J'ai accepté par erreur... (Murphy O'Ryan)



 



J'ai accepté par erreur... (Murphy O'Ryan)
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Londres :: Batiments officiels magiques :: Ministère de la Magie
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Ce message a été posté Mer 19 Sep 2012 - 18:29

L’ambiance à l’Office des Portoloins était d’un calme quasiment absolument, à peine brisé par les griffures tranquilles des plumes sur les parchemins jaunis, par l’envol tranquille des rapports vers le second bureau administratif de l’assistante de direction et par les murmures étouffés de Millicent Tanner commentant avec entrain la nouvelle coiffure de la sous-directrice du département des Mystère en compagnie de la nouvelle stagiaire, une certaine Amy, Annie, ou Merlin sait quel autre prénom ennuyeux. Sur le moment, l’esprit coincé dans une bulle non sphérique piquetée d’agacement, elle ne pensa même pas à lancer un regard furibond à ses collègues. La technique n’avait pas vraiment fait ses preuves depuis le temps mais elle avait au moins le mérite de faire cesser leurs stupides pouffements, marque de fabrique de la Tanner. Les deux femmes se méprisaient plus ou moins ouvertement, sans aucune participation extérieure des autres sang-purs du bureau. A croire que les chamailleries étaient propres à cette impureté encore présente dans leur sang. Vesperion eut un sourire mauvais, ce qui trahissait chez elle une honte mêlée de culpabilité : elle n’aimait pas se rappeler qu’elle avait un quelconque point commun avec les moldus.

Vesperion, les sourcils froncés, s’appliquait à cet instant à décortiquer une sombre histoire de portoloin mal configuré (Personne ne pouvait rater un sortilège tel que le Portus dans leur département à moins d’être un sang-de-bourbe doublé d’un cracmol), annotant son brouillon de quelques remarques perfides assez bien placées. L’homme qui s’était retrouvé sur un rocher en pleine mer du Nord plutôt que dans une clairière tranquille sur l’île à moins de 20 kilomètres de là avait bien entendu déposé une plainte. C’était le premier portoloin détraqué depuis 24 ans de système irréprochable et le rapport avait de quoi être louche. Un match avait été organisé sur des fonds privés (sang-purs) et le portoloin avait fait partit d’une commande officielle. Les autres participants et spectateurs du match étaient arrivés au point de rencontre sans dommages apparent mais Thomas Dawert s’était retrouvé coincé sur un rocher près de 20 minutes, à tenter de récupérer sa baguette tombée à l’eau avant de lancer un appel à l’aide. Et cette erreur, certainement commise par un ex membre du département essayant d’arrondir ses fins de mois, avait mis le nouveau directeur de l’Office des Portoloins sur les nerfs car, évidemment, cette bourde impardonnable rappelait le fiasco du triathlon.

Vesperion se serait crue dans une émission de cuisine pour ménagère sorcière.
Présentatrice irréprochable au brushing brillant et gant de cuisine en soie d’elfes du Maroc « Pour votre soupe des nerfs, l’ingrédient secret est un fond sonore particulièrement nauséabond digne d’un soap sirupeux de la cinquième chaine sorcière. Rajoutez un zeste de mauvaise conscience, une pincée de souvenirs récents, de remords, de regrets et servez bien gelé dans une assiette en fer rouillé avant de l’envoyer dans la tronche du premier venu. »

« Me tente pas. »
Marmonne Vesper en manquant de casser la pointe de sa plume d’aigle. Les deux femmes sursautèrent au murmure, considérèrent la fille chevaline qui n’avait pas pipé mot depuis le début de la journée, et retournèrent à leurs commentaires, un ton plus bas.

Une envie de Doloris fit crépiter la baguette de Laurier soigneusement déposée dans son étui. Vesperion y posa la main par réflexe avant de se lancer dans son rapport.

Dix minutes s’écoulèrent avant qu’un beuglement ne proviennent du bureau du directeur. Le beuglement présentait la forme du prénom de l’assistante de direction. Vesperion lança un regard oblique au bureau de cette dernière – désert – et avisa l’heure. 15h. Pause pipi de madame. Mais le directeur n’avait pas encore pris l’habitude apparemment.

