pour elle. Son monde s’effondrait et son seul roc lui paraissait abrupt et déchirant. Un récif balayé par la tempête.

La porte de la salle de cours entrouverte attirant autant son attention que la silhouette de son frère. Ils n’avaient pas eu l’occasion de se parler depuis les mots haineux échangés, depuis l’ouragan de paroles que leurs géniteurs avaient laissé déferlé sur eux. Tout paraissait loin, désuet, englouti en même temps que leur monde paisible. Elle devait sans doute dire quelque chose, proposer une trêve, lancer la danse des explications, mais tout ça s’accordait bien mal avec l’incendie qui la ravageait, la Kark n’avait le cœur qu’à la haine et la destruction. « Au lit. Je viens de demander à ce qu’on lui administre une potion de sommeil sans rêve. Elle a besoin de se reposer. » Le silence retomba, les enveloppant dans une gêne tenace. Aux yeux de Calliope les martellements de son cœur agité, emplissait l’air. La savait-il nerveuse ? Oui. Ça ne faisait aucun doute. La poufsouffle préféra se gorger et lâcher d’une traite. « Qu’est-ce qu’elle croit cette vipère ? Qu’elle peut prendre la place de papa comme si de rien n’était ? C’est toi l’héritier Arutha, bâtard ou pas, ne la laisse pas se comporter comme si elle était maître de la famille et du travail de notre père ! Et tu as vu sa façon de parler ? Elle ne songe même pas à sauver Papa ! Il faut faire quelque chose ! »


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Ce message a été posté Mar 12 Fév 2013 - 13:25

Clio au lit.... enfin une bonne nouvelle ! Je hoche silencieusement la tête puis repose les yeux sur le tableau noir en face de moi. La longue pause qui suit me met mal à l'aise. Dans le genre "silence pesant" on fait difficilement mieux. Je me doute que plus il s'éternisera, plus la tempête qui suivra sera violente. En fait, le meilleur plan serait de mettre fin à ce mutisme tout de suite et déverser tout ce qu'on a. Au moins ce serait fait. Au moins, on serait débarrassé de cette corvée.... puisque de toute façon on y échappera pas.
Cette certitude acquise, je me mets à espérer lâchement qu'elle ouvrira en premier les hostilités. La dernière chose dont j'ai besoin, c'est de me sentir responsable d'un nouveau dérapage hors norme. Le fiasco de tout à l'heure a largement suffit ! Les bras croisés, j'attends que les minutes passent et que Calliope craque.... enfin, elle cède et ouvre les vannes. Son flot de paroles m'agace autant qu'il me remplit de fierté. Entendre Calliope défendre bec et ongle notre héritage me satisfait plus que je ne pourrai jamais l'admettre. Ca c'est une vraie Kark. Ca c'est une attitude digne de notre famille. Si seulement elle pouvait être aussi combattive dans la vie de tous les jours !..... et défier d'autre personnes que notre détestable belle-mère. Baël par exemple, pour ne citer que lui. Fiancé ou pas, il mériterait de voir cette facette là de Calli. Mais peut être qu'il l'a déjà vue.... je l'espère en tout cas.

Malheureusement, ma soeur ne saura jamais à quel point son attitude me plaît. A peine éveillée, la fierté est aussitôt étouffée par l'irritation. Oui je suis son héritier. Oui Elena outrepasse les limites. Oui elle se comporte comme une catin opportuniste. Est-ce qu'elle croit vraiment que j'ai rien remarqué ? Que je n'ai pas déjà pensé à tout ça ?

« Qu'est ce que j'étais censé faire ? Piquer une crise au milieu de la Grande Salle ? M'humilier puis lui demander gentiment de dégager ? La forcer à me rendre ma place à coup de maléfices ? Sûr que ça aurait été intelligent après ce qu'on vient de vivre ! », je crache furieusement.

J'hésite à ajouter l'argument qui m'obsède depuis plusieurs minutes mais me retient de justesse. " Penses-tu que tu existes encore sans le pouvoir pathétique de ton père ? ". Aussi douloureux que ce soit, Corvus a raison ; à part mon nom, je n'ai rien. Pas d'alliés, pas de fortune mirobolante, pas de pouvoirs extraordinaires.... juste un nom et une faction qui risque d'éclater. Quant à faire d'Elena notre ennemie, c'est la pire idée qu'on puisse avoir. Elle a beaucoup trop de contacts, une influence dangereuse et - je dois bien le reconnaître - un talent certain en duel. Bref, plutôt affronter un basilic !

« Essaie de réfléchir un peu. », je sors ma baguette et la pointe sur la porte pour la verrouiller. J'ajoute un sort qui nous protégera des oreilles indiscrètes, juste au cas où. « Tu l'as vue se battre. Tu crois vraiment qu'on a besoin d'un ennemi comme ça ? On peux pas la virer.... pas tout de suite. Mais rien nous empêche d'utiliser notre nom. », j'ajoute précipitamment avant qu'elle ne songe à protester.

Influente ou pas, Elena aura besoin de notre soutien en public. Si l'un de nous trois remet en question son autorité, les plus fervents partisans de mon père nous suivront, j'en suis presque sûr.

« Si on s'y prend bien, on peut l'obliger à faire ce qu'on demande. »

" Ce qu'on demande ".... j'aurai pu dire "à le libérer ", " à me rendre ma place ", " à mettre sur pied une mission de sauvetage ". Au lieu de ça j'ai utilisé une expression fourre-tout évasive. Comme si je n'étais pas encore sûr de ce que j'allais lui demander. Comme si ordonner la libération de mon père n'était pas dans la liste des priorités. Et pourtant c'est le cas ! Mon rêve le plus cher est de le voir revenir ! .... c'est logique, non ? C'est ce qu'on attend d'un fils loyal. Soudain, je sens le doute s'incruster dans mon cerveau. Est-ce que.... est-ce que j'ai envie de le voir revenir ? Ou est-ce que je me plais juste à le penser par devoir ? Mi-dégoûté, mi-effrayé, je m'empresse de reposer les yeux sur le tableau noir. Je me force ensuite à adopter l'air de quelqu'un plongé dans une intense réflexion. Tout plutôt que de croiser le regard de ma soeur. Tout plutôt que de lui avouer que je suis peut être un incroyable salaud qui hésite à sauver son père.
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Calliope Kark
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Ce message a été posté Jeu 21 Fév 2013 - 20:17

