[Baël] Qui donc pourra faire taire les grondements de bête



 



[Baël] Qui donc pourra faire taire les grondements de bête
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Ce message a été posté Mar 13 Nov 2012 - 21:11

Qui donc pourra faire taire les grondements de bête,
Les hurlements de la nuit dans nos têtes ?


Ca allait barder. Depuis cinq heures déjà, Evan était incapable de décolérer. Il s'était rarement senti si humilié. Y repenser seulement suffisait à le rendre malade. L'après-midi au ministère avait été longue pour tous, plus particulièrement les employés qui avaient essuyé la colère du chef de la Justice magique. On compterait une dépression et une demande de changement de service dans la semaine, mais le paternel Rosier n'en avait eu strictement rien à faire sur le moment. C'était la première fois depuis bien longtemps qu'il s'était senti humilié comme ça. Lorsqu'il n'avait pas aboyé des ordres à ses subordonnés, les lèvres du démoniste ne s'étaient agitées que pour laisser passer trois mots erinés à voix basse, grommellés entre ses dents et mille menaces indicibles « le petit con ».C'est Mervyn qui l'avait mis au courant de la situation et le patriarche Rosier avait bien failli s'étrangler, avant de réaliser qu'il préférait tout autant étrangler auparavant son fils.
Mervyn ... Il s'était disputé avec son seul ami et cette pensée suffisait à lui miner le moral. Cela n'arrivait jamais. Il était extrêmement rare que le ministre de la magie lui fasse une simple remarque et Evan n'avait pas apprécié celle-ci. Il était tombé des nues lorsque le verdict qui lui avait semblé fantaisiste de son elfe de maison était bel et bien tombé. Baël avait failli étrangler Calliope. Il avait écopé d'un Sectumsempra bien mérité mais les faits étaient là. En se laissant à, ou en laissant le démon, étrangler la fille de Kark et sa fiancée, le fils des Rosier n'avait pas la moindre idée du bourbier dans lequel il venait de plonger. La conversation avec le ministre de la magie avait été curieusement entrecoupée de silences et Kark avait ronronné en bon manipulateur qu'il préférait laisser Evan rectifier le tir, tirer cette affaire au clair que de s'occuper de Baël lui-même. Evan avait acquiescé en silence. Il refusait d'avoir l'air faible devant lui, devant tout autre mais pas Mervyn. Il était retourné à un poste sans intérêt et dans lequel il n'aurait pas d'avenir puisque le démonisme lui prendrait auparavant la vie.

Lorsqu'il s'était assis sur sa chaise, bouillant de colère et encore vexé d'avoir écopé une remarque de son seul ami, Evan avait décidé de finir comme si de rien n'était cette journée et laisser le temps à sa colère de devenir moindre mais juste. « Tu parles ». Echec total. Il avait transplané en vitesse au manoir, et s'était vu gratifié d'une embrassade d'Anna Bella. Encore trop craintif de laisser le démon prendre le contrôle, depuis le temps qu'Azaddel attendait d'ôter la vie d'Anna Bella pour jouer du désespoir d'Evan, les marques de tendresse n'avaient été que de courte durée. Le chef de la justice magique avait appelé Mochred et obtenu de lui la promesse de le prévenir dès que Baël serait de retour au manoir. Le petit con ne perdait rien pour attendre.
Lorsqu'il avait quitté le bureau à presque vingt heures ce soir-là en laissant sur le bureau de l'employé qu'il sacrifiait ce soir un épais dossier de paperasse à faire le lendemain, Evan avait suscité bien des interrogations dans le service qu'il dirigeait d'un poigne de fer capable de vous refiler un tétanos à abattre un troll. Il était habituel qu'il finisse par trouver une victime lorsqu'il avait un dossier particulièrement rébarbatif à remplir au dernier moment, mais les employés qui l'avaient déjà vu partir si tôt se comptaient sur les doigts d'une main. Transplané dans le manoir familial, Evan s'était laissé convaincre par Anna Bella de prendre un rapide repas avec elle avant de s'occuper de Baël. Il s'était ensuite endormi aussi paisiblement que possible dans leur chambre, la tête posée sur les genoux d'Anna Bella qui faisait son possible pour sauver leur vie familiale une fois de plus, sans prendre le risque de réveiller Azaddel qui n'attendait que de sauter à la gorge de quelqu'un. De préférence Baël.

