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PORTOLOIN Filet du Diable : Il vous tend un piège :: Royaume-Uni :: Plus loin :: Habitations :: Manoir Rosier
Lilith B. Rosier
Lilith B. Rosier
Bisounours qui s'ignore
Messages : 1098 Crédits : Morphine
Age du personnage : Dix-neuf ans
Ascendance : Sang-pur
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Rapeltout
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Ce message a été posté Ven 9 Mar 2012 - 0:13

La lueur du soleil était déjà descendue bien bas en se lovant dans les flancs des collines, ayant été remplacée par la pâle lune lorsque Lilith s’excusa en prétextant des devoirs à terminer tout en quittant la table où tous les hôtes prenaient ensemble leur repas. Etrangement, il y avait eu des mets que la jeune fille appréciait au menu. Chose plutôt étrange mais qui avait touché l’esprit angoissé de la serdaigle. Plus encore lorsque Mochred lui avait chuchoté fièrement qu’il comptait concocter son dessert favori pour son anniversaire, le lendemain. Finalement, Lilith comprenait pourquoi ses parents étaient autant attachés à leur elfe de maison. Aussi attentionné que stupide mais discret et prévenant. Grimpant les marches qui le menaient au premier étage avec un calme surprenant, Lilith tremblait intérieurement. Elle n’avait pas envie. Son corps était encore endolori à cause de la mission sauvetage à Poudlard et elle n’avait pas pu faire une nuit complète depuis plus d’une semaine. Refermant la porte de sa chambre, la blondinette laissa tomber le masque tout en glissant au sol. Elle se sentait tellement fatiguée. Fatiguée des assauts du démon. Fatiguée des intrigues des familles de sang-purs. Fatiguée des querelles et des regards haineux. Qui avait fini par trahir qui au final ? Elle ne saurait même pas le dire. Au fond d’elle, elle ressentait un brin de culpabilité et d’aveux : oui, elle était coupable mais elle n’aurait pas su dire de quoi ?! Elle aurait tellement aimé être comme Calliope finalement. Pouvoir ressentir tout simplement chaque sentiment. Même cette notion de souffrance lui échappait, ne ressentant que l’amertume et la solitude. Elle aurait tellement aimé être loin de tout çà. Ne jamais les connaître mais en même temps… elle ne voulait pas échanger sa vie avec quiconque. Recroquevillée sur ses talons, elle finit par relever la tête en se mordant violemment les lèvres pour ne pas succomber à l’envie de s’apitoyer sur elle-même – ce n’était guère le moment – et son regard tomba sur les fleurs violettes qui ornaient sa table de chevet.

A côté du bouquet de violettes, un petit mot en éventail était posé. « Dépêches-toi de te réveiller qu’on fête çà ! C. » Lilith sourit amèrement mais ne pût en tenir rancœur à Chax. Après tout, c’était le dernier avec qui elle ne s’engueulait pas et sa compagnie lui manquait. Reposant le mot, elle se pencha pour humer le doux parfum des fleurs avant de se redresser, l’air plus déterminée que précédemment. Une tenue plus confortable vêtue et la sorcière se dirigea d’un pas angoissé vers les cachots. Son cœur manquait d’exploser et elle manquait cruellement d’oxygène mais à la place de succomber, elle concentra toute son attention dans le contrôle de ses muscles. Elle devait avancer. L’absence de la petite voix de Ga’derel durant toute la journée l’angoissait plus que tout. Si avec les années, elle était arrivée à considérer le démon comme une part d’elle-même, comme une sorte d’ami, aujourd’hui, elle était consciente qu’il était son ennemi. C’était lui ou elle. Si elle n’était pas si attachée à la vie et déterminée, elle aurait surement succombé à l’envie de rester. Comment Baël et Azaël avaient-ils fait ? A cause de sa dispute avec chacun d’entre eux, elle n’avait pu leurs demander. Pourtant, elle aurait tout donné pour un dernier sourire de chacun d’entre eux. A défaut, elle n’obtient que le regard fuyant de son paternel qui referma la porte de la cellule du cachot derrière elle. Elle était désormais seule… face à elle-même.