« Je n’ai jamais dit ça. » Croyait-il toujours que chacune de ses paroles étaient des traits destinés à le clouer au sol. Arutha se drapait dans un costume de victime accusant les reproches, alors qu’à aucun instant Calliope n’avait remis en cause son comportement depuis le départ du ministère. La poufsouffle s’efforça d’étouffer la vague d’agacement qui ne manquerait pas de déferler. Son état de nerfs, cette vulnérabilité émotionnelle pouvait générer en elle à tout instant un raz-de-marée de violence tant verbale que physique. « Et qu’est-ce qu’on lui demande ? La libération de papa ? Tu penses sincèrement que si elle s’en souciait un tant soit peu elle l’aurait abandonné lâchement comme elle l’a fait ? On est pieds et poings liés ! Quand bien même nous jouerions la comédie….. » Ce n’était pas lui qu’elle accablait, pas vraiment. Dans sa voix perçait la détresse ancrée profondément en elle. Elle dut serrer les dents un instant pour faire disparaitre de sa gorge ce trémolo dangereux. Pas le droit de pleurer, interdiction de craquer, la nuit n’était pas terminée, pas plus que le combat. Si elle s’effondrait tout le monde le saurait, ils n’auraient besoin que d’un regard pour lire en elle. Voir l’enfant terrorisé tapis sous son regard dur, ils verraient la chair de poule qui granulait sa peau, ils l’entendraient la mélopée infernale de ce cœur qui explose à la simple évocation du futur.

« Qu’est-ce que tu crois qu’il va advenir de papa ? S’ils ne l’ont pas achevé dans la minute au ministère, jusqu’à quand ce temps de clémence va durer ? Quand leur comédie va cesser ? Ils vont organiser une parodie de procès pour mieux le tuer après ? Elena comment peut-elle l’aider alors qu’elle ne le souhaite même pas ? » L’avenir était trop incertain, peuplés d’épreuves terribles pouvant aboutir dans le meilleur des cas à un « mieux ». Mais plus rien ne serait comme avant c’était une certitude qui s’ancrait dans la chair de la Kark, ils avaient trop perdu pour revenir en arrière. La suite ne serait que déchéance et probable reconstruction sur les cendres passées. Le futur la terrorisait, et devant ce gouffre sans fin, seules des réponses de son ainé pouvaient l’aider. « Oui on peut se soumettre, de toute façon nous n’avons pas d’autres choix, mais pour combien de temps ? Jusqu’à ce que papa meurt ? Jusqu’à ce qu’elle ait trouvé un moyen de débarrasser de nous et de nous priver de notre légitime héritage ? Cette catin serait bien assez vile pour prétendre être enceinte, et mettre au monde un nouvel héritier bâtard. » Ou bien elle pouvait se servir de leur autre frère. Calliope crut bien vomir. Le cauchemar ne prendrait pas fin, jamais. Un Zabini dont elle avait préféré occulté l’existence jusqu’à maintenant, car peu important face au drame qui se jouait au ministère. Mais qui était-il ? Quelles étaient ses intentions ? Qu’attendait-il de sa famille ? La Kark n’était pas habituée à penser par elle-même, les prises de positions étaient difficile pour elle, et bien souvent la jeune femme se rangeait du côté de son père, qui ne pouvait avoir tort, et ne pouvait qu’agir dans son intérêt. Qui allait lui dire quoi faire maintenant ? Qui allait les aider ? La jeune femme tenta bien d’établir une liste d’alliés, mais tous les visages familiers lui semblaient ou trop faible ou trop peu fiable. « Quel soutien est-ce qu’on a ? Evan Rosier ? Ce type est un monstre. Oncle Edwin n’a pas la carrure de Papa. Et les Kark des autres branches n’attendent qu’une occasion pour nous spolié. Qu’est-ce qu’on doit faire Arutha ? Donne-moi une solution acceptable, c’est ton rôle maintenant, c’est toi l’Héritier. C’est à toi de prendre les décisions. »

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Ce message a été posté Ven 8 Mar 2013 - 20:27

Dire que je suis troublé serait un euphémisme ; l'intérieur de ma tête ressemble au ministère après le passage du golem américain. C'est un vrai bordel, un fouillis indescriptible, un champs de bataille où les idées s'affrontent sans pitié. Elle se succèdent, se contredisent et s'entre-déchirent à une vitesse terrifiante. J'avoue que je n'arrive pas à suivre... encore moins à choisir une résolution et à m'y tenir. A peine ai-je décidé de dire " noir " qu'une autre voix me suggère de dire " rouge ". Et quand ce n'est pas mon cerveau qui travaille contre lui-même, ce sont les paroles de ma soeur qui sèment le doute. Comme si ce n'était pas assez compliqué avec une seule tête pensante !

Jusqu'à ce qu'elle arrive, j'avais inconsciemment - ou pas - mit de côté les problèmes que pose la capture de notre père. J'imaginais peut être que j'aurai droit à une nuit de sommeil et quelques heures de répits ; ça n'aurait pas été de trop pour digérer les derniers évènements, les dernières nouvelles et prendre le recul nécessaire. Mais apparemment, c'est encore trop demandé ! Ma pauvre tentative d'esquive ne prend même pas : loin de se satisfaire de cette réponse, Calliope revient à la charge. Et là, tout s'embrouille ! Je n'ai pas envie de penser à notre père et à ses mensonges, pas envie d'établir un plan de sauvetage, pas envie d'imaginer nos retrouvailles et de redouter dès ce soir notre prochain affrontement.... mais lorsqu'elle évoque sa mort, quelque chose remue au fond de mon estomac.
Je l'avoue, l'idée m'a aussi effleurée l'esprit au moment de transplaner. Mais après y avoir réfléchit quelques minutes devant les portes de l'infirmerie, j'ai décidé qu'elle était inenvisageable. Mervyn Kark, mourir ? Impossible. Un sorcier qui s'est emparé du ministère, a réduit au silence tant d'ennemis et survécut à un sortilège mortel de Metelli ne peut pas s'éteindre aussi facilement. Il survivra à ses blessures et les Phénix le maintiendront en vie ; il est plus précieux vivant que mort. C'est une certitude. Il ne mourra pas. Agacé que Calli puisse imaginer le contraire, je claque de la langue en lui lançant un regard hostile. Je m’apprête même à l'interrompre mais le mot " héritage " détourne mes pensées. La voilà repartit dans un beau discours destiné à me rappeler que je suis l'aîné, le successeur légitime. Et quelque part, ça me touche : l'entendre de sa bouche - elle que j'ai toujours considéré comme une rivale - est plus puissant que toutes les séances d’auto-persuasion que je me suis infligé ces dernières années dans le miroir ou dans mon lit avant de fermer les yeux. Je suis même à deux doigts de laisser tomber toute rancune et de lui adresser un sourire sincèrement reconnaissant... mais le malaise provoqué par ses propos finit par l'emporter. Aussi flatté que je sois, je me sens incapable d'assumer toutes ces responsabilités comme ça, sans préparation et sans filet de secours. Et puis accepter ce rôle reviendrait à admettre la possibilité que mon père soit mort ou meurt dans les prochains jours.... hors de question ! L'angoisse me fait de nouveau hausser la voix :

