Bouquet de roses royales piqué d'une violette [MISSION]



 



Bouquet de roses royales piqué d'une violette [MISSION]
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Royaume-Uni :: Bourgs sorciers
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Ce message a été posté Jeu 8 Nov 2012 - 11:49

Vesperion arriva au QG, les sourcils froncés d'énervement et de stress. Plusieurs jours étaient passés depuis sa récente rencontre avec Andréas mais à chaque fois qu'elle fermait les yeux, elle revoyait le regard moqueur, le sourire acide et elle entendait comme s'il était encore à ses côtés les propos venimeux qu'il lui avait lancé pour la saluer. D'une page qu'elle pensait avoir tourné, Andréas était revenu au premier plan dans sa vie, avec l'impolitesse exubérante dont il faisait preuve à Poudlard. Elle ne dormait plus, mangeait encore moins, et pour la première fois de sa vie elle avait élevé la voix contre Ursubedia qui lui avait demandé des nouvelles du jeune maitre, les yeux globuleux remplis de sanglots de joie. Andy. Ce foutu ex détail dans le paysage, le genre d'erreur dont on finit par croire qu'elle nous a servit à avancer. Une bonne leçon bordel, mais cette leçon n'en avait pas terminé avec elle. En plus de lui rappeler son erreur, son offrande, il fallait qu'Andy soit là pour la piétiner une dernière fois. Entre ça, les blagues douteuses de Maddox et le hasard qui avait fait parler ses collègues d'Aquila Hunter "disponible sur le marché des sang-purs à marier", Vesperion s'était crûe maudite.

Bon. Après trois désenchantements et un finite incantatum lancé dans le vide, elle avait finit par se résoudre à supporter le poids de sa destinée. Apparemment, elle était bien arrivée sur terre pour en chier.

Mais une lueur d'espoir brillait à l'horizon. Moins de 48h auparavant, elle avait reçu son premier ordre de mission en partenariat avec un autre membre des Héritiers. Si la facilité apparente de sa quête lui apparaissait de plus en plus comme une goutte de Felix Felicis dans l'embrouillami trouble de sa vie, Vesperion remerciait surtout Willhelmina Salamander de lui avoir confié entre les mains une jeune sang-pur d'origine française et non pas l'exubérante Violet. Pourtant, une quête botanique aurait tout eut pour lui plaire. Mais la jeune de Keroual semblait une fleur fraiche prometteuse, une sang-pur délicate, et quand elle l’aperçut, entrain de l'attendre patiemment au sein du QG, Vesperion sentit son esprit s'apaiser. Elle n'allait pas sourire, elle n'allait pas être chaleureuse mais elle pourrait au moins passer son temps à veiller sur la jeune femme. Après tout, c'était vraisemblablement sa première mission et il était toujours bon de veiller sur les intérêts d'une famille comme les De Keroual. Vesperion n'avait pu s'empêcher de se renseigner à ce sujet. La famille avait des liens avec les Macnair et les Hunter, rien que ça.

En évitant tout contact physique déplacé entre elles, Vesperion se plaça face à la jeune femme et s'inclina de manière presque masculine pour la saluer.

- Mademoiselle De Keroual je présume. Vesperion Quinn, enchantée.

Ce n'était ni particulièrement agréable, ni très enthousiaste mais Vesper n'était pas en état de sautiller sur place, si elle l'avait jamais fait. Avec une vague grimace ayant sans doute pour but de paraitre sympathique, elle pointa du menton l'entrée du QG.

- Vous avez bien fait de vous habiller chaudement. Apparemment, la botaniste que nous devons rencontrer habite dans des terres reculées près d'un village sorcier, et il y fait particulièrement frais, surtout aux premières heures de la matinée. Si vous n'avez rien à prendre ici, nous pouvons transplaner.

La liste de Murphy O'ryan était déjà dans sa poche. Elle avait été déposée à leur intention hier soir, sans que Vesperion puisse le rencontrer directement. L'écriture soignée de l'HOMME l'avait émue au possible. Il avait écrit cela pour elle. Enfin, pour elles. Du moment où elle avait su que le but de la mission était d'apporter des fournitures aux O'Ryan, Vesperion s'était promit de tout faire pour la réussir.

- Permettez que je vous prenne le bras mademoiselle.

Aujourd'hui, nul besoin de masque pour protéger son identité. La botaniste faisait partie de leur clan et Vesperion était fière d'être reconnue par un membre important de cette faction. Mais présenter son physique atypique pourrait sans doute être perçu comme un désavantage. Confusément, elle espéra que ses lèvres ignobles ne soient pas trop détestables à la vue de la sang-pure. Dans son petit laïus d'introduction, elle en avait oublié de faire attention à ces détails majeurs. La plupart du temps, les gens se contentaient d'un regard curieux sur sa bouche sans oser faire le moindre commentaire.

Sauf Vivienne Lestrange.


Sous cette pensée, Vesperion s'enfonça fermement la pointe de ses ongles effilés dans la paume de sa main, histoire de retrouver sa concentration.

Avec un crack sonore, les deux femmes quittèrent du QG.





Villa Lameinvairte, 9h du matin, Nord de l'Angleterre.





Ce n'était pas simplement un froid mordant mais une brume épaisse qui recouvrait le paysage alentour. Vesperion se sentit aussitôt frigorifiée et son nez se colora de rouge tandis que ses yeux se plissaient. Elle n'avait jamais supporté l'humidité de ce pays, sans doute à cause de sa constitution fragile. Dire qu'Ursubedia l'avait forcé à emporter une part de quatre-quarts avant de partir....

Il y avait du vent et elle prit la peine de se détacher de la De Keroual pour s'attacher les cheveux d'un sortilège banal. Remontant le col de sa cape sur son cou fragile, elle eut un regard vaguement inquiet sur la jeune femme.

- Nous devrions nous dépêcher d'entrer chez cette femme. Au moins il y fera chaud. Venez.

Si la brume rendait les collines et plaines avoisinantes invisibles à leurs yeux, la battisse, plus longue que large, se distinguait clairement, masse gris foncée à moins de cent mètres de là. Il n'y avait pas de portail mais Vesperion sentit le frisson magique d'une barrière de protection lui courir le long de l'échine. Sans doute pour écarter les moldus et les colporteurs. Mais elles étaient toutes deux sorcières, ce qui était déjà un plus. La porte, en chêne massif, n'était pas gravé de quelques dessins alambiqués ou même d'armoiries. Il n'y avait même pas de sonnette, juste une poignée de métal lourd placée bien trop haut. Accueil chaleureux, jugea Vesperion qui demeura sur ses gardes. Elle préférait de loin laisser la De Keroual faire le premier pas et commencer véritablement leur mission par une action, bien que ridicule.

Vesperion se tourna pour fixer le paysage, ou plutôt l'absence de paysage. Dans ces circonstances météorologiques, un chien ou un gardien bien entrainé pourrait les attaquer sans trop se donner de mal. Vesper garda la main sur sa baguette, au cas où.
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Ce message a été posté Jeu 8 Nov 2012 - 14:40

Ce n'était même pas la dixième fois depuis plus d'un an qu'Alexianne mettait les pieds au QG de la faction, et les seules fois où elle s'y était aventurée, c'était en compagnie de ses grands parents, nichée derrière eux comme pour se cacher, telle une enfant apeurée parmi les adultes. Elle ne s'y sentait pas particulièrement à l'aise, pas à sa place. Sa place était dans ses grimoires à l'amortensia, blottie dans ces grands fauteuils, au coin du feu, dans le salon du manoir. Elle n'était pas casanière mais le QG était pour elle un lieu d'hommes, un lieu de décision et d'action, et chaque fois qu'elle y rencontrait une femme, elle s'étonnait de la voir si à l'aise, de la voir même ici, et elle avait pourtant rendez vous avec l'une d'elle, miss Quinn, inconnue de la jeune fille.
Car Alexianne n'était pas ici en simple visite pour une fois, elle avait reçu, elle, un ordre de mission. Et si cette missive l'avait d'abord laissée perplexe, sa grand mère lui confia que Rogan y était pour quelque chose, qu'il avait décidé qu'il était temps pour elle de se rendre utile. Cette idée retourna le cœur de la jeune fille imaginant ainsi son grand père la considérer comme un parasite au sein de sa maison, alors même qu'elle s'efforçait de se rendre invisible comme l'air à ses yeux. Gemma avait appuyé ses propos en affirmant que Murphy était le commanditaire de ces plantes et qu'il lui fallait à présent endosser ce rôle de soutien indéfectible qui seyait à une épouse. Cet argumentaire convainc Alexianne de s’accommoder à l'idée de cette mission, car sa grand mère avait raison, ses conseils étaient toujours sages, elle devait être aux côtés de son fiancé et servir au mieux ses intérêts, lui montrer que déjà, il pourrait compter sur elle pour toute une vie. Son besoin d'être à la hauteur de ses attentes l'emporta définitivement, et c'est ainsi qu'elle se trouva déterminée à mener à bien cette requête, bien qu'elle n'eut aucune idée de la manière.

Balayant les allers et venus de chacun, nerveuse, les sens en alerte, elle aperçut très vite une femme s'approcher d'elle qu'elle supposa être sa partenaire. Finalement, elle avait peut être déjà croisé cette Vesperion Quinn, au détour d'un couloir du ministère. Elle n'en était pas certaine, pourtant un visage comme celui ci ne s'oubliait pas... Mais loin d'être impressionnée par ce faciès atypique, elle esquissa un sourire en demi teinte alors que la jeune femme approchait. Elle était bien trop nerveuse à l'idée de cette rencontre pour se laissée aller à quelques jugement, toujours plus impressionnable qu’effrontée.
« Le plaisir est pour moi Mademoiselle Quinn. » Elle esquissa un signe de tête respectueux et jugea sa propre cape quand Vesperion approuva son habillement adéquat aux températures auxquelles elles allaient faire face. Une cape en laine d'auroudoudou bleu roi, que sa grand mère lui avait offerte pour l'occasion. Ses présents étaient nombreux et réguliers mais Alexianne devait avouer qu'elle les préférait quand ils étaient faits pour d'autres motifs, ou pour aucune raison particulière d'ailleurs.
« Il semblerait qu'elle habite dans la campagne proche de Lakeshire en effet, mais je n'y suis jamais allée... » Sans avoir besoin de le demander, Vesperion lui tendit le bras pour transplaner. Un large sourire étira les lèvres d'Alexianne et elle s'empressa de lui prendre le bras en ajoutant.
« Volontiers je vous remercie. »

Une pointe d'angoisse lui serra le ventre à l'idée de quitter finalement cet endroit. Cette mission ne semblait avoir rien de périlleux mais de savoir qu'elle ne pourrait plus faire demi tour une fois qu'elle y serait ne la rassurait pas, comme si on lui retirait un droit, ou plutôt un devoir qu'elle avait toujours eut, celui de ne rien faire et de rester tranquille en retrait. Elle expira calmement et en un crack sonore, elle disparurent.


ϟ Villa Lameinvairte, campagne de Lakeshire


Le paysage qu'elle découvrirent était couvert d'un manteau blanc brumeux, gras, opaque et glacial. La lumière de l'aurore était éblouissante à travers le brouillard tandis que le froid piquait les yeux, depuis le nez, jusqu'aux pieds. Alexianne souffla sur ses mains à travers ses gants en les frottant l'une contre l'autre, elle observait la vapeur qui s'échappait de sa bouche flotter dans le paysage avant de considérer ce dernier dans sa globalité. Elles n'étaient pas proche de Lakeshire finalement, aucune forêt à l'horizon, seuls quelques arbres tout au plus, nichés au creux des plaines légèrement vallonnées. Elles découvrirent la demeure de la botaniste en question un peu plus en amont, elle ne devait être qu'à une centaine de mètres mais à travers la brume, elle ressemblait à un mirage bien lointain. Alexianne regrettait à présent d'être ici. Le velours de ses gants toujours contre ses lèvres, elle resta prostrée ainsi jusqu'à ce que Vesperion propose de se rendre dans cette bâtisse. Un léger sourire en sa direction, uniquement pour la rassurer, comme pour lui promettre qu'elle était toujours là malgré tout, car elle n'avait pas le droit à l'erreur et voulait encore moins que sa partenaire la considère comme un boulet à traîner, il y avait déjà assez de Rogan.
Elles progressèrent sur la terre dure et glacée jusqu'à atteindre ce bloc massif de pierre. Aux abords de ce qui devait être une allée menant à la porte d'entrée, bien qu'on aurait pu croire qu'une main soit venue l’estomper, se mouvaient difficilement quelques plantes rampantes, des Voltiflors peut être, et bien que ces derniers soient inoffensifs, Alexianne se tint au centre du chemin derrière Vesperion, de sorte à rester la plus éloignée possible de chacune des plantes. Qui savait véritablement ce que recelait cette demeure et ses environs après tout ?
Alexianne revint à la hauteur de la jeune femme quand elles arrivèrent devant cette porte massive et austère, une porte bien inhospitalière en somme. Les deux jeunes femmes s'échangèrent un regard, Vesperion lui laissa le passage libre jusqu'à la porte et la brunette se précipita vers le bloc de chêne. Elle hésita un instant et découvrit la baguette de miss Quinn quand elle se retourna vers elle pour obtenir son accord définitif pour frapper. Cette dernière était occupée à scruter les environs, et l'idée de cette baguette déjà prête à l'emploi n'avait rien de rassurant. Finalement, Alexianne frappa, préférant entrer au plus vite. Quelques secondes de silence et Alexianne frappa une seconde fois, avec un peu plus d’aplomb. Quand rien ne se passa encore, Alexianne frappa une troisième fois avec force, pour se prémunir de toutes responsabilités sur cette absence de réponse, bien qu'elle fut presque rassurée de constater que la demeure était vide.
« Il y a quelqu'un ? »
Avant qu'elle n'ait pu donner son dernier coup sur la porte, cette dernière s'entrouvrit en un bruit laborieux, puis s'ouvrit finalement lentement. Les deux jeunes femmes baissèrent les yeux et virent un elfe de maison renfrogné sur lui même, qui tentait de se protéger du froid. Il était si maigre qu'il semblait pouvoir être balayé d'un souffle un peu trop puissant et ses yeux était à la fois si éblouis par la lumière et grands ouverts par la surprise qu'Alexianne se dit que cette porte n'avait pas été ouverte depuis des années.
« Que... Que... La maîtresse n'a pas l'habitude, de recevoir du monde... » Cet elfe semblait presque avoir perdu l'usage de la parole. En esquissant un geste vers lui, Alexianne lui dit avec douceur pour ne pas effrayer cette créature chétive.

