Little Talks



 



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Eireann Callaghan
Poulpe d'Or du plus beau fessier
Messages : 7268 Crédits : © mind dreamer
Age du personnage : 27 ans
Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Professeur de SCM à l'Institut - Congé forcé
Faction : Ordre du Phénix
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Rapeltout
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Ce message a été posté Mer 19 Sep 2012 - 20:07

21 août 2020

Eireann avait découché. Elle avait dit à sa mère qu'elle avait des affaires à régler, qu'elle y passerait sûrement la nuit... Et c'était avec Emmett qu'elle avait réglé ses problèmes en réalité. Non, elle avait mis une pause dans sa vie trop bousculée en peu de temps en allant se blottir dans ses bras. Elle avait presque réussi à ne penser à rien auprès de lui et ça lui avait fait du bien. Surtout après tout ce qu'elle avait vu, subi, compris, ou non d'ailleurs... « Eireann, c'est toi ? » A peine avait-elle franchi le seuil que sa mère l'avait détectée : elle était imbattable, son instinct dépassait de loin celui des plus maternelles des créatures qu'elle connaissait. Et elle en connaissait des tas. « Oui maman, c'est moi... Elle est passée ? » Eireann comprit au regard de sa mère lorsqu'elle pénétra dans la cuisine que Jane n'avait pas daigné donner signe de vie. Elle était bien plus indépendant que sa cousine mais l'irlandaise ne comprenait pas pourquoi elle n'avait même pas cherché à rassurer Lizzie... Pourtant, elle savait à quel point elle était capable de s'inquiéter pour un rien... A juste titre si on prenait en compte tout ce que la famille avait vécu ces derniers temps. « Je n'aime pas ça Eireann, pas du tout même. Tu es sûre qu'elle va bien ? Qu'est-ce que tu ne m'as pas dit ? » La jeune femme évitait le regard de sa mère, elle ne savait pas lui mentir et, devant elle, elle ressemblait à un livre ouvert. « Physiquement oui, maman. Mais après, on n'a pas vécu une journée facile hier... » Elle n'avait rien dit sur l'affrontement avec la famille O'Broin. Elle n'avait rien dit sur l'acte choquant de Jane. Elle n'avait rien dit de sa visite au château O'Broin... Ça faisait beaucoup de non-dits. « Je te le dis, je n'aime pas ça... » Eireann promit à sa mère d'aller la voir une fois douchée, changée et « après le petit-déjeuner ma grande, il faut que tu manges ! » Sacrée Lizzie Callaghan...

Eireann arriva par une cheminée et prit son temps pour se rendre jusqu'à l'appartement de sa cousine. Si elle avait fait une pause pour cette nuit, toutes ses pensées étaient revenues d'un seul coup et elles se bousculaient désormais dans sa tête. « Bonjour Miss Eireann. Cela faisait bien longtemps, dites-moi. » Eireann sursauta et sourit tristement au portrait qui venait de la sortir de ses pensées. Elle était déjà devant la porte de Jane. « Bonjour Ernest. Oui, en effet, bien longtemps. Est-ce que Jane est là ? » Elle n'était pas d'humeur à converser avec le tableau, quitte à paraître un peu rude. Il ne s'en offusqua pas. « Oui, elle est revenue il y a tout juste une heure. Il me semble qu'elle repart bientôt. Mais entrez donc, je vous annonce. » Le vieil homme disparut de son cadre pour intégrer sa version intérieure. Eireann poussa passa sa clé dans la serrure et entra doucement. « Jane ? C'est moi... » Elle referma derrière elle avant de s'engager dans l'appartement.

Elle ne savait pas à quoi s'attendre. Jane venait de rentrer et comptait repartir ? Mais où ? Pourquoi ? Trop de questions s'ajoutant à toutes ces qui se bousculaient déjà dans sa tête. Elle fut alors accueillie chaleureusement par Croupy qu'elle n'avait pas vu depuis bien trop longtemps. Elle le prit dans ses bras et le laissa la décoiffer, l'enduire de sa bave par de grands coups de langues. Elle se sentait mieux, bien mieux. Mais elle savait aussi qu'elle allait devoir affronter la réalité d'ici peu. Elle garda Croupy dans les bras et se dirigea vers la chambre de Jane qu'elle trouva en train de faire sa valise. Elle n'était même pas venue la voir alors qu'elle avait été prévenue de son arrivée. Qui devait en vouloir à qui et pourquoi ? Eireann à Jane pour avoir tenté de tuer Keenan ? Au fond d'elle, la sorcière savait très bien que ça n'avait pas été le but de la manoeuvre, que sa cousine n'avait sûrement pas pris en compte le facteur eaux profondes. Jane à Eireann pour son regard assassin et son départ sans un mot pour elle la veille ? Elle n'avait pas voulu en parler parce qu'elle était encore choquée, parce qu'elle n'avait pas su sur le moment si Keenan et Cleona étaient en vie... Au fond, chacun avait ses torts et le légendaire orgueil irlandais devait se faire tout petit ce matin. Au moins pour cette fois.

« Jane ? Comment tu vas ? Hm... Ma mère s'est inquiétée, je me suis inquiétée... » Eireann sentait le malaise grandissant en elle. Ces derniers mois, elles n'avaient que peu parlé, elles s'étaient un peu perdues de vue avec son déménagement, les longues missions de Jane aux USA... « Keenan et Cleo vont bien. » Ce n'était peut-être pas ce qu'il fallait dire... Eireann avait presque envie de pleurer. Elle sentit la douleur dans son dos se réveiller. Non, elle ne s'était jamais endormie mais l'effet magie noire savait se manifester au mauvais moment... « Ta jambe... ça va ? »



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Dernière édition par Eireann N. Callaghan le Jeu 20 Sep 2012 - 16:16, édité 2 fois
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Ce message a été posté Mer 19 Sep 2012 - 20:57

« Tu reviens quand ? »
« Dans une heure ou deux, le temps de prendre des vêtements & de faire le voyage. »
« D'accord, je vais prévenir le Ministre. Jane, tu sais, tu peux toujours revenir à l'appartement. Y'a pas de soucis. » continua Alexander en écrasant sa cigarette sur le sol, du bout de sa chaussure en cuir de dragon italien, qui valait surement une fortune.
« C'est vraiment pas le même je te signale. & j'ai pas du tout envie de parler de nous en ce moment. Y'a un peu plus préoccupant, tu ne crois pas? » répondit séchement l'irlandaise avant de transplaner.



Assisse sur le lit, Jane pliait ses vêtements, de manière bien plus méthodique qu'elle ne l'aurait souhaité. Qu'elle n'aurait dû. Mais la tâche lui faisait du bien, elle en avait besoin. Les quelques instants de répit avant de devoir affronter encore une fois l'adversité. L'irlandaise ignorait pour combien de temps elle en aurait, combien de temps elle allait devoir rester aux Etats-Unis avant de revenir en Angleterre. Mais ses pensées se perdirent lorsqu'elle entendit Ernest. & Eireann. Il ne manquait plus que ça. Plus qu'elle. Quelques secondes plus tard, son aïeul lui annonçait l'arrivée de sa cousine. « Jane ? C'est moi... » La voix d'Eire remplissait déjà l'appartement. Croup lui faisait la fête, elle l'entendait d'ici. Pourquoi devait-elle toujours être si présente? Envahissante même. « Je sais que c'est toi, c'est le but d'avoir un tableau qui garde l'entrée. » répondit Jane en reprenant son ouvrage. C'était facile, il suffisait de ne pas la regarder, de baisser les yeux, de ne pas répondre & de ne surtout pas reparler de la journée d'hier.


« Jane ? Comment tu vas ? Hm... Ma mère s'est inquiétée, je me suis inquiétée... »
Jane posa le pull qu'elle était en train de plier dans sa valise & se retourna vers l'invitée. Les yeux de l'irlandaise se froncèrent, tandis que sa cousine essayait de la faire culpabiliser. Oui, elle aurait dû passer voir Lizzie, elle le savait. Mais elle n'avait pas pu, elle n'avait pas envie de revivre encore une fois la journée à Gringott. Devant le Ministère Américain, c'était bien suffisant. « Je pensais que tu la préviendrais. Tu peux dire à ta mère que je vais bien. » Ta mère. Le mot arracha à Jane un pincement au coeur. Certes, Ciaràn, Eireann & elle avaient été élevés ensemble, mais dans ces circonstances, ils restaient bien deux familles distinctes. Lentement, Jane se saisit d'une jupe & entreprit de la plier.

