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Calliope Kark
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
Messages : 7781 Crédits : Moi
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Faction : Ombre de la Rose Noire.
Maison : Poufsouffle.


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Ce message a été posté Ven 20 Jan 2012 - 20:25

    « Il faut qu’on y aille…mon père va bientôt faire son discours. » Le souffle de Calliope caressait encore doucement les lèvres d’un Tyzonn qui ne semblait pas vraiment de son avis. La douce clameur des convives, pas plus que la musique feutrée qui filtrait par de-là les murs épais ne parvenait à rompre la magie de leur cocon. « Je dois monter sur l’estrade avec lui… » Avait-elle murmuré, mais un nouveau baiser chassait ses protestations. Si bien que la Kark due poser son index sur les lèvres mutines de son cher et tendre. « Je suis sérieuse. » ses mains glissèrent sur le torse du Higgs pour lisser quelques plis et resserrer sa cravate. Après un coup d’œil circonspect au costume afin de vérifier que ne s’y était glissé aucune trace pouvant indiqué qu’ils avaient tous deux passé le dernier quart d’heure à s’embrasser et se câliner dans le petit salon des Rosier, elle lâcha : « Pars le premier. On se rejoint dans la salle plus tard. » Un dernier baiser plus tard, et notre douce Poufsouffle se retrouvait seule, et avec pour seule préoccupation réajuster le drapée de sa longue robe. Ne pas attirer les soupçons était sans doute l’aspect le plus compliqué de cette relation. Si les choses s’étaient arrangées avec Tyzonn depuis noël, leurs petites séances de roucoulade n’effaçaient pas le fait que le joueur de quidditch était bel et bien fiancé. Après une poignée de minutes, la jeune sorcière quitta à son tour le petit salon regagnant le tumulte de la fête. Distribuant gratuitement les sourires aux quelques lèches-bottes qui croisait sa route.

    La décoration, bien que neutre avec ses ton pâles ses gammes de blancs se déclinant, reflétait tout le luxe et l’abondance de la société sang-pure. Les invités dans leurs tenues aux prix exorbitant qui auraient émerveillé tout journaliste de Sorcière Hebdo ne semblaient être que des éléments de décorations supplémentaires, comme des pièces pensées pour être insérée dans cette œuvre. Comme à l’accoutumé des tables avaient été dressées dans la salle, mais suffisamment bien disposée pour laisser au centre un large espace permettant aux convives de danser au son des rythmes joués par le petit orchestre se trouvant dans un coin de la salle, non loin de la petite estrade montée spécialement pour l’occasion. Sur cette dernière avait été dressé un pupitre avec en fond une large image représentant deux enfants en larmes devant une maison en ruines d’où s’échappait trois hommes à l’air mauvais et aux nez crochus et avec un phénix brodé sur leur cape, des sang-mêlé sans aucun doute. C’était là que Calliope tentait de se rendre, là où son père l’attendait avec toute la famille Rosier réunie, et un Arutha qui semblait presque plus excédé que son ministre de père par le retard de sa cadette. La Kark bredouilla quelques excuses prétextant qu’elle avait été retenue par Hudson et qu’elle n’avait pas vu le temps passer. Joli alibi, avec Lilith, Hudson était la seule à savoir pour Ty’ et elle. Le manque de temps sans doute empêcha son père de la glacer de son regard anthracite, comme il l’avait fait toute cette semaine à chaque fois qu’elle avançait une excuse douteuse pour rentrer plus tard au manoir Rosier.

    Les deux familles montèrent sur l’estrade, Anna Bella en parfaite hôtesse exécuta un léger discours, avant de donner la parole au ministre de la magie. Ce dernier parla alors longuement du triste sort des orphelins que l’ordre du phénix avait fait en s’attaquant injustement à des sang-purs, laissant leurs pauvres enfants complètement démunis dans leur grand manoir, et avec leur chambre forte remplie de gallions chez Gringotts. Calliope écoutait que d’une oreille distraite se contentant de repérer dans la salle quelques visages familiers, elle couva du regard un Tyzonn qui semblait s’ennuyer mortellement, une Carmella qui boudait dans un coin, et une Elena Mulciber qui écoutait concentrée chacune des paroles de son père, comme pour les mémoriser. La sorcière ne prêta attention réellement au discours qu’à sa toute fin, alors que son père concluait en invitant les convives à toujours donner un peu plus. « Et pour terminer sur une note positive, j’ai l’honneur de vous annoncer le mariage prochain de ma charmante fille, Calliope, avec le fils de mon collaborateur et ami Evan Rosier, Baël. Je souhaite bien évidemment tout le bonheur du monde à l’heureux couple, même si ça me fend le cœur de me séparer, mais que voulez-vous je ne suis qu’un père… »Les yeux exorbités par la surprise, pour la première fois de sa vie la jeune Kark observait son père sans qu’on perçoive une once d’admiration. Stupéfaite, complètement paralysée par la surprise, elle n’entendait même plus son géniteur plaisanter sur les difficultés d’être un père faible face à ses deux adorables filles. Ce ne fut qu’à cet instant que Calliope remarqua que Baël, certes plus séduisant que jamais dans son costume, se tenait à côté d’elle depuis le début. Ses grands yeux sombres l’interrogeaient silencieusement, tandis que son père mettait dans les mains de l’héritier Rosier une bague de fiançailles et l’invitait à la passer au doigt de sa fille. Encore trop sonnée par le coup, elle ne réussit qu’à articuler silencieusement à l’intention du Rosier : « Tu étais au courant ? » Elle sentit alors son père poser lourdement ses mains sur ses frêles épaules, et grincer entre ses dents à sa seule attention : « Je t’expliquerai plus tard », avant dire plus haut à l’attention du public : « Les pauvres sont encore timide, il faut dire que la chose s’est faite récemment… »


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Ce message a été posté Mar 24 Jan 2012 - 14:58



    1… 2… 3… Compta mentalement Baël. Et à cet instant précis, il vit Tyzonn se faufiler dans la pièce où Calliope se trouvait déjà et il esquissa une grimace, peu ravi de ses talents de devin. Dissimulé dans la pénombre du couloir, il avait été invisible pour les deux cachotiers. Cette fois encore. Quelques jours plus tôt, il avait surprit les deux « amis » occupés à un exercice qui demandait normalement un peu moins d’amitié, un peu plus de sentiments. Les absences répétées de Calliope avaient alors trouvé un sens. Il porta le verre qu’il tenait à la main à ses lèvres et son crâne vint heurter le mur contre lequel il se soutenait à plusieurs reprises. Il n’avait nul besoin de se demander ce qui se tramait dans ce salon. Tyzonn et Calliope étaient amis depuis des années et le fait était connu de tous. Il n’était donc étonnant pour personne qu’ils puissent se trouver ensemble, en particulier à ce genre de petite fête. Qu’ils se cachent montrait qu’ils avaient prit goût, à franchir les limites d’une amitié bien établie. Baël savait qu’il aurait du en être soulagé mais ses pensées revenaient trop souvent à la nuit passée dans la cuisine, et à ce qu’il avait ressentit chaque fois qu’elle s’était trouvée proche de lui.

    Oublie ça. J’ai d’autres projets pour toi et elle ne ferait que me ralentir. Les yeux de Baël s’écarquillèrent sous la surprise. La force de la voix dans sa tête l’avait surpris un instant, elle qui n’était réduite qu’à un murmure la plupart du temps. Il se redressa, et décida de rejoindre la fête. Les mains moites, un frisson courant le long de sa colonne vertébrale, il essayait de fuir une chose à laquelle il ne pouvait échapper. Un ricanement fit écho dans son esprit, jusqu’à ce qu’il soit assourdi par la musique jouée par l’orchestre. Il troqua son verre vide, contre un plein et s’avança vers le buffet pour participer à la réception à sa manière. Sa mère avait une nouvelle fois frappé un grand coup, montrant des talents d’hôte incomparables. La pièce était décorée avec goût, délicatesse. Tout s’enchaînait à la perfection. Les sourires fleurissaient sur les visages et ce bien malgré la situation actuelle et les menaces de plus en plus présente. Un coup de génie. Tout laissait à croire que Mervyn Kark et ses acolytes n’avaient pas perdu de leur puissance. Des petits fours plein les joues, Baël regardait l’assistance s’ébrouer avec un air morne. Il n’avait qu’à attendre la fin du discours de Mervyn, prévu dans quelques minutes, et il pourrait s’éclipser dans sa chambre tranquillement, ayant rempli sa part du contrat, et bien qu’il n’ait jamais porté le meilleur ami de son père dans son cœur, il avait hâte que ce dernier apparaisse sur l’estrade.

    Il fut surpris qu’on l’invite à y monter aussi mais supputa qu’on allait feindre l’émotion en remerciant les Rosier de s’allier si gentiment à la douleur des Kark en l’hébergeant la famille. Un peu de sentiment noble qui à l’avis de Baël ne devait pas bluffer grand monde. Mais la haute stature de son père, déjà sur la scène, l’obligea à se soumettre à cette comédie. Evan était à prendre avec des pincettes en ce moment. A peine arrivé, Anna Bella toujours soucieuse du moindre détail arrangea le col de sa chemise et sa cravate et le gratifia d’un demi-sourire alors qu’elle pressait son épaule d’une main, d’un geste tendre, ce à quoi le fils répondit par un maigre sourire. Il se laissa pousser en avant, juste à côté de Calliope qu’il essaya d’ignorer de son mieux. Elle avait les lèvres encore rouges, de ce qu’elle avait trop embrassé Tyzonn, ce qui ne l’empêcha pas de remarquer que sa robe lui allait à ravir, dévoilant au mieux un corps de moins en moins juvénile. Baissant le nez vers ses pieds, il subit le discours ronflant sans broncher, montrant une concentration feinte. Il sentait que la torture allait bientôt prendre fin. Quand son cœur manqua un battement. Les applaudissements explosèrent avant même qu’il ne réalise clairement ce qui était en train de se passer. La bague au creux de sa paume, il secoua la tête au murmure de Calliope. Il aurait bien pu se douter qu’on cherchait à les rapprocher, mais pas qu’on les mettrait ainsi sur le fait accomplit. Il sentit une bouffée de colère lui ronger les entrailles, aussi bien à cause des mains de Mervyn, posées sur les épaules de Calliope comme les griffes d’un monstre, que parce qu’on venait de le piéger. La main tremblante, il passa l’anneau au doigt de la poufsouffle, sous l’œil attentif de toute une assemblée. Les sons lui parvinrent soudain assourdis, et alors que son regard devenait noir, il agrippait la veste d’Evan.
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Lilith B. Rosier
Lilith B. Rosier
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Ce message a été posté Mar 24 Jan 2012 - 16:11

    Poudlard lui manqué. Affreusement même ! Au moins, là-bas, Lilith pouvait échapper à toutes ces cérémonies. La tranquillité du château lui manquait. Au manoir, elle n’avait plus un seul instant de répit. Surtout depuis l’arrivée des Kark. Ayant dû aider toute l’après-midi sa mère pour la mise en place de la salle, elle ne trouva du réconfort qu’une fois allongée sur le rude tapis de sa chambre, en fin de soirée. Il ne lui restait que peu de temps mais cet instant de répit lui fit du bien. Avec l’arrivée imminente de son initiation, elle aurait préféré passer une soirée tranquille à bouquiner ou tenter de rattraper ses longues heures d’insomnies. L’angoisse la rongeait au plus profond d’elle-même. Néanmoins, l’arrivée de Mochred, apeuré car elle n’était pas prête, mit fin à ses rêveries. En bas, la soirée battait son plein. La cause pour les orphelins miséricordieux et victimes des derniers évènements avaient ameuté de nombreux sorciers en quête de gloire. Partout sur son passage, Lilith entendait le prix des donations faites comme s’il s’agissait d’une épreuve de force. Les hommes étaient bien curieux. A leurs côtés, leurs épouses semblaient prendre du plaisir à ce petit jeu tout en exhibant leurs derniers achats onéreux. Pourtant, le thème de la soirée ne s’y prêtait guère. Finalement, quelques voix finirent par s’élever, heureuses de voir l’apparition de Calliope Kark. Lilith ruminait intérieurement. Ils n’étaient vraiment pas prudents. Mais, elle n’eut guère le loisir de continuer sur ce chemin car Mervyn Kark entamait déjà son petit discours de remerciement.

    Si Lilith remarqua que ni elle ni sa sœur n’étaient conviées sur l’estrade en même temps que le reste des Rosier, elle ne s’en offusqua pas. Pour une fois, elle pouvait espérer passer une soirée tranquille, loin des regards et des intrigues. Que nenni. N’y pensait même pas jeune fille ! Elle comprit rapidement pourquoi Baël avait été convié seul avec ses parents. Les intrigues familiales avaient encore frappées et pire que tout, ils n’avaient même pas été consulté pour cette démarche. Cela ne devait-il pas se faire en famille. Calliope était-elle au courant ? Lilith aimait à penser que non sinon, pourquoi lui aurait-elle demandé de faire diversion deux jours plus tôt pour pouvoir rejoindre Tyzoon ? Tyzoon ?! Le jeune homme devait être dans la salle et avoir assisté au discours. Tout en se munissant d’un sourire éclatant et faussement radieux sur ses lèvres pour les sorciers qui l’entouraient, Lilith applaudissait tout en jetant d’innombrables coups d’œil autour d’elle. Alors que Mervyn reprenait la parole, elle devait trouver le brun. Quelques secondes plus tard, elle se trouvait à ses côtés. Passant un bras autour du sien sans demander son avis, elle le pinça légèrement pour lui faire reprendre ses esprits mais ne lui permit d’en placer une. « Sourit, même si c’est faux. Forces-toi ! ». Ce n’était pas le moment d’avoir une intrigue amoureuse de plus. Bien que ce n’était pas le genre du joueur de Quidditch de s’épancher ainsi devant tout le monde, il valait mieux régler son linge sale en privé.