« Tu t'entends parler ?! On croirait qu'il est déjà condamné ! Tu le prends pour le dernier des sang-des-bourbes ?! Il a survécut à Metelli, c'est pas quelques blessures qui vont le tuer ! »

Quelques blessures... l'image d'un carrelage tâché de sang essaie de refaire surface mais je la repousse violemment.

« T'as bien survécu au Sectumsempra. », j'ajoute brusquement. D'accord, c'est pas très classe de remettre ça sur le tapis mais si ça peut la convaincre qu'il est sauf... En croisant son regard, je regrette mes paroles. On s'est lancé assez vacheries pour le reste du mois. « Désolé. », je murmure à mi-voix. L'excuse qui franchit mes lèves me surprend moi-même. Désolé : c'est bien le dernier mot que j'aurai pensé adresser à ma soeur. Pourtant le remord est sincère, je n'ai plus envie de la blesser gratuitement. Et pas seulement parce qu'on s'en est prit plein la gueule ces dernières heures ; il y a aussi le fait qu'elle m'ai reconnu comme Héritier légitime. Ca la raye de la liste de mes adversaires... je crois.

En tout cas, pour l'instant, on a intérêt à se serrer les coudes. Entre l'interdiction de sortir, les Héritiers, les Ombres fidèles à Elena et les Phénix qui occupent le ministère, on a de quoi faire. Foncer seuls dehors est impensable. Reprendre la tête de la faction prendrait beaucoup trop de temps - sans compter que je me retrouverai aussitôt confronté à la chère tante Willie... pas besoin de préciser ce qu'elle penserait d'une mission de sauvetage pour son grand frère. Avec ou sans pacte, les Ombres et les Héritiers finiraient par s'affronter et tout ça nous ferait perdre un temps précieux. En fait, à part la constitution d'un commando secret qui parviendrait à sortir discrètement d'ici et à s'introduire au ministère, je ne vois pas ce qui pourrait marcher. C'est une idée complètement folle - suicidaire même - mais la seule à laquelle j'arrive à penser. Si seulement Calli m'accordait une nuit de sommeil pour retrouver mes esprits... mais non, elle continue de me fixer en attendant une réponse. Je détourne le regard en soupirant et me mets à pianoter nerveusement sur une table.

« L'organisation du procès nous laisse quelques jours de répit. Faut commencer par ressembler des alliés fiables. Il y en a forcément ! Edwin est peut être pas un tireur d'élite mais il est loyal. Les Lannister sont de notre côté depuis le début et ils nous suivront si je le leur demande. On peut même suggérer un serment inviolable si t'as des doutes ! »

Ces derniers mots me rappelle l'existence d'une autre famille fidèle à notre cause.... une famille à laquelle je n'accorde aucune confiance certes, mais nous sommes tout de même liés. Je me demande comment ils réagiraient s'ils apprenaient nos projets. Est-ce qu'ils enfermeraient Calliope pour la garder en vie jusqu'au mariage qui les libérerait du serment inviolable ? Ou est-ce qu'ils viendraient avec nous pour la protéger et tenter de secourir leur leader ? Evan a beau avoir l'air fidèle à mon père, je n'oublie pas que son fils est un monstre dégénéré.... et qu'il y a donc de fortes chances qu'il en soit un aussi.
Soudain, je me demande pourquoi notre père a fiancé Calli au fils Rosier. La question m'avait bien effleuré l'esprit l'été dernier mais les mots n'avaient jamais franchis mes lèvres. A ce moment là, j'étais trop choqué par la scène que je venais de voir et par la découverte du serment inviolable pour creuser le sujet. Mais cette nuit, je ressens le besoin d'en parler. C'est vrai : il y a d'autres familles sang-purs qui adhèrent à notre cause. Des familles plus riches et aussi prestigieuses. Pourquoi ne pas avoir choisis un autre héritier ? Par amitié pour les Rosier ou parce qu'ils avaient autre chose à offrir ? J'imagine mal mon père se désigner un beau-fils dérangé par bonté de coeur. C'est donc qu'il avait une preuve de leur loyauté et de leur soumission, non ? Et si on peut réutiliser ça à notre avantage....

« Et bien sûr il y a ton cher Rosier.... pourquoi est-ce qu'il t'as fiancé à lui ? C'est des monstres, tu l'as dis toi-même. Mais on peut en tirer quelque chose ? Tu dis que c'est moi l'héritier, le successeur qui prend les décisions. Alors réponds. »

J'espère qu'elle n'a pas de scrupules puériles à trahir son fiancé. De toute façon, qu'est ce que ça peut être à part un accord secret qui les lie à l'Ombre ? Auquel cas il n'y a aucun mal à me le révéler.
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Calliope Kark
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Ce message a été posté Mar 19 Mar 2013 - 12:48

Les vagues de son ire s’avançaient et reculaient sur les récifs escarpés des mots d’Arutha. Tantôt abrupts, excitant et dispersant les reflux de son agacement, tantôt plage dégagée où glissaient les mots et les inflexions de son frère. Mais les paroles rassurantes de son aîné avaient apaisé la tempête. La marée de sa colère avait reflué, et l’avait laissée échoué dans la lassitude et la détresse.