« Keenan et Cleo vont bien. » Cette fois, le pauvre coeur de Jane rata un battement. Elle eut grand mal à garder son sang froid & à trouver une réponse. « Je suis contente que Cléona aille bien, ça m’inquiétait. » Keenan au contraire... Il avait survécu. Il était en bonne santé, juste un peu sonné peut-être. Alors qu'elle, elle se sentait trahie, abandonnée, & surtout, à chaque fois qu'on lui parlait de Keenan, elle sentait la brûlure de sa jambe se répandre, comme du poison. Elle s'en foutait de l'état de Keenan, seul le voir mort l'aurait aidé. Mais il était vivant, & il avait le culot de revenir la hanter, la bouche en coeur, l'air de rien. Il lui avait menti par la culotte de Merlin ! Il avait osé lui dire qu'il n'avait rien à voir avec les Héritiers, avec la magie noire. Pourtant, le Feudeymon qui avait attaqué les deux cousines était bien réel.

« Ta jambe... ça va ? » Jane soupira, agacée. D'un mouvement brusque, elle se retourna pour faire face à sa cousine. Cette personne de sa famille qui lui avait tourné le dos, sans essayer de la comprendre. Celle qui l'avait jugée. Celle qui avait pris le parti de Keenan. Le cliquetis des talons aiguilles de la consultante résonnèrent dans la pièce, puis violemment, Jane releva la jupe de son tailleur. Sur une bonne partie de sa cuisse s'étalait une brûlure a l'aspect noireâtre & qui suintait un peu. L'avantage de son emploi pour le Ministère de la Magie Américain, c'était que la mini-jupe était prohibée. Pas de raison d'exhiber ses jambes. « Wallas a dit que je devais la faire suivre. Ca risque de toucher les muscles & de m'empêcher de marcher. Donc, je soigne & j'attends de voir si je vais devenir handicapée à cause de ton p'tit copain. & toi, ton dos, ça va? Keenan te fait des massages tous les soirs pour essayer de se faire pardonner, ou tu le lui as déjà pardonné ? » L'agression avait jailli de sa bouche avec force, sans qu'elle y prenne garde. Le sang irlandais qui coulait dans ses veines était impétueux, mais l'injustice qu'elle ressentait était bien plus forte encore ? « D'ailleurs, t'es pas en train de le consoler parce qu'il n'arrive pas à maitriser sa magie noire ? Qu'est-ce qu'il se passe ? » cracha Jane.
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Eireann Callaghan
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Ce message a été posté Mer 19 Sep 2012 - 21:37

« Je ne lui ai pas fait le détail de la journée d'hier. Je pense qu'elle se fait suffisamment de soucis pour nous. Elle aurait juste aimé te voir et moi aussi... » Omettre des tas et des tas de détails pour ne pas avoir à subir le regard empli de peur de sa mère, c'était devenu sa spécialité désormais. Elle avait oublié volontairement de lui raconter les trois quarts des épreuves qu'elle avait du traverser durant son séjour chez les Ombres et c'était tant mieux. Elle n'aimait pas le ton de Jane. Elle n'aimait pas qu'elle essaie de lui faire croire qu'elle s'en foutait. C'était sa famille bordel, LEUR famille. Eireann respira doucement, elle n'avait pas besoin de s'énerver, elle n'en avait pas envie. Elle s'était retrouvée la veille au milieu d'un règlement de compte familial chez les O'Broin après avoir survécu à une attaque dans les profondeurs du Chemin de Traverse, ça lui suffisait amplement. Il suffisait qu'elle explique à Jane qu'elle n'avait pas cautionné son geste à cause de toute cette violence déjà présente autour d'eux et tout irait pour le mieux. Oui, voilà, c'était ça la marche à suivre. Laisser à sa cousine l'occasion de se vider de toute sa colère pour ensuite reprendre sur de bonnes bases. Eireann avait pleuré, elle avait tremblé et elle avait fini dans les bras d'Emmett pour tout évacué. Elle ne savait pas ce qu'avait fait Jane et elle se doutait que ça n'avait pas été un moment de détente. Son plan était le bon, le seul qui pouvait fonctionner. Mais c'était sans compter sur le fait que Jane n'était pas prête à le suivre...

A la vue de la jambe de sa cousine, Eireann fut parcourue par un frisson des plus redoutable. Elle n'avait pas regardé son dos. Elle n'avait pas voulu le faire. Le médicomage c'en était occupé et c'était ce qui lui avait suffi. Elle n'avait pas souhaité voir immédiatement le résultat mais la jambe de Jane ne présageait absolument rien de bon. La douleur se fit plus lancinante, comme si être en présence d'une autre victime attiser le feu qui les avait embrassées la veille. « Jane, je sais ce que c'est, cette douleur qui... » Et sa cousine la gifla avec une phrase assassine. Une phrase qui lui brisa le coeur encore une fois, à croire que cet organe avait le don de régénération pour ne souffrir que de plus belle. Ses mains tremblaient, sa vue se troublait, c'était comme si le venin que Jane avait décidé de lui cracher au visage faisait en sorte que tout résonne bien fort dans sa tête. Elle ne savait plus quoi dire, quoi faire quoi penser... Comment pouvait-elle lui dire tout ça ? Comment pouvait-elle être aussi cruelle ? Des disputes, elles en avaient eu, elles en auraient mais là, c'était bien au-delà de tout ce qu'elles avaient pu vivre jusqu'à présent... Après les colères passagères, c'était de la haine que sa cousine lui envoyait au visage. Et la haine, ça n'était pas une simple émotion, c'était bien plus profond que ça, comme la blessure commune qui leur rappelait les épreuves passées... Etait-ce la magie noire qui s'était imprégnée en Jane pour la détruire de l'intérieur et détruire ce qui existait entre ? Ce qui était unique et si profond ? Eireann ne voulait plus l'entendre, elle ne le voulait plus...

Eireann se demandait ce que lui reprochait exactement Jane... Elle n'avait fait qu'être égale à elle-même : ne pas se laisser aveugler par les apparences ou les erreurs des autres, ne pas laisser sa haine des autres camps prendre le dessus sur ses sentiments envers ses proches... Comment aurait-elle pu laisser Keenan se noyer alors qu'elle... l'aimait ? C'était ça qu'elle lui reprochait ? D'avoir sauvé Keenan ? Non, elle ne voulait pas y croire. Elle ne pouvait croire que sa cousine ait réellement souhaité la mort de son ami... Parce que c'était une part de ce qu'elle avait reproché elle-même à Keenan : avoir détruit leur amitié en même temps que leur amour alors qu'il avait si bien réussi à rester ami avec sa cousine. Comment pouvait-elle lui dire tout ça ? Eireann était mortifiée, elle avait peur de Jane et des idées qu'elle avait en tête, peur que, finalement, toute cette folie n'ait fini par la changer et en faire un de ces monstres fanatiques. Non, c'était impossible. Impossible. « Jane, tu ne sais pas ce que tu dis. » Lâcha-t-elle sur un ton cassant, contrastant totalement avec sa détresse émotionnelle. « Tu n'as pas le droit de me reprocher d'avoir voulu éviter le pire. Tu ne peux pas m'en vouloir parce que je ne me suis pas laissée aveugler par tout ça ! » Elle ne criait pas. Elle l'aurait fait si elle n'avait pas été aussi vidée par cette histoire. « C'est ce qu'ils attendent, tu ne le vois pas ? Ils n'attendent qu'une chose : que les liens qui unissent les personnes que tout devrait opposer soient brisés et qu'une guerre ouverte et non plus feinte soit ouverte. » Eireann déposa Croupy qui gémissait dans ses bras, lui aussi apeuré par la tension qu'il pouvait sentir. Elle retira le Tshirt large qu'elle portait pour éviter les frottements en grimaçant et tourna le dos à sa cousine, tremblante. « Je pardonne mais n'oublie pas. Je pardonne parce que je suis fatiguée d'avoir à me battre contre des émotions contradictoires. » Elle se rhabilla et fit une nouvelle fois face à Jane.