    Comme si le désastre ne pouvait pas venir seul, accrochée au bras de Tyzoon, Lilith venait d’apercevoir la demande en mariage de son frère qui semblait quelque peu raide. Mervyn Kark avait beau faire de l’humour ce qui s’annoncer à l’horizon n’allait surement pas être à son goût. Alors qu’elle tournait son regard vers l’escalier de l’estrade tout en marmonnant à son ami de ne rien faire d’imprudent, elle capta le regard de sa sœur aînée qui avait remarqué le même problème. Baël était trop statique, contrairement à ses mains. Se comprenant silencieusement pour la première fois, Azaël s’élança sur l’estrade en arborant son plus beau sourire et en applaudissant à tout rompre, bientôt suivi par sa benjamine. L’atmosphère sembla alors se détendre un peu tandis qu’Azaël élançait fortement Calliope dans ses bras et s’emparait à son tour de sa baguette comme d’un discours. Pendant ce temps, posté derrière son père, Lilith attrapa le bras de son frère pour le pousser en arrière. « C’est moi. Je suis là. » marmonna-t-elle comme pour calmer une bête. Le changement de la couleur de ses yeux n’était que la confirmation de ces craintes. Le démon avait pris le pas sur l’humain.

    Après avoir murmuré à Evan qu’elle s’occupait de lui et qu’Azaël détournait la conversation en prenant Calliope par les épaules et clamant à tous qu’elle était heureuse et comblée de l’intégrer dans la famille, Lilith tenta tant bien que mal de faire avancer un Baël tout tremblant. Une fois qu’ils furent hors de l’estrade et du salon où se tenait la réception, elle effaça tout sourire sur son visage et l’inquiétude prenait le dessus. Il fallait qu’elle fasse vite pour entrainer Baël jusqu’aux cachots mais elle doutait d’en avoir le temps. « Allez, s’il te plait Baël ! Je sais que tu es là ! ». Les instincts démoniaques de l’aîné de la fratrie n’étaient pas réputés pour être pacifiques et le choix de carrière de ce dernier n’était surement pas sans rapport avec ceux-ci. Ce n’était plus Lilith Rosier qui parlait mais seulement la petite sœur inquiète et aimante. Ironie du sort. « Encore quelques pas et on arrive aux cuisines ! ». Inconsciemment, Lilith se mit à prier Merlin… car elle en était certaine : la suite ne lui plairait pas ! Elle n’avait même pas eu le temps de se faire sa propre réflexion par rapport aux derniers évènements.
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Calliope Kark
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Ce message a été posté Mer 25 Jan 2012 - 21:40

    Calliope n’osait même plus regarder la foule de peur de croiser le regard azur du Higgs. Colère ou déception c’était bien là deux émotions qu’elle refusait de lire dans les grands yeux de son cher et tendre. Elle lui avait promis qu’elle ne l’abandonnerait pas, mais l’annonce de ses fiançailles surprise avait tout l’air d’une rupture de serment. La Kark avait besoin d’une échappatoire, d’un moyen de fuir la situation, de fuir la confusion qui l’habitait, besoin d’un élément sur lequel reporter son attention. La sorcière n’eut pas à chercher bien longtemps s’offrait devant elle une pauvre âme à couver du regard. Baël semblait plus ébranlé par la nouvelle qu’elle, son trouble semblait s’échapper de tous ses pores comme de petites bulles de paniques. La poufsouffle se surprenait elle à être aussi calme alors que le Rosier passait à son doigt la bague qui scellait leur deux destins. Calliope hasarda qu’elle voulait réconfortant, mais sa pâle grimace se heurta au dos du chasseur de vampires. La jeune femme eut un léger pincement au cœur, alors qu’inconsciemment s’imposait à elle des mots qu’avait eu Baël à son égard il n’y a pas si longtemps : « Qu’est-ce que tu t’imagines gamine ? Que j’allais crier ça sur tous les toits ? Tu peux dormir tranquille. C’est comme si ça n’était jamais arrivé. » Le Rosier n’aimait pas ce projet de mariage non pas parce qu’il avait quelqu’un d’autre dans sa vie comme c’était le cas, non il devait seulement être opposé à l’idée de se voir enchainer à un boulet. A une gamine. Etait-ce bien une raison de se comporter comme un mufle ? Ne devaient-ils pas se serrer les coudes ? Vexée, piquée dans son orgueil Calliope, continua de dévisager le Rosier à défaut de se concentrer sur d’autres choses nettement plus importantes, à savoir son futur. Faire l’autruche l’évitait de paniquer, ou de se mettre à pleurer devant une assemblée de gens ravie. Les yeux toujours rivés en direction de Baël, l’ancienne préfète fut surprise de le voir si proche de son père. Trois mois chez les Rosier lui avaient suffi à comprendre que les relations père-fils n’étaient pas au beau fixe. La sorcière dut plisser des yeux pour comprendre qu’il ne s’agissait pas d’une accolade, mais que Baël s’agrippait à la veste d’Evan comme pour s’appuyer contre lui. La chose acheva de l’intriguer lorsque Lilith accouru comme à son secours. Calliope suivait des yeux les deux Rosier s’éloigner, elle avait même hasardé quelques pas pour les suivre, et comprendre ce qui arrivait à Baël, quand une furie blonde se planta devant elle.

    La Poufsouffle dut prendre de longues bouffées d’air, inspirer longuement, pour se retenir de lâcher entre ses dents serrées : « Lâches-moi vieille goule morbiniteuse tu vas me contaminer. » Azael la révulsait depuis toujours, les révélations de septembre sur les horreurs qu’elle avait fait subir à Lilith n’avait fait qu’empirer les choses. Dégoutée, elle finit par se libérer de l’étreinte de la Rosier, et se fraya un passage dans la foule parmi les convives qui la félicitait. Sa hantise était de tomber nez-à-nez avec Hudson, ou pire avec Tyzonn. Mais son opération d’extraction se passa sans mal, les gens étaient plus emballées par la perspective de féliciter le ministre de la magie, que les deux jeunes fiancés. La trace des deux Rosier, Calliope n’eut pas de mal à les retrouver, elle les voyait au bout d’un couloir, ils se déplaçaient plus lentement qu’elle qui faisait hâtivement de grandes enjambées. Silencieusement elle s’approchait toujours plus, Baël et Lilith venait de pénétrer dans la cuisine, ce qui ne manqua de faire éclore de nombreux souvenirs dans l’esprit d’une Calliope qui se sentait rougir. Comme une gamine. Laissant son orgueil de côté, elle passa le seuil de la cuisine, Baël allait mal, et à défaut de comprendre pourquoi, elle espérait au moins l’aidé. Peut-être faisait-il une crise de panique ? Le chasseur de vampires avait beau l’air d’un roc, lors de leurs quelques entrevues Calliope avait entrevue des failles dans sa carapace, pas de larmes, pas de regards tristes, non elle avait juste discerné dans ses sourires une sensibilité qu’avant son aménagement chez les Rosier, elle n’avait jamais suspecté. Pas vraiment désireuse de rester dans l’ombre, la Kark avait signalée sa présence dès le départ par une question : « Qu’est-ce qu’il a ? Il se sent mal ? »
    Ce ne fut que quand son regard se posa sur les yeux du Rosier, que la sorcière comprit qu’elle avait jusqu’alors regardé sans voir. Les deux orbes noirs luisaient comme une menace, et l’instinct de Calliope ne s’y trompa pas, un long frisson parcouru son échine, tandis qu’une petite voix lui disait de prendre ses jambes à son cou. Etait-ce là une curieuse maladie ? Un nouveau mystère à mettre sur le compte des Rosier. « Est-ce que ça a un rapport avec la … » A une vitesse folle Calliope se remémora mentalement tous les choses étranges qui l’avaient intriguée à propos des Rosier. Ça avait commencé il y a douze ans quand lors d’un après-midi de jeu, elle avait entraperçu sur l’épaule de sa meilleure amie une curieuse blessure, suffisamment inquiétante pour que la Kark s’en émeuve. Lilith lui avait dit qu’elle avait rêvé, et qu’elle n’avait rien, sceptique notre douce petite fille n’y crut pas vraiment, ce ne fut que le lendemain quand la Rosier lui montra ses deux épaules vierges de toute cicatrice, qu’elle se fit à l’idée que son amie n’avait rien. Et puis il y avait eu tous ces autres petits mystères à propos du manoir, chaque incohérence avait son explication. Plus récemment elle entendait encore Baël lui dire de faire attention, son père lui interdire l’accès à certaines zones du manoir. Et puis en fond sonore elle entendait Philippin répéter inlassablement le même mot. Et puis il y avait ces grands yeux noirs à peine humains, et tout semblait prendre un sens. Tout semblait s’articuler autour d’un seul et même point, un seul et même mot. « démonologie » Dire le mot à voix haute la glaça, Calliope avait l’impression qu’un voile une ombre la recouvrait. Et elle n’avait pas tort quelqu’un venait juste de s’arrêter derrière elle.


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Ce message a été posté Mer 25 Jan 2012 - 22:39

Le patriarche Rosier fut incapable de manger le jour de la réception. Comme à chaque dîner mondain, d'autant plus lorsqu'ils devaient se dérouler sous son toit et mettre sa famille en valeur, il passait une journée désagréable au possible. Sa chère et tendre aurait beau faire des préparatifs aussi parfaits que possible, le spectre d'un désastre dévoilant à tous ce qui les rongeait le rendait malade. Dans son « bureau » au manoir, il conservait précieusement quelques documents, au cas où il aurait fallu envoyer leurs rejetons le plus loin possible du regard des autres ou s'en soustraire eux-mêmes. Prendre la fuite aurait été indigne des Rosiers, ainsi qu'un joli gâchis de leur patrimoine. Pour autant, la perspective d'une issue de secours pour sa femme et ses enfants demeurait rassurante.  Tu te berces de chimères, Evan, murmura une voix dans sa tête tandis qu'il constatait que sa main se mettait à trembler. Impossible de savoir s'il devait cette réaction à la dangereuse équation qu'était le jeûne avec un grand verre d'alcool ou au démon. Il se leva précipitamment et échangea quelques mots avec son épouse qu'il regarda longuement avant de rejoindre Mervyn.

La fête battit rapidement son plein et il n'eut pas de mal à servir les banalités qu'on lui avait inculqué depuis l'enfance. Les mots n'avaient plus de sens, ne persistait que ce léger malaise lorsqu'il était en public. Il jeta un oeil à Mervyn et le rejoignit bientôt sur l'estrade, non sans poser une main sur l'épaule de son fils. L'attention d'Evan fut rapidement focalisée par l'état dans lequel se trouvait sa progéniture. Baël n'allait pas bien. Il ne connaissait que trop bien les signes avant-coureurs. Il songea à lancer discrètement un Imperium sur son propre fils, pour qu'il puisse passer cette foutue bague et qu'on le fasse disparaître dans un recoin du manoir le temps que la crise soit un mauvais souvenir de plus.

« Allez, mon grand. » murmura-t-il avec une douceur qu'on ne lui connaissait pas.

Baël n'était pas sorti d'affaire mais le chef de Justice Magique eut une bouffée de soulagement en voyant que la bague était passée. Il lui fallait bien peu d'efforts pour imaginer le calvaire que subissait son fils, et il eut envie de le prendre dans ses bras. Une envie passagère : on ne faisait pas ce genre de chose, et jamais en public. « Tu deviens faible. »Il faisait confiance à Anna Bella et Mervyn pour gérer la situation, lui n'était jamais qu'un homme de main. Il va forcément craquer. C'est aujourd'hui qu'ils vont tous savoir. Il laissa des cheveux blonds, appartenant à une de ses filles, faire disparaître rapidement l'aîné de ses enfants. Après un dernier regard et quelques minutes de palabres avant des invités quelconques qu'il fallait bien distraire, il tira sa révérence et se hâta de rejoindre ses enfants. Lilith ? Va pour Lilith. Quelle importance, de toute manière ... Il se tourna rapidement vers elle et lui ordonna :

« Ferme la porte ! »

Passant un bras de Baël sur ses épaules, il pressa le pas. Voyons voir. La cuisine pouvait-elle être détruite ? Disons que oui. Si jamais ils ne parvenaient pas à atteindre le cachot d'urgences, ils pouvaient sacrifier la cuisine. La pièce n'était pas si mal isolée. Où était ce foutu elfe de maison ? Il ne pouvait donc pas servir à quelque chose, au lieu de faire on ne sait quoi ? Il sauve votre réputation. A moins qu'il ne soit en train de distribuer des fanions explicatifs en prévision. Il a toujours été prévoyant, ce petit.