Si bien qu'à son réveil, Evan n'avait pas su faire montrer d'une meilleure humeur et avait hurlé dans les oreilles proéminentes de son elfe de maison. Mochred avait pu lâcher quelques mots et glapi que Baël se trouvait dans la cuisine. Le pauvre serviteur était ensuite allé se moucher discrètement. Le maître ne s'en prenait pas à lui comme ça, d'ordinaire. Il était froid en public, mais le Maître n'était jamais inutilement méchant avec ce pauvre Mochred. Mochred avait pris soin du Maître des années durant, et le Maître lui en était reconnaissant. Dans un bruit de clairon, Mochred se dirigea vers le tiroir où il gardait précieusement les lettres qu'il avait envoyé à Evan pour son anniversaire et Noël qu'il avait eu le droit d'empaqueter dans un petit carton. Le Maître les aurait brûlées, pour que ses enfants ignorent tout de cet aparté amical dans sa vie étudiante. En ressortant le carton poussiéreux, l'elfe de maison eut une pensée pour le jeune Maître Baël qui allait passer un salle quart d'heure. Il se moucha de nouveau bruyamment et prépara à tout hasard la décoction miracle qui lui permettait d'enlever des traces de sang depuis des décennies de bons et loyaux services dans tout le manoir Rosier. Pauvre jeune Maître.
Le chef de la justice magique était descendu d'un pas furieux juqu'aux cuisines. Que Baël ait exigé de vivre désormais dans sa nouvelle demeure et de ne venir ici que pour les repas lui avait toujours semblé une idée déplorable. Anna Bella lui avait dit que c'était normal, qu'il était jeune et voulait de l'intimité avec Calliope. Les parents Rosier avaient toujours craint que la fille de Mervyn tombe enceinte avant la célébration, l'idée que Baël puisse étrangler la jeune femme leur avait semblé inconcevable. A eux, après avoir élevé trois psychopathes en puissance. Evan claqua avec colère la porte de la cuisine sitôt qu'il fut entré dans la pièce en apercevant les bouclettes de Baël. Baël qui l'avait rendu malade des années durant, jusqu'à être sûr qu'il entende des voix, de crainte que ce ne soit un des enfants naturels de Mervyn. Et Baël qui le rendait à nouveau malade. Comptait-il enfoncer son père dans la folie à chaque étape de sa vie ? D'un geste colérique, Evan poussa brusquement l'assiette de nourriture de Baël qui s'écrasa contre un meuble au bout de la pièce.

« Je n'espère même pas que tu aies une excuse pour ce que tu as fait. »
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Ce message a été posté Mer 21 Nov 2012 - 23:42




    Obsédante obscurité. Le monde de Baël n’était plus qu’une chose intangible pour lui, comme s’il avait finalement réussi à se dissoudre dans l’espace. Il ne sentait ni ne voyait plus et après des années à lutter contre un souffle intérieur, destructeur et malfaisant, il y trouvait un certain réconfort. Pourtant Baël Rosier continuait à faire partie du monde des vivants. Il respirait toujours et ses bouclettes restaient visibles pour certains privilégiés. Bien qu’il ne soit plus qu’une ombre, une présence fugace et insoumise, son corps était toujours à la fête. Mais derrière son visage poupin, ses joues broussailleuses et sa force nerveuse, une entité sombre était aux commandes. Alastor avait fait du jeune Rosier une éminence grise de la mort. Lui qui n’avait jamais pris à cœur les questions politiques, avait les mains tâchées de sang de traîtres, réactionnaires, ou tout autre qualificatif dont on aurait bien voulu affublé les opposants de l’Ombre de la Rose Noire. Il aurait pu être un sujet de fierté, si cette débauche de violence n’avait pas doucement commencé à inquiéter.