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Ce message a été posté Ven 21 Sep 2012 - 21:59

C'était moche, vraiment très moche de dire à Eireann que Lizzie & John n'était pas ses parents. C'était un mensonge sans fondement, dans le but unique de faire mal à celle que Jane considérait comme sa sœur. Elle aurait dû passer voir sa mère, oui, elle le savait. Mais, c'était au dessus de ses forces. A cet instant, précis, il n'y avait que deux personnes que Jane avait envie de voir de tout son coeur, de toute son âme. Judith Lochlainn & Marc Callaghan. & ce n'était pas possible. Elle adorait ses parents adoptifs, mais elle avait besoin de parler à ses vrais parents, ceux qui étaient morts pour un idéal qui les fuyait encore & encore. Elle avait besoin qu'ils lui disent qu'elle ne faisait pas fausse route. Qu'ils étaient fiers d'elle. & ça, elle ne pouvait pas l'obtenir.

Heureusement qu'Eire n'avait pas fait un compte-rendu détaillé de leur journée d'hier. Elle n'avait pas besoin de savoir que ses deux filles avaient été grièvement blessées & que tout allait encore une fois changer.
La douceur de ses pensées fut brisée lorsqu'elle montra sa cuisse à Eireann. Elle avait envie de fanfaronner, de lui dire qu'elle devait être heureuse que son Kee-kee d'amour ait aussi bien réussi son sortilège mais les mots ne franchirent pas la barrière de ses lèvres. Elle resta silencieuse & se concentra sur sa valise. D'un coup de baguette, elle apporta plusieurs flacons qui tombèrent mollement sur les vêtements.

« Jane, tu ne sais pas ce que tu dis. » lança Eireann lorsqu'elles abordèrent le sujet de Keenan. « Oh si, je pense que je sais parfaitement tu vois. » répliqua Jane sur le même ton. « Tu n'as pas le droit de me reprocher d'avoir voulu éviter le pire. Tu ne peux pas m'en vouloir parce que je ne me suis pas laissée aveugler par tout ça ! » Pour montrer qu'elles étaient sur la même longueur d'onde, Eireann souleva son tee-shirt & montra sa brûlure en cours de cicatrisation.
« Je pardonne mais n'oublie pas. Je pardonne parce que je suis fatiguée d'avoir à me battre contre des émotions contradictoires. » Jane fouilla dans sa valise et en tira un paquet de cigarette. Une seconde plus tard, elle en allumait une qu'elle glissait entre ses lèvres. « Tu sais quoi Eire ? Tu m'emmerdes, mais d'une force, c'est inconcevable. Tu m'emmerdes. » la tanna sa cousine en pointant vers elle un doigt accusateur. « Oh oui, je suis désolée, tellement désolée de ne pas être Eireann Callaghan, de ne pas être aussi belle, forte, adulée, droite, de pardonner à tout le monde. Je suis tellement désolée de ne pas être toi, de ne pas pardonner à ceux qui me mentent, & à avoir besoin de me venger. De les venger. » lâcha Jane dans un silence cruel. Elle avait besoin de bouger, & nerveusement, elle commença à faire les cent pas dans la chambre, la cigarette glissée entre ses doigts, ses mains s'agitant dans de grands gestes sans buts. « Tu me fais rire. Je sais que c'était dur d'avoir été en captivité, mais c'est aussi dur d'être celle qui reste, tu devrais le savoir. Quand t'as été enlevée, je suis allée voir Keenan, parce que je pensais qu'il m'aiderait, qu'il m'aiderait à comprendre. J'avais peur qu'il soit un Héritier, & il m'a juré que non. Je l'ai cru, parce qu'il ne pouvait pas être comme ces gens qui ont tué mes parents. Il ne pouvait pas être comme eux. » Jane souligna son propos d'une caresse à sa jambe meurtrie, pendant qu'elle reprenait, déversant sa hargne. « Il m'avait juré, mais finalement, si on en est là maintenant, c'est de sa faute, à lui & à sa stupide magie noire. Il avait tort. Il m'a menti. Il m'a juré qu'il n'était pas comme eux, qu'il ne ferait pas de mal, & pourtant, je peine à poser ma jambe sur le sol. Alors, j'ai peut-être été cruelle & injuste en le poussant dans le lac. J'ai peut-être été un monstre, j'ai peut-être été une ordure. » Jane marqua une pause, tira sur sa cigarette & reprit d'une voix glacée. « Mais je l'assume. Je n'ai jamais menti, je n'ai jamais essayé de faire croire des choses à des personnes qui allaient mal. Je n'ai jamais utilisé la vulnérabilité de qui que ce soit. Je n'ai jamais fait parti d'un organisme qui tuent des parents parce qu'ils entravent ses plans. » Quelques secondes passèrent sans qu'aucun bruit ne vienne rompre la solennité du moment. « Tu m'en veux ? Soit. Je repars dans moins d'une heure de toute manière. Mais tu ne peux pas me reprocher de vouloir te blesser. Je suis rentrée des Etats-Unis pour te chercher, j'ai été récupérer des informations chez les O'Broin. J'ai fait tout ça pour toi même si ca ne compte pas. Alors, ne viens pas me reprocher de faire quelque chose pour moi pour une fois. Ne viens pas me voir avec ta sollicitude à la con & tes grands principes sur la famille. Ils ont tué mes parents putain. »
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Eireann Callaghan
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Ce message a été posté Sam 22 Sep 2012 - 0:56

Elle n'aurait jamais du franchir le seuil de l'appartement, elle n'aurait jamais du dire à sa mère qu'elle irait voir Jane, pour prendre des nouvelles... Qu'allait-elle faire en rentrant ? Dire à maman Callaghan que Jane était peut-être morte la veille et qu'il ne restait plus que la version en ruine, la version brisée ? Elle ne pouvait pas rentrer et dire ça à cette femme qui les avait élevées et qui avait tout fait pour qu'elles puissent vivre heureuses... Eireann aurait du rester chez Emmett, elle aurait du prendre encore une journée, ou deux ou même trois pour oublier, rester sous la couette et l'écouter parler de tout et de rien. Surtout de rien. Mais non, elle s'était inquiétée pour Jane et à juste titre. Le problème, c'était qu'en plus d'être effondrée pour elle, elle avait mal, terriblement mal parce que tous les mots qui sortaient de la bouche de sa cousine n'avait pour unique but que de la faire souffrir.

Elle la laissa parler parce que la couper dans son élan ne servirait à rien. Elle la laissa lui cracher toute cette rancoeur accumulée, toute cette haine qui, elle le savait, ne lui était pas entièrement destinée. De toute façon, comment aurait-elle pu en placer une ? Comment aurait-elle pu réussir à lui dire "Stop" ? Non, elle était impuissante, encore, comme toujours. Eireann encaissa, encore et encore. Elle essayait de se dire que c'était le contre-coup de la veille, que ça passerait, qu'il fallait juste que ça sorte. Mais elle n'y croyait pas. Elle n'avait jamais soupçonné une telle chose. Elle n'avait vu que sa petite personne, oui... Mais pouvait-on lui reprocher d'avoir voulu se reconstruire pour ses proches ? D'avoir essayé d'avancer seule pour qu'ils n'aient pas à trainer derrière eux le peu qu'il avait resté d'elle à sa libération ? Elle avait pour une fois eu besoin d'être seule avec elle-même et elle réitèrerait tout ça si c'était à refaire.

