[-16] Les blessures se cicatrisent, mais les cicatrices continuent de grandir avec nous.



 



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PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Portoloin :: A l'étranger :: Habitations
Corvus O. Hunter
Corvus O. Hunter
Générateur de Chaos
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Rapeltout
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Ce message a été posté Lun 24 Déc 2012 - 0:46



"Les blessures se cicatrisent, mais les cicatrices continuent de grandir avec nous."

Stanislaw Jerzy Lec.


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12 février 2020
Appartement de Corvus, Budapest
.


Je quittais les draps en bataille, délaissant quelques instants le corps alanguit qui s'y trouvait encore, étrangement silencieux, pour rejoindre l'une des grandes fenêtres qui tapissait mon appartement Hongrois.
Attrapant la petite boite à cigarette en métal dont l'As de pique d'un noir d'encre semblait vouloir s'épanouir, j'en sortais une fine cigarette que je portais à mes lèvres. Une habitude que j'avais prise, d'abord par défi pour finir par ne plus pouvoir m'en passer, lors de mes rencontres avec Esmé, la belle et lunatique Esmé. Je détournais les yeux de la neige du parc tout de blanc vêtu pour me tourner vers l'intérieur de ma chambre, expirant une pâle fumée colorée.

Habituellement Esmé se faisait un plaisir de me torturer sur cette petite manie, cette drogue douce de plus, ce menu vol que j'appréciais lui faire après nos ébats, trouvant encore et toujours une nouvelle manière de s'en amuser et d'essayer de me provoquer.

Mais tout comme le reste de cette soirée, ce moment en particulier était étrangement hors univers, en-dehors de ces habitudes que nous prenions pourtant soin de renouveler avec force et éclats.

Je croisais son regard sombre, de celui possédant encore les brumes du plaisir, perdu dans lelointain mais dérivant doucement vers la réalité, son petit sourire doucereux sur ses lèvres rougies de notre passion, avant de la voir s'étirer tel un félin, dévoilant ça et là une peau diaphane, un sein au mamelon rosie, pour mieux investir toute la place du lit ancien dans une langueur incertaine et perturbante.

Je ne résistais pas davantage, intrigué et curieux, une bouffée de cigarette plus loin.

" La prochaine fois que tu sera aussi fade et sans volonté, Esmé, je te serais gré de passer la soirée avec l'un de tes consanguins qui te servent d'artiste. Pour lui, un trou est un trou, je présume.. Pour ma part, je n'aime pas servir de simple défouloir sans une once d'érotisme, d'envie ou de jeu..."

Lui lançais-je la voix encore rauque mais pleine d'une cruelle provocation, le ton condescendant et faussement blasé. Oh, j'étais réellement...interloqué, dirons-nous, par son comportement de la nuit, sa façon de choisir ses mots, ses réactions...et notre partie de jambes en l'air. Je ne lui en voulais nullement, je crois même que j'étais légèrement inquiet, mais il était hors de question d'aborder le sujet ainsi. Nous ne fonctionnions pas de cette façon ensemble, et je ne savais de toute manière pas le faire autrement.

"Si je veux baiser ainsi, inutile de perdre mon temps avec toi, "Black Swan", j'ai d'autres drôlesses qui seraient ravies de jouer les poupées magiques."

J'escomptais une réaction, un regard noir et venimeux, une langue acerbe et cruelle, un sourire enjôleur et enflammant. Je verrais bien ensuite comment en savoir davantage même si une idée aussi saugrenue qu'étrange avait germé dans mon esprit tout du long de la soirée sous les réactions incompréhensibles de la Selwyn.
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Esmé Selwyn
Esmé Selwyn
Le Diable au Corps
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Ce message a été posté Mar 25 Déc 2012 - 21:53

11 février 2020 - Paris
~
« Swanny ! »


La voix rauque de Thanatos résonna sous le chapiteau pratiquement désert à cette heure du jour. Esmé tenait entre ses mains l'encolure de son tout nouveau Bébé, un hyppogriffe à la robe noire comme la nuit et dont les pupilles perçantes révélaient la nature encore profondément sauvage de l'animal.

Il lui avait fallu plusieurs semaines pour parvenir à ne serait-ce que l'approcher et l'apparition aussi brusque qu’inattendue de son frère arracha un cri bestial au Fauve qui rua. Fort heureusement, la Bête n'avait pas encore atteint sa taille adulte et elle put sortir de la cage en un seul morceau.

Refermant derrière elle d'un geste vif, elle échappa un juron en constatant que dans sa fougue, l'ongle de l'Hyppogriffe avait atteint son avant-bras, le sang commençant à couler à travers la manche de sa chemise immaculée.


" Bordel ! Than ! Qu'est-ce qui t'a ... Thanatos, que se passe-t-il ? "


Furieuse, elle avait commencé sa litanie encore tournée vers la cage alors qu'elle insérait la clef dans la serrure. Mais lorsqu'elle lui fit face, elle découvrit le faciès chamboulé de son aîné. Inquiète, elle avait repris un ton beaucoup plus posé.


« C'est Londres. Papa est dans tous ses états. Amène-toi. »


Esmé aurait dû se douter que Thanatos ne serait jamais venu à elle alors qu'il la savait en pleine séance de dressage sans une excellente raison. Sans répliquer, elle lui emboita le pas.

Lorsque Swanny atteignit le bureau de son Directeur de père et qu'elle découvrit Hypnos à ses côtés, ses craintes se confirmèrent. Salomon se tenait devant la cheminée, le regard perdu dans le vague et le second Jumeau avait l'air grave des jours sombres.

Toute l'antique et controversée famille de cette branche des Selwyn se tenait désormais dans la pièce aux murs tapissés d'affiches aux silhouettes mouvantes et malgré le feu brûlant dans l'âtre, l'atmosphère était glaciale.
Le regard émeraude du Cygne Noir balaya les expressions éteintes des trois hommes de sa vie, l'incrédulité prenant le pas sur la prime crainte qu'elle avait ressenti.


" Eh bien, parlez ! "



Sa bouche s'était tordue en une moue agressive. Pour ce genre de scène mélo-dramatiques, Esmé n'avait pas la patience.
Sans un mot, Hypnos s'avança et lui tendit un journal. Elle reconnut instantanément la Gazette du Sorcier que son père se faisait parvenir chaque jour, où que la troupe se trouva en Europe. Il aimait se tenir au courant des dernières nouvelles du monde magique, essentielles selon lui au déroulement du show. En fonction du climat, le Chimeria devait s'adapter à l'humeur sorcière.

Esmé s'en saisit et fut happée par la une « Attaque d'Azkaban : de dangereux criminels se cachent peut-être parmi nous ! » . Un titre accrocheur, racoleur. La jeune femme haussa les sourcils, avant de parcourir l'article d'un oeil avide. Celui-ci expliquait le déroulement des événements de la veille et les terribles conséquences de l'action inconsidérée de l'Ordre du Phénix et des Héritiers : la plupart des prisonniers s'étaient échappés et erraient désormais dans la nature.


" Effectivement, c'est une terrible nouvelle. " constata-t-elle, le visage impassible " Mais plutôt bonne pour nous, non ? Cette ambiance cataclysmique nous sera utile ... Non ? "


Elle alla pour reposer le quotidien sur une table basse quand Salomon, soudainement ranimé, vint l'en empêcher. Il lui fourra la Une sous le nez, son faciès ridé désormais déformé par une colère sourde.


« Regarde mieux. »


A nouveau interloquée, Esmé s'exécuta. Sous les lignes, les portraits des évadés se mouvaient sous ses yeux. Son coeur manqua un battement, sa bouche s'ouvrit pour se refermer aussitôt. Elle avait l'impression qu'un poignard lui transperçait la poitrine.


« Bien. Je crois que tu as saisi où est le problème. Non seulement ce n'est pas d'excellente augure pour nous, car qui osera sortir de chez soi avec ce qui se promène dehors ? Mais en plus de ça, ma Poupée, nous risquons une visite fort déplaisante. Est-ce que tu saisis ? »


Il tenait à présent le bras de sa fille entre sa poigne de fer, à l'endroit même où sa blessure était encore à vif. Elle ne put réprimer un cri de douleur. Salomon s'était toujours montré d'une douceur infinie envers son enfant dans l'intimité. Néanmoins, dès que ses intérêts ou ceux du Cirque étaient en jeu, comme ce soir, il pouvait faire preuve d'une cruauté qu'Esmé elle-même lui enviait.


« Ecoute-moi bien, Mesmeria. Si jamais j'apprends que tu as eu le moindre contact avec Emerson, tu le paieras très cher. Je t'ai pardonné pour ta petite incartade au procès. Pas cette fois-ci. Me suis-je bien fait comprendre ? »


La jeune femme se dégagea sèchement de son étreinte, regardant alternativement les trois hommes aux visages sévères. Il était clair que la présence des Jumeaux témoignait de la véracité des menaces de Salomon.
Aucun d'eux ne laisserait passer si elle dérogeait à ses ordres.


" Parfaitement. In Chimeria quia in aeternum, aeternum. "


Le Chimeria depuis toujours, pour toujours. Telle était la devise du Cirque. Rien n'était plus important, rien ne comptait davantage. Ainsi on le lui avait appris, ainsi devait-elle le respecter.

Elle avait répliqué sur un ton qu'elle parvint à conserver d'une parfaite neutralité, malgré les bourrasques terribles qui l'agitaient aux tréfonds d'elle-même.
Juste avant qu'elle ne se détourne, les prunelles d'acier d'Hynos la toisèrent, un sourire sardonique aux coins des lèvres.


« Cruelle existence que celle d'un Cygne incapable de prendre son envol. »


Les lippes de la jeune femme s'ourlèrent d'un sourire qu'elle voulut moqueur, avant qu'elle ne quitte la pièce.



~
Black Swan assura sa représentation du soir avec son professionnalisme et sa jovialité habituels.
Elle était retournée saluer le public français enchanté avec la troupe, distribuant sourires, clins d'oeil et baisers dans l'air.

Comme d'habitude.

Puis, elle retourna en coulisses pour aider à soigner les Fauves, échanger quelques commérages avec Charmelle et plus tard, pour démonter le chapiteau car le Chimeria partait pour Rome le surlendemain.
Le Cirque s'accordait une journée entière de répit avant de reprendre ses activités.

Comme d'habitude.

Enfin, elle reprit le chemin de sa roulotte et son rituel post-show : passer un peignoir de soie, se défaire de sa perruque, retirer son ... Enlever le ...

Le disque de coton qu'elle tenait entre ses doigts s'arrêta à quelques centimètres de sa joue diaphane. Esmé fixait son reflet dans le miroir. Ce regard éteint qu'elle ne se connaissait pas la surprit. Son sourire factice l'avait quitté.

Esmé Selwyn se sentait vide.

Dans son délire, elle aurait juré apercevoir le masque de son fard qui commençait à se craqueler pour révéler sa peau nue.

Elle sauta sur ses jambes, renversant le tabouret molletonné par ce geste virulent.
Quelques instants plus tard, elle sortait dans la nuit, enveloppée dans un épais manteau de fourrure, en direction du Portoloin qui la conduirait à la seule personne qui pouvait l'aider.



~
Budapest
Quand elle arriva à Budapest, il faisait le froid polaire auquel Swanny s'attendait. Indifférente aux immeubles et aux passants qui défilaient sous ses yeux, elle marcha d'un pas vif pour ne s'arrêter qu'une fois arrivée à destination.

Le gardien de l'immeuble l'accueillit sans surprise, avec son flegme habituel, avant de lui demander s'il devait informer " Monsieur " de son arrivée.


" Laissez Flyn. Monsieur m'attend. "


Mensonge éhonté, bien sûr. Elle n'avait informé personne de son départ précipité et encore moins le premier concerné de sa visite impromptue.
Encore une fois, Esmé avait agi sur un coup de tête, indifférente aux plausibles conséquences de son acte. Son esprit était aussi dépouillé qu'une bouteille de whiskey après le passage d'un car de touristes écossais.

Elle n'eut pas une seconde d'hésitation lorsqu'elle arriva devant la porte de l'appartement qu'elle connaissait bien pour y avoir fait quelques séjours ces deux dernières années. Elle frappa deux coups et attendit.

Lorsque Corvus ouvrit la porte, il eut l'air fort surpris de trouver son Amante dans le couloir. Un instant seulement. Puis, un sourire amusé naquit sur ses lèvres. C'était bien le genre d'Esmé de faire ce genre de petites surprises. Fort heureusement pour elle, il était seul ce soir-là et, en témoignait la pile de parchemins étalés sur la grande table, certainement en train de boucler quelques dossiers. Un agréable interlude, donc.


" Tiens donc ... "



Aurait-il voulu poursuivre qu'il n'en eut pas le temps. Déjà, elle claquait la porte derrière elle et, après avoir laissé glisser la fourrure au sol, emprisonna les lèvres du jeune homme entre les siennes.




-¤-


12 février 2020 - Budapest
Le froissement des draps et les gestes de son Compagnon quittant le lit tirèrent Esmé de son lourd sommeil. Bientôt, l'odeur familière de la fumée de cigarette envahit ses narines et elle esquissa un léger sourire, étirant ses membres engourdis tant par les ébats de la nuit que par la douce torpeur dans laquelle elle se trouvait encore.

En cet instant, alors qu'elle croisait le regard de Corvus, elle avait encore en mémoire cet agréable moment qu'ils venaient de passer. Sa seule conscience se portait sur le temps présent, loin des événements de Londres, à des lieux du Chimeria et de la conversation qu'elle avait entretenu la veille avec sa Famille.

Elle se prit même à croire que ce n'était qu'un terrible cauchemar, une simple illusion de son esprit.

Jusqu'à ce que le Magistrat se charge de la rappeler à la réalité.