« DRAGONCELLA ! »


Vesperion haussa un sourcil, vaguement outrée par le culot de l’homme. Jamais l’ancien directeur ne se serait permit de hurler ainsi dans un département aussi calme. Qu’est ce que ça serait, au printemps, avec l’organisation de la Coupe du Monde de Quidditch, Merlin….

La porte du bureau du directeur s’ouvrit à la volée et l’homme, brun, le regard sombre, gratifia l’horizon d’une grimace exprimant clairement tout le poids de sa mauvaise humeur. Il tenait un pli à la main.

« Nom de… »


Le bureau de Vesperion était le plus proche. C’est avec la logique assurée de l’homme qui se rabat sur le premier objet venu pour y passer ses nerfs, que le nouveau directeur de l’Office vint frapper du poing sur le bureau de la jeune femme. Trop sanguin, jugea Vesper. Il ne fera pas trois mois ici, si c’est le calme qui l’excite à ce point…

« Vous. »


Un instant Vesper cru qu’il allait lui demander où se trouvait son assistante de direction, mais apparemment l’homme avait d’autres priorités, comme il le prouva en agitant le pli froissé par sa poigne devant ses yeux.

« Vous m’envoyez ça par courrier prioritaire au directeur de l’Office des Cheminées. »


Vesper n’eut pas un tressaillement, même si intérieurement la mission donnée (qui prenait 5 minutes) ne l’enchantait guère.

« Sous quel terme dois-je présenter l’objet de ce pli monsieur ? »
Demanda-t-elle en attrapant la lettre, dégageant de son tiroir une enveloppe épaisse, munie de deux petites ailes repliées.

« Privé. Hautement confidentiel. »


Vesperion troqua l’enveloppe jaune contre une cerclée de rouge quand un bref éclair de lucidité traversa son esprit.

« C’est pour le directeur de l'Office des Cheminées, c'est bien ça monsieur ?

- Vous êtes bouchée ou vous voulez me faire perdre mon temps ? Oui c'est pour lui alors envoyez moi ce pli immédiatement ! »


Prise d’une inspiration subite, Vesper se leva, dépassant l’homme de dix bon centimètres, ce qui ne sembla pas améliorer l’humeur de son vis-à-vis.

« Je m’apprêtais à me rendre à l’Office des Cheminées pour leur demander un rapport qu’ils tardent à nous envoyer. Je peux remettre ce pli au directeur moi-même.

- Débrouillez-vous comme vous voulez, perdez votre temps, mais que ce soit fait dans la journée ! » Éructa l’homme en faisant aussitôt demi-tour, pour claquer avec violence la porte de son bureau. La nouvelle stagiaire eut un petit cri épouvanté sous le choc.

Vesperion, toujours debout, le regard lumineux, fixait le pli comme s’il était le diadème de Rowena Serdaigle. Quelques minutes plus tard, et dans un silence parfait, elle ramassait sa baguette, ses excuses, et s’enfuyait directement l’autre bout du couloir, sous le regard médusé des deux femmes, un sourire heureux aux lèvres.

Miracle.

Ce n'était clairement pas l'envie de croiser le directeur de cet office obscurs des cheminées qui l'enthousiasmait autant, non, mais bien l'un de ses employés. Un nom qu'elle répétait en boucle depuis déjà plusieurs jours.

Murphy O’Ryan.

