[Novembre 2020 - Manoir Rosier] On est toujours mieux servis chez le voisin ¤



 



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Lilith B. Rosier
Lilith B. Rosier
Bisounours qui s'ignore
Messages : 1098 Crédits : Morphine
Age du personnage : Dix-neuf ans
Ascendance : Sang-pur
Emploi/Etude : Stagiaire chez les émissaires du service de renseignement
Faction : Ombre de la Rose Noire
Maison : Ancienne Serdaigle


Rapeltout
Patronus : Chat
Epouvantard :
Baguette magique:
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Ce message a été posté Mer 7 Nov 2012 - 23:25

    Automne vrombissant. Automne menaçant. Alors que le vent annonçait son mécontentement à l’extérieur, les couloirs du Ministère étaient des plus silencieux. Déserts depuis plus de deux heures, peu de personnes restaient travailler après les horaires de travail. Cependant, il n’était pas rare de voir les lampes du département de la justice magique restait éclairée plus que de coutume, son chef n’étant qu’un simple tyran en plus d’être un bourreau du travail. Assise derrière la modeste table qui lui servait de bureau, la demoiselle faisait glisser allégrement sa plume d’oie sur le fin parchemin. De la paperasse des plus inintéressante mais qui devait malheureusement être faite pour le lendemain. Les assistants partant les uns après les autres, Lilith finit par prendre le même chemin qu’eux en direction des cheminées du rez-de-chaussée. Un coup d’œil contre la porte du bureau de son père lui apprit qu’elle s’en irait sans lui, ce dernier restant surement de nouveau tard. Avait-il réellement une vie en dehors du travail ? Elle ne se souvenait guère de l’avoir vu au manoir très souvent, autant petite qu’après avoir été « diplômée » de ses ASPICS. Cinq minutes et un plop sonore plus tard et la voilà rentrer devant chez elle.

    Remontant les quelques marches du perron d’entrée, Lilith fut à peine surprise de voir les portes d’entrée s’ouvrirent d’elles-mêmes. Habitué à voir ses maîtres rentrer à point d’heure, Mochred veillait toujours au grain. Courbant l’échine jusqu’au sol, l’elfe de maison entonna à sa jeune maîtresse qu’un repas l’attendait dans la cuisine si elle le désirait. Lui laissant sa cape, Lilith réprima un bâillement derrière sa main avant de se diriger lestement vers celle-ci. Evan était un bourreau du travail qui aimait tant tyranniser ses apprentis que ces derniers en oubliaient parfois de manger. Ne voulant pas apparaître seulement comme la fille du chef mais souhaitant prouver sa place parmi ses aînés, la sorcière s’accommodait au même rythme de travail allant jusqu’à rentrer plus tard. Descendant les escaliers avec lenteur, elle ne fut pas surprise de trouver les lieux déjà éclairés contrairement à la présence taciturne d’un autre visiteur nocturne. Assis face à une assiette de victuailles, Baël ne semblait pas avoir remarqué sa présence… ni même englouti la moindre bouchée, signe d’une forte contrariété. Avoir un estomac-sur-patte comme frère était souvent pratique pour déceler ce genre d’anomalie. Toujours en froid, l’un comme l’autre n’avait pas encore fait le pas décisif pour se reparler en dehors des politesses de convenance qui sied si bien au public sorcier.

    Ne cachant pas sa présence, c’est avec prestance et narquoiserie que la cadette alla s’asseoir en face de son aîné, ne se gênant pas pour lui envoyer un coup d’œil hautain. L’orgueil d’une femme blessée. Reluquant son assiette, elle attrapa sa fourchette mais décida de piquer l’objet dans l’assiette de son voisin. Une taquinerie que la fratrie employait souvent les rares fois qu’ils arrivaient à manger dans la cuisine sans surveillance parentale lorsqu’ils étaient enfants. Cela ne devait pas remonter depuis plus de six ans. Le temps passe tellement vite. Pourtant, c’était toujours avec autant de narquois que la blondinette défiait son frère des yeux tout en avalant le premier butin volé. Se doutant fortement que ses lamentations culinaires devaient avoir un lien avec une petite brunette aux joues aussi roses que celles d’un poupon, elle préférait laisser ce dernier commencer… si tenté était-il de rompre la trêve du silence qui s’était instauré entre eux en premier. Aussi butée qu’un éruptif, la blondinette n’était pas prête à céder la première, bien que les raisons initiales de leur dispute s’obscurcissaient face aux problèmes plus récents. Sale gosse !

