Portrait de famille [Rosiers]



 



Portrait de famille [Rosiers]
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Ce message a été posté Dim 4 Déc 2011 - 22:43

Le manoir Kark avait volé en éclat. Des fioles qu'Evan n'avait pu identifier avec précision avaient été dispersées dans plusieurs pièces de la cave, causant d'irrémédiables dégâts dans les fondations. L'héritage des Kark avait été balayé, Mervyn paraissait n'avoir rien emporté de siècles de collecte d'objets magiques et de ses affaires personnelles. Parmi les débris que le souffle de l'explosion avait emporté, il y avait eu le corps de Philippin Rosier. Les ombres s'en étaient sortis de justesse, Lilith avait transplané bien qu'elle ait été un peu hagarde à ce moment. On avait capturé une dissidente quelconque, une jeune femme qu'Evan ne demandait pas à connaître et qui avait réussi à l'exaspérer en quelques minutes. Comment oser pleurer au milieu des ombres, après avoir organisé une attaque surprise ? Difficile de comprendre un tel comportement, impossible de l'accepter. Le manoir Kark avait été détruit, et Evan avait l'impression d'avoir totalement trahi ses devoirs, fait peu de cas de l'amitié que lui portait Mervyn et la loyauté qu'il ressentait pour lui.

Et maintenant ? Que restait-il à faire ?

Il n'avait pas eu besoin de réfléchir pour acquiescer lorsque le leader des ombres avait demandé s'il pouvait loger ses enfants et lui-même dans la demeure des Rosier. C'était presque une demande formelle, Mervyn se doutait sans doute que son vieux camarade de classe se serait mis en quatre pour l'aider. Quitte à poser des jours de congé pour aller reconstruire pierre par pierre le manoir Kark. Ce serait presque reposant. Un travail simple, manuel. Des ordres à respecter, peu d'initiatives qui auraient permis au démon de lui insuffler des idées folles régulièrement. Des journées comme Evan les aimait, en somme. Ce soir, il se ferait leader un moment. Comme toujours, parce qu'il n'avait pas le choix. Lorsque Mervyn et ses enfants avaient transplané au manoir Rosier, il avait aussitôt demandé à l'elfe de maison de leur préparer des « appartements » dans le manoir. Ceux de Mervyn seraient assez proches de la partie du manoir qu'il occupait avec Anna Bella. Il allait enfin courir après le temps, revenir naïvement et par de très brefs instant à l'époque où il n'était qu'un adolescent et pouvait se fier à Mervyn, interlocuteur privilégié pour ne pas dire seul ami.

Les Rosiers restants étaient réveillés. Sa douce Anna Bella, une Azaël un peu ensommeillée et un Baël incapable qui aurait du être là à temps. Il leur fit signe de le suivre dans la bibliothèque, dont il alluma au moyen d'un sort quelques bougies. Et maintenant : organiser un plan d'actione. Mervyn pouvait aller n'importe où dans le manoir Rosier, ce ne serait jamais un problème. Il était parfaitement au courant du petit secret familial. En revanche, il était exclu que Calliope et Arutha furètent le nez en l'air pour aller observer les voûtes des cachots et s'interroger sur les traces suspectes qu'on y trouvait et qui prouvaient que l'endroit était encore très fréquenté.

« Ferme la porte » ordonna-t-il au dernier Rosier entré dans la pièce.

Mervyn connaîtrait bien évidemment le contenu de la réunion, mais Calliope-à-la-licorne n'avait pas besoin d'apprendre qu'il comptait la faire surveiller. Et puis on lavait son linge sale en famille uniquement : c'était plus distingué. Sans contrat de mariage en acier pour unir Baël et Calliope, pas de Kark ici. S'il y avait déjà un contrat de mariage, le promis d'Azaël ne comptait pas : tout le monde avait prévu de s'en débarrasser tôt ou tard. Il n'aurait sans doute même pas le temps de la toucher.
Étonnamment détendu, Evan regarda le plafond quelques instants. Il l'aimait bien, ce manoir. Il avait abhorrées les années d'enfance passées ici. Dans certaines pièces, le spectre inquiétant de son grand-père était encore dans les parages et le mettait mal à l'aise. Tout comme la chambre d'où il avait du sortir le corps de sa mère, et dont il tenait la porte fermée à clé par mesure de précaution. Pas la peine de se laisser hanter par ses vieux démons quand il en avait déjà sous la main pour ça. Il s'appuya contre un épais bureau de chêne et y posa sa baguette avant de croiser les bras. Passons aux choses sérieuses, on n'avait pas toute la nuit.

«  Nota bene aux deux tiers les plus incompétents de ma descendance : le manoir Kark a été attaqué et détruit par des abrutis du phénix et des modérés. » Il adressa un regard coupable à Azaël et Baël. Le message était clair : Lilith s'était réveillée, elle. « Dont ce raté de Caïus Salamander. »

A qui il ferait la peau. Tout comme aux divers abrutis qui avaient cru bon d'attaquer les Kark. Dès demain, il ferait passer un décret-loi ou quelque chose comme ça pour annoncer qu'il fallait arrêter la guerre sanglante entre les différents partis politiques, sous peine peut-être de leur interdire les élections. Si Mervyn organisait une vendetta, on ferait intervenir bon nombre de forces officielles et cela passerait pour une manœuvre ministérielle ordinaire. Ce qui tombait bien, vu le nombre d'ombres au Ministère. Comme il se souvenait brusquement d'un détail, les prunelles d'Evan s'ouvrir plus grand quelques secondes.

«  Philippin y est resté. »

Ce qui m'était pas étonnant, mais dans le doute il préférait ménager la sensibilité de son épouse. La vraie question, c'était encore de savoir ce que Philippin avait bien pu ficher là. Ou encore, comment il se faisait qu'un Rosier aussi honteux ait survécu si longtemps. Mais il n'allait pas partir dans des considérations si soporifiques.