« La baguette, la baguette ... »

Il fouilla aussitôt les poches de son fils et mit quelques secondes avant de la trouver dans la poche de sa veste de costume. Hors de question de laisser quelqu'un faire une crise de démonisme avec la possibilité de lancer des sorts. Lui-même gardait sa baguette la plupart du temps dans une manche de sa veste, maintenue grâce à un petit système lui permettant de la faire glisser. Il y a vingt ans, il s'en servait essentiellement en tant que Langue-de-plomb, pour jeter des sorts. Depuis une dizaine d'années, c'était pour mettre une distance entre cet objet et ses élans de folie autant de fois que nécessaire. Il lança celle de son fils derrière-lui, sans y prêter la moindre attention. Seule comptait la santé de Baël à cet instant. Une baguette, ça se remplace, Lilith lui avait prouvé encore bien récemment. Baël va craquer. Il murmura quelques encouragements à son fils tandis qu'il tentait de le faire passer dans un couloir. Si jamais les jambes de Baël flanchait, il le prendrait rapidement dans ses bras. Quitte à devoir le balancer dans un cachot. Pas de panique. Tout irait bien. On allait faire disparaître dans un cachot, et on s'occuperait du reste ensuite. Il couva un regard encourageant sur son rejeton avant que sa course ne s'interrompe.

Démonologie ? Il planta un regard étonné sur Calliope. L'effroyable buse, la petite morue ! Que faisait-elle ici ? D'où connaissait-elle cette histoire ? Son regard furieux se dirigea sur Lilith. S'il apprenait qu'elle y était pour quelque chose, elle aurait droit à bien plus qu'un savon habituel. Si c'était ce petit con de Philippin qui avait craché le morceau, une éternité en Enfer ne serait pas suffisante pour le protéger de la fureur de son oncle. Il poussa Baël et se retourna vers la fille Kark.

«  Va-t'en. »

Il ne chercha plus à feindre une quelconque politesse et son regard se fit glacé. La fille de Mervyn n'avait pas à s'imposer entre lui et la chair de sa chair pour une affaire de démonisme. Ils étaient la chair de sa chair, le fruit de son amour pour Anna Bella, qu'ils le veuillent ou non. Et s'ils ne devaient jamais en commun que des hallucinations, des voix qu'eux seuls entendaient et toutes sortes de manifestation de folie, il était hors de question qu'une étrangère s'en mêle. Elle ne faisait pas partie de la famille. Calliope était mignonne, obéirait à son père et épouserait Baël : le chef de la justice magique n'en doutait pas. Mais tant qu'il n'aurait pas réglé toutes les formalités en compagnie de Mervyn et Anna Bella, tant que Calliope aurait la possibilité de s'enfuir et d'aller ébruiter leur manque d'humanité, Evan n'aurait que peu de confiance en elle. Voir Baël faire une crise n'aiderait pas le projet matrimonial. Calliope n'avait qu'à dégager. Et demain, dans toutes les bonnes gazettes, l'effroyable témoignage sur le bain de sang du manoir Rosier. La petite sauterie organisée par le Ministre de la Magie tourne au drame.
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Ce message a été posté Jeu 26 Jan 2012 - 12:57

    Ils ne niaient même pas. Ils n’essayaient même pas de lui faire comprendre qu’elle avait tort. Pourtant ses affirmations étaient plus qu’hasardeuse, et comme à chaque fois qu’on pense caresser du bout des doigts la vérité, il y avait une bonne part de bluff dans tout ça. La réponse d’Evan lui donna l’impression de chuter, sans pour autant entrapercevoir le sol. Il manquait encore bien trop d’éléments à Calliope pour qu’elle ait enfin la conviction d’avoir définitivement touché le fond. Le regarde du patriarche des Rosier aurait dû la glacer, et une part d’elle avait bien envie de prendre ses jambes à son cou, et regagner l’univers plus aseptisé mais nettement plus doux de la fête.

    Mais l’absence de réponse de Lilith l’irritait, la mettait presque autant en colère que le refus catégorique d’Evan de poursuivre la conversation. La Poufsouffle discernait bien l’urgence de la situation, de même qu’elle comprenait bien que dans cette histoire elle n’était le boulet accroché à leurs pieds Mais sa frustration était trop grande, et le silence d’une Lilith qui n’osait même pas la regarder sonnait le glas amer de la trahison. Une chanson que la Kark refusait de croire ou d’entendre. Déjà lorsqu’elle avait entendu parler de démonologie à Lilith, Calliope s’était sentit meurtrie. Cette curieuse matière qu’ils gardaient pour eux, avait des allures de jardin secret, eden dont on l’avait banni. La Poufsouffle avait eu la sensation puérile qu’on la tenait à l’écart, ça lui avait fait mal sur le moment, et puis Philippin était mort, et tout ça n’avait plus eu aucune importance. Mais là comprendre enfin qu’après une amitié de plus de quinze ans, que tout au final n’était que mensonge est rarement un sentiment épanouissant. Le tout alimentait une colère qui couvait depuis l’annonce de ses fiançailles avec Baël. Elle avait toujours été honnête avec Lilith, avait toujours tout partagé avec elle tôt ou tard. En juillet elle s’était livrée à des confidences douloureuses, et Calliope avait cru naïvement que la réciproque était vraie, et que Lilith non plus n’avait pas de secret pour elle. Philippin lui avait menti aussi, une déception post-mortem que la Kark n’était pas sure de vouloir gérer.

    On ne la consultait jamais, ne lui expliquait jamais rien, et pire encore on lui demandait de se taire et de sourire. Ce n’était pas juste et s’indigner comme une fillette restait encore sa seule option. « Non. Vous avez décidé de nous fiancer, c’est vous qui avez décidé que maintenant nos deux destins étaient liés. Je veux savoir, je veux comprendre ce qui arrive à l’homme avec lequel je devrai passer le reste de ma vie. Qu’est-ce qu’il lui arrive ? C’est quoi la démonologie ? » Sa voix tremblait un peu, et pourtant se lisait sur son visage de poupée naïve toute la détermination des Kark. Et comme pour défier les trois Rosier, la Poufsouffle avait un pas de plus en avant. Le regard sombre d’Evan se posait sur elle comme une menace imminente, Calliope inconsciemment laissa glisser sa main dans la poche de sa robe pour se saisir de sa baguette, et esquisser silencieusement un protego informulé.


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Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

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Lilith B. Rosier
Lilith B. Rosier
Bisounours qui s'ignore
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Ce message a été posté Jeu 26 Jan 2012 - 13:50

    Lilith n’arrivait à rien. Baël était bien plus lourd qu’elle et avançait comme une fourmi. Elle n’arriverait pas à le mener jusqu’aux cachots, c’est pourquoi la cuisine lui sembla être la meilleure des idées. En raison de sa présence en sous-sol, c’était le seul endroit isolé du manoir où des cris ou du fracas ne s’entendraient pas du salon. Enfin… tout dépend l’intensité. Elle fut soulagée de remarquer l’apparition de son paternel à ses côtés pour transporter l’âme furieuse. Délaissant le colis, elle se hâta jusqu’à la porte de la cuisine pour pouvoir la fermer derrière leur passage mais ne prit pas la peine de la verrouiller. Après tout, qui viendrait par ici ? Les sorciers avaient horreur des cuisines, l’endroit où résidait les elfes de maisons. Face à la vision du père aidant son fils, Lilith ne pût s’empêcher d’avoir un serrement au cœur. Malgré le fait que leur paternel n’était pas une démonstration flagrante d’amour paternel, la façon dont il s’occupait de son aîné était touchante. D’aussi loin qu’elle tentait de se souvenir, Lilith n’avait pas de ressenti pareil.

    Cependant, la benjamine des Rosier sursauta lorsqu’elle entendit la voix familière de Calliope dans son dos. Azaël n’était-elle pas sensée l’occuper ?! Lilith pesta entre ses dents avant de se ficher, glacée d’effroi. Comment un tel mot pouvait-il être sorti de la bouche de la jeune fille ? Quelque chose se brisa chez la Serdaigle sans qu’elle ne sache quoi. En révélant à voix haute ce qu’ils cherchaient à cacher depuis des années, Calliope venait de choquer son entourage. Bien que se bouche se tordait dans un semblant d’articulation, aucun son ne sortit de la gorge de la benjamine. Même entre eux, les Rosier évitaient d’utiliser ce mot. Déviant les yeux, elle ne voulait même pas regarder son amie. Serrant les dents, Lilith se sentait perdue. Comment était-elle au courant ? Elle n’avait jamais soufflé mot. Jamais fait un faux pas. Néanmoins, elle n’était pas dupe. Cet accident lui serait retourné en pleine face une fois Baël à l’abri de lui-même. Comme si elle avait besoin de ça. Lilith maudit Calliope. Savait-elle au moins ce que cela faisait d’être enfermé dans une cage sans rien, pas même un rayon de soleil ?! Bien que les enfants Rosier s’y soient habitués, l’enfermement restait toujours douloureux. Elle n’avait pas besoin de lever les yeux pour sentir la fureur d’Evan se retournait contre elle. Tout çà à cause de l’intervention de son amie. Comment pouvait-elle la condamner de la sorte ?!

    Malheureusement, la parole furibonde d’Evan n’eut aucun effet sur la Kark. Etait-elle trop stupide pour s’apercevoir de son erreur ou alors l’adrénaline la rendait-elle courageuse ? Comment arrivait-elle à avoir ce courage face au patriarche des Rosier ? Lilith n’y était jamais arrivée. Elle n’avait jamais tenu tête à son père. Elle n’y arrivait tout simplement pas. Comme si elle craignait trop ses représailles

    « Vous avez décidé de nous fiancer, c’est vous qui avez décidé que maintenant nos deux destins étaient liés. Je veux savoir, je veux comprendre ce qui arrive à l’homme avec lequel je devrai passer le reste de ma vie. Qu’est-ce qu’il lui arrive ? C’est quoi la démonologie ? »

    La persistance de la jeune Kark fut la goutte d’eau qui débordait. Comment pouvait-elle rester ici alors qu’elle venait de lancer une bombe qui serait bien plus douloureuse à encaisser que la subite transformation de Baël ?! Calliope avait toujours été inconsciente. Dans n’importe quelle mission qu’elle avait entreprit avec elle, Lilith se souvenait toujours de ces frasques non intentionnelles. Fiancer ? Tout à coup, le mot frappa l’ancienne Serdaigle en plein cœur. C’était un cauchemar. Alors qu’elle ne devrait pas avoir de partie pris ou alors être contente que sa meilleure amie rejoigne sa famille, il n’en était rien. Sans pouvoir l’expliquer, cette décision la mettait en colère, montrant clairement que Lilith était contre ce mariage. Pourquoi ? Comment ? Les questions restaient sans réponse et n’avaient guère le temps d’être fouillées car les nerfs de la jeune fille lâchèrent sous la pression et elle ne pût s’empêcher de crier sur son amie. « Tu n’as pas compris ?! Dégages de là !! » Lilith et la diplomatie avaient toujours fait deux identités bien distinctes. Trop distinctes pour pouvoir être correctement assimilées ensemble. Et pour appuyer ses dires, elle s’était placée devant la poufsouffle en lui montrant la porte d’un doigt tandis qu’elle la repoussait en arrière de l’autre. Cependant, sa main ne pût la toucher directement car le protego se mit à scintiller, ayant senti la menace. La Serdaigle grogna alors que le démon commençait déjà à danser la gigue sur son épaule. Depuis combien de temps tentait-il de brutaliser son hôte pour abîmer le joli visage de madame sainte-nitouche qui l’exaspérait au plus haut point ?! Enfin, il allait réussir à lui faire faire ce qu’il souhaitait.

    Le masque s’était écorché et tombé en lambeaux de chaque côté de son visage. Ce n’était pas l’intention de masquer la vérité à son amie qui la rendait autant en colère mais son irrésistible manque de bon sens quant à sa sécurité. Ce n’était pas le moment de discuter autour d’une tasse de thé fumante et en s’échangeant les vilains secrets de famille. Il était hors de question de devoir un jour, échanger les vieux secrets de famille. Néanmoins, la jeune fille débarquait au moment le plus critique et avait osé dire le mot maudit devant Evan. Comment pouvait-on avoir aussi peu de bon sens ?! Les enfants Rosier avaient périr de nombreuses heures au cachot pour moins que çà. « Ce n’est pas ta place… » siffla-t-elle entre ses dents haineusement. Calliope avait la chance de vivre une vie plus ou moins confortable mais surtout sans avoir la grande faucheuse qui vous nargue constamment sur le coin de l’épaule. Elle pouvait espérer vivre jusqu’à ce que ces rides ne l’emportent et voir ces enfants grandir normalement. A cause de la démonologie et de la présence constante de Ga’derel dans sa tête, Lilith en était arrivée à détester les enfants et l’avenir. A quoi bon avoir une progéniture si c’était pour leurs transmettre un fardeau. L’ironie la plus complète résidait dans le fait que les Rosier ne pouvaient même pas se suicider. Quitte à finir en Enfers, autant entrer par la grande porte et résister un tant soit peu. Oui, Lilith était jalouse du confort de vie dans laquelle les autres sorciers vivaient mais elle ne l’aurait jamais avoué bien que cette douleur se reflétait actuellement dans ses yeux. Alors, elle s’était retranchée dans le silence et la famille. Comment pouvait-elle parler de Baël comme son fiancé en associant la démonologie dans la même phrase ? Personne ne voudrait d’une âme maudite. Encore moins une adoratrice de licornes. Elle ne survivrait pas à la première crise de démence. Or, malgré la colère et le désespoir, c’était comme si un faible sentiment de protection subsistait. Lilith ne voulait pas que Calliope parte parce qu’elle venait de la condamner. Non, pour ça, elle aurait préféré lui passer le savon de sa vie. Elle voulait seulement qu’elle parte pour la protéger de la colère d’Evan et des réactions inattendues de Baël. Elle n’était plus une enfant mais elle n’était pas prête pour ça. Un vampire n’avait rien à voir à côté… Mais qui s’en douterait ?!
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Ce message a été posté Ven 27 Jan 2012 - 19:31

Anna Bella n’aimait pas ce qu’elle s’apprêtait à faire, se sentir complice d’Evan et Mervyn dans cette mascarade qui fiancerait son fils unique à l’héritière Kark. Elle-même avait difficilement vécu l’arrangement familial qui l’avait engagée à Evan, prévenue au dernier instant elle n’avait guère eu le temps de réfléchir vraiment et de s’opposer au destin préparé avec autant d’amour que d’inconscience par ses parents. Evan lui-même semblait bien perturbé par cet évènement qu’il avait soigneusement préparé dans le plus grand secret, hors de question pour lui que Lilith ou Azaël n’aillent vendre la mèche à leur aîné plus versé à la rébellion que n’importe lequel de leurs enfants. Il aurait été capable de tenir tête à son père et d’humilier Mervyn publiquement, sans parler de cette pauvre Calliope qui croyait sincèrement que ses excursions nocturnes avaient échappé à Mochred, et donc à Anna Bella. Elle n’en avait touché mot à Evan, craignant que celui-ci ne prenne des mesures trop dures pour celle que la matriarche des Rosier avait du mal à considérer autrement que comme une enfant. La petite Calliope paraissait si immature à côté de sa Lilith si pleine de force dans l’adversité et d’abnégation pour sa famille.