ϟ Bettyna Lameinvairte (ft. Loïs Smith)
« Que votre maîtresse nous excuse mais serait il possible de la rencontrer néanmoins ? »
Sans un mot, l'elfe ouvrit un peu plus la porte et se traîna déjà dans le couloir étroit de l'entrée. Alexianne et Vesperion entrèrent à sa suite et le suivirent jusqu'au hall d'entrée. Un vaste salle circulaire, surplombée d'une verrière mais qui, obstruée par mille et une plantes qui retombaient pour certaine depuis le murs jusqu'au sol, ne laissait plus passer qu'un mince filet de lumière. La faible chaleur des lieux contrastait cependant avec la fraîcheur du dehors et Alexianne retira ses gants pour souffler sur ses mains alors que l'elfe de maison leur dit de l'autre bout de la pièce.
« Si les demoiselles veulent bien patienter ici... » Avant de se traîner dans un nouveau couloir qui passait au dessous d'un large escalier et de disparaître tout à fait.

Gênée par ce silence si soudain perturbé uniquement par le bruit inquiétant des quelques planes mouvantes qui se cachaient au dessus de leur tête, Alexianne se tourna vers Vesperion.
« Ne nous sommes nous pas déjà croisées au ministère ? Il se peut que je me trompe mais j'ai l'impression de déjà vous y avoir vu quelques fois. »

Que fait l'elfe de maison...?:
 

Les minutes passaient mais l'elfe de maison se faisait toujours attendre, et les plantes elles, continuaient de ramper jusqu'à ce que le malaise pour Alexianne ne commença à devenir oppressant. Les deux jeunes femmes s'échangaient des regards impatients, et presque perplexes jusqu'à ce qu'un bruit différent surgissent au dessus d'elles. À travers les rambardes de la rampes de cet escalier massif, une elfe de maison avait glissé sa tête pour les interpeller d'en haut. Elle avait à la différence de son camarade, l'oeil beaucoup plus vif et malicieux, un peu idiot également. Elle faisait tout autant de peine à voir mais dégageait un peu plus de prestance, si tant est qu'un elfe puisse en faire preuve.
« Tss, si mesdemoiselles voulaient bien se donner la peine de monter, Miruck s'en est allé vers le mauvais couloir, mais Krellia elle peut vous mener à Bettyna ! » Sans attendre leur réponse, l'elfe de maison s'engagea dans l'escalier une nouvelle fois pour disparaître à l'étage.


Dernière édition par Alexianne de Keroual le Lun 26 Nov 2012 - 14:41, édité 2 fois
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Ce message a été posté Jeu 8 Nov 2012 - 14:40

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Ce message a été posté Ven 9 Nov 2012 - 11:48

Les cognements répétitifs d'Alexianne commencèrent doucement à l'agacer. Non pas qu'elle ressente cela envers la délicate sang-pur, certainement pas, mais bien contre leur future hôtesse qui tardait de trop à leur répondre. Une absence potentielle ? Vesperion ne le permettrait pas. Plutôt fuir l'Angleterre que de rentrer les mains vides après un objectif aussi simple. La porte était en chêne, sans doute protégée par des sorts, mais rien que deux sorciers ne pouvaient contrer. Après tout, elles étaient chez une botaniste, pas à Azkaban. Mais alors qu'elle allait proposer un plan plus invasif pour récupérer ce qu'elles venaient chercher, la porte grinça sur ses gonds et un Elfe de Maison apparu. Vesperion se calma immédiatement.

Dans l'ordre des choses, les Elfes sont en-dessous des sorciers. La superbe statue au Ministère le prouvait bien et depuis des décennies, les Elfes servaient les sorciers avec obéissance. Il était donc normal de les tenir à leur premier rôle: celui d'esclave. Mais Vesperion se trouvait dans l'impossibilité totale d'élever la voix contre eux, ou de les asservir complètement. Lancer un doloris sur un Elfe par exemple lui était bien plus difficile que de menacer un autre sorcier. Peut-être, simplement, parce que le sorcier était son égal et que l'Elfe ne pourrait réellement protester. Ou peut-être parce qu'elle avait à la maison une Elfe de la maison qui veillait sur elle comme une mère pouvait veiller sur son enfant. Etant donné que Vesperion manquait cruellement d'expérience dans le domaine de l'amour familial, elle se contentait de ressentir une vague culpabilité à l'idée de blâmer des créatures qui prenaient soin des sorciers. Elle ne pensait pas qu'Ursubedia puisse l'aimer. Juste que l'elfe se contentait de prendre soin d'elle comme elle prenait soin du reste de sa famille. C'était uniquement une idée, un principe, un comportement instinctif. Elle ne pouvait pas.

La maigreur de l'elfe ne lui arracha pourtant aucun frisson de pitié et quand il les invita à entrer suite au discours correctement formulé de la jeune De Keroual, elle n'hésita pas à le frôler pour se mettre plus vite à l'abri, passant devant Alexianne, dans une presque impolitesse qui trahissait seulement sa prudence vis à vis d'une maison dont elles ne savaient rien. Mais aucun piège ne leur tomba sur le coin du nez et Vesperion inhala le parfum intérieur de cette bicoque, savant mélange de thé, de poussière et de terre humide. La serre devait effectivement être immense pour qu'on puisse la sentir à ce point, à moins que la botaniste l'ait créé à l'intérieur même de sa maison. Allez savoir.

Et l'attente commença. L'elfe aussitôt partit, Vesperion commença à faire du repérage. il y avait des meubles certes, et quelques rares photos de famille. Surtout des portraits énergiques de personne ancienne en compagnie de plante. Étonnamment, il n'y avait pas de bouquet décoratif ou même une plante en pot. Rien que le désert sombre et gris de ce hall, un escalier menant au premier étage calé sur le mur de gauche, ainsi que deux corridors distincts. L'elfe s'était précipité dans le corridor et Vesperion s'en approcha, s'efforçant de guetter un son de voix trahissant la présence d'un sorcier en ces lieux. Il n'y avait rien d'autres que le claquement assourdit des pieds nus de l'elfe et leurs deux respirations.

Quelque chose glissa soudain contre le plafond et Vesperion releva les yeux, crispée.

« Ne nous sommes nous pas déjà croisées au ministère ? Il se peut que je me trompe mais j'ai l'impression de déjà vous y avoir vu quelques fois. »


La voix douce et patiente de la sang-pur manqua de la faire sursauter et elle se tourna vers la jeune femme avec un regard mêlé d'incompréhension. Parler ? N'avaient-elles pas mieux à faire que de parler ? Elles pourraient très bien discuter après la mission, mais pas pendant, pas quand elles se trouvaient dans la gueule d'un loup endormit. Vesperion fronça les sourcils, mais son éducation joua sur sa prudence. Pour ne pas vexer Alexianne, elle lui répondit brièvement.

- Je suis membre de l'office des Portoloins. Si vous travaillez au Ministère nous avons pu nous croiser effectivement.

Et histoire de couper à toutes autres questions, Vesperion mentit à moitié.

- Je crois que l'elfe revient.

Il y avait effectivement des pas qui se rapprochaient, trop ténus pour être ceux d'une personne humaine adulte. Mais l'elfe qui apparu n'était pas la même, de sexe féminin tout d'abord, et venant du corridor imposé. Vesperion la lorgna sans la saluer.

« Tss, si mesdemoiselles voulaient bien se donner la peine de monter, Miruck s'en est allé vers le mauvais couloir, mais Krellia elle peut vous mener à Bettyna ! »


Et l'elfe de s'engager aussitôt sur une nouvelle piste. Peu encline à se laisser trainer comme un chien, mais déroutée par les propos de l'Elfe, Vesperion haussa une épaule à l'adresse d'Alexianne et lui emboita le pas. Lorsque la sang-pur avança à ses côtés, elle lui chuchota un simple "prudence". L'elfe les conduisait à l'étage supérieur, là où quelque chose rampait sur le sol. La botaniste pouvait très bien choisir de s'amuser à leurs dépends. Ou même, alertée par les desseins des deux Héritières, choisir une autre méthode pour leur dire non: la digestion par les plantes.

Spoiler:
 

Passé le premier couloir, l'elfe entra aussitôt dans une pièce et Vesperion retrouva le sourire. Elles allaient bientôt pouvoir discuter avec la botaniste et l'impériser au besoin pour qu'elles leur offrent les plantes. Mais l'elfe se figea, et fit demi-tour, manquant de bousculer Vesperion ainsi que la sang-pur. Elle marmonna quelque chose d'intelligible, prit la porte d'en face. Vesperion la suivit, d'un pas plus lent, moins enjouée et observa l'elfe tourner autour d'un fauteuil, le regard globuleux presque effaré de ne pas trouver ce qu'elle cherchait. Remarquant l’agressivité montante de Vesper, l'elfe s'inclina.


« Bettyna est par ici mademoiselle. Bettyna va bientôt être trouvée ! »


Vesperion se mordit la langue pour ne pas lui répliquer que la botaniste avait réellement intérêt à être trouvée rapidement. Mais ce fut presque tout le premier étage puis le corridor de gauche que l'elfe fouilla sans succès. La respiration rapide de colère, Vesperion commença à sortir sa baguette. C'était certain, la botaniste se foutait d'elles.

CRAK


« Krellia ! Mauvaise Krellia ! »Lança le premier elfe enfin de retour qui s'évertua à tirer sur les oreilles de sa compagne. « Où conduis-tu les demoiselles ! Bettyna n'est pas ici. Bettyan n'est pas par là !»
« Miruck ne sait pas non plus où elle se trouve ! Bettyna est dans le salon orange ! »
« Non elle est au salon bleu. Et le salon orange n'est pas ici Krellia ! »

« Elle est au salon orange ! Et Krellia sait que le salon orange est au premier étage, méchant Miruck ! »

Le regard de Vesperion allait de l'un à l'autre sans oser les interrompre. Elle n'avait jamais vu de dispute d'elfe et les deux semblaient avoir oublié les invitées pour se tirer les oreilles mutuellement. Puis l'elfe femelle le frappe au ventre et les deux serviteurs se roulèrent au sol en se cognant furieusement.

Et avec ça Bettyna Lameinvairte, toujours introuvable.


Dernière édition par Vesperion Quinn le Ven 9 Nov 2012 - 11:56, édité 1 fois
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Ce message a été posté Ven 9 Nov 2012 - 11:48

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Ce message a été posté Sam 10 Nov 2012 - 9:00

Vesperion et Alexianne n'étaient définitivement pas sur la même longueur d'ondes. À l'intérieur de cette maison, la jeune sang pur arrivait presque à retrouver son calme et sa sérénité, si seulement elle pouvait faire abstraction de ces rampants au plafond. Mais cette atmosphère n'avait en soi que quelques notes intrigantes, rien de plus, et surtout parce qu'elle était toute nouvelle pour Alexianne, aller en quête dans la campagne profonde britannique pour la faction était totalement inédit de son côté.
Et c'est pourquoi elle ne pouvait s'empêcher d'observer sa partenaire avec curiosité, arquant un sourcil intrigué face à son agitation qui contrastait un peu trop avec son attitude totalement passive à elle. D'abord elle dégainait sa baguette, ensuite elle inspectait les recoins de chaque couloirs, puis lui conseillait de la prudence ? Elle semblait voir le danger là où pour Alexianne il ne pouvait en avoir aucun, après tout, elles étaient dans la demeure d'une vieille femme, botaniste de surcroît, l'archétype même de la gentille grand mère, Alexianne pensait même qu'elle pourrait leur offrir un thé. Et c'est bien pour cela qu'elle essaya d'engager la conversations avec Miss Quinn, car cette mission prenait pour elle des accents de simple visite de courtoisie, comme celle qu'elle pouvait faire avec Gemma chez les Zabini, celle qu'elles dépensaient en potins, gâteaux et complaisance, des après midi entiers durant. D'ailleurs, Alexianne n'avait pas même touché sa baguette une seule fois.