« Mervyn, Arutha et Calliope  ...» appuya-t-il en coulant un regard à son fils «  ... vont rester quelques temps ici. Je compte sur vous pour empêcher Calliope d'accéder aux cachots. Vous pouvez vous organiser comme cela vous chante, quitte à vous relayer s'il le faut, mais je n'ai pas envie qu'elle aille fouiner là-bas. Idem pour Arutha. Azaël, tu nous feras le plaisir de ne pas lui sauter dessus, je te rappelle que tu es fiancée. Mervyn quand à lui peut évidemment aller où bon lui semble. Lilith, ce n'est pas sous prétexte que tu dois t'entraîner que tu seras dispensée de cette tâche. Mais j'attends plus d'implications de votre part, Azaël et Baël : mettez vos autres activés entre parenthèses. Pour ce qu'elles nous servent ... »


Dernière édition par Evan J. Rosier le Mar 13 Déc 2011 - 23:13, édité 1 fois
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Ce message a été posté Lun 5 Déc 2011 - 17:43



    “Maître Baël… Maître Baëeeeeeel ! » Sifflota une voix à l’oreille du jeune homme endormi, une voix aigrelette, désagréable comme un grincement de porte, incisive, impossible à ignorer. Elle semblait même s’infiltrer sous sa peau pour secouer les dernières traces de sommeil. Le sorcier sentit une main aux doigts secs comme d papier l’effleurer et il eut le réflexe malheureux de frapper la chose qui avait voulu le secouer. Se redressant avec l’air mauvais, il regardait la forme rabougrie de l’elfe de maison qui chuintait les ordres qu’on lui avait transmis. Mochred, toujours au bord de la crise de nerfs, semblait dans une agitation extrême cette nuit là et c’est un poil surpris que Baël décida d’obtempérer. Quand la chose fut certaine que le sorcier était bien debout, il disparut comme il était venu. Enfilant un pull, Baël sortit dans le couloir et écouta les bruits du manoir, sensible à la vibration qui émanait de la bâtisse. Tout le monde semblait être debout, les lumières étaient allumées et il y avait un bourdonnement d’agitation qui laissait entrevoir qu’il était arrivé quelque chose.

    Le chasseur fut dirigé vers la bibliothèque et ferma la porte quand la famille fut au complet. L’humeur d’Evan était étrange, quant aux autres ils avaient la tête de personnes que l’on venait de tirer du lit, ce qui était plutôt logique. Il n’y avait guère que Lilith qui semblait complètement abattue ce qui fronça les sourcils du jeune homme d’inquiétude. Il se laissa nonchalamment tomber dans un fauteuil et essaya de mettre de l’ordre dans sa chevelure, puis se gratta le nombril, demeurant dans l’expectative une main posée sur son abdomen. Maintenant qu’il était réveillé il se disait avoir soif, et trouvait bien dommage de ne pas avoir fait un tour aux commodités avant, qui sait combien de temps ce petit discours allait durer ? Son regard s’attarda sur les rangées de livres, des volumes amassés par la famille Rosier au cours des derniers siècles et qui brassaient toutes sortes de sujets, ses paupières devenant plus lourdes chaque seconde, avant d’être brusquement ramené à la réalité par la voix de son père. Dure. Froide. Implacable. Le reproche ne lui fit même pas courber l’échine tant cela lui était familier.

    Il s’intéressa d’avantage à l’information qui était donnée. Le manoir des Kark ? Il se redressa imperceptiblement, ses doigts se crispant sur le dossier du fauteuil. Il fallait être fou pour oser s’attaquer directement à Mervyn, et échouer… Il n’y avait guère de place laissée au doute lorsqu’Evan s’exprimait. S’il y avait eut une perte importante à déplorer il l’aurait dit immédiatement, il aurait aussi été beaucoup plus virulent dans ses reproches. Baël expira doucement, elle était donc sauve. Il se mordit la lèvre. Pourquoi d’ailleurs penser particulièrement à Calliope dans ce moment ? Il voyait combien le cheminement de ses pensées avaient été aisé, si prévisible pour lui d’ailleurs que cela l’effrayait, plus encore que les œillades enflammées de son paternel et c’était bien peu dire.

    A l’annonce de la mort de Philippin en revanche il ne ressentit rien, si ce n’est un bref élan d’affection pour Lilith qui était proche de leur cousin, et leur mère, que ce genre de nouvelles attristait toujours. Il les fixa d’ailleurs tour à tour, essayant de faire passer son expression de gêne pour de l’empathie. Pour lui l’événement bien que tragique ne changeait rien, son cousin avait toujours été une créature étrange à ses yeux et il ne l’avait fréquenté que parce qu’ils portaient le même nom. Il prit soin d’ailleurs de ne pas montrer la moindre faiblesse quand le regard de son père revint sur lui. Il n’aimait pas la tournure que prenaient les événements. Partager le manoir avec les Kark. Il y avait plein d’éléments différents qui tiraient une sonnette d’alarme chez lui. Il n’essaya pas de chercher un soutien du côté d’Anna Bella, sachant trop bien qu’elle faisait toujours front avec son époux dans les moments difficiles et qu’elle ne se serait pas risquée à le contredire en public. La dynamique entre ses parents était étrange, il en était presque persuadé, ces deux là s’aimaient. Mais comment un tel miracle était possible il ne le savait pas.

    « Non. » Lança-t-il tout à trac, laissant un sourire faire surface sur son visage. « Je ne jouerais pas les chaperons. Qu’ils restent là si cela vous chante mais je n’ai pas l’intention de modifier mes habitudes ni de renoncer à mon travail. Je suis bien désolé de ce qui leur arrive mais ça ne me concerne pas. » Dit-il avec un aplomb admirable, s’étirant dans son fauteuil comme un chat dérangé lors de sa sieste. « Maintenant je pense qu’on peut tous aller se recoucher. On attendra demain pour une cérémonie en mémoire de notre glorieux cousin. »
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Ce message a été posté Mer 7 Déc 2011 - 15:35


Anna Bella ouvrit doucement les yeux, tendant naturellement la main vers son époux qui s’était couché près d’elle un peu plus tôt dans la soirée. Elle ressentait l’envie de se coller un peu plus contre lui, de ressentir la chaleur de ce corps vivant qui n’appartenait pas totalement à Evan pour se rassurer, pour être certaine qu’il leur restait encore un peu de temps et d’amour à partager. Sa main ne rencontra pourtant que du vide et elle se tourna brusquement pour constater avec dépit que son époux avait encore déserté la couche conjugale. Elle tâta doucement le coussin froid, s’apercevant qu’il devait l’avoir délaissé depuis un moment déjà. Attristée elle inclina la tête vers la place de son aimé, inspirant doucement l’odeur de sa peau sur le drap abandonné. Il était courant qu’Evan quitte le lit durant la nuit, souvent pris de crises il préférait se cacher à son regard et lui épargner les mots et gestes brutaux qui lui échappaient toujours dans ces moment- là, les laissant tout deux désemparés face à la bête en lui qui progressait toujours plus. Anna Bella hésita quelques secondes à descendre dans les cachots où il se terrait en cas de crise mais y renonça en ressentant un pincement de culpabilité dans la poitrine. Elle se sentait trop faible pour endurer ça ce soir. Depuis quelques temps déjà Baël semblait ressentir les signes avant-coureurs, l’épouse d’Evan ne les connaissait que trop bien. Cette idée l’accablait de désespoir et elle ne se sentait pas capable d’assister son mari en cette soirée sans pleurer sur son sort, sur celui de Baël, et sur le sien même. Triste destin pour une épouse et une mère que d’assister dans l’impuissance la plus totale au déclin de tous les membres de sa famille. Le cœur lourd elle se coucha en diagonale sur le lit, la tête dans le coussin d’Evan, espérant ainsi le garder encore un peu près d’elle.