Eireann se rendit compte à quel point sa cousine s'enfonçait dans le fanatisme. Elle était aveuglée par bien plus que la colère ou la vengeance : il y avait de l'ignorance, de l'incompréhension et c'était bien ce qu'il y avait de plus dangereux... Et elle était allée chez Keenan ? Chez ses parents ? Eireann ne l'avait pas su, pas comme ça en tout cas. Elle avait su qu'ils s'étaient vus, qu'il avait demandé de ses nouvelles par le biais de sa cousine mais ça, cette confrontation dont elle lui parlait... Non, elle ne savait rien elle non plus. Mais bordel ! D'un coup, tout remontait à la surface ! Les longs mois d'absence de Jane au moment où elle avait eu le plus besoin d'elle ! Bien sûr qu'elle savait ce que c'était que d'être celle qui reste ! Elle avait passé des mois au fond du trou, elle n'avait trouvé sa libération que dans sa transformation en animagus et Jane n'avait rien vu ! Elle n'avait pas cherché à lui montrer mais en même temps, comment montrer à sa cousine à cette époque - quand elle ne la voyait qu'en coup de vent - qu'elle avait eu besoin d'elle ? Elle n'avait tout simplement pas pu.... Elle avait tellement de choses à lui dire que tout se bousculait dans sa tête et qu'elle ne savait même pas par quoi commencer... C'était grotesque. « Ne me parle pas d'absence Jane. Pas avoir passé tes années au Ministère à courir le monde. Tu n'as rien vu de mon malêtre à l'époque et tu ne vois toujours rien. Je ne te reproche pas d'avoir travailler encore et encore au détriment de ta famille, je ne te le reprocherai jamais mais ne viens pas me dire que je ne sais pas ce que c'est que d'être celle qui reste. Seule. » Ah beh c'était la colère qui avait parlé plus fort que ses autres émotions. Tant pis. Le reste prendrait la suite.

« Je savais que Keenan était de l'autre côté. Mais franchement, est-ce que tu aurais crié haut et fort que tu étais membre de l'Ordre s'il te l'avait demandé ? Est-ce que tu l'aurais fait ? Est-ce que tu aurais trahi ce en quoi tu crois et surtout ceux avec qui tu te bats chaque jour ? Moi non. Je regrette suffisamment d'être reconnue comme active de l'Ordre depuis mon enlèvement. Et je ne dois ma survie qu'à ma place à Poudlard, est-ce que tu t'en rends seulement compte ? Sans Nora, je n'aurais jamais pu m'en sortir. Et pourtant, Poudlard est aux mains des Héritiers. » Nora acait été l'une des leurs avant de suivre Thomas par amour. Et sûrement par conviction aujourd'hui. « Tu ne peux pas comparer notre situation actuelle avec celle d'il y a vingt ans. Tu ne peux pas comparer les... » elle inspira, le mot lui brûlant les entrailles « mangemorts du temps de Potter, du temps de la liberté, à ceux qui ont suivi le Lord par la suite. Nos parents se sont battus contre l'homme qui voulait écraser le régime libre. Nous nous battons pour le réinstaurer. Mais ceux qui s'y complaisent, ceux qui n'ont connu que ça... Jane bon sang ! Nous avons été élevées dans une famille qui soutenait l'Ordre à ses premiers jours ! On nous a inculqué des valeurs de liberté ! Nora n'a pas eu cette éducation et son frère ainsi que sa jeune soeur non plus. Keenan n'a pas détruit notre famille. Même si je ne comprends pas ses choix, je ne peux pas juger parce que je ne sais pas ce qu'il vit, ce qu'il a connu. Tu devrais en faire de même. Comprendre que tout le monde n'a pas eu la chance que nous avons eu. » Elle n'aimait pas ce qu'elle disait. Elle avait l'impression de se faire l'avocat du diable... Mais en même temps, elle côtoyait au quotidien des gosses qui ne connaissaient de la vie que ce que leurs parents voulaient bien qu'ils voient. Des gosses qui avaient grandi dans un climat différent du leur.

Et puis... « J'ai déjà tué Jane. On dirait que tu l'oublies. J'ai tué pour une cause qui me semblait juste et si cette fille à qui j'ai ôté la vie n'était pas une mère, elle n'en restait pas moins la fille de quelqu'un... Qu'est-ce que tu crois que sa famille s'est dit ? Tu penses qu'ils ont gentiment conversé à ses funérailles sur les risques de la vie et les dommages collatéraux possibles ? NON ! Ils ont du, comme nous, se dire que des fanatiques volaient la vie de leurs enfants pour asseoir leur pouvoir. » Repenser au résultat de son simple mouvement de poignet, de ce coup de baguette mortel lui glaçait le sang. C'était un supplice. Un véritable supplice. « Je me fous de savoir quels sont mes torts, ils sont nombreux, j'en suis consciente. Mais il faut que tu ouvres les yeux une bonne fois pour toute et que tu comprennes que tes parents n'ont pas été tués comme nous nous risquons de l'être chaque jour. Comme tu as failli tuer hier. Franchement, ne compte pas sur moi pour cautionner un tel geste, que ce soit Keenan ou pas : laisse moi ce droit de refuser de te voir vivre le même enfer que moi chaque jour depuis. Laisse-moi essayer de t'épargner ce poids énorme sur ta conscience, ce poids qui te rongerait jusqu'à la fin de ta vie. Les cauchemars, les images qui passent en boucle : je t'assure que ça n'a rien de drôle. Un jour, on sonnera peut-être à ma porte pour venger cette pauvre fille. Et qu'est-ce que je pourrai dire, hein ? Tu crois que si je leur dis que de toute façon, on m'a pris des gens de ma famille et que la vie est comme ça ? NON ! »

Elle n'avait qu'une envie, c'était d'attraper sa cousine et de la secouer, de la secouer jusqu'à ce que ses idées redeviennent cohérentes. Mais elle savait au fond d'elle que c'était peine perdue. Alors au lieu de ça, elle se contenta de la regarder faire sa valise, la dévisager, refaire sa valise, la tuer du regard... Pourquoi est-ce que ça devait en arriver là ? Pourquoi ?

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Ce message a été posté Lun 24 Sep 2012 - 15:42

Jane s'assit sur le bord du lit pour fumer. Cette conversation prenait des proportions hors normes & l'irlandaise avait juste envie de jeter sa cousine hors de son appartement, pour pouvoir encore un peu profiter du silence avant de rejoindre les Etats-Unis. Mais apparemment, c'était trop demandé pour mademoiselle Callaghan. Elle était gonflée tout de même, & Jane gonfla ses joues dans un geste d'agacement. «Oh, pardon, j'aurais dû te demander l'autorisation pour pouvoir exercer un métier qui me plait ? Depuis quand as-tu des choses à dire sur mes choix? T'es gonflée je trouve! Je suis dééééésolééée d'avoir été virée du Ministère de la Magie, & d'avoir dû aller chercher de quoi me nourrir ailleurs. » continua Jane avec une fausse révérence.« Désolée que sa majesté se soit sentie lésée de ma présence. Tu veux que je démissionne tout de suite ? Comme ça, on déprimera toutes les deux, & Ciaran viendra nous apporter du chocolat & voir si on ne s'est pas entre-tuées pendant la nuit. Bonne option non? »

En 25 ans, Jane n'avait pas le souvenir de s'être autant disputée avec sa cousine. Pas une fois. Mais peut-être que leur guerre, leur bataille finissait par avoir des conséquences sur leur caractère. Cette idée fit frémir Jane, mais la colère qui l'habitait n'en avait que faire. C'était insupportable d'entendre Eireann geindre à propos de sa condition, comme si c'était la faute de sa cousine, & que celle-ci l'avait encouragé.