Une fois encore la réception était à la hauteur des attentes de tous. Musique, distinction, repas, tout avait été soigneusement préparé pour le triomphe des familles Kark et Rosier. Dans l’ambiance festive qui régnait Anna Bella évoluait en terrain conquis, distribuant sourires éclatants et gestes de la main plein d’assurance à la foule ici rassemblée. Ils ignoraient tous, ces pauvres fous, que ce n’était pas une fête qui avait lieu ce soir mais un drame. Le drame d’une malédiction familiale, d’enfances brisées et d’esprits dévastés qui allaient se perpétuer en cette nuit qu’elle avait su rendre lumineuse, parce que tel était son talent. Rendre aimable ce qui était haïssable, apporter de la beauté et de la chaleur à ce qui n’était que laideur et froideur. Parfois, Anna Bella avait du mal à soutenir son propre regard dans le reflet du miroir. La sorcière n’avait pas de démon pour justifier son pragmatisme, aucune excuse pour expliquer sa passivité face aux épreuves traversées par ses enfants. Sinon qu’elle les aimait profondément et qu’elle avait été prête à tout sacrifier pour les voir survivre à l’initiation, y compris son instinct maternel. Instinct maternel qui faisait des siennes depuis la mort de Philippin et l’installation de Calliope à demeure.

Elle se surprenait régulièrement à avoir des regards tendres pour la petite Kark, la douceur qu’elle ne s’était que rarement accordée le droit d’exprimer à l’égard de ses enfants ressortaient parfois à l’occasion de ses rencontres avec la fille du Ministre de la Magie. Anna Bella se rappelait de son statut de jeune fille tout juste bonne pour le mariage et plaignait Calliope que son père ne considérait pas autrement. Evan avait beau dire, Anna Bella savait que son sorcier de mari était conscient des potentiels d’Azaël et Lilith. Les deux jeunes femmes étaient redoutablement intelligentes, et chacune bien dans leur style prouvaient chaque jour qui passait à quel point elles étaient appelées à d’autres fonctions.

Le moment tant redouté de la mère de famille arriva si rapidement qu’elle se sentit presque flouée. Le temps était passé si vite, Anna Bella rappela à elle des souvenirs d’enfance de Baël. Le temps béni où il ne pouvait garder aucun souvenir et qu’Evan lui autorisait à occuper en le câlinant comme peu d’enfants avaient pu l’être. Oui, Baël n’en gardait pas le moindre souvenir, mais Anna Bella lui en avait raconté des contes en le berçant au creux de ses bra, et avait déposé chaque nuit pendant des mois un baiser sur le front de son petit en remontant la couverture la plus chaude qu’elle avait jusque sous son menton de bébé. Son fils avait été un enfant aimé, choyé, adoré tant qu’il avait pu l’être. Puis elle avait été obligée de le laisser partir. Et le voilà aujourd’hui, si grand et plein de haine et de cynisme, juché sur cette estrade avec eux, inconscient encore de cette ultime trahison qui l’attendait. Quelques semaines avant il avait encore tempêté sur la façon qu’elle avait de « faire semblant » et en cet instant c’est lui et Calliope qui faisaient semblant à leur tour. Le passage de l’anneau fut laborieux mais se fit et si elle ne l’avait pas vu agripper avec tant de rage le costume de son père Anna Bella aurait pu croire qu’Evan avait utilisé un imperium.

Il n’en était manifestement rien, et la sorcière habituée à détecter les signes chez son époux ne put les manquer chez son enfant. Une crise guettait, une crise très importante. D’ici quelques secondes Baël perdrait tout contact avec la réalité et exploserait en imprécations et gestes violents comme rarement les invités de cette soirée avaient dû en voir dans leur vie si confortable. L’espace d’une petite seconde Anna Bella espéra presque que Baël éclate en public, fini la pression, fini le mensonge, bannis de la société ils pourraient enfin vivre pour eux même ! Mais cela ne dura que l’espace d’un instant, la mère inquiète qu’elle était savait que cela n’était pas une solution, bien au contraire, et elle fut reconnaissante à Lilith et Azaël de voler au secours des hommes de la famille. Evan s’éloigna rapidement à la suite de son ainé et Anna Bella resta seule, abandonnée au milieu de cette foule soucieuse de faire des courbettes à Mervyn et Evan, qui la prenait comme cible pour plaire au patriarche des Rosier en l’absence de celui-ci. Ne pas perdre contenance, c’était tout ce qui comptait à cet instant. C’est alors que Calliope s’éclipsa à son tour. Si l’absence momentanée d’Evan, Lilith et Baël pouvait presque passer, le départ d’un membre supplémentaire de l’équipe star de la soirée ne pouvait passer inaperçue et la mère de famille nota les regards qui se dirigeaient vers la direction prise par les trois Rosier et la fille Kark. Un regard de Mervyn l’avertit qu’il pensait sans doute à la même chose qu’elle et elle inclina doucement la tête pour lui signifier qu’elle allait tenter de ramener sa fille.

Anna Bella fendit la foule en lançant quelques mots d’esprit sur l’état d’esprit des jeunes fiancés si timides qu’ils avaient eu besoin de se remettre de leurs émotions en privée. Les jeunes gens de nos jours sont si timides face aux choses de la vie, ce n’est pas comme avant où cela faisait partie des convenances… Elle mit quelques minutes à rejoindre les trois enfants et son mari et manqua en conséquence l’aussi rare que précieuse démonstration d’affection d’Evan à l’égard de son fils qui n’était probablement pas en état non plus de l’apprécier à sa juste valeur. S’en fut il aperçut qu’il aurait sans aucun doute repoussé son père avec arrogance, refusant la moindre marque affective. Toujours est-il qu’elle ne manqua pas pour autant la petite diatribe de la fille Kark qui venait visiblement de se trouver du courage, à moins que ce ne fut tout simplement une démonstration d’inconscience. Elle se rappela à quel point les choses avaient été difficiles à vivre pour elle et son cœur se réchauffa lorsque la jeune fille parla de passer le reste de sa vie avec son fils.

Anna Bella s’était sentie très seule après son mariage avec Evan. Le suicide de celle qui aurait dû être sa belle-mère à quelques jours de la cérémonie l’avait laissée orpheline de la seule personne qui aurait pu l’aider à comprendre ce qu’il se passait, à anticiper les réactions d’Evan, à les accepter finalement. Calliope aurait cette chance elle, Anna Bella se promit de ne pas la laisser seule face à cette épreuve comme elle-même l’avait été. Elle lui transmettrait toute son empathie, partagerait son expérience, ne la laisserait pas isolée du monde et perdue dans un univers aussi pervers que dérangeant. Les paroles de Lilith résonnaient encore lorsqu’elle fit son entrée. Elle posa doucement une main compatissante sur l’épaule de Calliope, traversant sans même y penser la barrière du protego.

- Calliope, aujourd’hui tu es fiancée, tu es la future femme d’un homme. L’heure n’est plus aux caprices d’enfant mais aux explications adultes, et des explications tu en auras. Je t’en fais la promesse. Je te les donnerais moi-même s’il le faut, tu n’auras pas à traverser ça toute seule. En attendant, si tu as une once d’affection pour Baël, ou à défaut pour Lilith, je t’en conjure ne restes pas ici. N’attire pas l’attention de la foule sur ce qui se déroule dans cette cuisine, tout ce qu’ils veulent c’est te voir, te féliciter, échanges deux mots avec eux et j’essayerais de faire en sorte d’écouter la réception autant que cela me sera possible. Je sais que ce n’est pas facile, mais il faut que tu le fasses pour toutes les personnes dans cette pièce que tu pourrais apprécier encore ou avoir apprécié un jour…

Anna Bella ne savait pas si ses paroles avaient portées, Calliope lui tournait toujours le dos mais elle espéra l’avoir convaincue. Si la jeune fille avait besoin d’être soutenue en cet instant difficile, la matriarche du clan Rosier avait bien du mal à tenir elle-même le choc provoqué par ses souvenirs, par la perte de Philippin, par ses incertitudes concernant tous les êtres qu’elle aimait.
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Ce message a été posté Sam 28 Jan 2012 - 0:50




    De l’air. De l’air. Baël se sentait comme un poisson hors de l’eau. Ses doigts crispés sur la veste d’Evan, il cherchait à se raccrocher aux plus infimes sensations, pour garde tangible le sol sous ses pieds. Les sons lui parvenaient de plus en plus assourdis, comme si on l’avait éloigné de la fête. Pourtant il n’avait pas bougé d’un pouce, il n’avait pas esquissé un geste avant qu’on ne l’agrippe et le fasse descendre de l’estrade. Lilith. La pensée explosa à l’orée de son cerveau, puis il se vit tomber dans un trou noir, happé par les ténèbres, alors qu’on le faisait descendre de l’estrade. Il savait qu’on était en train de l’entraîner à l’écart, mais son corps refusait de suivre. Le démon lui voulait rester au cœur de la fête, là où il y avait le plus de monde. Il voulait voir s’effacer leurs sourires, couler des cascades de sang et plus de champagne. Traînant des pieds, il rendait la tâche de plus en plus difficile pour Lilith. Ses membres étaient mous comme du caoutchouc, son cou ne pouvait plus soutenir sa tête, son poids était entraîné vers le sol. Il avait envie de se couler dans le parquet, de se coller aux lattes et de traîner là comme un poids mort pour qu’on ne puisse plus le charrier à sa guise. Quand Evan vint le soutenir, Baël retint le sursaut du démon pour s’en débarrasser, mit toute sa volonté à mettre un pied devant l’autre. Encore et encore.

    Cuisine. Il eut l’impression de refaire surface après être resté une éternité sous l’eau et il posait un regard perplexe sur une pièce qu’il connaissait pourtant comme sa poche. La cuisine. Son havre de paix. Le seuil lieu encore inviolé dans cet immense manoir. Le… Un tic nerveux agita sa paupière. Son bras se leva mais il ne l’avait pas commandé. De nouveau il se sentit repoussé en arrière, et le décor lui sembla plus flou. Il cria. Il était certain d’avoir crié. Mais personne ne lui prêta attention. Ils étaient en train de se disputer. Calliope était là. Et ils ne faisaient pas attention à lui. Il n’y avait donc personne pour l’aider ? Ses mains fouillèrent ses poches, à la recherche d’une baguette qu’il ne trouva pas et il sentit ses lèvres se tordre sur une grimace de mécontentement. Il rit, un rire qui ne franchit pas ses lèvres mains défiait le démon, qui le ligota pour de bon et l’obligea à n’être plus que spectateur.

    Alors que l’attention de tous était portée ailleurs, son corps se balança jusqu’à un meuble dont il extirpa d’un tiroir un couteau, long couteau qu’il coinça dans la ceinture de son costume et sur lequel il referma sa veste. Juste à cet instant, Anna entra dans la pièce. Et le démon sourit. Le geste si anodin de la matriarche lui avait donné une idée. Cette fois le rire cascada de ses lèvres, soulevant sa poitrine, dément. Il avança jusqu’à se trouver aux côtés de Calliope, quitte à prendre des risques, et prit la jeune femme dans ses bras. Devant tous il saisit son poignée, agitant en l’air la main à laquelle avait été passée la bague. « C’est vous qui lui avez donné le droit de se trouver là. » Son autre main elle, dessinait un parcours aventureux sur les courbes d’un corps qui semblait encore juvénile mais qui n’avait rien à envier aux grandes beautés. Il prit même en coupe au creux de sa paume un des petits seins. Sentant la jeune femme frémir contre lui il lâcha son poignet, continua sa découverte, la main enfouie dans les replis de sa robe. Contre ses doigts il sentit la rugosité du bois, doucement ses doigts se refermèrent autour de la baguette de la poufsouffle. Il la brandit avant qu’on ne puisse s’étonner de cette soudaine proximité, lança un sort contre la porte dont on entendit distinctement les verrous se fermer, en même temps qu’il repoussait la jeune femme au loin. Dans un même geste il la pointa vers Anna Bella, qu’il agrippa par la brettelle de sa tenue et ramena contre lui.