Cette nuit les avait tous épuisé, et elle, ne la faisait tenir debout que sa seule détermination.  Sa jambe lui faisait à nouveau mal, un écho lancinant à toutes les meurtrissures de son corps.  Elle écoutait silencieusement et se contentant d’acquiescer face aux paroles de son frère. Arutha savait quoi faire et l’espoir ténu noyé par les doutes et les difficultés se fit plus vif. Son frère prendrait les décisions. Elle se cantonna à se simple fait s’abritant derrière l’idée que peut-être n’étaient-ils pas si démunis. Son frère se rendait-il compte qu’en donnant une marche à suivre, il avait déjà endossé le rôle directeur que leur père avait toujours eu sur elle ? La Kark avait toujours eu besoin de quelqu’un pour lui dire quoi faire, pouvoir compter sur Arutha dans ce rôle  de remplaçant temporairement, lui ôtait un poids.  Elle pouvait lui faire confiance pour maintenir le cap, ça la rassurait. Son destin ne lui appartenait plus, ça ne serait plus ses choix. Ne pas penser par soi même était une facilité lui évitant les affres vertigineux du libre-arbitre. Il lui disait qu’il pouvait s’en sortir, la Poufsouffle avait choisi de croire en cette cause désespérée. De toute façon qu’est-ce qu’ils leur restaient à par la volonté de s’en sortir ? Peut-être était-ce uniquement cette soudaine fatigue qui la poussait à taire ses doutes, mais au moins on lui offrait un bref répit.

Un bref coup d’œil par la fenêtre lui fit se demander quel heure pouvait-il être ? La nuit semblait interminable, pendant combien de temps encore le monde des sorciers seraient enténébrés ? Est-ce qu’ils devaient dormir ? Est-ce qu’ils pourraient ? Son corps éreinté lui hurlait que oui. Elle tiqua à la nouvelle évocation des Rosier. Elle ne voulait pas lui mentir, et ne pouvait lui dire la vérité, elle se contenta d’hausser les épaules. « Je ne sais pas, Arutha. Il ne m’a jamais vraiment expliquée. » Ce n’était pas un mensonge en soi, à trois jours de son mariage la jeune femme ne comprenait toujours pas pourquoi son père avait choisi l’héritier Rosier comme fiancé tout en connaissant la noirceur de leur malédiction familiale. Une idée se profilait bien, mais elle était aussi terrifiante que la perspective d’un frère bâtard, voir d’un père mort. Cette cruelle vérité peignait Mervyn sous un jour que notre jeune Kark n’aurait pu supporter. Calliope refusait de penser que son père puisse la livrer en pâture au démon dans le seul but d’exploiter lui même les forces de la démonologie.

Baël. La Fourchelang n’avait pas eu une pensé pour son fiancé, elle n’avait aucune idée de l’endroit où il pouvait se trouver. Le démon avait-il participé au combat ? Si oui, dans quel camp ? Allastor n’aspirait qu’au carnage,  il devait bien se moquer de la faction des gens qu’il éventrait. Une seule certitude il n’était pas mort. Le serment était inviolable était plus que clair, elle devait épouser Baël, et sa ma mort ne rendait pas caduc le contrat. Si son fiancé mourrait avant le mariage, elle le suivrait aussitôt dans la tombe. Tel était l’épée de Damoclès qui planait au dessus d’elle.  «  Baël, ne nous sera d’aucune utilité. Il peut tuer, ça ce n’est pas un problème, mais il ne voudra pas nous aider, pas plus qu’il ne voudra sauver Papa.  »  Et si par miracle Baël reprenait le dessus sur le démon, la sang-pure n'était même par certaine qu'il soit disposé à les aider, il avait ignoré l'appel lors de l'attaque de Gringott. Elle ajouta sans détour et avec une pointe d'aigreur «De toute façon, il a plus le tempérament d'un Héritier. Et surtout ne voudra pas décevoir ses deux catins d'amantes, Ielena Dolohov et Isis Lestrange. Elles ne sont pas franchement ombre, ni des amis de la famille... » Pour la première fois dans la nuit, Calliope réalisa toutefois qu’elle pourrait tirer un maigre bienfait de cette soirée. Le coup d’état repoussait son mariage, elle n’aurait pas à se faire éventrer dans trois jours. La nuit de noce macabre était reportée. L’idée n’eut pas le temps de s’ancrer déjà, elle tentait de déchiffrer l’expression de son frère. Il était facile deviner que la réponse ne le satisfaisait pas, mais c’était la seule qu’elle avait à lui offrir. Plus lourdement encore la sang-pure s’appuya sur sa béquille, elle avait la désagréable impression que ses forces s’évaporait en même temps que sa colère s’ensommeillait. Ils discutèrent encore longtemps des différents alliés qu’ils pourraient dans les ombres, déterminant qui devrait parler à qui, lorsque les premiers rayons de l’aube les surprirent. Les deux Kark avaient besoin d’un peu de repos, aussi inconcevable puisse paraître le fait de dormir alors que leur monde volait en éclat, ils en avaient tous les deux trop besoin pour repousser l’idée.  Arutha s’éloignait déjà lorsque Calliope ressentit le besoin de lancer d’une voix faible.
«  Tu sais Arutha, je ne pense pas vraiment que tu sois incapable ou un monstre. Pas plus que Clio ne te déteste, ni moi. » Trop d’horreurs avaient été dites, vues, et vécues la sang-pure avait besoin d’en faire disparaître. Ils avaient exposé leur ressenti de la façon la plus violente qu’il soit,  maintenant qu’est-ce qu’ils leur restaient ? Tout avait été dit, la seule option qu’il leur restait était le pardon. Ces mots simples étaient  toutefois plus faciles à dire lorsqu’il se trouvait de dos.  Et pourtant, elle le tendait à nouveau vers lui ce fil ténu qu’ils avaient tout deux cherché à trancher sous l’emprise de la Discorde.