Les paroles qu'il prononça, pourtant dénuées de toute colère ou déception, achevèrent de la réveiller tout à fait. Une vague de nausée s'empara d'elle tandis qu'elle se redressait, le drap remonté contre sa poitrine.
Elle était habituée aux mots non mesurés de son Amant. Néanmoins, elle n'avait jamais vu en lui tant d'inquisition. Instantanément, ses émeraudes se firent éperdues.


" Je suis désolée. "


Répliqua-t-elle d'un ton indifférent et lointain qu'il ne lui connaissait pas. De même que ses paroles. Depuis quand Black Swan s'excusait-elle de quoi que ce soit ? Depuis quand ne relevait-elle pas quand on attaquait les membres de sa troupe ?

Elle s'extirpa du lit, le tissu enroulé autour d'elle. Une nouveauté. Esmé respectait peu le concept de pudeur, particulièrement en présence de Corvus, qui connaissait son corps sous tous les angles. Sans le vouloir, elle trahissait sa vulnérabilité face à l'attaque. Une attaque qui n'avait rien de gratuite, cependant.

La Belle savait parfaitement où il voulait en venir. Le soir précédent, elle s'était jetée sur lui comme une affamée. Non pas de désir, comme cela avait été le cas tant de fois.
Elle avait été poussée par la fièvre du désespoir, par l'ardeur de retrouver son bien-être. Par le besoin de ressentir, tout simplement.

Tout, dans la façon dont elle le touchait jusqu'à celle de réagir à ses caresses résonnaient dans ce vide qu'elle ne parvenait pas à combler, par toutes ces pensées auxquelles elle se refusait à s'abandonner depuis qu'elle avait quitté la roulotte de Salomon.

Et là, alors qu'elle ramassait ses vêtements - sa tenue de scène qu'elle n'avait pas pris la peine de changer, chose inhabituelle elle aussi -, elle vit ses mains trembler. Les vannes menaçaient de s'ouvrir et les digues de céder sous le poids de l'inquisition dont le Magistrat usait pour comprendre son étrange attitude.

Il fallait sortir de là. Vite. Très vite. Avant que ...


"Si je veux baiser ainsi, inutile de perdre mon temps avec toi, "Black Swan", j'ai d'autres drôlesses qui seraient ravies de jouer les poupées magiques."


Lui présentant son dos, elle achevait d'enfiler sa courte robe pourpre aux manches longues, l'étoffe découvrant ses épaules jusqu'à la naissance de ses reins, l'éclat des pièces de cuir en forme de coeur éparpillés sur son buste brillant dans les couleurs de l'aube.

Elle redressa le menton, les yeux soudain écarquillés par cette dernière estocade. Leur liaison était certes facile, dépourvue de promesses fantasques ou de mots d'amour, à l'inverse d'autres couples conventionnels.
Pour autant, elle ne reposait pas seulement sur quelques parties de jambes en l'air de temps à autres. Leurs conversations pouvaient durer des heures, leurs gestes étaient tendres et les sourires qu'ils s'adressaient, toujours complices.

En somme, jamais Corvus ne lui avait manqué de respect. La taquiner, les asséner des piques mordantes et cyniques, oui. La comparer à une autre banale de ses maîtresses, à un jouet sans saveur ... Comment osait-il ?

La dernière phrase d'Hypnos revint en mémoire à la jeune femme. Plus que jamais, le Cygne Noir se sentait bridé. Elle ployait sous le jugement de ces Hommes qui croyaient pouvoir s'amuser de sa loyauté, lui dicter leurs règles patriarcales.

Elle pivota pour se retrouver face au Magistrat. Le mégot se consumait entre ses doigts tandis qu'il l'observait, attendant une réaction.

Mais certainement pas à celle qui allait suivre.

Ses lèvres et son menton tremblaient. Les boucles brunes qui tombaient sur ses joues dissimulaient à peine le regard embrasé, furieux qu'elle lui adressait. Ses narines étaient dilatées par une rage bestiale, primaire.
Le jeune homme avait déjà vu Esmé s'enflammer au cours de ce qu'on pouvait qualifier de " petites prises de bec ". Cependant, jamais elle n'avait dévoilé une nature aussi hostile. Jamais elle n'avait paru aussi dangereuse.


" Va te faire foutre, Hunter ! Va donc baiser tes putains et tremper ta queue chez tes petites donzelles plates d'esprit ! Apprécie leurs simulacres de jouissance! Repais-toi de ce bref répit dans ton existence, le seul qui puisse te laisser croire que tu es capable de combler une femme ! Car tu n'atteins jamais rien d'autre que le fond de leur corps ! "



Elle avait craché davantage qu'elle avait hurlé cette tirade dénuée de tout amusement. Si Esmé s'était déjà montré vile dans ses propos, jamais elle n'avait preuve d'autant de cruauté. Elle tenait trop à lui pour ça.

Elle donna un coup de pied dans la malheureuse console qui se trouvait à ses côtés. Le bois se renversa pour répandre et briser son contenu sur le sol. Un vase qui se trouvait à proximité de sa main qui volait en tout sens, subit le même sort.


" Tu crois avoir plus de valeur que moi, c'est ça ? Monsieur le Brillant Avocat croit qu'il peut se permettre, de par son haut statut, me traiter comme une catin de bas-étage ? Moi, au moins, je suis capable de provoquer autre chose que quelques frémissements de peau ! Moi, Hunter, nul n'a jamais été suffisamment dégouté par ma personne au point de me larguer comme une merde et de ne plus jamais voulu avoir affaire à moi. "


Comme beaucoup de sorciers, Esmé était au courant de ces fiançailles rompues avec Violet Zabini quelques années auparavant. Certes, l'événement remontait et de plus, nul n'ignorait qu'aucun des deux jeunes gens n'avaient pas été consulté dans cette alliance. Cependant, lors de leurs très succincts échanges à ce propos, Corvus s'était montré plus que hargneux à l'égard de Violet. Et Esmé avait senti qu'au-delà de l'ego brisé, c'était un organe qu'il utilisait fort peu qui avait été touché.
Elle doutait qu'il en soit conscient et s'en souciait trop peu jusqu'alors pour lui en faire la remarque mais la rage dans laquelle elle s'était mise en cet instant l'avait poussé à s'aventurer sur un terrain glissant.

Elle aussi était désireuse de le frapper avec autant de force qu'il se l'était permis.

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Ways of dreams & shadows
On peut abandonner son intégrité pour presque rien mais c’est tout ce que nous possédons réellement, tout ce qui nous reste à la fin. Et dans ce petit espace, nous sommes libres. V pour Vendetta
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Corvus O. Hunter
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Ce message a été posté Mer 2 Jan 2013 - 22:54

Son comportement était troublant, désagréablement troublant de cette faiblesse que je ne lui connaissais pas. Jamais mon Esmé n'avait utilisé un rempart de tissu pour se dissimuler, autrement que pour appâter, provoquer, embraser. Et la voila qui se redressait sans se tressaillement de colère naissante que j'avais appris à connaitre, sans cette carotide qui palpitait toujours lorsque les sentiments lui prenaient à la gorge, qu'ils soient faits de passions ou de fureur.

" Je suis désolée. "

Je dus me retenir de m'étouffer sur place, me contentant d'un froncement de sourcil inquiet, tirant une nouvelle fois sur la fine cigarette comme exutoire alors mon regard se faisant plus inquisiteur. Jamais elle ne s'était excusée, je la savais tout aussi incapable d'admettre publiquement une erreur que moi, et c'était bien l'expérience de notre relation qui me tenait de preuve que je croyais irréfutable.

D'un pas hésitant, elle sortit du lit, ne lâchant plus le drap de soie, s'en drapant d'un façon qui me toucha profondément. Quelque chose n'allait vraiment pas et je me sentais mal. Coupable même. Sans savoir trop comment me comporter, sentant que c'était bien à moi de prendre les choses en mains, de la secouer, violement, cruellement s'il le fallait. De toute manière je ne savais pas faire autrement, Aquila était bien la seule personne avec qui je savais à peu près faire preuve de gentillesse et délicatesse. Et encore.

Et je doutais encore qu'une douce accolade pleine de tendresse accompagnée d'un mot tendre et compatissant soient assez puissants pour me sortir la jeune Selwyn de là. Non, mieux valait continuer sur ma lancer, sur cette méthode que je savais manier au moins.
Laissant mon regard dériver machinalement sur les formes qu'elle m'offrait en se rhabillant -se rhabiller, par Merlin!-, je soufflais doucement ma fumée de cigarette avant de parler sans trop réfléchir. Je voulais la secouer, juste la secouer, la sortir de cette apparence de poupée brisée, peut-être lui signifier que j'étais là..


"Si je veux baiser ainsi, inutile de perdre mon temps avec toi, "Black Swan", j'ai d'autres drôlesses qui seraient ravies de jouer les poupées magiques."

Mon ton s'était fait plus moqueur et méprisant, pourtant le cœur n'y était pas. Mais j'avais visé juste, cela au moins semblait encore avoir de l'importance pour elle et j'esquissais une petite moue satisfaite alors qu'elle se retournait sur l'instant, le regard ombrageux, enfin vivant. Il ne me restait qu'à attendre patiemment la suite, j'aviserai de ma propre réaction dès lord.

Je soutins son regard sans sourciller, mon sourire s'affinant, mon assurance moqueuse l'exaspérant un peu plus alors que je voyais son propre visage tressauter, ses yeux s'exorbiter sous la colère qu'elle semblait accepter et consumer comme un sortilège de sauvegarde ultime.

" Va te faire foutre, Hunter ! Va donc baiser tes putains et tremper ta queue chez tes petites donzelles plates d'esprit ! Apprécie leurs simulacres de jouissance! Repais-toi de ce bref répit dans ton existence, le seul qui puisse te laisser croire que tu es capable de combler une femme ! Car tu n'atteins jamais rien d'autre que le fond de leur corps ! "

J'en oubliais ma cigarette qui commençait sérieusement à tendre vers le mégot, la braise se rapprochant un peu trop de mes doigts. Mais j'étais littéralement subjugué par la haine qu'elle semblait transpirer par tous les pores, ces propos décriant plus encore la détresse que j'avais maladroitement aperçu plus tôt..
Pinçant les lèvres, je fis l'effort non négligeable de ne rien répondre. Je l'avais cherché, poussé à se passer les nerfs sur moi pour mieux ressortir la tête de l'eau, mais cela ne m’empêchais pas de répugner sous sa réplique cinglante. En tant que Corvus Hunter, j'avais un égo non négligeable et elle tapait pleinement dans celui réservé à ma virilité. Soit l'une des partie principale et majoritaire de ma fierté. Me savoir excellent amant ne protégeait absolument pas de ce genre d'attaque sournoise.

Je ne la quittais pas des yeux, ricanant nerveusement lorsque ma pauvre petite commode fit les frais de ma furie favorite, l'artéfact ancien en porcelaine se brisant théâtralement sur le sol. Je tirais une dernière taffe de la cigarette, et écrasait le mégot sur l'une des pierres du mur.

"[..]Moi, Hunter, nul n'a jamais été suffisamment dégouté par ma personne au point de me larguer comme une merde et de ne plus jamais voulu avoir affaire à moi. "

Là je serrais carrément les dents alors que mon propre cœur venait de se lancer dans des palpitations chaotiques sous les mots hargneux de la sang-pur. Je pouvais supporter beaucoup, me jouer de nombreuses choses, envoyer valser aux dragons bien des attaques personnelles, mais cette allusion à.... à.. mes anciennes fiançailles.. Non. Je ne pouvais, je ne savais rester de marbre. Encore moi avec quelqu'un en qui j'avais malgré tout une rare confiance.

"Esmé.."

Sifflais-je plus qu'autre chose avant de la quitter des yeux malgré le frisson qui me parcourait, on ne tournait pas le dos à un fauve apeuré tout autant qu'agacé, pour lancer un rapide et nerveux accio sur un journal froissé que j'avais lu hier. Il était de mon devoir -et de ma curiosité – de me tenir au courant de l'actualité anglaise en plus de l'internationale. Et si j'avais déjà rapidement pensé à Esmé la veille, la possibilité qu'il existe un véritable lien entre les deux informations me prenait de plus en plus aux tripes.
De toute manière, vérité ou non, la mention de cette catin de Zabini suffisait pour passer outre toute hésitation.
Je lui balançais l'objet ouvert sur la page de l’événement, celle où était noté et surligné le nom de cet homme dont Esmé m'avait si peu parlé, se scellant dans le mutisme et le cynisme lorsque j'avais un soir tenté de lui en parler avant d'oublier ce détail entre ses cuisses.

Sa réaction fut suffisante. Méprisant et mauvais, je me faisais un plaisir de lui retourner la situation, sans me rendre compte à quel point cet état nous était peut-être trop commun.


"Bien moins pathétique que de s'amouracher d'un vulgaire malade mental aux tendances psychopathes."

Je m'approchais d'elle d'un sourire moqueur, la surplombant de ma taille, me rendant compte encore une fois combien elle était petite..


"Est-ce parce qu'il est le premier a t'avoir écarté les cuisses, t'avoir prise contre un mur quelconque, t'arrachant gémissements vulgaires tandis qu'il te fourrageait comme la catin que tu as toujours été? Ton syndrome de Stockolm est si pitoyable, Esmé.."

Je savais aller trop loin mais je ne pouvais m'arrêter en plus de savourer d'une certaine satisfaction perverse les effets de mes mots. Et la rancœur sourde qu'Esmé avait soulevé en parlant de ces anciennes fiançailles, réveillant une blessure que je refusais de voir, une peur qu'elle avait si sottement remis à l'air se mêlait vicieusement aux premiers sentiments..
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Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Jeu 3 Jan 2013 - 2:05

Esmé dressait des Fauves depuis de nombreuses années. Il lui avait fallu du temps et une patience infinie pour enfin parvenir à comprendre toutes ces Bêtes recueillies. La théorie avait été aussi importante que la pratique. Elle étudiait les animaux répertoriés autant dans les livres que sur le terrain. Pour les autres, elle passait des heures entières assise devant la cage, à examiner leurs plumages ou leur fourrure, leurs regards, leurs gestes, leurs habitudes. Elle voulait tout savoir d'eux avant même les avoir approchés.