    « Doucement… » Prévint-il, autant Lilith qu’Evan. « Ce n’est pas la sienne. Qui sait ce que ça pourrait faire comme dégâts ? » Lança-t-il sur un ton guilleret. Un sorcier pouvait utiliser la baguette d’un autre mais l’issue du sort était très aléatoire. Se servant de la mère de Baël comme bouclier, le démon choisit d’ajouter un peu de piment à une situation qui n’avait pourtant pas besoin d’être corsée ; il récupéra le couteau qu’il glissa sous le cou délicat d’Anna Bella.

    « Je sens que maintenant j’ai toute votre attention. Alors je vais le dire une fois seulement. Ce soir, c’est moi qui commande. Et vous avouerez que les occasions sont suffisamment rares pour que je veuille en profiter. » Il fit quelques pas en arrière, entraînant avec lui Anna, pour mieux voir les trois autres sorciers et les tenir à l’œil. « Si j’obtiens satisfaction, l’adorable Anna ne souffrira pas trop. Je me sens même d’humeur taquine. Si l’on instaurait un jeu voulez vous ? Vous essayez de deviner ce qui m’amène en votre compagnie ce soir. Et ce qui m’a vraiment, vraiment mis en colère. Et si vous vous trompez je ne fais que lui couper un doigt à la fois ! »
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Ce message a été posté Lun 30 Jan 2012 - 23:42

Devrait-il lui faire comprendre lui-même qu'elle n'avait pas sa place ici ? Evan se mordit les lèvres et se demanda s'il ne pourrait pas se contenter d'une grande claque sur son petit minois pour que la fille de Mervyn comprenne qu'on ne l'invitait pas à croupir aussi. Ce serait une façon merveilleuse de lui faire découvrir la façon dont tu traites tes enfants, de la faire entrer dans la famille.. Il leva les yeux au ciel quelques secondes. « Ta gueule » murmura-t-il au démon dont il entendait les pensées sinon la voix, oubliant qu'il était en public cette fois-ci. Peu importait au fond. La petite oie blanche qu'avait pondu une des épouses de Mervyn trouvait encore le moyen de ramener toute l'attention sur elle. A se demander comment cette gamine pouvait jouer les ingénues en vampirisant son entourage de cette façon. Pour une potiche, Calliope était une jolie et bien efficace potiche. Anna Bella et lui protégeaient leur secret depuis des années, au prix de nombreux sacrifices et d'une culpabilité grandissante. Qu'on demande immédiatement à entrer dans la famille, comme si cela pouvait être un privilège, l'excédait. Qui sait si elle n'allait pas pépier mot de toute cette histoire ? Il aurait fallu passer un serment inviolable avant. Il regretta de ne pas avoir insisté auprès de Mervyn quand ils organisaient l'annonce. Ton meilleur copain s'est un peu fichu de nous. «  ... Juste elle. » répliqua-t-il à voix basse, par habitude. Ce n'était pas Mervyn, c'était juste Calliope. Il ferma les yeux quelques instants tandis que la voix furibonde de sa fille, brave Lilith, se chargeait de faire comprendre à la fiancée qu'elle était de trop.

Lorsqu'il rouvrit les yeux, la voix persifleuse de son démon se tut devant Anna Bella. La sorcière parvenait suffisamment bien à faire ressortir les bribes d'humanité restant chez son mari pour que le démonisme ait toujours moins prise lorsqu'elle apparaissait. Laissant place à l'homme amoureux, le chef de la Justice Magique contempla quelques secondes son épouse. Les paroles douces de son épouse avaient toujours su apaiser la famille Rosier, dénicher des compromis quand on ne s'y attendait plus. A défaut de leur permettre d'exprimer les uns pour les autres un amour qu'ils n'étaient pas certains de ressentir, les Rosier parvenaient en sa présence à ne pas s'étriper. Il attarda son regard sur les cheveux de son épouse qu'il ne verrait jamais blanchir, sur la peau douce de ce visage dont il connaissait les expressions mais sur lequel il n'aurait pas le temps de voir des rides. Mais oui, ton Anna Bella est parfaite, blablabla. Cesse de jouer les amoureux transi, ce n'est pas de ton âge et cette ... Oh tudieu, le petit ... tonna la voix du démon dans l'esprit d'Evan.

Baël s'était écarté sans qu'il s'en aperçoive. La silhouette du jeune homme se rapprocha d'Anna Bella, et le chef de la Justice Magique se crispa. Il avait beau savoir que ce n'était là que son fils, la crainte que son épouse décide de partir refaisait surface sitôt qu'on approchait d'elle. Ce qu'elle fera tôt ou tard. Non, son fils n'approchait que la fiancée casse-pieds. Tant mieux. Il se détendit quelques instants, encore que les mains baladeuses de Baël lui firent froncer les sourcils. L'aîné de ses enfants, à l'inverse d'Azaël qui avait bien trop tendance à le faire, n'avait jamais paru s'intéresser à l'autre sexe et faire des propositions de cette nature. Baël avait sans doute une vie ... Disons sentimentale plus qu'amoureuse, mais le voir exprimer un intérêt de cette façon, en présence d'une famille qu'il cherchait à fuir, intrigua un peu Evan, jusqu'à ce que ...

Ce fut comme si tout l'oxygène avait quitté la pièce lorsque les verrous de la porte s'étaient fermés. Evan ne put qu'être un spectateur impuissant lorsqu'il vit le corps de Baël menacer Anna Bella d'un couteau. Toujours incapable de respirer tandis que la chair de sa chair menaçait son unique amour, le patriarche Rosier eut le sentiment que son crâne ne tarderait pas à exploser. Tandis que sa main gauche s'agitait de spasmes, Azaddel entendait bien agir si Evan en était incapable, le chef de la justice magique chercha désespérément à reprendre son souffle. Baissant la tête, il écarta le regard du couteau luisant près de la gorge de son épouse pour fixer le sol quelques instants : une tentative bien inutile pour reprendre son souffle à défaut de ses esprits. Mille scénarios cauchemardesques qui s'étaient imposés à lui depuis des années prenaient un sens différent. Il avait passé des années à ordonner à son épouse de toujours garder sa baguette avec elle, de toujours prévenir quelqu'un lorsqu'elle sortait et d'annoncer une heure approximative de retour, de vivre comme si elle était aussi susceptible de faire un séjour en cachots. La stupidité de tout ce temps passé à s'écarter d'elle pour être certain de ne pas la blesser lui sauta au visage, l'étouffant encore un peu plus dans son malaise. A quoi servait d'emprisonner son épouse dans une cage dorée s'il avait laissé la porte ouverte à la descendance monstrueuse qu'ils avaient engendrée ? Des enfants qu'il aimait pourtant, autant qu'il puisse le faire. De loin, sans paraître s'inquiéter pour eux autrement pour que pour assurer la transmission de leur nom et de ne pas faire de vagues, en se disant qu'il valait mieux passer à côté d'une affection réciproque puisque le temps ne tarderait pas à les séparer et les faire tous souffrir s'ils tenaient les uns aux autres. On ne pouvait tenir qu'à Anna Bella, la seule qui ne sombrerait pas dans une folie programmée. Lié à elle pour le pire bien plus que pour le meilleur, Evan avait reporté des années d'affection accumulée dans un recoin de son être, se jetant dans un amour inconditionnel pour sa femme. Ce qu'il n'avait jamais eu à regretter jusque là : il lui paraissait plus agréable d'être fou d'amour pour elle que de se rendre compte qu'il était simplement dément.

Comme si on lui avait flanqué un violent coup dans l'estomac, il retrouva brusquement sa respiration et fut ramené dans cette cuisine qui lui paraissait désormais tout autre. C'est aussi mon corps, Evan. Son bras gauche fut parcouru de quelques spasmes, et comme s'il avait eu une crampe, il fut incapable de lui commander. Sa baguette descendit entre ses doigts et il entrevit ce que le démon ne tarderait pas à commander. Il était hors de question de jeter un sort. Le démon de Baël empêcherait son porteur d'être blessé, et Anna Bella risquait bien trop d'être un dommage collatéral. Ses yeux rencontrèrent ceux de son épouse et il se conforta dans cette décision. Mieux valait prendre quelques mauvais coups s'il le fallait.

« Baël »
appela-t-il d'une voix rauque.

Ses yeux se fermèrent quelques secondes. Son corps était empli de fourmillements, d'innombrables assauts d'Azaddel lui rappelant qu'il tenait à contrôler ce corps. Il leva l'autre main en signe d'apaisement.

« Je conçois que tu m'en veuilles. Mais Anna Bella n'a pas à être une victime. Tu vas écarter ce couteau d'elle, d'accord ? Et moi, je me débarrasse de ma baguette. »
articula-t-il en faisant des gestes lents. « Ne fais pas de ta mère et de ta soeur des victimes de mes erreurs.»

Il jeta sans hésitations sa baguette sur le plan de travail derrière lui, tandis que les fourmillements causés par le démon se transformaient en brûlure qui n'existaient que dans ses sens. Tout irait bien. Baël était jeune, en colère contre le reste du monde mais influençable. Il suffirait d'écarter le danger, d'écarter Anna Bella de leur monstruosité. Que cette réception guindée à l'étage lui semblait lointaine ... Il était le seul à avoir transmis cette malade à leur descendance, le seul aussi de cette famille à avoir accepté ce mariage forcé. Baël ne comprenait-il pas que sa mère n'aurait pas laissé se faire quelque chose comme ça sans le prévenir, sans être sûre qu'il pourrait être heureux ? Ne pas prévenir Baël avait semblé une question de logique : il ne fallait pas lui donner une occasion d'humilier la famille Kark, lui laisser le temps de préparer une réponse sarcastique ou un refus à l'annonce d'une vie conjugale liant des familles parmi les plus influentes de la Grande-Bretagne sorcière.

« Si l'on excepte Mervyn, j'ai décidé seul de ce mariage. Réglons ça tous deux. » Il s'approcha légèrement, tenant toujours ses paumes bien visibles des yeux de Baël. « Ne pas te prévenir avait pour but d'éviter une scène en public, quand bien même je ne te laissais pas de choix. Les usages ont paru une excuse suffisante pour ma conscience. Je ne prétends pas être quelqu'un de bien, Baël. Tu le sais. »

Demeuré. Trente ans de vie commune ne t'ont pas appris qu'on ne discute pas avec un démon? Baissant la tête, il fit une courte pause pour éviter un léger haut-le-cœur psychique. L'omniprésence d'Azaddel dans ses muscles le rendait nerveux, Evan se méfiait d'un mouvement brusque dont il n'aurait pas la volonté et qui plongerait son épouse dans une délicate situation. Il rouvrit les yeux, un peu plus blême encore, et plongea de nouveau son regard dans celui de son fils. S'enquérir de la situation d'Anna Bella et garder son calme lui semblaient deux attitudes impossibles à concilier. Comme avant chaque effacement de sa conscience, sa voix devint différente. Les sons en sortirent difficilement, les mots furent parfois coupés en parties inégales et sans autre raison logique qu'un mal fou - c'était le cas de le dire - à ordonner ses pensées et s'exprimer.

«  Nous n'allons pas pouvoir annuler maintenant ce mariage. Calme toi. » précisa-t-il immédiatement « Il fallait faire oublier l'explosion du manoir Kark quelques temps. C'est fait. Des fiançailles n'ont aucun poids réel. Ce n'est qu'un peu de poudre aux yeux. Nous prendrons bien du temps pour vous fai .. Laisser passer à l'étape du mariage. Si vous y tenez tous deux. » annonça-t-il en jetant un oeil à la belle-fille trop curieuse dont il se serait bien passé.
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Hudson K. Higgs
Hudson K. Higgs
Docteur mamours
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Ce message a été posté Mar 31 Jan 2012 - 18:37

D’une élégance apprêtée d’une savante simplicité, le hall de réception rendait un hommage raffiné aux laissés pour compte de l’infortune des Kark. Mais les voix qui ne devaient être que murmures imprimés de gravité, explosaient de couleurs chaudes et exaltées quelque peu déplacées pour une soirée à la mémoire de défunts. Et le décor sobre ne mettait alors plus qu’à l’honneur le faste des convives plastronnant tels des paons fiers de leur parure. Là, on ne renchérissait que pour se donner plus de valeur. Pour la convenance l’on portait un masque de compassion affecté néanmoins facilement trahi par une conversation sanglotant les démunis avec si peu d’intérêt qu’elle ne trouvait de sens réel que dans la beauté du mot, et si l’on était désolé, on ne l’était vraiment que pour la famille du premier ministre. La Higgs qui avait observé la scène d’un regard amusé, sans prendre la peine de se montrer, sourit l’immuabilité des codes de la société. Ce ne fut que lorsque son regard croisa furtivement les yeux d’un noir gourmand d’une Calliope faisant son entrée pleine de sourires, qu’elle se décida à se joindre au déluge de fracs et robes luxuriants. D’un pas assuré, elle retrouva un petit groupe de personnes qu’elle avait connues des années plus tôt et avant même qu’ils ne s’en aperçurent, elle s’était subtilement glissée dans leur discussion. Elle savait ce dont la rumeur l’accusait en silence, Isis le lui avait rappelé des mois plutôt et l’aiglonne avait bonne mémoire, aussi son discours avait mûri les plus irréfutables arguments pour sa défense. Et quand on lui demanda pourquoi l’on n’avait eu le plaisir de sa présence depuis tant d’années, l’acte si souvent répété, se joua naturellement avec une argutie irréprochable. Le petit groupe but ses paroles comme l’on déguste un bon cru, l’envie indéniable de relevé ce petit on ne sait quoi d’inadéquat pour mieux se laisser charmer par la note fruité du parfum d’accords parfaits. Sur cette petite victoire dont elle savait devoir une partie du succès à son amitié avec Calliope, Anna Bella Rosier prit la parole du haut de l’estrade, allumant une petite lueur belliqueuse dans le regard de la médicomage. Timing parfait. La fin des discours donnerait matière à nouvelle conversation concluant son retour sans plus de questions si bien qu’on n’oublierait dans les rires et flatteries partagés son absence prolongée.

