La mort est une grande aventure



 



La mort est une grande aventure
PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Royaume-Uni :: Bourgs sorciers :: Loutry Ste Chaspoule
Faust Waltz
Faust Waltz
Trash à temps plein
Messages : 993 Crédits : Daemon
Age du personnage : Trente-quatre ans
Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Barman au Magyar d'Argent
Faction : Héritiers
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Lamproie. Il est incapable de produire un patronus corporel depuis une dizaine d'années au moins, donc il ne sait pas si son patronus a changé.
Epouvantard : Avant, c'était son frère Fabian. Maintenant, il ne sait plus.
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Ce message a été posté Ven 22 Juin 2012 - 4:20

    Il ne savait pas du tout pourquoi il avait accepté de venir à ce stupide enterrement.
    En fait, si. Un des collaborateur du Sorcière Hebdo, Lionel Hemingway, était mort. Tout simplement. Un ami de Jugson, apparemment, aussi accro que lui au sucre de lune, et son père avait tout simplement décidé de rendre son chapeau. Pas très étonnant, avec toutes les saloperies que le journaliste s'enfilait quotidiennement... Carmella le gardait uniquement parce que son nom était classe et qu'il avait un profil plutôt intéressant, mais pour le reste... Enfin. C'était donc l'enterrement et quelqu'un devait y aller pour montrer que le Sorcière Hebdo allait longuement pleurer cette perte. Il faut croire que la rédactrice en chef du magazine à potin en avait contre lui parce que c'était lui qui avait été envoyé à l'enterrement, n'étant pas encore de se montrer en public suite à la mort de son fils. Elle n'était de toute façon pas apte à faire quoi que ce soit de relié au travail, ces temps-ci.
    Elle ne devait pas lui avoir pardonné son comportement très limite du mariage, puis ensuite le baiser fougueux à Elisabeth en direct à la TVM, lors du Triathlon version Jugson.

    Debout sous le soleil chaud de juin, dans des habits bien trop chauds, Faust n'écoutait pas du tout ce que le sorcier qui effectuait la cérémonie de mise en terre racontait. Ils n'étaient qu'une poignée, à cet enterrement. Une veuve aux joues cramoisies, d'autres journalistes, d'anciens camarades d'école, et lui. Pendant que le sorcier disait mille autres mensonges sur le compte d'Hemingway, le brun s'alluma distraitement une cigarette, sous le regard réprobateur de ses compères. Il n'y porta même pas attention, habitué à tout cela. Sa mauvaise habitude, plus moldue que sorcière, les sorciers préférant encore la pipe aux cigarettes même lorsque non nocives, faisait toujours tiquer. Un homme se rapprocha de lui pour lui parler à voix basse, le forçant à se pencher un peu pour tendre l'oreille aux mots chuintants de l'inconnu :

    « Vous connaissiez bien Lionel ?
    - Nous étions collègues. Une plume brillante. Mensonge. Un sourire faux, agacé.
    - Oui, il aimait beaucoup écrire... mort si jeune, pourtant ! Sans doute une de ces saloperies que font ces petits terroristes du Phénix... saviez-vous qu'à la TVM, le criminel Zahid a été vu ? Avec les enfants Kark, en plus ! Imaginez l'horreur.
    - Mmm. »

    Il préférait encore mentir sur les dons de journaliste d'Hemingway que de parler de ce Triathlon de la mort.

    Dans son chic pantalon gris clair de lin lunaire, sa chemise blanche et légère, son pull au col en V aux rayures gorge-de-pigeon et rose clair, en V également (les horizontales, ja-mais), il avait l'air de tout sauf du journaliste blessé, trempé et nerveux que tous avaient pu voir. Normal qu'il ne le reconnaisse pas. De toute façon, il n'y avait aucun intérêt à suivre leur petit groupe, non ? Si Oops ! Magic avait repris la photo du baiser et l'avait placardée sur la page couverture de leur magazine, le Sorcière Hebdo, lui, avait été moins racoleur et n'avait pas parlé de cela du tout. Ni du Triathlon, ni des morts, ni de rien.
    Et juste pour ça, il adorait travailler au Sorcière Hebdo.
    Faust s'éloigna de l'homme, fumant sa cigarette un peu plus loin, posant ses fesses sur le haut d'une pierre tombale, légèrement à l'écart du petit groupe. Le Triathlon l'avait laissé pensif, également. Pour Lisa, surtout. Pour plusieurs choses. Et au final... Il était là, revenu à son état normal. Son bras entièrement remis à neuf, ses tatouages réapparus lentement, mais sûrement, et seuls ses rares rêves témoignaient encore de l'horreur vécue. Ses yeux pâles couraient sur les personnes, sans se fixer sur une en particulier, puis dérivèrent sur les tombes autour de lui, tandis qu'il s'enveloppait dans son réconfortant nuage de fumée à l'odeur de réglisse.