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      Péniblement, la jeune fille semblait sortir d’un long sommeil sans rêve. Se sentant vaseuse et désorientée, elle eut du mal à ouvrir les yeux ni même à remuer le moindre muscle de son corps. C’était comme si un éruptif lui avait foncé dessus.
      Bienvenue en Enfers, Lilith Bellatrick Rosier… Oui, bienvenue chez moi…” siffla une voix lointaine et latente sans qu’aucun corps ne soit visible à l’horizon. Allongée sur le sol dur et désertique d’une ville en ruine, Lilith ouvrit péniblement les yeux. Remarquant le paysage désertique devant elle et l’odeur de soufre emplirent ses narines, elle sursauta tout en se relevant prestement, les sens aux aguets. Poussant sur ses bras, elle se mit debout tout en observant tout autour d’elle. Il n’y avait rien. Le néant alors que cette petite voix sifflante persistait dans un son si étrange qu’on ne pouvait savoir s’il s’agissait d’une chanson ou d’un ricanement. Le rythme de son cœur s’emballa alors qu’elle tournait sur elle-même. Où était-elle ?! Désorientée et instable, elle se prit la tête entre ses mains tout en pestant, n’ayant qu’une seule envie : celle de pleurer. Plissant fortement les yeux, elle se redressa en tentant de rassembler le peu de courage qui l’avait accompagné jusqu’ici. La grande question demeurait : où devait-elle aller ?! L’endroit ressemblait à une grande ville ayant été désertée depuis des dizaines d’années voire plus vu l’accumulation du sable.
      Après avoir passé une longue demi-heure à marcher droit devant elle, une main en visière pour se protéger du sable rouge qui volait dans tous les sens, elle finit par l’apercevoir. Son sifflement se faisait plus persistant. Plus pressant. Sentant son cœur manquait un battement régulièrement, la peur entravait complétement le raisonnement de la Serdaigle. Écarquillant les yeux de terreur, son souffle se figea alors qu’il sortait lentement de l’immeuble en décombres. Il lui donnait envie de fuir. « J’ai failli attendre… Lilith. » susurra-t-il d’une voix rauque et surnaturelle à la fois. Le son de sa voix lui provoqua une multitude de frissons apeurés tandis que son visage ne lui témoignait qu’une peur paralysante. « Tu ne me reconnais pas ?! C’est très impoli de ta part… » Il était horrible à regarder. Il n’avait rien d’humain. Aucune caractéristique. Une tête difforme au crâne allongé. Des orbites inexistantes. Des griffes longues de trente centimètres en guise de doigts. Non, ce n’était pas possible. Ça ne devait pas se passer comme çà. Ce n’était pas ce qu’elle avait prévu. Son paternel lui avait dit qu’il fallait juste qu’elle trouve l’arcade de retour avant la fin du laps de temps écoulé. On ne lui avait pas dit qu’elle devait combattre son propre démon. C’était impossible à réaliser. Mais alors, que devait-elle faire alors qu’elle observait déjà les ailes noires et décharnées du démon s’ouvrirent dans un crissement déchirant ?! « Oh ne t’inquiète pas, je vais seulement avaler ton cœur. Tu resteras avec moi pour l’éternité. Rien d’autre. » continua-t-il à susurrer lentement en s’approchant d’elle. Le sang ne fit qu’un tour dans son cerveau. Elle devait fuir. « On va bien s’amuser. » termina-t-il sournoisement en découvrant une rangée de dents aussi fines que lacérantes et en décollant entrainant à sa suite un nuage de sable. L’odeur de soufre plus présente fut surement l’élément déclencheur car les jambes de Lilith se mirent enfin à réagir. Elle devait bouger. Courant soudainement à toute vitesse, elle échappa aux serres du démon qui ne déchira qu’une partie de son tee-shirt. Détalant à en perdre haleine, la jeune fille trébucha au sol lorsqu’un tremblement de terre se fit ressentir. Étalée à terre, elle eut juste le temps de rouler sur le sol pour éviter de tomber dans une crevasse qui venait d’apparaître. Qu’est-ce que… ? Tournant un regard apeuré vers Ga’derel, elle remarqua que la fissure partait d’une de ses griffes qu’il avait planté dans le sol, un sourire mauvais sur les lèvres. Nom d’une goule ! Depuis quand les démons utilisaient-ils des procédés semblables à la magie ?! Elle n’eut guère le temps d’y réfléchir car la fissure reprit son ascension dans sa direction. Au fond, la lave crépitait en soulevant l’odeur nauséabonde du soufre et de carbone.