«Je m'en fous de la faction de Keenan. Qu'il soit donc partisan de la ligue de libération des escargots gays d'Acapulco si ça lui chante ! Je refuse juste qu'il me mente. & je pensais qu'avec 10 ans d'amitié derrière nous, on en était plus au stade de se mentir & de se cacher. Qu'on était assez grand pour assumer ses convictions. » répondit Jane froidement. «Ce qui t'agace le plus, c'est que Keenan & moi soyons fâchés alors que je suis la seule chose qui vous unis encore & qui tente de vous rapprocher. Qui a essayé de vous rapprocher lorsqu'on était au cottage ? Alors, c'est bon, lâche moi les bottes ! » s'agaça Jane. L'irlandaise s'approcha de la fenêtre pour balancer son mégot & entreprit de fermer sa valise. Les mots de sa cousine à propos de la femme qu'elle avait tué lui restèrent cruellement en travers de la gorge, mais elle attendit quelques secondes avant de lui répondre: «Non, je te signale que j'étais là moi aussi, & que j'ai fait tout ce que j'ai pu pour t'aider. Mais apparemment, tu ne te souviens que de ce qui t'arrange, comme d'habitude. & arrête de faire ta victime ! Tu croyais vraiment qu'on allait rétablir l'ordre & vaincre les Kark en leur offrant des bonbons? T'as peut-être pas envie d'aller jusqu'au bout, mais moi si. & après ce qu'elle t'a fait, je n'hésiterai pas à tuer une femme comme Travers. » souligna Jane d'une voix ferme. «Maintenant, à moins que t’ai décidé de me faire interner à Sainte-Mangouste, de nous ramener chez Maman, de m'en coller une, ou de me faire des révélations transcendantes, je dois y aller. » continua Jane en attrapant l'anse de sa valise. «Je sais, tu vas encore m'en vouloir de partir, mais j'ai un emploi il parait, & je dois rendre des comptes pour tout ce qui nous est arrivé... Croup, aux pieds. » fredonna Jane d'une voix apaisée, contrastant avec ses gestes saccadés.

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Eireann Callaghan
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Ce message a été posté Mar 25 Sep 2012 - 19:48

Eireann ne comprenait plus rien en dehors d'une seule chose : Jane la détestait. Vraiment. Et ça lui faisait mal. L'irlandaise se demandait à quoi se résumait sa vie en dehors de toute cette souffrance et le réponse était simple : à rien d'autre puisqu'elle ne s'était pas sentie heureuse depuis des années. Tout n'était que K.O. dans sa vie et à chaque fois qu'elle réussissait à reprendre son souffle, à sortir la tête de l'eau, il y avait toujours quelqu'un qui l'attrapait et la remettait la tête la première lentement. A croire qu'il fallait qu'elle ne fasse qu'une seule et unique chose : agoniser jusqu'à ce que tout prenne fin. Elle n'avait pas parlé de l'année en cours en ce qui concernait l'absence de Jane, non, elle avait parlé des temps qui avaient suivis la mort du Lord. De cette période où la joie procurée par l'annonce de la mort du dictateur avait très vite été remplacée par une période sombre, période qui avait gentiment déposé les ténèbres en elle. Cette période où Tom avait disparu, où Jane était sans cesse en déplacement, où elle ne voyait que très rarement ses parents, où elle avait du commencer à faire attention au Ministère, où elle avait ouvert les yeux sur sa relation avec Keenan et où elle avait compris qu'elle n'était qu'une fille de plus qu'il sautait durant son temps libre. Cette période où son seul refuge avait été le déni de ses sentiments humains et où elle s'était enfermée dans une aventure bestiale en devenant animagus. Eireann n'avait jamais parlé de ça à Jane et n'en parlerait pas parce que ce n'était pas le moment et que ça ne le serait peut-être jamais. « On s'est vues plus souvent alors que j'étais coincée à Poudlard et toi aux States. » Lâcha-t-elle simplement pour se défendre. C'était inutile, Jane en prendrait même pas en compte ces quelques mots.

Keenan... Il ne s'agissait pas que de lui mais Jane ne se rendait pas compte qu'elle soulevait un des problèmes de sa relation avec lui, elle ne voyait pas à quel point Eireann avait mal quand elle lui disait ça. Ou alors elle le voyait très bien et c'était pire. Elle ne voulait pas tout cracher comme ça, elle n'avait pas envie de faire comme sa cousine et déverser ce venin qui portant montait en elle, qui avait un goût de bile. Elle n'allait pas vomir. Non. « Arrête de parler de ma relation avec Keenan, tu ne sais pas, tu ne sais rien. Vous êtes amis Jane ! Moi, je ne suis plus rien pour lui, je n'ai même pas droit à son amitié. Je n'ai eu droit qu'à son silence ces dernières années. Je n'ai eu droit qu'à des "Oh Keenan m'a demandé de tes nouvelles, il te passe le bonjour" mais jamais il m'a parlé. Pas de lui-même, pas sans qu'on se croise par hasard. Alors arrête de faire comme si tes ressentiments vis à vis de lui avaient quelque chose à voir avec moi. Ne m'en veux pas de vouloir préserver votre amitié qui dure depuis des années justement alors que tout ce que j'ai avec lui n'est que... » Elle n'alla pas plus loin parce que tout ce qu'il restait entre elle et lui c'était son amour douloureux et les coups bas que lui faisaient l'irlandais sans même s'en rendre compte. Il avait peut-être menti à Jane sur quelques petites choses mais à elle, il lui avait menti sur tout. Non, presque sur tout : il lui avait dit l'avoir vraiment aimé. Maigre consolation.

Travers... La simple évocation de ce nom la fit tressaillir. Elle aussi elle la tuerait sans hésiter si elle le pouvait. Eireann comprit que Jane ne la détestait pas entièrement mais ça ne suffit pas à l'apaiser. L'esprit vengeur de Jane s'exprimait peut-être plus que le fait qu'Eireann ait pu souffrir sous les coups de Travers. Et Eireann se remémora un à un ses souvenirs peu engageants, ceux qu'elle partageait avec cette salope. Les coups, les sortilèges, les cris, la souffrance... « Le problème de la mort Jane, c'est que tu ne sais jamais à qui tu la donnes réellement. Les amis, les proches, personne n'est dans le même camp. Même la famille... » Elle se tut. Nathaniel Hansen. Le nom dansait dans sa tête et la narguait. Elle n'avait jamais rien dit à son sujet, rien dit de la terrible révélation que le membre de l'Ombre de la Rose Noire lui avait faite en soignant ses blessures pour que Travers puisse la torturer à nouveau sans risquer de la tuer à force d'usure. Peut-être que c'était le moment. Jane devait savoir, elle avait le droit de connaître la vérité et si jamais elles venaient à ne plus se reparler... Eireann devait le lui dire. « Jane... Nath... Nathaniel Hansen... Il m'a soigné durant ma captivité... Pour que... Peu importe. » Pas la peine de rappeler à Jane qu'elle avait été une pauvre petite victime, sa cousine lui avait clairement fait comprendre que ça ne l'intéressait plus. « C'est le fils de Niallan. On ne sait jamais contre qui on lève notre baguette. » Bombe lâchée. Fallait-il partir avant l'explosion ? Quitte à mourir, autant que ce soit tout de suite, que Jane la détruise de l'intérieur pour qu'elle arrête d'en baver...

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Ce message a été posté Mer 24 Oct 2012 - 8:46

Elle n’avait pas envie. Pas envie d’être mise en face de ses fautes, de ses erreurs, de son mode de vie qu’elle adorait mais qui lui pesait parfois, & qui pesait souvent sur les épaules de sa famille. Oui, elle était absente, elle bougeait tout le temps, elle ne restait pas en place, avait deux appartements, une centaine de points de chute dans différents pays. Ce qui agaçait le plus la jeune femme, c’était de s’apercevoir alors qu’Eireann lui reprochait son mode de vie depuis des années sans le lui avoir dit. Merde, c’était tout de même un peu facile de ne rien dire, d’accepter, & que lorsqu’un problème s’annonçait à l’horizon, craquer, se fendre tel un barrage, & laisser sa verve se répandre.