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Ce message a été posté Mar 26 Mar 2013 - 0:34

Malgré la fatigue, la douleur et les nouvelles preuves que Calliope n’a aucune intention de me doubler, la suspicion s’empare de mon cerveau. Pendant un cours instant je scrute son visage et plonge mes yeux dans les siens, à la recherche de n’importe quel signe de duplicité.... lorsque je réalise la stupidité de mon comportement, j’en ai presque honte. La méfiance est une vielle habitude dont il faudra me défaire. Je suppose que ce sont les restes de la rancune accumulée ces seize dernières années. Il faudra plus que quelques mots doux et un claquement de doigts pour la faire disparaître mais je finirai par m’en débarrasser ; il n’y a plus de place pour elle. Et puisqu’on doit se serrer les coudes, je vais commencer par rendre une petite visite à Rosier. Hors de question d’abandonner ma sœur à cette famille de dingues sans savoir ce qu’ils mijotent. Le simple fait que notre père ait préféré laisser Calliope dans l’ignorance est assez inquiétant. S’il s’agissait d’un simple mariage politique, il le lui aurait dit sans détour. Qu’est ce qui peut bien se cacher à la clé de cette alliance ? Qu’il n’ait pas jugé utile d’en parler à la principale intéressée est audacieux mais compréhensible, à la limite ; avec sa sensibilité et sa tendance à vouloir faire le bien partout, Calli aurait pu contrarier ses plans. Mais qu’il ne m’en ait pas touché un mot.... même sans me donner tous les détails, il aurait pu m’expliquer dans les grandes lignes ce qui se préparait. Ou bien il estimait déjà que je n’étais pas un héritier digne de connaître les secrets des Karks ?

Le cœur serré, j’essaie de ne pas retomber dans l’étau insoutenable des questions sans réponses lorsque ma petite sœur m’offre la distraction parfaite... ou presque. On ne devrait jamais mettre Héritiers, Baël, Isis et amante dans la même phrase. Pétrifié, je me repasse les trois derniers mots en boucle. Amants ? Alors qu’il était fiancé avec ma sœur ? Isis et Baël... Isis et moi.... Baël et moi.... mais c’est dégueulasse ! Pour mon bien comme pour le votre, je vous épargne les images qui me passent par la tête en ce moment même. Vous feriez des cauchemars... je vais faire des cauchemars !

« Comment tu le sais ? Depuis quand ? Scroutt ! Cette pétasse... et l’autre détraqué ! »

Elle va me le payer ! Elle aurait pu coucher avec n’importe qui d’autre – après tout, nous ne sommes que des amants occasionnels et je n’ai pas la moindre miette d’affection pour elle – mais elle l’a choisit lui, mon imbécile de beau-frère. Penser que j’ai partagé une femme avec Rosier.... et qu’il va ensuite poser les mains sur Calliope ! C’est écœurant !

« Je vais le tuer.», je souffle à mi-voix. « Non, je le ferai pas bien sûr. », j’ajoute précipitamment en réalisant la portée de cette menace. « Mais je lui en toucherai deux mots avant ton mariage, que ça te plaise ou pas. Ca sera rien de bien méchant, juste une petite mise au point. »

Et comme je n’ai pas envie de me prendre la tête avec ma sœur, je me dépêche de revenir à notre conversation sur les alliés. La discussion détourne mon attention du mariage mais le sujet demeure bien présent dans un coin de mon cerveau. Plus que trois jours pour mettre les choses au clair. Plus que trois jours pour assurer ses arrières... pour prendre soin d’elle. Une fois la bague au doigt, elle devra se débrouiller seule avec ces abominations.

Lorsque l’aube pointe son nez, mes pensées sont toujours partagées entre le sauvetage de mon père et l’union scabreuse qui se prépare. Et je suis éreinté... comme elle je suppose. D’un commun accord on conclue la conversation et je me précipite vers la porte. Pitié, un lit et une potion de sommeil sans rêves !

« Tu sais Arutha... »

Morgane ! Je pensais qu’on avait finit. Je me retourne et.... la fin de la phrase me laisse sans voix. Si je m’attendais à ça ! Le souvenir douloureux des insultes balancées à tout va au ministère m’étreint la poitrine. Elle n’avait pas besoin de revenir là-dessus : elle vient déjà de prouver qu’elle n’en pensait pas un mot. Par deux fois elle m’a rappelé que j’étais l’héritier. Elle place sa confiance en moi et son regard suffit à exprimer l’affection qu’elle garde pour son idiot de frère... malgré tout ce qu’il lui a fait. J’ai horreur de le dire mais je suis ému.

« T’es pas une Poufsouffle incompétente. T’es pas inutile. T’es.... une Kark. »

Sous ses airs de princesse en détresse, elle a toujours eu cette détermination et cette résistance qui caractérisent notre famille. Je me rapproche, hésite un instant puis cède à ce soudain accès de tendresse : sans prévenir, mes lèvres vont à la rencontre de son front pour y déposer un baiser.

« Et ma petite soeur. » je conclue en espérant que ces quelques mots suffiront à exprimer à la fois remerciements, remords et affection. Merlin sait que je n’ai jamais été doué pour ces trucs là. Mais comme cette nuit est particulière, je vais jusqu’à lui offrir un sourire. Au bout de quelques secondes il s’éclipse et je tourne les talons pour l’imiter.


C'est le bon choix. Je sais que c'est le bon choix ; je serai plus utile là-bas qu'ici, au garde à vous comme un toutou soumis. Et puis, ce n'est pas comme si j'abandonnai complètement la faction à Elena : Calliope s'assurera qu'elle ne prenne pas trop ses aises. Je lui fais confiance pour ça. Sans parler de Clio ! Elle est jeune mais pleine de ressource... et elle gardera le nom des Kark pendant plusieurs années encore. La mégère n'est donc pas un sujet d'inquiétude : mes soeurs garderont ma place au chaud. La tante ne devrait pas être un problème non plus. J'ai une foule d'arguments en tête et je me suis déjà préparé à endurer patiemment toutes les épreuves qu'elle pourrait m'imposer pour me tester... même si j'espère qu'on en arrivera pas là. Plus vite je serai dans la place, plus vite je pourrai commencer ma mission.... et aller de l'avant.
En fait, il y a une seule chose que je redoute vraiment : la séparation avec les Ombres. Se faire traiter de traître sera inévitable. On m'isolera, on me fuira, on m'insultera peut être.... j'ai beau ne jamais avoir eu beaucoup d'amis, il y a une différence entre l'antipathie déguisée et la franche animosité. Dans ces avalanches d'accusations et d'injures, mes seuls réconforts seront de savoir que mon infiltration vaut le coup.... et que les rares personnes qui ont de l'importance savent où réside ma loyauté. D'où l'importance de mettre mes soeurs au courant. J'ai d'abord hésité à leur parler de l'infiltration : ne leur ayant presque pas adressé la parole depuis la "nouvelle", je n'avais aucune envie de les encombrer avec ce nouveau poids. Puis j'ai réalisé que leur haine serait plus douloureuse que toutes les confrontations. Les croiser dans les rues de Pré-au-Lard et tenter d'échapper à leurs questions ou leurs regards méprisants serait harassant. J'espère juste qu'elles sauront jouer le jeu elles aussi. La première réaction de Calliope devrait déjà me donner une idée sur la question.