      La course poursuite dura de longues heures durant. A peine réfugiée dans un recoin pour se reposer un tant soit peu, Lilith devait se protéger pour ne pas perdre la vie bêtement. Les immondes griffes de Ga’derel lui lacèrent la chair de nombreuses fois mais jusqu’ici, elle avait réussi à lui échapper de justesse. Sa baguette lui manquait. Sans magie, elle se sentait complétement démunie. De plus, au fur et à mesure que sa fatigue se faisait ressentir – croissante avec la douleur de ses plaies -, elle se demandait combien de temps il lui restait avec que le lever du soleil ne se fasse du côté des vivants. Son visage couvert de saleté laissait entrevoir deux marques verticales sous ses yeux, signe de larmes qui n’avaient que trop coulés. Recroquevillée dans les décombres d’un ancien bâtiment, la jeune fille se tassa pour se faire la plus petite possible. Au loin, elle entendait la voix latente du démon qui l’appelait. Sa respiration lui faisait mal et elle dût caler sa main contre sa bouche pour éviter qu’un sanglot trop bruyant ne la remette en ligne de mire. Son dos la torturait dans des brûlures cuisantes. Ses jambes ne pouvaient plus la porter. Allait-elle terminer sa vie ici ? Dans la douleur et la saleté ?! « Où te caches-tu ? Petit, petit… Sors de là, ma jolie ! » commença la voix du démon qu’il tentait de rendre mielleuse à souhait et ressortait comme une abomination vocale. « Moi, j’ai tout mon temps… » termina-t-il narquoisement tout en passant cette longue langue râpeuse contre ses fines dents de rasoir.
      Et si finalement, elle mourrait ici… ce soir… Elle avait mal et peur à la fois tandis que les mots du démon lacéraient son corps et son esprit. Sa respiration se saccada. Sa main glissant de son oreille sur sa joue mouillée, Lilith releva son regard vers le ciel. D’un obscur rouge, elle y voyait pourtant les millions d’étoiles qui s’éclairaient une fois la nuit tombée, charmante vision qu’elle avait depuis sa chambre. Alors que le monde semblait s’être effondré sous ses pas, elle se mit à repenser à chez elle. Ce n’était pas ici. Une main glissant sur le sol, elle en récolta une poignée de sable rouge aussi abrupte que sournois. Ce n’était pas son corps. Caressant les grains de sable les uns contre les autres dans sa main, elle sentait pourtant leur rudesse contre sa chair. La sensation étrange de la vérité. Pourtant, son esprit le savait : son corps n’était pas là. Il se trouvait encore dans le monde des vivants, en lambeau dans un coin de cette cellule sordide. Un à un, les visages des êtres chers défilèrent devant ses yeux alors qu’elle regardait toujours ces doigts caresser le sable. Chax. Baël. Calliope. Tyzoon. Sa mère et son père. Azaël. Et lui, bien entendu… Elle s’en voulait tellement. Pour tous ce qu’elle avait pu leurs faire subir. Pour sa lâcheté aussi abrupte que la rudesse de ses paroles. Une larme coula alors que l’appel du démon semblait se faire plus lointain. Il fallait qu’elle réagisse. Pour l’instant, elle n’avait fait que survivre, portée par la peur et la terreur d’une mort si proche. Ce n’était pas elle. La peur avait toujours guidé ses pas. La peur d’être découverte, trahie, suspectée, humiliée, abandonnée… mais où était passé sa réactivité et son intelligence ?! Allait-elle se laisser piéger par le temps dans cet endroit sordide ?! Plaquant ses mains écorchées contre le mur délabré, elle poussa sur ses bras pour se relever en grimaçant. Il fallait qu’elle oublie la douleur, la fatigue et la peur. Il fallait qu’elle sorte de là. Il fallait qu’elle trouve la sortie. Qu’elle court. Dos plaqué contre le mur, elle osa un coup d’œil par le trou du mur pour remarquer que le démon était plus loin. Fermant les yeux, elle se força à faire le vide pour réfléchir. Jusqu’ici, Ga’derel s’était montré joueur bien que sanglant mais il n’avait pas perdu patience. Bien au contraire, il semblait prendre un plaisir malsain dans cette chasse à l’âme. Lilith ouvrit abruptement les yeux. Sauf à cet instant. Durant une minute, le démon avait laissé la colère l’envahir lorsqu’elle s’était dirigée vers l’obscurité et avait immédiatement créé une brèche dans le sol. Elle n’avait plus le temps. Elle devait tenter. Qu’importe ce qu’advient. La voix de Ga’derel commença à s’impatienter mais elle était semblable à un murmure. Se décalant du mur, elle décida de sortir et de tenter sa chance.