Un chuintement près de son oreille l’éveilla en sursaut. Mochred se tenait près d’elle et Anna Belle comprit immédiatement à son attitude que quelque chose de grave venait de se produire. Elle se leva précipitamment enfilant à la hâte une robe de chambre en lin lunaire, cadeau d’Evan, et se rendit aussi vite que possible dans le hall d’entrée le ventre tordu par l’inquiétude. Son cœur manqua un battement lorsqu’elle aperçut Evan, sauf à défaut d’être sain, et le soulagement lui fit monter les larmes aux yeux. Baël et Azaël semblaient tout juste levés du lit, mais Lilith ne lui parût pas le moins du monde endormie. Sa mine accablée l’alarma à nouveau et une observation plus attentive de leurs atours lui apprit qu’il y avait eu bagarre. C’est alors qu’elle vit Mervyn et Calliope un peu plus loin. Calliope était couverte de sang et son visage barbouillé de larmes ne laissaient aucune place au doute sur le fait que quelque chose d’atroce c’était produit. Mervyn s’éloignait à grands pas, mais Anna Bella l’avait suffisamment fréquenté pour savoir que sa démarche raide n’indiquait rien de bon. Arutha était tourné dans la même direction que son père et la matriarche du clan Rosier se demanda à quoi il pouvait penser. Philipin quant à lui n’était visible nulle part, et Anna Bella supposa que le jeune homme était encore endormi quelque part, inconscient du remue-ménage qui agitait le manoir Rosier. Le signe d’Evan lui suffit cependant pour interrompre le fil de ses pensées et prendre le chemin de la bibliothèque. Elle s’empressa de le rejoindre, laissant doucement glisser sa main sur le bras de son époux elle lui jeta un regard aussi interrogateur qu’inquiet, espérant qu’il lui apporterait bientôt les réponses qui lui manquaient cruellement.

Le ton d’Evan était sec, haineux à un point qu’Anna Bella l’avait rarement vu expérimenter. Son ventre se tordit à nouveau de peur et le regard furieux de son époux ne présagea rien de bon. Anna Bella mit quelques secondes à enregistrer l’information. Le manoir Kark détruit ? Abasourdie elle songea à ce manoir qu’elle occupait depuis plus de vingt ans avec l’homme de sa vie. A la manière dont elle ressentirait cette perte. Oui, la dimension de cette information lui sembla énorme, horrible ; et durant quelques secondes elle sembla ne pas pouvoir l’accepter. Elle releva les yeux en silence sur Evan, guettant ses émotions sur son visage, comprenant le sentiment d’impuissance qui devait être le sien en cet instant. Elle ressentit alors de la hâte de se retrouver seule avec lui, de pouvoir en parler peut être, ou lui prendre la main en silence pour lui montrer qu’elle faisait front avec lui. Qu’elle ferait toujours front avec lui. Les yeux soudain exorbités d’Evan lui apprirent sans mal qu’il y avait quelque chose de plus. Et elle n’eut pas le temps de se préparer à encaisser le choc que la nouvelle tomba. Philipin était mort. Le neveu de son époux dont elle avait pris soin à sa façon depuis plusieurs semaines avec une tendresse discrète presque égale à celle qu’elle avait pour ses propres enfants ne reparaîtrait jamais. Evan lui avait toujours dis qu’il était trop faible. Qu’il ne survivrait pas. Mais quelque part Anna Bella n’avait jamais totalement réussi à assimiler l’idée qui était venue gangrener petit à petit la confiance qu’elle avait en son mari. Peut-être Evan avait-il eu tort de malmener aussi bien physiquement que psychologiquement ces enfants, qui étaient tout de même le fruit de leur amour. Si Philipin avait survécu il aurait été la preuve vivante que toute la vie de famille qu’elle avait tenté de construire sur les ruines laissées par les ancêtres Rosier n’était qu’un mensonge. Et le poids de cette culpabilité l’aurait laissé pantelante. Mais Philipin était mort. Evan avait eu raison, le jeune homme était trop faible pour affronter les épreuves imposées aux Rosier. Elle ne prêtait qu’une oreille distraite au discours d’Evan et eut une pensée pour Chax et sa mère, se demandant s’ils étaient déjà au courant de la nouvelle tragédie qui venait de se jouer, si le corps de leur fils et de leur frère leur avait été rendu. Elle imagina la grimace menaçante de la mort plaquée sur le visage poupin du jeune garçon et serra les lèvres pour réprimer un gémissement de détresse en songeant que Lilith aurait pu se trouver à sa place. Egoïstement elle se réjouit que son enfant ait été épargnée.

C’est Baël qui la tira de sa torpeur. L’indignation qu’elle ressentit à son égard la glaça sur place et elle retint l’impulsion de le gifler. Jamais elle ne lèverait la main sur eux. Jamais. Des larmes menacèrent de déborder de ses yeux et elle les écarquilla pour retenir ces perles salées qui n’étaient rien d’autre que l’aveu de sa faiblesse, de ses propres manquements.

- Mon fils…commença-t-elle. Sa voix se brisa et elle dut se reprendre, raffermissant son ton grâce à la colère qu’elle ressentait. Quelle honte pour moi d’entendre de tels propos dans la bouche de la chair de ma chair Baël. Deux familles sont en deuil aujourd’hui. Et si tu ne peux compatir à leur malheur, si tu ne peux ressentir la moindre once d’empathie à leur égard, respectes les.