Tout en écoutant l’allocution d’Anna Bella, les pupilles bleus claires se promenèrent sur le podium s’arrêtant avec douceur sur la jolie princesse resplendissante de grâce quand un sentiment de fierté vint soulever sa poitrine et dessiné sur son visage un sourire émerveillé. Elle était indéniablement fière de la connaître depuis l’enfance, d’avoir tenu sa toute petite main d’une douceur innocente, d’avoir pu la rencontrer sous les auspices les plus défavorables pour découvrir sa force et son courage et de pouvoir, comme auparavant, la voir s’épanouir. Puis la voix de Mervyn amena son regard sur sa mère, séduisante créature à la moue capricieuse dont les yeux brûlaient d’une jalousie viscérale telle, qu’elle ne cessait de lui parler d’Elena Mulciber depuis le jour où elle était revenue au manoir Higgs. Toute la rancœur nourrie depuis sa prime jeunesse à l’encontre de sa génitrice s’était ainsi presque toute entière transformée en une concupiscente compassion. La voir se consumer de l’intérieur satisfaisait une part de son être si conscient de tout le mal que l’on pouvait seul se faire, qu’il ne demandait que brindilles pour alimenter doucement ce feu destructeur. Tout à coup, l’apologie du premier ministre perdit de son ton sentencieux et compassé pour se vêtir d’un apparat éclatant de grandiose avant d’annoncer l’union de sa fille à Baël. En quelques phrases, il avait concentré toute l’attention de l’audience sur les deux jeunes gens et pétrifier sur place plus d’un Higgs. Tous les regards, à quelques exceptions près, n’attendaient que de voir une jolie bague se passer au doigt de Calliope, ce que le jeune Rosier accomplit avec une légère maladresse que l’assistance émue mit sur le compte de l’émotion. Les yeux encore écarquillés de surprise, la sorcière chercha son frère du regard. Elle l’aperçut au bras de la benjamine Rosier qui plus prompt qu’elle l’avait retenu d’une quelconque entreprise irréfléchie digne de l’éruptif qu’il était et au moment où Lilith rejoignait sa famille sur la scène, Hudson s’était faufilée jusqu’à son frère. Un geste, à peine perceptible, lui suffit à comprendre qu’il avait senti sa présence et comme les sœurs Rosiers appelaient les applaudissements, elle se joignit à tous sans un mot, seul un radieux sourire aux lèvres.

Tout ça n’était qu’une comédie, une grotesque comédie, dans laquelle l’on faisait défilé les masques un à un sans jamais montrer son vrai visage. Quand les applaudissements s’apaisèrent, l’orchestre entama les premières notes d’une mélodie dansante alors que le futur marié quittait les devants de la scène au bras de sa sœur. Ce fut ensuite le tour de Calliope de s’éclipser tandis que les convives se répandaient en compliments auprès des parents du jeune couple. Ne sachant que faire du volcan en ébullition tout près d’elle, elle lui agrippa fermement la main et l’entraîna au milieu de la salle. « C’est l’heure de me montrer si tu sais toujours danser la valse, petit frère. » Posant la main droite du Serpentard sur sa taille sans relâcher un instant la pression exercée sur sa main gauche, elle l’obligea à suivre la danse. Quand ils eurent terminés un premier tour de piste, patriarche et matriarche Rosier s’étaient à leur tour envolés quelque part au bout de l’un des couloirs interminables de leur demeure. « Maintenant, je vais tourner, »prévint-elle Tyzonn en l’obligeant d’un regard pesant à la suivre encore. Elle ne pouvait pas le laisser partir, pas alors que les acteurs principaux de la mascarade avaient disparu. Et elle ne trouvait aucun mot juste à prononcer au creux de l’oreille de son frère. Elle ne savait qu’occuper ses pas à autre chose qu’à fuir. Tout en valsant, ses pensées étaient tournées vers le groupuscule qui ne réapparaissait pas, et, doucement commencèrent à s'écouler vers Monsieur Nounours et les mystérieux secrets des Rosier.
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Calliope Kark
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Ce message a été posté Mer 1 Fév 2012 - 0:18

    Le regard plus encore que ses ordres haineux suffirent à mortifier Calliope dont la douceur ne semblait plus être qu’un nuage vaporeux. Un souvenir sans contenance, et pas assez épais pour lui faire ignorer une réalité douloureuse. Quelque chose venait de se briser entre Lilith et elle, et la Kark ne le comprenait que trop bien à travers les œillades mortelles que la blonde lui lançait. Ce n’était pas nouveau, la Rosier depuis juin n’avait cessé d’ériger des barrières entre Calliope et elle, sans tenir compte pour autant de l’opiniâtreté de la Poufsouffle. A défauts de détruire ses hauts murs invisibles la sorcière s’efforçait de se frayer un chemin entre les pierres, quitte à escalader. Mais là, il n’était plus question de murs, mais de forteresse, de place forte imprenable dont on l’éjectait. Déjà meurtri par ce qu’elle considérait être une trahison, Calliope n’avait pu qu’hoqueter de surprise lorsque Lilith avait soufflé les miettes de leur amitié sans l’ombre d’une hésitation. Leurs éclats de rires, leurs jeux d’enfants avaient pris une couleur sinistre, et ne laissait flotter derrière eux que l’odeur infâme d’un mensonge purement calculé. Pour autant elle n’avait pas envie de fuir, plus en colère que triste, la Kark voulait comprendre. Savoir enfin dans quelle impasse on semblait tend à décider à la perdre. Lasse d’être manipulée par ces prétendus êtres bienpensants, qui ne lui témoignaient au final que du mépris. Car c’était bien cela le problème non ? On lui demandait d’obéir docilement, sans protester, ni poser de questions. D’avancer à l’aveugle vers un destin funeste. La loyauté l’avait toujours poussée à se jeter à corps perdu dans tous les traquenards que son père lui avait tendu. Mais ce soir, elle n’avait plus envie d’être la poupée désarticulée qu’on manipulait à sa guise. Excédée la jeune langue-de-plomb sentait l’indignation gonfler son cœur alourdie par toute cette mascarade. Son ventre lui semblait se distordre et implorer silencieusement le doux retour des papillons que lui avait fait entrevoir Tyzonn. Le temps des caresses et des baisers silencieux semblait comme envolé, à tout jamais hors d’atteinte, pas même un souvenir suffisamment solide pour lui servir de bouée de cet occulte raz-de-marée. Silencieusement Calliope, faisait le bilan de l’année écoulée, et inlassablement s’accrochait à une certitude. Celle que du haut de ses dix-huit étés elle avait vu pire. Connu pire. Elle s’était jetée sciemment sous les crocs d’un vampire, avait senti son âme se déchirer trop de fois ces derniers mois, avait nargué la grande faucheuse en frappant à plusieurs reprises aux portes de la mort. A côté tenir tête à Evan semblait être un choix à peine audacieux. Pourtant en cet instant le souffle d’Abel dans son cou lui paraissait presque plus agréable que les regards qu’on lui réservait. Mais eux s’en rendaient-ils seulement compte ? Non, il n’y avait qu’à déchiffrer leurs yeux dédaigneux, pour comprendre toute la pitié qu’elle leur inspirait. L’image lisse dans laquelle on l’avait enfermée ne lui convenait plus, le moment de la mue était arrivé depuis bien longtemps. Et Calliope restait la seule à l’avoir remarquée.

    La présence d’Anna Bella aurait dû l’apaiser, et quelque part elle le fit légèrement, au contact de la tendre paume de la Rosier, la sorcière avait senti ses épaules s’affaisser. De tous les Rosier, c’était encore elle la plus honnête, mais les vérités qu’elle lui servait avec douceur étaient loin de séduire Calliope. De pauvre princesse, on la transformait d’utérus prêt à procréer. Même Anna-Bella la traitait comme une coquille vide. Et Baël ? Baël sans doute aussi. Les explications, elle les voulait maintenant, pas après quand ils auraient eu le temps de s’arranger entre eux et lui servir les mensonges les plus odieux. Mais comme à chaque fois qu’on faisait appel à ses sentiments, la Kark se sentait flancher. Son regard sombre s’hasarda sur l’ainé des Rosier dont les yeux clairs étaient toujours embués de cette inquiétante matière noire. En colère loin d’être apaisée, Calliope consentait pourtant à rester en retrait quelques temps, sans perdre de vue la perspective d’exiger des explications. Baël avait l’air suffisamment mal pour que Callie consente à mettre sa rancœur entre parenthèse. Est-ce qu’il allait mourir ? Est-ce qu’il reviendrait un jour comme avant ? De la démonologie Calliope, ne connaissait en somme que le nom, et les quelques symptômes qui avaient échappé à la vigilance des Rosier. La sorcière avait écumé toutes les bibliothèques du ministère, celle secrète des Kark, à aucun moment, ses yeux charbonneux n’avait décelé l’ombre d’une piste, d’une définition de ce phénomène mystérieux. Longtemps la librairie secrète des langues-de-plomb lui avait paru comme étant la gardienne du secret, mais après avoir épluché ses livres de magie noire, elle n’avait rien trouvé. La raison était simple, Evan avait été à la tête du département des mystères pendant longtemps, il avait alors été tout à fait libre de faire disparaitre toute trace de cette science occulte.

    La jeune femme s’apprêtait à faire demi-tour après avoir accordé un dernier regard coléreux à Lilith, lorsqu’elle sentit deux mains l’agripper. Une intrusion agressive dans son intimité qui la laissa silencieuse et écarlate. La même odeur, les mêmes mains, et pourtant Calliope ne reconnaissait pas Baël. Il y avait dans la brusquerie de ses mouvements quelque chose qui ne correspondait pas au chasseur de vampire. Inconsciemment, elle fit le parallèle avec la tendresse dont Baël avait preuve la dernière fois qu’ils s’étaient retrouvés enlacés dans cette cuisine. Mais le Rosier franchissait déjà la ligne rouge en se saisissant de sa baguette, que Calliope comprenait enfin. Ce n’était pas lui. Mais comme à chaque fois, la Kark avait un temps de retard. La porte se refermait, scellant le piège, et les plongeant surtout dans un huis clos angoissant. Son cœur manqua un battement, avant de s’emballer furieusement alors que tout s’accélérait. Dans sa tête résonnait inlassablement la même litanie. Ce n’est pas lui, ce n’est pas lui, ce n’est pas lui, ce n’est pas lui, ce n’est pas lui. Mais c’est qui ? C’est quoi ? Baël avait conscience de ce qu’il faisait ? Qu’il menaçait l’être auquel il tenait sans doute le plus ? Calliope se rappelait encore la mine gêné du jeune homme lorsqu’il avait évoqué avec elle son souvenir le plus précieux, et Anna Bella avait dedans une place centrale. On ne pouvait pas le laisser faire ça, pas seulement parce qu’elle aimait la fondatrice du Firsts Ladies Pure-Blood comme une mère, mais parce que si jamais Baël finissait pas redevenir lui-même, il se haïrait. Immobile et silencieuse, la Kark écoutait Evan tenter d’apaiser son fils, on lui avait fait suffisamment comprendre qu’elle était de trop ici, pour qu’elle prenne une initiative. La Poufsouffle n’eut le courage que de s’engouffrer dans la brèche qu’avait déjà voulu ouvrir le chef du département de la justice magique lorsqu’elle sentit le regard de ce dernier s’appesantir sur elle. « On fera ce que tu veux. Si vous ne veux pas de ce mariage, je parlerai à mon père, je suis certaine qu’on pourra trouver une solution… » Marquant une légère pause pour tenter de capter le regard du démon, comme pour chercher au fond de ses abysses une trace de Baël. « S’il te plait Baël, repose ce couteau, tu ne veux pas lui faire ça. Rappelle-toi de son rire. Il faisait beau Baël. S’il te plait souviens-toi et repose ce couteau. Rappelles-toi ce que tu as ressenti à ce moment-là. S’il-te-plait Baël…. »


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Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

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Ce message a été posté Mar 21 Fév 2012 - 13:33


    Baël aurait voulu crier. Les avertir. Il aurait voulu que les muscles de son visage lui obéissent et que ce soient ses pensées qui franchissent ses lèvres. Il pouvait lire dans l’esprit du démon comme si c’était le sien, puisqu’ils partageaient le même corps et il n’aimait pas ce qu’il y voyait. Le démon était fou de rage d’être maintenu sous clé avec tant d’efficacité. Evan aurait pu être fier de ses efforts pour rendre sa progéniture plus forte, mais pas pour les raisons qu’il suspectait. A force d’humiliation et de mauvais traitements, Baël avait construit une barrière autour de sa personne qu’il était quasiment impossible à franchir. Il y avait en lui une force, une résistance, et un amour indicible mais devant cette nouvelle trahison tout avait été balayé, laissant les portes grandes ouvertes pour le démon. Et ce dernier comptait bien en profiter. Guettant d’un regard suspicieux le moindre geste du ministre de la magie, la créature maléfique nourrissait un grondement continu au fond de sa gorge. Son regard d’encre allait parfois à Lilith, à laquelle il décochait un sourire entendu, et Calliope, qu’il assassinait d’un regard. Mais il revenait toujours à Evan, qui avait jeté sa baguette dans un coin de la pièce et qui l’assommait de paroles apaisantes. Baël… Baël… Baël… Ce n’était pas là son nom ! Et ce soir c’était lui qui était aux commandes.