      « Hey Ga’derel ! Ton âme se fait la malle. » chanta narquoisement la voix d’un autre démon qui observait la partie de chasse, délicieusement assis tout en haut d’une tour en ruine. Le démon-volatile se retourna violemment vers ce dernier avant de suivre son regard là où un petit être blond détalait comme s’il avait la mort aux trousses. Ce dernier grogna fortement avant de se remettre en chasse. La petite garce se dirigeait tout droit vers les collines larmoyantes, un endroit aussi terrifiant pour un humain que distrayant pour un démon. D’ordinaire, les humains avaient trop peur pour s’en approcher… alors que la sortie se trouvait juste derrière. Pourquoi ne suivait-elle donc pas la lumière comme tous les autres ?! Ga’derel avait décidé : il prendrait son temps pour arracher ce cœur encore palpitant de ce petit corps de chair et de sang, arrachant le plus de cris et de pleurs possibles à cette gueuse.

      Le paysage s’assombrissait au fur et à mesure que ses pas la menaient loin de celui qui l’accompagnait depuis sa naissance. Des squelettes en tout genre jonchaient sur le sol et les flammes étaient bien plus présentes que dans la cité abandonnée. C’est alors qu’elle la vit. Majestueuse et colossale, la porte des Enfers lui faisait face. Lilith se serait bien arrêtée pour admirer une telle merveille mais les pas et la voix persistants du démon l’en empêchèrent. Accélérant le pas, elle courut jusqu’à elle en sentant ses dernières forces revenir. Les forces du désespoir. Pourtant, alors qu’elle commença à passer au travers de la porte, une main attrapa son bras pour la ramener en arrière….




Parmi les vivants, les minutes de vérité commencèrent à se faire sentir. Dans quelques secondes, huit heures allait sonner. Au dehors, le soleil relevait lentement le bout de son nez, illuminant les landes humides des larmes de la rosée. Pourtant, à l’intérieur d’une demeure, la tension était palpable. L’heure de vérité arrivait. Sur l’horloge famille, l’aiguille des secondes frappait le temps dans un silence assourdissant. Huit heures finit par retentir… et le pouls de la serdaigle s’arrêta dans l’incompréhension la plus complète.


      Attention, ce rp n'est pas terminé.
      Pour avoir la fin du rp, merci de vous adresser à Zéphyr J. Wendle ! Mr doit avancer sa mission solo alors n'hésitez pas à porter vos réclamations envers notre administrateur adoré 8D


      Pour les Rosier, si vous voulez réagir face à l'annonce de la mort de Lilith, allez-y ! Je posterai la suite après vous Wink

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Ce message a été posté Dim 11 Mar 2012 - 11:59



    Jouant avec la nourriture qui était dans son assiette du bout de sa fourchette, Baël avait pour une fois l’appétit coupé et chaque bouchée descendait difficilement le long de son œsophage. Les anniversaires dans la famille Rosier n’avaient jamais été des moments de fête, parce qu’il n’était pas vraiment de tradition de faire la fête autrement que pour paraître aux yeux des autres sorciers. Mais celui de la majorité, lui, ne manquait jamais d’étendre son manteau funeste sur le manoir. Il se souvenait avoir été à la place de Lilith il y a peu, et il se surprenait à en avoir mémorisé chaque seconde. Il s’était sentit seul au monde, presque comme un pestiféré et depuis cette nuit là il lui semblait bien qu’il manquait une part de son être. Comment Lilith ressentait-elle les choses ? Mille fois il avait voulu lui poser la question mais elle était tellement fâchée contre lui qu’il n’avait osé briser le mutisme dans lequel elle s’était enfermée. Peut-être aurait-il du ? Que sont des anciennes querelles dans de tels moments ? Peut-être aurait-il du céder à cette impulsion qu’il avait de la prendre dans ses bras et de lui murmurer de lui revenir. Peut-être aurait-il du s’excuser de ne pas avoir mis fin à cette malédiction avant que ce ne soit son tour. Mais ses recherches piétinaient. Il avait compulsé une bonne partie des ouvrages détenus par la famille mais il ne savait s’il avait sous la main l’ensemble de leur collection, ou juste des échantillons choisis. Au final il n’avait rien, pas même le plus petit début de piste.