Le fait est qu'elles s'étaient bien croisées au ministère, Vesperion le lui confirma, mais elle n'en saurait pas plus. À la différence d'Alexianne, sa partenaire n'avait pas l'air très encline au dialogue, quel qu'il soit, et elle comprit bien vite qu'il ne serait pas question de faire plus ample connaissance, au moins pour le moment.
Alex alla donc à la suite de miss Quinn, la tête baissée, hochant de la tête pour la prudence, mais tout de même un peu honteuse. Honteuse d'avoir cru que le moment avait été bien choisi pour bavarder, après tout, ce qu'elle désirait le moins était que miss Quinn se soit crue affublée d'une incapable à ses côtés, et pour cela Alexianne garderait le silence.
En revanche, la deuxième elfe de maison qui les menait à l'étage, elle, se faisait beaucoup plus bavarde et bruyante. Elles les baladait en effet de pièce en pièce, ricanant d'abord, puis se maudissant ensuite, avec de plus en plus de violence à mesure qu'elle semblait se rendre compte qu'elle était bien incapable de les mener à Bettyna comme elle l'avait prétendu. Au gré de leur pérégrinations de portes en portes, Alexianne restait placide et sereine et démontrait une nouvelle fois son calme, ou sa passivité, à tout épreuve, mais ii n'en était pas de même pour sa partenaire une fois encore. Alors qu'elle s'était montrée tout à fait enthousiaste voir même impatiente à l'idée de rencontrer leur hôte, elle sembla très vite déchanter au point qu'Alexianne puisse se rendre compte de l'état de nerfs qui l'accablait. Elle craignait tout simplement qu'elle explose en furie, car il était vrai que cette Krellia commençait à devenir bien agaçante, mais si la jeune sang pur pouvait s'en accommoder, il n'en était certainement pas de même pour sa comparse. La brunette ne cessait alors de lui jeter des regards inquiets chaque fois que Krellia se prenait à nouveau les oreilles de façon bien pitoyable pour se punir d'être aussi sotte, et chaque fois elle sentait que la furie de miss Quinn se faisait plus pressante, et chaque fois elle esquissait un mouvement de main pour la calmer avant que cette intention n'avorte finalement. Mais quand elle la vit finalement sortir sa baguette, Alexianne n'y tenant plus, s'approcha d'elle sans perdre sa réserve.
« Miss Quinn peut être... »

CRAK

Alexianne n'eut heureusement pas le temps de devoir aller jusqu'au bout que l'autre elfe de maison apparut et le sursaut que lui tira cette apparition l'agaça presque à son tour.
« Krellia ! Mauvaise Krellia ! Où conduis tu les demoiselles ? Bettyna n'est pas ici, Bettyna n'est pas par là ! »
« Miruck ne sait pas non plus où elle se trouve ! Bettyna est dans le salon orange ! »
« Non, elle est dans le salon bleu ! Et le salon orange n'est pas par ici Krellia ! »
« Elle est au salon orange ! Et Krellia sait que le salon orange est au premier étage, méchant Miruck ! »

La scène qui s'en suivit n'attira aucune pitié chez Alexianne, elle ne pouvait être qu’excédée par les chamailleries de ces deux affreux, qui bientôt en vinrent aux mains.
Certains sorciers se prenaient d'affection pour ces créatures qu'étaient les elfes de maison, tout en les sachant esclaves, il les considéraient avec un certains respect. Mademoiselle de Keroual ne faisait pas parti de ces sorciers là. Comme la plupart de ses semblables, les elfes de maison ne lui inspirait que dédain et pitié. Bien sûr qu'elle avait parfois ses préférences parmi eux, mais celles ci n'allaient jamais jusqu'à l'attachement. Son mépris n'allait jamais jusqu'à la violence également, ils la laissaient tout simplement indifférente, car c'était ainsi. Pour elle ce n'était rien d'autre qu'un état de fait qu'elle n'avait jamais eut l'idée de questionner, les elfes de maison étaient les esclaves des sorciers comme le soleil se levait chaque matin, ce n'était rien d'autre ici que l'ordre des choses. Et pour cela, elle se montrait toujours moins clémente avec eux. Des bagarres d'elfe de maison, elle en avait vu d'autres. Autant au manoir Macnair qu'au manoir des Roches, la demeure familiale des de Keroual à Aix en Provence, ces créatures étaient un certain nombre à cohabiter sous le même toits, et fatalement, les rixes puériles comme celle à laquelle elles assistaient se produisaient parfois.
Témoin depuis le début de l'aplomb de miss Quinn, elle observa encore un moment celle ci en attendant qu'elle réagisse pour mettre un terme à ces enfantillages, mais elle n'en fit rien. Alexianne reconsidéra les deux bestioles et s'approcha sans hésiter. Il n'y avait aucune réserve à avoir avec un elfe de maison. Elle s'arrêta devant eux et s'enquit de prendre une voix à la fois ferme et mesurée.
« Cessez je vous prie ! » Quelques gifles s'échangèrent encore. « Cessez ! »
« Que mademoiselle excuse le mauvais Miruck et la mauvaise Krellia... »
« Pour se faire pardonner, Miruck va conduire les demoiselles au salon bleu, Bettyna se trouve au salon bleu, Miruck l'a vu ! » Les deux créatures s'échangèrent un nouveau mauvais regard et pour mettre un terme au nouvel affrontement qui allait se dérouler, Alexianne s'énerva encore un peu plus fort.
« Assez ! » Sans parvenir à se convaincre elle même de son autorité plus que contestable elle s'avança dans le couloir tout en continuant. « Quelque soit le salon, votre maîtresse ne peut pas être très loin, ne vivez vous pas dans cette demeure par Merlin ! Qu'y a t'il au fond ? » Alexianne se retourna vers les deux elfes en pointant du doigt le fond du corridor, mais le pointa finalement de l'autre côté la seconde d'après, découvrant alors le liane rampante qui s'approchait de sa partenaire.
« Miss Quinn derrière vous... » Elle n'eut même pas le réflexe de sortir sa baguette, ni même de hurler. Le ton de sa voix trahissait sa surprise.

La rampante en question s'éleva en effet dans les airs et fouetta violemment les deux elfes de maison qui couinèrent en choeur quand ils chutèrent sur le sol l'un sur l'autre. La plante s'immobilisa jusqu'à ce qu'une fleur de forme presque labiale d'un rose vif éclata à son bout. Les pétales se remuèrent, et la plante tonitrua après les deux elfes.
« Krellia, Miruck, bande d'imbéciles ! » Puis se tourna vers Vesperion.

Que va faire la plante ?:
 

« Et vous, qu'est ce que vous faîtes là ! » Sans attendre de réponse, la plante se tourna vers les elfes de maison une nouvelle fois. « Je vois qu'on fait même entrer les inconnus dans mes appartements ! Incapables idiots ! » La plante s'éleva pour les frapper de nouveau mais les petites créatures esquivèrent le coup.
« Que la maîtresse pardonne les méchants Miruck et Krellia. Krellia voulait bien faire et Krellia pensait vous trouver dans le salon orange ! »
« Mais Miruck lui a dit que la maîtresse Bettyna se trouvait dans le salon bleu... » Après s'être attardée sur eux quelques secondes, cette lèvre-fleur se retourna vers miss Quinn puis lui demanda sur un air trop poli et condescendant.
« Lors, que faîtes vous ici mesdemoiselles ? Mmmh ? » La fleur s'avança un peu trop près de miss Quinn et Alexianne craignait déjà qu'elle ne lui jette un sort. Mais la plante se retira aussitôt et en partant lança sur un ton lasse, désabusé et sarcastique.
« Je suis dans la serre, au fond de la maison. J’espère que vous vous souvenez encore où elle se trouve... » Les dernières paroles étaient pour les elfes et déjà elle disparaissait dans les escaliers.
Alexianne s'approcha, légèrement confuse et mit sa main sur l'épaule de Vesperion, comme si celle ci venait de vivre un traumatisme.
« Est ce que tout va bien ? » Elle se tourna pour questionner à son tour les deux elfes, toujours recroquevillés sur eux même contre le mur. « Je ne comprend pas, était ce la voix de Madame Lameinvairte ? » Krellia fit seulement un petit signe de tête pour confirmer et s'engagea dans le couloir pour redescendre au rez de chaussée.


Dernière édition par Alexianne de Keroual le Lun 26 Nov 2012 - 21:15, édité 2 fois
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Ce message a été posté Sam 10 Nov 2012 - 9:00

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Ce message a été posté Lun 12 Nov 2012 - 18:28

Bien que l’agacement l’ait poussé à lever sa baguette contre les deux Elfes, Vesperion ne put prononcer le moindre mot pour stopper leur dispute lorsqu’ils en vinrent aux mains. Unique représentante de sa race au sein du manoir Quinn, Ursubedia ne l’avait pas habitué à ce genre de comportement. D’un point de vue général, les Elfes se devaient d’être dociles et de répondre aux moindres exigences des sorciers. Mais Vesperion, qui à ses Buses de soin en créature magique avait récolté un pitoyable D, ignorait tout de leurs habitudes en société. Apparemment, ils pouvaient faire preuve de violence et elle les regarda se rouler au sol, clignant des yeux bêtement. Pourtant, au quotidien elle n’était pas femme à ne pas réagir rapidement. Au sein même de ses missions, elle se targuait d’être l’une des plus motivées et des plus dynamiques. Vesper ne manquait ni de courage, ni de cervelle, ni d’instinct de survie. Mais l’idée de les toucher, ou pire, de les blesser d’un sort, la freinait sec. Elle aurait pu s’y prendre autrement pour les calmer, mais elle ne pouvait pas ne pas utiliser sa baguette. Et lever sa baguette contre un Elfe lui apparaissait comme la plus épouvantable des idées. Sans trop savoir pourquoi, Vesperion s’empourpra de honte et fut soulagée au possible en entendant Alexianne prendre les devants.

Sa tentative de se montrer autoritaire était à la limite du pitoyable, mais Vesper ne se permit aucune critique, même mentale. Bien au contraire, elle se tourne vers la sang-pur pour lui sourire, et lui présenter un simple signe de tête respectueux en guise de remerciement. C’était la bonne méthode, et même si les Elfes manquèrent de repartir dans une nouvelle guérilla verbale, la jeune de Keroual avait réussi à leur faire baisser le ton et à arrêter leur stupide bagarre pendant quelques secondes.

Salon bleu. Salon orange. Tout cela ne lui disait rien qui vaille. Ces vieilles bicoques taillées en étages n’étaient que des sandwiches de couloirs paumés menant vers des salles innombrables. Vesperion passa rapidement la pointe de sa langue sur sa lèvre inférieure, le temps de réfléchir calmement sur le moyen le plus efficace de retrouver leur hôte. Bien que, au vu du comportement des deux Elfes, elle doutait sincèrement que Bettyna Lameinvairte soit au courant de leur présence dans sa maison. Alors quoi ? Un sort de carte ? Cela marchait pour les objets certes mais cela fonctionnait-il pour les sorciers ? Il y avait très certainement une variation du sort mais elle n’arrivait pas à retrouver la formule exacte. Un sortilège de traçabilité ? Ou alors elles pouvaient…

« Miss Quinn derrière vous... »


Et voilà. Trois secondes à baisser la baguette et elle se faisait surprendre par quelque chose dans son dos. Vesperion se raidit, releva la baguette et se retrouva soudain nez à nez avec une plante monstrueusement longue, le bulbe de cette dernière à un baiser de son visage. Au vu de sa récente expérience avec mère Nature, Vesperion recula d’un pas précipitamment. Non, ce n’était pas le jour pour se faire mordre de nouveau par une plante vénéneuse et se prendre pour une rose en plein couloir étranger en compagnie d’une jeune oie sang-pur.

La plante s’ouvrit, révélant une bouche végétale plus écoeurante que fascinante. Vesperion grimaça, juste avant qu’une voix n’éclate dans le couloir, faisant se figer les deux elfes de maison qui s’aplatirent respectueusement en couinant.

« Krellia, Miruck, bande d'imbéciles ! »


Voix de femme, indubitablement.

« Et vous, qu'est ce que vous faîtes là ! »


Devait-elle réellement se présenter à une liane ? Le temps que Vesper retrouve contenance et n’obéisse docilement à la plante qui représentait dans ce lieu la seule autorité véritable, cette dernière choisit de l’ignorer totalement pour poursuivre les créatures de remontrances verbales tonitruantes. Vesperion en profita pour cacher sa baguette, de crainte que la plante ne prenne cela pour une menace et décide a) de la détruire b) de les détruire c) d’écrire une lettre à Willhelmina Salamander pour lui demander d’éviter d’envoyer des incapables frapper à sa porte.

La plante savait-elle écrire ?

« Et vous, que faîtes vous ici mesdemoiselles ? Mmmh ? »

Ah tiens, c’était de nouveau son tour.

Vesperion se racla la gorge et s’inclina poliment.

« Alexianne de Keroual et moi-même, Vesperion Quinn, sommes venues discuter avec vous madame Lameinvairte. C’est madame Salamander, Morgane prenne soin d’elle, qui nous envoie. Notre visite est tout à fait cordiale madame, et nous espérons que notre présence ne vous importune pas de trop. »

Tournures de phrase maladroitement formulées mais semble-t-il efficace puisque la plante ne tarda pas à les renseigner sur l’endroit véritable où les attendait Bettyna. Dans un chuintement désagréable, la plante revint à terre et rampa dans le sens contraire. Vesperion fut séduite par l’idée de la suivre mais le végétal n’était pas forcément dépendant de Bettyna et pouvait très bien retourner en un lieu secret dans les étages supérieurs en attendant de transmettre un nouveau message. Il fallait donc se fier aux deux Elfes et Vesperion leur jeta un regard peu amène. Elle ne faisait définitivement pas confiance à Krellia pour trouver le chemin de la serre.

« Miruck, nous te suivons.
- Bien mademoiselle. A votre service mademoiselle. »
Remercia l’Elfe de maison en piétinant allégrement le pied de sa compagne avant de prendre de nouveau l’escalier.

« Je ne comprends pas, était-ce la voix de Madame Lameinvairte ? »

Krellia hocha la tête en demeurant à leurs côtés tandis qu’elles descendaient. Vesperion ajouta son grain de sel, plutôt soulagée du tour que venait de prendre leur mission. Elles s’en allaient rejoindre Bettyna. Même si la botaniste lui avait paru désagréable et plutôt impolie, Vesperion se garda d’en faire la moindre réflexion. Apparemment, les plantes ici avaient des oreilles.

« Je ne crois pas me rappeler de plante de ce genre que j’aurais pu étudier pendant ma scolarité à Poudlard, mais étant donné que nous avons à faire à une botaniste renommée, je ne saurais que trop vous conseiller de vous montrer prudente face aux végétaux présents dans cette maison. Si elle a su récupérer une fleur capable de communiquer, nul doute qu’elle a aussi cultivé celles qui peuvent nous éjecter de cette maison sans trop d’efforts. »

Puis, constatant que la réplique pouvait être prise comme une critique du comportement de la jeune femme, Vesperion conclu par un simple :

« Vous possédez bien plus de répartie et de tact que moi semble-t-il. Je pense qu’il vaut mieux que vous teniez la majeure partie de l’argumentaire qui saura la convaincre de ce pourquoi nous sommes venues. »

Vesperion possédait un sens de l’orientation inné, ainsi, malgré les détours et redétours de Miruck, elle put suivre calmement l’avancée dans la maison sans trop se sentir perdue. Ainsi, quand les portes vitrées de la serre se dévoilèrent à la base d’un nouvel escalier, Vesperion les situa automatiquement à l’arrière de la maison, à un niveau plus enfoncé que le rez de chaussée. Il était fort à parier que la maison suivait l’inclinaison douce d’un versant d’une colline basse. En cas de fuite, elles n’auraient qu’à remonter l’escalier pour foncer dans le couloir le plus proche sans tourner ni à gauche, ni à droite.

L’ambiance à l’intérieur de la serre était clairement différente de celle à l’intérieur de la demeure. Plus chaude et plus humide, elle lui serra la gorge violemment. Vesperion sentit ses yeux la brûler tandis que le parfum des fleurs et du compost envahissaient ses narines. Il devait faire une trentaine de degrés dans cette pièce. Loin de disposer d’un espace thé comme chez Violet, la silhouette de Bettyna Lameinvairte flânait entre les plantations, vêtue d’une robe bleue pâle et d’un large chapeau transparent. Vesperion plissa les yeux dans la légère brume trouble qui envahissait la pièce et suivit l’Elfe de Maison quand il sautilla jusqu’à sa maitresse.