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« Il n'irait pas le chercher, d'abord parce que c'était Waltz, et qu'il était fou, et qu'il ne fallait pas le suivre, jamais [...] » ▬ Ian Blackburn

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Dernière édition par Faust Waltz le Ven 22 Juin 2012 - 18:23, édité 3 fois
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Ce message a été posté Ven 22 Juin 2012 - 9:45

Spoiler:
 


Patiemment, méticuleusement, Lauren avait réuni ses informations. Elle s’était assurée tranquillement que Jane allait bien (et oui Merlin soit loué elle allait bien), puis elle s’était rendue chez Bruce pour passer la soirée avec lui, observer le moindre changement de sa part. Il n’y en avait eut aucun – mais elle s’en doutait, Bruce était un roc solide tant que son entourage survivait. Par Bruce, elle avait fait le lien avec Elisabeth MacNair. En dernier, elle s’était occupée de Clark. Les côtes brisées de ce dernier n’étaient plus qu’un mauvais souvenir mais il n’avait pas encore reprit sa place au restaurant. Lauren s’était promis de lui rendre visite à L’Hyppo’ dès que possible, pour retrouver son sourire, son humour, et leur petit jeu habituel. Avec une grande prudence, elle avait appris l’identité de sa sauveuse. Armelle Rookwood, femme du tristement célèbre Lawrence Rookwood. Les informations qu’elle détenait à son sujet (membre actif des Ombres, et tireur d’élite au sein du Ministère de la magie), l’empêchèrent de se manifester concrètement à la femme qui l’avait sorti du piège de Jugson. Mais Lauren était une femme d’honneur, et qu’importe la faction, elle avait désormais une dette envers elle.

Ne manquait à sa liste que Faust.

Avec surprise, elle avait parcouru les pages d’un magasine à scandale où son baiser fougueux envers Elisabeth avait fait sensation. Tu parles d’un crime, un sorcier basique roulant un patin à une sang-pur. Tu parles d’un crime justement. La Loi Kark était formelle et Lauren s’attendait à quelques représailles du Ministère. Ne visant pas spécialement MacNair, qui était presque intouchable. Mais Faust, avec son caractère à la con de centaure buté, ses actes toujours plus provocateurs au fil du temps, allait finir par se prendre deux trois miliciens du Ministère en pleine gueule, discrètement, sans besoin de procès. Peur irrationnelle et infondée (après tout, elle ne savait rien de ses liens, il pouvait toujours trouver une parade pour s’en sortir), mais peur quand même. C’était Lauren ça. Donnez lui un mec badass recouvert de tatouages pouvant lui donner la réplique dans n’importe quelle occasion, et elle fermait les yeux sur sa faction (si tant est qu’il n’était pas un Ombre, auquel cas elle aurait fait parvenir les images de son coup d’éclat au Chemin de Traverse avec un sourire ravi aux lèvres aux tabloids merdiques qui pouvaient diffuser l’information en masse et le discréditer).

Non. Faust n’était pas un Ombre. C’était parfois un foutu connard, un vrai baisodrome sur pattes, mais il était amusant. Et Lauren n’avait pas besoin d’autre chose en ce moment.

Ainsi, lorsque l’un de ses contacts lui avait appris la disparition d’Hemingway, 24h avant l’annonce officielle, elle avait tiqué. Le sorcier avait fait partit de ces journalistes à qui elle faisait payer ses informations, évidemment. Contrairement à certains journalistes, La Mouche et le journaliste n’avaient pas entretenu une relation épistolaire teintée de petites avances sexuelles. Ils s’étaient contenté d’un formalisme purement professionnel, et Lauren s’était parfois sentie désolée pour lui et pour sa femme quand dans ses lettres de réponse, quelques cristaux de lune marquaient l’écriture tremblante du sorcier. Il avait donc fini par succomber à sa drogue, et le résultat s’affichait là, aux yeux de quelques journalistes pressés de s’en aller. Une veuve abattue par le chagrin, incapable de pleurer, suffoquant sous la chaleur.

Pourquoi venir à cet enterrement ? Certainement pas pour rendre hommage au disparu. On lui avait fait savoir que Waltz serait présent. Lauren ignorait les motivations de Carmella pour avoir envoyé ce journaliste là en tant que représentant officiel de Sorcière Hebdo, mais elle l’avait vivement remercié. Faust se trouvait sans sa cour habituelle, et surtout sans Elisabeth. Il était même plutôt fringuant, avec ses vêtements sorciers aux couleurs neutres. Lauren, tranquillement installée près d’un arbre, bras croisés sur une robe sans manches noir aux motifs vert-saule, les yeux dissimulés derrière une paire de lunettes de soleil marqué d’un poulpe noir, marque célèbre, observa la mise en terre du cercueil. Le discours du sorcier ne lui parvenait que par bribes apportées par une légère brise capricieuse. Il faisait chaud, Faust avait l’air bougon, et il finit par s’écarter.

Il avançait sans hésitation particulière, ne semblait pas souffrir. Il agissait comme d’habitude, s’allumant une clope pour aller s’installer sur une pierre tombale. Lauren secoua la tête lentement, un sourire fleurissant sur ses lèvres. Ce gars là ne changerait jamais.