    Une violence qui n’était pas nouvelle. D’aussi loin que pouvaient remonter ses souvenirs, Baël avait toujours eut l’impression qu’elle faisait partie intégrante e sa personne, avant de se rendre compte qu’Alastor, le démon avec lequel il partageait son corps, était celui qui soufflait sa démence à son oreille. Dans de nombreux cas, l’alliance avec un démon pouvait s’avérer bénéfique, comme c’était le cas pour Evan qui bien qu’en conflit avec le sien, avait toujours su s’y allier quand le besoin s’en faisait ressentir. Pour Baël ça n’avait été qu’une suite de cauchemars éveillés et ininterrompus. Il s’était parfois réveillé au milieu de carnages qui dépassaient son entendement. Peu importe qu’il eut s’agit de simples vampires, créatures ô combien immorales et inutiles. Puisque Baël avait une connaissance de son parasite qui dépassait de beaucoup la simple familiarité et qu’à partager un même corps, il n’y avait guère de secrets qui puissent être gardés. Alastor ne voulait pas conquérir le monde. Il ne voulait pas dominer les moldus, ni être reconnu pour son génie politique. Non tout ce à quoi aspirait cette créature menait à la destruction pure et simple de toute forme de vie. Ces élans meurtriers, Baël avait du les conjurer depuis sa plus tendre enfance et il en était venu à se persuader qu’il ne pouvait que pervertir ce qu’il touchait. Aussi quand ses doigts s’étaient refermés sur la gorge de Calliope, il y avait vu là la confirmation de ce à quoi sa vie le menait et lasse de se battre sans avoir de raison de le faire, il avait tout simplement décidé de se détourner du morbide spectacle qui allait débuter. L’amour pouvait ressusciter les braises les plus froides, mais il pouvait tout aussi bien étouffer les feux les plus ardents quand il ne semblait pas partagé. Le sectumsempra avait laissé une entaille profonde dans l’âme du démoniste, même s’il ne l’avait qu’effleuré.

    Aussi quand Evan débarqua comme une furie dans la cuisine, faisant claquer la porte et voler l’assiette pleine de victuailles, le démon ne sut pas exactement à quel événement le paternel Rosier faisait référence. Tout ce dont il était certain, c’était qu’il détestait l’homme autant que le démon qui l’habitait et qu’il avait eu beaucoup de mal à digérer la correction dont il avait été victime lors de son dernier éclat. Il ne perdit pas pour autant son sourire, et se mit même à observer le paternel Rosier avec morgue et cynisme. Evan avait presque déjà un pied dans la tombe. Alastor lui en revanche avait un corps jeune et vigoureux à sa disposition. Et grâce à la chasse, et à « l’entraînement Rosier », Baël avait des réflexes de bête, un instinct de tueur. En d’autres termes, Alastor était certain d’avoir le dessus maintenant que Baël avait abandonné son enveloppe.

    « Ce que j’ai fait ? » Il laissa échapper un grondement qui ressemblait vaguement à un rire. « Il va vraiment falloir être plus précis Evan… » Il toisa le chef de la justice magique, espérant bien que de ne pas l’affubler du sobriquet de Papa allait allumer une alerte chez lui. Evan n’était pas un idiot après tout. Il était simplement dépassé.

    « Tu en as fait des cochonneries tiens… Ca me rappelle des bons souvenirs… » Miaula-t-il en jetant un regard aux débris de l’assiette. Un sourire fit remonter la commissure droite de sa lèvre. Un frisson agréable couru même le long de sa colonne alors que la fragrance du sang d’Anna Bella lui revenait en mémoire. « Ca pourrait bien devenir une coutume familiale… »

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Ce message a été posté Jeu 29 Nov 2012 - 22:25

Il le haïssait. Ce petit prétentieux, ce gosse encombrant dont il avait fallu qu'Anna Bella accouche. Azaddel avait passé des années à planifier tranquillement sa domination sur la famille Rosier. Il avait emmagasiné des connaissances utiles en magie noire au temps de Poudlard, tiré profit de la découverte de leur secret par Mervyn. Plus tard, il avait fait en sorte de trouver une sang-pur dans une situation trop critique pour qu'elle se plaigne, et une qui présentait bien. Après tout, le démon s'autorisait un droit de regard sur les conquêtes de son hôte. C'était aussi son corps, dans cette histoire. Il avait vérifié qu'Evan ne choppe pas la morbinite, n'aurait manqué que ça, et qu'il se tourne plutôt vers de jolies plantes. Lorsqu'il reprenait la conscience d'Evan, pourquoi pas quand il était au lit avec une femme, Azaddel préférait voir un joli corps. Et il y avait eu quelque chose d'incroyablement jouissif pour le démon à gâcher régulièrement la vie charnelle de son hôte, en se manifestant aux pires moments. Les meilleurs de son point de vue, bien sûr. Pour le reste, les choses s'étaient passées en apparence comme dans n'importe quelle famille au sang pur. Ce qui n'avait pas été prévu, c'était Baël.