« Maitresse Bettyna, les demoiselles sont là maitresse Bettyna ! Miruck ne s’est pas perdu ! »

Loin de le remercier, Bettyna le chassa d’un geste de la main impatient, dardant son regard gris foncé sur les deux jeunes femmes qui venaient d’envahir son monde. Vesperion eut un sourire aimable et salua à la mode sang-pur.

Spoiler:
 

Ce qui n'eut aucun effet sur Bettyna Lameinvairte qui, loin de la trouver sympathique, se contenta de ricaner.

« Voilà plus de dix ans que je vis seule ici, en compagnie de mes stupides serviteurs et des plantes que j'affectionne. Dix ans, troublés par l'apparition rarissime d'un hibou, parfois d'un coursier, de quelques livraisons et de ces charognards qui se disent membre de ma lointaine famille. Je n'ai ni enfants, ni mari. Je n'ai pas non plus d'amis, Merlin me protège des hypocrites. Mais il existe encore à ce jour des personnes capables de me prendre pour une vieille botaniste sénile née de la dernière pluie. Comme par exemple, cette si charmante personne que Morgane se doit de protéger. Willhelmina Salamander. Ah ! »

Bettyna caressa une plante rougeoyante presque semblable à une rose moldue et déposa le brumisateur qu'elle tenait à la main sur un petit établis. Vesperion, sous la surprise, ouvrit la bouche pour coasser quelques vagues excuses. Sans doute un "Mais enfin voyons madame, nous ne sommes certainement pas là pour vous obliger à quoique ce soit.". Mais cela n'aurait eut pour autre effet que de braquer définitivement la vieille femme à leurs propos. De plus, le petit Ah méprisant à la fin de sa phrase l'avait noué de colère difficilement contenue. Cette Bettyna était membre de la faction mais devant les deux sorcières, elle la traitait par mépris. Comme si son existence, les valeurs qu'elles défendaient ou le fait qu'ils puissent tous dépendre d'elle dans la situation actuelle n'était rien. Rien du tout. Pour une croyante comme Vesperion des principes des Héritiers, c'était plus qu'une insulte. C'était un affront, un coup bas.

« Mais je n'ai certes pas oublié la politesse et l'étiquette. Puisque j'accueille sous mon toit une jeune Héritière des De Keroual, autant me comporter en Lady. Vous avez fait l'effort de transplaner jusqu'à moi. Enfin... J'espère que c'était bien pour moi. » Susurra la vieille femme en caressant une liane d'un Lierre-Dragon qui retrouva les chemins bas et sinueux de la serre à la recherche d'un peu de fraicheur. Son regard pétillait d'une mauvaise malice et Vesperion se tourna à moitié vers Alexianne.

« Sachez en tout cas madame que pour nous c'est un honneur de rencontre une éminence dans le monde du Botanisme. Et que cette rencontre mène à un accord ou non, nous aurons toutes deux eut le plaisir de passer quelques instants en votre compagnie. » C'était là les caresses les plus hypocrites que Vesperion pouvait proférer sans que la colère ne nuise à son ton. Et au regard de Bettyna sur son visage difforme, Vesperion douta de de l'efficacité de son tempérament lèche-cul.



Dernière édition par Vesperion Quinn le Lun 12 Nov 2012 - 18:40, édité 1 fois
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Ce message a été posté Mer 14 Nov 2012 - 0:34

Pour la première fois depuis leur entrée dans la villa de Lameinvairte, Alexianne avait posé les doigts sur sa baguette à la vue de cet immondice qui s'était élevé derrière miss Quinn. Elle restait pourtant au fond du couloir, sans bouger, sa main discrète dans l'étui de sa baguette, mais elle semblait plus perplexe que sur ses gardes néanmoins. Son cœur s'était très vite apaisé en constatant que la plante était douée de parole étrangement. Elle ne se voyait pas devoir se défendre là, maintenant contre un végétal en plein milieu de ce corridor et croire que le végétal en question était doué de raison lui avait fait oublié cette crainte.
Rapidement, Vesperion se montra assez adroite pour calmer les ardeurs de cette bête, qui s'était de toute façon assez défoulée sur les Elfes de maison. Le discours était peut être maladroit mais aurait elle fait mieux ? Elle pariait que non, elle avait bien du mal à s'imaginer comme représentante des Héritiers et de madame Salamander, elle n'était venue que pour satisfaire son grand père et se rendre utile auprès de son tout récent fiancé. Bien sûr qu'elle était attachée à la cause que défendait sa famille entière avec ardeur, des deux côtés de la Manche d'ailleurs, mais avait elle les clefs pour la défendre elle, véritablement avec succès, rien n'était moins sûr. Elle avait abandonné depuis un moment la lecture de la Gazette et fuyait les longs discours trop prolixes de Rogan à propos du régime de Mervyn Kark. Alors peu importaient les maladresses de miss Quinn, pourvu qu'elle s'en sorte sans trop de peine, elle au moins, semblait savoir ce qu'elle faisait et cela la rassurait, car Alexianne commençait seulement à entrevoir la difficulté de leur tâche et ainsi, la préciosité de sa partenaire. C'est parfois ce genre de femme qu'elle désirait être, une femme comme miss Quinn, comme sa Tante Nora, comme sa mère, comme toute les femmes de sa famille, dont elle oubliait toutes les différences pour ne percevoir que leur forces de caractère et celle de leurs convictions. Elle ne voyait en elles que leur honnêteté d'âme et leur courage, ce dont elle était persuadée d'être dépourvue.

Miss Quinn prit la décision de suivre le premier elfe qui leur ouvrit la porte, Miruck, et elle allèrent à sa suite à travers le dédale de couloirs qu'Alexianne ne se souvenait même plus d'avoir traversé. Ils avaient visité tant de pièce et de recoin, comment s'y retrouver à présent ? Tous les murs se ressemblaient, tous recouverts de la même tapisserie grignotée par endroit par la mousse, les mêmes portes se succédaient, parfois pourries par l’humidité et attaquées par le lichen. Partout il faisait aussi froid. Car si les deux jeunes femmes avaient profité de cette sensation de chaleur agréable en entrant, à présent Alexianne ne cessait de ramener sa cape sur elle un peu plus.

Tout comme elle, miss Quinn ignorait totalement la nature de cette plante parlante, et donc, si Bettyna était en effet derrière tout cela. Au conseils prodigués par sa partenaire elle répondit avec un sourire timide.
« Je serais attentive dans ce cas, je dois vous avouer que mes connaissances en botanique ne sont pas à la hauteur de ce que nous avons vu seulement jusqu'ici, mais je ne me ferai plus surprendre... » Elle voulait plus que tout qu'elle puisse compter sur elle, qu'elle puisse le croire au moins. Alexianne avait confiance en Vesperion, et elle n'avait pas le choix puisqu'elle n'avait que très peu confiance en elle en ce qui concernait cette mission, mais elle désirait que cela soit réciproque tout de même. Si elle ne se sentait pas à sa place en ces lieux, elle ne voulait pas pour autant que miss Quinn face front seule et sans soutien. Et cette dernière lui offrit l'opportunité de faire ces preuves en concédant que le tact de la sang pure la désignait tout simplement pour parlementer avec la botaniste. Comme une enfant à qui on laisse une confiserie, Alexianne élargit son sourire en la regardant et hésitante, elle lui répondit, tenant à reconnaître ouvertement le tact dont elle avait fait preuve elle même.
« Vous avez agi avec brio et parcimonie vous même avec cette plante, je ne doute pas que vous fassiez preuve d'une verve tout à fait adéquate face à madame Lameinvairte, mais je vous promet de faire mon possible et de ne décevoir personne. » Une promesse qu'elle savait très bien ne pas pouvoir tenir mais il fallait à présent qu'elle face preuve d'assurance.

Miruck de son côté continuait de les mener activement à la serre, si tant est qu'un nouveau rebondissement ne les perde pas, et si Vesperion le suivait d'une marche rapide, calme et assurée, Alexianne elle, ne se situait toujours pas dans cette demeure, elle se contentait de suivre le pas en trottinant presque lorsqu'elle s'attardait un peu trop à tenter de reconnaître les lieux. Elle eut la certitude de pénétrer dans un lieu nouveau lorsqu'ils prirent un escaliers de pierre relativement large et qui semblait s'enfoncer un peu plus bas que les précédents niveaux qu'elles avaient visité jusque là. À la dérobée, elle lançait des regards en direction de Vesperion pour guetter chacune de ses réactions, comme si elle était un indicateur de danger. Certes, elle lui avait promis d'être sur ses gardes, mais elle n'avait aucune idée de ce qui devait l'y mettre, et quand elle était saisie d'un moment de doute, elle surveillait ainsi la baquette de miss Quinn, se promettant de sortir la sienne à l'instant même où sa partenaire dégainerait. Cet escalier ne fit pas exception à la règle, il ne lui inspirait pas confiance et un rapide coup d'oeil à la silhouette blonde qui marchait devant elle suffisait à lui indiquer la marche à suivre, et en l’occurrence, les baguettes restèrent dans leurs étuis. Pour autant, sa partenaire semblait dans tout les cas toujours aux aguets, et ceci même lorsqu'on lui adressait la parole, elle paraissait y voir un danger...

Au terme de cet escalier déjà humide, déjà baigné d'une atmosphère bien différente de celle qui régnait dans les étages supérieurs, elles aperçurent finalement les vitres de la serre, presque opaques à force de crasse et de graisse de quelques substances aussi nombreuses qu'inconnues. Miruck se précipita à l'intérieur en se dandinant avec maladresse et les deux sorcières entrèrent à sa suite.
La chaleur, qu'avait pourtant cherché Alexianne dans sa cape, était presque insoutenable ici, insoutenable car lourde et humide, épaisse, grasse et pleine. L'air était même brumeux et il flottait dans l'air quelques poussières et autres particules plus épaisses qu’exhalaient les plantes qui les entouraient de toute part. Il y en avait tant que cela était menaçant, et à en croire Vesperion, nul doute que certaines d'entre elles l'étaient réellement. Il allait leur falloir quelques minutes pour pouvoir inhaler cet air quasi irrespirable et c'est avec difficulté qu'Alexianne tenta de réprimer une grimace de dégout et de douleur.
L'elfe de maison dodelina de la tête en sautillant de joie en annonçant qu'il avait finalement réussi à s'orienter dans sa propre maison.
« Maitresse Bettyna, les demoiselles sont là maitresse Bettyna ! Miruck ne s’est pas perdu ! »
C'est sans surprise que la maîtresse de maison se débarrassa sans un mot de ce serviteur endimanché dans son enthousiasme inapproprié. C'est avec un regard trop attaqué par le trop plein de cet air qu'Alexianne le regarda sortir, les yeux baissés, visiblement déçu.

Elle se retourna quand Bettyna Lamainvairte parla enfin et qu'elle reconnu en effet la voix qu'elles avaient entendue s'échapper de cette fleur immonde aux étages supérieurs.

« Voilà plus de dix ans que je vis seule ici, en compagnie de mes stupides serviteurs et des plantes que j'affectionne. Dix ans, troublés par l'apparition rarissime d'un hibou, parfois d'un coursier, de quelques livraisons et de ces charognards qui se disent membre de ma lointaine famille. Je n'ai ni enfants, ni mari. Je n'ai pas non plus d'amis, Merlin me protège des hypocrites. Mais il existe encore à ce jour des personnes capables de me prendre pour une vieille botaniste sénile née de la dernière pluie. Comme par exemple, cette si charmante personne que Morgane se doit de protéger. Willhelmina Salamander. Ah ! »
Bettyna annonça très vite le ton des négociations, acide, acerbe et mordant, exactement comme les plantes aux alentours. Elle avait grogné ainsi sans même leur concéder un seul regard, une seule attention, comme si elle avait attendu la venue d'une âme humaine depuis des années pour sortir ce discours soigneusement préparé. Alexianne, toujours en retrait bien qu'elle avait promis de se rendre utile, s'en remettait encore à Vesperion en guettant sa réaction, et pour la première fois depuis le début de la journée, elle la vit bien incapable de réagir. Miss Quinn était certainement une femme d'action plus que de discours.

Alex avait sincèrement cru qu'en trouvant la botaniste, elles avaient accompli le plus difficile, mais affronter ce mépris allait s'avérer plus compliqué encore. Essuyer de telle remarque n'était pas insurmontable pour la jeune sang pure en soi, mais elle se découvrit une fibre patriotique face aux remarques à l'encontre de madame Salamender, et surtout, elle restait perplexe. Pourquoi tant d'amertume se disait elle.
« Mais je n'ai certes pas oublié la politesse et l'étiquette. Puisque j'accueille sous mon toit une jeune Héritière des De Keroual, autant me comporter en Lady. Vous avez fait l'effort de transplaner jusqu'à moi. Enfin... J'espère que c'était bien pour moi. »
L'attention de la vieille femme était toujours pleinement dédiée à ses végétaux qu'elle cajolait presque comme des enfants mais Alex réagit à l'écoute de son nom. Peut être Vesperion avait elle raison, peut être allait elle pouvoir se rendre réellement utile, et si cela n'était du qu'à son patronyme, qu'il en fut ainsi. Alexianne esquissa maladroitement un signe de tête vers madame Lameinvairte, mais cette esquisse de révérence s'envola dans le vide puisqu'on était toujours pas disposé à leur accorder un regard de l'autre côté de la serre. Elle échangea un regard avec sa partenaire et déglutit difficilement dans cet air trop opulent, angoissée à présent d'être au devant de la scène pour cette mission.
« Sachez en tout cas madame que pour nous c'est un honneur de rencontre une éminence dans le monde du Botanisme. Et que cette rencontre mène à un accord ou non, nous aurons toutes deux eut le plaisir de passer quelques instants en votre compagnie. »
Miss Quinn avait elle pris la parole en voyant qu'Alexianne n'était toujours pas disposée à agir ? Cette pensée pressa la jeune fille à s'avancer d'un pas pour parvenir à la hauteur de sa partenaire, elle aurait voulu ajouter quelque chose mais se contenta d'hocher la tête quand enfin, Bettyna leur offrit un regard souligné d'une grimace pour les apercevoir à travers la légère brume.