Le sorcier renfonça dans sa poche son petit discours, les journalistes prirent quelques photos, on serra la main de la veuve et tous repartirent tranquillement en transplanant quelques mètres plus loin. Enterrement brillamment exécuté. Seul un article de 10 lignes en résulterait, peut-être à la quatrième ou à la cinquième page. Sauf pour Sorcière Hebdo. Ils devraient offrir un memorium digne de ce nom à l’un de leur journaliste. Même s’ils n’étaient pas fan des mauvaises nouvelles, comme l’avait prouvé leur page de une suite aux évènements du triathlon sorcier.

Lauren se décida à agir avant que Faust ne disparaisse. Le voir de loin ne lui suffisait pas encore. Elle avait besoin de le taquiner. C’était une volonté brute et dangereuse, car il pouvait très bien replacer son visage au mariage de Kark. La saveur du baiser échangé brûlait encore sur ses lèvres, ainsi que l’odeur de réglisse de ses fameuses cigarettes. Elle avait teint ses cheveux, son maquillage était différent, son attitude aussi. Mais Faust était connu pour être un physionomiste. En tant que journaliste, c’était même une qualité primordiale.

Lauren s’approcha tout d’abord de la tombe, observa l’écriture stylisée annonçant que Hemingway était décédé le 20 juin, soit deux jours auparavant, et qu’il était regretté « de sa femme et de ses confrères ». Lauren lança la rose qu’elle tenait à la main sur la terre fraichement retournée, sans mot d’adieu. Ce n’était qu’une simple formalité au cas où un témoin étranger à la scène aurait eu à l’observer.

Puis elle se tourna vers Faust. Son sourire s’élargit, et elle agita tranquillement la main en salut. Coucou mon lapin, on se rappelle de moi ou je dois encore faire les présentations ?

« Chouette pull. Je ne pensais pas que ça serait dans tes goûts d’afficher des vêtements aussi clairs mais j’imagine qu’à côté du noir traditionnel des vêtements sorciers, tu te devais de te démarquer. Un jour il faudra que l’on m’explique ce besoin que tu as de toujours, toujours t’exposer aux regards. Alors que tu planques sous tes petites manches de grand-père un magnifique trésor visuel. Quel. Paradoxe. »

Lauren s’approcha tranquillement, et eut une petite moue désolée à la vue de la pierre tombale que Faust avait choisie pour siège. Une femme sang basique de rang 1 apparemment, décédée à 40 ans. Dans l’autre monde peut-être était-elle fière de supporter le cul du journaliste.

« Nous n’avons pas eu le temps de discuter très longuement la dernière fois. Drôle d’idée de fuir sur le balcon après un tel…. baiser. Et quand j’ai vu le serveur t’emboiter le pas, je me suis dit que tu aurais d’autres occupations. Que nous deux, ça serait à la revoyure. »

Lauren décroisa les bras, l’observa de haut en bas.

« Je suis plutôt satisfaite du fait que tu ne te sois pas fait bouffer au triathlon. Nos petites missives m’auraient manqué. »

Un sourire carnassier fleurit sur ses lèvres.

« Mais, mon amour, la prochaine fois abstiens toi de nourrir les tabloïds autrement qu’avec tes petites articles tabasco. Même si j’ai hâte que tu me racontes ton expérience avec MacNair. Est-ce que c’est vrai que ses lèvres ont un goût de fraise ? »

Simple échange de courtoisie, même politiquement correct à côté de ce qu’ils pouvaient se lancer par écrit. Ce n’était ni le lieu, ni le moment pour draguer. A l’intérieur, Lauren notait les réactions, les marques potentielles. A l’intérieur, Lauren voulait simplement soupirer de soulagement, et s’en aller.

Mais la Mouche était une tête brûlée inconsciente, ça allait finir par lui jouer des tours. De drôles de tours.
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Ce message a été posté Mar 3 Juil 2012 - 2:19

    L'enterrement fini par se terminer. Il allait pouvoir décamper, tout simplement. Les quelques personnes présentes vinrent présenter leurs sympathies à la veuve, qui les accueillit avec un sanglot sans larmes, tandis que lui fixait la pierre tombale. Il ne regretterait pas cet homme. Il ne le connaissait même pas et, à vrai dire, il n'avait jamais cherché à le faire. Il se tenait volontairement loin des drogués. Peut-être parce que lui-même avait son genre de drogue. Une jeune femme à la robe verte s'avança et jeta une rose sur la terre, sans dire un seul mot, avant de se retourner vers lui et de le saluer d'un signe de la main, d'un grand sourire. Malgré les lunettes qui cachaient son regard, ainsi qu'une partie de son visage, malgré son maintien qui avait complètement changé, il était sûr que c'était la dame du mariage Kark. Elle semblait différente, non, elle était bel et bien différente.
    Son premier commentaire le fit sourire et répondre avec détachement, évitant très soigneusement de rebondir sur l'allusion faite à ses tatouages, cachés avec soin sous ses manches longues, malgré ceux visibles sur ses mains, sa nuque ou alors derrière son oreille gauche :

    « Le noir n'est pas de mise, pour le deuil ou les enterrements, et surtout pas pour les hommes cette saison-ci. Bravo pour le vert-saule, par contre, j'aurais ajouté un bracelet en or, pour en relever la couleur. »

    Parler de mode était si simple. C'était facile, pour lui, qui évoluait dans cet environnement depuis quelques années. Ça lui évitait de réfléchir, également, tellement c'était devenu naturel. Il avait les yeux qui analysaient rapidement et son esprit qui agençait avec une facilité déconcertante, les différents morceaux et dernières tendances prenant une place indécente dans sa tête à la grande mémoire. La jeune femme s'approcha un peu plus, lui laissant le temps de prendre une autre bouffée de sa cigarette.