Sitôt entrée dans ma chambre, je relance les mêmes sorts que la dernière fois. Même chez soi, on est jamais trop prudents. Pendant un long moment, le silence règne en maître. Comment ne pas repenser à notre dernière entrevue en tête à tête ? Comment ne pas repenser à ce jour où on planifiait si naïvement son sauvetage ? Peut être vaudrait-il mieux aller droit au but et en finir tout de suite....

« J'ai vu Elena ce matin. Elle m'a proposé de m'infiltrer chez les Héritiers... et j'ai dis oui. Je vais voir Wilhelmina demain.»

Pas la peine de faire traîner le suspens plus longtemps. Au moins les choses sont claires et elle n'essaiera pas de me dissuader... si elle en a jamais eu l'idée. Je ne sais pas exactement ce que j'espère. De l'inquiétude ? Son approbation ? Ou tout simplement son soutien.
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Calliope Kark
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
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Ce message a été posté Mer 3 Avr 2013 - 21:17

Il fallait qu’on lui ôte son frère, qu’Arutha lui soit arraché alors qu’enfin Calliope commençait à apprivoiser son tempérament, alors que son aîné devenait le point d’ancrage rassurant dans son univers en pleine destruction. Mais cette fois-ci elle ne flancherait pas, pas comme dans la grande salle alors qu'Elena avait annoncé à tous, y compris à ses enfants, la mort de Mervyn.


Calliope avait été noyée sous le flot des paroles, ne saisissant leur sens qu'à retardement. Quand elle eut enfin compris, ce fut d'un bond qu'elle se leva, se retrouvant debout, les mains agrippées au plateau de la table pour éviter de tomber. Le vertige qui s'était alors insinué en elle, lui avait été odieux, la distrayant alors d'une douleur si vaste qu'il ne pouvait s'agir que de mort. La Kark avait su aussitôt qu'il s'agissait de la fin de son univers. Sa bouche s'était ouverte, mais la souffrance avait été si atroce alors, qu'elle n'avait même pas pu pleurer. Tout s'était effacé devant cette réalité bien cruelle et palpable. La sang-pure en totale état de choc avait oublié jusqu'à comment plier les genoux, et c'est brusquement qu'ils se dérobèrent sous elle. « Papa...papa...papa » Elle n'avait cessé de l'appeler, mais sa gorge avait été alors si serrée qu'aucun son n'avait pu en sortir. La grande salle tournoyait, elle suffoquait, se demandant alors si elle n'allait pas mourir avec son nom coincé dans sa gorge.

La suite, la sang-pure était bien incapable de s'en rappeler. Il ne demeurait qu'un grand vide, elle s'était réveillée seule dans une chambre, et ses joues s'étaient bien vite trempées de larmes. Elle n'était parvenue à s'extraire de miasmes de pleurs que lorsque ses pensées la ramenèrent à Clio. Veiller sur sa cadette, lui avait permis de ne pas se noyer dans son propre chagrin. La colère prenant une nouvelle fois le pas sur tout le reste avait été ces derniers jours le meilleur des moteurs. Et maintenant, alors qu'elle avait réussi recréer un faible équilibre dans le chaos, l'un des piliers de cette nouvelle existence lui était arraché.

Estomaquée, elle resta silencieuse, encaissant le coup cherchant ce qu'elle pouvait bien dire. Il ne lui demandait pas son avis. Non, il la prévenait, elle n'avait rien à dire. Pas de choix à faire, comme à chaque fois depuis fin décembre, Calliope se retrouvait dos au mur. Révoltée, en colère davantage contre le monde entier que contre son frère. La sang-pure se retrouvait à nouveau livrer à elle-même, Arutha dans la peau d'un infiltré c'était renoncer aux commandements de son frère, devoir se débrouiller seule, être maîtresse de son existence et veiller seule sur sa sœur. D'un autre côté, la fourchelang était bien incapable de blâme le choix de son frère, il faisait ce qui était le mieux pour la faction, mais la potion était âpre à avaler. Elle tenta de ne pas faire transparaître ses sentiments confus, et lâcha seulement :«  Tu comptes prévenir, Clio ? Cela lui fera beaucoup de peine si on la tient à l'écart. Et je n'aimerais pas qu'Elena profite de ça pour tenter de lui retourner la tête.  »

Cela aussi c'était une option désagréable à prendre en compte, la Mulciber pouvait très bien chercher à éloigner l'héritier Kark. En faisant mine de passer chez les Héritiers, Arutha passerait pour un parjure, pour un ingrat reniant l'héritage de son père, laissant à Elena tirer profit de cette disgrâce. Pire, c'était exposer son aîné à un danger bien réel, et si tout ça été parfaitement calculé ? Et si la legilimens cherchait seulement à se débarrasser d'Arutha ? «  Tu es sûr de ta décision, Arutha ? Ça va encore changer une tonne de choses ? Tu crois qu'on a besoin de ça ? Tu es certain que ça ira ? On parle de notre tante, elle te tuera au moindre doute... Il n'y a vraiment personne d'autres pour prendre ta place ?  » Sa voix était calme trahissant davantage son inquiétude que sa colère. Elle ne l'avait pas retrouvé pour mieux le perdre.