Voilà pourquoi il pouvait se passer des mois avant qu'elle ne rentre dans une cage.
Elle avait fini par apprendre la rigueur qui lui faisait défaut lorsqu'elle était enfant et qu'un membre de la troupe devait venir la sortir des grilles in extremis. Elle le devait à sa mère. Peu avant sa mort, Léda, elle-même dresseuse, avait commencé à la former. Elle seule était capable de réfréner l'impétuosité juvénile de Swanny. Elle lui avait transmis son savoir. Et surtout, elle lui avait enseigné une chose extrêmement importante : la satisfaction ultime. Ce rengorgement, lorsque le Fauve, enfin domestiqué, ployait sous le poids des ordres, se laissait aller entre les mains de son Maître. Quand la carapace s'effritait et qu'il vous appartenait. Entièrement.

Ce fut à peu de choses près ce que le Cygne Noir ressentit en cet instant, lorsqu'elle vit l'assurance de son Amant vaciller sous le poids de sa première tirade, échappant son prénom en un sifflement douloureux, retenu, sans aucune réplique mordante pour faire oublier son égarement. Elle redressa le menton, sa lèvre supérieure retroussée sur ses dents immaculées alors qu'elle était prise d'un léger tic nerveux qui fit tressauter le haut de son corps, avant de se transformer en un rire strident, à l'image de celui d'une hyène prête à fondre sur sa proie.

La deuxième erreur de Corvus fut de lâcher son regard. En cet instant, Esmé était au sommet de son art. Elle considérait qu'elle allait gagner la bataille, détruire ce qu'il restait de son apparence impeccable pour le mettre à nue, de la même manière qu'il l'avait agressé avec toute son effroyable indélicatesse.


" En plein dans le mile, on dirait. Tu crois que je n'avais pas senti, derrière tes phrases acerbes, les sentiments bien plus complexes que t'inspirais la Zabini ? L'homme au coeur de glace se l'est seulement fait briser par une petite pucelle à l'esprit torturé et aux jambes bien serrées. Quel drame ! Quelle terrible humiliation que de n'être réduit qu'à des regards en coin remplis de haine par la seule personne qui a réussi, un jour, à gratter le vernis bien appliqué de ce cher Hunter et qui s'est rendue compte qu'il n'y avait rien à en tirer de plus que ... Le néant. Une carapace vide. "


Elle ponctua ses deux dernières phrases en écartant grand les bras, avec la grâce qui la caractérisait, embrassant la pièce luxueuse, cette dernière témoignant du manque de profondeur de son propriétaire, mais aussi pour appuyer la théâtralité de sa diatribe venimeuse.

Le Fauve qu'elle était elle-même devenue, toute à sa folie régurgitée, n'avait plus la moindre conscience de ses mots. Black Swan avait perdu pied, alors qu'elle était persuadée de se retrouver. Elle venait de basculer au bord d'un précipice insondable, là où Léda s'était perdue seize ans plutôt, celui qui la guettait à chaque incartade d'humeur.

Jusqu'à ce que Corvus, sans s'en rendre compte, l'en empêche. La Gazette qu'il projeta entre ses mains et qu'elle saisit par réflex lui fit perdre sa superbe. Le visage d'Emerson la narguait, se mouvant sur le papier. Son oeillade hautaine et menaçante derrière son faciès d'une parfaite neutralité lui coupa le souffle. Elle eut un mouvement de recul. A nouveau, le froid, le poignard qui saignait sa chair à vif ...

Elle leva les yeux vers le Magistrat, le souffle coupé, rencontrant son regard dédaigneux.
Il avait deviné.
La partie était loin d'être terminée.


" Bien moins pathétique que de s'amouracher d'un vulgaire malade mental aux tendances psychopathes."


Encore un pas en arrière. Il lui rendait les coups. Mérités. Imparables.
La respiration de la Belle se fit saccadée. Personne n'avait jamais cherché à mettre des mots sur la relation qui unissait le Cygne Noir au Meurtrier. Beaucoup avaient pensé à une attitude fraternelle, à un ancien amant auquel elle restait loyal, dans le pire des cas. Mais personne ne s'était risqué à la nommer ainsi. A faire appel à une émotion aussi triviale et éloignée d'Esmé : l'amour.

Corvus profita de son mutisme pour la rejoindre. Elle recula à mesure, jusqu'à ce que son dos rencontre le mur, le journal rejoignant le fracas abandonné au sol. Il la toisait de toute sa hauteur tandis qu'elle se tassait, telle une enfant prise en faute.

Désormais, c'était lui le prédateur. Il avait percé à jour le plus noir secret de Mesmeria Selwyn.


"Est-ce parce qu'il est le premier a t'avoir écarté les cuisses, t'avoir prise contre un mur quelconque, t'arrachant gémissements vulgaires tandis qu'il te fourrageait comme la catin que tu as toujours été? Ton syndrome de Stockolm est si pitoyable, Esmé.."


Elle était restée stoïque. Elle avait presque accepté de rendre les armes tant la douleur l'avait laissé sans défenses.
Seulement, ces paroles mauvaises, cruelles, firent refluer sa détresse. Pour laisser la place à une rage innommable.

Avec une force impressionnante pour une femme de son gabarit, elle repoussa le jeune homme. Assez pour se dégager du piège dans lequel il la retenait. Assez pour qu'il trébuche sur la console renversée et soit déséquilibré, voire qu'il tombe en arrière.

Une brève oeillade circulaire lui permit de trouver ce dont elle avait besoin. Elle se saisit du premier objet qui lui parut approprié. De forme cubique, orné d'étranges symboles sur lesquels elle ne s'attarda pas, elle s'avança vers le Magistrat d'un pas lent, mesuré, plus menaçante que jamais.

Elle se trouvait désormais en face de la silhouette de son Compagnon, lui reposant sur son séant suite à la chute et certainement quelque peu désorienté par celle-ci.


" Le premier a avoir fait naître des sentiments en moi, c'était effectivement lui. Le premier à avoir fait battre mon coeur. Le premier qui m'ait jamais manqué. Le premier à avoir apprécié ce que j'étais et non ce que je représentais. Le seul qui ait vu mon talent au-delà de mon corps. Le seul qui n'a jamais cherché à me toucher. Le Syndrôme de Stockholm ... Hunter, tu n'as pas la moindre idée de ce dont tu parles. Car le premier à avoir écarté mes jambes de putain, c'est toi. J'espère que tu apprécies autant cette révélation que toutes les autres. "


Ses émeraudes étaient brillantes, de larmes et de rage contenues. Sa voix n'avait pas tremblé à un seul instant, son ton était terriblement calme, appuyant chaque mot, chaque déclaration avec force. Il ne pouvait imaginer à quel point tout ceci lui coûtait. Comme elle avait dû fouiller en elle pour extirper ces vérités honteuses et les dévoiler au grand jour.

Elle était dévorée par l'humiliation.
Aussi, alors qu'Esmé n'avait jamais été d'une nature violente, elle perdit tout le peu de réserve qui lui restait encore.
Et usa de toutes ces forces physiques pour balancer le lourd objet, droit vers le visage de Corvus.

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Corvus O. Hunter
Corvus O. Hunter
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Ce message a été posté Sam 5 Jan 2013 - 18:27

Mon coeur battait la chamade, envoyant ses litres de sang brûlant dans tout mon organisme, crispant mes muscles, erraillant mon sourire malgré la satisfaction grandissante que je ressentais en écrasant Swanny sous mes mots; son regard vacillant, son menton fier baissé, son dos contre le mur, le plaisir d'avoir vu juste et de lui rendre ses coups étant d'autant plus plaisant qu'elle en étant presque dangereusement belle sous ce faciès de biche blessée. Si je n'avais pas ressentit tant d'amertume et de ressentiment cela aurait put me toucher, me calmer.

Mais la mention à Violet Zabini était un sujet tabou depuis des années, une rose noire que je ne pouvais oublier, dont le parfum suave empoissonnait mon esprit depuis des années et dont mon métabolisme ne connaissait encore qu'une réaction: la contre-attaque. Et le plaisir était bien trop grand de voir la si fière Esmé plier sous mes mots, tenter de fuir dans son ombre. Mon propre fiel me semblait moins toxique ainsi, moins sujet à réflexion.

Je terminais ma tirade assassine d'un sourire mauvais et méprisant que j'avais rarement eu avec elle. Elle était allée trop loin, qu'elle regarde elle-même son fichu miroir fissuré!

"Que..?"

Je fronçais à peine les sourcils, reculant maladroitement sous la force insoupçonnée de l'Artiste, poupée désarticulée l'instant d'avant. Quelque chose roula sous mon pied nu, se dérobant et me repoussant en arrière dans un mouvement qui ne prévoyait rien de bon alors que j'essayais de me rattraper à quoi que ce soit. En vain. Cette foutue table de chevet mordit violemment contre l'envers de mon genou, me faisant définitivement basculer en arrière, atterrissant sur le sol trop proche bien désagréablement, le fondement et les articulations douloureuse.

"Pose ça."

Articulais-je, franchement agacé, le souffle coupé par ma chute et ma fierté plutôt amochée, en foudroyant la jeune fille du regard et l'artéfact qu'elle avait récupéré, observant d'un oeil critique que rien que le mouvement de la main d'Esmé pour se rapprocher de moi semblait avoir réactivé la magie de l'objet. Forcément, je n'avais pas prit la peine de désenclencher correctement le Mrimm'faerbol lors de ma dernière utilisation de l'objet..

" Le premier a avoir fait naître des sentiments en moi, c'était effectivement lui. Le premier à avoir fait battre mon cœur. Le premier qui m'ait jamais manqué. Le premier à avoir apprécié ce que j'étais et non ce que je représentais. Le seul qui ait vu mon talent au-delà de mon corps. Le seul qui n'a jamais cherché à me toucher. "

Froide, tranchante et dangereusement proche. Elle semblait irradier de colère contrôlée et je n'aurais vraiment pas été étonné d'observer quelques fuites de magie spontanée..Mais le cube semblait servir d'éponge, que ce soit en bien ou en mal, détaille à noter d'ailleurs pour mes recherches le concernant.
Et je devais m'avouer être étonné de l'entendre ainsi accepter mes dires, les faire siens, les assimiler et les accepter. Un courage que je savais ne pas avoir malgré toutes mes fanfaronnades. Je souriais doucement, presque satisfait d'avoir réussit à l'emmener jusque là, à démêler enfin le noeud du problème malgré les dommages collatéraux. Cela sembla la faire redoubler de colère.

"Le Syndrôme de Stockholm ...Hunter, tu n'as pas la moindre idée de ce dont tu parles. Car le premier à avoir écarté mes jambes de putain, c'est toi. J'espère que tu apprécies autant cette révélation que toutes les autres. "

J'en fronçais les sourcils et ouvrais la bouche pour la refermer aussi sec sous la révélation tout autant que par simple réflexe de défense et de manque de temps. La réflexion n'était pas au menu alors que Black Swan craquait complètement. J’eus à peine le temps de comprendre son geste et voir le Cube des Esprit quitter sa main pour essayer de me jeter en arrière, un mouvement de recul de la tête et de lever mes bras en défense...

[-16] Les blessures se cicatrisent, mais les cicatrices continuent de grandir avec nous. 130105071238258969
Mrimm'faerbol
Artéfact ancien, origines sorcières inconnues, aux trois principes catalyseurs Khel, Xukuth et Zhaun.


Le lourd objet d'obsidienne verte m'écrasa le poignet gauche, m'arracha un bout d'épiderme de la nuque pour finir sa course dans un bruit sourd quelques mètres plus loin.

Mais si l'énergie engrangée avait donné assez de puissance à l'objet pour me blesser physiquement, sa magie propre s'était aussi activée, évidement. Le contact de ma peau et de la pierre m'avait immédiatement plongé dans un entre-deux au mélange sulfureux: désir, souffle court, douleur, souffrance, mais si étroitement mêlés... En l'espace de quelques secondes, je revivais émotionnellement mes premiers ébats avec Esmé, le côté physique de la chose.... Mais pas de mes propres souvenirs, de ceux que la Dresseuses avait involontairement transféré dans le Cube du Khel en le tenant fermement contre sa paume un peu plus tôt. Son désir, son plaisir, ses douleurs si habilement dissimulées auxquelles je n'avais guère prêté attention à l'époque, aveuglé par désir et l'envie de lui faire payer son propre comportement vis-à-vis de ma personne.

"Je.."

J'en ressortais un peu ahuris, ne sachant trop quoi en penser. Il était évident que je n'avais pas été tendre cette fois-là, mais ne l'avait-elle pas mérité, avec ses provocations à enflammer un Siren?

"Tu aurais franchement pu prendre un autre artéfact.."

Maugréais-je en séparant bien les mots, tout en me relevant difficilement, ne prenant pas garde au sang qui coulait le long de mon poignait ni dans mon cou. Je ne le sentais pas. Et j'avais étrangement mal au fondement. Un sensation que je ne m'étais jamais imaginé ressentir et qui me mettais franchement mal à l'aise. Surtout mêlé au reste des sensations qui ne m'appartenaient pas mais semblaient vouloir s'estomper difficilement, mon regard ne devait pas être très clair et je devais forcer mon souffle à la normalité.