    Ses dires confirmèrent son impression. C'était bien elle, la femme du mariage. C'était elle sans être elle. La Mouche, tout simplement, déclinable en mille identités, retrouvable sous ce masque qui devait changer au gré de ses envies, de ses identités, de ses humeurs, même. Métamorphomage ? Non. Le maquillage était habile, mais ne pouvait cacher certaines choses bien reconnaissables. Simplement une femme douée pour le déguisement. Ça lui plaisait bien. L'effleurement du mariage fana son sourire un tantinet, cette soirée n'avait pas été excellente, et ledit sourire disparut complètement avec la mention du Triathlon et d'Elisabeth. Il y avait déjà Fabian qui le taraudait, à tous les jours, pour qu'il aille parler à Lisa, les journalistes qui lui demandaient si son geste était calculé ou spontané et quel en était la portée politique, comme si Faust Waltz pouvait faire un geste à portée politique de toute façon, la Mouche n'allait pas en plus s'y mettre... Heureusement, elle s'intéressa plutôt au goût des lèvres de sa collègue journaliste, sujet ô combien plus intéressant à ses yeux.

    « J'aurais plutôt dit 'langue de vipère et fiel amer', mais fraise convient aussi. Il s'était fait malicieux, même si ses yeux restaient un peu fatigués. Les tiennes, par contre... champagne, c'est leur goût habituel, ou alors seulement celui des sorties mondaines ? Dans le cadre de cette nouvelle rencontre, je veux bien retenter l'expérience, contre quelques détails. »

    Ce n'était ni le lieu, ni le moment pour draguer, mais rien n'empêchait jamais Faust de faire quoi que ce soit, et surtout pas de draguer.

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Ce message a été posté Mar 3 Juil 2012 - 16:05

C’était du Faust tout craché de trier les questions, mais il manquait à ses réponses son acidité habituelle. Lauren eut un sourire indulgent, se rapprocha de quelques pas, ayant un simple geste coquet en direction de sa robe. C’était idiot, mais elle aimait plaire. Pas spécialement à Faust d’ailleurs. Elle aimait être jolie comme elle aimait rendre Bruce fier de ses actions. Elle aimait que les regards soient appréciateurs, ou au moins respectueux. Elle suivait la mode avec l’application feinte de celle qui se doit d’être bien sous tout rapport en public, une question de clientèle. Les seuls moments où elle se permettait d’être négligée c’était pour faire le ménage chez elle, et encore qu’un ex l’avait trouvé assez classe en blue jean délavé, tee-shirt flottant sur sa poitrine maigre sans soutient, les cheveux relevés en un chignon dont la négligence trahissait l’expertise. Cette robe, elle l’avait acheté exprès pour lui, car Lauren savait que cet homme plus qu’un autre appréciait l’élégance. Quoique ses petites piques en manquaient bien souvent. Faust était en perpétuel contraste, un gris bleu ondoyant frappé d’une tache de naissance d’un violet foncé. C’était cette tâche, cette marque, ce trouble dans son regard parfois un peu malsain qui la laissait prudente, bien qu’attirée inexorablement. Faust, la lanterne aux ultra-violets de sa vie. Chouette métaphore.

Il y eut un courant d’air glacé qui fila entre les tombes et Lauren se frotta lentement les bras, en frissonnant.

« Je ne suis pas très bijoux, ni parfum. Je préfère attirer les regards autrement. »

Lauren eut une œillade sensuelle en direction de Faust. Les nuages commençaient à s’amonceler à l’Est, comme pour donner une touche plus dramatique à la scène. La Toute Puissance Magique (Ou Dieu, ou Grand-Père Incontinent) devait avoir un drôle de sens de l’humour. Les tombes suffisaient à planter un décor macabre pour cette petite pièce de théâtre, ce petit duo intriguant. Lauren observa les dates gravées sur les pierres sculpturales aux alentours. Dans ce sinistre cimetière - oui, les buissons taillés et la propreté des pelouses n’en feraient jamais un lieu de promenade idéal – il n’y avait pas de place aux croix chrétiennes. Les croix, encore quelque chose de curieux: combien les gens se retrouvaient sous un drapeau unicolore de foi pour se rassurer sur l’avenir de leurs proches dans l’Autre Monde, tout en vivant en parallèle une vie d’athéiste bien rangée.

Lauren se contentait d’y croire sans y croire, portant haut la flemme d’une croyance bien plus moderne : Celle de la Science, ne parlant de Dieu que pour jurer à s’en encontre. A l’enterrement de sa petite sœur, dans un cimetière moldu, elle avait demandé à son père si Dieu venait de prendre le relais. Son père avait répondu que Dieu n’était qu’un nom pour désigner l’Entité qui avait tout créé en ce monde, la magie comme l’évolution naturelle. Lauren ne l’en avait que plus haït.