    Lilith se leva et quitta la table et il baissa le nez sur son assiette. Lui parler maintenant ne résoudrait rien. Elle avait besoin de ces dernières minutes de liberté pour rassembler un maximum de forces pour ce qui l’attendait. C’était l’épreuve de sa vie, ce pour quoi on l’avait forgée depuis sa naissance. Pourtant ce n’était en rien comparable à ce qu’on pouvait s’imaginer. Et le dialogue n’étant pas franchement la qualité première des Rosier, l’impression d’être seul contre tous ne faisait que se renforcer. Restant dans l’ombre, il assista à l’entrée de la dernière de la famille dans le cachot et quand la porte se referma sur elle, un long frisson parcourut son échine et il sentit une main de glace se refermer autour de sa gorge. Pour ceux qui attendaient, la nuit allait être éprouvante d’angoisse. Pour Lilith, les mots seraient impuissants à retranscrire ce qu’elle allait vivre. Commençant dés lors à faire les cents pas, il ne se calma que quand les dernières minutes s’égrenaient, puis, n’y tenant plus, il ouvrit la porte du cachot qui sembla chuinter son mécontentement, comme si elle eut préféré avaler la jeune sorcière.

    Lilith était là. Etendue. Et elle ne bougeait pas. S’agenouillant à ses côtés il prit sa main dans les siennes mais elle demeurait inerte et quand il chercha son pouls à son poignet, rien, le néant. Peut-être hurla-t-il, ou le cri ne fit qu’écho dans son esprit, mais il serra la main de sa cadette et la posa contre son cœur, alors que les larmes refusaient de couler sous le coup d’une émotion trop forte. « Tu es plus forte que ça. »

    « Lilith retrouve le chemin vers nous. »

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Ce message a été posté Mer 28 Mar 2012 - 20:03

    Se rattrapant au chambranle de la porte, Lilith empêcha le tourbillon de la vie de se refermer en l’emprisonnant pour toujours dans les limbes. A moitié en Enfers, à moitié dans la vie, elle luttait contre l’attraction qui la tirait en arrière. Elle suppliait pour qu’on la laisse partir, ses larmes coulant de nouveau sur son visage tiraillé. C’est alors qu’une voix sanglotante glissa la supplication jusqu’à son oreille. « Ne me laisse pas ici, Lilith ! » La jeune fille se figea alors que sa teneur sur la porte se fit moins persistante. Moins forte, comme si une partie de sa détermination venait de s’envoler sans elle, la laissant plus démunie qu’elle n’aurait dû. C’était impossible. Pas cette voix. Larmoyante, elle tourna son regard en arrière en retenant sa respiration. Son souffle se coupa à sa vision. Son cœur manqua un battement. Son teint devient aussi livide que celui d’un revenant. Elle en aurait lâché sa prise contre la porte pour retenir ses larmes mais celles-ci étaient trop puissantes et ruisselaient sur ses joues sans qu’elle ne puisse les arrêter. Non, pour une fois, elle ne voulait pas les arrêter. A cause des hoquets constituant ses sanglots, elle n’arrivait pas à émettre une seule parole. Elle n’arrivait tout simplement pas à y croire. Les sanglots se firent alors plus forts, scindant les hurlements stridents des démons ameutaient plus loin pour le spectacle alors que Lilith sentit ce corps l’enlacer. « Je t’en supplie. Ne me laisse pas. » couina la petite voix au creux de son oreille. Elle n’arrivait plus à bouger, ni même à réfléchir. Elle était perdue.
    Sentant les larmes de son cousin couler le long de son cou, la cruauté de la vérité rouvrit la vieille plaie qui n’avait jamais cicatrisé. « Je… je… je peux pas… » Elle s’en voulait tellement. Elle aurait tellement aimé le ramener mais elle ne le pouvait pas. Son corps n’était surement que poussière. Elle ne s’était pas attendue à le voir ici. Elle sanglotait de ne pouvoir accéder à sa demande. Resserrant son emprise autour d’elle, Philippin osa la voix. « Tu as toujours été froide et méchante avec moi mais c’était pour me protéger. Me préparer. Je le sais maintenant. Je le sais. Alors fais-le Lilith ! Protèges-moi ! » Sa voix qui grondait dans le ciel obscur et son emprise qui lui coupait le souffle finirent par lui faire lâcher petit à petit prise. Ses forces l’abandonnaient. Elle n’avait pas le cœur de le laisser en arrière une fois encore. Une fois de plus. Elle se sentait tellement coupable de n’avoir rien fait. Même pour Calliope ou Tyzoon, elle n’avait rien fait. Elle n’avait pas été là. Tyzoon avait perdu son bras et elle était restée dans cette chambre du QG à maugréer contre son incapacité et sa honte. Le monde des sorciers se porterait peut-être mieux sans elle finalement… et si Philippin revenait à sa place ?! « Je… je suis désolée, Phil’ ! Tellement. » Les hoquets des sanglots l’empêchaient d’exprimer clairement ce qu’elle pouvait ressentir. Lilith n’avait jamais su identifier les sentiments qui traversaient ses veines.