Elle retint la parole malheureuse qui semblait vouloir jaillir sous le coup des émotions, colère et détresse tressées dans un écrin de désespoir. Baël ressemblait de plus en plus à son père…
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Lilith B. Rosier
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Ce message a été posté Lun 19 Déc 2011 - 0:28

    Le manoir avait explosé. Si cette information avait eu le don de provoquer un éclat de colère et de rage chez la jeune Rosier, celui-ci avait été annihilé par un sentiment bien plus dévastateur. Et si la jeune sorcière n’avait jamais eu affaire à ce genre-ci, son désarmement était des plus grands. Au fond d’elle, c’était comme si on venait de briser quelque chose. La rose de l’espoir venait de se faner plus vite que ses couleurs ne s’étaient ternis. Brillante quelques heures plus tôt, elle avait été réduite au rang de poussière, laissant un vide immense qui désarmait la sorcière. Comme prisonnière à des années lumières de Londres, Lilith ne réagissait plus. Elle obéissait, tel un zombie, et se mouvait avec une cadence brusque et morbide. Ce ne fut que lorsqu’elle transplana du QG à chez elle, en compagnie de Calliope, qu’elle reprit quelque peu contenance. Peut-être était-ce dû à la présence de son amie couverte de larmes mais l’orgueil avait fermé le vide sans réussir à le combler, ce qui l’emmura dans un silence froid et lointain, déclarant à quiconque qui s’approchait qu’elle n’était pas en mesure de discourir avec celle-ci. Après tout, le regard de son père l’avait dissuadé – une fois de plus – de voir si elle possédait elle-aussi des qualités humaines. Néanmoins, cela n’empêchait pas son incompréhension de grandir de seconde en seconde. Sa respiration était lente et dissimulait très bien l’angoisse qui prenait petit à petit la place de l’espoir fané dans son esprit. Une boule au ventre venait de se former et se tordait dans tous les sens. La cause de son désarroi était des plus simples : Lilith ne pouvait plus penser comme une enfant. Stupidement et innocemment, elle avait toujours cru qu’un Rosier ne pouvait seulement mourir qu’à cause de la démonologie. Après tout, quand on est maudit sur des générations, on ne s’attend à rien d’autres que la souffrance des flammes de l’Enfer. Jamais, elle n’avait imaginé que l’un des siens ne puisse tomber sous le coup d’un sortilège ou bien d’une explosion. C’était si enfantin ! Si stupide ! Elle se sentait comme la dernière des idiotes et ce sentiment la désemparait. Elle avait toujours veillé à ce que Philippin survive à l’initiation… mais maintenant, il n’y avait plus d’initiation. Il n’y avait plus rien. Il n’était pas mort parce qu’il n’avait pas été assez fort mentalement. Il était mort parce que… parce qu’il n’était pas au bon endroit, au bon moment. Pourquoi ? La Serdaigle savait qu’elle n’avait pas la réponse et qu’elle ne l’aurait jamais. Même Ga’derel s’était tu face à la nouvelle. Elle se sentait désespérément seule. Seule et désemparée. Elle aurait aimé aller s’enquérir de l’état de Chax mais son père contrecarra une fois de plus ses projets en leurs désignant silencieusement la bibliothèque. Une fois de plus, elle accepta à contrecœur et s’engouffra dans la salle sans mot dire.

    Elle n’osait même pas regarder les siens dans les yeux, préférant s’éloigner de toute attache affective ou physique. Que serait-elle capable de faire si elle découvrait le regard compatissant de son frère, dévasté de sa mère ou agressif de sa sœur ? Piquerait-elle sa première colère ou ses premières larmes publiques ? Elle ne le savait pas et ne voulait pas tenter la chance. Elle ne l’avait guère accompagné tout au long de la soirée. S’appuyant contre l’un des rebords de la bibliothèque, Lilith regardait ses mains pendant que son père prenait la parole. De ses doigts nus, elle tentait d’enlever la poussière et les petites coupures qu’elle s’était faite dans les cellules de l’ancien manoir Kark sans succès. Elle le savait bien mais ce simple geste occupait son esprit qui ne pouvait vagabonder vers des eaux sensibles. Elle se fichait bien des compliments de son père. Elle ne voulait même pas les entendre. Elle voulait seulement être loin d’ici. Elle n’aimait pas le sentiment qu’elle ressentait et elle savait qu’elle ne pouvait l’empêcher de naître. Quitte à ne pas réussir à la canaliser, autant ne pas le faire trop voir pour éviter des heures de cachots. Quoique… au moins, elle sera seule avec elle-même, enfermée entre quatre murs.

    Les ordres venaient d’être donnés. Tant redoutés. Et bien entendu, les cris de protestations ne tardèrent pas à se faire entendre. Si Lilith comptait sur ce problème d’initiation pour pouvoir échapper à cette pression, elle se trompait largement. Bien qu’elle s’y attendait. Elle était trop lasse et perdue pour pouvoir émettre une quelconque objection. De toute façon, ce n’était pas dans ses habitudes. Cependant, elle ne voulait pas entendre les siens se déchirer entre eux après ce qui venait de se passer. Evan hausserait une fois de plus la voix et les sortilèges de correction ne tarderaient pas à fuser. Les cris avaient assez pris d’espace en une seule soirée pour la tenir en éveil pour la semaine. Qu’était-ce dont de devoir s’occuper une fois de plus de Calliope Kark ?! Après tout, c’était ce qu’on lui avait demandé des années plus tôt. Si aujourd’hui, les choses avaient changé, rien n’était si différent. Néanmoins, Lilith n’avait pas envie de s’en occuper ce soir. Elle voulait seulement disparaitre. Ne plus penser à rien. Ne plus rien ressentir. Elle ne savait pas où elle voulait être, ni même ce qu’elle souhaitait faire. Elle voulait juste ne pas être là. « Je m’en occuperais… » laissa-t-elle traîner d’une voix qui semblait bien plus affectée qu’elle ne voulait le faire croire. Ce dont elle se rendit compte rapidement et se racla quelque peu la gorge pour améliorer cette faute et rattraper son erreur avant qu’il ne soit trop tard. « Je m’occuperais de Calliope et d’Arutha, s’il le faut ! Quitte à rater des cours à l’école des Ombres. » Après tout, ce n’était pas comme si elle allait rater d’énormes informations. Avec Fuller comme professeur, on se demandait comment le QG n’avait pas encore explosé.

    Mal à l’aise face à cette prise de parole, Lilith se mordit l’intérieur de la lèvre tout en continuant à fuir le regard des membres de sa famille. Une question trottait dans sa tête, alimentait par l’essence du démon bien que ce dernier ne se fasse très discret. « Qu’est-ce que vous allez faire… de la prisonnière ? » Une question intéressée ou non, Lilith n’avait pu s’empêcher de la poser. Après tout, c’était le dernier lien qui la rattachait à son cousin. La dernière piste. Comme un vent de vengeance qui semblait avoir pris naissance dans le vide incommensurable de la rose. Elle ne s’attendait pas à ce qu’on ne lui réponde franchement. A dire vrai, même une nuit de cachot pour insubordination ne la dérangeait pas en cet instant…
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Ce message a été posté Mar 27 Déc 2011 - 13:24




J'ajustai mon tailleur crème puis coiffai soigneusement ma crinière ambrée. J'avais envie de jouer aux jeux des faux-semblants, aujourd'hui. J'avais envie de dévoiler un sourire outrageusement erroné puis de déblatérer des affabilités ruisselantes d'hypocrisie. Sans doute m'étais-je morfondue trop longtemps au cœur de la lourde enceinte du manoir...A moins que la folie des Rosiers se mette également à jouer sur les pulsions manipulatrices ? Quoi qu'il en soit, simple plaisir ou dernier fanatisme, ce petit manège ne se révélait pas moins inutile. Il visait bel et bien à un objectif : Mervyn. Cela faisait un certain temps déjà, que l'idée avait germé au sein de mes pensées obscurcies...
Le Père Kark était le meilleur ami d'Evan...Ne me suffisait-il donc pas de tisser des liens avec lui, pour maitriser l'Ainé Rosier ? Et si, à force de paroles douces, je parvenais à devenir proche du politicien, à influer son jugement, n'influerait-il pas à son tour sur celui de Père ? Ne le pousserait-il pas à prendre mon parti ? Cela sonnerait le glas de ses insupportables réprimandes et de ses détestables préférences. Le jeu en valait bien la chandelle.