Sans un regard pour la jeune fille, je récupérais le Cube à main nue en grimaçant sous le mouvement – se baisser comme ceci n'était apparemment pas l'idée du siècle-, en prenant bien garde de ne pas réactiver le monstre. D'un geste sur de trois doigts, je déplaçais le cercle de glyphes et le désactivait entièrement.
Je fermais les yeux pour essayer de réajuster mes pensées et annihiler ces sentiments et sensations qui ne m'appartenaient pas. Mais c'était bien plus difficile que pour de simples pensées formées et conscientes, bien plus que mes techniques habituelles inverses.

"Calmée?"

Demandais-je les yeux toujours clos. Je décidais délibérément de ne rien dire de plus pour l'instant, n'étant tout simplement pas sûr d'en être déjà capable.

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Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Sam 12 Jan 2013 - 20:14

Le sang.
Quand la peau se fendit pour répandre le liquide vermeil, le Cygne Noir battit en retraite. La rage qui tempêtait dans ses entrailles et faisait bourdonner ses oreilles reflua aussi rapidement qu’elle s’était déchaînée.

Son regard passait successivement de Corvus à sa main désormais libre, de même que sur la pièce dans laquelle elle avait mis un odieux désordre. Elle était si ahurie, si troublée par son propre comportement qu’elle remarqua à peine que son Amant se redressait péniblement, en proie à un malaise qui n’avait rien à voir avec les blessures qu’elle avait provoqué et qu’elle fixait, sans un mot.


"Tu aurais franchement pu prendre un autre artéfact.."


Un quoi ? Ah. Oui. D’accord.
Elle se décida enfin à abandonner sa contemplation masochiste pour reporter ses prunelles sur l’objet qu’elle avait utilisé et que le jeune homme récupérait, exécutant quelques gestes compliqués sur celui-ci afin de, semblait-il, le désactiver. Parmi tous les objets lourds à sa portée, il avait fallu qu’elle en choisisse un aux propriétés magiques. D’ailleurs, au final, elle aurait aussi bien pu s’abstenir de lui envoyer quoi que ce soit au visage.

Qu’est-ce qui lui avait pris ? Esmé n’usait que rarement de violence physique envers ses pairs. Quant à initier ce type de geste … Jamais.

D’une part, elle n’en avait pas besoin. Elle avait bien d’autres arguments dont elle pouvait se servir : les joutes verbales, l’esquive, les gardes du Chimeria, son statut, sa féminité … D’autre part, elle n’y tenait pas. Les rares fois où elle avait dû en venir aux mains avec quelqu’un, un professeur ou Salomon s’était vivement interposé et elle avait reçu de sévères punitions pour ces écarts de conduite.


"Calmée?"


Le sang. Toujours ce sang qui coulait. Et Corvus qui, les yeux fermés, ne parvenait même plus à la regarder. Elle devait le dégouter. Elle le méritait. Soudain, elle se sentit sale. Elle avait brisé le masque. Elle était allée plus loin qu’elle n’aurait jamais pu l’envisager. Cela n’avait rien à voir avec ses acrobaties ou ses talents pour faire ployer un Bébé un peu trop récalcitrant. Elle n’avait pas outrepassé les bonnes limites, de celles qui vous font avancer, qui vous rendent meilleur. Cette fois, elle avait nagé dans le courant d’une force obscure qui tentait de l’entraîner vers les abysses de la folie. Cette même folie qui avait perdu sa mère.

La jeune femme ouvrit la bouche mais avant même qu’un son n’en sorte, elle dut se précipiter jusqu’à la salle de bain. Claquant la porte derrière elle, elle eut juste le temps d’atteindre le lavabo. La bile et le fiel s’y déversèrent en d’effroyables haut-le-cœur, lui arrachant plusieurs larmes douloureuses. Elle ne savait pas bien ce qu’elle vomissait. Son attitude intolérable ? La scène de la veille avec les Selwyn ? Les révélations qu’elle avait faites à son Compagnon ? L’afflux de souvenir que cela avait entrainé ?

Il lui fallut dix bonnes minutes pour retrouver ses esprits et pour que son estomac cesse de faire des sauts périlleux. Elle nettoya la vasque à peine souillée par ses débordements – elle n’avait rien mangé depuis plus de 24h- et se rinça la bouche avant de se redresser. Le miroir lui renvoya un reflet terrifiant. Bien que son maquillage magique n’ait pas bougé, comme d’habitude, ses yeux étaient rouges et gonflés, les perles de chagrin traçant des sillons brillants sur ses joues et ses boucles brunes étaient hérissées sur son crâne. Elle ressemblait à une gorgone.

D’une main fébrile, elle rouvrit le robinet et grâce à ses doigts mouillés, elle parvint à atténuer la rougeur de ses joues et à remettre de l’ordre dans sa coiffure. Ainsi que dans ses idées.

Elle regagna enfin la chambre, prenant bien soin d’esquiver le regard de Corvus. Elle entreprit de récupérer ses quelques possessions éparpillées dans la pièce la veille telles que sa pochette ou ses chaussures.


« Pourquoi est-ce que tu as fait ça ? »


Demanda-t-elle brusquement tandis qu’elle fouillait frénétiquement sous le lit, à la recherche de sa petite culotte disparue.


« Tu ne pouvais pas te contenter de me dire au revoir ce matin et de retourner à tes dossiers ? Il a fallu que tu me pousses à dire … Tout ça. A te blesser. »


Ayant enfin remis la main dessus, elle la fourra dans son sac et se releva pour faire face au jeune homme. Elle avait retrouvé sa contenance mais son masque était encore en morceaux. Sa fragilité était plus que visible, en témoignait ses mains fébriles. Ses lèvres elles-mêmes tremblaient, comme si elle était sur le point de fondre en larmes et luttait pour l’empêcher.


« Et même si tu l’as mérité, je ne le supporte pas. Tu ne sais pas quand il faut arrêter le jeu, Corvus. Je crois que je n’ai jamais été bien exigeante envers toi, depuis tout ce temps. Mais j’attendais au mieux un minimum de respect. Au moins autant que j’en ai pour toi. Je ne suis pas juste une jolie poupée, quoi que tu en penses. J’existe aussi. »


Sa voix ne chevrota pas à un seul instant, néanmoins, elle manqua de se briser. Elle s’était déjà beaucoup livrée en peu de temps, dans des circonstances assez insupportables et ces dernières tirades étaient plus que son psychisme ne pouvait le tolérer.

Une part d’elle avait conscience qu’il avait tenté d’agir pour son bien, aussi maladroit que ce fut. Cependant, l’autre partie était trop blessée pour que la première l’emporte. Elle tenait bien plus au Magistrat qu’elle n’osait se l’avouer et il lui avait fait mal. Au cœur. Voilà ce qu’elle réalisa quand elle traversa la pièce pour retourner au salon.

Rapidement, elle récupéra son manteau et fila jusqu’à la porte d’entrée. Ou, dans ce cas précis, de sortie.

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Corvus O. Hunter
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Ce message a été posté Lun 14 Jan 2013 - 16:24





12 Février 2020-Budapest

«Les Blessures se cicatrisent, mais les cicatrices continuent de grandir avec nous. »

► Stanislaw Jerzy Lec










Par Merlin, Viviane, Morgane et tous les autres! Qui disait que se faire troncher était la plus fabuleuse expérience que pouvait ressentir un membre du sexe faible? J'étais ravi de pouvoir compléter mes recherches sur la partie Khel du cube runique, celle du corps. N'était-il pas extraordinaire de savoir que l'éponge magique pouvait ainsi faire partager la première expérience sexuelle du sorcière? Avec toutes les sensations physiques et ressentis assortis? Le tout avec quelques effets qui ne disparaissaient pas dans l'instant? Et ce quel que soit le sexe du "receveur"?

L'ironie qui voulait que je fus moi-même le premier amant du "donneur" et donc dans une situation particulièrement particulière me fis ricaner doucement alors que j'hésitais encore sur la façon de considérer cette histoire là.

Il était hors de question que j'explique à qui que ce soit ce que je venais de vivre. Je pensais d'ailleurs sérieusement me jeter un oubliette à ce sujet là, un peu plus tard, juste au cas où..

Expirant doucement, parvenant enfin à calmer les battements de mon coeur et ma respiration qui se croyaient en pleine orgie, je fronçais les sourcils et rouvrais les yeux en entendant Esmé se précipiter hors de la chambre, la porte claquant derrière elle.

J'aurais pu être satisfait, j'aurais pu sourire et apprécier la faiblesse de la jeune femme, de sa fuite, de l’aveu silencieux qu'elle venait de faire. Mais ce n'était pas le cas. Me passant la main sur e visage, puis les cheveux en soupirant, je rejoignais la fenêtre, non sans grimacer légèrement sous le reste de sensation étrangère qui semblait me posséder...je récupérais ma baguette en chemin et attrapais le paquet de cigarette de Swanny d'un accio. Il était hors de question de me baisser dans cet état.

Inspirant la fumée âcre, je gardais les yeux sur la petite porte de bois stylisé qui délimitait la salle où la sorcière était partie s'enfermer. J'aurais put tambouriner à la porte, la forcer d'un alohomora, lui parler avec cet obstacle entre nous. Mais j'avais dans l'idée que ce petit moment seule avec elle-même lui était nécessaire. J'avais déja assez poussé le Fauve dans ses retranchements, l'obligeant à mordre pour montrer ses blessures et sa peur, en témoignaient mes propres éraflures que je me ferais une joie d'arborer fièrement et avec moquerie devant la Selwyn. Mais plus tard. Pour le moment, il fallait réussir à ne pas foirer la suite, cette partie tendue et délicate pour laquelle je n'étais guère doué. Je n'avais jamais eu personne à soutenir, personne à consoler réellement. Je n'avais jamais eut à me soucier de tout ce bordel.

Tout en tirant doucement sur le filtre de la cigarette sorcière, j’entrepris d'abord de jeter quelques sortilèges mineurs sur des bibelots qui trainaient tout en laissant mon esprit errer sur les derniers événements et en analyser les informations.

J'étais le premier de Swanny. Un frisson de fierté toute virile me parcouru à cette pensée bien que j'étais pleinement conscient de sous-entendus qu'incombait cette révélation. Tout autant que de savoir qu'Esmé était venue me voir moi, et personne d'autre, suite aux récents événements d'Azkaban et sa propre confusion.

Je finissais la cigarette au blanc nacré avant de me rendre compte que je tâchais bêtement le superbe tapis perse avec le sang d'une blessure sur le haut de la nuque. J'avais bien essuyé mon poignet sur le drap un peu plus tôt, mais celle-ci n'avait pas fait acte de présence en même temps.

"Hum.."

Je ne sentais pas plus d'une chaleur irradiante, un petit picotement. Mais n'ayant jamais été très prédisposé à la conception de douleur physique, je profitais de ces longues minutes seul pour jeter un oeil au dessous du poignet droit. Ouargh, pas très beau en fait. L'épiderme était légerement arraché, rouge de sang coagulé et la coupure plus profonde que prévu. Il me suffit de tâter celle sur le haut de ma nuque pour me rendre compte sous le sang poisseux que c'était un peu plus qu'une simple égratignure. Je grimaçais même un peu sous la douleur lancinante que je venais de réveiller.

"Par Merlin.."

Je n'étais guère doué en sortilèges de soin. Absolument pas mon domaine de prédilection ni de curiosité. Rejoignant une petite commode ancienne, j'y farfouillais quelques secondes, pinçant les lèvres sous la douleur qui continuait d'enfler, avant de mettre la main sur une boite en métal ronde contenant une pommade sorcière renommée pour ses vertus cicatrisantes. Cela serait amplement suffisant.

Lorsqu' Esmé quitta enfin la salle d'eau, j'étais adossé à au mur, jouant avec ma baguette entre mes doigts. Je posais immédiatement mon regard sur elle alors qu'il était d'une évidence sourde qu'elle n'osait faire de même.

Je me mordis légèrement la lèvre, presque hésitant avant d' hausser les épaules.

"Swanny."

Commençais-je, le ton sûr et neutre, sans stopper le mouvement de ma baguette magique. La réponse fusa, si brusque, une question en fait, alors que je n'avais pas droit à un seul regard. Je l'observais chercher. Savait-elle seulement pourquoi elle s'activait ainsi, me tournant dos et regard? Pourquoi elle préférait fuir avec une fasse excuse plutôt que de m'affronter, de s'affronter elle-même?

J'optais pour le silence. Je n'étais pas bon pour trouver les mots justes dans ce genre de situation. Au mieux mon ton serait celui que j'adoptais en plaidoirie, neutre, sur et arrogant, hautain. Peu efficace ici. Je me contentais de l'observer, courbée, si petite, si fragile.

« Tu ne pouvais pas te contenter de me dire au revoir ce matin et de retourner à tes dossiers ? Il a fallu que tu me pousses à dire … Tout ça. A te blesser. »

"Non, je ne pouvais pas."

Répliquais-je doucement, entre sérieux et mon éternel amusement, fronçant quelque peu les sourcils malgré tout alors que je croisais enfin son regard, son visage, ses yeux rougis. Je devais avouer être bien plus touché que je ne l'aurais pensé de prime abord. Et j'en réfrénais mon premier réflexe, celui de simplement la prendre dans mes bras pour lui murmurer que tout irai bien, la rassurer d'un ton calme, tout en lui caressant les cheveux. Mais non seulement elle aurait particulièrement mal prit mon geste, mais surtout cela m'effrayais moi-même. Je me contentais donc de soutenir son regard, adossé au mur, jambes croisées.

« Et même si tu l’as mérité, je ne le supporte pas. Tu ne sais pas quand il faut arrêter le jeu, Corvus. Je crois que je n’ai jamais été bien exigeante envers toi, depuis tout ce temps. Mais j’attendais au mieux un minimum de respect. Au moins autant que j’en ai pour toi. Je ne suis pas juste une jolie poupée, quoi que tu en penses. J’existe aussi. »

"Je suis ravi de savoir que tu connais toutes mes pensées.."