Il était l’Homme, charismatique et courageux, qui avait délivré Willhelmina Salamander quelques semaines plus tôt. L’Homme qui avait permit aux Héritiers de récupérer une chance de retrouver toute leur splendeur. L’Homme qui n’avait pas faillit devant le tonitruant Mervyn Kark, encerclé par une centaine d’Ordre du Phénix, crachant sortilège sur sortilège pour défendre leur leader, et menaçant l’actuel Ministre d’un Avada Kedavra. Vesperion l’avait déjà croisé, à des soirées officielles du Ministère, et elle n’en avait qu’un vague souvenir, surtout l’expression de son regard, attentive. Mais maintenant, ce maigre souvenir était dévoré et démultiplié pour nourrir son admiration. Il avait résisté à tout, aux Endoloris et aux Sectusempra. Il avait traité le garde du corps du Ministre par le dédain et leur avait raflé la victoire alors que tous le pensaient perdu. Bien sûr, il avait été secondé (Heather Lannister, chuchotait Vesperion dans sa tête, Ian Blackburn, Lyanna Salamander…..), et ils étaient tous comme des Dieux, des Fondateurs. Vesperion aurait adoré en être, oh bon sang elle en tremblait de rage de s’être fait éconduire comme une petite poupée trop inutile car tous avaient été lancés dans les galeries, tous avaient leur mission et qu’elle s’était présentée trop tard. Vesperion Quinn, son espoir d’être une étoile parmi la plèbe, avait du « accueillir les potentiels blessés ». Elle avait manqué de hurler de rage.

Mais Murphy O’Ryan ! Non elle ne pouvait même pas espérer se voir offrir une mission avec Murphy O’ryan.

L’Office des cheminées était en ce jour tout aussi calme que le sien. A part les grattes papiers habituels, l’air n’était troublé que par les fréquents échanges de missives. L’une d’elle se glissa sur une pile épaisse surplombant le bureau de l’actuelle secrétaire et cette dernière lui demanda poliment ce qui l’amenait.

« Un pli privé pour le Directeur, que je dois lui remettre. »
Précisa-t-elle en agrippant la lettre quand la secrétaire fit mine de s’en saisir. Cette dernière fronça les sourcils et pointa d’un doigt frêle la porte du bureau mais Vesper hocha la tête distraitement et se dirigea à petits pas prudents vers une autre porte, juxtaposée à celle du Directeur. Le secrétaire fronça les sourcils mais une beuglante attira bien vite son attention autre part que sur la silhouette dégingandée de cette drôle de fille.

Le poing serré, les yeux rivés sur le petit écriteau qui précisait que Murphy O'Ryan n'était qu'un employé ici (Un employé, quel poste subalterne indigne de lui), elle frappa trois coups francs, attendit qu’on lui réponde positivement et entra.

Le bureau était sombre, ou plutôt, tamisé, et il était là, derrière son bureau, dans son univers. Vesperion voyait Murphy, respirait Murphy, ressentait Murphy.

Le pli était peut-être personnel mais son admiration était bien plus importante. Salut, je peux avoir un autographe ? Elle oublia de dire bonjour, ou de marmonner qu'elle avait fait une erreur.

Oublia de se demander de quoi elle devait avoir l’air, fille grotesque au tailleur cintré de grand-mère, les cheveux filasses ramenés en un chignon serré de danseuse classique, les lèvres boursoufflées tartinées de fond de teint, le regard trop vague sans maquillage, les sourcils trop épais, le front bombé, le menton dans le vague, les bras ballants, inerte, immobile, quasiment stupide, et sous le choc.
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Murphy O'Ryan
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Ce message a été posté Lun 24 Sep 2012 - 16:20

Il y a des jours comme ça, ou les dossiers s'entassent. Où la plume de Murphy crisse sur le parchemin alors qu'il a les yeux fixés sur son travail. Où il rentre à peine d'une intervention qui lui aura prit la matinée. Dérèglement d'une cheminée, que du commun. Il a juste fallut revoir les sortilèges, renforcer un peu les protections. Pas d'urgence, malgré la panique de la vieille sorcière qu'il a rassurer de ses plus beaux -et faux- sourires. Il est vrai qu'à un certain âge, voir un adolescent débarquer par sa cheminée car elle n'était plus raccorder au bon endroit, cela doit être assez effrayant. Mais cela ne devrait plus arriver grâce à l'intervention des services du Ministère. Avec le sourire en prime, comme toujours. La communauté sorcière se doit d'avoir confiance en leurs actions. Hypocrisie au dernier degré s'il en est...