Jane savait pertinemment qu’elle touchait un point sensible en parlant de Keenan. Elle appuyait sur la blessure qui suintait encore, sans y prendre de plaisir. Mais elle le faisait quand même. Attaque avant d’être attaquée. « Vous êtes amis Jane ! Ne m'en veux pas de vouloir préserver votre amitié qui dure depuis des années justement alors que tout ce que j'ai avec lui n'est que... » « C’est facile de dire ça. Mais comment être ami avec quelqu’un qui nous a menti pendant si longtemps. Il utilise de la maie noire Eire ! » Dénonça Jane en montrant encore une fois sa brûlure. « Ce n’était pas comme s’il avait un passe-temps bizarre, qu’il collectionne les licornes ou qu’il cuisine tous les dimanches. Il utilise de la magie noire. Pour faire du mal aux gens. Alors, ne me parle pas de mon amitié transcendante avec Keenan.» Jane soupira & s’assit sur le lit. Il lui semblait que lorsqu’elle s’énervait, la douleur de sa jambe résonnait bien plus fort qu’à l’accoutumé. Ou alors, elle se faisait des idées. Wallas lui avait dit que la douleur deviendrait de moins en moins forte au fil du temps, mais elle n’en ressentait toujours pas les effets. Peut-être que son aversion pour Keenan jouait & que tout cela n’était que psychologique. « Il est une personne totalement différente de celle avec qui j’ai été amie. Mais t’es trop amoureuse pour t’en rendre compte. Alors, je compatie juste & je passerai là-dessus. Je suis juste plus lucide que toi à son sujet, mais un jour tu t’en rendras compte.» finit l’ainée des Callaghan avec les sourcils froncés. Etait-elle de mauvaise foi ? Peut-être. Sûrement même. Mais elle détestait être prise en grippe. Surtout pour une chose qu’elle n’avait pas provoquée.

Le sujet Keenan fut abandonné lorsqu’Eire se mit à parler de Travers.
« Le problème de la mort Jane, c'est que tu ne sais jamais à qui tu la donnes réellement. Les amis, les proches, personne n'est dans le même camp. Même la famille... » « & bien dans ce cas, ces gens ne méritent pas de faire partie de notre famille. C’est comme si Ciaràn décidait un beau matin de devenir un partisan de l’Ombre ou des Héritiers. Tu réagirais comment ? Oh, mon brave Cici, c’est bien de choisir ta voie, fais bien tes devoirs, & sois gentil avec tes nouveaux camarades de jeu. Si tu as un souci pour apprendre la magie noire, tu pourras toujours demander à notre sujet ami Keenan comment tuer les gens, il a l’air d’avoir de l’expérience. » Ironisa Jane avec mauvaise foi. Eireann avait raison dans un sens, & la consultante le savait très bien, elle n’était juste pas prête à l’accepter & à vivre avec. A cet instant précis, le monde se divisait en deux camps, les gentils & les méchants, & il était bien simple de savoir dans quel camp elle se trouvait.
« Jane... Nath... Nathaniel Hansen... Il m'a soigné durant ma captivité... Pour que... Peu importe. » Jane releva les yeux vers sa cousine, les sourcils toujours froncés, attendant la pseudo-révélation de celle qu’elle considérait comme sa sœur. « C'est le fils de Niallan. On ne sait jamais contre qui on lève notre baguette. » Le temps s’écoula lentement. Jane entendit le hoquet surpris d’Ernest à l’autre bout de l’appartement. Elle essaya pendant une longue minute de trouver quelque chose à répondre à cette infamie mais ne trouva rien à dire. Alors, elle attendit, que la vague de fureur qui la traversait se fut arrêtée, que le choc s’amoindrisse, que la violence qui faisait vibrer son corps se tarisse. Mais il n’en fut rien. Alors Jane laissa exploser la colère qu’elle contenait depuis des jours. Que le choc s’amoindrisse, que la violence qui faisait vibrer son corps se tarisse. Mais il n’en fut rien. Alors Jane laissa exploser la colère qu’elle contenait depuis des jours. « Dégage. Vas-t-en Eire, je t’en prie, tu prends tes affaires & tu te casses maintenant. » Jane se releva vivement, saisit le bras d’Eireann, un peu trop violemment surement, & la mena vers la porte d’entrée. « Tu débarques chez moi, la bouche en cœur, & tu viens m’annoncer ça ? Dégage. Tu as eu des mois pour me l’apprendre. Des mois pour me dire tout ça. Des mois où je me suis inquiétée pour toi. T’es pas honnête. Tu fais toujours tout dans ton sens. Dégage Eire. Dégage ! » hurla Jane, le visage livide en ouvrant la porte. Chacun de ses muscles lui faisait mal, son corps tremblait de façon épileptique. « Mademoiselle Jane, je ne pense pas qu’il soit de bon ton de faire cela avec les gens de notre famille, je me permets de … » s’interposa le portrait. « Ernest, ta gueule. & toi, sors de chez moi ! »

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Eireann Callaghan
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Ce message a été posté Sam 10 Nov 2012 - 23:04

Eireann avait encaissé durement les reproches que lui avait fait Jane sur son pseudo-aveuglement. Elle était consciente que Keenan n'était plus celui qu'elles avaient connu à Poudlard et c'était bien pour ça qu'elle s'interdisait de tomber une nouvelle fois dans le piège de ses sentiments. Elle ne pouvait pas le laisser encore et toujours capturer son coeur d'un regard pour ensuite la jeter sur le côté en lui rappelant qui il était aujourd'hui. Elle n'avait pas osé mentir à Jane, elle n'avait pas osé lui dire qu'elle ne l'aimait plus... Parce que c'était faux, elle le savait, plus encore depuis qu'elle avait failli le perdre.

Elle avait serré les dents quand Jane avait ironiquement parlé de Ciaran et des factions. Et cette ironie se dissipa imméditament quand Jane comprit ce qu'elle venait de lui révéler. Rien que de penser à Nathaniel, Eireann en avait la nausée. Se rappeler de leur conversation, des paroles profanes qu'il lui avait offertes au sujet des Callaghan... Tant de choses qui faisaient partie de tout ce qu'elle préférait oublier aujourd'hui... Mais Jane avait le droit de savoir. Les Callaghan avaient le droit de connaître la vérité sur Niallan. Au fond d'elle, Eireann espérait que son "cousin" lui avait menti, que sa tante n'avait jamais été telle qu'il la lui avait décrite, qu'on lui avait caché la vérité sur sa famille...

La jeune femme sursauta, sortie violemment de ses pensées par les cris de Jane. « Mais lâche-moi ! Ça va pas bien chez toi ! » Mais que lui arrivait-il bon sang ? Qu'est-ce qu'il se passait dans sa tête pour que sa cousine se transforme en une véritable Harpie ? D'abord la tentative de meurtre puis ça ? En quelques secondes, Eireann se retrouva sur la pas de la porte malgré ses protestations. Jane ne l'entendait pas, elle était folle, complètement folle. Comment les choses pouvaient-elles être ainsi ? Pourquoi fallait-il qu'en plus des événements trop lourds à porter pour elles, elles en viennent à ça ? Eireann avait voulu dire tout ça à Jane pour lui dire de faire attention et voilà ce qui en résultait. Quand elle insulta Ernest, Eireann comprit qu'elles venaient d'atteindre un point de non retour. Son sang se glaça avant de commencer doucement à chauffer pour finir par bouillir littéralement. Jane ne savait rien, rien du tout. Elle croyait qu'un peu d'activité au sein de l'Ordre suffisait à comprendre ce qu'il se passait réellement ? Elle se fourrait le doigt dans l'oeil l'idiote !

Eireann barra la porte, prenant garde à ne pas toucher le tableau. « Tu es stupide Jane. » lâcha-t-elle sèchement. Elle avait une violente envie de la gifler pour lui remettre les idées en place mais elle savait que c'était tout sauf la solution à ce problème. Elle n'avait pas de solution quoi qu'il arrive. « On sait tous depuis des mois que Keenan est un Héritier. TOUS ! Si tu avais ne serait-ce que portée un minimum d'attention à tes proches, tu l'aurais su toi aussi. Ciaran s'en doute, il sait que Cleona a eu des problèmes avec Nora à cause du coup d'état du Ministère. Nora et Thomas se sont séparés à cause de ça l'année dernière ! Nora a été jeté dehors par ses parents parce qu'elle a décidé de quitter les Héritiers pour rejoindre l'Ordre. Tout le monde se doute que les O'Broin sont des Héritiers. Tout le monde sauf toi parce que tu es bien trop feignante pour chercher à voir les évidences. Tu as besoin qu'on te le dise et c'est minable de ta part de me reprocher de te dire la vérité. » Eireann ne savait pas jusqu'où elle irait, elle n'avait pas envie de s'arrêter, elle voulait faire du mal à Jane comme celle-ci venait de luis transpercer l'âme.