Mon ton était doux et sans moquerie malgré le contenu de la phrase surement trop mordant après tout ceci. Mais je n'avais put m'en empêcher. me reléguer ainsi au simple rang de pantin jouant avec elle..Tss.
Le silence. Je l'observais quelques secondes de plus, le regard reflétant probablement mes propres sentiments et inquiétude en cet instant.

Elle se barricadait, se protégeait. Et culpabilisait. Je fronçais les sourcils. Je ne lui en voulais déja plus, mais si cette...dispute...devait s'arrêter là, si tout ce bordel monumental n'avait servit qu'à se blesser mutuellement alors nous ne valions guère mieux que le plus pitoyable des sang-de-bourbe. J'avais la verve facile, la réplique cinglante, l'habitude de parler et blesser sans rien attendre en retour, mais ce matin c'était différent. J'avais vraiment voulu provoquer quelque chose, percer un abcès, aider cette femme qui prenait au final bien plus de place dans mon esprit que n'importe quelle autre sorcière partageant mon lit. Ma relation avec Esmé était particulière, et mon inquiétude avait été réelle tout comme ma compassion finalement.

Je soupirais doucement avec un petit sourire et m’apprêtais à la rejoindre lorsqu'elle m'en empêcha d'un regard sombre et qu'elle rejoignit le salon d'un mouvement de félin blessé. Levant les yeux au ciel, un sourire s'étira doucement sur mes lèvres, je lui laissai quelques secondes pour récupérer le reste de ses affaires dans le salon..Avant d'apparaître entre elle et la porte d'entrée. J'avais toujours adoré cet aspect du transplanage, un concept qu'adolescent j'avais eu tôt fait de mettre en pratique dans le Manoir Hunter, au grand damne de ma famille.

Un grand sourire sur les lèvres quand à ma petite mise en scène, je passais outre le regard sombre et humide de la jeune et osait ce geste tendre sans honte aucune: sans lui laisser la possibilité de m'esquiver, j'attrapais la jeune fille dans une étreinte forcée mais douce, l'enfermant entre mes bras et mon torse nus.

"Swanny... "

Passant quelques secondes à simplement lui imposer ce contact, la forçant à se relâcher à son tour tout en lui murmurant des paroles sans trop de sens pour la calmer légèrement avant de laisser mes doigts parcourir sa coiffure défaite.

"Je suis un connard, ma belle, c'est une chose murement prouvée et vérifiée depuis longtemps, me complaisant parfaitement dans ce terrain de jeu qu'est le monde, sachant que bien peu de choses sont réellement capables de m'importer, me poussant ainsi encore et toujours plus loin, au détriment des autres, et ce avec le plus grand plaisir. Tu as entièrement raison sur ces points là."

La tenant toujours contre moi, je lui caressais doucement le dos en de petits mouvements circulaires.

"Mais toi.. Ne sois pas assez sotte pour croire que ta personne n'est qu'une autre de tes chimères, une simple illusion chaude et amusante qu'il suffit de cligner des yeux pour la rendre factice."

Je ricanais doucement, quelque peu mal à l'aise malgré tout. Ses ongles qui s'enfonçaient doucement dans ma peau y était surement pour quelque chose.

"Je suis aussi doué avec ces choses là qu'un hippogriffe dans un salon de thé... Qu'est-ce que tu ne m'aura pas fait faire, hein, Swanny."

Soupirais-je entre amusement et faux agacement, avant de reculer un peu la tête -je lui parlais jusque là près de l'oreille, toujours en la tenant contre moi, de telle façon à voir son visage, ses yeux.

"J'ai cherché. J'ai obtenu ce que je voulais. Les moyens sont les miens, c'est ainsi, je ne m'en excuserai pas."

Je la sentis se raidir un peu, alors que ma main avait accompagné mes paroles, glissant sur sa mâchoire, son menton. Un geste à la fois tendre et ferme. Je n'avais pas fini.

"Je me fiche de qui est cet homme, de ce qu'il a fait, ce qu'il mérite ou non. Mais si tu le veux, tu l'aura."

Ma voix s'était faite plus sourde, je ne permettrais pas à Esmé de douter un seul instant.

"Et je serai là pour t'y aider."

Je ne rajoutais pas que si cet Isaac Emerson osait faire le moindre mal à mon cygne noir, quels que soient sa force, ses alliés ou le pays où il se cacherait, je lui ferai payer au centuple. Je n'étais pas rancunier, je ne portais pas de jugement, je me fichais des pions des autres. Mais il était hors de question que qui que ce soit ose porter atteinte à la poignée de personnes auxquelles je tenais.





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Esmé Selwyn
Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Jeu 17 Jan 2013 - 18:02

Depuis sa naissance, Esmé s’était vue attribuer de nombreuses étiquettes : dresseuse, acrobate, funambule, actrice, héritière, fille, sœur, paria, étrangeté, catin, putain, amante, amie, ennemie …

Elle avait un nom, un prénom, un diminutif, un nom de scène et même un surnom.
En somme, la jeune femme organisait sa vie en une multitude de statuts, enchaînaient les rôles, entre sourires mutins, œillades appropriées et paroles bien placées.

Nul n’avait idée ce qu’impliquait être une Selwyn. Le poids du Cirque, celui de son statut et de son sang lui permettaient bien moins de libertés que se l’imaginaient ceux qui la côtoyaient. Pour eux, sa vie n’était que luxe et volupté, espace grandiloquent rempli des fastes de l’illusion, si loin des responsabilités et de l’ambiance morne du Monde Magique.

S’ils savaient.

Tous ces a priori ne la dérangeaient généralement pas. Au contraire, elle les nourrissait avec plaisir, conservant ainsi le mystère sur son quotidien et ses émotions. Cette carapace permettait d’éviter les attaques, ou mieux, qu’on l’approche de trop près.

Malheureusement pour elle, elle avait fait confiance à Corvus Hunter. Elle avait baissé sa garde devant lui à de nombreuses reprises, s’était confiée, même avant aujourd’hui, même avant ces ultimes révélations. Et elle se rendait compte qu’elle n’aurait pas dû. Il l’avait dit lui-même, il « ne pouvait pas » la laisser tranquille. Elle avait interprété ces paroles et les suivantes, au sujet des pensées du jeune homme, comme une énième moquerie. Un jeu, toujours.

Quelle imbécile elle avait été de croire qu’il tenait à elle, à ce qu’elle lui avait fait partager, outre les apparences … Il fallait qu’elle s’en aille, qu’elle oublie cette scène ridicule. Qu’elle l’oublie lui, tout simplement. Elle posa sa main sur la poigné.

La silhouette de son Amant se glissa brusquement entre le battant et elle, repoussant la porte qu’elle tentait d’ouvrir contre son chambranle. Elle ne put réprimer un sursaut, qui se mua peu après en une moue sévère.


« Pousse-toi. Je dois retourner à Paris avant que le train ne parte. »


La jeune femme était contrariée, c’était l’évidence même. N’en avaient-ils pas assez subi l’un comme l’autre pour la matinée ? Lui restait-il quelques railleries en stock qu’il voulait épuiser ? Elle avait compris le message. Désormais, la Demoiselle voulait en finir.
Aussi, toutes à ses ressentis, elle n’eut aucun moyen de préméditer le geste qui s’en suivit. En un instant, elle se retrouva plaquée contre le torse musculeux du Magistrat pour une étreinte tout ce qu’il y avait de tendre et de chaleureuse. Elle en resta pantoise.


"Swanny …"


Non, pas ça. Pas cette compassion forcée. Elle ne voulait pas qu’il la traite comme une enfant blessée, elle avait passé l’âge. Elle tenta de le repousser mais il la tenait fermement, murmurant à son oreille tandis qu’il risquait une main dans ses boucles emmêlées. Il cherchait à l’apaiser et procédait de la même manière qu’elle avec ses Bébés.

Et étrangement, cela fonctionnait. Malgré elle, Esmé sentit ses membres se détendre et se laissa aller contre le jeune homme. Sans pour autant lui rendre son étreinte.

Lorsqu’il reprit la parole, se tournant lui-même en dérision, avouant ses fautes tout en revendiquant sa personnalité, la rassurant sur son humanité et sa valeur, elle comprit. Elle avait mal interprété ses actes et ses paroles. C’était elle qui l’avait étiqueté, enfermé dans des préjugés. Débordée par ses propres émotions et par le jugement sévère qu’elle se portait à elle-même, elle n’avait pas vu plus loin que le bout de son nez. Pour le coup, elle ne valait pas mieux que ces autres dont elle se moquait.

Enfin, la Belle se décida à enlacer le jeune homme. D’abord timide, la pression se fit plus forte alors qu’elle se sentait s’abandonner. Les larmes qu’elle retenait depuis de longues minutes affluèrent derrière ses paupières et inondèrent son visage en des sanglots silencieux. Ses doigts se crispèrent sur la peau nue de son Compagnon qui, enfin, laissa son lobe pour relever son visage et faire se rencontrer leurs regards.


"J'ai cherché. J'ai obtenu ce que je voulais. Les moyens sont les miens, c'est ainsi, je ne m'en excuserai pas."


Elle se mordit la lèvre inférieure, à la fois amusée et agacée par sa présomption, dissimulant mal son sourire à travers ses larmes qui avaient enfin cessé de couler et que Corvus séchaient par ses douces caresses.
Elle allait répliquer, lui envoyer une petite pic afin de rompre l’effet dramatique de cette scène quand il reprit. Avec un ton sérieux qu’elle lui avait rarement entendu, il ramena le sujet d’Isaac sur le tapis. Instantanément, la Dresseuse se détacha du Magistrat, choquée. De quoi parlait-il ? En quoi comptait-il l’aider, exactement ? S’était-il bien rendu compte de QUI il parlait ?


« Ne te mêle pas de ça, Corvus. »


Elle fouilla dans sa pochette et en ressortit son as de pique d’où elle extirpa une cigarette. Abandonnant ses affaires sur un canapé, elle fila à travers le salon, lui tournant le dos, pour se diriger vers le meuble où attendait une carafe remplie d’un liquide ambré qui, tout à coup, même à cette heure fort matinale, la tentait terriblement. Le papier fumant entre ses doigts, elle se servit un fond de verre qu’elle avala d’un trait, sans sourciller. L’alcool brûla sa gorge jusqu’à venir réchauffer agréablement son estomac malmené. Ne disait-on pas qu’il fallait soigner le mal par le mal ?


« Et je ne veux plus en parler. Jamais. Faisons plutôt comme si rien de tout ceci n’avait jamais eu lieu. »


Elle le fixait avec intensité, le ton sec et impérieux, la main tremblant légèrement. Elle avait perdu le contrôle une fois et comptait bien garder la main mise sur la situation. La menace de son père planait encore au-dessus de sa tête, telle une épée de Damoclès, sans compter son attitude précédente. Et la réaction d’Isaac lui-même s’ils venaient à se retrouver. Toutes les probables conséquences de la fuite des prisonniers d’Azkaban lui apparurent trop clairement et elle ne pouvait pas prendre le risque d’y mêler l’un des seuls hommes qui aient un tant soit peu d’importance à ses yeux. Même si, elle le réalisait bien, il serait difficile à écarter.


« Toi et moi, c’est suffisant, non ? »


Son expression se fit plus légère, sa moue joueuse. Détourner son attention, le ramener sur un terrain complice … Elle rejeta sa chevelure en arrière d’un geste lascif, mettant son buste en avant, tandis qu’elle appuyait nonchalamment sa hanche contre le meuble, jouant de ses lèvres qui expiraient des volutes suaves de fumée.

Il fallait qu’elle obtienne un sursis, qu’elle le séduise pour …

Non mais elle hallucinait ?!

Ses émeraudes s’étaient risquées un instant par la fenêtre. De là, on apercevait la rue et les quelques passants de l’aube. Elle échappa un cri de stupeur avant de se reculer prestement, cognant la console au passage.


« Merde, merde, merde … »



Elle laissa tomber son mégot au fond de son verre vide, avant de se précipiter pour récupérer ses affaires.


« Hypnos est en bas ! S’il me trouve ici, crois-moi, ça va très mal se passer pour nous deux ! »


Sur ces mots, elle partit s’enfermer dans une pièce adjacente, laissant le jeune homme sur ces simples affirmations.

Difficile de savoir ce qui lui prenait. D’une part, elle n’avait rien dit à Corvus sur la scène qui avait eu lieu hier, ni qu’elle s’était échappée du Cirque sans prévenir personne. D’autre part, d’ordinaire, les Selwyn, particulièrement les jumeaux, se moquaient bien de ce qu’elle faisait de ses nuits, tant qu’elle était à l’heure pour les répétitions – qui ne commençaient que dans l’après-midi.

Alors qu’est-ce que son frère fabriquait à Budapest aussi tôt dans la journée ? Il aurait bientôt la réponse, des coups résonnant à la porte. Le Saltimbanque avait réussi à se faufiler dans l’immeuble et à braver le portier. C’est dire si lui non plus n’avait pas envie d’être vu.

Décidément, les Selwyn lui menaient la vie dure aujourd'hui.

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Corvus O. Hunter
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Ce message a été posté Ven 25 Jan 2013 - 15:37





12 Février 2020-Budapest

«Les Blessures se cicatrisent, mais les cicatrices continuent de grandir avec nous. »

► Stanislaw Jerzy Lec










Je lui relevais doucement le menton, ancrant mes prunelles dans les siennes, faisant fit des larmes qui cascadaient sur ses joues. Ce genre d'épanchement était rare de la part de la belle, une faiblesse qu'elle se permettait rarement et avec laquelle j'étais relativement mal à l'aise lorsque je ne le tournais pas en ridicule. Mais là où notre relation unique mélangeait chaotiquement jeux, défis, surenchères et séduction, elle comprenait aussi ce petit plus qui avait grandit au fil des rencontres, le petit détail qui rendait tout ceci à la fois plus désuet et plus important.