Mais ce n’était pas une idée assez sorcière pour être plantée dans la conversation, et elle se refusa à demander à Faust si trainer dans les cimetières lui rappelaient des souvenirs. Lauren choisit d’ignorer l’élan douloureux dans sa poitrine à la vue de ces sols aux plantes magiquement traitées pour résister longtemps (comme quoi, sorcier ou moldu, tous se retrouvaient à essayer d’échapper à cette corvée, et à la vision des fleurs pourrissant dans un pot, simple échange d’information entre ce qui se passait en haut, et ce qui se passait en bas, sous terre).

Elle inspira un air qui fut plus frais qu’il y a quelques minutes et répondit à Faust d’une voix faussement nonchalante.

« Champagne, framboise… Le seul moyen pour moi de vérifier l’exactitude de ces comparaisons serait de m’embrasser moi-même…. »

Puis comme soulevée par une idée nouvelle, Lauren se redressa, le regard flamboyant.

« Mais ça serait fabuleusement intéressant. Il me suffirait d’une potion de polynectar… Non pas de polynectar. Je refuse de laisser à « autrui » ce trésor corporel qui se veut ma silhouette. Me voir grimacer, ou prendre une attitude inconvenante me déplairait. Non non. …. Un retourneur de temps, voilà la solution. J’attends l’heure exacte où je suis allée me rincer les mains au boulot, et je me coince moi-même dans les toilettes. Je suis certaine que cette idée ne me déplairait pas. »

Lauren eut un sourire tordu, accompagné d’un petit rire féminin subtil.

« A savoir si cela rentre dans le cas de l’inceste ou de la masturbation améliorée. Mais la légende veut que je ne sois pas la première à y avoir pensé. On a jamais su le nom de celui qui avait testé cela, mais d’après la rumeur, la leçon est enrichissante. »

Elle passa lentement sa langue le long de sa lèvre supérieure, intérieurement révulsée du goût chimique de son rouge à lèvres.

« Et pourquoi ne pas faire participer un tiers, s’il arrive par exemple à nous trouver des différences… Un plan à trois amélioré. N’est-ce pas le fantasme d’une majorité de mâles fringants de pouvoir se taper des jumelles ? »

Lauren fit claquer la boutonnière de sa pochette et y rangea tranquillement ses lunettes de soleil. Le temps se couvrait et elle voulait faire profiter de la clarté de ses yeux bleus au journaliste. Elle espérait lui avoir cloué le bec (ou l’avoir émoustillé – par vengeance du gringue qu’il était actuellement entrain de lui faire au-dessus d’une tombe). Elle voulait aussi voir son visage, la finesse de ses traits, sans verres pour assombrir son regard plus qu’il ne l’était déjà.

La vision fut à la hauteur de ses espérances, et Lauren retint un geste inconscient en direction du visage du journaliste, simple envie de suivre sa mâchoire du doigt, de sentir sous ses doigts sa barbe naissante, et noter les différences avec ses ex amants, avec Clark aussi. Et d’en avoir peur, un peu.
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Ce message a été posté Sam 25 Aoû 2012 - 5:41

    Il fit tomber la cendre de sa cigarette au sol d'un léger mouvement des doigts, celui des habitués, les oreilles grandes ouvertes à ce que lui débitait la femme sans reprendre son souffle, affichant des capacités à monologuer encore plus grande que Naïma dans ses meilleurs jours. Enfin, pas encore plus grande, il ne fallait pas exagérer, mais elle se défendait très bien. Surtout qu'au contraire de Naïma, sa conversation se révélait intéressante et même dans le moment plus que passionnante. Rien n'empêche Faust Waltz de draguer, ni de parler de sexe, et il faut croire que ce dédain des conventions était partagé par sa compagne de l'instant, qui n'hésita pas à parler carrément de ce que lui aurait parlé de masturbation pure et dure. S'embrasser soi-même pour vérifier le goût exact de ses lèvres, de sa langue. Oh, lui se serait bien imaginé l'embrasser plusieurs fois pour savoir si tout changeait, mais sa proposition laissait apparaître dans son esprit une image plutôt... délicieuse, même si choquante de par l'impossibilité de sa réalisation. Quoique. Si la magie avait ses codes, n'était-ce pas pour que ceux-ci soient transgressés ? Sans doute aurait-elle le goût de la nervosité, de l'excitation, de l'interdit, lors de ce baiser de fiction. Ce qui était le plus beau, dans ce monologue excitant, était de voir le regard de la femme devenir de plus en plus flamboyant lorsqu'elle le regardait au-dessus de ses lunettes de soleil, allumé de l'intérieur d'un feu qui se communiquait à sa personne, devenait palpable. Elle était excitante, elle savait parler et elle savait jouer de ce qu'elle possédait, de ce qu'elle maîtrisait.