Le gamin avait été obéissant les premières années, trop humain certes. Le genre à avoir quelques sentiments et rechercher l'estime de son père. A part un marronnier pour ennuyer Evan en lui disant que le gosse devait être celui de son cher Mervyn qui avait couché avec Anna Bella, Baël n'avait rien été de plus qu'une variable intéressante. Il y avait un chiard qui reprendrait le nom de Rosier s'il survivait. Une bonne nouvelle. En voyant le démon du môme se manifester, Azaddel avait commencé à perdre son sourire. Il faisait de la résistance ? Il allait punir le mioche, à toutes fins utiles. Ni Evan ni son démon n'auraient pu prévoir ce qui leur tomberait dessus. Ils avaient sous-estimé des années durant a violence de l'esprit dans le corps de Baël, induits en erreur par les grands yeux inquiets de l'humain qui luttait contre cette force invisible. Il n'y aurait qu'à serrer la vis pour éviter un débordement voilà tout.

En quelques années, sous les ordres du démon, Evan était devenu un des leaders du régime mis en place. Il jouissait d'une influence non négligeable que le démon appréciait particulièrement. Au fond, Azaddel n'avait qu'un seul regret. Il n'avait pas eu assez de temps. Bien sûr, les choses iraient de mieux en mieux pour eux. Evan crèverait à petit feu, il serait seul maître de ce corps et comptait bien en profiter. Mais dans l'absolu, le voir vieillir lentement était devenu une source d'angoisse pour le démon. Leurs mouvements se faisaient plus lent que dans sa jeunesse, lorsqu'il était langue-de-plomb. Evan plaisait encore au public, mais Baël commençait à devenir gênant. On s'intéressait à lui, la relève, la jeunesse. Le chasseur de vampires. Petit con, petit ingrat. Il n'aurait jamais pu courir le pays, baguette à la main et nez au vent si Evan n'avait pas gagné de l'influence pour leur famille. De plus en plus aigri par la situation, Azaddel supportait bien mal ce fils encombrant. Il aurait du étouffer Baël il y a des années de cela, ou profiter du corps d'Evan pour le frapper une fois de trop. Si encore Anna Bella avait donné un autre fils ! Famille d'incapables. Le grand corps infesté par le démon tressaillit lorsque Baël par son, pardon leur prénom. Le môme n'était pas là, l'autre avait pris les rênes. Un frisson parcourut Evan lorsqu'il fut question des événements qui s'étaient passés il y a quelques semaines. Démon ou pas, le sort d'Anna Bella ne lui était jamais indifférent et pouvait concentrer toutes ses pensées.

« Ne me parle pas comme ça. Tu sais très bien à quoi je fais référence. Calliope, bordel. Calliope ! Tu aurais très bien pu agresser une autre cruche. Pas la fille de ... »

Evan s'interrompit, en proie à une violente migraine. Le souvenir de la honte qu'il avait ressentit lorsque Mervyn lui avait fait une remarque, lui avait fait une remarque était encore vivace. En d'autres temps, Azaddel ne se serait pas prié de rire de cette affection déraisonnable pour Mervyn, de se moquer de l'importance qu'avait cet avis pour Evan. Il n'y avait guère sur ce sombre personne et sur Anna Bella que le patriarche Rosier pouvait compter, et semer la zizanie dans leurs relations afectives était toujours un si bon moyen de prendre le contrôle. Le démon s'occuperait plus tard de semer le trouble dans l'esprit d'Evan. Il avait fini par être doué en descriptions et il savait que son hôte aurait une réaction de dégoût s'il évoquait Mervyn ... Disons en tenue légère. Ces enfantillages n'avaient pas leur place ici. Les yeux rivés dans ceux du petit salopard de démon qui sapait son autorité, Azaddel ne s'embarrassa pas des sentiments de Baël pour s'adresser à son rival :