    Pour attiser la lueur folle dans le regard de l’homme, il rapprocha la lame de la gorge délicate d’Anna Bella. Proie de choix, si l’on en croyait les regards affolés de tous. Et proie choisie. Il écoutait mais n’était pas touché. La voix d’Evan était un titillement agaçant. Et elle renforçait sa prise, à mesure que le jeune jouvenceau qu’était Baël comprenait qu’il n’était qu’un pion sur l’échiquier de son père, qui n’avait pas eut la politesse, ni la décence de l’informer de ses plans sur sa pauvre personne. Sans qu’il ne l’ait décidé, le regard de la créature de l’enfer chercha les bouclettes brunes de Calliope et un frisson le parcouru tout entier, rendant ses muscles faibles. Il se rappelait de ce jour là. De la chaleur. De l’odeur de l’herbe…

    Avec un grognement de rage, le démon fit assoir Anna Bella sur une chaise qu’il tira devant lui, rompant ainsi le contact qui était en train de s’établir. Sa respiration était rauque, nouée par le combat qu’il était en train de livrer. Il esquissa un sourire lorsqu’il comprit qu’il gardait néanmoins le contrôle. « Suffit mortel ! » grinça-t-il d’une voix qui n’était pas celle de Baël. « Je suis Alastor. Exécuteur des hautes œuvres de l’enfer et je t’ordonne de garder le silence. Misérable chose c’est avec moi que l’on traite ce soir alors cessez d’invoquer le nom de ce gamin ! » Il avait aboyé ses recommandations, la bave aux lèvres, et il posa un regard furieux sur l’assistance pour s’assurer que le message était bien passé. Ce fut comme un pieu enfoncé dans le cœur de Baël. Cette présence tapie au fond de son être depuis des années, il ne pouvait maintenant plus l’ignorer puisqu’elle avait désormais un nom. Alastor. Il sentait la fureur de la créature démoniaque frapper dans tout son être, réclamer du sang. Il avait beau hurler et tempêter tant qu’il voulait, pas un seul de ses cils ne bougeait de son œuvre. Et c’était d’autant plus horrible pour lui qu’il connaissait la fausseté du démon, savait quelle était la résolution prise depuis le début. La colère dont il avait fait mention était celle de Baël, la sienne n’était qu’accessoire. Il n’avait cherché qu’un prétexte pour torturer, voir ses victimes se perdre en conjurations et asséner la sentence quoi qu’il arrive.

    Doucement il caressait les cheveux blonds d’Anna, l’arme toujours à la main, savourant un corps qu’il n’avait plus à se disputer. De nouveau il sourit à Lilith. « Toi au moins tu as compris les choses. Tu gardes le silence. Est-ce que ton voyage prochain t’inspire la sagesse ? » Son sourire s’agrandit, il s’esclaffa même, plutôt ravi de ce qu’il ne manquerait pas de faire naître. « Sache que tout l’enfer frétille rien qu’à l’idée de te recevoir… » Susurra-t-il en se penchant vers elle, avant d’éclater à nouveau de rire. Pour se calmer presque aussitôt alors que son regard retombait sur Evan. « Mais laissons ça pour le moment nous aurons bien l’occasion de nous réjouir en temps et en heure. Nous avons une question bien plus importante… » Le couteau roula dans sa paume, puis alla se planter dans la main d’Anna. Une gerbe de sang éclata aussitôt, l’éclaboussant, en même temps que des larmes dévalaient ses joues mal rasées. En contradiction avec son sourire euphorique, elles noyaient son visage. D’un geste lent il se saisit du manche de l’arme et la retira de la plaie, observant la lame ensanglantée un instant qu’il goûta du bout de la langue, affectant une moue appréciatrice.

    « Je veux aller danser… » Finit-il en souriant de toutes ses dents. Trop heureux qu’on lui ait lâché la bride et qu’il puisse enfin aller s’ébrouer. Libre. Il était libre d’agir à sa guise.
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Ce message a été posté Ven 2 Mar 2012 - 23:21

Evan bougeait chacun de ses doigts articulation après articulation. L'envie d'agir, de se jeter sur le corps de son fils possédé par un démon s'intensifiait. Il n'était pas sûr que ses paroles aient eu un quelconque impact sur le jeune homme face à lui. Baël était trop faible, incapable de s'opposer à son propre démon. Comment espérait-il survivre au monde extérieur ? De part et d'autres, le monde sorcier ne paraissait guère un havre de paix pour les sorciers, y compris ceux qui étaient démonistes mais incapables de maîtriser ce pouvoir. Evan lui en voulait déjà. Son propre fils, l'aîné de ses enfants, incapable de ne pas blesser la femme qui l'avait mis au monde ? De résister à un démon alors qu'il aurait du être capable de tout à cet âge-là ? Le patriarche de la famille Rosier ne se souvenait pas avoir élevé son fils comme ça. Il avait toujours été dur avec ses enfants, même un oeil extérieur s'en doutait sans mesurer la portée de l'éducation Rosier. Les enfants qu'avait porté Anna Bella auraient du être plus indépendants. Capables de survivre à leur père et faire survivre leur nom en ces temps de crise.

Et cette réception qui n'en finissait pas ... Azaël aurait beau détourner l'attention - Merlin sait qu'elle en était capable- quelqu'un finirait par s'apercevoir de l'absence de bien trop d'invités. Si au moins Mervyn avait pu venir rapidement, échanger sa place avec Lilith et Calliope, en collant un grand sort dans la tête de Baël. Evan n'était pas certain d'y parvenir. Il aimait ses enfants. Pas seulement parce qu'ils étaient le témoignage de l'amour et de la confiance qu'Anna Bella avait pour lui, pour des années passées à faire du mieux qu'il pouvait pour eux -même si c'était bien peu devant un père ordinaire- en se disant qu'ils seraient autre chose que des démonistes. Qu'il réussirait à les faire survivre, peut-être vivre s'ils en trouvaient encore la motivation dans un tel contexte. Son père était mort lorsqu'il était encore jeune, il n'avait pas voulu empêcher sa génitrice de le rejoindre, n'avait tout simplement pas pu lorsqu'il avait s'agit de son propre frère. En fondant une famille, Evan avait eu l'espoir un peu naïf qu'on comprendrait qu'il ne détestait pas ses enfants, qu'il les traitait si durement pour leur bien. Qu'au fond, il ne leur voulait pas de mal. Une résolution qui, comme sa loyauté envers Mervyn, ne tenait plus devant la perspective de savoir son épouse blessée. S'il arrivait quelque chose à Anna Bella ... A cette pensée, Evan inspira longuement. Il ne répondrait plus de ses actes, laisserait ce qu'il y avait de moins humain en lui agir à sa place.

Il regarda Calliope et eut un peu plus d'estime pour sa plausible belle-fille. Pas sûre qu'elle soit efficace, mais elle essayait au moins de protéger la famille, quitte à se mettre un peu en danger. Elle assimilait quelques leçons de vie Rosier. Protéger les intérêts de la famille, même si cela implique de prendre des risques inconsidérés. Même retranchés chacun derrière leurs barrières de méfiance, ils resteraient plus forts en faisant mine d'être unis en public.

Il y eut quelque chose de trop. L'inefficacité des paroles de Calliope. La peur de cette réception. La voix du démon s'exprimant par celle de son fils, lui sommant de se taire, mortel. La blessure infligée à la seule personne à qui il faisait réellement confiance. Mortel, misérable chose. Avec qui Alastor avait espéré traiter ? La voix du démon d'Evan se fit plus présente. Il vit distinctement Azaddel revêtir sa silhouette et s'approcher de Baël. Ce ne sera pas difficile. Il suffit de s'y mettre ensemble, Evan. Se fier à cette clause tacite et déraisonnable de leur partage de corps. Si un jour il se passe quelque chose de réellement grave pour les Rosier, Azaddel prendra le contrôle d'Evan, et lui sauvera la mise une dernière fois. Il les mettra hors de danger et profitera pleinement du corps acquis quelques temps plus tôt en récompense de ses bons et loyaux services. Bien sûr, ce gosse énervé, ce n'est qu'un entraînement. Pas de quoi justifier que je te vole ton corps maintenant. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, tu connais la chansonnette. Ca me fera plaisir d'intervenir cette fois, Evan. Il a blessé ton Anna Bella, non ? Ou notre, on s'en fiche. Manquerait plus que ce petit bleu sorti des Enfers aille gâcher la carrière qu'on a mis des années à établir. Je t'ai soutenu, forcé à suivre Mervyn. Je ne veux pas posséder le corps d'un incapable. Je veux voler celui d'un homme de pouvoir. S'il ruine ta carrière, j'aurais fait des efforts inutiles pour toi. Je ne vais pas laisser un démon me gâcher un travail de longue haleine, tu comprends ? Il faut stopper le démon. On amochera peut-être Baël mais ce ne sera pas grave. Il a blessé ton Anna Bella, tu en es conscient, j'espère ? »

[i]Tout a marché comme sur des roulettes. Mon hôte m'a laissé son corps. Je m'empresse d'en reprendre pleinement possession. A défaut de pouvoir faire des étirements, j'essaie de sentir chacune des différentes parties de cette enveloppe charnelle. Je pense avoir retrouvée ma mobilité. Il le faudra bien, cet imbécile a écartée sa baguette. Si j'avais eu le choix, j'aurais lancé un bon vieux Doloris dans la tête de son morveux. Anna Bella aurait été un léger dommage collatéral et le gosse aurait morflé, mais ce sont des choses qui arrivent. Enfin bon, ce n'est pas ma famille. Tant mieux, d'ailleurs. Pauvre Evan. Il ne parviendra pas à raisonner ce gosse.

Le gosse, pour moi, c'est avant-tout le démon. Les rejetons Rosier ne m'intéressent que lorsqu'ils menacent de brider la liberté de la créature qui bouffe leur père, moi. Par chance, ils aiment trop peu leur géniteur pour vraiment s'investir. Baël a aujourd'hui un triste coup d'éclat. J'aime autant vous dire que son père a résisté mieux que ça à mes divers assauts pour m'emparer de sa conscience quand il avait son âge. Il est vrai qu'Evan a pu décider de son mariage. Il avait d'autres problèmes à gérer, comme une famille de fous dangereux. Le peu qu'il en restait. C'est tout de même incroyable, cette capacité à ne jamais avoir un noyau familial digne de ce nom. Ce n'est pas ce qui doit m'intéresser ce soir. Il faut que je me charge de ce sale type. Un démon, faire ça ? J'ai rarement vu un pleutre doublé d'un idiot pareil. Tenter un coup d'éclat un soir où les Rosier sont en public ... Mais tout l'intérêt consiste à créer des tensions entre eux en privé et les rendre méfiants à chaque fois qu'ils voient du monde. Les faire mariner dans leurs angoisses existentielles et leur paranoïa grandissante. A cinquante ans, ils sont à point. Evan est bientôt prêt, je me languis.

En attendant, il va falloir que j'apprenne au nouveau venu qu'en ayant conquis le corps du chef de famille, c'est moi qui mène la danse côté démons. Il aura tout le temps de faire souffrir les enfants de Baël, il finira bien par y en avoir. Calliope n'est pas trop laide. Du moins je suppose, les démons n'ont pas ce genre de considérations stupides. Ah, il veut danser ? Il va danser, oui. Je précipite Evan sur lui dans un mouvement un peu dégingandé : ce n'est pas mon corps, il me faut un temps d'adaptation. Je pense m'acclimater suffisamment lorsque je lui décroche un violent coup de poing dans le visage. Je ne sais pas si j'ai plutôt frappé le nez ou le menton. C'était moins solide que prévu. Pas de remords, Baël est jeune. Il s'en remettra. Alastor aussi, mais peu importe son ego. Dans le doute, je frappe encore un peu. Un bon point avec Evan : avoir été langue-de-plomb l'a forcé à ne pas s'empâter comme les sorciers de son âge. Il faudrait presque qu'ils nous remercie, moi et ces heures passées au cachot : pas le temps de faire du gras quand on combat une voix dans votre tête. En plus de cela, il ne se verra même pas vieillir. Je suis trop bon. Sauf avec Alastor, jugeant qu'il a eu son content de coups, je fais se redresser le chef Rosier.


« Lilith, ton père et moi espérons que tu ne tomberas pas sur un démon aussi imbu de lui-même. Les petits jeunes qui abusent de leur autorité, ça m'agace profondément. »

Pas besoin de lui faire un dessin, je pense qu'il aura bien compris de quoi je veux parler. Maintenant, réglons les détails les plus urgents ... Dans un certain désordre, j'annonce que je vais transporter le corps dans un cachot. Calliope et Lilith vont remonter faire bonne figure et parler aux invités. Je ne sais pas ce qui me retient de leur demander de jouer les potiches. Peut-être parce qu'elles le font très bien. Surtout Calliope. Quand à Anna Bella, je prends sommairement des nouvelles pour rassurer Evan : elle va bien, il n'a pas besoin de chercher à reprendre le dessus. J'ai stoppé Bael, j'ai le droit de profiter un peu de ce nouveau corps. Ne vous en faites pas, je vous le rend vite, votre Evan.