Je ne les essuyais pas, mais je n'y portais pas plus d'attention, prenant comme une petite victoire le sourire qu'elle esquissa à mes mots, alors que ses yeux brillaient, véritable porte sur la Mesméria qu'elle y dissimulait.

La seconde d'après elle s'écartait sans douceur, le regard sombre et la parole menaçante.

« Ne te mêle pas de ça, Corvus. »

Je ricanais légèrement. Je n'avais pour habitude de me prendre ainsi la tête pour obtenir ce que je souhaitais et le laisser ensuite dépérir sans un regard. Même si nombre de choses ne me faisaient ni chaud ni froid, me passant par dessus la baguette, oubliées aussitôt sans un regret, j'avais aussi la fâcheuse tendance à ne pas lâcher ce qui m'importait, que ce soit professionnel, ludique ou en l’occurrence Esmé et ses désirs. Je pensais chaque mot que j'avais avancé, et son ordre de ne plus jamais en parler me fit promettre le contraire évidemment. Observant la silhouette contrariée qui venait de vider consciencieusement, je reprenais un air moins sérieux, le sourire en coin et le sourcil arqué.

« Et je ne veux plus en parler. Jamais. Faisons plutôt comme si rien de tout ceci n’avait jamais eu lieu. »

"Tu veux dire, comme si tu n'avais pas essayé de me tuer avec mes propres artéfacts?"

Répliquais-je avec un ton faussement outré, ouvertement amusé et moqueur. Je n'avais aucun soucis à passer à autre chose maintenant que l'important avait été dit, le reste se ferait dans la durée, inutile de faire plus de dégât dans l'immédiat, je savais parfois être patient. De plus, j'avais tout de même assez de tact pour ne pas relever les tremblements qui agitaient encore sa voix et sa main. Je mériterais vraiment une médaille pour tous ces efforts.

« Toi et moi, c’est suffisant, non ? »

"Absolument."

Je souriais, n'hésitant pas un instant à rentrer dans son jeu, l'observant se déhancher et m'échauffer avec satisfaction, ressentant rapidement les premiers effets de son comportement affriolant. J'étais rarement contre ce genre de petits plaisirs et mon propre sourire se fit plus provocant alors mon regard s'emplissait de concupiscence.

Avant que je ne hausse un sourcil interloqué sous son gémissement de frustration agacée et son geste empli de panique.

« Hypnos est en bas ! S’il me trouve ici, crois-moi, ça va très mal se passer pour nous deux ! »

"Je présume que c'est sensé m'inquiéter ? Et qu'évidemment définir le "très mal" serait trop demander? "

Sifflais-je légèrement agacé d'arrêter aussi brusquement un jeu qui me plaisait hautement, tandis qu'une tornade s'engouffrait dans le couloir qui donnait sur le reste de l'appartement, juste avant d'entendre la porte du bureau claquer. Parfait. La j'étais quelque peu frustré tout de même, grommelant contre les Selwyn et leur fichu caractère. Avant de m'interroger sur la présence aussi indésirée et inhabituelle de l'un des frères de Swanny. Ils n'étaient guère du genre à se mêler des affaires des autres, pas particulièrement proches de mon Cygne Noir non plus et ma liaison avec leur sœur n'était même pas un secret de Polichinel. Ce serait de toute manière difficile avec plusieurs parutions à notre actif dans Sorcière Hebdo, pour notre plus gros amusement commun d'ailleurs. Pourquoi donc arborer une telle crainte suite à la présence - certes indésirable mais pas catastrophique d'Hypnos -de la part d'Esmé?

La porte souffrant l'instant d'après sous une poigne que je devinais appartenir à Hypnos,ma réflexion n'eut guère le temps de se développer davantage, me faisant soupirer de façon exagérée alors que je réfléchissais rapidement à la situation, hésitant un instant entre plusieurs possibilités.

Une pincée de seconde plus tard, je lançais un rapide sortilège pour supprimer l'odeur des cigarettes d'Esmé dans la pièce avant de me diriger poser dans l'un de mes canapés de cuir blanc pour me verser un verre à mon tour, laissant les secondes filer. Il était hors de question de me jeter sur la porte, déja cela serait absolument hors de mes habitudes donc complètement suspect même si le Selwyn ne pouvait guère le savoir, mais de plus j'avais tout simplement envie de faire entrer le molosse aussi facilement. Il venait tout de même de me gâcher la promesse d'une belle partie de jambes en l'air!

Finissant l'alcool sirupeux, je déposais le verre sur le premier truc venu - un antique livre de droit à la couverture abîmée- pour me diriger enfin vers la porte qui, si elle n'avait été de facture sorcière et spécialement vouée à éviter les entrées indésirables -les risques du métiers- aurait d'ores et déjà ployé sous les coups.

J'ouvrais d'un geste fluide, un sourire nettement amusé lorsque l'homme manqua de s’étaler dans mon living-room, se rattrapant avec agilité. Pas Selwyn pour rien.

"Jolie réception, Hypnos."

Le laissant sur ce fait,je retournais m'assoir dans mon fauteuil pour me verser un dérivé de limonade à la cannelle, fumant.

"Je ne te propose rien à boire, je suis sur que tu ne souhaites pas t'éterniser."






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Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Sam 2 Fév 2013 - 19:44

Hypnos ne se rendait jamais dans la roulotte de sa sœur de son plein gré. Cette chambre aux lourdes tentures, respirant la luxure, chichiteuse à souhait, lui donnait à chaque fois l’impression de se retrouver dans l’antre d’une maison close. Autant dire, le genre d’endroit qu’il avait suffisamment eu l’occasion de fréquenter pour ne pas avoir envie d’y imaginer Esmé.

Pourtant, ce matin-là, le Pyrotechnicien fit une exception. Il savait que, bien qu’elle n’en ait rien laissé paraître, la scène de la veille avait ébranlé Swanny. Elle pouvait croire ce qu’elle voulait : il la connaissait. Et après tout, il voulait juste vérifier … Quoi, au juste ? Qu’elle allait bien ? Qu’elle n’avait pas brisé tous les miroirs de ses appartements ? Qu’elle ne s’était pas pendue avec sa paire de draps en satin ? Il ne savait pas exactement. Il sentait seulement que c’était le mieux à faire.

Aussi, lorsque ses appels restèrent sans réponse et qu’en entrant, il découvrit les lieux vides de leur propriétaire, il bénit son intuition. D’accord, la jeune femme pouvait très bien s’être rendue à une soirée qui s’était éternisée mais … La coïncidence était étrange.

Une fois dehors, Hypnos hésita. Devait-il prévenir Thanatos ? Ou leur père ? Refaire le tour du chapiteau où Swanny n’avait pas fait acte de présence depuis la veille au soir et interroger les Forains ? Il n’avait aucune envie d’ameuter le Cirque. Et même s’il ne s’en référait qu’aux Selwyn, il se rendait compte qu’en supposant qu’elle n’ait rien fait de répréhensible, il risquait tout de même de lui créer de sacrés ennuis.

Il fallait donc qu’il la retrouve et la ramène. Tout seul. Quant à la suite … Il aviserait en temps voulu.

Voilà pourquoi il débarquait à Budapest à une heure si matinale et donnait de furieux coups contre la porte de l’appartement de celui qu’il savait être l’Amant favori du Cygne Noir. Après tout, il fallait bien commencer quelque part.

L’attente fut longue, pour autant, cela n’altéra en rien sa détermination. Il commençait à perdre patience lorsque le battant s’ouvrit en grand. Déséquilibré par sa propre force, le jeune homme manqua de s’étaler de tout son long sur le sol. Au lieu de ça, il usa de son instinctive agilité et après une petite acrobatie ridicule, se retrouva sur ses jambes, tirant sur les pans de son manteau d’un geste digne tandis qu’il toisait le Magistrat d’une œillade glaciale.


« Hunter. »


Indifférent au sarcasme de son Hôte forcé, il traversa le salon et se dirigea vers la première porte qu’il vit. Une fois dans le couloir, il lança des humano revelo dans toutes les pièces, sans s’embarrasser de la bienséance qui voulait qu’on ne se pointe pas chez les gens pour fouiner sans raison apparente. Encore moins si on n'avait pas été invité. Il ouvrait les portes une à une, inspectant leur contenu.

Malheureusement pour lui, ni ses sortilèges, ni son regard aiguisé ne lui révélèrent quoi que ce soit. Même lorsqu’il s’attaqua au bureau, rien ne lui indiqua la présence de Swanny. Il revint alors vers Corvus – ce dernier ne devant guère apprécier cette intrusion -, la mine impassible.


« Où est-elle ? »



Hypnos n’était pas du genre à se perdre en vaines paroles. Concis, il avait le ton impérieux de celui qui savait tirer avantage de sa haute stature. Un mètre quatre-vingt dix de muscles et l’air patibulaire, à l’image des vigils que l’on trouvait à l’entrée du Chimeria. Les dons artistiques en plus, tout de même.

Thanatos et lui avaient un physique parfaitement identique et ce qui avait dû le trahir auprès du Magistrat était certainement la violence qu’il avait mis dans sa volonté d’entrer. Le second Jumeau était bien plus agréable, aussi souriant que sa sœur et n’avait jamais repoussé une conversation avec le Magistrat quand ils se croisaient au Cirque. Hypnos, lui, se contentaient de l’ignorer superbement.

Tout du moins, jusqu’à aujourd’hui. Son Interlocuteur avait soudain revêtu un intérêt vital à ses yeux, ainsi que le démontrait l’insistance de son regard d’acier.


« Arrête de te foutre de moi, Hunter. Je sais qu’elle était ici. Je peux sentir son parfum jusque sur ce qu’il te reste de fringues. »



Il observa à nouveau le jeune homme échevelé et à moitié nu de la tête aux pieds, sa lèvre supérieure se levant pour former un demi-sourire cynique, tandis que son regard s'arrêtait sur sa nuque blessée.


« Et quelque chose me dit que tu lui dois aussi cette vilaine plaie toute fraiche. »


Hypnos se voulait amusé mais ses yeux trahissaient une inquiétude des plus rare chez l’inébranlable Gorille. Swanny en colère était une mauvaise nouvelle. Si elle s’était disputée avec son Amant et en était arrivée à s’en prendre physiquement à lui, cela signifiait qu’elle perdait le contrôle. Et donc, qu’elle devenait dangereuse. Pour elle. Pour les autres. Pour le Chimeria.

Il se tut pour retourner dans le living et s’approcha de la fenêtre, scrutant l’extérieur, avant de balayer la pièce. Il ne comprenait pas la nécessité qu’éprouvaient certains de ses homologues à s’entourer de choses aussi outrageusement fastueuses, quand lui se contentait de sa modeste maison sur roues, à l’intérieur aussi spartiate que pratique. Son regard se posa alors sur le verre qu’Esmé avait utilisé quelques minutes plus tôt. Son mégot, imprégné des restes d’alcool, reposait toujours au fond de celui-ci.


« Intéressant. » dit-il en lui montrant l’objet du délit, les sourcils froncés. « Quand on voit le soin que tu réserves à ton appartement, j’ai du mal à imaginer que tu puisses laisser trainer ce genre de saletés. »


Le Forain savait que cela n’avait rien d’une preuve tangible et que rien ne pousserait le Magistrat à trahir son Amie, surtout face à une attitude aussi rédhibitoire que celle qu’il employait depuis son arrivée.

Et s’il lui en collait une ? Peut-être cela le rendrait-il plus bavard. Sauf qu’il allait se retrouver avec un procès au cul, il en était certain. La réputation de Corvus n’était plus à faire et il savait que cette petite teigne n’hésiterait pas une seconde à le démolir.

Il fallait donc opter pour une autre tactique. Cependant, Hypnos ignorait tout de ce qui s’était au juste passé entre les deux jeunes gens, voire si quelque chose avait bien eu lieu. Swanny lui avait-elle parlé de cet enfoiré d’Emerson ? Leur potentielle altercation avait-elle un rapport avec ce dernier ? Savait-il au sujet des menaces de Salomon ? Aucun élément dans l’attitude butée et désinvolte de son Interlocuteur ne le suggérait. Et soudain, tout ceci lui parut terrible compliqué. Ses épaules s’affaissèrent et il soupira. Hypnos était mauvais en rapport humain, il n’y pouvait rien. Alors autant jouer la carte de la sincérité.


« Ecoute … Je veux juste l’aider, d’accord ? Mon père ignore que je suis venu. Et je préfèrerais que ça continue. Sauf qu’à jouer les courants d’air, elle va s’attirer des emmerdes. Enfin, plus qu’elle n’en a déjà, si tu vois ce que je veux dire. »



Tout en discourant, il se grattait l’arrière du crâne, embarrassé. Il venait de révéler qu’il se préoccupait beaucoup plus de sa cadette qu’il ne l’avait laissé paraître depuis plus de vingt-cinq ans. Et aussi que les Selwyn ingéraient davantage dans sa vie que le Cygne Noir ne l’avait laissé croire.

Tout ça à cause d’un Meurtrier qu’elle faisait tout pour protéger.

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Corvus O. Hunter
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Ce message a été posté Jeu 7 Fév 2013 - 12:20





12 Février 2020-Budapest

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Et voila pourquoi je n'invitais que des sorciers que j'appréciais dans mon humble appartement de grand luxe! L'armoire à glace qui servait de fratrie à Swanny avait délibérément passé outre ma provocation évidente alors que je lui tournais le dos pour me servir à boire, se contentant d'un salut aussi bref et tout juste poli avant de se détourner de ma personne pour pénétrer mon habitation sans gène aucune. Bon, dans l'absolu ce genre de comportement m'indifférait complètement, outre l'aspect purement intéressant à retourner contre lui en quelques piques bien placées, mais rester tranquillement dans le salon à attendre la suite des événements était au-dessus de mes forces.