    Faust laissa la jeune femme ranger ses lunettes, accrocha son regard clair de ses propres yeux vert-de-gris. Il avait toujours aimé les yeux bleus, tout comme il craquait sur les brunettes, et elles possédait de ce fait de très beaux iris. Sa cigarette se consumait entre ses lèvres et il pensa in extremis à en faire tomber la cendre sur la terre, avant que celle-ci tombe sur ses fringues. Quel désastre ce serait. « Je dirais masturbation améliorée. Paraît-il que nous ne sommes jamais aussi bien servi que par soi-même, après tout. Son sourire s'élargit et il écrasa sa cigarette sur la pierre tombale contre laquelle il était nonchalamment appuyé. Le fantasme de plusieurs mâles fringants, pour ce que j'en connais, est plutôt de trouver une personne qui pourra remplacer à elle seule des triplettes nymphomanes. Cela dit, pour trouver cette personne, rien ne vaut quelques recherches intensives. »

    Dans un geste automatique qu'il ne remarqua même pas, il sortit une nouvelle cigarette, qu'il alluma du même geste dont il ne prenait plus conscience. S'allumer une cigarette en arrière de l'autre, c'était bien un signe de sa nervosité, de son mal-être. Il ne s'en rendait même plus compte. Le ton de sa voix s'était fait plus suggestif, vers la fin de sa dernière phrase, avant de la laisser en suspends. C'était plus fort que lui, ça aussi, fallait-il croire. « Par contre, là, c'est surtout de la masturbation intellectuelle qu'on fait. C'est pas désagréable, faut pas croire, surtout pratiquée avec toi. Ricanement. T'es venue te repentir sur la tombe de ce bon vieux Hemingway ? Il en avait perdu, avec les années et le sucre lunaire, et si y'en a bien un qui faisait que s'astiquer le balai dans sa tête, c'était bien lui. Avec un peu de chances, je pourrai prendre sa section et on arrêtera de verser des larmes sur ses articles de merde. Une cigarette ? » Changer de sujet rapidement, c'était fait. Avec grâce, non.

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Ce message a été posté Sam 8 Sep 2012 - 9:37

« On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même… comme tu as raison mon cher Faust. » Lauren prit un plaisir évident à prononcer cette simple syllabe. Faust. C’est un susurre, un chuchotement, une caresse verbale. « Et cela dépend soit de nos gestes soit de notre porte-monnaie. Pour ces rares personnes qui ignorent encore où trouver la perle qui saura les contenter une nuit entière et les épuiser comme une équipe de Quidditch féminine nymphomane, je te conseillerais de leur donner ma carte. Mon petit côté fouineur ne s’arrête pas aux élans passionnés de nos petites missives, ni même aux enquêtes que je mène pour que tu puisses te remplir les poches à travers tes articles. Oh non. Je suis une casse-couille multifonctions. Je suis mon propre instrument de travail. »

Une cigarette ? Comme si Lauren avait pris le temps de lui répondre favorablement. Faust l’avait dit, elle l’avait plussoyé. On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même. Et quel plaisir c’était de pouvoir se rapprocher, de pouvoir croiser son souffle au sien à quelques centimètres de différence, sous l’excuse de fouiller ses poches, laisser ses doigts découvrir le tissus de son sweat-shirt, la peau chaude en dessous, se refermer sur une étui de cigarette dont elle extirpe sa conquête et la porte à ses lèvres. Pas de contacts trop appuyés, pas de frottements intempestifs. A peine un effleurement involontaire et surtout leurs chaleurs qui communiquent. La bouche de Lauren laisse une marque peinte sur le filtre de la cigarette alors qu’elle presse l’embout inerte à celui incandescent de Faust. Précision délicate de la femme amusée. Elle inspire une bouffée de nicotine et s’écarte enfin pour contempler avec ingratitude la tombe fraiche du mort.

« Je ne me repends de rien mais je me souviens d’une brève que ce vieux drogué m’avait envoyé. Il voulait me baiser, comme à peu près tous les journalistes de plus de quarante ans insatisfaits avec leurs femmes à qui j’envoie mes informations. Il était amusant ce vieux dégueulasse et sa veuve pas trop défraichie. Je me demande si j’aurais du accepter, disons, en vague cadeau d’adieu. »

Elle ricane, laisse la cigarette caresser ses fossettes de sa fumée toxique.

« Ou alors l’effort l’aurait tué. Crise cardiaque au pieu, ses râles étranglés alors que bobonne le secoue en criant son nom d’une voix hystérique. Je m’imagine bien à moitié à poil dans leur chambre étouffée de velours et dentelles bonne maman à dire Oups. »

Lauren essuie une larme imaginaire et se tourne vers Faust, nonchalante.

« Non, fort heureusement je n’ai pas l’habitude de crever les vieux. Mon business en prendrait un sacré coup. Enfin, ce n’est pas non plus le plus gros de ma clientèle mais me taper un vieux dégarnit le vendredi soir pousse ma frustration à s’acharner sur le jeunot qui me tombera entre les cuisses au prochain coup. A chaque client son petit plaisir. Et puis Merlin, que les croulants sont attentifs pendant les préliminaires. Avec l’âge on apprend que la taille ne compte pas. »

Et Lauren d’agiter ses doigts en ayant de nouveau ce petit rire un peu grinçant. Elle époussète vaguement son tailleur du dos de la main et termine sa cigarette en expirant par le nez le trop-plein de fumée. Elle sait qu’elle joue à un jeu dangereux, et quelque part trouve cela dérangeant ce genre de petites conversations bravaches le cul de Mouche posé sur une stèle. Mais une vie sans danger est bien moins palpitante, surtout quand le danger se trouve être la carrure d’un bel homme comme Faust Waltz. De toute façon, ils sont rares les têtes à têtes dans ce genre.