Un nouveau crissement de la plume sur le parchemin où il rédige son rapport, un sourire en coin amusé. Le Mnistère. Qui aurait pu croire que quelques jours à peine auparavant il se trouvait lui-même face au Ministre et à ces comparses. Dont Hayley. Et que sous leurs yeux, ils avaient réussit à délivrer Whilelmina Salamander. Cela lui donnait furieusement envie de faire un pied de nez à sa hiérarchie composée de sorciers tous plus incompétents les uns que les autres. Et pourtant, Murphy O'Ryan restait l'employé modèle. Souriant, poli, avenant quand il le fallait. Travailleur. Toujours à son poste. Jamais un problème, jamais un mot plus haut que l'autre. Sans ambition démesurée. S'ils savaient.

Mais Murphy ne dit rien. Murphy continue à se rendre chaque matin au bureau. Murphy continue à faire des interventions, à remplir des rapports. Et à cacher ses sourires plus fréquents sous une attitude toujours aussi docile. Discret. Un fantôme dans un service de fantômes. Qui ne relève même pas la tête quand on frappe à la porte alors qu'un de ses collègue -tient, il était là, lui aussi ?- donne l'autorisation d'entrée. Qui ne jette pas un regard quand cette fameuse porte s'ouvre. Sauf lorsque, forcément, son bureau étant le plus prêt de l'entrée, il se voit contraint de relever les yeux.

Le sourire moqueur s'est effacé de ses traits. Juste une expression neutre, poliment interrogative. C'est une jeune femme qui se trouve en face de lui. Qu'il a peut être déjà croisé dans les couloirs du Ministère. Sans doute, cela lui dit vaguement quelque chose. Sans plus. Alors il se contente d'un léger signe de tête, et d'un :

"Bonjour, je peux vous aider ?"

Le regard qui s'attarde un instant sur le pli qu'elle tient à la main. Sur sa posture, coincée dans ce costume serré. Elle semble déplacer dans son bureau. Une seconde, elle lui donne même l'impression d'être déplacé dans son propre corps. Léger clignement de paupière face à cette idée incongrue. Peu importe.

"C'est la secrétaire qui s'occupe du courrier."

Pas un reproche, pas un instant il ne donne l'impression de la prendre de haut. Juste un ton égal. Après tout, elle doit, comme eux tous, avoir du travail. Et lui est loin d'avoir terminé ses rapports. Alors autant ne faire perdre de temps à personne.

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Ce message a été posté Ven 28 Sep 2012 - 17:31

Il croise son regard, et c’est un tremblement incertain qui agite soudain ses mains. Comme attirée par un accio, ses pieds avancent sans lui demander son avis, pour la rapprocher de ce bureau, de ce regard qui la contemple avec une curiosité fatiguée mais polie. Il a des dossiers sous ses mains, il a des choses autour de lui, des choses qui attirent son attention, des choses, peut-être même des problèmes, dont il s’occupe avec beaucoup d’attention.

Un toussotement retentit à ses côtés, vers la droite, et elle remarque enfin la présence de son collègue de travail. Un instant, la rage l’envahit de le savoir obligé de partager un bureau si exigu avec un autre, un autre qui doit le polluer de ses pensées, de ses discussions, de ses commentaires, de sa simple respiration. Peut-être l’apprécie-t-il, peut-être est-ce même son meilleur ami, mais pendant un quart de seconde Vesperion se projette sur la chaise de bureau de Murphy, prend sa place, et se révolte.

Ses pupilles luisent d’une hargne féroce alors qu’elle coule un regard discret vers l’intrus. Il la contemple et la juge, non pas comme Murphy mais comme un parasite agressif, un moustique qui bourdonne à son oreille. Un instant, l’étranger est une plaie, une menace, un autre Maddox Macnair, un autre Hunter et elle le hait.

Puis elle comprend que son toussotement n’est là que pour souligner qu’elle n’a rien répondu à l’Homme depuis près de 5 secondes. Son visage blafard s’orne aussitôt de tâches sanguines presque violettes sur ses pommettes. Cette rougeur pathétique, pourtant symbole de la jeune fille fragile, intimidée, semble des stigmates de quelques maladies étranges et n’améliore certainement pas son physique. Vesperion, fort heureusement, ne remarque rien.