Je rejoignais rapidement Hypnos qui ressortait en grommelant de la salle d'eau de la chambre, me forçant même à me plaquer contre le chambranle pour l'éviter alors qu'il me dépassait sans me porter un regard, passant directement à la pièce suivante, rapidement, méthodiquement. Je lui balançais une petite pique acide en chemin – une homologie entre lui et ces moldus pitoyables vivant dans de pathétiques caravanes délabrées-, sans qu'il ne prenne la peine de répondre. Pas plus qu'aux autres que je prenais un malin plaisir à placer alors qu'il ouvrait chaque pièce de l’appartement, jetait son sortilège et passait à la suivante Ce petit jeu dura plusieurs minutes alors que chaque pièce était silencieusement dévoilée et que l'Acrobate se fichait de mes petites répliques

Jusqu'à ce qu'il arrive enfin à la dernière pièce. Il fallait avouer que mon confortable petit appartement hongrois n'était peut-être pas équivalent à un vieux manoir miteux mais on n'en faisait pas le tour en cinq petite minutes.

« Où est-elle ? »

"Je crois qu'il reste un placard la-bas..Mais je ne l'ai jamais ouvert moi non plus à vrai dire..."

Murmurais-je l'air faussement pensif, nonchalamment appuyé contre le mur alors qu'Hypnos s'était rapproché de moi.

"Je suis par contre assez contri de remarquer la fin de mon invisibilité, ça aurait vraiment pu m'être très utile..."

Continuais-je sous le regard franchement agacé du Selwyn, alors que j'observais mes mains avec un grand interet purement provocateur, faisant fit de la haute silhouette du saltimbanque. Je devais avouer trouver particulièrement amusant tous ces détails qui nous séparaient en cet instant: mon sourire moqueur et hautain face à son air patibulaire et glacial, sa stature taillée dans un mur face à la mienne bien plus agréable bien que moindre, son costume complet utile contre le froid hongrois face à moi et mon simple boxer.

Je ricanais. C'était jouissif. Malgré la situation qui m'intriguait tout de même énormément. Mais moi j'avais tout à fait remarqué le rideau rabaissé sur les hautes fenêtres du bureau. Je n'aimais pas travailler dans le noir, ceux-là étaient toujours ouverts..sur mes balcons.

« Arrête de te foutre de moi, Hunter. Je sais qu’elle était ici. Je peux sentir son parfum jusque sur ce qu’il te reste de fringues. »


"Humm?"

Répliquais-je de façon fort pertinente tout en terminant mon verre ,me fichant effectivement de lui, tandis qu'il posait enfin réellement le regard sur moi. Ca en aurait presque été gênant pour dire.

"Ta soeur a toujours eu un parfum des plus entêtants, particulièrement dans les situations les plus intimes. Mais je transmettrais ta remarque à mes elfes, sois-en assuré Selwyn."

Un éclat brilla un instant dans son regard. Avait-il atteint sa limite? Pour une fois que nous discutions, c'était presque décevant.
Ses lèvres se courbèrent en un sourire mauvais alors que ses yeux s'étaient ancrés sur ma nuque. Je changeais de position et posait le verre vide sur la première chose qui dépassait.

« Et quelque chose me dit que tu lui dois aussi cette vilaine plaie toute fraiche. »


De? Je repassais doucement mes doigts sur la blessure pleine de pâte curative.Je l'avais déja oubliée cette histoire.

"Ah oui! Je me disais la même chose justement.. Exactement comme lorsque je me suis rasé ce matin..Et la fois où ce fichu basique a eut le malheur de me faire accompagner sa chute pathétique dans un escalier du Ministère... Je vais donc prendre note de vous adresser toutes les factures de mes frais médicinaux dorénavant, intéressant à savoir."

Je n'avais pas manqué le léger changement de comportement du saltimbanque, comprenant parfaitement qu'il s'inquiétait pour sa sœur. Ces deux là étaient proches à ce point? C'était nouveau...Et intéressant. D'un petit sourire je l'accompagnais dans mon propre salon, récupérant une petite balle lumineuse bondissante sur le rebord d'une étagère et commençant à jouer avec de quelques figures aériennes tandis que l'homme quittait la fenêtre des yeux pour..

Shit je savais bien que j'allais oublier quelque chose. N’empêche qu'une petite culotte aurait été plus comique..Malheureusement, je me souvenais parfaitement d'Esmé récupérant la sienne.

. « Quand on voit le soin que tu réserves à ton appartement, j’ai du mal à imaginer que tu puisses laisser trainer ce genre de saletés. »


" Tes considérations quand à ma personne et au laxisme dont je fais preuve envers mes Elfes sont vraiment touchantes, Hypnos. D'ailleurs, qu'imagines-tu d'autres? Je serais vraiment très curieux de savoir comment fonctionne l'esprit étriqué d'un baladin pourtant Sang-pur..."

Pensif, j'observais le sorcier avec attention, non sans continuer de jouer avec la sphère entre mes doigts. Mon sourire s'agrandit plus encore sous les variations de regard d'Hypnos, ses poings se crispèrent un instant avant de se détendre complètement, son regard changeant une fois encore. En beaucoup moins subtile. Ah! Et bien voila, on tombait enfin les masques! J'en claquais presque des doigts de satisfaction alors que l'homme m'exposait enfin le but de sa visite même si j'étais presque déçu de le voir ainsi abandonner ses tentatives d'intimidation !

« Ecoute … Je veux juste l’aider, d’accord ? Mon père ignore que je suis venu. Et je préfèrerais que ça continue. Sauf qu’à jouer les courants d’air, elle va s’attirer des emmerdes. Enfin, plus qu’elle n’en a déjà, si tu vois ce que je veux dire. »

"Et essayer de montrer la laisse et le fouet à un fauve emprunt de liberté est donc le meilleur moyen que tu as trouvé pour y parvenir ? Lui ouvrir grand sa cage pour le forcer à y retourner sans lui laisser la possibilité de retrouver soi-même son chemin? N’êtes vous pas justement bien placés pour savoir qu'il vaut mieux laisser un animal trouver soi-même ses marques, se calmer dans son coin pour mieux revenir le poil brillant et gonflé d'orgueil serein plutôt que le forcer à tourner en rond dans sa prison, harcelé par ses congénères stressants et dangereux, dépouillé de toute fierté propre? "

Je m'étais avancé d'un pas, tapant sur son torse de mon index.

"La vie est une immense jungle, Selwyn, apprends donc à te servir de tes rares compétences possédées pour mieux l'appréhender et la manipuler si tu ne veux pas y perdre ce à quoi tu tiens."

Je ne connaissais pas assez l'homme pour savoir s'il comprendrait la petite leçon très utile que j'essayais de lui transmettre, s'il serait capable de passer outre la métaphore pourtant très simple pour une famille comme celle-ci.Je n'allais pas non plus lui expliquer la vie et les manipulations sociales d'un claquement de doigts! Pas plus que lui livrer Esmé, qui d'après moi avait absolument bien fait de fuir l’atmosphère probablement étouffante et viciée du Cirque en ce moment. Qu'elle ait opté pour moi était à la fois intéressant et appréciable. Et particulièrement utile pour elle, j'en étais persuadé.
Sur ce, je lui tournais à nouveau le dos pour m'affaler dans l'un des fauteuils, me resservir un verre de limonade à la cannelle et faire apparaitre quelques parchemins. Je venais d'avoir une idée assez intéressante pour l'une de mes affaires qui plus est.

"Je ne te raccompagne pas, tu connais le chemin. Si tu as d'autres questions existentielles ou même d'ordre professionnel, vous devez bien avoir des bestioles servant de Hiboux, non?"

Et sans plus de cérémonie, je commençais à gribouiller quelques idées éparses sur mes parchemins, ramenant quelques documents d'un accio pour y vérifier un ou deux détails, snobant complètement le sorcier planté au milieu du salon. Je me fichais pas mal de l'option pour laquelle il opterait, mais je l'enverrai pêtre plus encore s'il insistait.

J'espérais qu'Esmé avait eu le temps d'embarquer sa baguette sur le long balcon de pierre, ou je risquais de récupérer un sacré glaçon...Même si cela ne me gênait pas de devoir le réchauffer. Aucunement. Un petit sourire naquit sur mes lèvres à cette simple idée.






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Esmé Selwyn
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Ce message a été posté Mar 12 Fév 2013 - 19:12

Hunter avait toujours été un emmerdeur. Hypnos se demandait si son Interlocuteur était né comme ça ou si ses parents n’avaient pas eu la main suffisamment leste quand il était enfant. Car déjà, à Poudlard, ado aussi insouciant que tapageur, il aimait qu’on le voir et surtout, qu’on l’entende.

Oui, le Forain s’en souvenait très bien pour avoir eu le malheur de se retrouver dans la même promotion que lui et pour avoir eu envie, à plusieurs reprises, de lui claquer son bec de Faucon belliqueux. Si on lui avait dit que, des années plus tard, Swanny s’amouracherait de ce crétin, il aurait davantage pressé Thanatos pour en faire leur bizut attitré.

Malheureusement pour lui, son Jumeau avait toujours apprécié le Magistrat et voilà pourquoi, aujourd’hui, il devait venir faire des courbettes à ce dernier, tombant le masque pour lui révéler une partie de lui mal assumée et obtenir des informations cruciales.

Et comme il s’y était attendu, l’autre imbécile s’amusait non seulement à provoquer depuis son arrivée, usant de ce qu’il croyait être de fabuleux traits d’esprit, mais en plus, il se permettait de lui faire la morale.

A mesure que le Magistrat débitait son petit discours rempli de questions purement rhétoriques, le visage du Saltimbanque se faisait plus sombre. Néanmoins, il ne broncha pas. Lèvres obstinément closes, il n’eut pas le moindre mouvement de recul lorsque le doigt de Corvus rencontra son torse musculeux. Impassible, il se contenta de le suivre des yeux lorsqu’il se servit à boire, choyant nonchalamment dans un fauteuil alors qu’il donnait clairement congé à son Interlocuteur.

Sauf qu’Hypnos ne bougea pas d’un pouce. Ceux qui ne le connaissaient pas pouvaient se dire qu’il avait été salement mouché et que le peu de neurones que devait contenir sa cervelle étroite venaient de recevoir le coup de massue, anéantissant toute réflexion possible. C’était la façade qu’il présentait. Celle d’une statue mutique imperméable aux éléments, aussi lourde et solide qu’un chêne. Et creuse, certainement.

Et puis, il y avait ceux qui avaient déjà eu affaire au Pyromancien. Et donc, qui auraient pu prédire, voire jouir, de la scène qui s’en suivit.

En deux pas, Hypnos fut planté devant le Magistrat. D’un seul geste, il le souleva par sa gorge nue et balafrée pour ramener le visage de Corvus près du sien. Les traits du Saltimbanque se tordirent en un rictus cynique, rappelant le terrible faciès du Maître de Cérémonie du Chimeria, celui-là même que le Magistrat avait eu l’occasion d’apercevoir lors des représentations. Sauf que le Jumeau, lui, n’avait pas besoin de fard pour faire frémir son public. En bon Selwyn, il détenait un talent inné dans le modelage d’expressions macabres.


« Le nabot Hunter veut m’apprendre à jouer dans la cour des grands alors que lui-même n’a pas encore quitté le bac à sable ? » commença-t-il d’un ton mielleux, ses doigts raffermissant un peu plus leur prise. « Sous prétexte que j’ai reçu un bel héritage, tu me prends pour un simple d’esprit. Mais j’oubliais que ça a toujours été dans ta façon de faire. Déjà quand tu étais ado, encore maintenant, tu toises les gens du piédestal sur lequel tu t’es toi-même érigé. Allez ! Je ne t’apprendrais rien en te disant que tu es un crétin fini ! Par contre, je peux te faire deux-trois autres révélations. »


Soudain, l’étreinte cessa et Hypnos laissa sa victime retomber dans son siège, le surplombant toujours de toute sa taille. Aucune trace de colère dans sa voix. Rien qu’à sa façon de le regarder, il était aisé de deviner ce que son Interlocuteur lui inspirait : rien de moins que du mépris.

Un cloporte, un nuisible, un indésirable, voilà ce qu’il était pour lui. Rien de plus. Aussi, si Corvus ne put s’empêcher, sans aucun doute, de répliquer et de lui faire savoir ce que la Brute lui inspirait, le Jumeau n’en tint aucun compte. Lui qui parlait si peu, une fois lancé, il ne s’arrêterait que lorsqu’il l’aurait décidé.


« Tu as bien fait de comparer Esmé à un animal. Parce que c’est ce qu’elle est, au fond. Pas simplement une mignonne petite chatte qui montre les crocs quand on s’approche un peu trop près de son antre, Hunter. Non, ce qu’elle est, en plus de dépasser l’entendement de ta pitoyable personne, va bien au-delà de ce qu’elle est capable de concevoir. C’est pour ça qu’elle a besoin de nous. C’est pour ça qu’elle aime tant sa prison dorée. Elle a forgé ses propres grilles et dressé ses propres démons. Mais jusqu’à quand ? Jusqu’à qui ? Si ta blessure est bien due à ce que je crois, alors tu as eu un petit aperçu du calvaire qui l’attend. Et ce n’est certainement pas en te pliant à ses caprices que tu la protègeras. Préserve-la plutôt de ces derniers. »



Il fit un pas en arrière, avant de définitivement pivoter pour rejoindre la sortie. Il s’arrêta, la main sur le loquet, offrant son profil au Magistrat. Son œillade mi mauvaise mi amusée le lorgnant de côté.