« Et toi ? Tu vas publier quel memento mori pour ce pauvre homme ? Tu vas parler de ses maitresses, de sa bâtarde planquée en Espagne à poursuivre des études de banquière - Cariena Haddins, H A D D I N S - des dettes sous lesquelles il croulait à cause de la drogue, de la drogue justement, histoire de faire écho à ce con de Jugson ? Ou bien dresseras-tu un portrait honnête et chagrin pour ce pauvre chien collé aux talons de notre chère Carmella ? Une telle figure ancienne de Sorcière Hebdo mériterait sa petite statue dans le hall du journal tu ne crois pas. Que l’artiste n’oublie pas ses 13 centimètres d’érection quand il taillera la braguette. »
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Faust Waltz
Faust Waltz
Trash à temps plein
Messages : 993 Crédits : Daemon
Age du personnage : Trente-quatre ans
Ascendance : Sorcier basique
Emploi/Etude : Barman au Magyar d'Argent
Faction : Héritiers
Maison : Gryffondor


Rapeltout
Patronus : Lamproie. Il est incapable de produire un patronus corporel depuis une dizaine d'années au moins, donc il ne sait pas si son patronus a changé.
Epouvantard : Avant, c'était son frère Fabian. Maintenant, il ne sait plus.
Baguette magique:
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Ce message a été posté Mer 17 Oct 2012 - 7:30

    Cigarette acceptée et allumée à même la sienne qui brûlait, technique qui l'amusait toujours autant. Tant de sensualité et de proximité dans un geste qui était tellement anodin, à sa manière, en plus de ses mains qui étaient venues chercher d'elles-mêmes la cigarette dans le paquet qu'il gardait dans ses vêtements. Cette femme, la Mouche, elle avait définitivement... quelque chose. Quelque chose comme ce rôle qu'elle jouait et qui la rendait volontaire, osée, effrontée, qui l'enveloppait de cette aura étrange. « On aurait envie de toi pour bien moins que quelques informations. Pour rien du tout, même. Pas besoin d'être un homme insatisfait dans la fleur de l'âge. » C'était un commentaire détaché, vrai, appuyé par cet amour qu'il avait des brunettes et ce charisme certain qu'elle dégageait. Un mélange qui faisait qu'il n'en avait rien à faire de clairement la complimenter sur sa baisabilité au milieu d'un cimetière, suite à un enterrement. Et qu'il riait à l'imaginer baiser de vieux croulants trop attentifs, essoufflés, embêtés par leurs femmes frigides ou désormais peu désireuses d'ouvrir leurs cuisses pour l'homme dit de leur vie.

    Le sujet revint sur Hemingway. Ce mort qu'ils étaient tous deux venus enterrer sans beaucoup de conviction, de ce qu'il en avait compris. Chaque mot de la brune était soigneusement enregistré par le journaliste. On pourrait croire qu'une tête de linotte comme Faust ne pouvait rien retenir – et c'était en partie vraie. À Poudlard, il aurait bien été infoutu de retenir le nom d'une seule plante que le professeur de Botanique s'entêtait à leur faire apprendre, et on ne parle pas de dates importantes non plus. Par contre, en matière de potins, en matière de mode, en matière de rumeurs, il avait toujours eu une mémoire très développée. Sélective, comme on dit. Ses maîtresses, il savait, sa bâtarde, oh c'était intéressant, Haddins c'est bien ça ?, des dettes, on s'en doute, la drogue, ce n'est une surprise pour personne. Un sourire désabusé étira ses lèvres et il répondit, sans réelle émotion dans sa voix rauque : « Oh, Carmella désirait surtout que je vienne montrer que le journal était en deuil suite à sa mort, puisque nous sommes un milieu... enfin, pas solidaire, mais disons, attaché à ses collaborateurs. La solidarité, c'est surfait. Ses yeux se levèrent au ciel. Ensuite, évidemment, les priorités restent les priorités, et ce n'est certainement ma patronne qui va dire non à un petit article de révélation choc dans environ une semaine, histoire de continuer de secouer tout ce beau monde. Faire les liens entre Jugson, Hemingway et Faraday, de la Gazette du Sorcier, qui a été appréhendé la semaine dernière pour trafic illégal de créatures magiques et qui est resté à son poste uniquement en payant grassement la Brigade pour qu'ils se taisent. Traîner les autres dans la boue, c'est un plaisir si simple. Une bouffée de cigarette. Il murmura, presque rêveusement, le nom de la bâtarde d'Hemingway, avant de continuer son monologue. Haddins... Et ce ne sera pas bien difficile d'aller soutirer quelques confessions à sa veuve, je suis sûr qu'elle en aura beaucoup à dire une fois que les photos de feu son tendre époux en pleins ébats le mois dernier avec Uliana Mills, une sang-de-bourbe, lui auront été présentées. »