Sur cette pensée revigorante, je me détournai du miroir suranné, quittai ma chambre puis m'engageai au sein du lourd escalier de chêne. Bientôt, je croisai Evan qui me mena au petit salon puis m'installai, mue par la curiosité, sur la méridienne de velours. Je ne savais pas réellement de quoi nous allions traiter...seulement que cela toucherait au Kark et à leur éventuel hébergement au manoir :

« -Nota bene aux deux tiers les plus incompétents de ma descendance...»

Face à cette attaque directe, la colère balaya mon cœur et mon esprit à la manière d'un torrent d'acide. Je ne répliquais pas, cependant. A défaut, je rejetais ce sentiment sur ma volonté de mettre mon plan à exécution. Père ne foulerait plus ma fierté, de ces chaussures cirées, bien longtemps...

« -...le manoir Kark a été attaqué et détruit par des abrutis du phénix et des modérés. Dont ce raté de Caïus Salamander. »

J'hoquetai de surprise. Le manoir Kark ? Attaqué ? Mon aigreur s'évanouit tandis que la stupéfaction gelait mes pensées. Impossible ! La puissance de cette famille me paraissait tellement inaltérable ! Je ne parvenais guère à me figurer le ravage de leur demeure !
Puis, une fois l'abasourdissement dissipé, la nouvelle digérée, un tout nouveau sentiment me submergea : la satisfaction. Cela porterait un coup au nom du politicien et ce serait une très bonne chose pour nous, les Rosiers. Car s'allier avec un sujet trop important porte toujours préjudice à son partenaire, en l'occurrence nous-même. Cela le contraint à demeurer dans son ombre...

« -Philippin y est resté, déclara sèchement Evan, coupant court à mes songes. »

Là encore, la surprise me glaça avant de laisser place à la complaisance...Lilith avait été plutôt proche du garçon, me semblait-il. Cela l'affecterait. En échos, un sourire habilla mes lèvres rosées. Après quoi l'Ainé Rosier s'exprima à une ultime reprise :

« -Mervyn, Arutha et Calliope ... vont rester quelques temps ici. »

Dès lors, je n'écoutai plus...Je manquai l'intervention virulente de Baël, les réprimandes qui s'en suivirent et la première prise de parole de Lilith. Mais qu'en avais-je à faire ? Cet évènement m'apportait sur un plateau l'occasion de me rapprocher des Kark ! Certes, nous ne recevions pas Mervyn cependant je pouvais toujours gagner des points auprès de sa progéniture. Je ne revins à moi que bien plus tard, à l'entente de ces mots :

« -Je m’occuperais de Calliope et d’Arutha, s’il le faut ! Quitte à rater des cours à l’école des Ombres. »

Mon cœur manqua un battement. Ah ça non ! Il n'en était pas question ! C'était à moi de prendre soin d'eux ! C'était à moi de récolter les honneurs auprès de leur père ! Je m'apprêtais donc à contre-attaquer au moyen de mon venin accoutumé lorsque ma sœur se sabota. Elle-même :

« Qu’est-ce que vous allez faire… de la prisonnière ? »

Cette interrogation passait, à tort ou à raison, pour de l'inquiétude ou du moins de l'intérêt...D'autant plus compte tenu de son intonation faiblarde, quelque peu auparavant. Un tel comportement se révélait franchement déplacé de la part d'un membre de la Rose Noire. Aussi, je saisis l'occasion :

« -Père, Lilith semble toute retournée. Regardez-là ! Ne tenez donc pas compte de ses dires incohérents et laissez-moi m'occuper de nos hôtes ! Je ferais honneur à notre nom ! Accordez-moi cette chance de vous prouver ce que je vaux ! m'esclamai-je. »

Je n'avais pas même besoins de rehausser le regard pour m'enquérir de la réaction de l'assemblée : je devinais déjà la consternation sur la totalité de leurs visages. Il fallait dire que mon intention et mon ton mielleux se révélaient bien étranges. L'unique personne qui ne manifestait probablement pas d'étonnement était Lilith. Car celle-ci était certainement trop heurtée par la mise à jour de sa blessure pour faire fit de mes paroles. Cela me procura une immense satisfaction...qui offrit à mon sourire un aspect moins hypocrite qu'auparavant. Evan me suspecterait-il ou me laisserait-il la charge de ces trois personnes ?



HRP :
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Elena Kark
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Ce message a été posté Sam 31 Déc 2011 - 13:22

Exploser leurs têtes. Rompre chacun de leurs misérables os. Les vider de leur sang. Tous. Amis, ennemis. Tous. Sa fille aussi. Petit être bien inutile tout juste capable de s’agiter de soubresauts, et de sangloter. Ce soir il n’avait ni l’envie, ni la force de jouer aux pères attentionnés. Pas envie que cette dinde ne se mouche sur ce qui était son dernier costume. Il lui aurait explosé sa stupide tête vide et trempée de larmes contre le mur, si cette sotte n’avait pas été la seule chose d’une quelconque valeur qui lui restait. Ça et son fils, héritier inutile, toujours aux abonnés absents. La cadette à Poudlard ne comptait pas. Plus. Ou peut-être qu’elle n’avait jamais compté. Mervyn ne lui avait jamais trouvé d’utilité, et ce n’était pas maintenant qu’il n’avait plus aucun contact avec, que les choses allaient changer. Et pourtant ses enfants, ces êtres décevant, étaient ce soir son seul et unique héritage. Cette réalité l’immergea sous une vague de pessimisme. Calliope dû voir dans son regard une faille, une brèche car s’approcha pour gratter quelques miettes de tendresse en lui attrapant la main. Dédaigneusement il la repoussa, en soufflant sèchement qu’il devait travailler. La voir se recroqueviller sur elle-même, l’air encore plus misérable ne lui arracha même pas une once de satisfaction. Trop faible, trop influençable. Il lâcha un soupir avant de dire comme pour justifier sa froideur qu’il avait du travail. Calliope fut compréhensive, cette pauvre sotte l’était toujours. Il ne mentait qu’à moitié, Evan et lui avaient commencé à gérer la crise au Q.G, mais tout restait à faire à commencer par le plus dur.