La vieille femme s'avança en ajustant son chapeau et s'exclama en balayant leur parole d'un geste.
« Épargnez moi vos complaisances voulez vous, je n'ai plus besoin qu'on me passe de la pommade à mon âge, ça ne prend plus. Vous le constaterez vous même, les flatteur sont bien défraîchis quand viens l'hiver. » Elle leva les yeux au ciel comme pour se conjurer elle même de se lancer dans une touche poétique puis s'arrêta non loin d'elles pour s'emparer d'un carafe fumante, fumante comme tout ce qui s'entassait dans ce lieu. Alexianne ne voulait plus attendre une seconde avant d'intervenir au secours de leurs objectifs, mais elle ne savait comment faire. Bettyna semblait calmée mais Vesperion elle, paraissait tout à fait incapable de faire preuve d'encore un peu plus de courtoisie, et étrangement, Alex la comprenait, elle qui s'assurait de toujours respecter l'étiquette. Elle ne saisissait toujours pas le pourquoi de l'agressivité de la vieille femme, et naïvement, elle la mit sur le compte de la solitude. Alors, en voyant Bettyna verser du liquide dans ce qu'elle supposa être une tasse, elle se lança.
« Quelle sorte de thé préparez vous si je puis me permettre de me montrer trop curieuse, j'imagine aisément la richesse de vos cultures aux vues de la variétés des espèces entretenues ici. » Elle feinta de s'émerveiller face à cette nature puante en pivotant sur elle même pour balayer du regard, la richesse en effet, de cette serre.

Est ce réellement du thé ?:
 

« Du thé ? » Bettyna laissa s'échapper un rire moqueur et reprit calmement en regardant Alexianne du coin de l'oeil. « Vous venez ainsi me déranger dans ma maison pour le compte de Salamander et vous voudriez en plus du thé ? L'audace n'a donc plus de limite de nos jours... »
Alexianne, plus mal à l'aise que jamais et pourtant consciente d'avoir pris un risque en posant la question, agita nerveusement les mains devant elle en bredouillant.
« Oh non, bien sûr que non je ne réclamait rien ! Je... je vous prie de me pardonner pour mon impertinence, ma question était de trop j'en convient. » Plus que jamais, Alexianne avait le sentiment d'avoir commis l'irréparable. Bettyna rajouta le contenu d'un sachet dans son récipient et macéra énergiquement avec ses doigts tout en grognant.
« Eh bien, si vous en convenez nous sommes deux ! » Elle termina sa phrase sur un sourire adressé à la sang pure et retira finalement ses gants en les jetant d'un geste hasardeux. Elle s'approcha finalement d'elles encore un peu plus, sa coupelle entre les main et la tendit aux deux jeunes femmes en pointant du doigt l'un des végétaux les plus massifs à l'entrée. Autour de son tronc s'enlaçaient quelques lianes violacées à l’extrémité visiblement affamées puisqu'elles se mordillaient toutes entre elles.
« Celui là ne se nourrit que d'excréments de scrout, c'est ce qu'il préfère en tout cas. » Elle fixait Vesperion dans les yeux et semblait s'attendre à ce qu'elle s'empare de la gamelle pour nourrir ce qui ressemblait plus à uns bête qu'à une plante. Alexianne sentant que ce geste allait être celui de trop pour sa partenaire, s'empressa d'anticiper tout énervement en se précipitant sur la coupelle à son tour.
« Très bien, laissez moi m'en charger... » Elle adressa un sourire gêné à la botaniste puis posa ses doigts sur le métal du récipient, qui exhalait alors une forte odeur désagréable, qui parvenait même à étouffer celle de la serre en elle même.

Nourrir la plante ?:
 

Bettyna fit les yeux ronds devant les doigts d'Alexianne qui empoignaient déjà la coupelle. Elle n'avait pas laissé le temps à Vesperion de réagir, ni à Bettyna de protester, et celle ci mit un certain temps à lui céder le récipient en question. Elle tira une mine interloquée puis finalement lâcha prise en faisant un geste en l'air alors qu'elle se retournait.
« Par Merlin, il y a des valeurs qui se perdent... » La jeune femme à présent en possession de cette gamelle appréhendait la réaction de Vesperion à cette réflexion, car clairement, la question du sang en était au centre. Alex adressa un sourire à sa partenaire, et ce fut la seule chose qu'elle pu faire, un sourire qui la suppliait de garder son calme. Elle aurait voulu lui dire à quel point cette femme était terrible et qu'elle aurait mérité une réponse, mais elles ne pouvaient pas se permettre cela.

Car en effet, cette vieille femme ne manquait pas de toupet ! Leur faire nourrir ses plantes ? Même Alexianne n'allait pas endurer ça très longtemps et espérait au moins qu'après cela, elle serait disposée à discuter plus calmement et avec un peu plus de respect. La plante à nourrir en question se trouvait à quelques pas d'elles seulement, quelques pas qu'Alexianne fit avec prudence. Ce végétal ne la rassurait pas le moins du monde. Son large tronc toujours enserré par ses propres branches semblait frémir de faim. Alex, dans la panique, glissa un regard vers Bettyna tout en avançant et celle ci la regardait attentivement en effet, comme si elle guettait la moindre faute de sa part. Comprenant qu'elle n'obtiendrait aucune aide de cette femme, Alex s'en retourna vers la plante et une fois à sa hauteur, leva lentement la coupe. Le tronc en lui même faisait bien deux mètre de haut et si jamais les lianes se montraient agressives, elle se trouvait peut être déjà à leur portée. Elle porta à la dérobée un coup d'oeil à l'étui de sa baguette et tenta de juger combien de temps il lui faudrait pour la sortir en cas d'attaque. Mais il fallait se raisonner, Bettyna se montrait peut être plus que désagréable mais certainement pas au point de la mettre en danger, et c'est ainsi qu'Alexianne leva encore un peu plus la coupe, cette coupe qui par Merlin puait plus que tout ce qu'elle avait senti jusque là.
Aussitôt, les lianes, où les serpent végétaux, au choix, se précipitèrent frénétiquement vers la coupelle tendue à bout de bras par Alexianne. Elle plissait fermement les yeux de peur de recevoir quelques éclaboussures de cette affreuse mixture car déjà, sous la violence des nombreux orifices buccaux de ces végétaux qui s'étaient jetés sur la nourriture, elle peinait à la tenir correctement en main. De plus en plus de gueules venaient ainsi se nourrir si bien qu'il n'y eut bientôt plus de place, et l'une d'elle, paraissant flairer sous la coupelle, s'y aventura jusqu'au poignet d'Alexianne qu'elle mordit sans ménagement. Ce n'était pas tant la douleur que la surprise qui lui fit pousser un cri, et sous cette même surprise, elle fut contrainte d'abaisser un peu plus la gamelle, une gamelle que ces monstres voyaient s'éloigner, et sous la colère eux même, dans leur bataille pour la dernière miette, ils la jetèrent au sol dans un fracas qui laissa une trainée brune sur le sol. Alexianne suivit des yeux la chute du récipient et quand elle regarda à nouveau devant elle, elle faisait face à cette trentaine de petites gueules affamées qui commençaient à se battre entre elles.


Dernière édition par Alexianne de Keroual le Mer 14 Nov 2012 - 2:18, édité 3 fois
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Ce message a été posté Mer 14 Nov 2012 - 0:34

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Ce message a été posté Sam 17 Nov 2012 - 10:52

« Épargnez moi vos complaisances voulez vous, je n'ai plus besoin qu'on me passe de la pommade à mon âge, ça ne prend plus. Vous le constaterez vous même, les flatteur sont bien défraîchis quand viens l'hiver. »

Tu m’en diras tant vieille bique.

Le regard de Vesperion se durcit. Tact, politesse, formulation de phrases sans ambiguïté aucune, ne pas laisser une potentielle faille d’interprétation dans son discours, et tout ce bordel pour ne pas effleurer la petite corde sensible de la haute société sorcière. Tout cela, son petit inconscient en fit une boule bien dense, la piétina allégrement avant d’y foutre le feu, dans un ricanement diabolique qu’un film d’horreur moldu n’aurait pas manqué d’apprécier. Ainsi donc la vieille peau avait décidé de ne leur laisser aucune chance d’agir en respectant les règles ? Parfait. Voilà plus d’un mois qu’elle ne cherchait qu’une occasion de mettre un peu le boxon histoire de se défouler un peu. Et puis, qu’aurait-elle dit à Murphy O’ryan ?

Oh excusez-moi très cher, la vieille femme incontinente où nous sommes allées a été particulièrement désagréable, au point de m’arracher une larme. Vous comprendrez donc les raisons qui m’ont poussé à battre en retraite avant de faire pipi dans ma culotte comme la grande fille que je suis. Mais je vous ai cueillis des fleurs en chemin ! J’espère qu’une rareté s’y est glissée pour que je puisse remonter dans votre estime. Auquel cas, frappez moi avec, je ne suis plus à ça près.

Plutôt me faire doloriser que supporter cette humiliation-là, grogna Vesperion en silence en laissant la place à Alexianne d’essayer de modérer le tempérament de la vieille botaniste.

« Quelle sorte de thé préparez-vous si je puis me permettre de me montrer trop curieuse, j'imagine aisément la richesse de vos cultures aux vues de la variété des espèces entretenues ici. »

Voilà, parfait, parlez cotillons, thé et petits fours. Occupez là pendant un assez long moment sur ses tisanes de grand-mère pendant que je me glisse dans les fourrés pour arracher certaines plantes. Enfin, celles qui bougent le moins et qui n’auront pas le toupet de me menacer de leurs petites épines.

« Du thé ? »


Le rire moqueur de la vieille détourna l’attention de Vesperion d’éventuels repérages et lui fit froncer les sourcils. Allons bon, elles manquaient encore de chance pour ce coup-là ? Si ce mélange infâme n’était pas un thé épais noirâtre contre les rhumatismes, c’était quoi ? Un brouet de gâteaux à la violette ?

« Vous venez ainsi me déranger dans ma maison pour le compte de Salamander et vous voudriez en plus du thé ? L'audace n'a donc plus de limite de nos jours... »

« Oh non, bien sûr que non je ne réclamait rien ! Je... je vous prie de me pardonner pour mon impertinence, ma question était de trop j'en convient. »
« Eh bien, si vous en convenez nous sommes deux ! »


Vesperion s’approcha d’un pas pour se placer aux côtés d’Alexianne, interceptant la dernière réplique comme un mauvais sort. Elle ne pouvait certainement pas laisser la jeune femme se faire écraser comme une sang-de-bourbe sans réagir. Et la réplique qu’elle adressa à Bettyna avait la douceur d’un jus d’orange assaisonné de ciguë.

« Mademoiselle de Keroual n’avait pas vocation à vous être désagréable madame Lameinvairte. Je vous prierais donc de respecter ses excuses et de les prendre de la manière la plus noble qui soit pour une lady comme vous. »

Puis de manière plus diplomatique, elle décrivit un geste de la main en direction de la mixture de la vieille femme tenait encore à la main.

« Puisque ce n’est pas du thé, expliquez-nous donc le contenu et l’utilité de votre préparation. Après tout, il n’y a pas de mal à enrichir la conversation de quelques informations utiles en botanique. »

La vieille femme sembla décider qu’effectivement les renvoyer moins bêtes qu’à l’arrivée était une proposition des plus alléchantes pour calmer le jeu et lui offrit un sourire sans joie, presque amer. C’était une espèce d’hérisson recouvert de pics et capable de mordre. Le caractère chiant d’un vieux chat qui a trop longtemps vécu dans une grande demeure familiale et qui a du supporter les caprices excessifs de ses nombreux enfants. Une plante carnivore aussi, dans la manière où elle attendait, gueule béante, que les deux jeunes femmes se jettent dans son piège. Et à ce moment là, uniquement à ce moment-là, elle refermerait ses mâchoires et les laisserait se dissoudre dans le suc vénéneux de sa salive.

La femme s’approcha tout en retirant ses gants et leur montra une plante que Vesperion trouva très moche. Mais ce n’était pas surprenant : au vu de ses résultats en botanique, rien ne lui faisait moins plaisir que de se retrouver dans une serre à la chaleur étouffante pour discuter

« (…) d'excréments de scrout, c'est ce qu'il préfère en tout cas. »

A la bonne heure.

« Très bien, laissez moi m'en charger... »


Vesperion quitta la plante du regard pour observer la demoiselle de Keroual avec une rare incrédulité. Pensait-elle sérieusement que le fait de nourrir les plantes à la place de la folle lui offrirait un ticket gratis dans son estime ? L’idée semblait particulièrement stupide mais assez culottée pour que Vesper lui en laisse toute la gloire. A la remarque de Bettyna, elle ne prit effectivement pas la peine de répondre. Non pas que le regard d’Alexianne eut pu jouer en quoique ce soit sur sa colère et sur son envie de répliquer. Surtout car les valeurs dont parlait la botaniste, elle les connaissait peut-être mieux que la vieille elle-même. Et puis, Vesperion s’était suffisamment renseignée pour ne pas avoir à répliquer à une femme qui, sans doute extrêmement respectée pour son travail envers la société, ne méritait pas qu’on s’écrase devant elle.

Elle tourna néanmoins la tête vers Bettyna, pour lui offrir un sourire que sa gueule immense transforma en grimace de crocodile enfermé. Loin d’être du plus bel effet sur la botaniste, cela lui arracha une certaine grimace de dégoût. Parfait.

Mais cette petite bravade fut salué par le cri de surprise d’Alexianne et le tintamarre insupportable du fer rencontrant la pierre. Le bruit résonna dans toute la serre avec une rare violence, et nombreuses furent les plantes qui s’ébrouèrent et claquèrent leur liane en guise de protestation. Un instant, Vesperion se crue dans une volière. Une immense volière où au lieu de siffloter gaiement, les jolis zozios se battaient en l’air, battant des ailes sans s’arrêter une seconde.

Une seconde. C’est effectivement le temps que cela lui prit pour être aux côtés de la jeune femme, vérifier son état de santé, son poignet puisque la sang-pure y posait déjà un regard troublé par la douleur, puis les plantes qui s’acharnèrent sur l’assiette au sol pour y dévorer la merde en lapant férocement le sol. Ce bruit humide et écœurant lui souleva le cœur mais ça ne fut rien à côté de sa terreur quand l’une des têtes, bien trop proche d’Alexianne, décida que sa robe, tâchée d’éclaboussure, était aussi parfaitement comestible.