« Tu oses dire que Keenan a changé mais sache qu'il ne t'arrive même pas à la cheville, tu peux en être fière. Jamais il n'aurait essayé de te tuer. Jamais il n'aurait pu nous faire volontairement du mal. Je ne pardonne pas mais sache que désormais, je me méfierai moins de lui que de toi. » Elle ravala ses larmes de rage qui commençaient à s’agglutiner dangereusement au creux de ses yeux. « J'ai l'impression que c'est toi qui porte un masque depuis le début. Toi qui hier soir a fait ce dont je ne t'aurais jamais cru capable. Je ne sais pas ce que tu deviens Jane, je ne sais plus qui tu es. » Ne pas reconnaître celle avec qui elle avait grandi, celle avec qui elle avait ses armes, celle avec qui elle avait eu ses premiers fous rires, des premières larmes, ses premiers émois, ses premiers chagrins. Celle qui avait rempli une très grosse partie de sa vie... Eireann commençait à comprendre d'où venait cette impression de vide qui s'insinuait en elle depuis des mois... Cette fille-là n'existait peut-être plus.

Eireann recula, prête à partir seulement, tout son être lui hurlait d'en finir pour de bon avec les non-dits, les reproches et les petites cachoteries. Elle s'avança vers Jane, plongeant un regard embué dans le sien. Tristesse et colère pouvaient s'y lire. « DIS-MOI JANE ! DIS-MOI QUI TU ES ! » Elle la força à rentrer dans l'appartement et ferma la porte derrière elle. Ce n'était pas le moment de se mettre les voisins à dos, de leur en révéler encore plus. « dis-moi tout ce que tu ne m'as jamais dit ! Dis-moi tout ce que tu as fait ces deux dernières années, explique-moi pourquoi tu as autant changé ! Explique-moi pourquoi quand je te regarde, j'ai aujourd'hui l'impression de voir une étrangère ! Et ne me dis pas que je n'ai rien voulu voir. Tu n'étais jamais là, tu ne me disais jamais rien alors tes reproches, tu les garderas pour d'autres ! Pour ceux avec qui tu as passé tout ce temps, avec ceux qui savent peut-être qui tu es vraiment. Dis-moi parce que moi, je ne sais plus ! »

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Ce message a été posté Ven 23 Nov 2012 - 17:48

Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle? Qu'est-ce qui n'allait pas chez elle ? Avoir perdu son emploi pour être remplacé par une série de bouffons qui n'avaient qu'une chose pour eux: la pureté de leur sang. Être une reclue, une soit-disant terroriste alors qu'elle n'avait jamais fait de mal à une mouche ( Keenan ne comptait pas). Avoir été obligée de laisser Alexander à l'autre bout du monde pour sauver sa cousine. Avoir laissé une de ses jambes à Gringotts et frissonner à chaque pas. Avoir perdu ses parents dans une guerre idéologique sans fin. Voir ses proches s'effrondrer, mourir, se faire enlever. Être impuissante. Voilà le soucis. Elle vivait sa vie en sachant pertinemment qu'elle n'avait aucune influence dessus & que finalement, ce serait quelqu'un d'autre qui déciderait de ce qui se passerait. Alors si elle pouvait avoir un droit de regarder sur qui pénétrait & squattait son appart', elle le garderait. Tout, tout pour le silence. Pour ne plus avoir à entendre les reproches d'Eire. Elle n'avait pas envie de voir qu'elle était faible. Qu'elle ne servait pas à grand chose. Elle voulait juste du silence. Du silence putain. L'entendre énoncer des vérités d'une voix monocorde, c'était trop pour elle.
Mais cela aurait été trop facile si Eireann avait obtempéré. Foutu sang irlandais.

« Tout le monde sauf toi parce que tu es bien trop feignante pour chercher à voir les évidences. Tu as besoin qu'on te le dise et c'est minable de ta part de me reprocher de te dire la vérité. » Les mots de sa cousine lui firent l'effet d'une baffe. Tout le monde était au courant sauf elle. Avait-elle consciemment fermé les yeux sur ce qu'elle ne voulait pas voir ? Avait-elle espéré qu'elle les fermant assez fort, tout s'effacerait ? La main de Jane glissa le long de la porte, & elle sentit les larmes lui monter aux yeux. Mais plutôt mourir que de pleurer encore & encore. Elle finirait desséchée à ce rythme-là. L'irlandaise s'efforça de ne pas regarder celle qu'elle considérait comme sa soeur. Si elle la regardait, elle redeviendrait cette Jane faible. & être faible ne protégerait pas les siens.

Elle savait que Keenan n'aurait jamais essayé de la tuer, du moins pas directement. Mais cela allait arriver. Un jour où l'autre, ils se trouveraient dans une situation qui feraient qu'ils allaient mourir. Soit lui, soit elle. Soit lui, soit sa famille. Soit lui, soit ses amis. & dans ce cas, ce serait lui qui mourrait, Jane en faisait le serment.

« Mais méfies-toi Eireann, méfies-toi. Il n'empêche que sans lui, notre corps de serait pas couvert de blessures. Nous n'en serions pas là. Tu peux le voir tout mignon & tout gentil, mais moi, je le sais. Il n'est pas de notre côté, & un jour où l'autre, cela nous portera préjudice. » rétorqua Jane froidement. Sa prise se raffermit sur la porte. Ernest assistait silencieusement à l'échange, sachant combien le moment était grave. Les paroles qui suivirent furent d'une violence hors du commun. Je ne sais plus qui tu es. Malheureusement, si Eire ne savait pas, c'est qu'ils avaient atteint un point de non-retour. Mais avec le recul, l'ainée de Callaghan se rendait compte qu'elle non-plus ne savait pas exactement qui était devenue sa cousine. Sa vie, ses histoires de coeur, ses amis, ses missions, ses histoires, elle ne savait pas. C'est comme si les petits fils qui liaient leurs deux vies s'effilochaient pour finalement rompre. On ne retient pas deux coeurs qui ne battent plus en chœurs. « Est-ce que j'ai changé ?» se demanda Jane. Il lui semblait que non pourtant. Elle s'émerveillait toujours de ces petits rien, elle aimait voyager, boire des tonnes de café, fumer, dormir, prendre des douches glacées. Elle aimait toujours sa famille, ses amis, ses proches. Il lui semblait qu'elle était toujours prête à mourir pour eux. Mais certes, elle était devenue beaucoup plus méfiante, & désormais, elle n'avait plus de limite. La manière douce ne faisait rien changer. & à force de coups & de claques, elle s'était formée une carapace dont elle était désormais incapable de s'extraire. Lorsque Jane leva les yeux, Eireann avait laché la porte & s'apprêtait à partir. La jeune femme en fut soulagée. Elle allait pouvoir claquer cette foutue porte & pleurer tout son saoul avant de reprendre la route pour retourner aux USA.