« Ne joue pas à ça. J'ai passé trop de temps à les sortir de leur fange, je ne te laisserai pas détruire mon affaire. » Tendu, le démon resta campé sur ses appuis. Evan était devenu lent à cause de l'âge, plus en tout cas que son fils qui avait tout le temps de prendre l'air et de s'engraisser pour gagner des forces, mais il pouvait sans doute coller une droite à ce petit morveux. Un relent de sentiments, d'affectation d'Evan pour son fils passa dans le corps du démoniste comme une nausée. Azaddel l'écarta bien vite. Il aurait du renvoyer Baël en enfer il y a des années de cela. Si seulement il y avait eu un autre fils Rosier ... Le choix aurait été vite fait. Chax, peut-être ? Quel dommage de ne pas avoir étouffé Baël auparavant, quand il était à peine sorti de l'initiation ... « Va jouer ailleurs, maintenant. »
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Ce message a été posté Mer 5 Déc 2012 - 16:44



    Savoureux. Voilà le mot qui lui avait fait défaut alors qu’il jaugeait la réaction d’Evan et qu’il analysait chaque tic qui agitait son visage et chaque tressaillement de sa rétine. Délectable. Jouissif. Et tout un tas d’autres mots en if… Alastor avait toujours aimé porter le chef de la justice magique au bord de l’implosion et c’était une source de plaisir qui semblait intarissable. Les mots roulaient encore dans son esprit, sous sa langue comme une sucrerie doucement goûtée et appréciée. Cette fois cependant on devait noter qu’il avait une raison supplémentaire de faire péter les plombs au grand blond. Il n’avait pas digéré la déculottée qu’il s’était prise plusieurs mois auparavant maintenant. Et d’une manière générale il en avait assez de voir le paternel Rosier mener la danse. Il était resté sage trop longtemps, dissimulant avec une patience fade ses véritables envies. Aujourd’hui, alors que le corps de Baël lui était si facilement accessible, il n’allait certainement plus hésiter.

    « Quoi la petite chérie est allée pleurer dans les jupes de sa fiotte de père ? Tss tss tss… » Ronronna-t-il avec le sourire, visiblement à la fête.

    Il perdit son beau sourire quand le démon d’Evan le traita avec une douteuse considération. L’imbécile croyait dur comme fer que la famille lui appartenait et que parce qu’il revêtait la peau d’Evan c’était à lui de donner des ordres. Il était temps qu’il atterrisse et qu’il sache qui menait la danse actuellement. Un tic nerveux agita la lèvre supérieure du corps de Baël, qui tordait sa bouche en une grimace méprisante. « Jouer ? » Répéta-t-il, mettant toute son aigreur dans ces maigres syllabes. Le rire qui lui échappa alors ressemblait au grincement d’une porte. Il fit un pas en direction du chef de la magie, le toisant farouchement.

    « Mais ça fait longtemps que je ne joue plus moi… »
    Il s’arrêta, savourant la vérité qui transpirait de ses propos. « Ton affaire ? Tu crois vraiment avoir encore le contrôle ? Réfléchis un peu… » Conseil, de démon à démon. « Ton enveloppe est vieille et usée et à force de jouer comme tu dis, tu l’as rendu faible et hagard. Tu ne peux pas faire le poids contre moi. D’autant plus que si je ne me trompe pas, tu n’es pas aux commandes ici. » Il s’approcha encore, jusqu’à pouvoir aller chuchoter dans l’oreille du ministre. « Moi j’ai gagné. Le gamin est démissionnaire. Finito le bambino. Et ce corps que vous avez si bien préparé au combat. C’est le mien. » Il s’écarta, avant qu’Evan n’ait l’idée de le saisir à la gorge. Ecartant les bras comme s’il énonçait une vérité connue de tous il poursuivit. « Qui va botter le cul de qui maintenant hein ? »

    Soudain son attention fut attirée vers la porte de la cuisine où s’encadrait la minuscule silhouette de l’elfe de maison, Mochred. Sortant sa baguette d’un mouvement vif, il envoya valser la créature en vociférant, puis il verrouilla les portes. Son regard retomba alors sur Evan, et plus rien dans sa posture n’indiquait la colère qui l’avait saisi juste avant. « Je déteste cette bestiole. » Annonça-t-il comme s’il demandait qu’on lui passe le sel. « Où est-ce que j’en étais ? Hum oui. Je disais donc… Ferme ta gueule. Parce que maintenant c’est moi qui dicte les règles. Et avant que tu ne me régale d’une de tes répliques savamment travaillée… Je VOUS rappelle que je n’aurai aucun scrupule à découper en petit morceaux les membres de cette famille. Bien que je compte sur vos deux esprits combinés pour avoir déjà compris ce petit détail. »
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Ce message a été posté Jeu 28 Fév 2013 - 13:28