Vesperion la tira vivement en arrière tout en la relevant, sentit le poids déséquilibré de la jeune femme lui tomber sur le flanc gauche. Elle leva la baguette pour envoyer un sort de cisaille à la tête qui avait suivit le mouvement et attiré les autres. Mission tranquille ?

« ASSEZ ! » S’exclama soudain Bettyna et les têtes se rétractèrent, comme des enfants pris en faute. « Et vous abaissez moi tout de suite cette baguette ! »

Vesperion n’en fit rien. Elle se tourna plutôt vers la botaniste, le regard mauvais, ne craignant pas une seule seconde la potentielle attaque défensive d’une plante ou même des elfes. Que Bettyna ait elle-même une baguette ne lui semblait pas une menace assez sérieuse.

« Des valeurs » Cracha-t-elle à la figure de la vieille érudite. « Des valeurs vous n’en possédez ni le tiers, ni le quart. J’ignore si vous savez réellement à qui vous avez à faire madame, mais ce genre d’action tentée envers un membre de la hiérarchie sang-pur anglaise ET française ne restera pas dans un coffre sous le couvert du secret. Des valeurs, nous en avions assez pour nous présenter poliment et essayer de discuter avec vous. Puisque la politesse et la discussion ont échoué, permettez-moi madame de vous offrir une autre sérénade. »

Avec un geste un peu trop brusque visant à s’écarter d’Alexianne pour lui offrir la protection de son corps maigre et trop long, Vesperion redressa la tête face à Bettyna. Elle aurait voulu être suintante et cynique. Mais ses mots tremblèrent avec rage.

« Votre famille, bien qu’ancienne et respectée, n’a finalement que bien peu à se vanter. Une collection de plantes et de collaborations avec Le Lord, Merlin protège la magie et son souvenir, certes c’est respectable. Respectable en tout cas aux yeux de Willhelmina Salamander que vous avez si facilement dénigrée tout à l’heure. Mais à ce que j’en sais, votre famille a ses propres Détraqueurs. Notamment des unions contre-nature, bien avant la mise en place du régime de Lord Voldemort. Il me semble que cette botaniste que votre arrière-grand-père a épousé n’était qu’une… sang basique deux ? Et si je ne me trompe pas, le sang le plus faible prime sur le plus fort dans notre hiérarchie. A ce jour, madame, et malgré la pureté évidente du reste de votre famille, vous n’êtes rien de moins qu’une…. Sang-basique de rang 4. Un demi siècle a regagné les échelons de votre famille qui ne vous en n’a pas moins félicité pour cette alliance qui vous permettez d’agrandir votre petit herbier.
- Nous n’avons pas d’herbier petite ins –
- Je crois que le duel de sorcier est passé de mode. Maintenant quand un sorcier doit régler ses comptes envers un autre sorcier nous sommes en mesure de faire appel à un juge, impartial, si tant est que la puissance de votre famille puisse se mesurer à celle des De Keroual. »

Vesperion attrapa le poignet d’Alexianne. Elle y allait au culot mais sa colère était si réelle qu’elle en paraissait franche. Franche et désireuse de rendre justice à sa compagne.

« Une attaque de plante ne vous enverra pas en prison. Mais je pense que mademoiselle ici présente peut demander le déracinement de cette plante pour laver l’affront qui vient de lui être fait. »

Spoiler:
 

Ce n’est qu’un vague éclat de rire qui lui répond, le genre d’éclat de rire bien plus insultant qu’une longue tirade. Apparemment très amusée de la menace de la sang-basique de rang 4, Bettyna se contente d’agiter la main en direction de la porte dans leur dos. Aussitôt l’elfe qui s’est posté là, attendant un ordre pour chasser les intruses et défendre sa maitresse, disparait pour aller chercher quelque chose.

« Un procès ? Pour une petite morsure ? Nul doute que les De Keroual ont bien mieux à faire que de protester à cause d’un vulgaire pincement. Cela serait mépriser leurs valeurs et supposer qu’une simple plante peut venir à bout de leurs convictions et de leur magie. J’espère que votre amie ne se vexe pas trop de ces propos. Personnellement, c’est ce genre de tirade qui me donnerait envie de me… battre en duel comme vous le proposez. Pitié. Rangez moi ces crocs et ces petites phrases toutes faites. Vous êtes d’une laideur quand vous décidez de trépigner comme une enfant pour obtenir ce que vous pensez mériter de droit. Un cataplasme devrait suffire pour soigner ce petit bobo. N’est ce pas ma chère ? »

Déjà Mirruk est revenu et enveloppe de ses doigts longs et tremblants le poignet de la sang-pure d’un baume calmant.

« Pas de cicatrice, pas de sang, pas de douleur. L’incident est clôt. »

Vesperion en reste muette de haine. Cette vieille folle se détourne avec toujours ce souvenir de son rire grinçant encore pendu à ses lèvres fines comme du papier musique.

« Encore heureux que cette espèce ne soit pas venimeuse. MIRRUK ! Nettoie moi ce chantier ! »

L’elfe s'aplatit au sol avec dévotion et rampe aussitôt en direction de la gamelle renversée, sans prendre garde aux pincements furieux des plantes qui s’acharnent sur lui.

« Et puisque vous voulez absolument voir ma serre. … Enfin… voir… »
Nouveau ricanement. « Promenons-nous mesdemoiselles. Promenons-nous et expliquez-moi de manière plus directe ce que vous voulez exactement… »



Dernière édition par Vesperion Quinn le Sam 17 Nov 2012 - 11:00, édité 1 fois
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Ce message a été posté Sam 17 Nov 2012 - 10:52

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Ce message a été posté Lun 26 Nov 2012 - 2:08

Prostrée, complètement pétrifiée et tout à fait totalement perplexe, Alexianne se tenait devant ces bestioles qui n'avait plus rien de végétal mais bien tout d'un animal, sans bouger ni ciller. Elle ne parvenait même pas à évaluer ce qui pouvait lui arriver. L'attaqueraient elles ? L’ignoreraient elles ? Elle ne se posait même pas ces questions. Elle gardait les mains devant elle et n'eut le temps que d'un regard vers son poignet, troublé par la douleur et le vacarme ambiant, avant que Vesperion ne se précipite à ses côtés.
Elle ne réalisa sa présence que lorsqu'une des lianes se précipita vers elles et que miss Quinn la tira en arrière. Elle s'aperçu au passage que ses jambes étaient fébriles puisque c'est sans peine que sa partenaire la ramena vers elle tout en la soutenant, tout cela en brandissant sa baguette pour lancer un sort vers les assaillants. Alexianne avait gardé ses yeux effarés devant l'attaque, son corps semblable à celui d'une poupée. La jeune femme s'était emparée de sa baguette au passage mais Bettyna hurla du fond de la serre pour faire cesser les hostilités.
« ASSEZ ! Et vous abaissez moi tout de suite cette baguette ! » Les lianes se rétractèrent et retrouvèrent un calme relatif aussi vite qu'elles s'étaient emportées, entièrement soumises à la voix de leur maîtresse.

Vesperion ne se montra pas si docile, et plutôt que d'abaisser sa baguette elle la pointa vers Bettyna sans jamais lâcher Alexianne. Cette dernière voyait la rage dans le regard de sa partenaire mais ce regard la rassurait, car à présent elle réalisait seulement la tension qui régnait dans la serre, et elle aurait été bien incapable de s'écarter de miss Quinn, rassurée de l'avoir à ses côtés. Pour autant, elle ne voulait pas que les deux femmes en viennent aux baguettes, elle ne voulait pas que les choses se compliquent encore un peu plus, seulement qu'elle s'apaisent doucement et que tout redevienne cordial et courtois. Mais Vesperion n'était pas décidée à se laisser marcher dessus cette fois ci, et quand elle cracha « Des valeurs ! » à la botaniste, Alexianne sursauta et redouta la suite de son discours.
« Des valeurs vous n’en possédez ni le tiers, ni le quart. J’ignore si vous savez réellement à qui vous avez à faire madame, mais ce genre d’action tentée envers un membre de la hiérarchie sang-pur anglaise ET française ne restera pas dans un coffre sous le couvert du secret. Des valeurs, nous en avions assez pour nous présenter poliment et essayer de discuter avec vous. Puisque la politesse et la discussion ont échoué, permettez-moi madame de vous offrir une autre sérénade. » D'un geste, Vesperion l'écarta pour se mettre devant elle et continuer sur le même ton, agressif et vindicatif. « Votre famille, bien qu’ancienne et respectée, n’a finalement que bien peu à se vanter. Une collection de plantes et de collaborations avec Le Lord, Merlin protège la magie et son souvenir, certes c’est respectable. Respectable en tout cas aux yeux de Willhelmina Salamander que vous avez si facilement dénigrée tout à l’heure. Mais à ce que j’en sais, votre famille a ses propres Détraqueurs. Notamment des unions contre-nature, bien avant la mise en place du régime de Lord Voldemort. Il me semble que cette botaniste que votre arrière-grand-père a épousé n’était qu’une… sang basique deux ? Et si je ne me trompe pas, le sang le plus faible prime sur le plus fort dans notre hiérarchie. A ce jour, madame, et malgré la pureté évidente du reste de votre famille, vous n’êtes rien de moins qu’une…. Sang-basique de rang 4. Un demi siècle a regagné les échelons de votre famille qui ne vous en n’a pas moins félicité pour cette alliance qui vous permettez d’agrandir votre petit herbier. Je crois que le duel de sorcier est passé de mode. Maintenant quand un sorcier doit régler ses comptes envers un autre sorcier nous sommes en mesure de faire appel à un juge, impartial, si tant est que la puissance de votre famille puisse se mesurer à celle des De Keroual. » Alexianne devait elle réellement traduire cet épisode en justice ? Elle aurait voulu crier que non, et aussi reconnaissante envers sa partenaire qu'elle l'était, lui souffler qu'elle ne ferait jamais une chose pareille. Elle se tenait toujours le poignet mais la douleur n'était pas si vive, elle ne pouvait croire qu'elle avait encouru un réel danger en nourrissant ces plantes. Une initiative bien idiote quand elle y pensait, si elle ne s'était pas approchée de ces immondices, peut être Bettyna se serait elle adoucie et alors, Vesperion ne l'aurait pas à portée de baguette. Pendant un instant elle avait craint d'entendre une formule magique qui aurait puni Madame Lameinvairte de l'affront qui semblait plus révolter Vesperion qu'elle même.
Le sang, Vesperion n'avait que ce mot là à la bouche, et Alexianne ne s'était pas attendue à ce qu'elle se renseigne autant sur l'ascendance de la botaniste. Aurait elle du le faire ? Elle n'en savait rien, elle ne savait pas quoi faire. Elle était intervenue une fois et le désastre ne s'était pas fait attendre, alors peut être serait elle plus utile en restant à sa place, cachée dans le dos de Vesperion, comme la petite chose fragile que cette dernière s'activait à défendre. Malgré la promesse qu'elle avait faite, elle se voyait encore comme un boulet à traîner...
Alexianne du sortir finalement de sa cachette quand Vesperion l'attrapa par le poignet pour le montrer à Lameinvairte afin d'appuyer ses propos. « Une attaque de plante ne vous enverra pas en prison. Mais je pense que mademoiselle ici présente peut demander le déracinement de cette plante pour laver l’affront qui vient de lui être fait. » Alexianne fit son possible pour éviter le regard de la botaniste, pour éviter le regard de n'importe qui. La situation, d'abord angoissante, était à présent horriblement gênante. Elle se sentait prise à parti, et l’allégeance que semblait lui témoigner Vesperion la mettait mal à l'aise. Elle qui s'appliquait à ne pas élever un mot plus haut que l'autre, à se rendre invisible la plupart du temps, était maintenant la preuve d'un délit qui semblait révulser miss Quinn et qui la mettait au cœur d'une rixe dont elle se serait bien passer. Encore une fois, elle n'aspirait qu'à la passivité la plus totale et se voyait incapable de s'impliquer un tant soit peu. Elle se maudissait intérieurement pour cela. Elle se maudissait de vouloir en ce moment même retourner au manoir, se blottir au coin du feu sans qu'on ne lui demande rien. Vesperion avait besoin d'elle, elle espérait pouvoir lui être utile, mais les efforts pour y parvenir autant que pour soutenir cette querelle lui paraissaient trop grands.