    Faust jeta sa cigarette au sol, après l'avoir fumée jusqu'au filtre, et se retint cette fois d'en allumer une nouvelle. Non, il ne pouvait tout de même pas. Pour une fois qu'il se retenait. Il avait la sensation que ses mains étaient vides, inutiles. Il ne savait pas quoi faire de ses doigts quand il ne fumait pas, en public. « Au moins devrait-il être honoré. On parlera de lui même après sa mort. En bien ou en mal, ce n'est pas cela qui importe, après tout, c'est quelque chose qu'on apprend bien vite. Je ne serais même pas étonné qu'on demande au Sorcière Hebdo la réédition de certains articles, ou même une édition spéciale servant de recueil. Une aberration pour une plume aussi poussiéreuse et pompeuse que la sienne, disons-le franchement. »

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« Il n'irait pas le chercher, d'abord parce que c'était Waltz, et qu'il était fou, et qu'il ne fallait pas le suivre, jamais [...] » ▬ Ian Blackburn

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poison i want to love you but I better not touch. i want to hold you, but my senses tell me to stop. i want to kiss you, but i want it too much. i want to taste you, but your lips are venomous poison. you're poison, running through my veins.
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Ce message a été posté Sam 20 Oct 2012 - 11:40

La cruauté de Faust la laissait de marbre. Si La Mouche commençait à avoir des remords lorsqu’elle glanait des informations uniquement conquises pour foutre des vies en l’air, elle pouvait raccrocher son tablier. Elle avait donné le nom de cette bâtarde sans aucune hésitation et voilà que Faust en rajoutait une couche en parlant de photos compromettantes entre Hemigway et une sang-de-bourbe. Le regard de Lauren se fit plus incisif alors qu’elle contemplait le visage tranquille du journaliste.

« Tu me fais des infidélités ? »

Car ces photos ne venaient pas d’elle, et aucun informateur ne l’avait renseigné sur ce détail. Rater des informations dans ce milieu était chose courante, mais à chaque fois Lauren avait la détestable impression d’avoir perdu un pari. Elle avait été avertie du décès du journaliste et de la présence de Faust : quelle gloire cela aurait été de lui transmettre en main propre ce genre de clichés. Il avait tiqué au nom de la bâtarde, donc il ignorait ce point-là, mais la surprise lui avait été renvoyée. Ce n’était pas une taquinerie dans un seul sens mais un jeu d’échec. Faust savait des choses (oh il savait même beaucoup de choses) et Lauren était déçue.

« Et ne commence pas à palabrer sur l’infidélité. Je sais que tu es un coureur de jupons, avec les femmes comme avec tes informateurs. Je me demande si tu t’acharnes aussi à répondre en français à une autre Mouche aussi têtue que moi. On pourrait voir pour un plan à trois. »

Elle salue cette remarque en écrasant la cigarette à ses pieds, la brisant d’un coup de talon farouche. Ses yeux reviennent à la sépulture récente du journaliste et elle murmure, songeuse, agressive.

« La postérité des crétins… »

Commentant ainsi l’idée de rééditer des articles de cet incapable. Que Hemigway soit devenu célèbre dans le monde du journaliste ne tenait qu’à deux choses : la politique et le sexe. La politique lui avait permis de protéger jalousement quelques autorisations, et le sexe lui avait mené des informations dont il s’était gavé, comme le porc qu’il était. Qu’une créature comme celle-ci disparaisse la laissait plutôt satisfaite dans l’ensemble. Mais la plume du journaliste qui le remplacerait, peut-être un jeunot talentueux tout juste arraché à la tétine amère de sa précédente école, serait aussi frustrée, aussi mensongère que la précédente. La liberté de la presse ? Quelle bonne blague. Même Faust ne respectait pas vraiment cet adage. Il y avait des choses que l’on pouvait publier, des scandales qui vendaient bien et que la presse s’autorisait mais c’était autant d’actes immatures, des attouchements interdits de gosse qui décide de ne pas écouter sa maman. Une fessée et au lit, voilà tout ce que à quoi le journalisme pouvait s’attendre dans les circonstances actuelles. Quand il n’était pas sang-moindre, auquel cas la punition serait bien plus sévère.

« La cigarette et les informations ayant été échangées, je pense que je peux m’en aller. Après tout, plus rien ne me retient ici. Ta jolie petite gueule est attirante, mais je suis une Mouche très occupée. Ca donc fait, à moins que tu ne me proposes autre chose, je te donne rendez-vous dans nos prochaines missives. Et n’hésite pas à m’envoyer un de ces fameux clichés. Je n’irais pas jusqu’à te promettre de ne pas le vendre, mais j’attendrais au moins que l’article soit publié, par respect… Le respect c’est tout ce qu’on a maintenant, pas vrai mon chou ? »

Lauren eut un petit éclat de rire et se pencha doucement pour embrasser la joue de l’homme. Il sentait l’eau de Cologne agressive et virile. Elle en ferma les yeux, entre la crainte et la curiosité. Faust, et sa brutalité. Un journaliste sarcastique qui, posé sur cette stèle, semblait une machine constituée de ressorts en acier prêt à céder. Une machine trop fragile, et peut-être irréparable. Elle frissonna.
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