« DIS-MOI JANE ! DIS-MOI QUI TU ES ! »hurla Eireann en profitant de la distraction de Jane pour pénétrer dans l'appartement. Cette dernière recula de quelques pas, terrifiée à l'idée que sa cousine ne la touche. Lui dire. Lui dire. Cela paraissait facile en apparence, mais pourtant, Jane s'y arrivait pas. Elle était fatiguée, fatiguée de tout ça. & plus que tout, elle avait envie qu'on lui foute enfin la paix. Qu'elle puisse panser ses blessures en paix. « Si ca se trouve, tu as été aussi aveugle que moi ma chère. J'ai toujours été ainsi je pense. & tu me reproches de ne pas m'être interessée à toi, mais depuis combien de temps ne m'as-tu pas demandé comment j'allais? Ce que je faisais? » demanda Jane vertement. « Je trouve ça facile d'arriver la bouche en coeur, de me cracher mes quatre vérités dans la figure. Mais t'as pas été plus présente que moi dans cette histoire. » La consultante laissa s’égrainer quelques secondes & puis elle reprit, la voix douce & mesurée. « Tu veux avoir ce que j'ai fait Eire ? & bien, je vais te le dire. Je suis partie dans les quatre coins du monde, j'ai voyagé, j'ai appris, mais je revenais régulièrement. Quand tu étais disposée à me voir, on se voyait, mais j'ai beaucoup vu Ciaràn. Ensuite, tu as été enlevée. J'ai fui l'Angleterre, parce que je n'arrivais plus à vivre sans toi. Parce que j'étais persuadée que j'y trouverai un moyen de te faire revenir. Sauf que j'ai pas réussi. Alors, j'ai abandonné tout ce qui m'attendait là-bas. Ma vie, mon appartement, l'homme qui dormait dans mon lit. & je suis revenue pour toi. Pour trouver une solution. Alors n'ose pas me dire que je ne fais rien pour toi. J'ai tout quitté pour toi. Ma vie pendant 1 an n'a été guidée que par les battements de ton coeur. Alors, lâche-moi ! » finit Jane dont la voix partait dans les aigus. Les Etats-Unis, Alexander. Ses dernières rencontres avec ce dernier avaient été houleuses, & elle le comprenait tellement. Elle l'avait abandonné. Elle s'était abandonné. Pour Eire. & la voilà qui débarquait en lui reprochant tout ce qu'elle avait pu faire. C'était trop fort ! « T'es satisfaite ? Tu sais tout ? Je suis désolée, j'ai pas réussi à faire mieux, j'ai été nulle. Mais ne me reproche pas de ne pas avoir essayé, parce que c'est faux & archi faux par la barbe de Merlin ! Alors vas-t-en maintenant. C'est bon. » finit-elle doucement, les yeux humides.
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Eireann Callaghan
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Ce message a été posté Dim 25 Nov 2012 - 5:05

Que pouvaient-elles faire de plus désormais ? Rien, absolument rien. Tout n'était plus néant entre elles. Eireann n'avait rien vu venir, ou elle n'avait rien voulu voir, tout comme Jane. Elles s'étaient cachées tellement de petites choses insignifiantes au fil des années que leur relation semblait aujourd'hui n'être construite que sur du vent, sur une sensation de savoir alors qu'au fond, elles ignoraient tout. Elles s'ignoraient. Et ça faisait mal, bien trop mal pour continuer.
Eireann n'avait pas voulu que Jane se sente forcée de rester auprès d'elle quelques années plus tôt, quand elle n'allait pas bien. Elle n'avait pas confié à celle qui était comme sa soeur ses problèmes qu'elle avait préféré estimer minimes pour que Jane puisse partir librement sans s'en vouloir. Elle savait que sa cousine aurait choisi de mettre sa vie entre parenthèse pour elle, si elle le lui avait demandé. Elle le savait parce qu'elle aurait fait exactement la même chose pour elle. Parce qu'au fond, elles étaient les mêmes malgré leurs différences. Au fond, elles fonctionnaient sur le même modèle et c'était ce qui rendait les choses plus compliquées encore. Eireann ne savait plus qui elle était, Jane ne savait plus non plus et comment deux personnes se ressemblant à ce point pouvaient-elles comprendre l'autre sans se comprendre elles-mêmes ? C'était ça, le vrai constat. Leur putain d'orgueil irlandais avait tout foutu en l'air parce qu'elles n'avaient pas voulu embêter l'autre avec ce qu'elles avaient estimé être des futilités. Et le résultat était là, triste, affligeant : elles n'y arrivaient plus.

La colère emportait les cousines Callaghan et elles venaient d'atteindre le point de non retour, celui où l'on va reprocher à l'autre ce que l'on se reproche à soi-même. Eireann savait cette seule chose aujourd'hui : elle et Jane, ça s'arrêtait là. Parce qu'elles ne se comprenaient plus depuis trop longtemps et qu'elles s'étaient voilées la face, parce qu'elle ne savait plus comment se parler sans avoir peur de déranger l'autre, parce qu'elles ne réussissaient plus à voir en l'autre celle qui pouvait comprendre. Et pourtant, elles savaient toutes les deux qu'elles étaient là l'une pour l'autre. Mais elles étaient impuissantes. Tout les avait séparées : les chemins sinueux qu'elles avaient empruntés, les absences trop longues qu'elles avaient crues pouvoir dépasser, les petites choses du quotidien qui s'étaient estompées sans qu'elles y prennent garde.
Eireann y voyait clair finalement. Et elle n'était pas prête pour cette clarté qui lui bouffait les yeux et l'éblouissait dans la douleur. Chaque sacrifice qu'elles avaient crus faire pour l'autre n'avait en réalité était qu'une fuit de leur propre vie. Eireann avait cru s'effacer au profit de Jane quand elle se forçait à sourire à chacun de ses retours lorsqu'elles vivaient ensemble. Elle avait cru protéger Jane en se jetant dans la bataille aux côtés des Phénix avec de la force pour deux. Jane avait du croire agir pour le bien de sa cousine en tirant un trait sur sa vie aux USA. Elle avait du se persuader que c'était mieux pour tout le monde. Et au final, elles n'avaient fait que se détruire, portant là le coup fatal en se reprochant mutuellement les sacrifices faits sciemment, sans l'accord de l'autre.

Elles n'avaient pas le droit de se reprocher leurs choix. Elles ne pouvaient pas ne pas assumer leurs actes. Eireann sentait encore la douleur laissée par les mots chargés de haine en elle. Et elle savait que c'était le genre de peine qui ne s'estomperait pas. Elle était consciente que Jane ressentait la même chose qu'elle en cet instant et c'était tout ce qui faisait son impuissance. Sa lucidité sur son incapacité à apaiser sa propre souffrance engendrait fatalement une incapacité à aider sa cousine, à la prendre dans ses bras, à la réconforter, à s'excuser. S'excuser d'être comme elle ? D'avoir été aussi aveugle qu'elle ? D'avoir laissé le poids de la vie les écraser par simple peur d'affronter la triste réalité ? Eireann se détestait autant qu'elle détestait Jane. Plus encore parce qu'en se détestant, elle faisait du mal à celle qui avait toujours été là.
Si l'irlandaise savait comment elles en étaient arrivées là, elle ne savait pas comment en repartir. Il était impossible de faire marche arrière, impossible de retrouver le chemin. Deux routes s'offraient à elles et malheureusement, Eireann savait que chacune choisirait la sienne pour se séparer enfin de ce double. Est-ce que c'était le fait de toujours vivre pour l'autre qui les avait détruites ? Eireann voulait croire que non. Elle était prête à fermer les yeux très fort pour arrêter le temps, la douleur, la vérité cinglante qui venait de la gifler sans prendre la peine de la prévenir avant. Les deux cousines n'avaient pas voulu voir tout ça et bien tant pis, la vie s'était débrouillée pour leur faire payer toute l'addition en une seule fois. Elle ne savait pas si elles allaient s'en remettre, si le lien si fort autrefois qu'il existait entre elles serait capable de se tisser à nouveau pour devenir plus fort.

Eireann restait là, plantée au milieu de l'entrée, face à Jane qui souffrait sûrement autant qu'elle. Elles en avaient bavé ensemble mais n'étaient plus réellement capable de partager tout ce qu'elles traversaient chacune de leur côté. La jeune femme laissa une larme rouler le long de sa joue, la dernière pour un bout de temps, enfin. Elle n'avait plus rien à dire, plus rien à faire. Elle se contenta de regarder Jane une dernière fois dans les yeux, se brûlant le coeur et l'âme tout entière. « Nous sommes les seules responsables Jane. On a tout fait de travers, depuis le début peut-être. » Elle ne put aller plus loin. elle ne put lui expliquer que c'était parce qu'elles ne faisaient qu'une qu'elles n'arrivaient pas à se détacher l'une de l'autre, que c'était pour ça qu'elles croyaient qu'elles avaient forcément besoin l'une de l'autre. C'était faux. Oui, elles avaient besoin l'une de l'autre mais elles devaient arrêter de croire qu'elles ne pouvaient évoluer seules.
Eireann se contenta de se diriger vers la porte, s'arrêtant un bref instant, la main sur la poignée. « Prends soin de toi. » Et elle transplana avant même d'avoir franchi le seuil de la porte, le coeur empli de regrets.

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On the falling shoals, i wonder why me ?
On my way to the falls, i hope you see
We are heading to the wall even if you are sorry,
While i sing oh
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