L'éclat de rire que la vieille femme formulé en réponse à la longue argumentation de Vesperion la fit tressaillir encore. Et une nouvelle fois, Alexianne se trouva bien perplexe devant la réaction de la botaniste. Elle qui craignait qu'elle ne brandisse sa baguette à son tour, elle se rétractait finalement.
« Un procès ? Pour une petite morsure ? Nul doute que les De Keroual ont bien mieux à faire que de protester à cause d’un vulgaire pincement. Cela serait mépriser leurs valeurs et supposer qu’une simple plante peut venir à bout de leurs convictions et de leur magie. J’espère que votre amie ne se vexe pas trop de ces propos. Personnellement, c’est ce genre de tirade qui me donnerait envie de me… battre en duel comme vous le proposez. Pitié. Rangez moi ces crocs et ces petites phrases toutes faites. Vous êtes d’une laideur quand vous décidez de trépigner comme une enfant pour obtenir ce que vous pensez mériter de droit. Un cataplasme devrait suffire pour soigner ce petit bobo. N’est ce pas ma chère ? » Bettyna se tourna vers elle alors qu'elle venait de faire ce qu'Alexianne redoutait depuis le début, qu'on lui demande la parole. Elle ne pouvait décemment pas la contredire au risque d'envenimer une situation qui retrouvait à peine son calme, mais elle ne pouvait non plus acquiescer sans trahir Vesperion, qui venait de se battre becs et ongles pour la défendre. Alexianne échangea un regard avec cette dernière, déglutit difficilement puis adressa un sourire à Bettyna. Si ce dragon s'était apaisé finalement, les menaces ne devaient pas être tombées dans l'oreille d'une sourde, et si elle feignait le mépris, nul doute qu'elle se garderait bien très certainement d'empirer la situation à nouveau, Alexianne s'en rendait bien compte. Bettyna était certainement une femme fière qui n'aurait pas supporter de montrer un instant de faiblesse. Le cœur d'Alexianne tambourinait son angoisse mais elle voulait à présent soutenir Vesperion. En parti à cause des derniers propos de la vieille femme, qui semblait s'imaginer savoir ce que sa famille avait à faire de son temps.
« Un cataplasme devrait suffire en effet... » Il fallait qu'elle ajoute autre chose. Hésitante mais gardant en tête l'agacement qui semblait seulement s'élever en elle quand Vesperion était dans un état de rage déjà, Alexianne n'eut pas encore le temps d'ouvrir la bouche que l'elfe de maison s'était déjà précipité vers elle pour soigner son poignet et Bettyna de se féliciter.
« Pas de cicatrice, pas de sang, pas de douleur. L’incident est clôt. » L'arrogance de la botaniste suffit à la persuader de se manifester enfin, et en un sourire gêné à l'adresse de la vieille femme elle ajouta pour conclure.
« En ce qui concerne la blessure physique en effet... »
« Encore heureux que cette espèce ne soit pas venimeuse. MIRRUK ! Nettoie moi ce chantier ! » Une nouvelle fois, Bettyna s’accommoda d'une pirouette en adressant un seul regard un peu mauvais à Alexianne pour se défaire de sa dernière remarque. Si la jeune fille avait gardé son calme jusqu'à présent, et n'avait pas même eut l'occasion de se sentir véritablement offensée, elle commençait à rejoindre Vesperion dans ses états d'âme, et si Alexianne les cachait peut être plus aisément, nul doute que l'esprit revanchard de la jeune fille n'allait pas laisser l'impertinence de Bettyna sans remontrance.
Alors que l'elfe de maison rampait déjà sur le sol en se tordant dans tout les sens pour nettoyer les dégâts, Alexianne garda le silence, préférant agir avec parcimonie plutôt que d'attaquer de front. En vérité, elle ne se sentait toujours pas assez à l'aise à l'idée de confronter Bettyna, mais elle était bien décidée à le faire cette fois, mais, plus tard, après.

« Et puisque vous voulez absolument voir ma serre. … Enfin… voir… Promenons-nous mesdemoiselles. Promenons-nous et expliquez-moi de manière plus directe ce que vous voulez exactement… » Elle trouvait encore l'audace de ricaner mais Alexianne vit confirmer son hypothèse selon laquelle, les menaces de Vesperion l'avait bien remise à sa place. Elle semblait à présent plus disposée à coopérer et nul doute qu'elle le ferait, Alexianne tenait à s'occuper de cette partie de la négociation.
Alors que Bettyna avait ouvert la marche, les deux jeunes femmes lui emboîtèrent son pas lent à travers les allées de la serre. Elles étaient pour le moment restées à l'entrée, mais une fois au cœur même de cette forêt vierge, l'air se rappela à leurs poumons comme véritablement irrespirable. Comment cette vieille bique faisait elle à son âge pour ne pas s'écrouler au sol par suffocation ?
L'odorat n'était pas le seul sens mis à mal ici, de minces particules se déposaient sur la langue, acides et âcres, et toutes les plantes entreposées ça et là, qui paraissaient se battre pour se faire une place même quand elles n'étaient pas mouvantes, étaient plus répugnantes les unes que les autres. Leur entassement était répugnants en réalité, donnant l'effet d'une prolifération végétale tout autour presque inquiétantes, et Bettyna, qui en passant les caressait avec une tendresse quasi maternelle, rendait ses plantes plus abominables encore.
Rapidement, Vesperion et Alexianne arrivèrent tout juste derrière la botaniste quand la jeune française sortit un parchemin de sa cape. Bettyna voulait qu'elle s'exprime de manière plus directe, et Alexianne pensait être disposée à cela à présent.
« Bien, nous avons ici une liste dont le commanditaire n'est autre que Murphy O'Ryan. Cette liste... »
« Ah ! Une liste ! » L'interrompit Bettyna. Alexianne écarquilla les yeux puis tenta de reprendre.
« Un liste, en effet, qui... »
« Pour ce cher Monsieur O'Ryan ! » Une nouvelle fois interrompue, sans même que Bettyna ne s'arrête ou ne leur adresse un regard, l'agacement d'Alexianne se faisait plus pressant en elle. L'évocation même de Murphy lui avait rappelé que cette mission avait été l'occasion de se rendre utile auprès de lui, et elle n'oubliait pas non plus la morsure, les propos sur sa famille, dont elle prenait à présent pleine conscience de l'insulte que tout ces éléments représentaient alors que Bettyna commençait à éveiller en elle la même rage qu'à Vesperion.
« Comptez vous me laisser finir, Madame ? » Le ton un peu plus sec qu'elle ne l'aurait voulu étonna Alexianne elle même, si bien que Bettyna s'arrêta elle aussi et daigna enfin se tourner vers elle.
« Vous croyez qu'aussi reculée que je le suis, je ne suis pas au courant de ce qui se trame à l'extérieur ? Ce cher Monsieur O'Ryan, le libérateur, le héros, Ah ! Maintenant qu'il a ramené cette chère Wilhelmina au bercail il peut réclamer ce qu'il désire et devrait voir chacun de ses caprices satisfait ? Comme celui de m'arracher mes plantes ? MES plantes !... Donnez moi cette liste. » Bettyna la lui arracha des mains et pour y regarder de plus près mais Alexianne continua, indignée par l'ardeur que la vieille femme mettait toujours à les rabrouer.
« Je crois, Madame, qu'il nous faut redéfinir le terme de caprice si vous le voulez bien ! »
« S'il vous plaît j'ai passé l'âge des leçons de vocabulaire, ce... »
« Un caprice se résume t'il pour vous à la demande bien légitime d'un homme qui réclame une aide pour pouvoir continuer à lutter pour ses idéaux, ceux là même qui sont encore les vôtres, un homme qui a déjà pu démontrer qu'il était digne d'une telle requête en prouvant son allégeance comme il l'a fait en sauvant Wilhelmina Salamender ? » Bettyna voulu intervenir mais cette fois Alexianne s'approcha, sans perdre son sourire et sa mesure mais sentant monter la révolte face aux injures proférées envers son fiancé. « Que croyez vous qu'il restera de vos plantes Madame Lameinvairte si tous décident que l'entraide est synonyme de caprice ? Qu'en restera t'il quand on vous refusera une aide que vous semblez vouloir nous refuser à présent ? Car permettez moi de préciser quelque chose. Ce n'est pas grâce à vous que votre serre tient encore sur ses quatre murs mais bien grâce à ceux qui se battent pour que vous puissiez passer votre temps à l'abri ici, dans les recoins du monde. Alors préférez vous dépenser ce temps en mépris et en parjure ? Je suis certaine que vous avez assez d'intelligence pour reconnaître la reconnaissance là où vous la devez. » Un nouveau sourire, mais cette étranglé par ses lèvres tremblantes. Le ton était monté malgré elle mais elle s'était appliquée à ne pas s'écarter de la politesse.

Bettyna sera t'elle convaincue ?:
 

Après quelques secondes silencieuses, la vieille femme daigna tiquer une expression en réponse au long discours d'Alexianne. Elle jeta un regard rapide au parchemin, puis releva les yeux avec une crispation de rage sur le visage. La jeune femme pressenti la suite et leva une main fébrile pour l'en empêcher mais déjà Bettyna déchirait le parchemin en deux d'un coup vif tout en crachant.
« Allez au diable ! Tous ! » Les longs bruits de déchirures s'accumulèrent alors que Bettyna réduisait le parchemin en confettis, sans quitter les deux demoiselles de ses yeux clairs et injectés de sang. « Je vous trouve bien bavardes toutes les deux mais vous pouvez cracher vos sermons tant que vous le voudrez, on ne m'arrachera pas mes plantes ! Je leur ait donné ma vie, et vous venez m'insulter pour que ce cher O'Ryan en fasse de la soupe ? NON !» Elle jeta les bouts de papier au sol puis se précipita vers l'une de ses plantes pour la caresser avec angoisse. « Vous n'avez aucun droit de me réclamer quoique se soit, aucun, elles sont à MOI, et vous êtes chez MOI ! Alors maintenant partez, j'en ai assez entendu ! » Face à l'absence de réaction de Vesperion et Alexianne elle rugit de nouveau. « DEHORS ! »
Désemparée et totalement prise de court, Alexianne se tourna vers sa partenaire. Elle était persuadée que la botaniste serait plus clémente après lui avoir clairement remise en place et à aucun moment elle ne s'était attendue à une telle violence, mais Lameinvairte protégeait ses végétaux comme ses propres enfants, elle craignait pour leur vie comme pour le fruit de sa chair et de son sang, effrayant. Et à présent, devaient elles renoncer ? Avaient elles véritablement échoué ? Peut être pouvaient elles tenter autre chose mais Alexianne était à court d'idées et ne savait pas jusqu'où elle pouvait aller. Elle s'en remettait à Vesperion, totalement, à elle et à son expérience.


Dernière édition par Alexianne de Keroual le Lun 26 Nov 2012 - 14:35, édité 2 fois
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Ce message a été posté Lun 26 Nov 2012 - 2:08

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Ce message a été posté Ven 7 Déc 2012 - 18:42

Se voir refuser l’appui de la sang-pur au moment le plus propice ne surprit qu’à moitié Vesperion. Mais cette moitié de surprise suffit à raviver sa rage. Voilà donc ce que c’était de partir en mission avec une jeune oie novice arrachée à son lit de satin blanc pour combattre aux côtés des héros modernes. Plutôt que de se montrer apte à défendre ses valeurs, cette jeune dinde préférait le prestige d’un nom de famille. Car Vesperion se refusait à croire que son discours soit empli de pitié à l’égard de la vieille. Non. C’était simplement une méthode comme une autre de la remettre elle à sa place. Qu’elle soit d’un rang quelque peu supérieur à Lameinvairte ne changeait rien à l’histoire. Subalterne elle était et subalterne elle resterait. Vesperion se mordit la langue sauvagement et referma la main sur sa baguette en une étreinte possessive. Le bois sombre crépita, à nouveau rangé dans son étui, alors que Bettyna commençait effectivement à les « promener » tels deux chiennes de compagnie dans sa serre empoisonnée. Il était désormais tant à la jeune demoiselle de faire ses preuves. Après tout, ne lui avait-elle pas demandé de leur sauver la mise en matière de discours enflammé ? Les menaces de Vesperion n’avaient sommes toutes pas fonctionné. Autant laisser le beau rôle à une langue plus pathétique et doucereuse. En ces temps de troubles, seule l’hypocrisie fonctionnait encore.

Mais la De Keroual fut bien loin de la décevoir. Optant effectivement pour une approche détournée, elle choisit avec soin ses mots pour présenter le danger d’une toute autre façon. La mention de L’HOMME dans son discours attira suffisamment son attention pour calmer peu à peu sa colère. Et malgré l’impolitesse flagrante de la botaniste, la sang-pur n’eut pas une hésitation à ramener le sujet sur le tapis, l’ornant de diverses précisions et notifications loin d’être inutiles, y rajoutant ça et là les fleurs piquetées de vers de sa conviction. Une jolie rose, parfaite et présentable, aux épines plus acérées que les crocs d’un loup-garou. Vesperion haussa un sourcil à l’intention de la sang-pur, définitivement calmée et presque charmée.

La liste passa de la main pâle à celle ridée de l’aïeule et Vesperion se surprit à espérer, et presque à supplier mentalement que le destin leur donne un coup de pouce. Après tout Alexianne avait tenu son discours sans faillir, cela méritait bien une récompense. Et quelle récompense ! Au moins une complète acceptation ! Vesperion elle-même était entièrement convaincue par ses arguments, et elle était au moins aussi butée que cette vieille bique. Elle commençait même à sourire, au moment où Bettyna choisit de tout gâcher, en déchirant en lambeau la liste soigneusement préparée.

Préparée par LUI. Et l’insultant ELLE.

« Allez au diable ! Tous ! Je vous trouve bien bavardes toutes les deux mais vous pouvez cracher vos sermons tant que vous le voudrez, on ne m'arrachera pas mes plantes ! Je leur ait donné ma vie, et vous venez m'insulter pour que ce cher O'Ryan en fasse de la soupe ? NON ! Vous n'avez aucun droit de me réclamer quoique se soit, aucun, elles sont à MOI, et vous êtes chez MOI ! Alors maintenant partez, j'en ai assez entendu ! »


Ce n’était pas possible, elles ne pouvaient pas échouer, là, maintenant. Et les mot de Murphy O’ryan, les mots de L’HOMME, à terre et piétinés par les pieds au sang sale de cette Bettyna Lameinvairte.

« DEHORS ! »

Alors ce fut trop, trop pour l’esprit carré de Vesperion.

La rage qui l’habitait jusqu’alors submergea les remparts qu’elle s’était confectionnée tout au long de ces années de misère à être rabaissée, insultée, méprisée, critiquée sans pouvoir rendre ne serait-ce qu’un centième de la violence dont tous ces pourris l’avaient noyé. Mais là, ce n’était certainement pas une sang-pur qui s’évertuait en leur postillonnant au visage à dégager derechef de sa bicoque de veuve cinglée. Non ce n’était qu’une sang basique, une pouilleuse, un cancrelat de la société qui pourrissait les racines nobles de sa famille par des alliances insultantes et même illégales désormais ! Oh pendant un instant, un court instant, elle voyait, elle sentait le poids de Mervyn Kark sur ses épaules, dans sa propre tête oui. Elle le voyait à l’intérieur de sa tête qui susurrait des promesses d’avenir où ni les parias, ni les monstres, ni les moldus n’avaient leur place. Un monde où L’HOMME était respecté et craint à la simple mention de son nom et où les Bettyna Lameinvairte finissée torturée pour les actes impies de ses ascendants. Pendant quelques secondes, Vesperion ne fut qu’une rose noire, comme les autres, et la baguette lança un sortilège qui traversa le sol comme une balle d’acide, tandis qu’elle prononçait mentalement un Impardonnable.

Mais la main d’Alexianne heurta par inadvertance son poignet et cela fut finit avant même d’être commencé.

La vengeance, par contre, ne l’avait pas quitté.