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Ce message a été posté Mer 24 Avr 2013 - 21:39

Son anxiété n'est ni transparente, ni surprenante. Au contraire, je suis étonné qu'elle arrive à rester aussi "calme". Je suppose que les dernières nouvelles n'y sont pas pour rien. Est-elle aussi lasse et aussi pessimiste que je l'étais sept jours plutôt ? Subitement, je me demande comment c'est de son côté. Je n'ai jamais pris la peine de lui poser la question, ni à elle, ni à Clio. Je voudrais croire que j'ai évité le sujet par bonté de coeur - pour ne pas raviver la douleur - mais le truc qui me fait office de conscience s'empresserait de me démentir " Avoue-le, t'en avais rien à foutre." Malheureusement, c'est ce qui se rapproche le plus de la vérité. Trop centré sur ma souffrance, mon avenir, ces derniers mots à mon égard, je n'ai pas songé une seule seconde à ouvrir la porte pour partager mon enfer avec le leur... Enfin, vous me direz, ça n'aurait pas changé grand chose. On aurait échangé quelques mots, on se serait regardé dans le blanc des yeux et.... ? Ensuite ? On se serait fait un câlin qui nous aurait miraculeusement rendu le sourire, la joie de vivre et un avenir brillant ? Non.
Au contraire, ça aurait bousillé le mien : si j'étais resté collé à mes soeurs nuits et jours, personne n'aurait cru à ce revirement. Le fait que je me sois tenu si éloigné des autres joue nettement en ma faveur. Je n'ai même pas besoin d'inventer des histoires : les gens le feront pour moi. " Il s'est disputé avec son père et ses soeurs." " Il déteste Mulciber. " " La veuve l'a foutu dehors. " ou " Il a enfin réalisé que les Ombres font n'importe quoi. ", pour les plus crédules et les plus optimistes. Bien sûr, il y en a qui douteront mais je finirai bien par les convaincre. Je n'ai pas l'intention de me laisser déstabiliser par le premier venu... à commencer par Calliope. Est-ce qu'elle s'imagine vraiment que je me glisserai dans ce nid de serpents sans avoir déjà réfléchis à tout ça ? Sans avoir évalué les risques, les gains et les changements que ça entraînera ?

« Je sais très bien ce qui m'attends, côté Héritiers comme côté Ombre. »

Loin d'être agressif, mon ton est aussi décidé et catégorique que quelques minutes plus tôt. Le but n'est pas de faire une nouvelle scène mais bel et bien de lui prouver que ma décision est mûre, réfléchie et sans appel.

« Et à qui d'autre est-ce que tu voudrai confier ça ? A qui est-ce qu'on peut faire conf....iance. »

L'espace d'une seconde, un flashback me ramène au soir où elle m'a posé exactement la même question... dans d'autres circonstances, pour une autre mission. Qu'elle ai elle aussi fait le lien ou pas, je reprends hâtivement :

« Je laisserai ma place à personne. Ni celle-là, ni celle qui me revient de droit chez les Ombres. Je la récupèrerai en revenant. D’ailleurs, je doute qu’Elena ai la moindre influence sur Clio... tu pense vraiment qu’elle réussirait à la manipuler comme ça ? »

La remarque se veut sarcastique mais j’avoue avoir un doute. Ma petite sœur préférée n’est pas du genre à se laisser tourner la tête par n’importe qui mais dans les circonstances actuelles, qui sait ce qu’elle serait prête à croire ou à faire ? Surtout que les choses ne sont pas tout à fait retourné à la normal entre nous. On s’est bien excusé pour les vacheries balancées au ministère mais on a pas eu le temps de réparer les pots cassés. Les mauvaises nouvelles sont tombées trop tôt pour ça. J’espère donc que Calli va répondre par la négative à ma vraie fausse question. Et juste au cas où on ne soit pas sur la même longueur d’ondes, j’enfonce un peu le clou.

« J’espère que tu ne va pas te laisser tourner la tête par qui que ce soit. Tu sera bien entourée ces prochains mois.... trop peut être. »

Ai-je besoin de prononcer le nom maudit qui commence par R ? Sans mon père ou moi pour lui remettre les idées en place, j'ai peur qu'elle se fasse vite embobiner.
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Calliope Kark
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Ce message a été posté Jeu 23 Mai 2013 - 11:49

Aucun de ces mots ne parvenaient à l’apaiser, l’entêtement d’Arutha ne lui arrachait que des frissons, Calliope aurait aimé avoir la faiblesse de lui demander de rester, et de lui dire que c’était se rajouter trop de soucis. Avaient-ils vraiment besoin de ça ? Non. Ni lui, ni elle. La fourchelang avait besoin de son frère, et la famille Kark de son héritier. C’était suffisamment pénible de voir l’œuvre de son père se déliter sous le commandement de l’infâme Mulciber, sans en plus avoir à supporter les moqueries et remarques acerbes qui ne manqueraient pas de pleuvoir sur son frère. Mais sa gorge demeura serrée, ni elle, ni lui n’avaient vraiment l’habitude de se montrer faibles même entre eux, il attendait d’elle qu’elle soit forte, et le serait. Les aléas la façonnaient, Arutha la condamnait à un rôle qui ne lui plaisait pas. Mais la vie vous demande rarement votre avis, le destin à ses raisons et il n’est jamais questions de justice, ou de sentiments. Passant sa main sur son front pour lisser les plis qui s’y formaient, et par la même chasser l’inquiétude qui se gravaient sur ses traits, elle répondit seulement. « Pour Clio, je ne sais pas, Arutha. Si ces derniers jours nous ont bien enseigné quelque chose, c’est que tout peut arriver. Le pire plus que le bien. Il n’y a pas si longtemps, je pensais que jamais Papa ne… »

Les mots restèrent bloqués dans sa gorge, de toute façon il suffisait que leurs deux regards sombres se heurtent pour comprendre ce qu’ils préféraient taire tous les deux. « On est sûr de rien, même plus de notre propre famille, et encore moins de celle dont tu vas devoir te rapprocher…Mais je ne t’apprends rien…

Et de toute façon elle n’avait pas à le faire, seulement il était bon parfois de le rappeler. Son oncle et sa tante n’avaient pas toujours été des monstres, la second bien que peu appréciée n’était pas encore détestable. Quant à l’oncle Caius avait jusqu’en 2018 toujours montré un visage affable. Calliope pouvait encore se rappeler du dernier noël en famille, le souvenir la rattachait à ce qui semblait être un autre monde, une autre vie plus heureuse et aujourd’hui inaccessible. C’est bien le drame de la mort, l’aspect définitif qu’elle donne aux faits. Et si Arutha se raccrochait à ses lambeaux de leurs enfances ? Ils étaient orphelins maintenant, ils seraient faciles de se raccrocher à de nouveaux piliers, des gens qu’ils avaient toujours connus. Elle soupira avant de chasser cette idée, non Arutha ne sombrerait pas dans ces travers, il n’était peut-être pas Poufsouffle, mais la piété familiale avait été inscrit dans son être dès la naissance, il ne trahirait pas, pas plus que Clio. Il fallait s’en convaincre, pour ne pas sombrer, mais l’optimisme en ces temps relevait de l’épineux tour de force.