Aussi plutôt que ressasser ces pertes, Mervyn décida de se mettre à la recherche de rouleaux de parchemins, d’encre et d’une plume. Il avait encore un millier d’hiboux à envoyer ce soir. Plutôt se transformer en scribes plutôt que rester avec Calliope. Délaissant la pièce et sa fille, le Kark se mis à arpenter les couloirs lugubres du Manoir Rosier dans l’espoir de tomber sur Evan, lui au moins n’était pas insupportable. Lui était utile. Entendant des voix émaner d’une pièce en particulier, le ministre de la magie s’immobilisa. La diatribe du chef de famille aurait dû lui arracher un sourire, mais non. Curieusement le fait qu’on ait explosé son manoir lui avait fait perdre son éternel sourire goguenard. La suite fut nettement moins appréciable. Toujours tapis dans l’ombre il grinça entre ses dents quelques menaces de doloris atterrissant dans la face de Baël. Et dire qu’il comptait marier sa fille à ce petit ingrat ! Avec un peu de chance son sang et celui d’Evan suffirait à créer des petits-enfants moins décevant. Le Kark attendit silencieusement jusqu’à ce que la petite discussion prenne une tournure ridicule, si Baël n’était pas décidé à se montrer charitable, les deux furies blondes qu’avaient conçues Anna Bella et Evan se battaient pour s’occuper d’eux. Passant le pas de la porte, il accorda un signe de la tête aux sorciers qu’il n’avait pas croisé jusqu’alors, avant de dire d’un ton en disharmonie totale avec le contenu de ses paroles : « Merci. Votre sollicitude à tous me touche. » Son regard anthracite et froid comme la mort avait longuement embrassé le jeune Baël. Ce petit con devait bien comprendre qu’il savait et qu’il le méprisait comme un modéré. Non comme un membre de l’ordre du phénix. « Pour Calliope je ne pense pas que de grandes mesures doivent être prises. Dites-lui simplement que c’est interdit, et elle obéira. Et si vous souhaitez vraiment être certain qu’elle n’y mettra pas les pieds, prenez là par les sentiments. Dites-lui que votre cave est le repère secret de votre elfe de maison, et qu’il serait mortifié si elle y rentrait ou une autre futilité dans le genre. Avec Calliope ça marche toujours. Quant à Arutha, il brille par son absence, donc rien à craindre. » Devant eux aussi il n’avait pas envie de jouer les pères aimant. Et puis c’était les Rosier, maitre en termes de secret, et pas connue pour leur compassion ou leur douceur. « Anna-Bella tu crois que votre elfe de maison pourrait préparer rapidement quelques rafraichissement et de quoi manger ? J’aimerai faire venir des journalistes chez vous dès ce soir. Il faut que notre version des faits paraisse demain matin avant que de stupides rumeurs ne commencent à se propager. » Il marqua une légère pause pour mieux se tourner vers les deux cadettes Rosier. « Misses Rosier puisque vous tenez tant à prendre soin de Calliope, et d’Arutha, vous pourriez commencer, par lui faire retrouver le chemin de la salle de bain, et lui trouver des vêtements décents, histoire de lui donner un air un peu moins pathétique. Je pense qu’il faut insister sur la mort de ton neveu Evan, pas sur la défenestration de ma fille. Ah ! Evan si tu pouvais avoir l’obligeance de me prêter un costume en attendant que Carmella m’en ramène un, je ne peux décemment pas recevoir les chef de département en guenilles. »

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Ce message a été posté Ven 13 Jan 2012 - 17:03

Avant qu'Evan ait eu le temps de reprendre Baël jouant les adolescents rebelles, Anna Bella coupa court aux plaintes du jeune homme. Oubliant de réprimander son fils, le chef de la Justice Magique coula un regard doux à son épouse. Quelle femme, son Anna Bella. Capable d'organiser une réception grandiose comme de gérer sa famille d'une poigne de fer dans un gant en peau de dragon. Que son fils ne s'avise pas de répondre : Evan défendrait sa chère et tendre sans la moindre hésitation. Baël passait après, tout comme Lilith et Aaël qui avaient au moins le mérite de faire des efforts.Pas un pour rattraper l'autre souffla son démon. Peut-être Lilith à la rigueur. Dans d'autres circonstances, le patriarche Rosier aurait été fier que sa fille fasse preuve d'abnégation, obéisse sans songer à rechigner. Un bon réflexe, cette obéissance. Mais il n'avait pas la tête à être un tant soit peu agréable ce soir. Le manoir Kark avait été détruit, il ne pourrait pas se reposer avant plusieurs heures et cette perspective le hantait. Qui sait si le démon ne parviendrait pas à le plonger dans une crise ou prendre le contrôle de son corps ? Il ne tenait pas à voir ce que Calliope ou Arutha feraient. Il savait que ses propres enfants ne piperaient mot à personne de ce qui faisait d'eux des monstres, se fier aux rejetons de Mervyn lui semblait bien plus difficile. Ils n'étaient pas impliqués. Calliope pourrait encore prendre la poudre d'escampette, ou songer à le faire si Mervyn ne la rappelait pas à l'ordre.

Du calme. Ne pas penser à ce qu'il pourrait arriver lors d'une crise ce soir. Il n'y aurait sans doute rien. Tu parles. Evan croisa un peu plus ses bras et soupira lentement. S'il n'avait pas été question de Mervyn, jamais il n'aurait accepté tout ça. Lilith souleva la désagréable préoccupation qu'était cette fichue rebelle. Il s'en fichait. Un Doloris dans la trogne et voilà. Ca pourrait même la pousser à divulguer des informations sur ses petits copains.

«  Ca ne te concerne pas. » répliqua-t-il sans attendre.

Un bon père dans sa situation aurait précisé qu'elle devait se concentrer sur son initiation, qu'il fallait être certain qu'elle s'en sorte. Sauf que tu n'es pas un bon père, Evan. Tiens ? Nouvelle rivalité entre ses filles. S'il n'était pas certain que Lilith ait été motivée par cette guerre srétile entre elles, ne pas profiter de la « bonne volonté » d'Azaël aurait été bête. Encore qu'Evan n'était pas tranquille en voyant Azaël ainsi. La jeune femme était capable de faire du gringue à Arutha, ce dont ils n'avaient pas besoin. Il y aurait alliance avec les Kark : par Baël et Calliope. Rien d'autre, il fallait bien multiplier les alliés.