« Experlliarmus. » Et la baguette coincée dans un foulard gris-bleu qui cintrait la taille de la botaniste, vola à travers la pièce, près d’une plante rampante qui s’en éloigna en un bruissement de feuilles. « Stupéfix. » Le corps de Bettyna prit une soudaine rigidité mortuaire alors que ses yeux furieux les fixaient fiévreusement.

Et maintenant, les choses sérieuses.

Spoiler:
 

« Un caprice madame. Je vais vous apprendre ce qu'est un véritable caprice.... Mademoiselle de Keroual, je vous prie de lancer un sortilège de reconstitution sur les morceaux que forment notre liste, madame ici présente en aura bien vite besoin pour sa lecture quotidienne. Et maintenant madame, je vais simplement vous expliquer ce qui va se passer. Une fois la liste reconstituée, puisque vous semblez avoir des problèmes de compréhension, je m'occuperais de lire les noms de plante qui y sont inscrit. A chaque nom, vous direz oui. Si vous dites non, mademoiselle De Keroual ici présente sera dans l'obligation de lancer un sortilège de ciseau sur l'une de ces petites douceurs végétales que vous considérez comme vos enfants. J'espère que cela vous servira de leçon et que cela vous poussera à participer plus activement à la défense de notre cause. En attendant, je vais devoir être au regret de punir l'affront que vous venez d'infliger à un très bon ami à moi, malheureusement absent. Testons donc en premier lieu un sortilège de gifle cuisante... »

Tout en levant sa baguette pour accompagner le geste à la parole avec un sourire cruel que Lord Voldemort lui-même aurait apprécié, Vesperion eut le plaisir de voir les pupilles de Bettyna se dilater légèrement. C'était adorable le stupéfix. Cela vous immobilisait juste assez pour ne pas répliquer tout en vous laissant respirer et crever de trouille comme une mioche de 5 ans.

Mais le sortilège fut interrompu dans sa formulation par un crac sonore facilement reconnaissable. Un elfe de maison, sans doute Mirruck, s'interposa aussitôt entre Bettyna et Vesperion.

« Mirruck ne laissera pas la jeune dame menacer Bettyna. Bettyna retourne à sa chambre maintenant ! »
Et le corps stupéfixié de Bettyna disparu sous un claquement de doigt de la créature. Les joues de Vesperion se piquetèrent de marques violines sous la rage alors qu'elle voyait leur dernier espoir s'envoler. « Et les demoiselles repartent aussi. »

Ce fut avec une hésitation de trop que Vesperion se décida à pointer la baguette sur l'elfe de maison, bien qu'incapable de lui lancer le moindre sortilège.

Un nouveau claquement de doigt, et elles furent nez à nez avec la porte d'entrée.

Refermée. A jamais.


Dernière édition par Vesperion Quinn le Ven 7 Déc 2012 - 18:52, édité 1 fois
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Ce message a été posté Sam 8 Déc 2012 - 22:20

Par Merlin si Alexianne ne comprenait pas ce qu'était la rage, elle en aurait saisi toute l'essence rien qu'en apercevant le regard de Vesperion, un regard effrayant d'intensité. Celui d'Alexianne était toujours voilé par la surprise et l’effarement, il lui suffisait de poser les yeux sur ce qui restait du parchemin de Murphy, piétiné par les grosses bottes de la vieilles femme, pour s'indigner encore, mais sans un mot, rien qu'en entrouvrant les lèvres, des lèvres qui n'avaient rien à céder, à court d'argument face à tant d'audace. Car les deux jeunes femmes pouvaient au moins reconnaître à l'aïeule un certain culot, qui relevait plus de l'insolence en vérité, une insolence que Bettyna s'apprêtait à payer cher.
En croisant le regard pétrifié de peur de la vieille femme, Celui d'Alex fut bien vite conduit vers la baguette de Vesperion, prête à l'emploi et déjà sur le qui vive. Non, ça ne pouvait pas en arriver là ! Sans pour autant vouloir en venir aux mains pour entraver l'initiative de sa partenaire, Alexianne, en levant ces dernières pour traduire sa désapprobation et une volonté passive d'intervenir, percuta la baguette de miss Quinn, déviant ainsi la trajectoire de son tir et faisant échouer le sort par la même occasion. Un mélange de soulagement et de malaise la poussa à adresser un sourire de circonstance à Vesperion, appuyé d'un signe de tête, mais la jeune femme n'y prit aucune considération.
Sans même un regard vers elle, elle lança en direction de Bettyna un expeliarmus qui lui arracha son arme pour l'envoyer valser plus loin dans la serre et sans attendre surenchérit avec un stupéfix.

A chaque sort lancé, chaque rebond de baguette, et de ceux de Bettyna, Alexianne s'exclamait en un « Han » de terreur en suivant difficilement des yeux tous les enchaînements de l'action, les mains devant la bouche, poussée un peu plus chaque fois contre ses lèvres.
Elle n'en revenait pas ! Avaient elles le droit d'en arriver là ? Wilhelmina leur avait elle autorisé l'usage de la force ? Sur une sexagénaire qui plus est ! Peut être même septuagénaire ! Par Merlin Bettyna Lameinvairte avait été neutralisée, dans sa propre serre, au milieu de toutes ses plantes. La tournure que prenait les choses ne pouvait mettre la jeune française dans un état de nerfs plus intense, elle avait presque envie de pleurer en constatant ce qu'elles avaient fait ! Elle glissa un regard autour d'elle, une main sur la bouche, l'autre sur le cœur, pour vérifier que personne ne les avait vu.
La situation pouvait finalement devenir plus dramatique puisque quand elle se retourna, Alex vit Vesperion tout à fait devant le corps raide et inerte de la botaniste, la tenant en joug, prête à l’abattre. Du moins, ça n'aurait plus été étonnant qu'elle le fasse, et c'est ce qu'Alexianne craignait plus que tout.
« Un caprice madame. Je vais vous apprendre ce qu'est un véritable caprice.... Mademoiselle de Keroual, je vous prie de lancer un sortilège de reconstitution sur les morceaux que forment notre liste, madame ici présente en aura bien vite besoin pour sa lecture quotidienne.
A l'instant même où Vesperion lui indiqua de reconstituer la lettre, Alexianne en un sursaut se précipita sur le parchemin morcelé, tremblante et terrifiée, mais soucieuse de ne pas s'attirer l'agacement de sa partenaire. Elle s'empara d'un morceau du parchemin, rassembla les autres et en un coupe de baguette, un éclair lumineux les enchaîna les uns aux autres.
Cette position de subordination, Vesperion qui dictait les directives, Alexianne qui les appliquait, convenait parfaitement à cette dernière. Elle ne savait pas quoi faire, mais elle pouvait faire ce que les autres voulaient faire. En vérité, elle avait bien envie de mettre un terme à tout cela mais elle ne le pouvait pas, ne savait pas comment, ne savait pas pourquoi. Sa raison lui dictait seulement qu'elles outrepassaient les limites mais sa raison parlait moins fort et avec beaucoup moins de conviction que Vesperion. Qui était elle après tout pour dicter la marche à suivre, elle la pauvre Alexianne qui n'avait pipé mot depuis la dernière audace de la vieille ? C'est pourquoi, une fois sa tâche accomplie, elle tendit le parchemin à miss Quinn tandis qu'elle expliquait le déroulement des opérations à la botaniste.
Et maintenant madame, je vais simplement vous expliquer ce qui va se passer. Une fois la liste reconstituée, puisque vous semblez avoir des problèmes de compréhension, je m'occuperais de lire les noms de plante qui y sont inscrit. A chaque nom, vous direz oui. Vesperion ne s'encombra pas d'un seul regard vers Alexianne, trop occupée à en offrir un seul et unique à la vieille Lameinvairte, celui qui fusillait, qui détruisait. Alex abaissa son bras seulement quand sa partenaire arriva au moment où elle était supposée couper la tête aux plantes refusées par leur otage.
Si vous dites non, mademoiselle De Keroual ici présente sera dans l'obligation de lancer un sortilège de ciseau sur l'une de ces petites douceurs végétales que vous considérez comme vos enfants. J'espère que cela vous servira de leçon et que cela vous poussera à participer plus activement à la défense de notre cause. Un nouveau « Han » qui se substituait bien mieux à un non puisqu'il ne représentait pas un refus catégorique s'échappa de la gorge du bourreau désigné. Les victimes supposées avaient beau n'être que des pantes, la simple idée de participer à tout cela n'enchantait guère la sorcière, d'autant moins quand elle croisa le regard quasi suppliant de la mère des condamnées. En elle même, Alexianne priait déjà pour que Bettyna face preuve de bonne volonté, au moins pour lui épargner la peine d'abattre un seul végétal.
Totalement perdue et désorientée, tiraillée entre les injonctions de sa conscience et les consignes de Vesperion, cette dernière annonça le bouquet final en énonça la sentence comme elle l’appelait.
En attendant, je vais devoir être au regret de punir l'affront que vous venez d'infliger à un très bon ami à moi, malheureusement absent. Testons donc en premier lieu un sortilège de gifle cuisante... » Cette déclaration fit tiquer d'autant plus la jeune fille à l'évocation de cet ami très cher qui ne pouvait désigner que Murphy.
Oubliant bientôt tout à fait Bettyna et sa détresse, Alex fronça les sourcils, tentant de se remémorer une quelconque évocation à une miss Quinn de la part de son fiancé mais son retournement bien égocentrique fut interrompu par un crac sonore, celui d'un transplanage assurément. Et heureusement car Alex n'avait même pas noté le bras levé de Vesperion et ses lèvres prêtes à formuler l'attaque.

« Mirruck ne laissera pas la jeune dame menacer Bettyna. Bettyna retourne à sa chambre maintenant ! » L'apparition soudaine et inattendue de Mirruck arracha un sursaut aux deux sorcières, si bien que l'elfe de maison en profita pour faire disparaître sa maîtresse en un claquement de doigt, juste avant de leur annoncer qu'elle partirait elle aussi.
« Et les demoiselles repartent aussi. » Alexianne n'eut le temps que de bredouiller un « Comment ça ? » avant d'attérir dans le froid, devant la porte massive et terne devant laquelle elles s'étaient présentées quelques minutes auparavant.

La surprise gagna une fois encore la jeune française, toujours incapable de clore ses lèvres quand les événements la dépassaient. Elle réalisait seulement qu'elles avaient échoué. Si les méthodes de Vesperion s'étaient avérées pour le moins extrêmes, elle avaient eut le mérite de leur offrir l'espoir de la réussite, un espoir que cet elfe, dans un élan d'audace et de dévotion tout à fait insupportable pour un être de son espèce, avait fait s'envoler en un claquement de doigt, tout comme Bettyna, tout comme elles. Le premier réflexe qui lui vint alors qu'elle commençait déjà à frissoner, fut de s'excuser.
« Je vous présente mes excuses Vesperion, j'aurait du intervenir concernant l'elfe de maison, j'aurait du réagir tout du moins... » Aucune des deux jeunes femmes ne tempéta face à cet échec qu'elle savaient toutes les deux implacable. Vesperion se contenta d'hausser les épaules
Elle lui s'empara finalement le bras en vitesse quand elles tournèrent la tête vars les plantes vivaces qui cheminaient dans l'allée, inertes à leur arrivée, mais bien mouvantes à présent. Certainement Bettyna avait décidé de les chasser pour de bon. Elles transplanèrent sans attendre et se retrouvèrent au QG.

Le QG, le retour à la réalité.

Baignées en un instant par la foule qui fourmillait dans l'entrepot des Dragonniers, celle ci contrastait beaucoup avec le silence de neige qui baignait la villa de la botaniste. Cette escapade lui était apparue comme un rêve, une paranthèse dans sa vie de tout les jours, à laquelle elles retourneraient toutes les deux, chacunes de leur côtés.
Seulement, cette paranthèses restait ouvertes en la personne de Vesperion. Alexianne, sans s'en rendre compte, s'était attachée en quelques minutes à cette personne si fortes, l'une de celle qu'elle admirait toujours, tout en condamnant tout de même la violence dont elle avait fait preuve, et aux vues de leur échec, elle se sentait redevable envers elle, pour l'avoir protégée et défendue ainsi, comme on le faisait rarement finalement. Elle avait cet attachement pour Vesperion qui se cristalise autour d'un seul instant, un instant difficile. Ce genre d'élan d'amitié soudain et spontanné, forcé par la tragédie des choses, capable de concilier n'importe qui. Car si pour miss Quinn, cette mission avait peut être été une routine, Alex quant à elle n'était pas là d'oublier cette journée qu'elle n'avait pas honte de qualifier, en elle même bien sûr, de traumatisante.
« Encore une fois je vous présente mes excuses, et vous adresse ma reconnaissance la plus grande ! » Elle marchaient à présent vers la sortie toutes les deux, leur marche étant rythmée par le débit de parole un peu trop rapide d'Alexianne. « Je suis certaine que vous auriez pour avoir bien meilleur partenair que moi mais vous ne me l'avez jamais témoigné, au contraire, j'ai eut l'impression d'avoir votre confiance. » Plus rapidement encore elle s'empressa d'ajouter. « Je me fourvoie peut être, j'en suis certaine, mais tout de même, cela m'a beaucoup touchée... » Elle observa un instant de silence puis s'arrpeta, forçant la grande blonde à faire de même.
« Si d'aventure nous nous croisons au ministère ou autre part, et que l'occasion se présente de telle manière à ce que je puisse vous être d'une aide quelconque, j'en serait très heureuse. » Elle sortit sa baguette, murmura un « Orchideous » et tendit, un peu mal à l'aise face à son propre geste, un bouquet de rose au milieu duquel régnait une violette en direction de Vesperion. « Ce violet m'évoque le crépuscule, un magnifique crépuscule, comme votre prénom je crois. J'ai peut être oublier le peu de latin que j'ai étudié à Beauxbâtons... Quoiqu'il en soit, prenez le je vous en prie, c'est tout ce que je peux vous offrir pour le moment. Et ne vous faîtes pas d'inquiétudes au sujet de Wilhelmina, je me chargera de l'informer de... notre échec en prenant soin de n'omettre aucun détails concernant l'accueil de Madame Lameinvairte. »
Elles se saluèrent toutes les deux et Alexianne ajouta juste avant de transplaner. « Ce fut un plaisir miss Quinn de vous rencontrer, un plaisir que j’espère pouvoir partager avec vous très bientôt à nouveau. »
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