Avec une brusquerie gauche, elle tend le pli à Murphy O’ryan. Elle veut, absurdement, que ce pli passe entre ses mains, comme un échange convenu et secret entre eux. En bafouillant, et elle se mord la langue d’entendre les mots s’entrechoquer ainsi sur sa langue, elle explique, elle ment :

« Le directeur. Il – sa porte est fermée et je ne veux pas le déranger. La secrétaire était occupée et je dois vous – lui remettre ce pli personnellement. En main propre. C’est important, cela vient de mon directeur. »

Et soulagée de cette répétition qui traduit sa présence ici, elle se lance aussitôt dans un monologue absurde.

« Je fais partie de l’Office des Portoloins, je suis en titularisation pour devenir assistante de direction mais celle qui est en poste devait prendre sa pause et le directeur n’a trouvé que moi pour porter ce pli. Au vu de l’urgence j’ai cru bon de ne pas l’envoyer par message urgent volant – il aurait pu être intercepté. Je m’appelle Vesperion Quinn. »

Un tic nerveux agite son épaule alors qu’elle se présente et dans un brusque élan, comme secouée par un électrochoc, elle recule d’un pas. Elle ne veut certainement pas envahir son espace – c’est Murphy O’ryan braille son cerveau en sautillant dans sa boite crânienne.

« Je suis affreusement désolée de vous avoir dérangée dans votre travail. » Et son ton devient plus pincé, comme si l’arrogance dont elle faisait preuve était une gifle qu’elle s’assenait volontairement, certaine que Murphy, l’Homme, n’aura pas l’impolitesse de l’envoyer se faire voir – il vaut tellement mieux que ce genre de comportement, il n’est pas Maddox MacNair.

« Je n’avais pas d’autres solutions. »

Et cette phrase là s’adresse au collègue de travail de Murphy O’ryan. Maintenant que ses mains sont libres, elles se frottent sur le tissus rêche de son tailleur avant que, insatisfaite de cette position bancale, Vesper les range calmement derrière son dos, dans une esquisse caricaturale de petite fille sage souhaitant attirer l’attention et la bénédiction de son père.

Murphy – L’homme, couine-t-elle. Et Vesper se découpe un sourire maladroit qui transforme sa bouche en un gouffre béant de dents trop blanches. Une vraie gueule d’alligator. L'ensemble est clairement des plus déplaisant.
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Murphy O'Ryan
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Ce message a été posté Mar 16 Oct 2012 - 11:33

Murphy cligne des yeux, une, puis deux fois. Il doit faire un sérieux effort pour ne pas paraître trop décontenancé par ce petit brin de femme qui parle si vite, qui semble si pressée de lui expliquer sa situation. Et presque intimidée à l'idée de lui parler, à lui, simple employé du service des Cheminées. Qu'est-ce que cela aurait bien pu donner si elle s'était réellement retrouver devant leur directeur ? Et encore, ce n'est qu'un homme amorphe, un peu inexistant, qui n'impressionne en réalité pas grand monde. Mais il en arrive tout de même à se demander si elle tiendrait ne serait-ce que deux minutes face à lui. Elle semble prête à se liquéfier sur place et cette simple idée est en réalité très peu ragoutante. D'autant plus qu'en réalité, il ne sait toujours pas ce qu'elle attend exactement de lui. Il n'a pu s'empêcher de hausser un sourcil devant les explications plus que confuse de la petite stagiaire, mais finit par hocher la tête une fois son monologue visiblement terminé.