    Ses doigts commencèrent à lâcher prise, glissant doucement sur la pierre rauque de l’arcade de passage… lorsqu’une énième voix intervient, emplie de colère et de détermination. « Ne lâche pas cette porte, Lilith ! ». Surprise, la serdaigle releva la tête et l’aperçut à travers ses larmes. Qui était-ce ? Non… c’était impossible. Se sentant défaillir une fois encore, la sorcière se retient au corps de son cousin qui commençait lui aussi à se retourner afin de rester debout. Pourtant, comme le petit être venait de le demander et aussi surprenant soit-il, ses doigts s’étaient immédiatement refermés sur le chambranle de la porte, comme une damnée se rattachant à la vie. Elle était tellement minuscule mais sa voix grondait dans les airs en écho parfait avec les éclairs. Ces traditionnelles petites couettes étaient là. Elle n’avait pas changé depuis la dernière fois pourtant de nombreuses années les séparaient. Mary-Ann Rosier. La petite dernière de la famille. Le poupon qui n’avait pas supporté l’apparition du démon dans son corps et dont la cohabitation avait été si douloureuse qu’elle en avait perdu la vie, emportée par ses hallucinations. Elle était alors si jeune. Si petite. Malgré le corps qui ne semblait pas avoir changé, le caractère de la petite semblait s’être affirmée, elle qui autrefois était plus enfantine que son frère mais tellement mignonne. Elle avait eu le temps de s’endurcir. Le terrain l’y aidant grandement. Comment ne pas devenir fou dans ces instants ?!

    Toujours accroché à elle, Philippin se cramponnait comme s’il était armé par ces dernières forces. Ces dernières volontés. Il pleure encore plus fort, surement conscient que sa jeune sœur a raison. Que son heure était passée. Pourtant, il ne peut s’y résoudre. Il refuse de lâcher prise, comme si cela signifierait la fin de tout espoir. La fin de toute vie. Bien que son corps soit depuis longtemps en état de décomposition chez les vivants, il veut y croire. Il ne veut pas rester ici. Qui le voudrait ? Comme si les miracles existaient, il finit par lâcher petit à petit prise, après de longues jérémiades. Le souffle chaud des Enfers balaye pourtant rapidement ces larmes si repoussantes et au loin un rugissement retentit. Les démons s’affolent, haineux envers tant de pathétisme et de sentiments mais n’osent pas s’approcher de trop près.