Azaddel ne laissa pas à son « hôte » la possibilité d'agir. En d'autres circonstances, il aurait ri de voir Mervyn traîné dans la boue. Cet homme n'avait jamais été qu'un moyen de gagner plus d'influence, puisqu'Evan aurait été incapable de se mettre seul sur le devant de la scène. Il le sentit réagir, songer à défendre son ami mais refuser de les laisser ridiculiser par élan pseudo héroïque. Il coupa toute possibilité de s'exprimer à Evan, gardant un contrôle total sur son corps. Grand prince, il se décida toutefois à lui permettre de voir et entendre ce qu'il se passait. Ce serait bien plus simple pour le convaincre ensuite de haïr Baël, le petit merdeux qui laissait son corps être occupé si jeune. Le démon du gosse n'aurait pas du être un problème si tôt et Azaddel regretta de n'avoir pas mieux surveillé son collègue. Il lui avait donné trop de moyens de s'en prendre à lui. Evan était déjà vieux et son fils bien trop en forme à son goût. Les pseudos avantages de la vieillesse sorcière, les bonnes relations avec d'autres sorciers et un panel assez large de sorts ne serviraient à rien. Mervyn les laisserait s'entretuer plutôt que de devenir faibles, et que valaient quelques sorts de magie noire face à la hargne destructrice d'un démon ? Gérer ce problème aurait été plus simple une fois Evan totalement disparu. L'espace de quelques instants, Azaddel regretta d'avoir été trop clément avec son hôte. Il aurait du supprimer la conscience d'Evan il y a quelques années de cela, éliminer Anna Bella, leur dernière gamine dont il s'était toujours plus occupé ... Ne laisser d'emprise à Evan que sur sa vie personnelle, c'était peut-être déjà trop. Il faudrait qu'il s'occupe de ce problème ultérieurement.

Le démon se crispa dans le corps d'Evan en voyant le jeune homme brun approcher. De son camarade des Enfers, il s'attendait à une réaction violente. Du corps qu'il occupait, il craignait un sursaut. Evan était faible, un point pour l'autre. Il n'oserait jamais s'en prendre à son fils comme il l'aurait fait d'un étranger. Il n'étranglerait pas Baël avec la même force qu'un inconnu ou quelqu'un d'autre à qui il aurait de bonnes raisons d'en vouloir. Une fois de plus, le démon songea qu'il devrait retrousser ses manches et s'occuper des choses lui-même. Vieil impotent. Heureusement qu'il pouvait encore lui être utile. Il sentit Evan se crisper, tenter quelque chose en entendant l'autre démon préciser qu'Azaddel n'était pas aux commandes. Ferme-la, Evan. Hors de question que l'autre se rebiffe maintenant. Il n'aurait jamais du le laisser avoir une vie de famille bancale et une seule amitié auxquelles se raccrocher. C'était déjà bien trop gentil. Tu entends ? Baël n'y est plus. C'est ta faute.

Sans un mot, Azaddel regarda l'elfe de maison congédié. La situation aurait pu lui être si profitable si tout n'arrivait pas sous l'impulsion de ce rival qu'il n'avait pas vu venir. Evan était incapable d'agir, parfaitement abruti. Docile comme il l'avait toujours souhaité. Pour une fois qu'il aurait eu besoin de lui ... A travers le corps d'Evan, le démon lança un regard haineux à son rival.

« Je ne compte pas te laisser faire. »

Allez. Qu'il les découpe, s'il le fallait. Evan était faible. Si Mervyn l'en empêchait, laissait entendre qu'il avait encore besoin de lui, ce lâche ne se suiciderait pour suivre sa femme. Il fallait encore parvenir à la tuer, celle-là. La garce l'avait déjà mis en échec, mais Azaddel gageait qu'elle serait extrêmement méfiante vis-à-vis du fils prodige et du démon dans le corps de celui-ci maintenant que sa main avait failli y passer. Quand aux gosses ... Il n'était même plus certain qu'Evan aime encore Azaël. Qu'il les tue, ces putains de Rosier inutiles. Le corps d'Evan se leva brusquement et il n'eut pas la sensation que son bras se levait avant de s'entendre prononcer le mot. Le sortilège fusait déjà vers lui quand il voulut préeir son fils. Pas son Baël, pitié ...

« Doloris. »
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