«  Nous nous chargerons de la répartition demain. »

Répartition des tâches, des taches .... Qu'on en finisse avec ces formalités et qu'il aille dormir. La voix du démon se faisait de plus en plus présente et Evan n'aurait pas demandé mieux qu'un doux repos. Le ministre de la magie faisant irruption, Evan reporta toute son attention pour lui. Sa loyauté pour Mervyn ferait passer son supérieur et ami avant tout apitoiement. Pour Mervyn, il devait bien pouvoir mettre la voix du démon entre parenthèses. Il se redressa légèrement. Ce n'est pas parce que le Kark savait tout du mal qui rongeait son ancien camarade de classe qu'il fallait se laissait aller devant lui. Il hocha la tête. D'accord. Les ordres de Mervyn étaient sensés, il les appliquerait à la lettre. De toute manière, toutes les paroles de Mervyn méritaient d'être écoutées et respectées.

«  Lilith, Azaël, vous trouverez quelque chose pour Calliope si nécessaire. Dans ta garde-robe, Lilith. » précisa-t-il.

Evan ne se se souvenait plus vraiment de l'état dans lequel se trouvait la fille Kark, mais un minimum de bon sens lui rappelait que les affaires les plus présentables et les plus sobres se trouveraient chez sa plus jeune fille. Habiller la douce Calliope avec les vêtements de sa fille se comportant comme une moldue de petite vertu ne lui aurait pas inspiré confiance. D'ailleurs, Lilith était habituée à materner Calliope.
Et puis cette histoire de journalistes au Manoir ... Il n'y avait qu'à espérer qu'on prêterait plus attention à leurs rejetons aux mines défaites, à la douleur d'Anna Bella sans doute et qu'il pourrait aller se terrer dans un coin un petit moment. Où était cet elfe de maison stupide, d'ailleurs ? Il avait du s'éloigner, ne désirant pas passer pour un elfe écoutant aux portes. Mochred, la doléance même. Evan ignorait s'il y avait d'autres elfes dans le manoir : Mochred accourait toujours plus rapide que jamais lorsqu'il claquait des doigts. Ce n'était pas pour autant qu'il avait envie de croiser cette bestiole. Le chef de la justice magique se leva et s'approcha près d'Anna Bella. S'ils n'avaient pas été autant entourés, il se serait laissé aller à des gestes de tendresse à son égard. Le regard morose de son épouse l'inquiétait plus qu'il n'accepterait jamais de le laisser paraître.

«  Tu peux t'occuper de gérer l'elfe de maison ? »


Il n'y avait peut-être qu'elle qui comprendrait la douceur dans sa voix. Pour Anna Bella, l'ordre sonnait comme une question. Il n'attendait rien d'autre qu'une affirmation, mais il ne pouvait s'empêcher de faire preuve d'un peu de délicatesse, d'un peu de compassion pour la femme qui restait à ses côtés depuis vingt ans et malgré ce qu'il lui avait fait subir. Son Anna Bella saurait expliquer la situation à Mochred, qui écoutait peut-être discrètement, à bien y réfléchir. Elle saurait mentir à Calliope, il avait confiance. Tant pis si elle n'appréciait guère de manipuler celle qu'elle commençait à considérer comme la fille qu'on ne l'avait jamais laissé avoir, puisqu'Azaël et Lilith étaient des héritières avant d'être leurs filles. Les paupières lourdes, Evan se redressa difficilement vers Mervyn. Lui prêter des affaires serait une sinécure face à ce qu'il leur restait à faire. Insister sur la mort de Philippin ne posait pas de problème, il espérait juste que les journalistes repartiraient rapidement. Même mort, il fallait que son neveu lui pose des problèmes.

«  Bien sûr. » assura-t-il à Mervyn
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Ce message a été posté Jeu 19 Jan 2012 - 17:59




    Dans l’esprit de Baël, Anna Bella avait une place indistincte. Parfois complice, parfois femme inaccessible, il était incapable de lire son cœur et sa volonté. Les années l’avait rendu méfiant, et il avait fini par lui octroyer une trop forte complicité avec Evan pour qu’il puisse lui accorder une quelconque confiance. Cette nuit ne faisait que renforcer ses sentiments premiers et posant un regard froid sur la femme qui l’avait mis au monde, il empêcha un sourire narquois et une remarque cinglante de monter à ses lèvres. Fils. Famille. Empathie. Autant de mots qui ravivaient sa colère. A qui donc était destiné ce grandiloquent discours ? Ils étaient seuls dans la pièce, il n’y avait personne à impressionner avec des liens familiaux qui n’existaient pas. La famille Rosier ne compatissait à aucune douleur pour la simple et bonne raison qu’ils n’étaient pas « faits » pour ressentir d’aussi jolis sentiments. Les doigts du jeune homme se crispèrent sur son accoudoir, s’enfoncèrent dans le doux velours. Il aurait eut envie de hurler.

    Heureusement, l’intervention simultanée de ses deux sœurs dévia l’attention générale de sa personne et il retint à grande peine un soupir. Lilith était poussée par son amitié envers Calliope à agir. Azaël, elle, cherchait seulement un moyen de la rendre folle et il voyait déjà venir les scènes qui ne manqueraient pas d’exploser dans les jours à venir. Alors qu’il aurait suffit de confier Calliope à Lilith et Arutha à Zaza et personne n’aurait eut à s’en plaindre. Or il y avait fort à parier, avec le délai de réflexion que s’octroyait Evan, qu’il choisirait la solution qui pousserait les deux sœurs à se crêper le chignon. Entretenir le feu, être toujours prêt contre l’adversité, se battre encore et encore… C’était le mode de fonctionnement de la famille. Là encore, il se mordit l’intérieur de la joue, retenant une réflexion qui ne ferait qu’enflammer la situation. Il n’avait qu’une hâte, retrouver ses draps chéris.

    Il fut bien inspiré puisque Mervyn fit son apparition, et à sa manière de le fixer comme s’il avait été son prochain os à ronger, Baël ne doutait pas qu’il ait suivit une grande partie de la discussion. Il soutint le regard de l’homme, une flamme brillant au fond de ses prunelles alors qu’un feu courrait dans ses veines. Rend le fou. Pousse-le à bout. « Mervyn malmène ses troupes ! ». Formidable première page. Il agit comme s’il était ici chez lui. Montre-lui… Baël secoua doucement la tête pour éloigner le murmure à son oreille. Pour autant ce que disait le démon n’était pas faux. Mervyn en place, Evan n’était rien de plus qu’un obéissant toutou et il perdit soudain cette aura menaçante qu’il avait toujours aux yeux de Baël pour se révéler comme une pathétique marionnette. Un pion dont Mervyn se débarrasserait quand il n’en aurait plus l’usage.