"Et vous voulez que je vous y accompagne ? Il ne mord pas, hein, rassurez vous, vous n'allez certainement pas le déranger." Un ricanement du côté de son collègue qui assiste à la scène et ce dernier se désintéresse d'eux. Il faut bien dire que la discussion comme la jeune stagiaire sont loin d'être intéressantes. Tout au plus une distraction un peu étrange dans une journée trop monotone. Murphy a d'ailleurs balayer d'un geste de main un peu négligent les excuses faites quant au soit disant dérangement après s'être saisit du pli en question. Pour la remise en main propre cela semble assez compromit. Et puis, ce n'est pas non plus comme s'il ne pouvait retrouver par la suite aisément le fil de son dossier. Tout au plus était-elle, au contraire, là pour le sortir quelques instants de ce passionnant travaille de rédaction.

"Oh, mais je ne me suis pas présenté. Murphy O'Ryan." Autant profiter, en fin de compte, et faire durer un peu ce moment de récréation, même si cela doit se faire avec la première venue. Cela n'empiète pas sur sa pause et il peut même faire semblant ainsi de continuer à travailler, notamment en valorisant la coopération entre services. Que de jolis mots pour une simple excuse. Murphy s'est levé, a tendu sa main libre pour serrer celle de la jeune femme. L'accompagner lui permettra de se dégourdir un peu les jambes. Alors même si la fille est bizarre, même si elle agit presque de manière assez inquiétante, pour le moment, elle est plus que la bienvenue. Et le sourire de Murphy se fait d'ailleurs plus avenant. Allons, petite chose, il ne faut pas avoir peur ainsi. Lui non plus, aux dernières nouvelles, ne mord pas. Il laisse ce privilège à Ian. Cette pensée agrandit d'ailleurs un peu plus son sourire sans qu'il ne le veuille vraiment, même s'il repousse bien vite l'importune. Mais vraiment, vraiment, elle n'a pas de quoi être impressionnée ou gênée par leur service. D'autant plus qu'elle se destine elle-même à être à un poste qui lui demandera une grande aisance avec l'expression en publique. Et même Murphy, malgré son indifférence chronique, espère pour elle qu'elle réussira à vaincre cette timidité peut être un peu trop maladive. Sans imaginer un seul instant, bien entendu; que c'est sa simple présence qui réussit à la mettre dans un tel état. Aaaah, la célébrité...

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Ce message a été posté Mar 16 Oct 2012 - 17:31

"Et vous voulez que je vous y accompagne ? Il ne mord pas, hein, rassurez-vous, vous n'allez certainement pas le déranger.

Vesperion s’était attendue à tout, sauf à ça. Confusément, elle avait cru que l’HOMME allait hocher la tête, prendre en charge le pli et la congédier : après tout il était occupé, et donc par conséquent elle était une gêne à ses yeux. Mais c’était un sang-pur digne de ce nom : attentif, charmant, plaisant, et digne. Digne de la prendre en pitié, d’écouter son babillage sans sourciller, sans beugler, sans l’insulter ou la mépriser. Digne pour soutenir son regard alors qu’elle n’était rien (cela se voyait enfin qu’elle valait bien moins que lui). Digne de lui sourire, de lui offrir la possibilité de l’aider. Murphy O’ryan représentait ainsi très exactement tout ce que le monde sorcier avait pu espérer de Voldemort : Une main charitable tendue vers la purification, vers l’acceptation. Que les moldus ne soient rien ? Bien évidemment, ces créatures diaboliques et cruelles avaient créés au fil des siècles les armes de leur propre destruction. Que les sorciers d’un rang inférieur soient brimés ? Mais on accordait bien le statut supérieur à leurs enfants, que demander de plus ! Ils auraient dû remercier chaque jour de cette chance immense qu’on leur donnait plutôt que de foutre la pagaille sous des prétextes pacifistes comme ces terroristes de l’Ordre. Des rebuts de la société, des cancrelats ignobles qui ne comprenaient rien, oh comme Vesper les haïssait.

La famille Quinn était de ces élues qui, enfantée tout d’abord dans un monde infâme et injuste, avait su accéder aux hautes sphères des sang-purs par un comportement exemplaire. Le seul défaut du nouveau gouvernement était la volonté aberrante de Kark de vouloir asservir les moldu : tout le monde sait que face à une bête dangereuse, on opte pour un comportement prudent et non pas pour le bâton. Elle combattrait contre lui pour qu’un jour, un jour de victoire, des personnes comme Murphy O’ryan accède de nouveau aux chaises sacrées du gouvernement. Alors le monde retrouverait sa paix comme du temps du Lord, et tout le monde marcherait droit.