    « Fuiiiis » hurla la gamine en y mettant ce qui restait de son âme. Pourtant, l’un d’entre eux fend cette foule obscure pour venir emprisonner les mignonnes petites couettes de Mary-Ann entre ses griffes afin de la jeter plus loin, la petite faisant de nombreux roulés boulés avant d’amortir sa chute contre des rochers. Elle gémit de douleur mais semble refuser de pleurer. Elle tremble, pauvre fillette effrayée. Philippin semble enfin réagir et se jetant sur le démon semblable à un fou. Il faut être fou pour oser espérer vaincre contre ces créatures morbides. Mais qu’a-t-il à perdre ? Plus rien. Il a déjà tout perdu. Il ne fera pas le poids contre Ga’derel. Elle n’ose même pas imaginer ce que le démon pourrait lui faire. Pourtant, il est là. A genoux mais tentant tant bien que mal de faire l’impasse alors que la créature le massacre doucement pourtant aucun bleu ni saignement n’apparaît. La magie des Enfers. Pouvoir vous torturer encore et encore sans que la Mort ne vous accorde de trépas. Aucun d’entre eux ne semble avoir de dommages. Malgré toutes les chutes douloureuses et les flammes qui lui avaient léché le corps, même Lilith n’avait rien. Elle ne ressentait que douleur mais une douleur invisible. Si bien qu’on en vient à se demander si ce n’est pas un tour de l’esprit. Néanmoins, à voir les deux jeunes gens se faire maltraiter de la sorte, il ne peut en être de la sorte. La douleur se peint sur leurs visages et dans leurs cris. Repoussant les deux âmes comme de vulgaires poupées, Ga’derel se fraya un chemin plus sûr, les traits déformés par la rage et la hargne. Si elle se jetait dans le vortex, il perdait. Il ne pouvait pas se le permette. Déployant toute son énergie pour arriver le plus vite possible, il réussit seulement à planter sa griffe dans ce petit corps chaud qui s’effaça, avalé par le tourbillon du vortex. Laissant seulement sa dernière trace dans les entrailles de la blondinette encouragé par son cri de rage…


Cri de rage qui fit trembler les entrailles de Lilith tellement fort que son petit corps frêle imita le tremblement de San Francisco en s'esquivant petit à petit des mains de son frère. Le retour de l’âme de la gamine eut le don de provoquer des spasmes et des convulsions de plus en plus grands, manquant de la blesser. Alors que son pouls revenait, son souffle reprenait sa place comme l’eau s’écoulant à grand flots dans les canaux de son être. Comme de l’encre surgissant de nulle part, les blessures des enfers apparaissent une à une, teintant de son infernale couleur écarlate les habits de la sorcière tandis que les compulsions commencent à se calmer. Les lianes de l’ombre laisseront des marques sur ses jambes, tout comme sa griffe démoniaque lui a entaillée une partie du ventre. Le corps a cru être dénudé de son âme vivante et doit réapprendre à cohabiter. Dans une inspiration désespérée pour se raccrocher à ce faible espoir, la jeune fille devenue femme ouvre les yeux de souffrance pour mieux les refermer, s’évanouissant de douleur sans arriver à pouvoir l’exprimer. La jeune femme vivra. Comme quoi, la magie existe bien dans ce monde de malades mentaux. Fort heureusement, Dolpheus est déjà là. Présent comme à chaque funeste anniversaire des Rosier…
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Ce message a été posté Jeu 29 Mar 2012 - 21:56

Lilith, Lilith. Au ballet bien organisé de Rosiers et Karks évitant soigneusement toute conversation gênante s'était ajouté la contrainte de ne regarder personne. Aux prunelles larmoyantes d'Anna Bella et aux yeux accusateurs de ses enfants, s'ajoutaient pour Evan les regards gênés des convives. Si au moins Mervyn et sa gosse n'avaient pas été là ... Comment laisser croire à Calliope qu'entrer dans leur famille ne serait qu'une formalité quand ils étaient déjà incapables de communiquer tous les cinq ? Il se leva et suivit sa plus jeune enfant. Inutile de lui dire où aller, dans quelle cellule elle pourrait vivre cela sans risque de gêner les autres. Comme si à ce stade-là de l'existence, il était encore important de se soucier de la bienséance. Il la regarda s'installer lentement, cherchant à conserver le souvenir de la jeune fille. Si Lilith venait à mourir, il voulait se souvenir autant que possible de tous ces petits détails qui les attendrissaient Anna Bella et lui sans qu'ils veuillent le dire. La manière dont elle remettait inlassablement les mèches de cheveux blonds retombant devant ses yeux à chaque mouvement brusque. Cette façon qu'elle avait d'adopter un regard contrarié sans chercher à faire une scène comme sa soeur lorsque les choses n'allaient pas comme elle l'aurait espéré. Ces mouvements de nez vaguement ridicules et assurément attendrissants lorsqu'elle réfléchissait devant un parchemin. Quand elle se mordillait les joues pour éviter d'éclater de rire et adoptait le même sourire qu'Anna Bella.