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Ce message a été posté Jeu 15 Nov 2012 - 16:04




    Combien de temps ? Depuis combien de temps était-il là ? Baël cligna des yeux à plusieurs reprises mais ses paupières le brûlaient. Tout son corps lui faisait mal en réalité mais il n’arrivait pas à secouer l’apathie qui s’était abattue sur lui. Il leva sa main droite pour se saisir de sa fourchette. L’assiette qu’il avait devant lui était froide. Glacée même. Il parvint à refermer ses doigts sur la tige métallique de la fourchette et remarqua que ses phalanges étaient cisaillés, marqués par des bleues. La peau s’était fendue mais le sang était sec depuis longtemps. Avait-il frappé quelqu’un ? Fronçant les sourcils il retira sa main et la cacha entre ses jambes. Il se servirait de l’autre. De l’autre. L’autre. L’autre quoi ? Se demanda-t-il alors qu’il n’avait pas remarqué qu’on avait réchauffé son assiette. Elle dégageait maintenant un léger fumet odorant. Mais n’était-elle pas froide avant ? Novembre. Novembre 2020 mais… Jeudi ? Non mardi. Jeudi ? Mardi j’ai… Déboussolé il passa une main dans ses boucles et se concentra sur sa respiration. Il sentait une vague de panique monter en lui alors que ses souvenirs des derniers jours restaient blancs. La dernière chose. La dernière chose dont je me rappelle. Quelle est la dernière chose dont je me rappelle ? J’ai déjà mangé pas vrai ? J’avais une assiette froide et maintenant une chaude ? J’ai déjà mangé. Pas vrai ?

    Sa gorge était sèche et sa langue comme un vieux parchemin. Et toujours ces douleurs diffuses dans tout son être. Impossible de dire ce qui lui faisait le plus mal. Sa main. Ses mains. Un flash le saisit brusquement et il manqua tomber de sa chaise, panique pure, sourde terreur refluant maintenant dans ses veines. Ses mains autour du cou de Calliope. La nausée au bord des lèvres. Concentre-toi. Morte ? Non. Perdue seulement. Seulement, se dit-il alors qu’il se sentait soudain réduit à rien. Il eut soudain l’envie de hurler mais il n’y eut guère qu’un gémissement rauque qui franchit ses lèvres et lorsqu’il déglutit péniblement il se rendit compte qu’il avait déjà du crier. Mais les détails de ces derniers jours restaient toujours incertains. Pire, ils étaient loin de sa portée, comme s’ils ne lui appartenaient pas. Absent. Il avait été absent de son propre corps. Il fouilla ses poches mais elles étaient vides. Sa chemise sentait le propre. Il s’était changé. Oui mais…

    Il n’eut pas le loisir de se poser d’avantage de questions car il entendit des bruits de pas claquer dans les dalles du couloir. Le Manoir Rosier était un endroit inquiétant, comme si la maison semblait vivre d’un souffle mauvais. Mais vivre tout de même. Pour les enfants Rosier elle était à la fois les limites de leur univers, et leur refuge. Amour et haine dans un même lieu. Aussi était-il facile pour Baël de deviner qui s’approchait. Et il ne fut pas surprit quand ses yeux tombèrent sur la silhouette élégante de sa sœur Lilith. Lilith le bébé. Mais la conquérante. Il y avait une note de détermination chez elle, toujours absente chez lui. La préférée. Se souffla-t-il. Mais il ne s’attarda pas sur cette pensée. Quand il s’agissait de ses sœurs il n’y avait pas de favoritisme dans son corps. Pour les autres il en était autrement.

    Il sentit la tension affleurer son épiderme alors que la jeune femme prenait place en face de lui. Depuis son initiation il avait eu bien peu d’occasion pour parler avec elle, parce qu’elle avait tristement coïncidé avec ses fiançailles. Lilith l’avait condamné pour cet affront, alors qu’il n’était pas coupable. Mais il n’avait pas eu le cœur de la défier, ni même de changer son opinion. Il était certain qu’il ne méritait pas Calliope. Il avait fallu deux esprits fous pour consentir à cette union. Son regard morne suivit la taquinerie de sa sœur. Il ne se sentir même pas attaqué par le chapardage dans son assiette. Ce qui l’inquiétait sur son propre état. Et ces derniers jours. Qu’est-ce qui s’était passé ces derniers jours ?

    Poussant l’assiette vers sa cadette de sa main gauche, il grogna. « Laisse-moi tranquille Lilibelle. Je suis pas d’humeur à me battre. »

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