En attendant Murphy était là, son aide toujours offerte sur le plat de sa main. Vesper en eut des frissons langoureux.

"Oh, mais je ne me suis pas présenté. Murphy O'Ryan."


Vesperion soupire d’un air presque énamouré, formule quelques mots étouffés par sa joie de le voir se lever (POUR ELLE).

« Oui je sais. »

…..

« C’est marqué sur la porte. » Rattrape-t-elle, vaguement consciente qu’elle aurait très bien pu confondre entre les deux hommes, car nul n’est censé connaitre l’identité du héros des Héritiers. C’est leur petit secret.

Puis la main de Murphy se glisse dans la sienne pour une rapide étreinte, un salut. Et les jambes de Vesper tremblent tellement sous l’émoi qui la transperce que cette vibration se propage jusqu’à sa main (ah non c’est lui qui la secoue).

… IL LA TOUCHE !!! IL LA TOUCHE, L’HOMME !

C’est le plus beau jour de sa vie. Murphy O’ryan vient de reconnaitre l’existence de Vesperion Quinn, de la saluer comme une égale, de lui proposer son aide et – et – et et et et et…

Son cœur bat à tout rompre, il est en bas, dans son ventre, il est en haut, au bord de ses lèvres, il est dans sa tête, elle a chaud, elle a froid, il sent bon, il a des yeux merveilleux, il est fort, il est tendre, il est parfait, parfait parfait parfait – L’HOMME !!! Il lui sourit à elle ! A ELLE SEULE !

« Je suis enchantée de faire votre connaissance monsieur O’ryan. »

C’est limite si elle ne lui sussure pas que c’est un honneur, un plaisir, un moment merveilleux, un jour parfait, et ohMerlinmaisjepensaispasqueçaseraitsifaciledevouscroisercommeçajevousadoretellement !

Elle ressent ce que le vilain petit hibou a ressenti quand il s’est vu accepté par les glorieux Phénix d’or et de feu, dans ce conte pour enfant que son elfe lui lisait parfois, quand Vesper n’avait pas 5 ans (Avant que maman ne voit ça et que maman ne lui trouve d’autres occupations parce que pourquoi lire des histoires elle ferme les yeux et elle dort ça marche comme ça un enfant).

Elle a envie de pleurer et de se blottir dans ses bras parce qu’elle a attendu ça toute, sa, vie.

Murphy sort du bureau et elle se traine derrière lui. Il va chez le directeur remettre le pli, et elle ne dit pas un mot. Elle est au-delà de la timidité ou de l’émotion. Elle ressent quelque chose qu’elle n’a jamais ressentit avant, quelque chose qui dépasse l’amour et c’est absolument impensable parce qu’elle va mourir là, elle va juste mourir.

Quand Murphy est revenu à elle, que l’excuse n’est plus entre eux, qu’elle sait qu’il va repartir, lui son parfum son sourire sa gentillesse son attention sa pureté, Vesper ose enfin redresser la tête pour couiner lamentablement.

« eux afé ? »

Echec. Vesperion se racle la gorge et a un vague geste de la main vers un endroit ailleurs qu’ici dans ce bureau on les observe du coin de l’œil.

« Puis-je avoir la possibilité de vous offrir un café monsieur O’Ryan ? »

Elle n’est pas censée le connaitre, elle n’est pas censée lui faire croire qu’elle est à ses pieds alors elle s’excuse, quand même un peu.

« Je peux prendre une pause, je ne sais pas si vous avez envie de partager la votre avec moi mais j’aimerais tout de même pouvoir vous offrir un breuvage quelconque parce que. Parce que. …. Pour vous remercier ? »

Elle a 5 ans, elle a des yeux noisettes grands et humides, des yeux de bébé. Elle n’est pas jolie : elle est désemparée. Mais au moins cela, comme rarement, ne l’enlaidit pas.
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