Ce n'était peut-être pas la fin. Nul besoin d'avoir le troisième oeil pour savoir que tous les occupants du manoir continueraient d'espérer tant que le corps livide ne serait pas définitivement froid. Les prochaines heures seraient longues. Refermant la porte, Evan resta quelques secondes dans les sous-sols avant de s'apercevoir qu'il ne servirait à rien. Autant consoler son épouse : leurs enfants n'auraient pas envie de le voir. Restait à espérer qu'elle ait un minimum envie de le voir. Difficile de ne pas en vouloir à la personne qui avait jeté sur leurs épaules ce fardeau. Il s'endormit dans l'obscurité glaciale du manoir en remerciant un quelconque bien renseigné sur les étages inférieurs de les avoir à ce point isolés. Que Lilith soit vivante ou morte, on n'entendrait pas le moindre murmure. Disons qu'ils auraient la surprise au lendemain matin.


Raide comme la Justice qu'il était sensé représenter, encore qu'elle soit largement corrompue, Evan se leva brusquement et réajusta machinalement les vêtements qu'il n'avait pu poser en s'effondrant dans un demi-sommeil. Bordel de merde, il avait entendu des pas. Deux solutions. Soit Lilith se levait et venait jusque là, mais elle se serait un peu trop rapidement rétablie. Soit un autre occupant du manoir allait voir de quoi il en retournait. Si c'était elle, fille de Mervyn ou pas, Calliope se prendrait une beigne mémorable et pourrait se considérer comme rejeton Rosier à part presque entière. Les règles du jeu avaient été données dès le début. Il devait être le premier à entrer voir de quoi il en retournait. Pas par abus de pouvoir paternel : parce qu'Evan s'estimait le plus à même de gérer son émotion. Ou disons de refouler ça dans une bouteille de whisky pur-feu dès qu'on aurait le dos tourné. Il traversa en hâte le manoir et trouva Baël agenouillé près de sa soeur. Un gosse plein de larmes prêtes à sortir près de sa soeur mourante. Du pathos à l'état pur. Ca fait pleurer dans les chaumières, ça. Evan claqua des doigts et indiqua sans ménagement la sortie à son fils.

« Lilith a besoin de respirer. » trancha-t-il.

Dolpheus avait surgi dans un recoin de pièce, c'était le plus important. Quel agréable homme, ce Dolpheus. Il assistait à sa dernière initiation de Rosier. Et aucune fuite dans la manière dont il arrondissait grassement ses fins de mois en s'occupant d'une famille de déséquilibrés. Un ami de la famille ou peu s'en faut. Les sorts les plus urgents furent jetés. Obéissant à des années d'entraînement, Evan souleva délicatement le corps de sa fille et la transporta jusqu'à un lit digne de ce nom. Il s'assit calmement sur un bout du lit et promena son regard sur ces petites intentions, le bouquet de violette et les menus effets personnels disposés dans la chambre. Dolpheus a fini. Le père de famille reporta brusquement son attention sur la petite dernière. Lilith allait bien. Amochée mais en vie. C'était déjà beaucoup. Il posa une main sur le front dissimulé sous les mèches blondes et constata qu'il n'y avait aucune fièvre. Simple paranoïa, mon vieux Dolpheus. Le médecin ne sembla pas lui en tenir rigueur. Evan fouilla sa poche et sortit les espèces sonnantes et trébuchantes qui assuraient le silence du médecin et une bonne retraite au soleil pour celui-ci. Pas question de faire des économies sur quelque chose comme ça. Le raccompagnant jusqu'à la porte de la chambre, le patriarche Rosier en profita pour claquer des doigts et faire venir l'elfe de maison. Le petit sourire qu'il lui adressa fit naître des larmes de bonheur dans les yeux de Mochred qui s'empressa d'aller porter la bonne nouvelle dans le manoir. En silence bien sûr : Lilith avait besoin de repos.

Il revint près d'elle, s'assit et lui prit la main. Pour les paroles, on repasserait. Il n'était pas très doué.
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