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Lilith B. Rosier
Lilith B. Rosier
Bisounours qui s'ignore
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Ce message a été posté Sam 3 Mar 2012 - 0:40

    Les tentatives d’amadouer le démon de Calliope et son père firent lever les yeux au ciel à Lilith. Avaient-ils donc tous pris un coup sur la tête ? Il était impossible de raisonner avec un démon car l’être des ténèbres n’avait pas le même raisonnement qu’eux. Leur monde n’était que chaos, ne laissant aucune place aux parlements. Pourtant, l’action semblait trop dangereuse pour pouvoir tenter n’importe quoi.

    « Toi au moins tu as compris les choses. Tu gardes le silence. Est-ce que ton voyage prochain t’inspire la sagesse ? » Si Lilith n’aimait pas les sourires d’Alasdor-Baël, elle appréciait encore moins son ironie et ses réflexions. La sagesse ? Si seulement c’était le cas. Tiraillée par les élans colériques de Ga’derel, toute son attention était concentrée sur le bouclier mental qu’elle maintenait en place pour ne pas faire sortir un démon de plus mais aussi sur la recherche d’une quelconque manière pour qu’aucune des deux jeunes femmes ne soient blessées. « Sache que tout l’enfer frétille rien qu’à l’idée de te recevoir… » Ayant de plus en plus de mal à respirer correctement, la blondinette sentit ses poumons s’emplir lentement d’oxygène sans réussir à l’éliminer, sa colère brondissant dans ses veines. Son sourire hypocrite et mauvais ne fit que s’agrandir tandis que ses poings se fermaient à en faire blanchir ses jointures. Foutu démon. Si son arrogance était pénible à Lilith, cela n’en était rien comparé au démon qui l’habitait. La vanité d’Alasdor lui retournait l’estomac et Ga’derel ne le supportait pas. A quoi bon lui répondre ? Il n’attendait que ça ! « Mais laissons ça pour le moment nous aurons bien l’occasion de nous réjouir en temps et en heure. Nous avons une question bien plus importante… » L’esprit perspicace de Ga’derel la foudroya le long de la colonne dans une mise en garde désespérée. Deux secondes plus tard, le sang jaillit, arrêtant le temps dans ses méandres. Alors que son cœur se serra, Lilith n’eut pas le temps de faire deux pas avant qu’Evan n’entre en scène. Le premier coup de poing fut sursauter la jeune sorcière, oubliant quelques instants tous les problèmes de démonologie. Devant ses yeux, elle voyait seulement sa famille se déchirer entre eux à cause de la pression. Seulement ? Elle ne saurait le dire. Attrapant la première sorte de torchon qu’elle trouva sur son passage, Lilith se rapprocha rapidement auprès de sa mère afin de l’appliquer sur la plaie. Ne connaissant aucun sortilège de médicomagie avancé ou apprenti, elle se maudit de ne pouvoir faire plus. Il ne lui restait plus qu’une seule solution vu que les deux autres Rosier présents n’étaient plus vraiment en mesure d’avoir des sentiments humains. « Mochred !. Seul cet satané d’elfe de maison pourrait s’occuper correctement de la plaie, ce qui lui déplaisait grandement. Instantanément, le serviteur transplana et accourut auprès de sa tendre et chère maîtresse en se lamentant. Pas besoin de lui indiquer quoi faire que la minuscule créature s’agitait déjà bien assez.

    « Lilith, ton père et moi espérons que tu ne tomberas pas sur un démon aussi imbu de lui-même. Les petits jeunes qui abusent de leur autorité, ça m'agace profondément. » Deuxième reproche dans la soirée. Lilith l’a prise comme une gifle glaçante. Si au fond d’elle, Ga’derel s’insurgeait ouvertement contre les propos venimeux du paternel, Lilith la prit avec la même intensité. Gardant la tête haute malgré les réprimandes, l’Ombre du tout tenter pour garder son calme, quitte à se mordre l’intérieur de la joue. Pourtant, elle s’inquiéta en voyant le corps possédé de son paternel entrainer celui de son frère mais elle n’ouvrit pas la bouche. A quoi cela aurait-il servi ?! Détournant son regard des seuls hommes de sa vie qui allaient s’entretuer, la jeune femme croisa le regard de Calliope et lui indiqua d’un hochement de tête de venir avec elle en direction de la sortie de la cuisine. Elle n’aimait pas çà mais malheureusement, elle était impuissante. Comme toujours. Elle ne le supportait pas. Serrant les poings, elle se retourna vers Calliope qui n’avançait pas assez vite à son goût mais n’émit aucun commentaire. A vrai dire, elle ne savait pas quoi lui dire. La colère filtrait ses veines avec une telle ferveur qu’elle ne pouvait desserrer les dents. Laissant passer la jeune femme devant elle, elle tourna un dernier regard vers sa mère avant de sortir à son tour. En dix-sept années, les Rosier n’avaient jamais connu une crise comme celle-ci. Sans l’intervention de Calliope, elle aurait été rapidement réglée mais Alasdor-Baël avait profité de la faille. Elle ne pouvait pas en vouloir à Calliope… en réalité, si. Elle lui en voulait énormément. Pourquoi n’était-elle pas venue la voir pour lui en parler ? A la place, elle avait semé une belle zizanie.
    A peine quelques pas entrepris dans le couloir que Lilith amorça une demande mais aucun son ne franchit ses lèvres. Elle ne savait même pas quoi lui dire. Alors, à la place, Lilith fit ce qu’elle savait faire au mieux : se taire. Sans desserrer les dents, elle attrapa le bras de Calliope pour qu’elle puisse lui faire face. Un doigt sous son menton, elle le lui fit monter pour pouvoir apercevoir l’état de son cou et de l’endroit où les mains de Baël s’étaient posés un peu plus tôt. Fort heureusement, aucune trace de violence n’était visible. Elle pouvait réapparaître comme la petite princesse qu’elle était. « La prochaine fois, fait ce qu’on te dit ! » Son ton avait été sec. Bien trop sec à son propre goût mais elle ne pouvait s’en empêcher. Sept ans qu’elle gardait ce secret pour elle en pensant avoir été infaillible et la Kark venaient d’effacer tout çà en seulement quelques minutes. Elle voulait lui demander depuis combien de temps elle savait… et surtout comment. Pourtant, elles avaient une réception qui les attendait. La conversation serait surement remise à plus tard, en espérant qu’aucun fouineur ne se soit approché trop près des lieux du crime.

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Calliope Kark
Calliope Kark
"Unbowed, Unbent, Unbroken"
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Epouvantard : Son père baignant dans une marre de sang au ministère. Pas de chance c'est bien arrivé.
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Ce message a été posté Mer 7 Mar 2012 - 20:25

    La Kark assista impuissante aux dérives de Baël, non d’Allister. Sa bouche n’avait pu que se distordre. Calliope avait bien cru que qu’elle allait crier, son esprit était bien enclin à le faire lui, mais le son ne parvint pas à se frayer un chemin dans sa gorge serrée. Un instant la Poufsouffle crut qu’elle allait s’étouffer. L’inquiétude qui glissait ses mains sur son corps depuis son arrivée, plantait désormais ses griffes dans sa chair et la meurtrissait. La violence du mouvement du démon la paralysait, et ses grands yeux sombres glissaient inlassablement d’un Baël possédé à la main d’Anna-Bella. Sans oser bouger d’un cil Calliope observa Evan maîtriser son fiancé. Elle aurait aimé aider, tout comme elle aurait aimé pouvoir poser ses questions. Où est-ce qu’il l’emmenait ? Est-ce qu’il allait bien ? Est-ce qu’il allait redevenir lui-même ? Calliope eut toutefois du mal à abandonner Anna-Bella, la douce Rosier étant ce qui se rapprochait le plus d’une mère pour elle, il lui était difficile de la laisser alors qu’elle souffrait encore. Le bon sens, et sans doute le regard sombre d’Evan Rosier la firent cependant s’engouffrer dans le couloir désert.

    A peine vingt minutes avaient beau s’être écoulée, la fourchelang avait l’impression que la fête, les fiançailles appartenaient à un autre monde. Plus encore, Calliope se sentait complètement anesthésié, ailleurs, son lien avec la réalité semblait couper, et elle ne savait pas quoi dire, quoi faire, quoi ressentir face aux miasmes d’informations confuses qu’elle tentait d’assimiler. Mais Lilith eut alors le bon goût de réveiller en elle la colère que le flot d’évènements avaient paralysé. D’une simple phrase sèche, la Rosier avait brisé les chaines. Et Calliope sentait remonter en elle toute l’amertume et la haine que cette trahison lui inspirait. « C’est tout ce que tu as à me dire ? "La prochaine fois, fait ce qu’on te dit ! " Sérieusement Lilith ? Tu crois que tu peux t’en tirer comme ça ? » La remarque était sèche, et la question juste pour la forme. Calliope sentait son cœur s’emballer alors que son débit de parole s’intensifiait. « Tu m’as menti Lilith ! Alors que j’ai toujours été honnête avec toi ! Je t’ai toujours tout dit ! Et toi tu me mens depuis dix-sept ans et tout ce que tu trouves à me dire c’est "La prochaine fois, fait ce qu’on te dit ! " ! Et comment est-ce que j’étais censé savoir Lilith ? Comment je pouvais savoir alors que tu ne m’as jamais rien, que tu as gardé tout ça pour moi ! » Cette fois-ci elle criait presque, ses grands yeux sombres dardaient la Rosier de mille et un reproches plus cuisant encore que ses paroles. Il n’y avait pas de mots pour décrire ce qu’elle ressentait, par chance ses yeux s’exprimaient pour elle. « Tu n’as pas le droit de me rendre responsable de tout ça Lilith, mes erreurs ce sont aussi les tiennes. C’est l’ignorance dans laquelle tu m’as toujours plongée qui m’a fait vous suivre. » Sans vraiment qu’elle ne le réalise elle avait avancé vers Lilith, de sorte que seulement une dizaine de centimètres séparait leurs deux visages. La jeune sorcière avait également brandit un doigt accusateur, ce qui lui rappela qu’elle n’avait pas récupéré sa baguette. La boule de colère qui n’avait cessée de gonfler, venait de se percer, et retomber petit à petit. La Kark s’éloigna de Lilith alors qu’elle sentait son rythme cardiaque s’apaiser. Après un léger silence elle se contenta d’articuler avec aigreur avant de tourner les talons vers la salle de réception : « Je crois qu’on a plus rien à se dire. Maintenant si tu veux bien m’excuser je dois aller " faire ce qu’on me dit ". »


♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦ ♦

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Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d'inoubliables chagrins. Marcel Pagnol

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Ce message a été posté Jeu 15 Mar 2012 - 13:14




    Alastor, démon destructeur, n’avait qu’une loi. Semer le chaos. Bête de torture, Il n’appréciait que les cris d’agonie et l’odeur du sang et il avait sans cesse poussé son hôte dans cette direction. Un hôte qui contrairement à ce que l’on pouvait penser, lui tenait la bride haute et ne lui laissait qu’une infirme marge de manœuvre. Maudit Baël, le gosse était résistant et il avait déjà évité bon nombre de catastrophes. Mais cela personne ne pouvait le deviner. Ce n’était pas comme s’il mouftait chaque fois qu’une pensée sombre pesait sur lui. Non, le sorcier n’avait réellement personne vers qui se tourner et c’était au final ce qui le perdrait. Petit à petit, Alastor viendrait ronger ses défenses, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du jeune sorcier. Il se pourrait même qu’il réussisse plus vite qu’on ne le pensait. Et cela, était une raison suffisante pour faire la fête ce soir. Il se foutait bien de la réputation des Rosier. Les mortels n’étaient que des punaises qu’il fallait écraser et faire disparaître de la surface de la terre. C’était la domination du monde mortel qu’il envisageait, pas simplement de jouer aux cartes avec.

    Mais à se réjouir avec tant d’empressement il en oubliait qu’il n’était pas seul et il n’eut pas le temps de voir le coup venir. Le corps tout entier de Baël vibra sous la douleur et instantanément le démon relâcha sa prise sur le jeune sorcier, le laissant seul affronter la douleur que lui infligeait le patriarche. Baël aurait voulu crier, mais sa mâchoire lui faisait trop mal. Il aurait voulu se défendre mais son corps était trop lourd, comme s’il avait été fait de plomb et il ne pouvait même plus bouger un orteil. A une cadence proche de celle d’un balancier, les coups pleuvaient sur lui et il ne pouvait qu’attendre la douleur qui implosait à chaque impact. Le goût du sang sur sa langue le révulsait.

    Et en même temps la pénitence lui semblait justifiée. Il avait assisté en spectateur impuissant aux actes de son démon et s’il s’en voulait pour les phrases venimeuses lancées à Lilith. Il en était tout autre pour le mal qu’il avait fait à sa mère. Ses relations avec Anna Bella étaient compliquées et il avait de nombreux griefs à son encontre mais il n’avait jamais eut la volonté de la blessée. Même lorsque, gamin, il lui avait balancé un coup de pied pour s’attirer la colère de son père. Une part de lui se disait qu’elle savait toutes ses choses, qu’il était son fils et qu’elle le connaissait par cœur. Une autre partie de lui s’imaginait qu’à compter de ce soir, rien ne serait plus jamais pareil et qu’elle allait cesser de l’aimer. Même dans ses pires crises, il ne se souvenait pas que son père ait jamais levé la main sur elle. Sombrant dans l’inconscience alors qu’il sentait qu’on le soulevait de terre, il s’apprêtait à un nouveau face à face. Alastor l’attendait de pied ferme.



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