Il avait tenté de la rassurer, c’était à elle de tenter de le faire désormais. « Je n’ai pas l’intention de me laisser influencer par qui que ce soit, et je ferai en sorte que ça soit pareil pour Clio. » Les lèvres pincées comme à chaque fois qu’il lui fallait penser à son fiancé, la Kark ajouta. « Ne te fais pas trop de soucis à cause de Baël… J’ai peut-être un plan pour régler cette affaire, et de toute façon je n’ai pas l’intention de lui le laisser me faire du mal. C’est fini ça, Arutha. Il va falloir me faire confiance sur ce point. » Un plan qui se résumait à un nom : Evan. Elle enroula ses bras autour de sa propre taille pour se réchauffer, avant d’ajouter. « Et toi ? Tu feras attention, d’accord ? »


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Ce message a été posté Mar 9 Juil 2013 - 13:07

Je crois que j'aurai préféré qu'elle me mente. Je n'ai pas besoin de l'entendre dire que le pire peut encore arriver. Ca, je le sais déjà. Avec un mari comme le sien, une belle-mère comme la nôtre et des ennemis tout autour de Pré-au-Lard, ce serait un miracle si les six prochains mois se déroulaient  sans incident. Mais si je commence à m'inquiéter, je ne suis pas sortit de Poudlard. Je ne pourrai pas veiller sur mes soeurs et me concentrer sur ma mission en même temps. Aussi douloureux que ce soit, il faut que je fasse un choix... et je me choisis moi. Cette opportunité, c'est la mienne. Ma chance d'avancer et de me forger un plus bel avenir. Si je la laisse passer, je la regretterai toute ma vie. Ce qui ne m'empêche pas d'avoir besoin d'une assurance. Avant de partir, il faut que je me persuade que tout ira bien ; qu'elles s'en sortiront sans problème sans mon aide. J'ouvre la bouche pour lancer un  " Tu sais ce qu'il te reste à faire alors : veille sur elle !" mais Callie me prend de vitesse. Aaaargh ! C'est bien la première fois que je suis agacé de voir toujours la conversation ramenée à moi. Toutes ces minutes à discuter ma décision sont une vraie perte de temps et d'énergie.

« Non, tu m'apprends rien. Ce qui est bon signe ; je sais à quoi j'ai affaire. »

C'est bon cette fois ? La discussion est close ? Je crois que oui mais dans le doute, j'embraye à nouveau sur elle. Insinuations éloquentes et sous-entendus un poil méprisants sont au rendez-vous. Parce que c'est bien beau de parler de moi mais s'il y a bien quelqu'un ici qui a besoin de mise en garde, c'est Calliope. Sans prononcer une seule fois le nom de son cher mari, je réussis à le remettre sur le tapis.

« Un plan ? Quel plan ? », je demande hâtivement avant de me souvenir qu'elle n'a rien le droit de dire. Je la scrute donc longuement puis soupire :

« Tant que tu te mets pas en danger. Si t'as besoin d'aide, adresse toi à Edwin. Je sais que c'est pas... Papa.... mais on peut lui faire confiance. D'ailleurs, ce sera mon contact à l'Ombre. Et non, ça peut pas être toi. », j'ajoute précipitamment avant qu'elle ne se propose. « Si on nous surprend ensemble, on est tous les deux dans la bouse. On peut pas prendre ce risque. Il vaut mieux éviter de mettre tous les Kark dans le même panier...  »

Bon d'accord, Edwin est un Kark aussi mais, aussi cruel que ce soit, il moins important qu'elle. Si un autre membre de la famille doit  être accusé de traîtrise ou d'espionnage, je préfère que ce soit lui. Même si j'espère qu'on en arrivera jamais là...En croisant le regard de Calliope, je réalise soudain que ses pensées ont suivis les miennes. Ok, c'était peut être pas le truc à dire. Je m'empresse d'esquisser un semblant de sourire qui se veut rassurant :

« Mais bien sûr, ça n'arrivera pas. On fera attention. Plus qu'un ou deux détails à régler et ce sera bon. »

Alors, je pourrai partir de mon côté et les abandonner à leur sort. Inutile de se mentir : l'heure de la séparation approche. Je sens son parfum d'ici. La gorge noué, je cherche quelque chose à dire pour la repousser encore un peu mais en vain. Peut être que c'est mieux comme ça. Au fond, retarder l'échéance est une preuve de lâcheté. Et ça ne fait que rendre les choses un peu plus difficiles. Je me force donc à prononcer les mots fatidiques.

« Il faut que j'y aille. Les derniers détails m'attendent justement.... Surtout n'oublies pas : ne te fie jamais aux Rosier, ne lâche ni Clio ni Elena des yeux, n'écoute pas ce que disent les autres sur lui, sur moi ou sur toi et n'oublie pas que tu es avant tout une Kark. »

Merlin ! J'ai l'impression d'être un papa poule qui accompagne sa fille à la gare un 1er Septembre. Manquerait plus que je sois ému... je suis ému. Manquerait plus que ça se voit... il faut que je parte avant. Avant que ça se voit plus que ça je veux dire. Je prends une petite bouffée d'air puis conclus d'un ton neutre (ou plutôt d'un ton que je voulais neutre... mais qui est assez affectif au final ) :

« Prends soin de toi petite soeur. A bientôt. »

J'hésite puis décide de sauter l'étape bisou. De un parce qu'elle y a déjà eu droit en décembre. De deux parce que ce n'est pas "nous". De trois... parce que je crains de vraiment me transformer en Poufsouffle si je cède à la tentation. Mieux vaut laisser les choses comme ça, comme elles ont toujours été.... On pourra reprendre au même point à mon retour.  
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