« Je n’aurais jamais cru que tu puisses tenir autant à elle, tiens. C’est sûrement pour ça que je ne t’ai pas cassé la gueule. Cette fois-ci. » ajouta-t-il d’un ton léger, puis, plus dur : « Elle a deux heures avant que le Cirque ne se réveille. Au-delà de ce délai, elle devra répondre de ses actes. Transmet-lui le message, au cas où elle passerait par ici. »


Enfin, il se décida à passer la porte, le battant claquant derrière lui, sourd à d’éventuelles remarques. Il savait, en son for intérieur, que la jeune femme n’était pas loin et que mêler un étranger à leurs histoires de famille déplairait fortement à Salomon s’il venait à l’apprendre, bien que le jeune homme se soit bien gardé d’aborder véritablement le cœur du sujet. Aussi espérait-il que son comportement brusque et aux antipodes de son image affable ait une quelconque utilité.

Les bruits de ses pas résonnèrent dans le couloir avant de s’éteindre totalement, signe qu’il en avait fini avec Corvus et avec sa petite sœur.

Cette dernière reparut justement quelques instants plus tard, alertée par la sortie vive du Forain. Le Magistrat avait vu juste, elle s’était retranchée sur le balcon et c’est une Esmé transie de froid, les lèvres bleuies et les pommettes rougies par le froid qu’il retrouva. Les sourcils froncés, elle revint vers son Amant, jetant un coup d’œil prudent aux alentours.


« Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu ne lui as rien dit, au moins ? »



Pétrifiée par la perspective d’être découverte, elle n’avait pas bougé un muscle tant qu’elle n’avait pas vu son frère repartir d’un bon pas pour faire le chemin inverse. Résultat, non seulement elle n’avait rien surpris de leur échange mais en plus, elle en avait oublié de se couvrir !

En plus de s’adresser à lui d’un ton accusateur, assez malvenu après tout ce qui venait de se passer.

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Corvus O. Hunter
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Ce message a été posté Jeu 28 Fév 2013 - 11:46





12 Février 2020


«Les Blessures se cicatrisent, mais les cicatrices continuent de grandir avec nous. »

► Stanislaw Jerzy Lec










Tout à ma nouvelle occupation, les lèvres pincées en un plis concentré tandis que je rayais une proposition qui ne serait acceptée, je ne perçu nullement le déplacement du Selwyn que j'avais déja relégué loin dans mon esprit. Son imposante silhouette et l'ombre qui s'en dégageait par contre, aurait été difficile à omettre alors qu'il se tenait à nouveau devant moi. Je soupirais, sans même arrêter ce que je faisais.

"Encore là? La porte n'est pourtant pas s..."

Oh putain. Mes parchemins et plumes dégringolèrent bruyamment alors que le sorcier venait de me choper par la gorge sans ménagement, me soulevant comme si de rien n'était. Par réflexe j'attrapais ses avant bras, sans pour autant essayer de desserrer sa poigne. C'était parfaitement inutile.

Et il ne semblait pas particulièrement ravi, un sourire plutôt satisfait, sadique et mauvais sur les lèvres alors que je peinais quelque peu à prendre mon souffle. Mais nulle peur ne m'affola pour autant. Dans toute mon existence, j'avais bien souvent été prit à parti dans des rixes de toutes sortes et ma verve avait bien souvent abouti aux conséquences les plus basiques à porté de ces hurluberlu: la violence physique. Mon insouciance à ne pas en ressentir la moindre effluve agaçait souvent mes interlocuteurs musclés...et me poussait plus encore à m'en gausser. Pas forcément la plus efficace des façons pour s'en débarrasser, mais on ne se refaisait pas, surtout pour quelqu'un d'aussi parfait que moi.

Malgré l'incapacité de répondre au molosse dans cette situation, je ne manquais tout de même pas d'essayer de grommeler quelques mots épars jusqu'à ce qu'il resserre plus encore sa poigne, j'étouffais alors un suffoquement indigné avant de retomber brusquement dans mon fauteuil, toussant et le souffle court, quelque peu tremblant malgré tout suite à ce traitement.

Ses paroles m'étaient bien évidement passées par dessus l'épaule même si je les avais parfaitement perçues. Si je devais m'occuper de ce que j'inspirais à toutes les personnes que je croisais..Je n'avais nullement besoin de cela pour savoir qui j'étais et ce que je valais: c'est à dire toujours davantage qu'eux. L'acrobate ne dérogeait à la règle. Je lui rendais un sourire narquois et arrogant tandis qu'il semblait vouloir continuer sur sa lancée de donneur de leçon pathétique. Ca avait toujours étrangement calmé les gens d'essayer de me faire la leçon...Débile.
D'un geste moqueur- le souffle toujours un peu court et la nuque douloureuse- je lui fis signe de continuer sur sa lancée. Ce mec ne me ficherait de toute manière pas la paix avant d'avoir vidé son sac, alors..

« Tu as bien fait de comparer Esmé à un animal..."

"Je fais toujours bien.." murmurais-je, la voix rauque, tandis qu'il continuait, indifférent. Il avait fini où à Poudlard déja celui-la? Gryffondor? Poufsouffle? Il faudrait que je demande à Esmé, cela expliquerait bien des choses.
Sa propre comparaison à la limite de la décence m'arracha un sourire amusé. La suite me fit lever les yeux. N'était-ce pas malheureux que même son frère cherche ainsi à l'enfermer plus encore en se targuant n'être qu'un outils involontaire et agissant pour son bien? Et c'était moi que l'on targuant d'arrogant? La blague! Mon ricanement transpirait aisément tout le dédain que son discours pathétique m'inspirait. Celui qui m'imposerait son point de vue ou me forcerait à faire quoi que ce soit n'était pas encore né.

"Tes conseils sont si avisés, Hypnos, et ta façon de me convaincre si diplomate que je ne saurais être capable de passer outre."

Nouveau ricanement tandis qu'il avait détourné les talons et que j'apaisais ma gorge en finissant mon verre avant de reposer un regard sur sa silhouette encore trop présente dans mon vestibule.

« Je n’aurais jamais cru que tu puisses tenir autant à elle, tiens. C’est sûrement pour ça que je ne t’ai pas cassé la gueule. Cette fois-ci. »

"Tu fera la queue comme les autres hein, et tu pensera aussi à tout ce que toi et votre fichu cirque risquez avec de tels actes... Je ne suis pas le meilleur dans mon domaine pour rien et je sais pas mal de choses..Tu as de la chance que j'aime autant écarter les cuisses de ta sœur, effectivement."

Je n'avais que faire des menaces, mais il se permettait un peu trop de chose vis à vis de ma personne et il faisait bon ton de lui rappeler à lui aussi à qui il s'adressait ainsi. Je n'irais jamais jusque mettre le Chimeria en péril -Esmé m'en voudrait trop- mais s'il fallait glisser quelques paroles sans trop de conséquences à l'oreille d'un collège de la justice magique afin de montrer au jumeau arrogant son erreur, je n'hésiterais pas. Un regard noir en réponse, il ouvrit la porte tout en me donnant son ultime instruction. Si Esmé passait par là. Je ricanais, gardant cette fois un regard posé sur l'entrée se refermant enfin sur ce visiteur indésirable. Heureusement que je n'avais rien contre les imprévus.

Je soupirais néanmoins en me passant une main dans les cheveux, souriant doucement. Bon, j'avais complétement zappé ce que je souhaitais noter sur l'affaire Aeiron. Tant pis. Un courant d'air frais s'engouffra dans la pièce, me faisant frissonner, suivit quelques secondes plus tard par une Esmé frigorifiée mais loin de s'en formaliser, le regard vif et méfiant.

« Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu ne lui as rien dit, au moins ? »

"Oh, il a trouvé mon caleçon particulièrement seyant. Je ne lui savais pas ce genre de préférences, mais je peux comprendre, je suis vraiment irrésistible.."

Même si je me considérais bien évidemment comme un membre du sexe fort des plus séduisant et réussit, je n'étais absolument pas sérieux vis à vis d'une quelconque sexualité déviante du frère d'Esmé. Ce genre de pratique contre-nature ne méritait aucun complaisance ou considération de tout sorcier un tant soit peu sensé, mais malgré mon avis plus que tranché sur la question, j'étais bien évidemment capable d'user d'humour..Tant que ça ne restait que cela.

Souriant, je parcouru l'espace me séparant de mon Esmé frigorifiée et hésitante malgré son regard agacé, clairement transparent sur mes prochaines intentions. Sans lui laisser la possibilité de m'esquiver – elle serait capable de rester butée sur ses doutes- je la plaquais doucement contre moi, frissonnant sous la fraicheur de son propre corps, après lui avoir frôlé la joue pour passer une mèche derrière son oreille bleuie. Je lui embrassais tendrement l’arrête de la mâchoire pour dévier sur la parcelle de peau des plus sensible juste sous son lobe.

"Et si je t'aidais à faire circuler à nouveau un peu de sang dans ce charmant corps d'une façon un peu plus intéressante?"

Un petit sourire charmeur tandis que ma main descendant dans le bas de son dos, le tissu de mon boxer ne dissimulant absolument pas mes intentions.
Bien sûr je me souvenais de l'ultimatum d'Hypnos, mais ce genre de glas et menace m' harassait au lus haut point et il était hors de question de céder. Les deux heures suivantes me seraient bien plus utiles concentrées sur ma belle Swanny, il serait toujours temps de la laisser repartir avant que la grille tranchante du Chiméria ne se referme sur elle.
Et je devais avouer ne pas vouloir risquer de la voir s'envoler maintenant. Elle serait bien mieux entre mes bras à profiter comme il se fallait de mes compétences qu'à courir à s'en ronger les sang pour rejoindre sa fichue famille de dégénérés. Bien sûr, cette version alanguie dans mes draps ou contre le mur du salon me convenait parfaitement aussi...Bien sûr.



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Ce message a été posté Lun 4 Mar 2013 - 14:28

Son regard tomba sur les parchemins éparpillés sur le sol. Pour autant qu’elle s’en souvienne, ces derniers se trouvaient dernièrement bien posés sur la surface d’une table, ce qui signifiait qu’une altercation avait certainement eu lieu. Ses lèvres se tordirent en une moue contrite.

Hypnos n’était pas un garçon violent. Du moins, la plupart du temps. Plus précisément, quand il n’était pas ivre ou quand on ne le provoquait pas. Et elle connaissait suffisamment Corvus pour se douter qu’il n’avait pas dû courber l’échine, quand bien même le Forain l’ait dépassé de plusieurs têtes.

Néanmoins, elle fut rassurée de constater que le Magistrat n’avait pas l’air particulièrement perturbé par l’entretien houleux qu’il venait de vivre.


"Oh, il a trouvé mon caleçon particulièrement seyant. Je ne lui savais pas ce genre de préférences, mais je peux comprendre, je suis vraiment irrésistible..."


Elle leva les yeux au ciel. Elle aurait dû s’attendre à ce genre d’humour graveleux et déplacé de sa part tant c’était l’une de ses spécialités les plus connues. Heureusement, elle savait fort bien qu’il ne s’agissait là que d’un moyen de lui signifier qu’il n’avait pas failli à sa tâche.

Car bien que le sujet ait rarement été évoqué, Esmé avait une petite idée sur la position de Corvus vis-à-vis de ce que la société sorcière dans laquelle ils avaient grandi appelait « les actes contre-nature ». Elle dut se retenir pour ne pas faire une allusion à sa propre expérience - dont elle se gardait bien de se vanter, même devant lui – histoire de le déstabiliser.


« Trésor, est-ce que tu peux être sérieux deux … »


La Belle n’eut pas le loisir de finir sa phrase car déjà, le jeune homme avait englouti la faible distance qui les séparait pour venir l’attirer entre ses bras. Elle tenta un pas en arrière, mais son étreinte, bien que douce, était ferme.

Le contraste de cette peau bouillante contre celle, glaciale, de la Dresseuse, fut saisissant et fit naître en elle une onde de délice, accentuée par le contact langoureux de ses lèvres sur son oreille.

Le Magistrat avait décidément l’art et la manière de détourner la conversation et savait quel chemin emprunter pour arriver à ses fins. C’était un petit jeu qu’ils cultivaient entre eux depuis le début de leur liaison et dont elle avait elle-même tenté d’user un moment auparavant, quand il voulait obtenir plus de renseignements sur ses sentiments vis-à-vis du Fugitif. Elle avait donc conscience d’avoir plus ou moins provoqué cette scène mais elle s’était imaginé que Corvus aurait eu sa dose de Selwyn pour la journée, voire pour le mois à venir, au vu de leurs comportements. De plus, quelque chose lui soufflait que ses pulsions masculines et l’attrait qu’elle pouvait exercer sur lui n’étaient pas les seules raisons pour lesquelles il voulait la retenir près de lui.


« Eh bien … Je suppose qu’il serait malvenu de refuser ton secours alors que tu es parti sur une si bonne lancée. » répliqua-t-elle, ses lèvres s’ourlant d’un léger sourire malicieux tandis qu’elle glissait ses bras autour de sa nuque, veillant à ne pas effleurer la blessure encore fraiche.


Et elle ne faisait pas seulement allusion à la protubérance explicite qui trahissait à elle seule son envie, mais davantage à la loyauté dont il avait fait preuve depuis la veille. Aussi maladroit fut-il, malgré les paroles et les gestes dures échangés, le fait était que Hypnos avait repris sa route sans demander son reste et elle était désormais certaine qu’elle pouvait compter sur son Amant.

Cette révélation était troublante, aussi ne chercha-t-elle pas à en déterminer les conséquences. Il y avait des façons beaucoup plus distrayantes de lui exprimer sa reconnaissance et tandis qu’elle se pressait contre lui, ses doigts caressant les cheveux emmêlés du Magistrat et sa bouche gourmande happant la sienne, elle se dit qu’elle aurait tout le temps de démêler le nœud de vipères dans lequel elle avait mis les pieds.

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