    En attendant tu es libre. Un petit tour à la cuisine et on se pieute. « Puisque les ordres sont donnés… » Fit-il en se levant, s’avançant, pour se planter devant Mervyn et affronter son regard. « Et que personne ici n’a besoin de ma sollicitude. Je vais aller me rendre indispensable ailleurs. » Il passa à ses côtés en prenant soin de le bousculer, ainsi qu’Evan.

    « Sympa ce genre de trucs à la con. On devrait se réunir plus souvent comme ça pour se raconter des conneries. Bien que sans public, je vois pas trop l’intérêt de faire semblant… » Finit-il en s’apprêtant à quitter la pièce.
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Ce message a été posté Ven 27 Jan 2012 - 16:20

Anna Bella eut à peine le temps de regretter ses paroles dures à l’égard de son fils que déjà les filles intervenaient. Comme toujours Lilith et Azaël semblaient en opposition, si l’une disait « blanc » l’autre disait « noir » inévitablement. La mère de famille regardait Evan, Lilith, Azaël et Baël d’une façon tout à fait inédite pour elle, comme détachée du prisme sentimental dont elle usait habituellement pour ne pas les juger. Les quatre êtres qu’elle aimait le plus au monde, incapables de ressentir les évènements autrement que de manière complètement égoïste, insensibles ou presque à la mort de leur cousin si jeune, pris dans leur haine et leur compétition au point que plus rien ne compte que de se faire du mal les uns aux autres. Comme si tout à coup blesser son propre sang devenait plus important que n’importe quel autre but au monde. Son esprit se fixa sur la douce Calliope que son père n’avait pu endurcir comme sa ténébreuse Azaël l’était en cette soirée et elle ressentit de la compassion pour cette enfant à peine habituée à la violence qu’était son quotidien depuis si longtemps. L’ambition d’Evan et Mervyn de faire de Baël l’époux de la petite Kark ne lui était pas inconnue et en cet instant Anna Bella malgré tout son dévouement pour son époux et pour Baël se prit à espérer un autre destin pour la jeune fille que le sien.

Evan était son homme, son amant, son époux, son confident, à bien des égards leur relation était aussi niaise que celle entretenue par deux adolescents occupés à flirter entre les murs de Poudlard. Mais derrière cet apparent bonheur Anna Bella voyait chaque jour écoulé comme la perte d’un temps trop précieux et trop rare pour être gaspillé en disputes ou malentendus. Bientôt la folie achèverait son œuvre, il ne resterait plus rien de celui qu’elle aimait si profondément que la simple envie de ses bras et de ses lèvres rendait son cœur et son corps douloureusement vivants. Et ses enfants. Eux aussi se consumeraient trop rapidement. Anna Bella y pensait souvent, à cette idée qu’elle serait peut-être encore en vie lorsque la malédiction accomplirait son œuvre sur leurs esprits. Si elle survivait à la perte d’Evan, elle aurait encore la lente déchéance de ses enfants tant aimés à contempler. Douleur contre douleur, éternelle victime de l’incompréhension ou de la haine de la chair de sa chair, seule la mort la libèrerait de ses tourments. Calliope était-elle assez forte pour assumer pareille destinée, pourrait-elle se montrer à la hauteur et adoucir les tourments de Baël, lui rendre l’écoulement du temps moins insupportable ? Elle-même se demandait souvent si elle y arrivait un tant soit peu pour son époux, la réponse ne lui apparaissait jamais clairement.

La voix d’Evan flotta jusqu’à elle, la ramenant à un temps présent dont l’atmosphère n’était pas plus légère que ses pensées. Qu’allaient-ils en faire de cette prisonnière dont elle venait juste d’apprendre l’existence ? C’était là une question qu’elle aurait aimé poser à Evan elle aussi. Elle se demanda vaguement à quoi elle ressemblait cette fameuse prisonnière, quelles idées pouvaient bien l’assaillir en cet instant. La furie de Lilith, l’envie de meurtre dans ses yeux la poussa à s’interroger davantage. Etait-elle l’assassin de Philippin ? Ses pensées n’allèrent pas plus loin. Déjà Mervyn faisait irruption dans la salle, des plans plein la tête. Anna Bella était bien placée pour le savoir, en matière de communication il n’y avait pas une seule seconde à perdre, il était donc nécessaire qu’elle passe par-dessus sa peine. Evan se tournait vers elle, et déjà Anna Bella se rendait compte qu’il poussait ses forces trop loin. Elle le connaissait, la raideur dans sa nuque ne la trompait pas, sa façon d’articuler plus clairement pour raffermir sa prise sur ses pensées non plus. Une crise guettait. Elle s’empressa de le rassurer d’un regard. Oui, elle pourrait gérer Mochred, ce petit elfe était à la hauteur, un assistant rêvé de compétence et de discrétion pour une personne aussi secrète qu’Anna Bella.

- Je pense qu’il faut appeler Elena immédiatement, dit-elle en s’adressant clairement à Mervyn, c’est notre meilleure carte à jouer.

Anna Bella grimaça intérieurement. Evan était trop froid, le jeu de manipulation publique était un exercice difficile pour lui. Elle était prête à parier qu’il se montrerait incapable de présenter une quelconque émotion en parlant de Philippin. Il n’était pas assez bon à ce petit jeu-là. Elle en revanche maîtrisait les médias à la perfection, elle se servait d’eux comme ils se servaient d’elle, relation adultérine entre la politique et l’information qui contentait tout le monde. Et la mort de Philippin l’avait vraiment touchée. Elle espéra que Mervyn n’y penserait pas trop vite, elle n’aimait pas l’idée d’avoir à faire le sale boulot à la place de son mari. La soudaine crainte qu'on se tourna plutôt vers Lilith l'assaillit tout à coup. La jeune fille était belle, savait feindre les émotions, et sa jeunesse pourrait émouvoir les coeurs les plus durs... Elle secoua légèrement la tête, refusant que la peine de son enfant soit ainsi instrumentalisée. Pauvre Lilith, si proche de son cousin.

Mais déjà l’intervention de Baël lui rendait les choses plus difficiles encore. Faire semblant. Anna Bella y était habituée depuis si longtemps, à faire semblant que la douleur de ses enfants ne la touchait pas. Ses yeux s’élargirent un peu, devenant tout à coup plus brillant, mais ce sont les mâchoires serrées qu’elle claqua des doigts pour faire apparaître Mochred. Il était temps pour elle de jouer sa partition.
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